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Full text of "Le Monde des plantes"

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LE    MONDE     DES     PLANTES 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 


REVUE     MENSUELLE 


ORGANE  DE  L'ACADEMIE  INTERNATIONALE  DE  GÉOGRAPHIE  BOTANIQUE 


DIRIGE     PAR 


Le     Professeur     H.     LÉVEILLÉ 


SECRETAIRE  PERPETUEL  DE  L  ACADEMIE 


TOME    V 


LE     MANS 
Imprimerie    Edmond    MONNOYER 

12,   Place  des  Jacobins,    12 


1895 


Année  (2p  Série) 


N°  71 


l"  Octobre  1895 


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DES 


PLANTES 


Revue  Internationale  illustrée 


DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


-**f\ — >f — f+ 


tVi 


Directeur  :    H.    MflVŒJIILiI^lj: 

Rédacteur  en  chef  :   A.  ACLOQUE 


SOMMAIRE    DU    N°    71 

Académie  internationale  de  Géographie  botanique.  —  Contributions  à  la  llorc  de  l'Inde 
française,  H.  Lévbillé.  —  Contributions  a  la  Flore  de  la  Mayenne,  H.  Lévbillé. — 
La  reproduction  sexuelle  des  Basidiomycctes,  A.  A.  —  Le  premier  projet  de  jardin 
pittoresque  en  France.  —  Sur  la  vie  latente  des  graines.  —  De  l'emploi  populaire  des 
plantes  sauvages  en  Savnie.  —  Localités  nouvelles  pour  la  flore  de  Normandie,  H.  L. 
—  Evolution  de  l'organisme  muscique  (suite),  A.  Acloquk.  —  Revue  des  Sociétés 
savantes.  —  Revue  des  Revues.  —  Bibliographie.  —  Informations. 


LE     MANS 
Imprimerie   Ed.  MONNOYER,  Place   des   Jacobins,    12 


18  9  5 


ABONNEMENTS  : 

UN    AN    :     France 6  fr. 

Étranger,    Colonies 8  » 

SIX  MOIS  :  France 3  - 

Étranger,  Colonies 4  » 

Les    abonnements    partent    du     1"   Octobre  ou  du 
i"   Janvier  de  chaque  année. 


Toute   personne  qui  ne    se    désabonnera  pas 
sera    considérée    comme   réabonnée. 


y 


DEPOTS    : 

NEW- YORK 

Ph.  Heinsbebger,  15,  First  Avenue. 

LONDON 
l)ii.\r  and   C°,   Foreign  booksellers,  37,  Soho 
Square. 

PARIS 
J.-B.  Baillière  et  Fils,  19,  rue  Hautefeuille. 
Jacques    Lechevalier,    Librairie    médicale    et 
scientifique,  23,  rue  Racine. 

LAVAL 
Aug.  Goupil,  quai  Jean-Fouquet  (Vieux-Pont). 


LE     MONDE     DES     PLANTES 


MM. 
ARBOST  Jos. 
BÀLLÉ  Emile. 
BEAL  .1. 

BOCQUILLON-LIMOUS1N. 
BODINIER  ÉM. 
De  CANDOLLE  Cas. 
CAPODURO  Marius. 
CHRISTIAN   BAY. 
CORREVON    II. 
DANIEL  L. 
DEBEAUX  (i. 
DESCHAMPS  Km. 
DUPU1S  I'. 


Est    publié    avec  la   Collaboration    de 


G-ADECEAU  ÉM. 

GENTIL  Amb. 

GIARI)  A. 

GILLOT  X. 

GONOD  n'ARTEMARE. 

CRAY  Cn. 

De  1IELDREICH  Th. 

HÉRIBAUD  Ju. 

HISINGER  (Baron  Ed.) 

HITCHCOCK  A.-S. 

IVANITZKY  N. 

LE  GENDRE  Cn. 

LE  G  RAM)  Aint. 


LETACQ  A.  L. 
LIOTARD  P.-V. 
MARCAILIIOU  n'AVMERIC. 
MUELLER   (Baron    Von) 
OLIVIER    Ern. 
&ENAULD   F. 
RUUY  G. 
SADA    A. 

SPALIKOWSKI    Ed. 
TRELEASE  W. 
WHEELER  C.  F. 


Toul  ce  qui  concerne  in  Direction   doit  rue  adressé  à   M.  II.  Léveiué,  104,  rue  de  Flore,  Le  Mans  (Sarthe) 
France;  —  ci  ce  qui  concerne  la  Rédaction,  à  M.  A.  Acloque,  à  Auxi-Ie-Châleau  (Pas-de-Calais)  France. 

adresser  les  demandes  d'abonnements  ci  mandats  à  M.  Monnoyë'r,  Imprimeur-Editeur,  1*2,  place  des  Jacobins, 
Le  M;i ii s  (Sarlhej  France. 

Les  abonnés  à  l'étranger  -uni  instamment  priés  de  faire  parvenir  le  montant  de  leur  abonnement  en  mandats  de 
poste  internationaux,  en  chèques  nu   lettres  de  change  payables  au   Mans,  à  la  Banque  de  France,  au  Comptoir 

pi>\  au  Crédit  Lyonnais,  i  la  Société  générale. 

i  n  abonnement  gratuil  sera  servi  ;i  loute  personne  qui  procurera  à  la   Revue  quatre  abonnés  nouveaux,  aussi 

temps  que  les  abonnements  procurés  seront  renouvelés, 
l.a  Librairie  médicale  el  scientifique  Jacques  Lecuevamer,  23,  rue  Racine,  à  Paris,  fait  à  nos  abonnés,  sur  pro- 
i,   de   la   II uni,    imprimée  de  la   Revue,  une   remise  de   l!i     o   sur  la   plupart  des  ouvrages  qu'ils  peuvent 
désirer. 


5e  Année  (21?  Série) 


No  71 


Ier  Octobre   i8ç5 


L.E 


MONDE  DES  PLANTES 

'Férue  Internationale  illustrée  de  'Botanique. 


Académie   internationale   de   Géographie 
botanique. 

M.  F.  Lande  remercie  de  sa  nomination  en 
qualité  de  Membre  auxiliaire  et  joint  à  sa  lettre 
une  gracieuse  offrande  dont  l'Académie  lui  est 
fort  reconnaissante. 


M.  J.  Dorfler  remercie  de  sa  nomination 
comme  Associé  libre  et  M.  Respaud  de  sa  no- 
mination en  qualité  de  Membre  auxiliaire. 


ESSAI  D'UN  CATALOGUE  CRITIQUE 

Des  espèces  végétales  qui  croissent  dans  les  établissements 
de  l'Inde  française 

OU  CONTRIBUTIONS  A  LA  FLORE    DE  L'INDE  FRANÇ/TfSE 

(Suite) 

L'XVIII.  —  Labtacées. 

Anisochilus  carnosus  Wall. 
Anisomeles  malabarica  Br . 

—         ovata  Br. 
Geniosporum  prostratum  Benth. 
Leucas  aspera  Spr. 

—  biflora  Br. 

—  linifolia  Spr. 

—  urticasfolia  Br. 

—  angularis  Benth.  Cit.  P. 

—  stricta  Benth. 

-f-  Mentha  piperita  L.  Cit.  I. 
Moschosma  polystachyum  Benth. 
Ocimum  adscendens  Willd. 

—  basilicum  L. 

—  canum  Sims. 

—  gratissimum  L. 

—  sanctum  L. 
Origanum  Marjorana  L.  Cit.  I. 

-f-  Coleus  aromaticus  Benth.  Cit.  1. 

T.    V. 


LXIX.  —  Nyctaginacées. 
Bougainvillea  spectabilis  Hook.   Cit.  I. 
Mirabilis  Jalapa  L.  Cit.  I. 
Pisonia  alba  Spanoghe.  Cit.   I. 
—       aculeata  L. 

LXX.  —  Amarantacées. 
Achyranthes  aspera  L. 
^Erua  javanica  Juss. 

—  lanata  Juss. 

—  Monsonia  Mart. 
Alternanthera  sessilis  Br. 
Amarantus  atropurpureus  Roxb.  Cit.  I 

campestris  'Willd. 
spinosus  L. 
gangeticus  L. 
tenuifolius  WilM* 
—  polygamus  jEjT 

viridis  L. 
Celosia  argentea  L. 

—  cristata  L.  Cit.  I. 
Allemania  albida  Br. 
Gomphrena  globosa  L.  Cit.  I. 

LXXI.  —  Chénopodiacéës. 
Basella  rubra  L. 

—  Beta  vulgaris  L.  Cit.  I. 
-\-  Chenopodium  album  L. 

—  murale  L. 

Suœda  nudiflora  Moq. 
+  —     maritima  Dumort. 

I.XXII.   —    PoLYGONACÉES. 

Polygonum  plebejum  Br. 

—  barbatum  L. 

—  stagninum  Haut. 
Coccoloba  uvifera  L.  Cit.  E. 

platyclada  Muell.  Cit.  E. 
Antigonon  leptopsus  Hook.  Cit.  E. 

LXXIII.  —  Aristolochiacées. 
Aristolochia  bracteata  Re'j . 

—  indica  L. 

labiosa  Ker.  Cit.  E. 

LXXIV.   —   PlPÉRACÉES. 

Piper  betle  L.  Cit.  I. 

—  niarum  L.  Cit.  I. 


LE       MONDE       DFS       PLANTES 


I  ,XXV.  —  Lauracées. 
Litsœa  zeylanica  C.  et  Fr. 

LXXVI.  —  Pro  rÉACÉES, 
Grevillea  robusta  Cunn.  Cit.  E. 

LXXVII.  —    LORANTHAI  ÉES. 

Roranthus  longiflorus  Desrouss. 
elasticus  Desrouss. 
Kanneli  Sch. 
LXXVIII.  —  Santalacées. 
talum  album  L.  Cit.  P. 

I    XXIX.    —   EUPHORBI.M   I  I  S 

ilypha  fruticosa  Forsk. 
—       indien  L. 
Breynia  rhamnoides  Muell. 
Croton   tyglium  L. 

—  reticulatum  Heyne. 

—  oblongifolium  Roxb. 

—  aromaticum  L. 
caudatum  Geisel. 

—  ascidisefolia  Lév.  (i). 
Trewia  nudiflora  L. 
Euphorbia  pilulifera  L. 

—  hypericifolia  L. 
neriifolia  L. 

—  antiquorum  L. 

—  tortilis  Rotil. 

—  peltata  Roxb. 

—  thymifolia  Burm.  —  R. 

—  tirucalli  L. 

Hura  crepitàns  L.  Cit.  E.  —  R. 
Jatropha  curcas  L. 

—        glandulifera  Roxb. 
Mallotus  philippinensis  Muell.   —  R. 
Phyllanthus  distichus  Muell.  Cit.  I. 
emblica  L. 

—  maderaspatensis  L, 

—  niruri  L. 

—  rotundiiolius  Klein. 
Ricinus  communis  L.  Cit.  1. 

I  i  agia  involucrata  L. 
Claoxylon  mercuriale  Thw. 
Cleistanthus  collinus  Benth. 

I.XXX.  —  Urticacées. 
Artocarpus  incisa  L.  Cit.  I. 

integrifolia  L.  Cit.  R. 
Boehmeria  nivea  //■<"/.■.  et  Arn.  C\\.  1. 

1  annabis  sativa  L.  Cit.  I. 
Tréma  orientalis  Blume. 
1  icus  hispida  L. 

—  bengalensis  L. 

—  religiosa  L. 

—  retusa  L. 


.cite  tbrmc,  qui  n'est  probablement  qu'une 
variété,  montre  combien  sont  variables  les  espèces 

de  ce  genre. 


LXXXI.   —  Casuarin'aciîes. 
Casuarina  equisetifoua  Forst.  Cit.  I. 
LXXXII.  —  Conifères. 
Thuya  orientalis  L.  Cit.  I. 

I. XXXI II.  —  Cycadacées. 
Cycas  circinalis  L.  Cit.  P.  —  M. 
—    revoluta  L.  Cit.   I. 

(A  suivre.) 

II.    LÉVEILLÉ. 


Contributions   à  la  Flore  de  la  Mayenne 

{Suite) 

Fumaria  média  Coutinh.  Pontmain  : 
bords  du  chemin  de  Eouvigné,  non  loin  du 
bourg,  22  août  (H.   Léveili.é). 

Hypericum  hirsutum  L.  Saint-Georges- 
sur-Erve  :  bois  au-dessus  des  grottes,  26  août 

(H.    RÉVEILLÉ). 

Oxalis  acetosella  L.  Saint-Murtin-de- 
Connée  :  bois  du   château   de  Puvz.  25  août 

(H.    RÉVEILLÉ). 

Lathyrus  silvestris  R.  Gare  de  Ra  Cha- 
pelle-Anthenaise.  23  août  (H.  Réveillé). 

Rubus  idœus  I..  Pontmain  :  carrefour  non 
loin  des  Ausquillères,  22    août  (H.  Réveillé). 

Epilobium  angustifolium  R.  Izé  :  route 
de  Saint-Martin-de-Connée,    24  août  |H.   Ré- 

VEILl  1     . 

Epilobium  parviflorum  Schreb.  variât. 
verticillalum.  Saint-Denis-d'Anjou  :  chemin 
sablonneux  au  bord  de  la  Sarthe  entre  les  bacs 
de  Precigne   et    de    Pincé,    8    juillet    (H.  I.É- 

VE1LLÉ). 

Onothera  biennis  R.  Pontmain  :  bords  du 
chemin  de  Rouvigné,  non  loin  du  boui>;. 
Probablement  échappé    de    cultures,   22  août 

lIR    RÉVEILLÉ). 

Circœa  lutetiana  R.  Saint-Martin-de- 
Connée  :  bois  du  château  de  Puvz,  24  août- 
Vimarcé  :  bois  de   Grilmont,  27  août  (H.   LÉ- 

VF.ILLÉ). 

Sedum  telephium  R.  Saint-Martin-de- 
Connée  :  environs  du  château  de  Puvz, 
24  août;  Orthe  :  environs  de  la  Blanchardière, 
23  août  (H.  RÉVEILLÉ). 

Chrysosplenium  oppositifolium  L.  Yi- 
marcé  :    bois   de  Grilmont,   27  août  (II.  RÉ- 

VF.ILLÉ). 

Rubia  saxatilis  l.cvl.  Saint-Gemmes-le- 
Robert  :  Rochard,  26  août  (H.  Réveillé). 

Tanacetum  vulgare  R.  Pontmain  :  le 
Pont-Dom-Guérin,  22  août;  Vimarcé,  26  août 
1 1 1 .  1 . 1 

Sonchus  arvensis  R.  Laval  :  quai  d'Avé- 
nières,  23  août  (H.  Léveili  £). 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Onopordon  acanthium  L.  var.  viridifo- 
lium  Desp.  Saint-Denis-d'Anjou  :  chemins 
sablonneux  au  bord  de  la  Sarthe, depuis  Maine- 
et-Loire   jusqu'au     bac    de    Pince',    S    juillet 

(H.    LÉVEILLÉ). 

Wahlenbergia  hederacea  Reich.  Pont- 
main  :  bords  du  chemin  de  Louvigné,  non 
loin  du  bourg,  22  août  ;  Saint  Gemmes-le 
Robert  :  Rochard,  26  août  (H.  Léveillé). 

Lithospermum  officinale  L.  St-Georges- 
sur-Erve  :  environs  des  grottes,  26  août 
(H.   Léveili.é).  Abondant. 

Verbascum  nigrum  L.  Saint-Martin-de 
Connée  :  environs  du  château  de  Puyz, 
24  août  ;  Orthe,  25  août  ;  Pontmain,  22  août; 
Bais  ;  Izé,  24  août    (H.  Léveillé). 

Stachys  ambigua  Sm.  Saint-Martin-de- 
Conne'e  :  Orthe  :  bords  de  l'Orthe,  25  août 
(H.  Léveillé). 

Lamium  galeobdolon  Crantz.  Vimarcé  : 
le  bois  Grilmônt,  27  août  (H.  Léveillé). 

Calamintha  menthœfolia  Host.  Saint- 
Martin-de-Connée  :  route  d'Orthes,  ï5  août 
(H.  Léveili.é.) 

Leonurus  cardiaca  L.  Saint-Martin-de- 
Connée  :  environs  de  La  Chapelle,  25  août; 
Vimarcé:  La  Jusseaumière,  27  août. 

Lysimachia  nemorum  L.  Vimarcé',  le 
bois  Grilmônt,  27  août  (H.  Léveillé). 

Je  dois  à  la  géne'reuse  hospitalité  de  la  famille 
de  Cyresmes  qui  a  mis  si  gracieusement  à  ma 
disposition  ses  chevaux  et  ses  voitures  d'avoir 
pu  en  quelques  jours  visiter  ce  coin  de  la 
Mayenne  et  y  découvrir  les  espèces  rares  ou 
peu  communes  énumérées  plus  haut.  Je  lui 
adresse  ici  mes  meilleurs  remerciements. 

H.   LÉVEILLÉ. 


La    reproduction   sexuelle  des   Basidio- 
mycètes. 

M.  Dangeard,  qui  avait  précédemment 
donné  des  indications  générales  sur  des  phé- 
nomènes qui  lui  paraissent  révéler  une  véri- 
table fécondation  chez  les  champignons  à 
basides,  vient  de  publier  un  mémoire  où  il 
entre  dans  le  détail  de  ces  phénomènes  (1). 
La  question  a  une  importance  telle  que  nous 
ne  saurions  la  passer  sous  silence  :  il  y  a,  en 
effet,  un  réel  conflit  entre  les  idées  proposées 
et  défendues  par  M.  Dangeard  et  l'opinion  plus 
ancienne  qui  place,   d'après   la  théorie   de  de 


(1)  Le  Botaniste,  1"  août  i8g5. 


Bary  sur  la  reproduction  sexuelle  des  Ascomy- 
cètes,  la  fécondation  à  la  base  du  carpophore 
tout  entier,  sur  le  mycélium  lui-même.  Nous 
nous  sommes  toujours,  jusqu'aujourd'hui, 
rallié  à  cette  opinion  qui  nous  a  paru  légitime 
et  vraisemblable  en  raison  de  l'analogie  que 
présenterait  la  fécondation  ainsi  comprise  avec 
le  phénomène  correspondant  chez  les  Musci- 
nées  et  les  Cryptogames  vasculaires.  M.  Dan- 
geard, avouons-le,  ne  nous  a  pas  encore 
absolument  convaincu  que  nous  nous  soyons 
trompé  ;  mais  comme  nous  cherchons  avant 
tout  la  vérité,  il  importe  que  nous  fassions 
connaître  à  nos  lecteurs  les  faits  sur  lesquels 
il  appuie  sa  théorie,  afin  qu'ils  puissent  l'adop- 
ter si  ces  faits  leur  paraissent  probants. 

Voyons  d'abord  les  Protobasidiomycètes. 
Ils  se  relient  directement  aux  Urédinés  par 
l'intermédiaire  des  Coleoaporium,  leur  baside 
n'étant  qu'une  téleutospore  à  germination  im- 
médiate, qui  reste  unicellulaire  avant  et  pen- 
dant la  fécondation,  pour  se  cloisonner  ensuite 
intérieurement.  Chez  la  1  remella  mesenterica, 
la  reproduction  sexuelle  aurait  lieu,  en  géné- 
ral, après  la  fructification  conidienne,  et  serait 
due  à  l'enchainement  des  phénomènes  sui- 
vants.—  Les  basides  se  forment  dans  la  couche 
corticale,  et  ne  sont  autre  chose  que  l'extré- 
mité renflée  d'hyphes  mycéliens  qui  viennent 
s'y  ramifier.  Les  jeunes  basides  se  reconnais- 
sent surtout  aux  caractères  du  'protoplasme, 
qui  y  est  abondant  et  dense,  et  des  deux 
noyaux,  qui  ont  des  dimensions  supérieures  à 
celles  des  autres  noyaux,  un  contour  plus  net 
et  le  nucléole  bien  plus  gros. 

Les  noyaux  sont  semblables  à  ceux  de 
l'oospore  des  Pézizes;  toutefois,  il  est  bien 
plus  difficile  de  voir  leur  origine,  et  la  nature 
de  leurs  relations  avec  les  noyaux  sous-jacents 
du  filament  fertile  est  douteuse.  La  fusion  des 
noyaux  dans  les  basides  se  fait  de  très  bonne 
heure;  après  cette  fusion,  l'oospore  grossit 
considérablement,  et  le  noyau  sexuel  unique 
en  occupe  le  centre  ;  celui-ci  a  subi  aussi 
une  augmentation  notable  de  volume  ;  il  est 
devenu  vésiculaire,  entouré  d'une  membrane 
nucléaire  très  délicate,  et  renferme  un  très 
gros  nucléole  assez  souvent  excentrique. 
D'après  M.  Dangeard,  la  baside  n'est  donc 
autre  chose  qu'une  oospore,  et  comme  chez 
les  Urédinés  et  les  Ustilaginés,  son  proto- 
plasme renfermant  le  noyau  sexuel  doit  don- 
ner naissance  à  un  nombre  déterminé  de 
sporidies.  Seulement,  le  protoplasme,  au  lieu 
de  sortir  de  l'oospore  en  promycelium  cloi- 
sonné, se  cloisonne  intérieurement  :  ce  qui 
constitue  un  promycelium  interne.  Après  la 
division  de  l'oospore  en  quatre  cellules  longi- 


A 


LE      MONDE      DES       PLANTES 


tudinales,  chacune  des  cellules  pousse  un  tube 
gerniinatif  dans  lequel  s'engage  le  proto- 
plasme devenu  moins  dense;  le  noyau  se 
trouve  entraîné  dans  le  mouvement  général 
et  il  change  de  forme.  Quand  le  tube  germi- 
natif a  atteint  la  surface  du  thalle,  il  donne 
naissance  a  un  stérigmate  conique  qui  se 
renile  en  houle,  et  ce  n'est  qu'après  que  la 
sporidie  a  atteint  certaines  dimensions  que  le 
nucléole  et  la  masse  nucléaire,  qui  paraissent 
devenus  indépendants,  passent  dans  le  stérig- 
mate. 

Chez  les  Agaricinés  se  constate  également, 
dans  les  jeunes  basides,  la  présence  de  deux 
noyaux  accouplés,  qui  ne  paraissent  pas  cor- 
respondre au  premier  stade  d'une  division  d'un 
noyau  primitif  unique,  mais  bien  à  une  fusion 
de  deux  éléments.  De  même  chez  les  Poly- 
porés.  Dans  Polyporus  versicolor,  espèce  étu- 
diée par  M.  Dangeard,  les  jeunes  basides,  à 
diamètre  très  étroit,  renferment  deux  noyaux, 
qui  sont  assez  petits,  et  dont  la  fusion  s'opère 
de  bonne  heure.  Quand  cette  fusion  est  opé- 
rée, on  distingue  facilement,  dans  la  baside, 
les  centrosomes,  l'un  au  sommet,  l'autre,  par- 
fois difficilement  visible,  au-dessous  du  noyau. 
Ils  disparaissent  lorsque  le  noyau  sexuel  se 
divise  pour  former  les  noyaux  des  spores. 

De  ces  diverses  observations,  M.  Dangeard 
croit  pouvoir  conclure  que  l'origine  des 
noyaux  sexuels,  la  nature  des  phénomènes  de 
la  fécondation  et  la  germination  de  l'œuf  sont 
semblables  chez  les  Champignons  supérieurs 
et  chez  les  autres  Champignons  et  les  Algues. 
Dans  cette  hypothèse,  et  pour  ne  pas  rompre 
les  rapports  d'analogie  qui  unissent  les  mani- 
festations  physiologiques  chez  les  végétaux, 
l'hyménophore  contexte  n'a  sa  raison  d'être 
qu'autant  qu'on  pourrait  l'assimiler,  biologi- 
quement  parlant,  au  thalle  sexué  ou  secon- 
daire des  Muscinées,  le  mycélium  correspon- 
dant au  protonéma.  La  forme  régulière  d'un 
chapeau  d'Agaric  et  la  forme  régulière  d'une 
lige  de  Polytric<  s'expliqueraient  de  la  même 
manière,  et  les  deux  organes  auraient  la  même 
signification,  l'un  constituant  un  agrégat 
d'oospores  à  fécondation  interne,  l'autre  une 
réunion,  au  sein  d'une  cupule  spéciale,  d'élé- 
ments mâles  et  femelles,  archégones  et  anthé- 
ridics.  Mais  ce  qui  est  difficile  a  expliquer, 
lorsqu'on  constate  que  chez  les  Mousses  il  n'y 
a  ordinairement  qu'un  seul  œuf  fécondé  dans 
chaque  inflorescence,  c'est  le  succès,  chez  les 
Champignons,  de  ces  nombreuses  féconda- 
tions contemporaines  et  voisines.  Après  tout, 
néanmoins,  ce  n'est  pas  chose  impossible. 

A.  A. 


Le  premier  projet  de  jardin  pittoresque 
en  France. 

MM.  D.  Bois  et  (i.  Gibaui.t  nous  font  con- 
naître un  projet  dû  à  Bernard  Palissy  dans 
lequel  l'imagination  du  célèbre  et  infortuné 
potier  crée  un  jardin  tel  «  que  jamais  homme 
n'a  veu  le  semblable  »,  le  plus  beau  qui  fut 
jamais  sous  le  ciel  «  hormis  celui  de  Paradis 
terrestre  ».  Cependant,  dans  ce  projet  si  beau, 
la  nature  et  le  pittoresque  n'ont  pas  une  part 
bien  large,  et  il  se  ressent  largement  des  idées 
fausses  et  de  pure  convention  qui  régnaient 
alors  sur  les  charmes  et  les  plaisirs  de  la  vie 
rurale.  Ce  jardin  est  carré,  établi  dans  un  lieu 
plan  au  bas  de  quelque  colline  élevée  et  ro- 
cheuse. A  chaque  coin,  une  grotte  monumen- 
tale, entourée  de  rochers,  garnie  en  dedans 
d'émaux  fondus  et  brillants,  dans  lesquels  les 
lézards  et  langrottes  qui  entreront  dedans  se 
verront  comme  en  un  miroir,  recouverte  en 
dehors  de  terre  plantée  d'arbrisseaux  à  fruits 
recherchés  des  oiseaux.  Aux  quatre  extrémi- 
tés de  la  croisée  des  a  cabinets  verds  »  formés 
d'ormes  taillés  et  dirigés  de  manière  à  imiter 
l'architecture  des  grottes  en  maçonnerie.  De 
tous  côtés  des  «  pisseures  d'eau  »  faisant  jouer 
des  flaïols.  «  qui  en  leurs  gargouillements  imi- 
teront de  bien  près  les  chants  des  oiseaux  et 
singulièrement  le  chant  du  rossignol.  »  Et 
dans  ce  jardin  compassé  on  aurait  vu,  sans 
doute,  se  promener  des  duchesses  déguisées 
en  bergères,  avec  des  houlettes  enrubannées. 


Sur  la  vie  latente  des  graines. 

MM.  Van  Tieghem  et  Bonnier  ont  prouvé 
expérimentalement  que  les  graines  peuvent 
vivre  un  certain  temps  d'une  vie  ralentie,  pen- 
dant laquelle  elles  continuent  de  respirer, 
mais  sans  aucune  formation  d'éléments  histo- 
logiques  nouveaux.  Trois  lots  d'un  même 
nombre  de  graines  de  Pois  et  de  Haricots 
furent  abandonnés,  le  premier  à  l'air  libre,  le 
deuxième  dans  un  tube  de  verre  scellé  et  ren- 
fermant de  l'air,  le  troisième  dans  un  tube 
scellé  contenant  exclusivement  de  l'acide  car- 
bonique pur.  Au  bout  de  deux  ans,  les  graines 
du  premier  lot  avaient  sensiblement  augmenté 
de  poids,  et  elles  germèrent  toutes  ;  celles  du 
deuxièmo  lot  avaient  moins  augmenté  de 
poids,  et  la  proportion  des  germinations  fut 
plus  faible;  celles  du  troisième  lot  ne  ger- 
mèrent pas.  et  leur  poids  était  resté  inva- 
riable. 

Il  est  donc  évident  que  les  graines  avaient 


>  \  ;.é' 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


continué  de  vivre  d'une  vie  ralentie,  à  l'air 
lihre  comme  dans  l'air  confiné.  Mais  cette  vie 
ralentie  a-t-elle  duré  autant  que  l'expérience, 
et  n'a-t-elle  pas  cessé  après  un  certain  temps 
pour  faire  place  à  un  arrêt  complet  de  toute 
activité  vitale,  le  protoplasme  devenant  com- 
plètement inerte,  tout  en  conservant  sa  com- 
position chimique  et  sa  structure  intime?  C'est 
l'opinion  de  M.  de  Candolle,  et  sa  manière 
de  voir  est  appuyée  sur  des  observations  et 
des  expériences  qui  paraissent  probantes,  et 
dont  voici  un  rapide  résumé. 

Les  graines  peuvent  être  soumises,  pendant 
plusieurs  heures  de  suite,  à  un  froid  très 
intense,  sans  perdre  leur  faculté  germinatrice. 
Les  graines  de  Pisu»i  sativum,  Phaseolus  vul- 
garis,  Fœniculum  officinale  germent  très  bien 
après  avoir  éprouvé  pendant  quatre  jours  une 
température  de  —  ioo»  c.  Or,  comme  d'après 
les  recherches  de  M.  Pictet  les  réactions  chi- 
miques qui  ont  lieu  aux  températures  ordi- 
naires cessent  de  se  produire  aux  températures 
très  basses,  il  faut  admettre  que  le  protoplasme 
des  graines  soumises  à  un  pareil  refroidisse- 
ment se  trouve,  pendant  la  durée  des  épreuves, 
dans  un  état  de  complète  inertie,  ne  pouvant 
plus  ni  respirer  ni  assimiler,  pour  reprendre 
sa  vie  dès  que  les  conditions  de  température 
et  d'humidité  redeviennent  favorables. 

Une  expérience  plus  concluante  encore  a  été 
faite  par  M.  de  Candolle.  Des  graines  de  blé, 
avoine,  fenouil,  sensitive,  lobélie,  enfermées 
dans  des  capsules  en  papier  d'étain  toutes  en- 
tassées dans  une  boite  en  tôle  qu'elles  rem- 
plissaient en  entier  furent  placées  dans  le 
récipient  d'un  réfrigérateur  à  air  comprimé 
appartenant  à  MM.  Sansinena,  importateurs  de 
viandes  gelées,  à  Liverpool.  La  boite  était 
dans  l'appareil  directement  placée  sur  le  pas- 
sage du  courant  d'air  glacé  sortant  du  réfrigé- 
rateur. Les  expériences  furent  commencées 
le  il  mai  1894  pour  se  terminer  le  7  sep- 
tembre suivant.  Pendant  ces  cent  dix-huit 
jours,  la  machine  a  fonctionné  de  neuf  à  vingt 
heures  par  jour.  Les  graines  retirées  de  la 
boite  furent  mises  à  germer  sur  couche,  et 
donnèrent  les  résultats  suivants.  Presque 
toutes  celles  d'avoine,  de  blé  et  de  fenouil 
levèrent  rapidement.  Par  contre,  sur  un  semis 
de  60  graines  de  sensitive,  i3  seulement  ont 
germé,  et  un  très  grand  nombre  de  graines  de 
lobélie  n'ont  donné  que  10  germinations. 

Cette  expérience  semble  permettre  de  con- 
clure que  chez  les  graines  à  l'état  de  vie 
latente, la  vie  finit,  au  bout  d'un  certain  temps, 
par  s'arrêter  complètement.  Leur  protoplasme, 
devenu  inerte,  peut  sans  aucunement  souffrir, 
supporter  les  plus  brusques  et  les  plus  grands 


abaissements  de  température,  et  il  est  vrai- 
semblable que  les  graines  qui  périssent  dans 
cette  épreuve  sont  celles  dont  le  protoplasme, 
n'ayant  pas  atteint  l'inertie  complète,  se  trouve 
encore  à  l'état  de  vie  ralentie. 


De  l'emploi  populaire  des  plantes   sau- 
vages en  Savoie. 

Il  y  a,  dans  la  trop  courte  étude  que  M.  le 
docteur  Alfred  Chabert  vient  de  publier  sous 
ce  titre,  un  certain  nombre  de  faits  curieux, 
racontés  d'un  style  alerte,  qui  sont  bien  de 
nature  à  éveiller  l'intérêt.  Nous  ne  résistons 
point  au  plaisir  d'en  citer  quelques-uns. 

La  croyance  aux  maléfices  paraît  très  ré- 
pandue dans  les  montagnes.  Il  y  a  des  femmes 
qui  font  profession  de  jeter  des  sorts  sur  les 
animaux  et  les  personnes,  et  d'autres  qui  ont 
la  science  nécessaire  pour  détruire  l'effet  de 
ces  sorts.  Beaucoup  de  maladies,  folie,  hys- 
térie, scrofule,  stérilité,  sont,  dans  l'esprit  de 
ces  crédules  populations,  attribuées  à  des 
sorts  jetés  sur  les  patients  et  qui  ont  pour 
résultat  de  troubler  leur  sang.  Quelquefois, 
les  rusées  commères,  tout  en  affichant  les 
dehors  de  la  plus  parfaite  inimitié,  s'entendent 
à  merveille  pour  se  renvoyer  de  l'une  à  l'autre 
les  naïfs,  aux  dépens  desquels  elles  se  font  des 
rentes.  Car  un  maléfice  jeté  par  une  sorcière 
ne  peut  être  détruit  que  par  une  autre. 

Si  un  mendiant  se  présente  pour  demander 
l'aumône,  ou  si  un  étranger  fatigué  ou  de  mine 
peu  avenante  vient  à  passer,  vite  on  ferme  la 
porte  des  étables,  de  peur  qu'il  ne  jette  un 
sort  aux  bêtes.  «  L'auteur  de  ce  travail,  dit 
M.  Chabert  en  parlant  de  lui-même,  doit 
avouer  que  si,  en  montant  les  montagnes,  il 
passe  inaperçu,  il  n'en  est  plus  de  même  lors- 
qu'il en  descend  harassé  de  fatigue,  les  portes 
des  étables  sont  alors  précipitamment  fermées 
avant  qu'il  n'arrive  auprès  d'elles.  Vires  acqui- 
rit  eundo  :  parti  inoffensif,  il  revient  sorcier! 
Effet  de  l'alpinisme.  » 

Naturellement,  les  plantes  jouent  un  grand 
rôle  dans  les  pratiques  des  sorcières  de  la 
montagne;  elles  sont  bonnes  à  tout,  ces  pau- 
vres plantes  :  elles  guérissent  et  tuent.  Il  y  en 
a,  comme  le  sapin,  qui  servent  d'hygroscope, 
ou  qui  préservent  du  mauvais  œil,  des  sorts, 
des  maléfices,  de  la  foudre.  Il  y  en  a  aussi  qui 
ont  la  propriété  de  déferrer  les  pieds  des 
mulets,  tout  en  respectant  ceux  des  chevaux 
et  des  ânes  :  ainsi,  YHippocrepis  comosa.  Le 
gui  est    partout  respecté,    et,    en   dépit   des 


1  |        MnMil        DES       PLANTES 


arrêtés,  les  fermiers  et  journaliers  om  toujours 
de  bons  motifs  pour  ne   pas  le  détruire. 

I  es  empoisonnements  par  lus  plantes  con- 
stituent presque  toujours  la  matière  sensible 
des  sorts  jetés  aux  hommes  ou  aux  animaux. 
Les  graines  du  Vuratrum  album  sont  em- 
ployées avec  succès  pour  tuer  les  poules;  les 
racines  de  VAconilum  anthora.ont  vite  raison 
dus  porcs,  VAciaea  spicataei  le  Taxus baccata 
des  ruminants,  des  chevaux,  des  ânes,  des 
mulets,  les  feuilles  fraîches  de  Cynanchum 
vincetoxicum,  mêlées  à  du  beurre  et  à  du  pain, 
des  chiens.  Pour  taire  accepter  aux  animaux 
les  plantes  vénéneuses,  il  faut  leur  faire  subir 
une  préparation  ;  on  les  mêle  à  leur  nourriture 
habituelle  ou  bien  on  les  saupoudre,  par 
exemple,  de  sel.  Contre  l'homme,  on  a  la  Bel- 
ladone, le  Colchique  d'automne,  le  Veratrum 
album,  l'Aconit,  l'Actée,  la  Jusquiame,  la 
Digitale,  la  Morelle,  l'Ivraie,  la  Ciguë,  la 
Nielle,  l'Hellébore,  l'Ergot  de  seigle.  Tout, 
un  arsenal  ! 


Localités    nouvelles   pour   la    Flore    de 
Normandie. 

Epilobium  angustifolium  L.  Tranchée 
du  chemin  de  fer  de  Paris  à  Granville  entre 
Écouché  et  les  Yveteaux-Fromental  (Orne)  ; 
abondant,  iq  août  (H.  Léveii.lé). 

Stachys  germanica  L.Avranches:  bords 
de  la  Sée  (Manche),  20  août  (H.  Léveillé). 


Évolution  de  l'organisme  muscique 

(Suite) 

Dans  certaines  espèces  [Funaria,  Epheme- 
rum),  le  processus  de  la  segmentation  est  un 
peu  moins  compliqué.  Les  anticlines  ne  se 
eut  pas,  et  les  périclincs  dans  chaque 
quartier  unissent  directement  la  cloison  ra- 
diale à  la  portion  adjacente  de  la  cloison  pri- 
mordiale; le  résultat  de  cette  segmentation 
SÏmplifi  '  donne  deux  assises  concentriques 
de  quatre  cellules,  l'une  externe  et  périphé- 
rique, l'autre  interne  et  axile. 

Le  premier  ou  les  deux  premiers  étages  de 
l'œuf  sont  destinés  à  la  formation  du  pédicelle; 
aussi  leur  segmentation  est- elle  loin  d'être 
constamment  régulière. 

Mais  la  formation  des  anticlines  et  des  péri- 
clincs telle  que  nous  l'avons  indiquée  est  tou- 
jours réalisée  au-dessus  de  la  deuxième  cloison 
transversale,    à    partir    de   laquelle    le   paren- 


chvme    embryonnaire   se   différencie    en    cap- 
sule. 

Après  la  division  des  quartiers,  l'ébauche  de 
cette  capsule  comprend  deux  assises  cylin- 
driques :  l'une  pleine,  l'autre  creuse  et  renfer- 
mant la  première.  Dans  les  cellules  du  cylindre 
central  se  forment,  comme  dans  les  segments 
primitifs,  des  périclincs  parallèles  à  la  paroi 
externe,  de  telle  manière  qu'un  second  cy- 
lindre creux  se  trouve  ainsi  différencié,  et 
emboité  dans  le  premier. 

Ce  second  cylindre  est  destiné  à  devenir 
l'archéspore  ;  quant  à  la  partie  centrale  qu'il 
entoure,  elle  reste  stérile  et  constitue  la  co- 
lumelle. 

Le  cylindre  creux  externe  continue  son  évo- 
lution; ses  éléments  prolifèrent  et  disposent 
en  plusieurs  assises  le  résultat  de  leur  multi- 
plication. 

(.4  suivre.)  A.  Acloque. 


Revue  des  Sociétés  savantes. 

Académie     des   Sciences    de    Paris. 

29  juillet  i8a5.  —  Influence  lies  toxines  sur  la 
descendance,  A.  Cmarrin.  Les  animaux  imprégnés, 
à  une  époque  donnée,  par  des  produits  bactériens, 
peuvent  donner  naissance  à  des  rejetons  dont  la 
croissance  s'effectue  lentement,  dont  la  taille  et  le 
poids  demeurent  inférieurs, ojuelquefoisde  plusd'un 
tiers,  à  la  normale,  dont  les  os  longs  offrent  des 
épiphyses  volumineuses.  Les  œufs  dans  lesquels 
ont  été  introduits  des  produits  microbiens  donnent 
des  poulets  chétifs.  La  croissance  peut  être  consi- 
dérablement retardée  chez  les  enfants  nés  de  mères 
en  puissance  d'infection  streptococcique,  scarla- 
tineuse,  tuberculeuse. 

10  août  i8g5.  —  Sur  la  migration  du  phosphate 
de  'chaux  dans  les  plantes,  L.  Vaudin.  Les  sucres 
élaborés  par  les  organes  foliacés,  en  se  dirigeant 
vers  l'épi  avec  les  phosphates  et  les  malates  alca- 
lins, entraînent  avec  eux  les  phosphates  insolubles; 
à  mesure  qu'ils  se  transforment  en  amidon,  le  phos- 
phate de  chaux  se  dépose;  en  même  temps,  les 
malates  se  trouvent  presque  en  entier  détruits,  et 
imc  partie  seulement  persiste  dans  la  graine  à  l'état 
de  succinates.  Pendant  la  germination  et  la  pre- 
mière évolution  de  la  plante,  des  phénomènes 
inverses  s'accomplissent,  qui  transforment  l'amidon 
en  sucre,  et  produisent  des  malates  qui,  avec  les 
sucres  formés,  transportent  vers  la  jeune  pousse 
les  phosphates  en  réserve  dans  la  graine. 


Revue  des  Revues. 

Cosmos  (n"  547).  —  Sur  la  culture  du  Polygo- 
nuni  sachalinense  comme  plante  fourragère,  Dou- 
mi  1  Adanson.  M.  l)oumet- Adanson  s'efforce  de 
défendre  cette  Renouée  contre  les  attaques  dont 
elle  est  l'objet,  et  qui  prétendent  qu'elle  n'est  bonne 
à  rien,  en    tant  que  plante   fourragère.   Il   attribue 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


le  peu  de  succès  des  tentatives  de  culture  à  ce  fait 
que,  la  plante  étant  très  demandée  en  raison  de  la 
sécheresse,  on  fut  obligé  d'avoir  recours  au  «  sur- 
menage de  la  multiplication  ».  c'est-à-dire  à  des 
bouturages  et  rebouturages  successifs  qui  donnèrent 
des  jeunes  plants  en  grand  nombre,  mais  sans  con- 
sistance et  sans  vigueur,  n'ayant  encore,  au  lieu  de 
racines  et  de  rhizomes,  que  de  menues  radicelles. 
Le  Polygonum  ne  manque  pas  de  qualités  nutri- 
tives :  il  donne  à  l'analyse  2,66 "/o  d'azote,  c'est-à- 
dire  autant  que  la  luzerne  et  plus  que  le  trèfle 
rouge.  De  plus,  il  parait  qu'il  ne  devient  pas  plus 
rapidement  ligneux  que  la  luzerne,  et  que,  si  on 
le  coupe  quand  les  tiges  ont  i  m.  ou  i  m.  5o  de 
long,  il  est  assez  tendre  pour  être  mangé  en  entier 
par  les  animaux.  La  question  n'est  donc  pas  élu- 
cidée :  adhuc  sub  judice  lis  est.  —  (N°  55o).  — 
Les  Agaves,  G.  de  Dubor.  —  (N°  55 1  ).  —Les 
racines  du  ble'.  —  (N°  555).  —  Le  marquis  Gaston 
de  Saporta,  A.  Acloque. 

Le  Naturaliste  (i"'août  iSgS).  —  Une  glycine 
énorme  à  Rouen,  H.  Gadkau  de  Kf.rvii.i.e.  — 
(i5  août  1895). —  La  /ternie  du  chou, A. Vilcoq.  Cette 
maladie,  d'origine  parasitaire,  produit  des  déforma- 
tions profondes  sur  les  racines,  qui  se  gonflent 
comme  des  racines  charnues,  et  deviennent  sem- 
blables à  des  racines  de  Dahlia;  les  radicelles  dis- 
paraissent presque  complètement.  L'allection  est 
due  à  un  myxomyicète,  Plasmodiophora  brassica?, 
contre  lequel  on  ne  connaît  aucun  traitement  eu  rati  if 
efficace.  M.  Woronin  propose,  comme  moyens  pro- 
phylactiques, d'arracher  et  de  détruire  radicale- 
ment, mais  non  par  l'enfouissement,  qui  favori- 
serait le  développement  du  parasite,  tous  les  choux 
atteints;  de  pratiquer  l'alternance  des  cultures; 
d'éliminer  avec  soin,  au  moment  du  repiquage,  tous 
les  jeunes  plants  qui  offriraient  des  traces  de  ren- 
flement aux  racines  latérales. 

Bulletin    de    l'herbier    Boissier    (n°  6).  — 

A'o/es  on  tlie  herbarium  Boissier,  Arthur   Bennett. 

—  Remarques  sur  le  Rosa  o.xyodon  Boiss.,  F.  Cré- 
pin.   —  Globulariaceen-Studien,  R.-V.   Wettstein. 

—  De  l'emploi  populaire  des  plantes  sauvages  en 
Savoie,  Dr  Alfred  Chabert  —  (n°  8).  —  Acanthaceœ 
americanœ,  G.  Lindau.  —  Une  mousse  nouvelle 
d'Egypte,  Jules  Amann.  M.  Amann  décrit  une  nou- 
velle espèce  de  Mousse,  Amblystegium  burnati,  qui 
provient  de  la  sakieh  (citerne)  d'Héliopolis,  et  dont 
la  découverte  en  Egypte  est  surtout  intéressante 
par  ce  double  fait  qu'elle  représente  dans  ce  pays 
la  seule  espèce  connue  de  ce  genre,  et  qu'elle  est  la 
première  mousse  pleurocarpe  trouvée  en  Egypte. 
«  Cette  très  grande  rareté  des  p! eu  rocarpes  en  Egypte, 
résultant  évidemment  de  facteurs  climatériques, 
constitue,  dit    l'auteur,  un    fait  très  intéressant  au 

'  point  de  vue  phytogéographique,  et  il  est  fort 
curieux  de  voir  cette  seule  petite  espèce  se  réfugier 
(à  l'instar  de  la  Vérité)  au  fond  d'une  citerne,  seule 
station  qui  lui  offrît  les  conditions  d'ombre  et 
d'humidité  nécessaires  à  son  existence.  La  stérilité 
complète  montre  du  reste  que,  là  même,  elle  se 
trouve  dans  des  conditions  de  milieu  peu  favora- 
bles. » 

Bulletin  de  la  Société  botanique  de  France 
(juillet-août  1890).  —  Note  sur  quelques  plantes 
récoltées  en  Algérie  et  probablement  adventices, 
J.-A.  Battandier.  —  Glanures  bryologiques  dans  la 
flore  parisienne,  Fernand  Camus  —  Recherches  sur 
la  division  du  noyau  cellulaire  che^  les  végétaux, 
Ch.  Degagny.  —  Plantes  des  cantons  de  Saint-Gcr- 
vais  d'Auvergne  et  de  Pontaumur  rares  ou  intéres- 
santes pour  la  flore  d'Auvc  gne,  Montel.  Nous  rele- 


vons dans  cette  liste  :  Epilobium  spicatum  (bois  de 
Roche  près  Yillossanges)  ;  E.  collinum  Gmel. 
(ravins  pierreux  du  Sioulet  et  de  la  Sioule);  E. 
palustre  (lieux  marécageux!.  —  Sur  le  groupement 
des  espèces  en  genres  dans  la  tribu  des  Psittacan- 
thees  de  la  famille  des  Loranthacées,  van  Tieghem. 

Bulletin  de  la  Société  d'agriculture,  scien- 
ces et  arts  de  la  Sarthe  (2"trim..<p).  —Espèces  vé- 
gétales communes  à  la  France  et  à  VInde,  H.  Léveillé. 

Erythea  (août  i8u5).  —  Novitales  occidentales, 
Edv.  L.  Gree«e.    —    .-1    neir    Erythronium,  Henry 

N.    BoLANDF.R. 

Journal  de  Botanique  (16  juillet  i8g5).  — 
Mylittopsis,  nouveau  genre  d'hymenomycètes  hétéro- 
basidés.  N.  Patouii.laru.  Ce  genre  diffère  des  autres 
genres  d'Auriculariacés  par  la  forme  du  réceptacle 
et  la  nature  fibiilleuse  de  la  trame.  Il  offre  les  carac- 
tères suivants  :  Réceptacle  tuberculiforme,  gélati- 
neux-induré, entièrement  formé  de  fibrilles  rayon- 
nantes, à  hymenium  amphigène  ;  basides  droites, 
transversalement  septées,  mêlées  à  des  paraphyses. 

Ax-thermal  (14  août  i8g5).  —  Le  vieux  château 
de  Muntgaillard  {Ariègei,  A.  et  H.  Marcailhou 
d'AvMERic.  Dans  cette  note,  MM.  Marcailhou 
d'Aymeric  signalent  quelques  localités  de  YAethio- 
nema  pyrenaieum,  trouvé  pour  la  première  fois  par 
M.  de  Boutigny  sur  le  roc  de  Montgaillard,  près  de 
Foix  :  au  mont  Calâmes,  près  deSaurat,  et  au  pech 
de  Foix  (Huet,  1881  et  1894);  sur  les  rochers  cal- 
caires qui  dominent  la  chapelle  de  Sabart  (Mar- 
cailhou d'Aymeric,  i885);  dans  les  fentes  des 
rochers  calcaires  de  la  montagne  de  Quié,  près 
Tarascon-sur-Anège  (Mailho,   1886). 

Nuovo  giornale  botanico  italiano  (n0  5).  — 
Di  alcuni  apparecchi  di  disseminapone  nelle  A  ngios 
penne,  Lo  Forte.  --  Morfologia  e  sviluppo  di  un 
funçjo  ayaricino  (Tricholoma  terreuin),  P.  Voglino. 

Le  botaniste  \\"  août  i8g5). — Sur  un  nouveau 
cas  remarquable  de  symbiose,  P. -A.  Dangeard.  11 
s'agit  d'une  association  pour,  la  vie,  non  pas  à  béné- 
fice réciproque,  comme  le  serait  la  problématique 
symbiose  des  Lichens,  mais  indifférente,  entre  le 
Dacryomyces  deliquescens  et  une  Trémellinée  qui 
unissent  leurs  hyphes  mycéliens  et  thallins  et  leurs 
fructifications. 


Bibliographie. 

Musci  exotici  novi  vel  minus  cogniti, 
F.  Renauld  et  .1.  Cardot.  Ce  septième  fascicule 
contient  la  description  d'un  certain  nombre  d'es- 
pèces de  l'Inde  orientale,  du  Brésil,  de  Madagascar, 
de  Bourbon. 

Investigations  concern'ng  the  etiology  of 
small-pox,  .1.  Christian  Bay.  Dans  cette  étude 
très  intéressante,  M.  Christian  Bay  recherche  la 
cause  première,  l'agent  responsable  de  la  petite 
vérole,  et  le  coupable  lui  paraît  être  le  Dispora 
variolœ,  à  bâtonnets  longs  de  0,6  à  1  [jt,  larges  de 
0,2  à  o,3  u.,  à  cellules  dispores.  Il  y  rattache  comme 
synonymes  Micrococcus  vaccina.'  et  variolœ  Cohn, 
qui  ne  lui  paraissent  être  que  des  cellules  de  Di- 
spora mises  en  liberté. 

Manuel  de  géographie  botanique,  Oscar 
Drude.  Nous  sommes  heureux  de  pouvoir  signaler 
le  nouveau  fascicule  de  cet  ouvrage  important  et 
d'un  intérêt  considérable,  rempli  de  documents  et 


8 


1  I        MONDE       HIS       PLANTES 


de  Faits,  et  de  nature  à  fournir  aux  recherches  des 
points  de  repère  et  une  hase  solide.  Nous  trouvons 
dans  cette  livraison  un  tait  curieux,  la  croissance 
indéfinie  "      sses.  Dans  ces  végétaux,  ce  sont 

les  mêmes  ti-es  qui,  a  différentes   reprises,    s  arrê- 
tent et   recommencent  à  croître  par  leurs  sommets 
ir  leurs   rameaux  latéraux,    hue  expérience  de 
M  ReichaRD  faite  en  '         -les  sour- 

ces calcaires  du  bassin  de  Vienne,  où  l'on  trouve 
recouvertes  ,1e  tufs  des  tiges  dépassant  plusieurs 
pieds  a  montré  que.  es  ne  pouvaient  avoir 

atteint  .:e  telles  dimensions  que  par  une  croissance 
tinue  de  leur  axe  pendant  i.5ooans,  et  que  ces 
erêiesorg  ie  trouvaient  par  suite  aussi  âges 

que  nos'  plus  vieux  arbres.  Le  livre  est  rempli 
Jobsl  semblables    qui  rendent   sa  lecture 

attrayante  et  suggestive. 

Plantes  rares  ou  nouvelles  delà  province 
d'Aragon  (Espagne),  O.  Debeaux.  Les  plantes 
décrites  dans  cette  liste  proviennent  des  récoltes  de 
M.   Reveri  hon  en   1894. 

Handbook  of  the  Flora  of  Ceylon,  H.  Tri- 
men.  Part-  H'-  Valerianacese-Balonophoraceae.  With 
plates  LI-LXXV.  ,  , 

Ce  troisième  volume  est  en  tout  digne  des  précé- 
dents La  flore  de  M.  Trimes  se  distingue  de  la 
Flora  »f  british  India  de  Hooker  par  une  clarté 
plus  grande  et  aussi  par  ses  clefs  conduisant  a 
l'analyse  des  espèces,  ciels  qui  manquent  dans  la 
Florede  Hooker.  _ 

Quant  au  fond,  nous  trouvons  dans  la  Flore  de 
Ceylan  les  espèces  de  l'Inde  méridionale  et  en  géné- 
ral les  plantes  de  la  zone  tropicale. 

Toutefois  l'île  de  Cevhin  possède  des  espèces  qui 
1„\  sont  propres  et  la  Florede  M.  H.  Trimen com- 
plétant celle  de  Hooker  a  sa  place  marquée  dans 
toute  bibliothèque  sérieuse  et  importante. 

Les  planches  qui  accompagnent  le  texte,  dessi- 
nées, gravées  et  coloriées  avec  le  plus  grand  soin, 
donnent  une  idée  suffisante  de  la  Flore  d'une  île 
dont  la  végétation  passe  à  bon  droit  pour  l'une  des 
plus  luxuriantes  du  globe.  H-  I- 


Informations. 

Notre  collègue.  M.  Lucien  Daniel,  le  sympathi- 
que et  distingué  professeur  du  collège  de  Château- 
Gontier,  bien  connu  pour  ses  travaux  sur  les  cham- 
pignons et  sur  la  greffe  herbacée  vient  d'être 
nommé  au  lycée  de  Rennes,  en  qualité  de  profes- 
seur de  sciences  naturelles.  Nous  félicitons  M.  Lu- 
cien llAMH.de  cet  avancement  mérité.  Son  départ 
est  une  perte  pour  la  Mayenne  dont  il  étudiait  la 
Flore  depuis  de  longues  années. 


Notre  collègue  le  professeur  Edw.  L.  Greene  a 
quitté  sa  position  à  la  tête  du  département  de  la 
botanique  à  l'Université  de  Californie  pour  accepter 
la  chaire  de  botanique  à  l'Université  catholique 
d'Amérique  à  Washington. 


Le  professeur  Lester  F.  Ward,  le  paléobotaniste 
de  l'Institut  Smithsonien  de  Washington  se  pro- 
pose de  visiter  durant  l'automne  la  côte  du  Paci- 
fique pour  former  des  collections  et  examiner  cer- 
taines localités  au  pied  des  montagnes. 


C.  Cardale  Babington  vient  de  mourir  à  Cam- 
bridge à  l'âge  de  S;  ans.  11  était  connu  comme 
l'auteur  du  Manual  of  british  plants  qui  eut  huit 
éditions  successives. 


On  annonce  comme  prochaine  l'apparition  de  la 
Flore  Synoptique  de  l'Amérique  du  Nord  restée 
inachevée  à  la  mort  d'Asa  Grav.  En  ce  moment, 
le  D'  RoBi.Nso.N  met  la  dernière  main  aux  Polypé- 
tales. 


En  raison  des  chaleurs  tropicales  éprouvées  pen- 
dant plusieurs  jours,  le  iilas  blanc  a  eu  une  seconde 
fleurai  I    Sarthe). 


Exposition  ouvrière  nationale  de  Rouen 
en  1896.  —  A  cette  Exposition,  les  ouvrières  et 
ouvriers,  syndiqués  ou  isolés,  pourront  participer 
sans  aucuns  frais,  tant  pour  l'emplacement  que 
pour  l'installation  particulière  des  objets  exposés. 
Les  travaux  des  élèves  des  cours  professionnels  et 
des  écoles  d'apprentissage  seront  acceptés.  Les  frais 
de  transport  par  voie  ferrée  subiront  une  réduction 
de  moitié  prix  sur  le  tarif  ordinaire.  Les  objets 
exposés  seront,  sur  la  demande  des  intéressés, 
vendus  sur  place,  autant  que  pourra  se  faire,  par 
les  soins  du  Comité  d'organisation. 

11  est  ouvert  un  groupe  spécial  pour  l'économie 
sociale,  réservé  à  l'historique  et  aux  moyens  d'ac- 
tion des  syndicats  ouvriers,  des  sociétés  coopéra- 
tives de  production  et  de  consommation,  des  sociétés 
de  secours  mutuels,  de  participation  du  personnel 
dans  les  bénéfices,  en  un  mot,  de  tous  les  groupe- 
ments ouvriers,  mixtes  ou  non. 

Un  groupe  spécial  est  consacré  à  ['hygiène 
ouvrière  [hygiène  des  établissements,  usines,  chan- 
tiers, etc.  —  Habitations  à  bon  marché,  etc.) 

Enfin,  un  groupe  spécial  artistique  est  réservé 
aux  artistes. 

De  nombreux  objets  d'art,  médailles  en  or,  ver- 
meil, argent  et  bronze,  seront,  avec  des  diplômes 
d'honneur,  délivrés  aux  exposants-lauréats. 

P  ,ur  tous  renseignements, éclaircissements,  prière 
de  s'adresser  au  président  «m  au  secrétaire.  Toutes 
les  correspondances  doivent  être  envoyées  au  siège 
du  comité  :  Exposition  ouvrière  nationale  en  1  Son, 
11,4,1  de  Ville,  à  Rouen. 


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N"  72 


1"  Novembre  1895 


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DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


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Directeur 
Rédacteur  en  chef  :   A.  ACLOQUE 


H.   LEVEILLE 


SOMMAIRE    DU    N»    72 

Pasteur.  —  Académie  internationale  de  Géographie  botanique.  —  Les  besoins  de  la 
nomenclature  botanique,  D'  Otto  Kuntze.  —  Contributions  à  la  llore  de  l'Inde  fran- 
çaise, H.  LtvF.ii.Li:.  —  Remarques  sur  quelques  plantes  peu  communes  du  nord  de  la 
Sartbe,  H.  Léveillé.  —  Herborisations  mayennaises,  L.  Mercier.  —  Essais  d'inocula- 
tion des  bactéries  des  Légumineuses  aux  Graminées,  P.  V.  Liotard.  —  Contributions  à 
la  Flore  de  la  Mayenne,  H.  Lkvku.lé.  —  Essai  sur  la  llore  des  rochers  et  des  grottes 
de  la  Seine-Inférieure,  Ed.  Spalikowskt.  —  Herborisations  sarthoises,  1895,  H.  LÉ- 
VE11.1.É.  —  Une  nouvelle  maladie  de  la  pomme  de  terre,  V.  L.  —  Une  herborisation  au 
mont  Bessillon,  M.  Capoduro.—  Revue  des  Revues.—  Bibliographie.  —  Informations. 
—  Mouvement  de  la  bibliothèque.  —  Mouvement  de  l'herbier. 


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Est    publié    avec  la   Collaboration    de  : 


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Tout  ce  qui  concerne  la  Direction  doit  être  adressé  à  M.  H.  Léveillb,  104,  rue  <le  Flore,  Le  Mans  Marthe) 
France;  —  et  ce  qui  concerne  la  Rédaction,  à  M.  A.  Acloque,  a  Auxi-le-Chàteau  (Pas-de-Calais)  France. 

Adresseï  les  demandes  d'abonnements  et  mandats  à  M.  Monnoyer,  Imprimeur-Éditeur,  12,  place  des  Jacobins, 
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5e  Année  (2e  Série) 


N°  72 


1"  Novembre   iSç5 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

T{evue  Internationale  illustrée  de  "Botanique. 


PASTEUR 

Le  génie,  le  grand  chre'tien  et  l'illustre  fran- 
çais qui  fut  Pasteur  n'est  plus.  La  Science, 
la  Religion,  la  France  et  l'Humanité  sont  en 
deuil  devant  la  tombe  où  repose  l'immortel 
savant. 

L'Académie  internationale  de  Géographie 
botanique  prend  part  au  deuil  général.  Elle 
avait  décerné  à  Pasteur  la  plus  haute  de  ses 
récompenses,  cette  médaille  de  ire  classe  que 


les  cinq  premiers  savants  du  globe  sont  seuls 
appelés  à  recevoir,  et  le  savant  modeste  avait 
été  fort  sensible  à  cet  honneur.  Sitôt  la  nou- 
velle de  sa  mort  parvenue  au  Secrétariat,  le 
Secrétaire  perpétuel  de  notre  Académie  s'est 
empressé  d'exprimer  au  nom  de  celle-ci  ses 
regrets  à  la  veuve  de  l'illustre  défunt. 

Dieu  donne  à  l'humanité  un  nouveau  Pas- 
teur ! 


Les  besoins  de   la  nomenclature  botanique 


C'est  au  Congrès  international  tenu  à  Paris 
en  1867  que  furent  établies  les  règles  de  la 
nomenclature  botanique,  grâce  à  l'initiative 
de  la  Société  botanique  de  France.  Cette  So- 
ciété illustre  est  donc  la  mère  de  ce  «  Code 
parisien  »,  rendu  nécessaire  par  la  confusion 
qui  régnait  dans  la  nomenclature  avant  cette 
époque  et  parle  tort  que  se  causaient  mutuel- 
lement les  auteurs.  Il  est  basé  sur  le  principe 
de  la  priorité,  lex  prioritatis,  qui,  par  sa  jus- 
tice indiscutable  et  son  caractère  scientifique, 
constitue  l'unique  condition  d'une  entente 
internationale  au  point  de  vue  de  la  nomen- 
clature botanique.  C'est  le  plus  grand  mérite 
de  la  Société  botanique  de  France  d'avoir  fait 
du  Code  parisien  un  lien  commun  destiné  à 
unir  tous  les  botanistes  du  monde. 

Ce  code  n'a  été  toutefois,  après  1867,  appli- 
qué que  partiellement,  et  il  faut  arriver  jus- 
qu'à ma  Revisio  generum  plantarum  (1) 
publiée  en  1891,  pour  en  trouver  une  appli- 
cation intégrale.  Dans  cet  ouvrage,  j'ai  apporté 
quelques  amendements  à  la  règle  imposée,  de 
façon  à  ne  changer  que  le  moins  de  noms 
possible,  tout  en  ayant  constamment  égard  à 
l'usage  établi.  Cette  manière  de  faire  m'a 
permis  d'éviter  environ  un  tiers  des  change- 


(1)  Charles  Klincksieck,  il,  rue  de  Lille,  Paris. 

T.    V. 


ments  qui,  en  raison  d'un  doute  ou  d'une 
impropriété,  auraient  dû  être  effectués  d'après 
le  Code  parisien  de  1867.  J'avais  à  changer 
1074  noms  de  genres,  et  de  ce  fait  environ 
3o.ooo  noms  d'espèces.  «  C'est  beaucoup, 
mais  il  parait  que  c'est  au  plus  juste  »,  écrit 
à  ce  sujet  M.  G.  Poirault,  dans  le  Journal 
de  Botanique  de  Louis  Morot  en  1892,  sup- 
plém.,  page  XX.  Le  principe  de  la  priorité 
pourrait  peut-être  souffrir  encore  quelques 
exceptions  consacrées  par  l'usage;  mais  ces 
exceptions  devraient  être  fixées  par  une  con- 
vention internationale,  et  non  pas  arbitraire- 
ment. M.  Ascherson  avait  proposé  au  Congrès 
de  Gênes,  en  1892,  un  Index  inhonestans 
renfermant  des  noms  génériques  à  conserver 
malgré  la  lex  prioritatis  ;  mais  le  Congrès  de 
Gênes  constitua  une  Commission  internatio- 
nale pour  l'examen  de  cette  proposition  ;  ce 
qui  était  une  manière  de  la  repousser.  Cette 
Commission,  qui  ne  fut  jamais  ni  complète, 
ni"  active,  parait  aujourd'hui  profondément 
endormie;  son  «  Bureau  »  à  Berlin  a  oublié 
l'Index  inhonestans,  et  M.  Ascherson  lui-même 
a  proposé  un  nouveau  Principium  inhonestans 
avec  violatio    juris  quœsiti  (1)   à  l'assemblée 


(1)  Oesterreichische  Botanische  Zeitschrift,  1  Sg5 
34,  et  181-182. 


10 


LE      MONDE       DES      PLANTES 


des  naturalistes  à  Vienne  en  t S95.  Cette 
assemblée  avait  voté  une  motion  de  confiance 
aux  membres  du  0  Bureau  »  de  Berlin. 
MM.  Engler  et  Ascherson,  parce  qu'ils 
avaient  promis  de  réunir  un  «  Congrès  de 
nomenclature  »  à  Berlin  en  iSo5  :  Congrès 
dont  il  ne  fut  jamais  question  ensuite.  D'ail- 
leurs, il  sera  tout  à  fait  impossible  de  réunir 
à  Berlin  un  Congrès  international,  parce  que 
les  autorités  du  «  Bureau  j  n'ont  pas  quelque 
principe  primordial,  comme  la  lex  prioritatis, 
et  parce  que  leurs  projets  de  nomenclature, 
les  trois  thèses  berlinoises  acceptées  au  Con- 
grès incompétent  de  Cènes,  n'ayant  pas  reçu 
la  consécration  de  l'expérience,  étaient  plutôt 
mauvais  et  ne  constituaient  que  des  re/or- 
mationes  in  pejus.  Cet  état  de  choses  laisse 
regretter  que  la  nomenclature  des  Natuerliche 
Pflançenfamilien,  grand  ouvrage  presque  po- 
pulaire, qui  ne  mentionne  pas  la  publication 
des  noms  des  plantes,  ne  soit  pas  corrigée 
par  un  Congrès  international. 

Les  autorités  botaniques  de  Kew  montrent 
autant  d'aversion  pour  un  Congrès  internatio- 
nal qui  pourrait  amener  la  réforme  de  leur 
nomenclature,  c'est-à-dire  de  la  nomenclature 
des  Gênera  plantarum  de  Bentham  et  Hooker 
autrement  arbitraire  que  celle  des  Natuerli- 
che P/lanjenfamilien.  M.  Daydon  Jackson  a 
publié  l'Index  kewensis  aux  frais  de  Darwin 
qui  souhaitait  voir  refaire  le  Nomenclator 
plantarum  de  Steudel.  M.  Jackson  a  donné 
dans  V Index  kewensis  l'indication  de  la  date 
de  publication  des  plantes,  mais  sans  en  tirer 
aucune  conséquence  et  sans  opérer  les  chan- 
gements qu'aurait  nécessités  la  lex  prioritatis. 
Outre  qu'il  sera  difficile  de  restituer  aux  plan- 
tes leurs  noms  légitimes  contre  ceux  de  Kew, 
M.  Jackson,  sous  la  direction  de  SirJos.  Hoo- 
ker, a  omis  les  synonymes  à  leur  véritable 
place,  c'est-à-dire  sous  les  noms  spécifiques, 
comme  ont  fait  Steudel  et  les  meilleurs 
nomenclateurs  (1). 

En  Amérique,  aux  Etats-Unis,  on  se  préoc- 
cupe vivement  depuis  1890  de  la  nomen- 
clature botanique.  Les  botanistes  américains 
les  plus  compétents  acceptent  le  Code  pari- 
sien, à  peu  de  réserves  près;  toutefois,  ils  ont 
ajouté  deux  nouveaux  principes  :  Once  a 
synonym  always  a  synonym  et  Priority  in 
place  names  at  ail  events  ;  mais  ces  principes 
n'ont  pas  été  consacrés  par  l'expérience.  Mon 
article  Nomenclaturstudien  dans  le  Bulletin  de 
l'Herbier  Boissier  1894,  457-498,  où  je  prou- 
vais statistiquement  dans  les  paragraphes  II  et 


(1)  Journal  of  botany,  1894,  279. 


VI  que  ces  principes  nouveaux  sont  mauvais 
si  on  leur  donne  un  effet  rétroactif,  provoqua 
parmi  les  botanistes  américains  une  véritable 
révolution  qui  n'est  pas  encore  terminée  (  [), 

En  France,  on  se  préoccupe  peu  d'une  nomen- 
clature exacte  et  juste.  Il  y  a  cependant  des 
exceptions  :  ainsi,  M.  Henri  Bâillon,  qui  a 
accepté  et  introduit  une  nomenclature  réfor- 
mée basée  sur  des  principes  scientifiques. 
Ainsi  encore  deux  botanistes  qui  ont  sur  la 
question  des  opinions  extrêmes  :  M.  Saint- 
Lager,  qui  voudrait  remettre  en  honneur  les 
noms  botaniques  classiques  des  anciens  Grecs 
et  Romains  ;  et  d'autre  part  M.  Le  Jolis,  qui 
est  comme  M.  Ascherson  à  Berlin,  le  défen- 
seur et  l'avocat  de  la  confusion  dans  la 
nomenclature  ;  comme  ce  savant,  il  ne  suit 
aucun  principe  primordial  et  scientifique,  et 
il  ne  veut  changer  aucun  des  noms  connus 
par  lui  depuis  sa  jeunesse.  Il  faut  lire  ses 
Remarques  sur  la  nomenclature  hepatologique 


(1)  Lester  F.  Ward  qui  avait  répondu  (')  à  l'obscur 
Haward-Memorandum  reproduit  par  le  Journal  of 
Botany  i8g5,  2i3,  216,  et  par  Engler's  botan.  Jahrb. 
XXI  Beiblatt  n°  5z,  prépare  un  «  Nomenclator 
plantarum  fossilium  »;  il  pense  qu'un  «  Nomen- 
clator plantarum  omnium  »  reposant  sur  la  loi  de 
la  priorité  et  ayant  une  valeur  internationale  per- 
mettrait généralement  de  supprimer  la  citation  des 
auteurs  à  la  suite  du  nom  des  plantes.  Il  dit  d'un 
tel  (t  Nomenclator  »  :  A  consummation  dcvoutly  to 
be  wished.  Mais  si  l'on  veut  atteindre  le  but,  il  faut 
qu'un  tel  «  Nomenclator  »  soit  d'un  prix  abordable 
pour  tous  les  botanistes  et  horticulteurs.  Il  n'en  est 
pas  ainsi,  par  exemple,  du  Kew-Index,  qui  ne  con- 
tient que  la  moitié  des  plantes,  les  Phanérogames, 
et  coûte  S  guinées,  210'  francs. 

Si  l'on  renonçait  à  la  citation  de  la  première 
publication  de  chaque  nom,  ce  qui  sera  le  fait  des 
ouvrages  spéciaux,  le  prix  serait  réduit  des  deux 
tiers,  et  le  «  Nomenclator  »  pourrait  être  fini  dans 
le  délai  voulu.  Il  n'en  coûterait  pas  moins  encore 
le  tiers  d'un  ouvrage  double  du  Kew-Index,  c'est-à- 
dire  140  francs,  prix  trop  élevé  encore  pour  la 
majorité  des  botanistes;  de  telle  manière  qu'il  fau- 
drait réunir  une  somme  considérable  pour  en  faire 
une  publication  désintéressée,  qui  serait  offerte  à 
ceux  qui  en  auraient  besoin  moyennant  une  légère 
redevance,  ib  francs  par  exemple. 

D'après  M.  Lester  F.  Ward,  le  StricklanJian 
Code  de  1842,  élaboré  entre  autres  savants  par 
Darwin,  Bentham,  Hooker,  reposait  sur  la  loi  de  la 
priorité,  et  fut  exécuté  par  les  zoologistes  anglais, 
mais  non  par  Bentham  et  Hooker.  Les  ornitholo- 
gistes américains  ont  introduit  ces  règles  plus  tard, 
en  1886,  par  un  catalogue  où  les  noms  étaient  chan- 
gés dans  la  proportion  de  qo  %  (depuis  iS5ô,  ainsi 
que  le  prouve  Ward  loc.  cit.  p.  3 14,  pour  les  cin- 
quante premiers  genres);  après  1886,  la  proportion 
des  changements  tombe  à  1  °/„. 


(•)   Bulletin   of    the    Torrcy    bolanical    club,    New-York, 
I S93,  3oSJ-32o,. 


LE       MONbE       DES       PLANTES 


I  t 


et  bryologique  dans  les  Mémoires  de  la  Société 
des  Sciences  natur.  de  Cherbourg,  1 893-1895, 
pour  apprécier  jusqu'où  il  pousse  l'arbitraire 
et  l'injustice  ;  ses  opinions  ont  été  combattues 
par  des  botanistes  suédois  et  par  d'autres  (1). 
Si  M.  Le  Jolis  nous  dévoile  quelques  erreurs 
commises,  par  exemple,  par  S.  O.  Lindberg, 
nous  lui  en  savons  gré  ;  mais  d'ordinaire,  il 
rejette  les  noms  arbitrairement  ;  au  lieu  de 
s'appuyer  sur  des  motifs  légitimes  et  scienti- 
fiques, il  insulte  les  nomenclateurs  conscien- 
cieux par  ces  termes  :  «  Exploitation  du  nobis  ; 
nobisisme  chronique;  nobisité  aiguë».  La 
citation  de  l'auteur  après  les  noms  des  espèces 
est  simplement  un  renseignement  bibliogra- 
phique ;  si  M.  Le  Jolis  la  considère,  au  con- 
traire, comme  un  honneur  rendu  à  l'auteur, 
pourquoi  n'imite-t-il  pas  la  manière  de  faire 
de  la  plupart  des  zoologistes,  qui  citent  tou- 
jours le  nom  de  l'auteur  qui  le  premier  a 
dénommé  l'espèce,  même  dans  le  cas  où  cette 
espèce  est  transportée  à  un  autre  genre? 
M.  Le  Jolis  n'est  pas  obligé  de  citer  le  nom 
d'un  «  arrangeur  »  avec  le  nobis  de  celui-ci. 
Les  botanistes  qui  se  piquent  d'exactitude 
citent,  dans  ce  cas,  les  deux  auteurs. 

M.  Le  Jolis  semble  même  prendre  à  tâche 
de  justifier  la  confusion  dans  la  nomenclature. 
11  écrit,  par  exemple,  dans  les  Mëm.  Soc.  se. 
natur.de  Cherbourg,  1890,  277  :  «  Les  deux 
genres  Hookera  et  Brodiaea  de  Smith  ont 
été  adoptés  et  sont  devenus  classiques.  »  Or, 
voici  la  vérité  :  B.  Carrington,  James  Brit- 
ton  et  moi  (2)  avons  prouvé  que  Salisbury 
avait  établi,  en  mars  1808,  un  genre  nouveau 
de  Liliacée  nommé  Hookera  en  l'honneur  du 
célèbre  dessinateur  botanique  William  Hoo- 
ker,  son  collaborateur  ;  ce  genre  fut  décrit 
dans  le  magnifique  ouvrage  :  The  Paradisus 
londinensis,  t.  98.  Sir  James  Edw.  Smith,  en 
froidavec  Salisbury, donnaitquelques  semaines 
après,  mais  pour  ne  le  publier  que  plus  tard 
encore,  le  nom  de  Hookeria  à  un  genre  de 
Mousse,  en  l'honneur  de  Sir  William  Jackson 
Hooker,  père  de  Sir  Joseph  D.  Hooker.  Les 
Kew-Hooker  sont  d'une  autre  famille  que  le 
collaborateur  de  Salisbury,  William  Hooker. 
Plus  tard,    Smith  changea   sans   prévenir   le 


(1)  Par  exemple,  par  M.W.  Arnell  in  Botaniska 
Notiser,  1893,  1 27-1 5 r,  Botanisclies  Centralblatt, 
LVI,  n»  40-41  et  Suppl.  (Beihefte)  i8g3,  492-405  ; 
1894,  199-200;  1895,  21-22.  Les  noms  génériques 
des  Hépatiques  de  S.  F.  Gray,  rejetés  par  M.  Le 
Jolis,  sont  néanmoins  acceptés  par  presque  tous 
les  hépaticologues  compétents  en  Amérique  et  en 
Europe,  sauf  en  France. 

(2)  Rev.  gen.  pi.,  711.  —  Journ.  of  botany, 
1886,  49-53. 


nom  de  Hookera  Salisb.  en  celui  de  'Brodiaea 
Smith.  La  cabale  de  Smith  maintient  les  noms 
arbitraires  et  illégitimes  imposés  par  lui  en 
l'honneur  des  Kew-Hooker,  et  c'est  là  ce 
que  M.  Le  Jolis  appelle  devenir  classique. 
Mais  un  procédé  mauvais  et  arbitraire  ne 
saurait  devenir  classique,  au  moins  en  matière 
de  science. 

Si  M.  Le  Jolis  prétend  que  la  lex prioritalis 
n'est  qu'accessoire  dans  le  Code  parisien,  il  ne 
connaît  pas  son  article  60  sub  I  et  les  actes 
du  Congrès  de  Paris  1S67,  pp.  177-178;  la 
loi  de  la  priorité  est  la  base  du  Code  parisien; 
l'article  3  méconnu  parM.  Le  Jolis  pour  éluder 
la  loi  de  priorité  se  trouve  dans  le  chapitre 
des  «  Considérations  générales  et  principes 
dirigeants  »,  qui  doivent  servir  dans  les  cas 
où  les  articles  des  autres  chapitres  sont  en 
défaut,  ou  bien  s'il  s'élève  un  doute  sur  une 
question  de  nomenclature.  L'interprétation 
du  paragraphe  3,  telle  que  la  comprend 
M.  Le  Jolis  amènerait  cette  conséquence  que 
chaque  botaniste,  pourrait,  en  fait  de  nomen- 
clature, agir  à  sa  guise;  d'où  naîtrait  une 
confusion  perpétuelle.  Son  interprétation  va 
donc  contre  l'esprit  de  ce  paragraphe,  qui  a 
précisément  pour  but  essentiel  d'éviter  la 
confusion  dans  la  science. 

Quant  à  M.  Saint-Lager,  voici  quelques- 
unes  de  ses  opinions  singulières.  Il  n'autorise 
pas  : 

i°  Des  substantifs  pour  les  noms  spécifi- 
ques ;  ainsi,  Polygonum  Bistorta,  Hieracium 
Pilosella,  Teucrium  Botiys,  Eriophorum 
Scheuch^eri,  Trifolium  Cherleri. 

20  Des  noms  tautologiques  (pléonasmes)  ; 
ainsi,  Cressa  cretica,  Latrœa  squamaria,  He- 
lodes  palustris,  Melampyrum  silvaticum  ou 
nemorosum,  de  telle  matière  qu'il  faudrait 
éliminer  également  Aizoon  ou  Sempervivum, 
Avena  ou  Bromus,  Brassica  ou  Crambe,  Apium 
ou  Selinum,  etc. 

3°  Des  noms  équivoques  ou  exprimant  une 
idée  fausse  ;  ainsi,  Avena,  Bromus,  etc.,  steri- 
lis,  Rœmeria  hybrida,  Trifolium  hybridum. 
Les  noms  génériques  expriment  souvent  des 
idées  fausses. 

4°  Les  barbarismes.  Sont  alors  aussi  à  reje- 
ter :  Pulsatilla,  Scorzonera,  Yucca,  Datura, 
Ceterach,  Coffea,  Manihot,  Armeria,  Tourne- 
solia. 

De  tels  principes  amèneraient  plus  de  chan- 
gements que  le  principe  de  la  priorité  attaqué 
par  M.  Saint-Lager.  «  A  name  is  a  name  »  ; 
voilà  la  base  de  toute  nomenclature,  et  per- 
sonne ne  devrait  l'oublier. 

Il  n'y  a,  au  point  de  vue  de  la  nomenclature 
aucune  entente,    ni    nationale   ni    internatio- 


1  2 


LE      MONDE      DES       PLANTES 


nalc  ;  le  désaccord  est  universel.  Je  ne  citerai 
pas  ici  tous  les  écrits  qui  ont  été  publiés  depuis 
1891  sur  la  question;  ils  sont  au  nombre 
d'environ  deux  cents;  et  ma  «  Revisio  gène- 
rum  plantarum  »  n'en  a  pas  fait  naître,  en 
1892,  moins  de  cinquante-huit  li).Il  est  plus 
utile  de  rechercher  les  moyens  de  mettre  fin  à 
ce  de'saccord  général. 

A  l'exception  des  coteries  de  Berlin,  de 
Kew-London  et  de  New-York,  qui  ne  veulent 
entendre  parler  d'aucun  changement  à  leurs 
nomenclatures,  encore  qu'elles  ne  se  res- 
semblent pas,  on  réclame  partout  un  autre 
Congrès  ;  mais  on  n'a  pu  encore  le  réaliser. 
Un  nouveau  Congrès  international  pourrait 
certainement  mettre  fin  à  cet  état  de  choses 
déplorable,  à  la  condition  que  sa  réunion 
soit  suivie  de  la  publication  d'un  <■  Nomen- 
clator  plantarum  omnium  »  élaborés  d'après 
les  principes  qu'il  aurait  adoptés.  Mais  cela 
demande  beaucoup  de  temps,  beaucoup  de 
travail,  beaucoup  d'argent.  11  serait  inutile  de 
réunir  un  Congrès  qui  n'aurait  pas  de  chan- 
ces de  succès  et  une  valeur  internationale. 
Or,  ces  chances  de  succès  seraient  nulles  du 
moment  ou  l'on  ne  pourrait  publier  un  «  No- 
menclator  plantarum  omnium  »  aux  frais  des 
Académies,  Sociétés  et  Botanistes  qui  partici- 
peraient au  Congrès.  Ce  remède  d'un  «  Nomen- 
clator  »  universel,  proposé  par  M.  von  Wett- 
stein  de  Prague  (2),  est  le  seul  propre  à  réta- 
blir l'entente  dans  la  nomenclature.  On  y 
emploiera  peut-être  cinquante  mille,  peut- 
être  cent  mille  francs,  etau  moins  cinq  années 
de  travail.  Mais  l'occasion  est  favorable,  parce 
que  le  commencement  du  siècle  prochain 
verra  s'achever  toute  une  série  d'ouvrages 
préliminaires  :  Jackson,  Index  kewensis,  pour 
les  phanérogames;  Saccardo,  Sylloge  fungo- 
rum  \  De  Puni,  Sylloge algarum ;  E.  G.  Paris, 
Index  muscorum  ;  Engler,  Natuerliche  Pflan- 
jenfamilien,  etc.  Si  l'on  perd  cette  occasion 
de  reviser  en  1900  les  lois  de  la  nomenclature 
et  de  préparer  dès  cette  époque  un  0  Nomen- 
clator  plantarum  omnium  »,  il  faudra  renon- 
cer pour  toujours  à  un  accord  international 
entre  les  botanistes. 

Pour  arriver  à  une  élaboration  judicieuse 
des  règles  à  proposer  au  Congrès  futur  qui 
se  tiendrait  à  Paris  en  1900,11  faudra  aussi 
consacrer  beaucoup  de  temps  aux  discussions 
internationales  préparatoires.  La  commission 


(1)  Voyez   ma   Revisio    gen.  /•/.,    III,    1893,    et 
Botanisclies  Ccntvalblatt,  LIV,  11"  23-26. 

'-sterreieh.    Botan.   Zeitschrift,     1895,   87. 
/.    aussi    plus    haut     la    même    opinion    de 
M.  Lester  F.  Ward. 


internationale,  aujourd'hui  endormie,  avait 
employé  deux  années  pour  constituer  son 
bureau  et  pour  rejeter  l'Index  inhonestans  ; 
moi,  j'employai  un  ou  deux  ans  pour  prouver 
que  les  trois  thèses  berlinoises  et  les  deux 
nouveaux  principes  américains  étaient  mauvais 
et  de  nature  à  augmenter  le  nombre  des  noms 
à  changer.  L'emploi  du  Code  parisien  est  plus 
avantageux,  au  point  de  vue  des  noms  à  chan- 
ger, que  les  formules,  usages  et  principes  des 
botanistes  opposants  ou  dissidents,  du  moment 
où  l'on  veut  appliquer  intégralement  ces  for- 
mules, usages  et  principes  ;  c'est  ce  que  j'ai 
prouvé  suffisamment  dans  mes  «  Nomenclatur- 
studien  »  avec  application  des  principes  aux 
Orchidaceae  de    M.  Pfitzer. 

Il  nous  faut  aussi  continuer  et  réformer  nos 
premières  lois  en  matière  de  nomenclature, 
c'est-à-dire  le  Code  parisien  ;  mais  gardons- 
nous  bien  de  le  rejeter,  car  ce  serait  la  porte 
ouverte  à  l'anarchie  et  à  l'incertitude  perma- 
nente dans  la  nomenclature.  Les  proposi- 
tions de  MM.  Engler  et  Ascherson  étaient 
partout  contraires  au  Code  parisien.  Pour  en 
finir  avec  les  discussions  actuelles,  qui  sont 
très  désagréables  et  plus  arbitraires  et 
personnelles  qu'objectives,  utiles  et  pratiques, 
il  sera  indispensable  de  ne  tenir  aucun  compte 
des  propositions  et  des  opinions  qui  ne 
s'accordent  pas  avec  le  Code  parisien;  cette 
règle  devra  s'appliquer  aussi  aux  propositions 
nouvelles  dont  l'utilité  ne  sera  pas  établie 
objectivement  ou  statistiquement. 

Il  nous  faut  aussi  profiter  des  fautes  qui 
ont  été  commises  pour  les  éviter.  L'une  de 
ces  fautes,  par  exemple,  a  été  de  choisir  dans 
la  commission  internationale  des  membres 
qui  n'avaient  aucun  intérêt  actuel  dans  la 
question.  M.  James  Britten,  du  British  Mu- 
séum, m'a  écrit  avec  raison  :  «  It  seems  a  pity 
to  place  in  a  commission  people  who,  -\vhate- 
ver  their  knovvledge  may  be,  hâve  no  interest 
in  the  subject  and  décline  to  serve.  »  Je  pré- 
férerais pour  collaborateurs  des  botanistes 
opposants,  à  la  condition  que  les  décisions 
soient  réservées  au  Congrès  futur,  qui  sera 
ainsi  à  même  d'apprécier  le  pour  et  le  contre. 

Au  point  de  vue  des  préliminaires  qui 
devraient  préparer  le  Congrès,  je  répète  quel- 
ques communications  officieuses  de  M.  Malin- 
vaih,  secrétaire  général  de  la  Société  bota- 
nique de  France  (1). 

«  Il  est  fâcheux  qu'on  soit  aussi  loin  de 
l'année  1900.  L'exposition  universelle  proje- 


(1)  Voyez  ma  lettre  circulaire  aux  botanistes  Je 
rassemblée  des  naturalistes  à  Vienne,  1894,  et 
Oesterr.  bot.  Zeit.  i8g5,  n°  5. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


i3 


tée  à  Paris  pour  cette  e'poque  serait  une 
excellente  occasion  de  convoquer  un  congrès 
international  avec  le  maximum  de  chances  de 
succès.  » 

«  Les  questions  soumises  aux  délibérations 
du  congrès  seraient  préalablement  l'objet 
d'une  étude  approfondie  confiée  à  des  bota- 
nistes compétents,  chaque  difficulté  étant 
traitée  dans  un  Rapport  séparé,  où  l'on  trou- 
verait un  compte  rendu  impartial  des  diverses 
opinions  en  présence  ainsi  que  des  considéra- 
tions sur  lesquelles  on  les  appuie.  Les  princi- 
paux de  ces  Rapports  traduits  et  imprimés  au 
moins  en  quatre  langues  (allemand,  anglais, 
français,  italien)  formeraient  un  Recueil  docu- 
mentaire dont  un  exemplaire  serait  remis 
trois  mois  au  plus  tard  avant  la  réunion  du 
congrès  à  ceux  qui  seraient  appelés  à  en  faire 
partie  avec  voix  delibérative.  » 

«  La  rédaction  d'un  Rapport  général, 
coordonnant  et  résumant  les  Rapports  parti- 
culiers auxquels  il  servirait  d'introduction, 
pourrait  être  confiée  à  un  savant  désigné  par 
ses  travaux  précédents  pour  cette  élaboration, 
par  exemple  M.  Otto  Kuntze,  auquel,  sans 
partager  toutes  ses  idées,  on  ne  saurait  refu- 
ser le  mérite  de  s'être  livré  à  un  travail  opi- 
niâtre et  consciencieux  concernant  les  lois  de 
la  nomenclature.  » 

Le  travail  d'un  rapporteur  général  du  Con- 
grès, qui  serait  en  même  temps  l'auteur  du 
«  Nomenclator  plantarum  omnium  »,  sera 
énorme  et  de  longue  durée  ;  et  pour  mon 
compte  je  n'accepterais  cette  charge  purement 
honorifique  qu'à  des  conditions  capables 
d'assurer  le  succès,  à  la  faveur,  par  exemple, 
du  programme  suivant  : 

Programme  de  la  Commission  prépara- 
toire pour  la  revision  du  Code  parisien  au 
Congrès  de  Paris  en  1900  : 

I.  La  Société  botanique  de  France  nom- 
mera le  Secrétaire  de  la  Commission,  qui  aura 
jusqu'à  1900  plein  pouvoir  pour  faire  tous 
les  travaux  préparatoires  nécessaires  et  qui 
recevra  de  la  dite  société  une  indemnité 
annuelle  de...  francs  pour  les  frais  d'impres- 
sion et  de  correspondance.  (Motif  :  Il  faut 
que  les  charges  du  Secrétaire  de  la  Commis- 
sion soient  fixées  d'avance,  afin  qu'elles  soient 
plus  tard  indépendantes  des  résolutions 
anonymes  ou  capables  de  varier  avec  le  chan- 
gement des  dignitaires  de  la  Société.  M.  Ma- 
linvaud  a  montré  jusqu'à  présent  le  plus 
grand  intérêt  pour  les  questions  de  nomen- 
clature, et  il  les  a  traitées  avec  érudition  et 
en  conformité  parfaite  avec  les  vues  de  la 
Société  botanique  de  France;  toutefois,  il  me 
semble  empêché,  par  des  obstacles  inconnus, 


de  mettre  en  pratique  ses  projets   de  réforme 
du  Code  parisien.) 

II.  Les  Sociétés  et  les  instituts  botaniques 
devront  être  invités  à  prendre  part  non  seule- 
ment au  Congrès  de  1900,  mais  aussi  aux 
délibérations  préparatoires.  On  pourra  y 
prendre  part  soit  parle  paiement  de  cotisa- 
tions annuelles  ou  d'une  contribution  versée 
une  fois  pour  toutes,  et  destinée  à  couvrir  les 
frais  de  la  commission,  soit  par  le  choix  d'un 
Rapporteur  libre  sous  la  condition  de  payer 
une  indemnité  de  ...  francs  au  moins.  Les 
cotisations  devront  être  payées  au  trésorier 
de  la  Société  botanique  de  France.  Si  les 
recettes  dépassaient  les  dépenses,  on  pourrait 
consacrer  l'excédent  à  l'élaboration  d'un 
«Nomenclator  plantarum  omnium»  sur  les 
principes  adoptés  par  le  Congrès. 

III.  Les  sociétés  botaniques  et  les  botanis- 
tes devront  être  en  même  temps  invités  à 
souscrire  d'avance  pour  ce  «Nomenclator  », 
soit  en  exemplaires,  soit  à  fonds  perdus  pour 
son  élaboration  et  son  impression.  L'élabo- 
ration du  «  Nomenclator  »  sera  faite  par  moi 
honoris  causa  ;  mais  il  me  sera  impossible  de 
me  charger  de  la  tâche  entière,  et  il  faudra 
par  suite  rétribuer  quelques  collaborateurs, 
ou  même  un  autre  auteur  si  je  ne  pouvais 
arriver  à  terminer  l'ouvrage. 

IV.  Outre  les  Rapporteurs  libres,  on  nom- 
merait des  Rapporteurs  honoraires  à  choisir 
parmi  les  botanistes  qui  ont  déjà  publié  des 
études  sur  la  nomenclature  ou  tout  au  moins 
qui  ont  une  certaine 'pratique  des  dénomina- 
tions botaniques.  On  ne  choisira  dans  chaque 
pays  qu'un  Rapporteur  honoraire,  ou  deux 
pour  les  pays  plus  étendus,  où  il  y  a  des 
opinions  opposées.  Si  les  botanistes  de  chaque 
pays  ne  proposent  pas  à  une  majorité 
évidente  ces  Rapporteurs  honoraires  avant  le 
icr  Juin  1896,  le  Secrétaire  et  le  Rapporteur 
général  pourront  les  choisir  d'office,  et  ils 
auront  en  outre  plus  tard  le  droit  commun 
d'élire  des  remplaçants  ou  des  auxiliaires 
aux   Rapporteurs   nommés. 

V.  Le  Secrétaire  aura  pour  mission  : 
i°  d'inviter  à  prendre  part  au  Congrès  les 
sociétés  et  les  rapporteurs,  de  se  mettre  en 
relation  avec  les  rapporteurs  et  le  rapporteur 
général,  auquel  toutes  les  opinions  des  rap- 
porteurs devront  être  soumises;  2°  de  faire 
imprimer  les  propositions  rédigées,  les  rap- 
ports résumés  et  le  rapport  général,  selon  le 
paragraphe  VI,  et  de  soumettre  tous  ces  écrits 
imprimés  au  Congrès  en  1900;  3°  de  se  mettre 
d'accord  avec  la  Société  botanique  de  France 
pour  tous  les  détails  relatifs  au  Congrès 
de  1900. 


'4 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


VI.   Le  Rnpporteur  général  aura  pour  fonc- 
tions :   i°  de  rédiger  en  allemand,  en  anglais 
et  en  français,  toutes  les  questions  et  proposi- 
tions composées  en  premier  lieu  des  additions 
et  corrections   publiées    depuis    1S67,   que    le 
Secrétaire  devrait  alors  soumettre   aux   rap- 
porteurs; 2°  de  résumer  dans  la  mesure  néces- 
saire les  opinions  des  rapporteurs,  et  de  don- 
ner  son   avis    motivé    sur    les    propositions 
nouvelles  faites  par  les  membres  de  la   Com- 
mission, afin   de  permettre  au  Secrétaire  de 
faire  connaître  ces  nouvelles  propositions  avec 
l'avis  du    Rapporteur  général  ;  3°  de  rédiger 
le  rapport  général  contenant  le  code  prêt  à 
être  soumis  au  Congrès  ;   ce  code  sera  rédigé 
en  allemand,  en  anglais,  en  français,  et,  avec 
l'aide  d'un  rapporteur  italien,  aussi  en  italien, 
pourvu   que   celui-ci    donne    préalablement   à 
ses  compatriotes,   une  traduction  du   Codex 
emendatus  du  Dr  Otto  Kuntze  pour  servir  de 
base  aux  délibérations. 

VII.  Les  Rapporteurs  auront  pour  mission  : 
i°  de  donner  leur  avis  sur  les  questions  pro- 
posées, soit  par  lettres  et  dans  une  forme  aussi 
brève  et  aussi  objective  que  possible,  soit 
dans  des  brochures  in-8  imprimées  à  leurs 
frais  ;  si  les  opinions  étaient  personnelles  et 
offensives,  le  Secrétaire  et  le  Rapporteur  gé- 
néral auront  le  droit  de  supprimer  les  bro- 
chures offensives  ou  de  résumer  brièvement 
ces  opinions,  mais  en  tant  qu'elles  seraient 
objectives  ;  20  de  fournir  leurs  rapports  dans 
l'année,  au  plus  tard  six  mois  après  la  récep- 
tion des  questions;  ces  rapports  devront  être 
écrits  en  allemand,  en  anglais,  en  français  ou 
en  italien  ;  toutefois  ils  ne  sauraient  être  four- 
nis en  italien  qu'autant  qu'il  aura  paru  d'abord 
une  traduction  du  Codex  emendatus,  ainsi 
qu'il  est  dit  au  paragraphe  VI  ;  3°  de  faire,  si 
bon  leur  semble,  des  propositions  nouvelles, 
mais  conformes  au  Code  parisien  et  d'une 
utilité  reconnue. 

VIII.  On  ne  prendra  en  considération  ni 
les  opinions  contraires,  ni  les  propositions 
nouvelles  non  conformes  avec  le  Code  pari- 
sien, et  dont  l'utilité  ne  serait  pas  prouvée 
objectivement  ou  statistiquement. 

IX.  Des  fonctions  communes  au  Secrétaire 
et  au  Rapporteur  général  sont  déjà  indiquées 
dans  les  articles  IV  et  VI.  —  Pour  terminer  le 
»  Nomenclator  plantarum  omnium  correctus 
secundum  Codicem  parisiensem  futurum  anni 
1900  »,  le  Dr  Otto  Kuntze  dirigera  l'élabora- 
tion de  ce  «  Nomenclator  »,  et  le  Secrétaire 
aura  le  droit  de  choisir  un  autre  Directeur  si 
le  Dr  Otto  Kuntze  ne  finissait  pas  le  travail 
en  cinq  ans,  s'il  abandonnait  la  tâche  ou  s'il 
venait  à   mourir  auparavant.  Si   le  Secrétaire 


terminait  ses  fonctions  avant  la  fin  de  l'ou- 
vrage (après  1900),  le  Directeur  en  choisirait 
un  autre. 

Les  fonds  destinés  à  la  publication  du 
«  Nomenclator  »  et  fournis  par  les  académies, 
les  sociétés,  le  congrès,  les  souscriptions  indi- 
viduelles et  peut-être  aussi  par  des  gouverne- 
ments, devront  être  déposés  chez  un  banquier, 
sous  cette  réserve  que  seuls  le  Secrétaire  et 
le  Directeur  du  «  Nomenclator  »  pourront  en 
disposer  en  droit  commun. 

Grâce  à  mes  travaux  précédents,  j'espère 
finir  ce  «  Nomenclator  »  en  1905  ;  personne 
ne  pourrait  le  finir  avant  igioau  moins.  Mais 
il  serait  impossible  de  mener  abonne  fin  une 
telle  œuvre  sans  avoir  reçu  un  code  réformé 
et  les  fonds  nécessaires. 

11  est  certain  que  toute  opposition  s'éva- 
nouit contre  ma  «  Revisio  generum  planta- 
rum »,  qui  est  en  parfaite  conformité  avec  le 
Code  parisien  de  1867,  et  dont  la  nomencla- 
ture est  déjà  pour  une  bonne  part  adoptée 
dans  tout  le  monde  botanique.  Mais  les  cote- 
ries continuent  à  maintenir,  chacune  suivant 
son  système,  les  nomenclatures  particulières 
des  auteurs  dirigeants  à  Berlin,  Kew,  New- 
York,  etc.,  au  moins  pendant  la  vie  de  ces 
auteurs.  Après  leur  mort,  et  grâce  au  con- 
cours d'éminents  botanistes,  on  changera  les 
nomenclatures  particulières,  ainsi  qu'il  est 
arrivé  dernièrement  à  Berlin,  où  trois  fois  les 
«  Svstèmes  naturels  »  ont  été  changés  avec 
l'avènement  d'un  nouveau  Directeur  au  Mu- 
séum botanique.  Pour  faire  cesser  le  chaos 
qui  règne  dans  la  nomenclature,  les  sociétés 
botaniques  et  les  botanistes  indépendants  ont 
le  devoir  de  soutenir,  par  des  souscriptions, 
la  réalisation  d'un  «  Code  réformé  1  et  d'un 
«  Nomenclator  correctus  ». 

La  Société  botanique  de  France  avait  pour- 
suivi en  iSûyce  but  élevé  d'unir  les  botanistes 
de  tous  pays  par  les  lois  de  la  nomenclature, 
condensées  dans  le  «  Code  parisien  ».  La 
même  société  est,  en  1895  et  jusqu'à  la  fin  de 
ce  siècle,  l'héritière  de  cette  mission  civilisa- 
trice. Si  cette  mission  n'est  pas  accomplie,  le 
chaos  qui  existera  en  1900  dans  la  botanique 
sera  définitif.  Espérons  que  les  Français  de 
189D  continueront  l'œuvre  commencée  en 
1867.  Ce  n'est  pas  chose  facile;  mais  si  cette 
idée  rencontre  à  Paris  de  la  bonne  volonté, 
il  sera  possible  de  rétablir  l'accord  entre  les 
botanistes  du  monde  entier  par  un  «  Code 
parisien  réformé  »  et  par  un  «  Nomenclator 
plantarum  omnium  correctus  ». 

Dr  Otto    Kuntze 
Villa  Girola,  San  Rcmo,  Italia. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


i5 


Académie    internationale   de   Géographie 
botanique. 

Par  décision  en  date  du  27  octobre, 
MM.  Henri  Guilhot,  R.  P.  P.  Gave  sont 
nommés  membres  auxiliaires  de  l'Académie. 

Le  Directeur, 

Ferd.   Renauld. 


Le  R.  P.  J.  C.  Carrier  remercie  l'Académie 
de  sa  nomination  en  qualité  de  membre  auxi- 
liaire. 


MM.  les  Académiciens  sont  invités  à  faire 
parvenir  le  plus  tôt  possible  au  Secrétariat 
leur  vote  pour  l'élection  du  nouveau  Direc- 
teur. 

Nous  rappelons  que,  d'après  nos  statuts,  le 
Directeur  doit  être  choisi  parmi  les  Académi- 
ciens honoraires  ou  titulaires,  et  que  ceux-ci 
ainsi  que  les  Académiciens  correspondants  ont 
seuls  droit  de  prendre  part  à  l'élection. 

Nous  avons  déjà  reçu  un  certain  nombre  de 
votes. 


ESSAI  D'UN  CATALOGUE  CRITIQUE 

Des  espèces  végétales  qui  croissent  dans  les  établissements 
de  l'Inde  française 

OU  CONTRIBUTIONS  A  LA  FLORE   DE  L'INDE  FRANÇAISE 

(Suite) 

LXXXIV.  —  Hydrocharidacées. 
Ottelia  alismoides  Pers. 
+  Vallisneria  spiralis  L. 
Hydrilla  verticillata  Casp. 
Lagarosiphon  Roxburghii  Benth. 

LXXXV.  —  Orchidacées. 
Vanda  Roxburghii  Br. 
Vanilla  aromatica  Swart^.  Cit.  E. 

LXXXVI.  —    SCITAMINACÉES. 

Musa  sapiemum  L. 

Ravenala  madagascariensis  Sonner.  Cit.  E. 

Canna  indica  L. 

Curcuma  aromatica  Salisb, 

—        longa  L.  Cit.  I. 
Zingiber  ligulatum  Roxb. 

—         officinale  Roxb.  Cit.  I. 
Alpinia  Galanga  Sw. 
Clinogyne  virgata  Benth. 


LXXXVII.  —   Broméliacées. 
Bromelia  Ananas  L.  Cit.  I. 

LXXXVIII.   —     DlOSCORÉACÉES. 

Dioscorea  aculeata  L. 

—  oppositifolia  L. 

—  alata  L. 

—  pentaphylla  L. 

—  globosa  Roxb.  Cit.  I. 

LXXXIX.  —  Liliacées. 
+  Allium  Cepa  L.  Cit.  I. 
Aloe  socotrina  L. 
Yucca  aloifolia  L.  Cit.  I. 

—  gloriosa  L.  Cit.  I. 
Asparagus  racemosus  Willd. 
Chlorophytum  laxum  Br. 
Urginea  indica  Kunth. 

—  coromandeliana  Hook. 

—  congesta  Wight. 

XC.   —    HÉMODORACÉES. 

Sansevieria  roxburghiana  Sch. 

XCI.  —  Amaryllidacées. 
Agave  americana  L.  Cit.  I. 

— •     vivipara  L.  Cit.  I. 

—     mexicana  Lam.  Cit.  P. 
Amaryllis  purpurea  Ait. 
Pancratium  zeylanicum  L. 
Crinum  asiaticum  L. 

—  defixum  Ker. 

—  ensifolium  Roxb. 

—  latifolium  L. 

Curculigo  orchioides  Gœrtn.  Cit.  P.  —  R. 

XCII.  —  Xyridacées. 
Xyris  anceps  Lam. 

XCIII.  —   Palmiers. 
Areca  Catechu  L. 
Borassus  flabellifer  L. 
Calamus  Rotang  L. 
Cocos  nucifera  L. 
Corypha  umbraculifera  L.  —  M. 
Elceis  guinensis  Jacq.  Cit.  E. 
Latania  borbonica  Lam.  Cit.  E. 
Coryota  urens  L.  Cit.  P. 
Phcenix  acaulis  Buch.  Cit.  P. 

—  sylvestris  Roxb. 

—  farinifera  Roxb. 

—  humilis  Royle.  —  M. 

XCIV.  —  Pandanacées. 
Pandanus  fascicularis  Lam. 

XCV.  —  Aroïdacées. 
Amorphophallus  campanulatus  Blume.  C\t.  P. 
Synantherias  sylvatica  Schott. 
Theriophorum  infaustum  N.  E.  —  M. 
Caladium  bicolor  Vent.  Cit.  E. 
Pistia  stratiotes  L. 
Cryptocoryne  consobrina  Schott. 


i6 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


XCVI.  —   TVPHACÉF.S. 

--  Typha  angustata  Chaub.  et  Bor. 
Colocasia  antiquorum  Schott. 
Rhaphidophora  pertusa  Schott. 
Acorus  Calamus  L. 

XCVII.  —  Lemnacées.  . 
Lemna  gibba  L. 
(A  suivre) 

H.    LÉVEILI.É. 


Remarques    sur    quelques   plantes    peu 
communes  du  nord  de  la  Sarthe. 

Outre  les  espèces  rares,  durant  cette  an- 
née 180.5,  nous  avons  recueilli  les  plantes  peu 
communes  suivantes  : 

Parnassia  palustris  L.  —  Cncubalus  baccifer 
L.—  Silène  gallica  L.  —  Althcea  officinalis  L. 
—  Oxalis  Acetosella  L.  —  Rhamnus  catkarti- 
cus  L.  —  Myriophyllutn  verticillatum  L.  — 
Myriophyllutn  spicatum  L.  —  Ribes  Uva- 
crispa  L.  —  Pastinaca  sativa  L.  —  Chrysan- 
themum  Parthenium  Pers.  —  Gnaphalium 
sylvaticum  L.  —  Tanacetutn  vulgare  L.  — 
Onopordon  Acanthium  L.  —  Sonchus  arven- 
sis  L.  —  Lactuca  muralis  Koch. —  Menyanthes 
trifoliata  L.  —  Lithospermum  officinale  L.  — 
Hyoscyamus  niger  L.  —  Nepeta  Cataria  L. — 
Stachys  germanica  L.  —  Teucrinm  Chamœ- 
drys  L.  —  Utricularia  vulgaris  L.  —  Cheno- 
podium  Bonus  -  Henricus  L.  —  Euphorbia 
stricta  L.  —  Euphorbia  dulcis  L.  —  Alisma 
natans  L.  —  Epipactis  palustris  Crantz.  — 
Potamogeton  pusillus  L.  —  P.  peclinitus  L.  — 
Cladium  Mariscus  Br.  —  Juncus  obtusijlo- 
rus  Ehrh.  —  Ceterach  officinarum  Willd. 

La  Parnassix  abonde  dans   la  partie  demi- 
marécageuse  de  l'étang  de  Guéchaussée  (Saos- 
nes)  et  dans  les  friches  à  Gaubert,  à  Louvigny. 
LeCucubjlus  semble  peu  commun  dans  l'arron- 
dissement de  Mamers.  L'Althœa  officinalis  tend 
à  s'échapper  des  jardins  où  il  est  cultivé.  Le 
Myriophyllutn  verticillatum  abondant  dans  les 
fontaines    de  l'étang    de   Guéchaussée   parait 
plus  rare  dans  le  Saosnois  que  le  M.  spicatum. 
Quant  au  Ribes  Uva-crispa,  nous  l'avons  trouvé 
ayant  toutes  les  allures  d'une  plante  sponta- 
née à  Ancinnes  dans    un    chemin   creux  au- 
dessous  de  Livet  à  droite  de  la  route  de  Neuf- 
chàtel  là  où  celle-ci  traverse  une  extrémité  de 
la  forêt.  Du  Pastinaca  sativa  c'est  la  variété 
sylvestris  que  nous  avons  toujours  rencontrée 
seule  ici  dans  le  nord  du  département  où  elle 
tend  à  devenir  assez  commune.    Le  Chrysan- 
themum  Parthenium  se  propage  avec  assez  de 
rapidité  et  on  peut  prédire  qu'à  bref  délai  il 


sera  complètement  naturalisé  et  aussi  commun 
que  dans  la  Mayenne  où  il  affecte,  dans  l'arron- 
dissement de  Château-Gontier,  les  allures  d'une 
espèce  indigène.  La  Jusquiame,  plante  essen- 
tiellement vagabonde,  se  répand  dans  ces 
parages.  A  Louvigny  elle  se  maintient  près 
Beauvais  depuis  plusieurs  années.  Il  est  tou- 
tefois juste  de  reconnaître  que  les  décombres 
qu'elle  recherche  avidement  se  sont  maintenus 
aussi.  On  la  trouve  pourtant  en  dehors  de 
ceux-ci  alentour  des  fermes  et  dans  les  haies. 
C'est  ainsi  que  nous  la  connaissons  à  Livet  : 
chemin  de  la  Tuilerie  et  en  sortant  du  bourg, 
route  de  Louvigny  ;  ainsi  qu'aux  Mées  à  la 
Métairie,  près  l'étang  de  Guéchaussée. 

L'Euphorbia  stricta  L.  trouvée  par  nous  à 
Saint-Saturnin,  aux  Hautes-Grues,  petit  che- 
min allant  de  la  ferme  à  la  mare,  nous  ne 
l'avons  pas  revue  dans  ces  parages.  Ne  serait- 
elle  pas  moins  répandue  dans  le  département 
qu'on  ne  le  suppose  ?  Cette  espèce  est  en  effet 
rare  en  Normandie,  et  rarissime  dans  la 
Mayenne. 

H.   LÉVEILLÉ. 


Herborisations  mayennaises. 

Arabis  perfoliata  Lam.  Abondant  sur  les 
hauteurs  bordant  le  ruisseau  des  Deux-Evail- 
les,  surtout  au  voisinage  de  Saint-Ouen-des- 
Yallons. 

Roripa  pyrenaica  Spach.  Bords  de  la 
Mavenne,  au-dessous  du  bois  de  Gaudrée. 

Camelina  sativa  Fries.  Avesnieres  :  sur 
des  décombres. 

Lathyrus  sylvestris  L.  Bois  de  l'Huisse- 
rie. 

Cicendia  filiiormis  Delarb.  Bords  de 
l'étang  du  Gué-de-Selle. 

Lycopsis  arvensis  L.  Près  du  moulin  des 
Deux-Évailles. 

Alisma  ranunculoides  L.  Bords  de  l'é- 
tang de  Gué-de-Selle. 

Osmunda  regalis  L.  Près  du  moulin  des 
Deux-Evailles. 

L.   Mercier. 


Essais   d'inooulation  des    bactéries    des 
Légumineuses  aux  Graminées. 

Le  Bulletin  de  la  Station  de  l'Illinois  si- 
gnale les  tentatives  faites  par  M.  Schneider 
en  vue  de  provoquer  artificiellement  l'appari- 


LE      MONDE       DES       PLANTES 


'7 


tion,  sur  des  espèces  différentes  de  Légumi- 
neuses, de  nodosités  donnant  asile  aux  bacté- 
ries fixatrices  d'azote.  Sa  méthode,  plus  lon- 
gue et  toute  différente  de  celle  employée  par 
M.  Bréal  (i)  consiste  dans  la  culture  pure  et 
simple  de  ces  bactéries  et  le  répandage  dans 
le  sol  des  bouillons  de  culture  en  contenant. 

A  cet  effet,  il  fit  deux  extraits  aqueux  de 
Melilotus  alba  pour  servir  de  bouillons  de 
culture  :  le  premier  avec  les  radicelles  et  leurs 
nodosités,  l'autre  avec  les  portions  supérieures 
des  tiges  et  des  feuilles.  Le  liquide  obtenu 
par  la  trituration  complète  de  ces  organes 
était  filtré  et  additionné  de  10  grammes  d'agar- 
agar,  chauffé  jusqu'à  dissolution  complète  et 
filtré  à  nouveau.  Ce  mélange  était  ensuite  in- 
troduit dans  des  tubes  avec  de  la  peptone,  de 
la  pancréatine,  du  sel  en  diverses  proportions, 
puis  ensemencé  avec  des  fragments  de  tuber- 
cules bien  développés  du  Melilotus. 

L'extrait  des  racines  s'est  montré  plus  favo- 
rable au  développement  des  bactéries  (Rhizo- 
bium)  que  l'extrait  des  parties  aériennes,  mais 
on  ne  put  obtenir  une  culture  pure  de  la  bac- 
térie cherchée,  le  Rhi^obium  mutabile. 

M.  Schneider  opéra  ensuite  la  culture  des 
bactéries  du  haricot  ;  il  parvint  à  les  faire  dé- 
velopper dans  des  extraits  de  racines  de  hari- 
ricots  seuls  ou  mélangés  à  des  extraits  de 
maïs.  Après  plusieurs  essais  de  culture,  il  les 
obtint  dans  des  extraits  de  maïs  seuls,  et  fit 
l'ensemencement  du  bouillon  de  culture  dans 
des  pots  portant  de  jeunes  plants  de  maïs  et 
d'avoine.  Après  un  mois  de  végétation,  on  ne 
constata  la  présence  d'aucun  tubercule,  mais 
l'examen  microscopique  fit  découvrir  qu'un 
certain  nombre  de  plants  de  maïs  étaient  en- 
vahis par  le  Rhijobium  Frankii  majus.  L'auteur 
attribue  à  la  présence  de  cette  bactérie  une 
heureuse  influence  sur  le  développement  de 
ces  plants.  Sur  l'avoine,  rien  de  semblable  n'a 
été  constaté. 

P.-V.  Liotard. 


Contributions  à  la  Flore  de  la  Mayenne 
1895 

(Suite) 

Helleborus  fœtidus  L.  Cossé-en-Cham- 
pagne  :  route  de  Bannes,  16  septembre  (H.  LÉ- 
VEILLÉ). 


(1)  M.  Bréal  transporte  simplement  les  bactéries 
fixatrices  d'une  plante  à  l'autre  par  inoculation  di- 
recte dans  la  racine  des  bactéries  renfermées  dans 
les  nodosités. 


Hypericum  hirsutum  L.  Bannes  :  chemin 
de  Saulges  par  la  Huaudière.  (H.  Léveillé). 

Vitis  vinifera  L.  Cossé-en-Champagne  : 
route  de  Bannes,  dans  les  haies.  Subsponta- 
née {la  Mayenne  était  jadis  un  pays  vinicole), 
16  septembre  (H.  Léveillé). 

Rhamnus  catharticus  L.  Saulges  :  petit 
chemin  de  Bannes  (abbé  Leveau). 

Lythrum  hyssopifolium  L.  Bannes  : 
petit  chemin  de  Saulges  par  la  Huaudière 
(H.   Léveillé). 

Gircsea  lutetiana  L.  Saulges  :  près  l'ora- 
toire de  Saint-Cénéré  ;  ancien  chemin  de 
Saulges  à  Chemeré,  17  septembre  (H.  Lé- 
veillé). 

Myriophyllum  spicatum  L.  Bannes  : 
étang  de  la  Paunière  (H.  Léveillé). 

Rubia  peregrina  L.  Saulges  et   Bannes 
chemin  de  la  Huaudière  (abbé  Leveau). 

Kentrophyllum  lanatum  DC.  Cossé-en- 
Champagne  :  route  de  Brûle  n,  à  2  kilomètres 
du  bourg,  près  d'un  four  à  chaux  :  environs 
du  four  à  chaux  près  le  bourg,  16  septembre 
(H.  Léveillé.) 

Onopordon  Acanthium  L.  Cossé-en- 
Champagne  :  route  de  Brùlon,  four  à  chaux 
près  du  bourg,  16  septembre  (H.  Léveillé). 

Sonchus  arvensis  L.  Gare  de  Meslay. 
Adventice.  Ne  se  maintiendra  sans  doute  pas, 
iS  septembre  (H.  Léveillé). 

Campanula  glomerata  L.  Thorigné  : 
rochers  et  buttes  en  face  de  la  cave  Rochefort. 
Indiquée  à  Saulges  parDucLAUxen  iSi7(H.  L.). 

Galamintha  menthsefolia  Host.  Abon- 
dant à  Cossé-en-Champagne,  à  Bannes,  à 
Saulges  surtout  et  à  Chemeré,  16-18  septem- 
bre (H.  LÉVEILLÉ). 

Cynoglossum  officinale  L.  Cossé-en- 
Champagne  :  route  de  Brùlon,  four  à  chaux 
près  du  bourg  (H.  Léveillé). 

Stachys  germanica  L.  Cossé-en-Cham- 
pagne :  route  de   Brùlon,    16   septembre  (H. 

LÉVEILLÉ). 

Teucrium  Chamœdrys  L. Cossé-en-Cham- 
pagne :  route  de  Brùlon  (abbé  Leveau)  ;  abon- 
dant à  Saulges  et  à  Thorigné,  sur  les  buttes 
et  les  rochers, aux  alentours  des  caves,  17  sep- 
tembre (H.  Léveillé). 

Teucrium  Scordium  L.  Bannes  :  pré  au 
bord  du  chemin  conduisant  à  la  Huaudière 
(H.  Léveillé).  M.  Fournier  l'avait  trouvée  en 
1845  dans  le  chemin.  —  Localité  unique  pour 
la  Mayenne.  —  Il  en  existe  une  dizaine  de 
pieds.  17  septembre. 

Buxus  sempervirens  L.  Saulges  et  Tho- 
rigné :  abondant  sur  les  buttes  et  rochers  et 
autour  des  caves,  17  septembre  (H.  Léveillé,. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Juniperus  communis  L.  Cossé-en-Cham- 
pagne  :  rochers  au  bord  du  Treulon  ;  Saulges 
et  Thorigné  :  abondant  sur  les  buttes,  les 
rochers  et  autour  des  rochers,  i~  septembre 

ill.    LÉVI  M 

Salix  triandra  L.  Saulges  :  route  de  Tho- 
rigné, bords  d'une  mare  en  sortant  du  bourg 

(H.   LÉVEILLÉ). 

Elodea  canadensis  Rich.  Saulges  et 
Thorigné  :  dans  l'Erve  (H.  Léveillé). 


Essai  sur   la  flore  des  rochers   et  des 
grottes  de  la  Seine-Inférieure. 

Les  grottes  dont  je  vais  parler  appartien- 
nent, en  général,  à  cette  catégorie  d'orifices 
creusés  dans  les  falaises  crayeuses  de  Nor- 
mandie. On  sait,  en  effet,  que  sur  les  bords  de 
la  mer  et  sur  les  rives  de  la  Seine  s'étendent 
des  roches  aux  formes  pittoresques  dont  les 
flancs  tantôt  à  pic,  tantôt  ondulés,  renferment 
souvent  des  anfractuosités  parfois  inaccessi- 
bles, mais  dont  quelques-unes,  par  contre,  ont 
le  privilège  d'attirer  de  nombreux  touristes. 
Tous  les  guides  ont  parlé  des  falaises  d'Etre- 
tat,  des  roches  d'Orival,  de  Saint-Adrien,  de 
Dieppe,  de  Caumont.  Je  mets  de  côté  l'étude 
de  la  flore  des  falaises  marines  pour  m'occu- 
per  de  celles  qui  avoisinent  la  Seine.  Avant 
de  citer  les  noms  des  espèces,  je  dois  déclarer 
que  je  me  suis  puissamment  aidé  des  travaux 
et  publications  de  MM.  Acloque,  V.  Martel 
et  Melbranche. 

Lichens. —  Endocarpon  hepaticum  Ach. — 
Cladonia  cœspitilia  Flk.  —  Cladonia  squa- 
mosa  Hffm.  —  Collema  furvum  Ach.  — 
Collema  melœnum  Nyl.  —  Collema pulposum 
Ach.  —  Collema  lacerum  Ach.  —  Leptogyum 
filiforme  Arn.  —  Lecanora  parella  Ach.  — 
Lecidea  cupularis  Ach.  —  Opegrapha  grumu- 
losa  Duf.  —  Peltigera  koriçontalis  Hffm.  — 
Verrucaria  conoïdea  Fr. 

Mousses  les  plus  répandues.  —  Homalia 
trichomanoides  B. —  Hypnum abietinum  L.— 
H.  Schreberi  W.  —  H.  rutabulum  L.  —  H. 
Striatum  Schrb.  —  H.  serpens  IL  —  H.  mol- 
luscum  Hedw.  —  Dicranum  majus  Turm. — 
Seligeria  calcarea  B.  —  S.  recurvata  B.  — 
Neckera  crispa  Hed.  —  Grimmia  pulvinata 
Sm.  —  Weisia  verticillata  Brid. 

Fougères.  —  Asplenium  Ruta-muraria  L. 
—  Polypodium  vulgare  L.  —  Scolopendrium 
ofiicinarum  S\v. 

Orchidées.  —  Orcliis  maculata  L.  —  O. 
purpurea  Huds. 

Aroidée. —  Arum  maculatum  L. 


Liliacée.—  Muscari  neglectum  (signalée  par 
M.  Coquerel  à  Elbeuf). 

Graminées.  —  Agrostis  canina  L.  — 
Bri^a  média  L.  —  Bromus  crédits  L.  —  B. 
tectorum  L.  —  Poa pratensis  L.  —  Kœleria 
cristata  Pers. 

Dioscorée. —  Tanins  communis  L. 

Euphorbiacée.  —  Euphorbia  Lathyris  L. 

Polygonée.  —  Rumex  Acetosella  L. 

Silénées  —  Silène  nutans  L.  —  S.  g  al- 
lie a  L. 

Crucifères.  —  Cheiranihus  Cheiri  L.  — 
Thlaspi  mnntanum  L. 

Violariées.  —  Viola  odorata  L,  —  V.  rho- 
tomagensis  Desf. 

Araliacées.  —  Hedera  Hélix  L. 

Geraniacées.  —  Géranium  sanguineum  L. 

—  G.  Robertianum  L. 
Crassulacées.  —  Sedum  acre  L. 
Rosacées. —  Amœlanchier  vulgaris  Mœnch. 

—  Potentilla  verna  L.  — Rubus  fruiicosus  L. 
Epilobiées.  — Epilobium  montanum  L. 
Boraginées.  —  Myosotis  palustris  L. 
Labiées.  —  Teucrium  Chamcedrys  L. 
Scrophulariées.     —      Linaria      vulgaris 

Mœnch. 

Verbascées.  —  Verbascum  Thapsus  L. 

Composées.  —  Tanacetum  vulgare  L. 

Je  n'ai  pas  la  prétention  d'avoir  indiqué 
toutes  les  plantes  qui  peuvent  avoir  pour 
habitat  les  grottes  et  les  roches,  mais  il  me 
suffit  d'avoir  attiré  l'attention  du  lecteur  sur 
les  plus  communes  et  les  plus  faciles  à  ren- 
contrer. 

Ed.   Spalikowski. 


Herborisations  sarthoises,  1895 

Nous  ne  donnons  ci-après  que  les  espèces 
notées  comme  rares  dans  V Inventaire  général 
des  plantes  vasculaires  de  la  Sartlie  de  M.  Gen- 
til en  ajoutant  quelques  variétés  intéressan- 
tes : 

Ranunculus  Lingua  L.  Saosnes  :  étang 
de  Guéchaussée,  bords  du  ruisseau  et  auprès 
des  sources  (H.  Léveillé). 

Impatiens  glandulifera  Royle.  Neuf- 
chàtel  :  route  des  Trois-Ponts,  non  loin  de  la 
forêt,  16  août  (H.  Léveillé).  Cette  espèce 
était  là  échappée  de  jardin  et  accidentelle. 
Mais  nous  l'avons  vue  aux  Indes,  et  connais- 
sant la  facilité  avec  laquelle  elle  se  répand, 
tout  nous  fait  supposer  qu'elle  finira  par  se 
naturaliser  dans  nos  régions. 

Prunus  Mahaleb  L.  Ancinnes  :  Des  Lo- 
ges à  la  Côtière,  abondant  (abré  Leveau  !)  ; 
route  de    Neufchàtel;  Bourg-le-Roi  :  chemin 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


'9 


d'Ancinnes  ;  Les  Mées;  Saosnes  ;  Louvignv  : 
route  de  Livet  et  d'Ancinnes  (H.  Léveillé); 
Livet  :  route  de  Saint- Rémy  (abbé  Leveau). 
M.  l'abbé  Leveau,  qui  a  le  premier  reconnu 
l'indige'nat  de  cette  plante  dans  la  Sarthe,  l'es- 
time commune  à  Livet,  Saint-Rémy  et  aux 
environs.  De  nos  propres  observations,  il 
ressort  que  la  plante  est  assez  commune  dans 
toute  la  région,  et  nous  croyons  avec  M.  Gen- 
til qu'elle  est  répandue  dans  tout  le  Saosnois. 

Epilobium  angustifolium  L.  Forêt  de 
Perseigne  :  bas  de  la  vallée  d'Enfer.  Cette 
espèce  est  assez  répandue  dans  la  forêt,  sans 
y  être  commune  (H.  Léveillé). 

Epilobium  roseum  Schreb.  Saint-Rigo- 
mer-des-Bois  :  proche  le  presbytère  ;  Ancin- 
nes  :  route  de  Bourg-le-Roi  ;  chemin  creux  à 
la  droite  de  la  route  de  Neufchàtel  et  de  la 
forêt  au-dessous  de  Livet  ;  Livet  :  petit  che- 
min au-dessous  de  la  Fosse  (H.  Léveillé). 
Cette  espèce  se  propage  rapidement  et  se 
répand  de  plus  en  plus. 

Epilobium  lanceolato  X  roseum.  Ep. 
roseo  X  parviflorum.  Ancinnes  :  chemin 
creux  à  droite  de  la  route  de  Neufchàtel  et  de 
la  forêt,  au-dessous    de  Livet,  4    septembre 

(H.   LÉVEILLÉ). 

Epilobium  obscuro  X  palustre.  Forêt  de 
Perseigne  :  les  Trois-Ponts,  ligne  du  Grand- 
Etang  (H.   LÉVEILLÉ). 

Epilobium  montanum  L.  var.  collinum 
Gmel.  Ancinnes  :  forêt  de  Perseigne,  ligne  de 
Livet,  non  loin  de  l'étang  de  Vaubezon;  che- 
min creux  à  droite  de  la  route  de  Neufchàtel 
et  de  la  forêt,  au-dessous  de  Livet  (H.  Lé- 
veillé). 

Epilobium  tetragonum  L.  var.  adnalum 
Gris.  Avessé  :  route  de  Brûlon,  16  septembre 

(H.  LÉVEILLÉ). 

Senecio  eruciiolius  L.  Saint-Rigomer- 
des-Bois  :  prés  et  jeunes  bois  entre  les  Bail- 
lées et  le  Grand-Larray  (H.  Léveillé). 

Inula  salicina  L.  Saint-  Rigomer-  des- 
Bois  :  prairie  non  loin  des  Baillées  (H.  Lé- 
veillé). 

Achillea  Millefolium  L.  var.  atrorubra 
Nob.  Variété  à  fleurs  d'un  rouge  foncé.  Saint- 
Saturnin  :  le  long  de  la  ligne  de  Rennes,  près 
du  passage  à  niveau  et  non  loin  des  Hautes- 
Grues  (H.  LÉVEILLÉ). 

Centaurea  nigra  L.  var.  lactea  Nob. 
Variété  à  fleurs  de  couleur  crème.  Neufchà- 
tel :  chemin  du  Fourolet  à  Saint-Rémy-du- 
Plain,    non  loin  des    Brousses,    5  septembre 

(H.   LÉVEILLÉ). 

Tragopogon  porrifolium  L.  Les  Mées  : 
champ  sur  la  route  de  l'étang  de  Guéchaussée, 
11  septembre  (H.  Léveillé).  Cette  espèce  est 


sinon  spontanée,  du  moins  naturalisée  dans  la 
Sarthe.  Voici  plusieurs  années  que  nous  la 
rencontrons  dans  les  champs  de  la  région 
comprise  entre  Rouessé  -  Fontaine,  Saosnes, 
Neufchàtel  et  Saint-Rémy-du-Plain,  où  elle 
n'est  pas  cultivée. 

Campanula  glomerata  L.  Ancinnes  :  des 
Loges  à  la  Côtière  ;  Saosnes  :  autour  du 
souterrain  et  de  l'ancien  moulin  à  vent  au 
bord  de  l'étang  de  Guéchaussée;  Saint-Rémy- 
du-Plain  :  route  de  Louvigny;  Louvignv 
friches  à  Gaubert,  en  face  Valbray;  Livet 
chemin  escarpé  de  Verzé  à  la  Brousse;  che 
min  de  Saint-Martin  à  Valbray.  Espèce  qui 
tend  à  se  propager  rapidement  et  de  plus  en 
plus  (H.  Léveillé).  Une  variété  que  nous 
appellerons  subacaulis  se  trouve  avec  le  type 
assez  communément  à  Livet,  Louvigny  et 
Saint-Rémy-du-Plain. 

Gentiana  amarella  L.  Louvigny  :  friches 
à  Gaubert,  en  face  Valbray  ;  route  de  Livet  ; 
Ancinnes    :  des  Loges  à  la    Côtière   (H.    Lé- 

VEILLÉj. 

Stachys  alpina  L.  Neufchàtel  :  petit  che- 
min derrière  la  Brousse  ;  route  d'Ancinnes  ; 
Les  Mées  :  route  de  l'étang  de   Guéchaussée 

(H.  LÉVEILLÉ). 

Thymus  humifusus  Bernh.  Cette  intéres- 
sante variété  du  Thymus  Se rpyllum  L.  abonde 
dans  toute  la  région  comprise  entre  Bourg-le- 
Roi,  Rouessé-Fontaine,  Les  Mées,  Villaines- 
la-Carelle,  Neufchàtel  et  Ancinnes  où  elle  est 
excessivement  commune  (H.  Léveillé). 

Leonurus  Cardiaca  L.  Saint-Rémy-du- 
Plain  :  près  du  cimetière  |H.  Léveilléj. 

Chenopodium  hybridum  L.  Neufchàtel  : 
route  des   Trois-Ponts,  non  loin  de  la   forêt 

(H.  LÉVEILLÉ). 

Buxus  sempervirens  L.  Cette  plante 
plantée  en  haies  à  Livet  il  y  a  de  longues  an- 
nées se  rencontre  aussi  à  Villaines-la-Carelle. 
A  Louvigny,  route  des  Mées,  elle  a  les  allures 
d'une  plante  subspô'htanée.  Elle  existe  depuis 
plusieurs  siècles  dans  cette  localité  (H.  Lé- 
veillé). 

Epipactis  latifolia  L.  Livet  :  bois  des 
Brousses  et  bois  des  Vignes;  Ancinnes  :  che- 
min creux  à  droite  de  la  route  de  Neufchàtel 
et  de  la  forêt,  au-dessous  de  Livet  \H.  Lé- 
veillé) . 

Nous  tenons  d'un  botaniste  de  la  Mayenne, 
M.  Joseph  Daniel,  que  VAceras  anthropo- 
phora  R.  Br.  croissait  jadis  dans  le  jardin  du 
presbytère  de  Poillé  où  peut-être  il  se  trouve 
encore. 


20 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Une  nouvelle  maladie  de  la  pomme  de 
terre. 

M.  Grosjean,  inspecteur  ge'ne'ral  de  l'Ensei- 
gnement agricole,  nous  annonce,  par  la  voie 
du  Bulletin  du  Ministre  de  l'Agriculture, 
qu'une  nouvelle  maladie  a  été  observée  sur  la 
Pomme  de  terre  aux  Etats-Unis. 

Elle  serait  due  à  un  champignon  parasite, 
le  Macrosporium  solanii,  très  commun  sur 
d'autres  Solanées,  notamment  le  Dalura  Stra- 
monium  (Pomme  épineuse)  qui  abonde  parfois 
dans  les  champs  de  pomme  de  terre.  D'où 
utilité  de  détruire  le  Dalura. 

Le  Macrosporium  s'attaque  aux  parties 
aériennes  de  la  Pomme  de  terre,  jamais  aux 
tubercules.  On  constate  généralement  son 
apparition  de  très  bonne  heure,  lorsque  les 
plantes  mesurent  de  10  à  i5  centimètres.  Des 
taches  isolées  d'un  brun  grisâtre,  de  2  milli- 
mètres de  diamètre  à  peine,  apparaissent  d'a- 
bord sur  les  feuilles  de  la  base,  sous  forme  de 
cercles  ou  ovales  concentriques.  Peu  à  peu, 
elles  augmentent,  s'étendent,  prennent  une 
teinte  plus  sombre  et  deviennent  confluentes. 
L'atteinte  est  particulièrement  plus  caracté- 
risée sur  les  bords  des  folioles. 

«  Dix  ou  quinze  jours  après  les  premières 
attaques,  la  moitié  de  la  surface  des  feuilles 
est  brune  ou  noirâtre;  les  portions  atteintes 
se  flétrissent  et  deviennent  cassantes,  tandis 
que  le  reste  est  d'un  jaune  pâle.  Trois  semai- 
nes ou  un  mois  après,  la  partie  foliacée  de  la 
plante  est  morte,  les  tiges  demeurent  vertes 
quelque  temps  encore,  jusqu'au  moment  où 
elles  meurent  à  leur  tour.  Comme  conséquence 
naturelle,  les  tubercules,  dès  les  premières 
atteintes  de  la  maladie,  sont  arrêtés  dans  leur 
développement,  et  la  récolte  est,  suivant  les 
cas,  ou  diminuée  ou  totalement  perdue.  » 

Cette  maladie  est  absolument  distincte  de 
celle  produite  par  le  Phylophthora  infestons. 
11  y  a,  dit  M.  Grosjf.an,  une  différence  bien 
tranchée  dans  le  mode  d'attaque  ainsi  que 
dans  la  marche  des  deux  affections.  Le  Phy- 
tophthora  attaque  les  plantes  plutôt  tardive- 
ment, surtout  en  juillet  et  août,  alors  que  la 
température  atteint  au  moins  vingt  degrés  ;  le 
Macrosporium,  de  bonne  heure  le  plus  sou- 
vent. L'invasion  du  Phylophthora  est  soudaine 
et  rapide,  et  le  cas  n'est  pas  rare  où,  en  un 
ou  deux  jours,  des  champs  de  pommes  de 
terre  sont  entièrement  ravagés  par  ce  para- 
site ;  l'attaque  du  Macrosporium  est  beaucoup 
plus  lente.  Par  contre,  d'après  M.  L.  Jones, 
de  la  Station  agronomique  du  Vermont,  un 
temps  frais  et  relativement  sec  n'entrave  pas  la 
marche    du    Macrosporium    au    point    où    il 


entraverait,   dans  les  mêmes  conditions,  celle 
du  Phylophthora. 

Comme  moyens  préventifs,  on  emploiera  la 
bouillie  bordelaise,  faible  d'abord,  à  1  1/2 
p.  100  de  sulfate  de  cuivre,  en  raison  de  la 
délicatesse  des  jeunes  pousses,  et  l'on  forcera 
la  dose  peu  à  peu.  L'application  devra  en  être 
faite  de  meilleure  heure  que  celle  donnée 
ordinairement  contre  le  Phylophthora.  dont 
l'apparition  est  tardive.  Aux  Etats-Unis,  on 
mélange  à  chaque  hectolitre  de  bouillie 
23o  grammes  de  vert  de  Scheele  ou  arsénite 
de  cuivre  (vert  de  Paris).  Ce  traitement  devra 
être  complété  par  l'incinération  des  fanes  des 
champs  attaqués. 

V.   L. 


Une  herborisation  au  mont  Bessillon 
(Var). 

Dans  les  premiers  jours  de  septembre,  je  me 
trouvais  à  Cotignac,  patrie  du  célèbre  bota- 
niste Gérard,  en  compagnie  d'un  de  mes 
anciens  camarades  d'Ecole  normale,  actuelle- 
ment licencié  ès-sciences  naturelles  et  grand 
amateur  de  botanique,  que  j'avais  invité  à 
venir  passer  quelques  jours  chez  moi  dans 
l'intention  de  nous  livrer  ensemble  à  de  nom- 
breuses courses  à  travers  champs.  L'époque, 
il  est  vrai,  n'était  pas  des  mieux  choisies.  Elle 
était  un  peu  avancée,  beaucoup  trop  même 
pour  certaines  espèces  que  le  soleil  avait  com- 
plètement jaunies  et  desséchées  ;  mais  pour 
plusieurs  autres  qui  commençaient  à  Deine  à 
fleurir  ou  à  fructifier,  c'était  bien  le  moment 
voulu  ;  et  ce  ne  fut  pas  en  vain  que  nous  cares- 
sâmes l'espoir  de  faire  encore  quelque  heu- 
reuse trouvaille,  d'autant  plus  qu'une  impor- 
tante station  botanique,  située  à  deux  ou  trois 
lieues  du  village,  entre  Cotignac  et  Barjols, 
recelait  à  cette  époque,  au  dire  d'un  amateur 
passionné  de  plantes  de  la  localité,  un  grand 
nombre  d'espèces  intéressantes  et  rares,  parmi 
lesquelles  la  mandragore. 

11  nous  offre  lui-même,  —  qui  connaît  les 
lieux,  —  de  nous  y  conduire,  ce  que  nous 
acceptons  de  gaieté  de  coeur.  Mais  soudain,  se 
ravissant,  il  nous  annonce  qu'à  son  grand 
regret,  il  ne  lui  sera  pas  possible  de  nous 
accompagner,  parce  qu'il  doit  s'absenter  du 
pays,  dès  le  lendemain,  pour  une  vingtaine  de 
jours.  Il  nous  promet  quand  même  son  appui 
et  nous  propose  de  se  mettre  aussitôt  à  la 
recherche  d'un  guide.  Nous  le  remercions  de 
sa  bonne  volonté  et  de  son  extrême  obligeance 
et  lui  laissons  entendre  que  quelques  indica- 


LE      MONDE      DES       PLANTES 


21 


tions  verbales  sommaires  sur  la  route  à  suivre 
suffiront  pour  nous  mettre  dans  l'impossibilité 
de  nous  égarer.  C'est  ainsi  que  le  3  septembre 
nous  mettons  notre  projet  à  exécution. 

Nous  avions  à  faire  l'ascension  d'un  massif 
dont  le  point  culminant,  en  forme  de  ballon, 
atteint  814  mètres.  Et  comme  cette  ascension 
eût  été  des  plus  pénibles  si  elle  avait  dû  être 
faite  en  plein  jour  à  cause  de  la  chaleur  torride 
de  cet  été  sans  fin,  nous  partîmes  d'assez  bon 
matin,  vers  quatre  heures,  c'est-à-dire  plus 
d'une  heure  avant  le  lever  du  soleil,  portant 
avec  nous  nos  accessoires  de  botanique,  à 
l'exception  de  nos  presses  portatives  qui  nous 
eussent  embarrassés,  et  quelques  provisions 
de  bouche. 

La  journée  s'annonçait  magnifique  bien 
qu'une  petite  brise  matinale,  très  fraîche,  fouet- 
tât le  visage  et  qu'en  certains  points  l'horizon 
se  montrât  brumeux  ;  mais  le  reste  du  ciel 
était  pur  et  encore  tout  étoile;  cela  nous  met- 
tait de  la  joie  au  cœur,  car  nous  prévoyions 
une  promenade  des  plus  agréables,  une  récolte 
des  plus  fructueuses. 

Pendant  plus  d'une  heure,  nous  suivons, 
dans  une  obscurité  qui  s'efface  insensiblement 
à  mesure  que  nous  avançons,  un  mauvais  che- 
min, scabreux  et  montant,  zigzaguant  à  travers 
bois  et  clairières.  Arrivés  à  l'ermitage  Saint- 
Joseph  où  aboutit  le  chemin,  force  nous  est  de 
gravir  la  montagne  dont  les  flancs  à  demi  boi- 
sés et  en  pente  relativement  douce  à  cet  endroit 
devaient  faciliter  notablement  notre  ascension. 
Mais  avant  d'aller  plus  loin,  et  comme  les 
dernières  rougeurs  de  l'aurore  annoncent  de 
plus  en  plus  l'apparition  prochaine  du  soleil, 
nous  nous  reposons  un  instant  afin  de  repren- 
dre avec  plus  de  courage  et  moins  de  fatigue 
notre  route,  qu'en  maints  endroits  nous  allions 
être  obligés  de  nous  frayer  à  travers  de  dan- 
gereux précipices  et  d'inextricables  fourrés. 

Les  quelques  minutes  pendant  lesquelles 
nous  restons  assis  sur  la  lisière  du  bois,  ne 
sont  pas  inutilement  employées.  Nous  consta- 
tons déjà  autour  de  nous  la  présence  de  quel- 
ques espèces  peu  communes,  telles  que  Glo- 
bulariavulgaris  qui  abonde  à  la  Sainte-Baume 
et  qui  parait  être  à  peu  près  exclusivement 
remplacée  sur  le  littoral  par  une  autre  espèce 
du  même  genre,  très  communément  répandue  : 
Globularia  Alypum. 

Non  loin,  quelques  tiges  desséchées  de 
Silènes  portent  encore  fièrement  l'épi  de  fruits 
demeuré  intact.  Une  d'entre  elles  possède 
encore  des  fleurs  fanées  depuis  peu.  Il  ne  nous 
est  guère  possible,  avec  si  peu  d'éléments, 
d'arriver,  au  moyen  de  la  flore,  à  la  détermi- 
nation de  l'espèce  en  litige  ;  mais  à  son  seul 


faciès,  à  la  disposition  caractéristique  de  ses 
fleurs  sur  la  tige,  à  leur  nombre  et  à  leur 
dimension  tout  à  fait  restreinte,  nous  inclinons 
à  croire  que  nous  avons  affaire  à  Silène  Otites. 
D'ailleurs,  ce  qui  paraîtrait  confirmer  notre 
assertion,  en  partie  du  moins,  c'est  que  cette 
espèce,  essentiellement  silicicole,  comme  on  le 
sait,  pousse  dans  un  sol  essentiellement  sablon- 
neux. Autour  de  nous  ce  sont  des  berceaux 
de  clématites  (Clematis  Vitalba,C.Flammula) 
qui  s'offrent  à  nos  yeux  ;  puis  des  buissons 
épais  de  Pistacia  Lentiscus,  P.  Terebinthus, 
Paliurus  aculeatus,  Phyllirea  angustifolia , 
Calycotome  spinosa.  Nous  allons  bientôt  com- 
mencer notre  moisson.  Ce  petit  arrêt  de  quel- 
ques minutes  a  suffi  pour  nous  reposer  et  nous 
permettre  de  continuer  avec  ardeur  notre 
course  ;  et  tandis  que  le  disque  solaire  appa- 
raît derrière  une  colline  qui  borne  notre  vue, 
nous  nous  allégeons  de  nos  vêtements,  afin  de 
mieux  nous  couvrir  une  fois  parvenus  au  som- 
met. 

Tout  en  gravissant  la  montagne  à  pas  lents, 
nous  récoltons  sur  le  versant  qui  regarde 
Saint-Joseph  :  Daphne  Gnidium,  Juniperus 
communis,  J .  phœnicea  assez  rares  et  J.Oxyce- 
drus  plus  commun.  Puis  une  petite  discussion, 
toute  scientifique,  ne  tarde  pas  à  s'élever  entre 
nous  deux  au  sujet  d'une  certaine  espèce  de 
Qjiercus  qui  avait  passablement  attiré  notre 
attention  en  plus  d'un  endroit  déjà.  Parmi  ces 
Quercus,  nous  distinguons  nettement  la  pré- 
sence du  Q_.  llex,  du  Q_.  coccifera,  du  Q.  sessi- 
liflora  et  en  de  rares  endroits  celle  du  Q.  pedun- 
culata  de  Ehrhard  qui  n'est  autre  que  le  Q. 
Robur  de  Linné.  Quant  au  Q_.  Suber,  si  abon- 
dant dans  les  bois  du  littoral,  nous  n'avons  eu 
jusqu'à  présent  ni  l'occasion  ni  la  bonne  for- 
tune de  le  rencontrer. 

Nous  remarquons  entre  deux  espèces  voi- 
sines Q.  Ilex  et  Q.  coccifera  une  forme  inter- 
médiaire à  feuilles  très  peu  tomenteuses  en 
dessous,  plus  grandes  et  à  dents  épineuses  plus 
écartées  que  dans  Q.  Ilex.  Mon  compagnon 
pensait  que  ce  n'était  là  qu'une  variété,  entre 
toutes,  du  Q.  llex,  espèce  d'ailleurs  très  poly- 
morphe. Quant  à  moi,  je  ne  partageais  point 
son  avis.  Il  me  parut  que  cette  variété  était 
suffisamment  différenciée  du  type  et  que  d'au- 
tre part  elle  présentait  avec  Q.  coccifera  des 
ressemblances  si  frappantes  quant  à  la  matu- 
ration bienne  des  fruits,  pour  qu'il  n'y  eût  pas 
témérité,  selon  moi,  à  considérer  cette  variété 
comme  une  véritable  espèce,  probablement 
Q.  Aiqendi  de  Grenier  et  Godron  qui  paraît 
être  le  synonyme  de  Q..  pseudo-coccifera  de 
Desfontaines.  Bref,  dans  l'impossibilité  de 
nous  convaincre  que  nous  avions  raison  à  la 


1« 


II'       MONDÉ       DES      PLAN'ITS 


fois  l'un  et  l'autre  et  sachant,  du  reste,  qu'il 
existe  assez  souvent  plus  de  différences  entre 
une  espèce  et  une  variété  qu'entre  deux  espè- 
ces distinctes,  nous  arrêtâmes  là  notre  dis- 
cussion, mais  non  notre  route,  ce  qui  n'eût 
pas  fait  notre  affaire. 

Entre  temps,  nous  avons  cependant  recueilli 
quelques  espèces  intéressantes  telles  que  Iberis 
linifoiïa  qui  commençait  à  fleurir,  puis  tout 
une  collection  de  Germandre'es  :  Teucrium 
Polium,  T.  aureum,  T.  Chamaedrys,  T.  mon- 
tanum  qui  avaient  fleuri  et  probablement  une 
autre  espèce  a  fleurs  jaunes  et  à  feuilles  cré- 
nelées d'un  beau  vert  luisant  sur  la  face  dor- 
sale du  limbe  que  nous  avons  prise  pour  Teu- 
crium flavum.  Chemin  faisant,  nous  récoltons 
encore  Dianthus  saxifragus,  FumanaSpachii, 
Helianthemum  alyssoides,  H.  italicutn,  Ulex 
provincialis,  Carduus  pycnocephalus  croissant 
en  compagnie  d'une  crucifère  que  nous  ne 
connaissons  pas,  Sideritis  scordioides,  Cata- 
nanche  cœrulea,  Odontites  lutea,  O.  viscosa, 
Bupleurum  junceum,  Peucedanum  parisiense, 
Althœa  hirsuta  dont  je  n'ai  malheureusement 
trouvé  qu'un  exemplaire  isolé,  Centaurea  poly- 
cephala.  C.  aspera  var.  calcitrapo-aspera, 
Amelanchier  vulgaris,  Daphne  Laureola,  Acer 
campestre; sur  le  sol, rampant enmasse  touffue, 
Astragalus  pentaglottis  en  fruits;  dans  les  fis- 
sures des  rochers  les  plus  escarpés,  une  saxi- 
frage en  assez  mauvais  état  que  nous  suppo- 
sons être  Saxifraga  bryoides;  çà  et  là  deux 
espèces  de  lin  :  Limon  tenuifolium  et  L,  glan- 
dulnsum,  rares  l'une  et  l'autre. 

Enfin,  quand  nous  atteignons  le  faîte  de  la 
montagne,  notre  montre  ne  marque  pas  moins 
de  8  heures. 

Bien  qu'aucune  brise  ne  se  fit  sentir,  nous 
nous  empressons  de  quitter  nos  ustensiles, 
de  nous  couvrir  et  de  chercher  un  abri,  à 
l'ombre.  Mais  avant  de  prendre  part  au  frugal 
repas  qui  doit  nous  réconforter,  nous  ne  pou- 
vons nous  empêcher,  quoique  essoufflés,  d'ad- 
mirer avec  enthousiasme  l'immense  panorama 
qui  se  déroule  sous  nos  yeux.  Au  nord,  ce 
sont  les  magnifiques  plaines  de  la  Durance  et 
du  Verdon  enserrées  par  les  ramifications 
latérales  des  Alpes  de  Provence  dont  on  aper. 
çoit  assez  distinctement,  en  dépit  de  la  brume, 
les  crêtes  neigeuses  se  profilant  dans  le  loin- 
tain. Au  sud,  c'est  une  immense  mer  de  col- 
lines et  de  forêts,  un  véritable  dédale  d'éléva- 
tions de  toutes  sortes,  s'ent rechoquant  dans  tous 
les  sens,  depuis  l'énorme  rocher  de  Roquebrune 
au  sud-est  jusqu'au  puissant  massif  de  la 
Sainte-Baume  vers  le  sud-ouest,  en  compre- 
nant entre  ces  deux  points  extrêmes  toute  la 
chaîne  des  Maures,  la   barre  de  Saint-Quinit, 


le  Pilon  Saint-Clément  (707  m.)  les  pics  de 
Canderon  et  de  la  Loube  1760  et  83 1  m.)  qui 
entourent  Brignoles,  les  montagnes  de  Tou- 
lon dont  le  Condon  seul  (702  m.)  montre  sa 
pointe.  A  l'Est,  les  montagnes  de  la  Cabrière 
il  1  3  1  m.),  le  Pierron  (1086  m.), et  la  pyramide 
de  Lachens  (1713  m.i  A  l'ouest,  la  chaine 
Sainte-Victoire  qui  prend  naissance  à  Pour- 
rière  (Var)  et  se  termine  aux  environs  d'Aix, 
et  dont  l'altitude  moyenne  varie  entre  950  et 
1.000  mètres.  Enfin,  dans  la  direction  nord- 
ouest  et  tout  à  fait  à  l'horizon,  on  peut  aper- 
cevoir, perdu  dans  le  brouillard,  le  massif 
isolé  du  xMont  Ventoux. 

Nous  demeurons  ainsi  un  bon  quart  d'heure 
en  extase  devant  ce  tableau  si  vaste  que  nous 
ne  pouvons  nous  lasser  d'admirer.  Néanmoins 
comme  la  marche  a  souverainement  excité 
notre  appétit  et  notre  soif,  nous  choisissons 
une  place  à  l'ombre  d'un  roc  et  nous  servons 
notre  modeste  repas,  lequel,  suivi  d'une  heure 
de  repos  et  de  méditation  contemplative,  devait 
nous  dédommager  amplement  de  toutes  nos 
fatigues. 

Vers  les  dix  heures,  nous  nous  apprêtons  à 
retourner;  la  chaleur  était  forte,  il  est  vrai, 
mais  en  somme  nous  avions  à  peu  près  tout 
exploré  et  puis  nous  n'avions  qu'à  redescen- 
dre, ce  qui  était  moins  pénible  ;  nous  allions 
donc  repartir,  anxieux  que  nous  étions  de  rega- 
gner le  logis,  afin  de  pouvoir  employer  notre 
après-midi  tout  à  notre  aise  à  mettre  nos 
glanes  sous  presse,  à  établir  la  liste  des  espèces 
récoltées  et  à  en  déterminer  quelques-unes  sur 
la  dénomination  desquelles  nous  avions  des 
doutes. 

Nous  continuons,  tout  en  revenant  sur  nos 
pas,  à  faire  quelques  recherches  pour  tâcher 
de  découvrir  la  fameuse  mandragore  dont 
nous  n'aurions  jamais  soupçonné  l'existence 
en  pareil  lieu  n'était  qu'elle  nous  avait  été 
signalée  comme  plante  très  rare  croissant 
dans  l'écorce  d'un  vieux  tronc  d'arbre  :  nos 
tentatives  furent  vaines. Comme  compensation, 
en  passant  aux  environs  de  Saint-Martin,  nous 
liâmes  connaissance  avec  une  jolie  petite 
linaire  à  fleurs  jaunes,  à  feuilles  charnues, 
Linaria  supina  qui  existe  assez  abondamment 
dans  la  forêt  de  la  Sainte-Baume. 

D'ailleurs,  abstraction  faite  des  essences 
forestières,  fort  rares  au  Bessillon  et  qui  dif- 
fèrent de  celles  que  l'on  rencontre  à  la  Sainte- 
Baume,  nous  remarquâmes  que  plus  d'une 
espèce,  comme  Primuia  ofjicinalis,  Linum 
glandulosum,  Saxifraga  bryoides,  Globularia 
vulgaris,  Daphne  Laureola,  Linaria  supina, 
Hepatica  triloba,  Amelanchier  vulgaris,  etc., 
étaient  à  la  fois  communes  à  ces  deux  stations 


LE      MONDE      DES      PLANTES 


20 


botaniques  et  qu'on  les  trouvait  rarement 
ailleurs  dans  la  région.  Nous  en  conclûmes 
que  la  flore  du  Bessillon,  quoique  incompa- 
rablement moins  riche  et  moins  variée  que 
celle  de  la  Sainte-Baume,  ne  devait  pas  moins 
à  cette  dernière  plus  d'un  trait  de  sa  propre 
physionomie. 

Marius  Capoduro. 

Cotignac,  le  iS  septembre  iSg5. 


Revus  des  Revues. 

Cosmos  (n°  555).  —  La  théorie  de  révolution 
en  botanique,  Boulay.  Cet  important  mémoire  de 
M.  l'abbé  Boulay,  présenté  au  Congrès  internatio- 
nal des  catholiques  de  Bruxelles  en  1894,  contient 
des  vues  très  larges  et  très  prudentes  sur  l'évolu- 
tion des  espèces  végétales.  L'auteur,  qui  ne  se 
décide  pas  évidemment  pour  le  système  darwiniste, 
l'admet  cependant,  en  principe  et  a  priori,  comme 
possible,  cette  possibilité  n'impliquant  d'ailleurs 
aucune  probabilité  et  ne  présentant  nullement  les 
caractères  scientifiques  qui  élèveraient  le  système 
au  rang  d'un  fait  indiscutable  en  le  dégageant 
nettement  des  liens  de  l'hypothèse.  Beaucoup  d'évo- 
lutionnistes,  en  effet,  remettent  tout  en  question 
par  le  tait  qu'ils  ne  peuvent  décider  si  la  série 
végétale  entière  dérive  d'un  type  unique  ou  de 
plusieurs  formes  primordiales.  «  La  plupart,  dit 
l'auteur,  lorsqu'ils  sont  arrivés  jusqu'à  un  certain 
point  de  leurs  déductions,  s'arrêtent  et  biaisent. 
Ils  disent,  par  exemple,  qu'il  ne  leur  plaît  pas 
d'examiner  si  la  génération  spontanée  a  fonctionné 
une  fois  ou  plusieurs,  si  elle  a  produit  au  début  de 
nombreuses  plantes  primitives  ou  une  seule,  ou 
encore  si,  toujours  active,  elle  continue  à  engen- 
drer de  nouveaux  organismes,  points  de  départ  du 
développement  de  futures  séries  végétales.  En  pro- 
diguant tant  d'autres  hypothèses,  ils  ont  perdu  le 
droit  de  s'arrêter  à  mi-chemin,  ils  se  doivent  à  eux- 
mêmes  d'être  logiques  et  d'aller  jusqu'au  bout.  » 
Cette  indécision  n'est  pas  pour  taire  accueillir  avec 
confiance  la  théorie  par  les  esprits  sérieux  qui  ne 
se  contentent  pas  d'hypothèses.  Le  principe  de 
l'évolution,  appliqué  avec  logique,  ne  laisse  cepen- 
dant pas  de  doute  sur  l'opinion  à  adopter  :  il  oblige 
à  supposer  qu'une  plante  absolument  primitive  et 
unique  a  dû  précéder  toutes  les  autres.  Car  si  l'on 
admet  plusieurs  types  primordiaux,  on  se  retrouve 
en  présence  de  ces  espèces  absolument  fixes  et 
constantes  que  le  transformisme  veut  éliminer. 
D'un  autre  côté,  la  solidité  du  principe  primordial 
de  cette  théorie,  à  savoir  que  des  traits  communs 
dénotent  toujours  une  origine  commune,  est  mise 
en  suspicion  d'une  manière  plus  frappante  encore 
dans  le  système  de  Naegeli.  «  Ce  botaniste  faisait 
remarquer  très  justement  que  si  on  attribue  à  la 
génération  spontanée  le  mérite  d'avoir  réalisé 
autrefois  les  premiers  débuts  du  règne  végétal,  il 
n'y  a  pas  de  raison  pour  supposer  qu'elle  ait  perdu 
de  son  efficacité.  Dans  sa  manière  de  voir,  les 
plantes  les  plus  parfaites  sont  les  plus  anciennes, 
les  plus  imparfaites  sont  les  plus  récentes,  le  temps 
leur  ayant  manqué  jusqu'à  ce  jour  pour  atteindre 
le  point  culminant  de  leur  évolution.  »  Si  donc, 
comme  il  est  logique  de  l'admettre,  la  cristallisa- 
tion de  la  matière  en  une  cellule  phyllochlorée  et 


de   nature  végétale  n'a  pas  eu  lieu  une  fois   pour 
toutes,  mais  s'est  réalisée  chaque  fois  que  les  con- 
ditions nécessaires  se  sont  trouvées  réunies,  il  y  a 
eu    autant  d'évolutions  distinctes   que   de  germes 
primitifs,  et  la  progression  unique  du  règne  végé- 
tal,  rêvée  et  défendue   par   le   transformisme,    est 
une  erreur.  D'ailleurs,  sa  réalisation  pratique  n'est 
nullement  révélée  parles  deux  seules  preuves  d'or- 
dre tangible  dont  elle  puisse  se  réclamer,  la  varia- 
bilité   actuelle  et  les  acquisitions  de  la   paléobota- 
nique.   Les    variations    offertes   par    les    espèces 
contemporaines   n'ont  jamais  la  valeur  suffisante 
pour  transformer  une  espèce   en   une   autre.   Par 
suite,  les  transformistes  sont  obligés,  pour  étayer 
leur   théorie,   d'introduire  un    facteur    dont  ils  ne 
sont  pas  à  même  d'apprécier  la  valeur,   la  durée. 
«  Quand  l'évolutionniste  dit  que  le  chêne  dérive  de 
l'algue  ou  que  l'algue  est  capable  de  devenir  quel- 
que chose  d'aussi  différent  d'elle-même  que  l'est  un 
chêne,  il  s'appuie  uniquement  sur  de  très  légères 
variations    qu'il    a   constatées   dans   telle  ou  telle 
espèce  de  chêne,  dans  telle  ou  telle  espèce  d'algue. 
La  base  étant  manifestement  insuffisante,  il  intro- 
duit dans  son  argument  un  élément  nouveau,   le 
temps,  et  une  hypothèse.  La  marche  du  raisonne- 
ment devient   à   peu    près    celle-ci  :  les  variations 
constatées  de  fait  sont  sans  doute   assez  restreintes, 
mais  aussi  elles  se  sont   produites  dans  un  inter- 
valle relativement  court.  Si   vous  admettez  que  la 
variabilité  est    proportionnelle   au    temps;  si,   de 
plus,  vous  accordez  un  temps  suffisamment  long, 
il  est  possjble  de  rendre  compte  des  différences  qui 
séparent  les  végétaux  les  plus  disparates.  »  En  réa- 
lité, il  n'y  a  là  qu'une  hypothèse,  qui  peut  être  la 
vérité  comme   elle    peut   être    l'erreur,  car   nous 
ignorons  quelle  est  en  soi,  l'étendue  des  variations 
possibles,  et  aussi  jusqu'où  elles  peuvent  aller  en 
fonction  du   temps,  notre  trop  courte  existence  ne 
nous  permettant  pas  d'apprécier  l'influence  sur  la 
morphologie  végétale  d'une  longue  accumulation 
de  siècles    Quant  aux  données  de  la  paléontologie, 
qui  sont  d'ailleurs  très  incomplètes,  elles  ne   révè- 
lent en  aucun  cas  l'évolution  probable  d'un  groupe 
donné,   et  si  elles  montrent  la  succession  nette  et 
tranchée  de  plusieurs  flores  totalement  différentes, 
elles  n'enseignent  nullement  les  relations  phylogé- 
nétiques   qui  ont    pu  servir  de  trait  d'union  entre 
ces  diverses  flores. —  Les  conclusions  du  mémoire 
de  M.  Boulay  sont  les  suivantes  :   1°  la  création 
du  règne  végétal  n'a  pas  eu  lieu  subitement,  d'un 
seul   coup,  à  l'état  complet,  pour  se  décompléter 
ensuite,  comme   le  pensait  de   Blainville;  2°  nous 
n'avons  pas  la  preuve  qu'elle  se  soit  faite  par  l'ap- 
parition successive  d'espèces  nouvelles,  à  l'état  de 
germes  ou  à  l'état  adulte.  Ce  mode  spécial  de  créa- 
tion est  possible;  il  n'est  pas  prouvé  scientifique- 
ment ;  3°  l'évolution,  à  partir  d'un  ou  de  plusieurs 
types  primitifs,  comporte  une  possibilité  qui  n'est 
pas  contestable.  Mais  cette  possibilité,  considérée  en 
elle-même,   çst   vague,   indéterminée,    dépourvue 
également   de  tout  caractère  scientifique;  40  l'exa- 
men   des    plantes  actuelles   laisse  cette  théorie  à 
l'état  d'hypothèse  non  démontrée;  il  n'apporte  en 
sa  faveur  que  des  probabilités  très  faibles,  insuf- 
fisantes   pour  entraîner    la  conviction;  5"  en  éta- 
blissant la  succession  des  formes  végétales  dans  le 
temps,  la  perfection  et   la  richesse   croissante   du 
règne  végétal  à  mesure  que  l'on   se  rapproche  des 
temps  actuels,   la  paléontologie  fournit  quelques 
indices  en   faveur  de  l'évolution.     Toutefois,    les 
documents   paléontologiques,    trop    incomplets   et 
trop  mal  conservés,   ne  permettent  pas  de  recon- 


24 


I.E      MONDE       DES        PLANTES 


naître  la  dérivation  des  espèces  les  unes  des  autres, 
en  un  mot,  de  vérifier  la  théorie  de  la  descen- 
dance :  6°  la  théorie  de  l'évolution,  étant  donc  très 
loin  d'être  prouvée,  constitue  un  objet  de  recher- 
ches et  non  un  principe  de  démonstration. 

Bulletin  de  l'herbier  Boissier  (n°  q).  — 
Herborisations  au  Costa-Rica,  Ad.  Tonduz.  — 
Acanthaceae  americanae,  G.  Lindau.  —  Les  Chae- 
tomièes  de  la  Suisse,  Jaczewski. 

Erythea  (septembre  i8o5).  —  Observations  on 
Puccinia  mirabilissima,  Walter  C.  Blasdale. 

Journal   de   botanique  (rr  septembre  i8g5) . 

Sur   les  noyaux  des  Urédinés,  G.  Poiraii.t  et 

Raciborski.  —  (16  sept.)  —  Plantes  nouvelles  de  la 
flore  d'Espagne,  A.  de  Coincv.  —  Sur  les  sporanges 
pluriloculaires  Je  /'Aspcrococcuscompressus  Griff., 
C.  Sauvageau.  —  Géographie  botanique  de  la 
Tunisie,  Ed.  Bonnet. 


Bibliographie. 

Travaux  géographiques  exécutés  en  Fin- 
lande. —  Ce  volume,  publié  par  la  Société  de 
Géographie  de  Finlande,  à  laquelle  il  fait  grand 
honneur,  expose,  dans  un  article  intéressant  dû  à 
la  plume  de  M.  J.-P.  Norrlin,  l'historique  du 
développement  des  études  botaniques  dans  cette 
région  et  les  progrès  constants  réalisés  dans  la 
connaissance  de  sa  flore. 

Remarquable  variété  du  «  Nuphar  lu- 
teum  »,  Eduard  Hisinger.  —  La  variété  (pur- 
pureo-signata)  décrite  par  M.  Hisinger  a  été  trou- 
vée pendant  l'été  de  1894  dans  le  petit  lac  Lill- 
Myllylanipi.  dans  le  coin  méridional  delà  paroisse 
de  Yichtis,  dans  le  gouvernement  de  Nyland,  en 
Finlande.  Elle  se  reconnaît  à  ses  pétales  d'un 
rouge  sanguin,  presque  noirs  à  la  marge,  jaunes 
à  l'onglet  et  vers  la  base  ;  le  stigmate  a  son  disque 
plan,  ombiliqué,  purpurin,  et  la  marge  très  entière 
jaunâtre. 

Histoire    physiologique    et    chimique   de 
l'air  que  l'on  respire,    R.    P.    C.    Carrier.    — 
Cette    brochure,    pleine    d'intéressantes   et    utiles 
considérations,  se  termine  par  une  hypothèse  qui 
présente     une    certaine    importance    en    biologie 
générale,  et  que  nos  lecteurs  nous  sauront  gré  de 
leur  faire  connaître.  La  voici  textuellement  :  «  Les 
savants  se  sont  souvent  demandé  et  se  demandent 
encore  s'il  n'a  pas   pu  arriver  dans  le  long  passé, 
et  s'il  ne   peut  pas  arriver  encore  dans  un  avenir 
indéterminé,    que    l'air     atmosphérique    subisse 
d'une    manière  ou  d'une  autre  une  telle  altération 
dans  les  éléments  ou  les  proportions  de  sa  compo- 
sition qu'il  ait  diminué  ou   éteint,  ou   qu'il  dimi- 
nue ou  éteigne  la  vie  de  certains  êtres  au  profit  de 
certains    autres.     Ils    s'accordent    généralement    à 
admettre,  sur  de  bonnes  et  solides  raisons,  je  crois, 
que  dans   les   temps    antérieurs  géologiques,  bien 
longtemps,  des  millions  d'années  avant  la  création 
de    l'homme,    l'air  était    tellement   surchargé  d'a- 
cide  carbonique   que    toute  vie   animale  terrestre 
était    impossible  ;     mais    qu'il    était,    en    cet   état 
même, extrêmement  favorable  à  la  plus  luxuriante 
et   la   plus    rapide    végétation,    aidé    par  un   excès 
d'humidité  chaude;    et  que  ce  fut  principalement 
l'époque  carbonifère    de  l'ère  paléozoîque  qui  vit 
cette   augmentation   extraordinaire    de   croissance 
des  plantes  monocotylédonées   qui   ont,  en  grande 


partie,  fourni  le  charbon  minéral  que  l'on  extrait 
maintenant  des  entrailles  de  la  terre.  Ne  pourrait- 
on  pas  trouver  là  une  des  causes  principales,  sinon 
l'unique  cause,  de  la  disparition  totale,  à  certaines 
époques  géologiques  lointaines,  de  tout  un  type 
ou  même  de  toute  une  classe  d'animaux  ou  de 
plantes  qui  n'existent  plus  maintenant,  et  depuis 
bien  longtemps,  qu'à  l'état  de  fossiles':  Il  serait 
peut-être  téméraire  de  l'affirmer,  mais  non  de  le 
croire.   » 

Mississipi  agricultural  and  mechanical 
Collège  Experiment  Station.  Bulletin  n°  34. 
—  Ce  fascicule  contient  la  liste  des  champignons 
du  Mississipi  appartenant  aux  familles  des  Urédi- 
nés, Ustilaginés,  Péronosporés,  Chytridiacés,  Ery- 
siphés,  Périsporés,  Sphériacés,  Hypocréacés,  Do- 
thidiacés,  Hysteriacés,  Discomycètes.  11  donne 
l'énumération  de  353  espèces  réparties  en  ii3  gen- 
res. 


Informations. 

Un  lecteur  nous  apprend  qu'il  a  fait  une  encre 
excellente  en  pressant  des  baies  de  mahonia,  sans 
l'addition  d'aucune  autre  matière. 

Le  légume  qui  a  obtenu,  à  l'Exposition  d'Angers, 
le  premier  prix  dans  la  section  des  plantes  pota- 
gères, est  un  potiron  pesant  y5  kilogs. 


Ouvrages  offerts  à  la  Bibliothèque 

Du  Ie'  au  3o  septembre. 

De  la  part  de  MM.  F.  Renauld  (i  broch.);  J. 
Christian  Bav  (i  broch.);  A. -S.  Hitchcock  (1  br.); 
R.  P.  Jos.  C.  Carrier  (5  broch.);  Georges  Vilie 
(5  broch.);  Ern.  Malinvaud  (i  vol.);  Barcjri  Ed. 
Hisinger  (2  broch.,  1  vol.);  Federico  Philippi 
(4  vol.)  ;  S. -M.  Tracv  (i  broch.). 

Nous  adressons  tous  nos  remerciements  aux 
donateurs. 


Mouvement  de  l'Herbier. 

M.  le  D'  Otto  Kuntze  a  offert  à  l'Académie  un 
important  lot  d'Onoihéracécs  renfermant  plusieurs 
espèces  qui  faisaient  jusqu'ici  défaut  dans  l'her- 
bier, et  une  espèce  ou  tout  au  moins  variété  nou- 
velle dont  nous  donnerons  à  bref  délai  la  diagnose. 

Du  Baron  Ed.  Hisinger  un  Epilobium  angusti- 
folium  L.  à  fleurs  blanches;  de  M.  Emile  Balle  un 
Epilobe  à  stigmate  en  massue  paraissant  se  rap- 
porter au  parvijlorum  Schreb.,  probablement  un 
hybride. 

De  M.  Federico  Philippi,  de  Santiago  (Chili\  un 
envoi  d'une  extrême  importance  ne  comprenant 
pas  moins  de  44  espèces  ou  variétés  dont  un  bon 
nombre  nouvelles  pour  l'herbier  de  l'Académie. 

Nous  adressons  nos  meilleurs  remerciements 
aux  donateurs. 


Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes  », 
H.  LÉVEIL.LÉ 


Typographie   Ed.    Monnoyer. 


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Directeur  :    Ht.    LEVEIII.IjE 
Rédacteur  en  chef  :   A.  AGLOQUE. 


SOMMAIRE    DU    N°    73 

Maurice  Willkomm.  —  Grand  concours.  —  Académie  internationale  de  Géographie  bota- 
nique. _  Contributions  à  la  flore  de  la  Saithe,  Bonhommet.  —  La  Nielle  des  blés, 
P.-V.  Liotaro.  —  Espèces  nouvelles  ou  très  rares  pour  la  Mayenne,  Joseph  Daniel. 
—  Les  alcaloïdes  des  Séneçons,  V.  L.  —  Excursion  dans  le  département  de  la 
Mayenne,  E.  MoNr.uni.ON.  —  Herborisations  sartboises,  1S95,  H.  Léveillé.  —  Un 
abricotier  géant,  M.  Capodubo.—  Une  forme  nouvelle  A'Aspidium  Filix-mas,  H.  Lé- 
veillé. —  Note  sur  la  dispersion  du  Palypodium  Pherjopteris  L.  aux  environs  de  Dom- 
tront,  A.-L.  Letacq.  —  Informations.  —  Bibliographie.  —  Mouvement  de  la 
bibliothèque.  —  Mouvement  de  l'herbier. 


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Square. 

PARIS 

J.-B.  Baillikre  et  Fils,  19,  rue  Haulefeuille. 

Jacques    Lecuevalier,    Librairie    médicale    el 

scientifique,  2:i,  rue  Racine. 

LAVAL 

Aug.  Goupil,  quai  Jean-Fouquet  (Vieux-Point). 


LE     MONDE     DES     PLANTES 


MM. 
ARBOST  Jos. 
BALLE  Emile. 
BEAL  J. 
B0CQUILL0N-LIM0US1N. 

BODINIER  Êm. 
De  CANDOLLE  Cas. 
CAl'ODURO  Marius. 
CHRISTIAN  BAY. 
CORREVON    H. 
DANIEL  L. 
DEBEAUX  0. 
DESCHAMPS  ÉM. 
Iill'llS   P. 


Est    publié    avec  la   Collaboration    de 


GADECEAU  Ém. 

GENTIL  Amb. 

GIARD  A. 

GILLOT  X. 

GONOD  d'ARTEMARE. 

GRAY  Cn. 

De  HELDREiCH  Th. 

HÉRIBAUD  Ju. 

HISINGER  (Raron  Éd.) 

HITCHCOCK  A.-S. 

IVANITZKY  N. 

LE  GENDRE  Cu. 

LE  GRAND  Ant. 


LETACQ  A.  L. 
LIOTARD  P.- Y. 
MARCAILHOU  d'AYMERIC 
MERCIER  L. 
M0NGU1LL0N  E. 
MUELLER   (Baron    Von 
OLIVIER    Ern. 
RENAULD   F. 
ROUY  G. 
SADA   A. 

SPALIKOWSKI   Ed. 
TRELEASE  W. 
YVHEELER  C.  F. 


Tout  ce  qui  concerne  la  Direction  doit  être  adressé  à  M.  H.  Léveili.e,  104,  rue  de  Flore,  Le  Mans  (Sai'tlie) 
France  :  —  el  ce  qui  concerne  la  Rédaction,  à  M.  A.  Aclooue,  à  Auxi-Ie-Château  (l'as-de-Calais)  France. 

Adresser  les  demandes  d'abonnements  et  mandats  à  M.  Monnoyeu.  Imprimeur-Éditeur,  12,  place  des  Jacobins, 
Le  Mans  (Sarihe    I  rance. 

Les  abonnés  à  l'étranger  sont  instamment  priés  de  faire  parvenir  le  montant  de  leur  abonnement  en  mandais  de 
poste  internationaux,  en  chèques  ou  lettres  de  change  payables  au  Mans,  à  la  Bancpie  de  France,  au  Comptoir 
d'Escompte,  au  Crédit  Lyonnais,  à  la  Société  générale. 

Lu  ab iiirni  gratuit  sera   servi  à  imite  personne  qui  procurera  à   la   Revue  quatre  abonnés  nouveaux,  aussi 

longtemps  que  les  abonnements  procurés  seront  renouvelés. 

La  Librairie  médicale  et  scientifique  Jacques  Lechevalier,  23,  rue  Racine,  à  Paris,  fait  à  nos  abonnés,  sur  pro- 
duefion  de  la  bande  imprimée  de  la  Revue,  une  remise  de  4li  »/o  sur  la  plupart  des  ouvrages  qu'ils  peuvent 
désirer. 


5e  Année  (2e  Série) 


No  73 


l''1     DÉCEMBRE    l8o5 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

T{evuc  Internationale  illustrée  de   "Botanique. 


Maurice   WILLKOMM 


ASSOCIE    LIBRE    DE    L'ACADEMIE 


Mort  au  château  de  Wartenberg  prés  Nier 


Le  D1'  M.  Willkomm  était,  depuis  le  i5  juil- 
let 1893,  membre  de  notre  Acade'mie  et  titu- 
laire de  la  Médaille  scientifique  internationale. 
C'e'tait  un  savant  modeste  et  des  plus  distin- 
gués. Il  laisse  son  Prodromus  flora;  hispanicœ 
dont  il  venait  de  publier  le  supplément.  Cet 
ouvrage  fondamental  sur  la  flore  d'un  pays 
fécond  en  espèces  rendra  sa  mémoire  impé- 
rissable. 

Le  Dr  Willkomm  était  professeur  à  l'Uni- 
versité de  Prague  et  ancien  directeur  du 
Jardin  botanique  de  cette  ville. 

Nous  offrons  à  sa  veuve  et  à  sa  famille  nos 
sincères  condoléances. 


Grand  Concours 


Collègues,  lecteurs,  amis,  vous  avez  pu  vous 
rendre  compte,  par  le  nouveau  format  de  la 
Revue  in-40  à  deux  colonnes,  que  nous  vou- 
lons progresser  de  plus  en  plus  et  améliorer 
l'œuvre  commencée. 

Nous  voulons  faire  encore  mieux.  Nous 
organisons  dès  maintenant  un  grand  concours 
entre  les  botanistes.  En  1901,  un  prix  de 
600  francs  sera  décerné  à  l'auteur  du  meilleur 
mémoire  sur  la  botanique  paru  dans  Le  Monde 
des  Plantes  du  1e1'  octobre  1895  au  i«  sep- 
tembre 1900. 

Les  abonnés  du  Monde  des  Plantes  seront 
les  seuls  juges  du  concours,  et  le  prix  sera 
attribué  d'après  leurs  suffrages. 

T.   V. 


Les  mémoires  devront  être  aussi  concis 
que  possible,  la  Revue  ne  pouvant  accorder 
à  chacun  d'eux  qu'une  place  limitée.  Ils  seront 
exclusivement  rédigés  en  français  ou  tout  au 
moins  traduits  dans  cette  langue.  Les  auteurs 
sont  priés  de  les  adresser  à  la  direction  du 
Monde  des  Plantes,  104,  rue  de  Flore,  Le 
.Mans,  Sarthe  (France),  assez  à  temps  pour 
qu'ils  puissent  paraître  dans  la  période  indi- 
quée ci-dessus. 

La  seule  condition  requise  pour  concourir 
est  d'être  abonné  au  Monde  des  Plantes  pen- 
dant la  durée  du  concours. 

H.    LÉVEILLÉ, 
Directeur  du  Monde  des  Plantes. 


Académie   internationale  de    Géographie 
botanique. 

ÉLECTION  DU  DIRECTEUR  POUR    1S96 

Électeurs  :  20. 
Majorité  absolue  :    11. 

M.William  TRELEASE. ..      i3  voix.  Elu. 

Les  votes  de  plusieurs  de  nos  collègues  de 
l'Inde,  de  l'Australie  et  de  l'Amérique  ne  nous 
sont  pas  encore  parvenus,  mais  ne  peuvent 
rien  changer  au  résultat. 


Par  décision  en  date  du  18  octobre  1895  : 
M.  A.  Acloque,  Associé  libre  de  l'Académie 
et  rédacteur  en  chef  du   Monde    des    Plantes, 
est  nommé  Secrétaire  adjoint  de  l'Académie. 

Le  Directeur, 

F.  Renauld. 


Le    R.    P.    P.  Gave  remercie  l'Académie  de 
'avoir  admis  au  nombre  de  ses  membres. 


26 


LE       MONDE       DES       PLAN  I  I  S 


Contribution  à  la  Flore  de  la  Sarthe, 
simple  indication  en  vue  de  recherches 
futures. 

Ranunculus  gramineus  L.  Environs  de 
Mamers. 

Pirola  minor  1..  Forêt  de  Perseigne  :  ravin 
sans  ruisseau,  non  loin  de  La  Fresnaye  : 
Aubigné  :  bois  sur  la  gauche  du  chemin  de 
fer. 

Lathrœa  Clandestina  L.  Le  Breil. 

Calamintha  Nepeta  Link.  Environs  de 
Saint-Calais 

Orchis  odoratissima  L.  Savigné-sous-le- 
Lude. 

BONHOMMET. 


La  Nielle  des  blés 


Un  fait  nouveau  dans  l'histoire  des  plantes 
vénéneuses ,  fait  qui  trouvera  certainement 
quelques  incrédules,  nous  est  signalé  dans  un 
article  publié  récemment  dans  le  Réveil  Agri- 
cole par  M.  P.  Pourquier,  le  distingué  Direc- 
teur de  l'Institut  vaccinal  de  Montpellier. 

Les  semences  de  la  Nielle  des  blés  (Agro- 
stemma  Gilhago),  dont  la  toxicité  pour  le 
bétail  est  affirmée  par  tous  les  savants  qui  font 
autorité,  serait,  si  l'on  en  croit  l'auteur  de  cet 
article,  une  excellente  nourriture  pour  les 
moutons. 

Le  fait  est  pourtant  possible.  L'espèce  zoo- 
ludique  joue  un  rôle  des  plus  importants  dans 
les  causes  qui  font  varier  l'activité  des  plantes 
vénéneuses.  Le  lapin,  par  exemple,  jouit  d'une 
immunité  reconnue  à  l'égard  du  violent  poison 
fourni  par  la  Belladone,  l'atropine,  alors  que 
cet  alcaloïde  végétal  possède  une  action  vio- 
lente sur  l'organisme  de  l'homme  et  d'autres 
animaux. 

C'est  au  dernier  concours  delà  ville  d'Arles 
que  M.  Pourquier  a  eu  l'occasion  de  voir  dis- 
tribuer à  des  moutons  des  semences  de  nielle 
à  raison  de  ioo  kilogrammes  par  jour,  en 
deux  repas,  pour  cent  dix  tètes.  Cette  nourri- 
ture était  alternée  avec  une  demi-ration  de 
glands  de  chêne  préalablement  trempés.  Il 
avait,  du  reste,  cinq  ou  six  ans  auparavant, 
signalé  un  fait  analogue,  observé  dans  sa  pro- 
pre ferme  sur  un  troupeau  de  bêtes  ovines  qui 
recevait,  chaque  jour,  une  assez,  forte  ration 
de  graines  de  nielle;  mais  son  affirmation  fut 
contredite  par  de  nombreux  journaux  agri- 
coles et  vétérinaires,  et  il  ne  jugea  pas  pru- 
dent de  s'obstiner,  malgré  la  realité  des  faits. 


M.  A.  Giard,  le  savant  professeur  à  la  Sor 
bonne,  a  signalé,  à  ce  sujet,  à  M.  Pourqi  1ER 
l'analyse  suivante,  publiée  dans  l'un  des  der- 
niers numéros  des  Connaissances  médicales, 
d'une  étude  de  M.  Lii.lm.ik,  savant  russe,  sur 
le  pain  fait  avec  la  farine  de  seigle  contenant 
de  la  nielle  des  blés  : 

«  Bien  que  la  nielle  soit  considérée  comme 
toxique,  il  arrive  assez  souvent,  en  Russie, 
que  dans  les  années  où  la  récolte  est  mau- 
vaise, les  paysans  font  usage  de  seigle  renfer- 
mant jusqu'à  10  p.  ioo  de  nielle,  sans  qu'on 
ait  constaté  aucun  accident.  Quelquefois,  il 
arrive  même  que  dans  le  commerce  on  ren- 
contre des  farines  contenant  jusqu'à  4?  ou 
60  p.  100  de  cette  graine  étrangère. 

»  L'auteur  s'est  demandé  d'où  provenaient 
ces  contradictions  entre  les  idées  admises  et 
les  faits  observés. 

0  Si  l'on  donne  à  des  chiens  de  la  farine 
niellée  mélangée  aux  aliments,  ces  animaux 
sont  incommodés  avec  0  gr.  5o  de  nielle  par 
kilogramme  de  poids  vif,  correspondant  à 
o  gr.  o3  de  githagine,  principe  actif  de  la 
nielle  ;  mais  si  on  a  soin  de  dessécher  la  même 
farine  pendant  six  heures  à  l'etuvc  à  go  ou 
100  degrés,  on  n'observe  pas  de  phénomènes 
d'intoxication,  même  avec  des  doses  notable- 
ment supérieures  à  la  quantité  toxique. 

«  L'auteur  a  pris  lui-même,  en  quarante-six 
jours,  1,453  grammes  de  nielle  ;  le  pain  fabri- 
qué avec  une  farine  a  i5  p.  100  de  nielle  est 
amer,  et,  même  avec  20  à  21  p.  100,  il  n'est 
pas  toxique. 

«  C'est  que,  d'après  M.  Lebedeff,  la  chaleur 
pendant  la  cuisson  décompose  le  toxique,  au 
moins  partiellement,  ce  qui  explique  pour- 
quoi, malgré  l'usage  de  farine  de  seigle  niel- 
lée, on  n'observe  pas  de  cas  d'intoxication.   » 

Peut-être  les  semences  de  nielle  employées 
pour  l'alimentation  des  ovidés  ont-elles  subi 
une  cuisson  préalable  pour  atténuer,  sinon 
détruire  leur  action  nocive. 

M.  Pourquier  n'en  dit  rien  mais  il  pourra, 
aisément  s'en  assurer,  puisqu'il  affirme  avoir 
connaissance  d'un  négociant  de  Marseille  qui 
en  opère  la  vente  au  prix  de  G  lr.  5o  les  cent 
kilos. 

Voilà  un  lait  qu'il  m'a  paru  intéressant  de 
signaler  aux  lecteurs  du  Monde  des  Plantes. 

P. -Y.     LloTAKI). 


Espèces  nouvelles  ou  très  rares  pour  la 
Mayenne 

Nou^  devons  toutes   les  indications  suivan- 
tes à  un  botaniste  de  talent  aussi  modeste  que 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


27 


passionné,  M.  Joseph  Daniel,  percepteur  à 
Chemeré-le-Roi,  qui  herborise  avec  succès 
dans  toute  la  région.  Nous  le  remercions 
vivement  d'avoir  bien  voulu  nous  communi- 
quer ses  précieuses  observations. 

Nous  diviserons  celles-ci  en  trois  parties  : 
i°  Espèces  nouvelles  ou  très  rares  ;  2,0  Espèces 
rares  ;  3°  Espèces  peu  communes. 

Aconitum  Napellus  L.  Saulges  :  bords  de 
l'Erve,  près  le  moulin  de  Pré.  Espèce  nouvelle 
pour  le  département. 

Linum  gallicum  L.  Route  de  Chemeré  à 
Cossé-en-Champagne  :  entre  la  Bluterie  et  la 
Navelière,  2?  juillet  iSq5. 

Orlaya  grandiflora  Hoffm.  Thorigné  : 
près  la  cave  Rochefort,  22  juillet   i8q5. 

Torilis  heterophylla  Guss.  Saulges  :  che- 
min du  bourg  à  Montguyon,  4  mai  iSq5. 
Espèce  nouvelle  pour  le  département. 

Kentrophyllum  lanatum  DC.  Chemeré  : 
près  le  Bois-Chauvin. 

Barkhausia  setosa  DC.  Chemeré  :  près 
le  bourg,  chemin  de  Saint-Pierre,  1S94. 

Campanula  glomerata  L.  Thorigné  :  la 
Cité,  rive  gauche  de  l'Erve;  Saulges  :  le 
Jumeau,  18  juillet  1895. 

Melampyrum  arvense  L.  Route  de 
Forcé  à  Laval,  i5  juin;  Saulges  :  chemin  des 
Prés  à  l'Eglandière,  18  juin  1895. 

Orobanche  améthystes  Thuill.  Che- 
meré :  près  le  bourg,  route  de  Chemeré  à 
Cossé-en-Champagne,  3o  mai  1895.  Espèce 
nouvelle  pour  le  département. 

Orobanche  hederse  Vauch.  Saulges  :  le 
Pont  du  Gué;  Thorigné  :*près  la  cave  Roche- 
fort. 

Ajuga  genevensis  L.  Chemeré  :  près  la 
Place.  Espèce  nouvelle  pour  le  département. 

Calamintha  officinalis  Moench.  Saulges  ; 
Chemeré. 

Stachys  recta    L.   Épineux-le-Séguin  :  le 
bourg,  sur  un  mur. 
Samolus  Valerandi  L. Saulges  :  les  Prés. 
Amarantus  viridis  L.  Chemeré  :  jardins, 
rues.  Espèce  nouvelle  pour  le  département. 

Narcissus  pseudo-Narcissus  L.  Che- 
meré :  bois  de  Staouëly  ;  Saulges  :  proche  le 
moulin  de  Pré  ;  Montguyon. 

Orchis  Simia  I.am.  Chemeré  :  prèsThé- 
valles. 

Garex  depauperata  Good.  Chemeré  : 
bois  de  Staouëly,  mai  iSg5. 

Nardurus  tenellus  Reich.  Chemeré  :  sur 
les  murs,  1895. 

Festuca  Myuros  L.  Chemeré  et  Saulges  : 
roches  calcaires. 

En  outre,  M.  Daniel  attend  l'année  pour  les 
espèces  suivantes,   dont  les  unes  ont  disparu 


et  les  autres  ont  besoin  d'être  révisées.  Nous 
ne  les  citons  que  pour  prendre  date. 

Medicago  polycarpa  Willd.  Espèce  nou- 
velle pour  le  département. 

Ribes  rubrum  L. 

Torilis  nodosa  Gasrtn.  Espèce  nouvelle 
pour  le  département. 

Anchusa  italica  Retz  Espèce  nouvelle 
pour  le  département. 

Lathraea  Squammaria  L. 

Salvia  Sclarea  L. 

Salvia  Verbenaca  L.  Espèce  nouvelle  pour 
le  département. 

Polygonum  mite  Schrank.  Espèce  nou- 
velle pour  le  déparlement. 


Les  alcaloïdes  des  Séneçons 

Un  journal  médical  anglais  ayant  signalé  cer- 
taines parties  du  genre  Séneçon  comme  remède 
populaire  contre  l'aménorrhée,  MM.  A.  Grand- 
val  et  H.  Lajoux  ont  été  amenés  à  étudier,  au 
point  de  vue  chimique,  les  différentes  espèces 
de  Séneçons. 

Leurs  recherches  ont  d'abord  porté  sur  le 
Senecio  vulgaris  (Séneçon  vulgaire).  Ils  ont 
obtenu  un  premier  alcaloïde,  la  Sénécionine 
repondant  à  la  formule  :  C18  H2:i  Az  O6,  qui  ne 
parait  pas  posséder  des  réactions  bien  tran- 
chées. Avec  l'acide  nitrique  par  exemple,  elle 
prend  une  teinte  rosée  mais  la  coloration  est 
très  faible  et  doit  être  attribuée  à  la  présence 
de  traces  d'un  second  alcaloïde  :1a  Sénécine. 

La  détermination  des  caractèreset  propriétés 
chimiques  de  cette  dernière  a  démontré  qu'elle 
était  absolument  différente  et  distincte  de  la 
Sénécionine.  Toutefois  la  petite  quantité  dont 
MM.  Grandval  et  Lajoux  disposaient,  ne  leur 
a  pas  permis  encore  d'en  effectuer  l'analyse 
élémentaire. 

L'étude  du  Soiecio  Jacobxa  (vulgairement 
grande  Jacobée)  a  permis  de  retirer  de  cette 
espèce  deux  alcaloïdes,  l'un  soluble  dans 
l'éther,  et  l'autre  insoluble,  dont  les  caractères 
et  les  réactions  sont  identiques  à  ceux  de  la 
sénécionine  et  de  la  sénécine  retirées  du 
Séneçon  vulgaire. 

Voilà  donc  deux  alcaloïdes  nouveaux  à  join- 
dre à  la  moschatine  et  à  l'achilléine,  les  seuls 
retirés  jusqu'à  ce  jour  des  plantes  de  la  famille 
des  Composées. 

V.   L 


28 


LE      MONDE       DES       PLANTES 


Excursions  dans  le  département  de  la 
Mayenne 

Pendant  les  vacances  du  mois  d'août,  j'ai 
eu  l'occasion  de  faire  plusieurs  voyages  à 
bicyclette  dans  le  département  de  la  Mayenne, 
qui  m'a  permis  de  remarquer  en  passant 
quelques  plantes  intéressantes.  J'ai  visité, 
notamment  au  point  de  vue  bryologique  plu- 
sieurs stations  de  la  vallée  de  l'Erve  :  Viviers, 
les  rochers  de  St-Pierre-sur-Erve  et  de 
Saulges.  Durant  quelques  instants  de  recher- 
ches, j'y  ai  constaté,  outre  les  vulgarités  que 
l'on  rencontre  à  peu  près  partout,  un  assez 
bon  nombre  de  Mousses  remarquables. 

Sur  quelques  talus  schisteux  de  la  route  de 
St-Jean-sur-Erve  à  St-Pierre,  j'ai  récolté  Des- 
matodon  nervosus,  associé  à  Barbula  cuneifolia 
et  Pottia  intermedia.  A  St-Pierre-sur-Erve,  les 
rochers  calcaires  à  droite  de  la  route,  derrière 
le  four  à  chaux,  m'ont  fourni  : 

Dicranella  varia,  Leptotrichum  flexicaule, 
Grimmia  apocarpa,  G.  pulvinata,  G.  orbicu- 
laris,  Orthotrichum  anomahim,  Eucalypta 
vulgaris,  E.  streptocarpa,  Hypnum  chryso- 
phyllum,  H.  molluscum.  Sur  les  rochers  égale- 
ment calcaires  de  Saulges,  au-dessus  d'un 
moulin,  j'ai  constaté,  outre  la  plupart  des 
espèces  précédentes  :  Barbula  sqaarrosa 
Funaria  calcarea,  Hypnum  circinatum,  Re- 
boulia  hemispheerica. 

A  Viviers,  sur  les  talus  schisteux  près  du 
bourg,  existent  Barbula  aloides,  Leucodon 
sciuroides  f.  falcata.  Dans  un  chemin  boueux 
à  droite  de  la  route  de  Viviers  a  N'outré,  j'ai 
récolté  Archidium  phascoides  et  Physcomi- 
trella  païens.  Enfin,  dans  la  forêt  de  la  Grande 
Charnie,  en  allant  vers  St-Denis  d'Orques,  le 
ruisseau  descendant  à  l'étang  d'Etival-en- 
Charnie  m'a  fourni  Pterygophyllum  lucens; 
les  endroits  marécageux,  Sphagnum  interme- 
dium,  associé  à  d'autres  Sphaignes  communes 
telles  que  Sphagnnm  cymbifolium,  S.  acuti- 
folium,  S.  subsecundum,  et  les  troncs  d'arbres 
Ulota  crispa,  quelques  touffes  de  C  Bruchii 
et  de  U.  intermedia. 

Je  possède  le  catalogue  des  mousses  de  la 
Mayenne  publié  par  M.  lloulbert  dans  le  Bul- 
letin de  la  Société  scientifique  d'Angers, 
XVIIe  année.  iss;;.  —  Je  ne  sais  s'il  existe 
pour  ce  département  d'autres  publications 
bryologiques  postérieures  à  ce  catalogue.  Dans 
tous  les  cas,  en  le  consultant,  on  verra  que 
les  espèces  suivantes  :  Sphagnum  intermedium, 
Ulota  Bruchii.  U.  intermedia,  Physcomitrella 
païens,  Eucalypta  streptocarpa,  Leucodon 
sciuroides  f.  falcata,  Pterygophyllum  lucens, 
Hypnum     circinatum.    Desmatodon    nervosus, 


Barbula  squarrosa,  et  Leptotrichum  Jle.vicaule 
n'y  figurent  pas;  peut-être  sont-elles  nouvelles 
pour  le  département  de  la  Mayenne.  —  Toutes 
les  espèces  précitées  existent  dans  le  départe- 
ment de  la  Sarthe,  à  l'exception  d'une  seule> 
Hypnum  circinatum  qui  n'y  a  jamais  été 
signalée. 

Phanérogames. 

Verbascum  nigrum  I..  —  Gesures,  route  de 
la  Pôoté,  août  iSq5. 

Stachys  germanica.  I..  —  Viviers,  route  de 
N'outré;  Ste-Suzanne,  route  de  Viviers,  août 
iS.i5. 

Scirpus  fusais  L. — Viviers,  route  deVoutré.à 
l'entrée  d'un  chemin  humide  au  pied  de  rochers, 
août  i8o,5. 

Erigeron  acre  !..  —  Ste-Suzanne,  murs, 
août  i8o,5. 

MoNGUILI.ON. 


Herborisations  sarthoises,  1895 

(Suite) 

Helleborus  viridis  L.  Blèves  :  haie  d'un 
champ  derrière  l'Eglise  non  loin  du  ruisseau 
de  l'Autrèche.  Spontané?  (H.  Léveilli  I. 

Epilobium  roseum  Schreb.  Neufchâtel  : 
les  Baillées  (H.  Léveillé). 

Epilobium  tetragonum  L.  var.  aunatum 
Gris.  La  Eresnaye  :  entre  le  bourg  et  le  Ché- 
douet.  (H.  Léveillé). 

Inula  Helenium  L.  La  Fresnaye:  chaintres 
d'un  pré  et  bords  d'un  chemin  entre  le  bourg 
et  le  Chédouet  '  M.  Maclé  !). 

Senecio  erucifolius  L.  La  Fresnaye  : 
petit  chemin  de  l'étang;  Roullée  :  chemin  du 
moulin  de  Roullée  (abondant)  et  route  de 
Blèves  (IL  Léveillé). 

Chrysanthemum  segetum  L.  Neufchâtel  : 
les  Buttes  (IL  Léveillé),  les  Baillées  (abbé 
Leveau  !). 

Tanacetum  vulgare  L.  Roullée  :  bords 
de  la  Sarthe  (H.  LÉ\  EILLÉ  |. 

Campanula  glomerata  L.  Yillaines-la- 
Carelle  :  route  de  Neufchâtel  par  la  foi  et. 
friches  au-dessus  du  calvaire  (11.  Léveillé). 

Campanula  Trachelium  L.  Aillières  : 
excavations    calcaires  en   face  du  château  (H. 

LÉVEILLÉ). 

Gentiana  Cruciata  L.  Yillaines-la-Carel- 
le  :  route  de  Neufchâtel  par  la  forêt,  friches 
au-dessus  du  calvaire  (H.  LÉVEILLÉ). 

Verbascum  nigrum  L.  Beauvais  :  chemin 
conduisant  à  la  route  de  Mamers,  au-dessus 
des  carrières  et  vis-à-vis  du  château  de  la 
Gastine  (H.  I.i  \  i  u.i  i  |. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Verbascum  thapsiforme  Schrad.  Neuf- 
châtel  :  les  Buttes;  Aillières  :  chemin  des 
Boularderies  au  Haut  Bouchage  (H.  Léveillé). 

Teucrium  Scordium  L.  Route  de  Blèves 
aux  Aulneaux,  petit  chemin  à  gauche,  bords 
d'une  douve,  en  face  d'une  croix  (H.  Léveillé). 

Utricularia  vulgaris  L.  Etang  de  La 
Fresnaye  ((H.  Léveillé). 

Melissa  officinalis  L.  La  Fresnaye  :  Le 
Prieuré  (M.  Maclé). 

Buxus  sempervirens  L.  Aillières  :  le 
Haut  Bouchage  (H.  Léveillé). 

On  trouve  assez  communément  à  La  Fres- 
naye et  à  la  Roullée  le  Rhammts  catharticus  L. 

Nasturtium  sylvestre  R.  Br.  Saosnes  : 
bords  de  l'étang  de  Guéchaussée(H.  Léveillé). 

Androsœmum  officinale  Ail.  Luceau  : 
ravin  de  Charance  (H.  Léveillé). 

Galium  decolorans  G.  G.  Villaines-la- 
Carelle  (H.    Léveillé). 

Pimpinella  magna  L.  var  dissecta  Retz. 
Livet  :  petit  chemin  de  Valbray  par  St-Martin 

(H.   LÉVEILLÉ). 

Centaurea  Scabiosa  L.  var  laevis  Corb. 
Livet  :  route   d'Ancinnes  par  Vaubezon  (H. 

LÉVEILLÉ). 

On  m'a  signalé  au  rond  de  Fontaine-Pescé 
dans  la  forêt  de  Perseigne,  une  plante  dont  le 
signalement  correspond  à  la  diagnose  du 
Pirola  minor. 

J'ai  trouvé  en  outre  la  var.  maculatum  Desp. 
du  Lamium  Galeobdolon  Crantz  dans  le  bois 
d'Acacias  de  Gourtilloles,  route  d'Alençon  à 
Ancinnes.  Cette  variété  me  parait  sans  impor- 
tance. Quant  au  Paris  quadrifolia  L.  signalé 
déjà  au  Val  dans  la  partie  humide  du  bois  de 
Chaumiton,  il  se  trouve  aussi  dans  le  bois  et 
.  le  taillis  voisins  du  château.  • 

H.  L. 


.  Un  abricotier  géant 

Il  existait,  il  y  a  quelques  jours  à  peine,  à 
Hvères,au  quartier  de  la  Font-de-1'Ange,  dans 
le  verger  d'un  horticulteur  renommé,  un  arbre 
qui  a  eu  longtemps  son  histoire  et  sa  célébrité. 
Il  vient  de  disparaître  d'une  façon  qui  n'est 
pas  des  moins  tragiques. 

Cet  arbre  était  un  abricotier  gigantesque, 
dont  les  branches  s'étendaient  sur  un  cercle 
d'environ  quinze  mètres  de  circonférence  ;  le 
tronc  mesurait  2"'70  de  tour,  et  sous  son 
ombrage  vingt-cinq  personnes  pouvaient  faci- 
lement trouver  un  abri  contre  les  ardeurs  du 
soleil. 

De    fort    loin,    pépiniéristes  ,   cultivateurs, 


curieux  même  venaient  le  visiter,  car  sa  fécon- 
dité, parait-il,  était  demeurée  proverbiale. 

Il  a  produit  dans  une  seule  saison  jusqu'à 
4.000  kilogs  de  fruits  dont  l'heureux  proprié- 
taire chargeait  plusieurs  charrettes  à  destina- 
tion du  marché  de  Toulon.  Plusieurs  fois  sa 
récolte  a  été  vendue  sur  pied  5oo  francs.  Elle 
constituait,  comme  on  le  voit,  un  assez  joli 
revenu.  Les  fruits,  malgré  leur  abondance, 
étaient  d'une  grosseur  remarquable.  Ils  appar- 
tenaient à  l'espèce  connue  sous  le  nom  de 
<;  abricot  royal  ». 

Cet  arbre  avait  poussé  au  hasard  d'un 
noyau  perdu  dans  la  terre.  Il  avait  été  repiqué 
il  y  a  70  ans  par  un  oncle  du  propriétaire  qui 
vit  encore  et  qui  touche  à  sa  quatre-vingt- 
septième  année. 

Dans  les  premières  années  de  sa  replanta- 
tion, il  se  développa  en  branches  et  en  feuil- 
lages ;  mais  il  était  d'une  désolante  stérilité. 
Un  jour,  on  le  déchaussa  pour  l'arracher.  La 
nuit  empêcha  de  terminer  ce  travail,  et  le 
lendemain  matin  le  propriétaire  avait  changé 
d'idée. 

L'abricotier,  comme  effrayé  de  cette  menace 
de  mort  prématurée,  se  mit  aussitôt  à  donner 
des  fruits  et  se  conquit  rapidement  une  répu- 
tation qui  lui  attira  des  milliers  de  visiteurs. 

Avec  l'âge  une  partie  du  tronc  vint  à 
s'oblitérer,  et  une  sorte  de  caverne  se  creusa 
à  l'intérieur.  Des  frelons  y  firent  leur  nid.  Le 
propriétaire  résolut  de  débarrasser  l'arbre  en 
question  de  ses  hôtes  incommodes;  mais  il 
eut  une  assez  malencontreuse  idée.  Il  essaya 
de  les  étouffer,  le  soir,  en  y  allumant  du  sou- 
fre. L'opération  terminée,  il  crut  avoir  plei- 
nement réussi  et  se  retira  tranquillement 
chez  lui,  certain  qu'il  était  d'avoir  exterminé 
une  bonne  fois  pour  toutes  ces  vilains  hymé- 
noptères. 

Malheureusement  le  feu  qui  couvait  à  l'inté- 
rieur du  creux,  activé  encore  par  l'action 
d'un  violent  mistral,  consuma  l'arbre  dans  la 
nuit.  Le  lendemain,  le  propriétaire,  à  sa 
grande  stupéfaction,  n'en  aperçut  plus  que  les 
débris  de  branches  et  de  rameaux  à  demi 
calcinés  sur  le  sol. 

M.   Capoduro. 


Une  forme  nouvelle  d'Aspidium  Filix-mas. 

La  forme  dont  il  s'agit  diffère  du  type  par 
ses  frondes  bipinnées  à  segments  ailés  à  lobes 
dentés  et  bidentés  à  leur  extrémité  ;  le  lobe 
inférieur  et  externe  de  chaque  segment  est 
semi-auriculé    à   la    base.    Quant    aux    sores, 


50 


LE       MONDE      DES      PLANTES 


bien  que  leur  disposition  soit  modifiée  par 
L'anomalie  des  frondes  qui  les  rend  plus  dis- 
tants les  uns  des  autres,  ils  sont  peu  nom- 
breux aux  deux  rangs  et  à  la  base  des  lobes 
comme  dans  le  type. 

Cette  nouvelle  forme  qui,  à  première  vue, 
parait  une  espèce  distincte,  n'est  même  pas 
une  variété  nouvelle.  C'est  une  simple  varia- 
tion qui  montre  qu'on  ne  doit  attacher  qu'une 
minime  importance  aux  partitions  des  Fou- 
gères aussi  bien  qu'aux  anomalies  si  fréquen- 
tes chez  les  espèces  de  cette  famille. 

Nous  avons  vu  un  Polypodium  vulgare  que 
ses  partitions  répétées  rapprochaient  des 
Asplenium  exotiques  et  rendaient  méconnais- 
sable; nous  avons  vu  tous  les  passages  du 
type  de  cette  même  espèce  à  sa  variété  cam- 
bricum.  Nous  avons  remarqué  la  variation 
dœdaleum  du  Scolopendrium  officinale  sur  des 
pieds  présentant  des  frondes  normales,  et 
nous  demeurons  convaincu  qu'il  v  a  là  une 
nouvelle  preuve  de  l'élasticité  spécifique,  dans 
ce  sens  que  l'espèce  varie  extrêmement  dans 
ses  propres  limites. 

La  Fougère  dont  il  s'agit  aujourd'hui  a  été 
trouvée  par  M.  Joseph  Daniel  à  Saulges 
Mayenne),  chemin  de  la  Croisnière  à  Mont- 
guyon. 

Etant  donné  qu'il  s'agit  d'une  simple  varia- 
tion et  qu'on  a  l'habitude  de  les  dénommer 
sans  doute  en  vue  d'empêcher  des  botanistes 
novices  de  crier  à  la  nouveauté  et  de  fabriquer 
des  espèces,  nous  ne  voyons  pas  pourquoi, 
tout  en  protestant  que  nous  ne  la  considérons 
que  comme  une  variation,  nous  ne  donnerions 
pas  à  la  nouvelle  forme  le  nom  de  Asp.  filix- 
mas  Sw.  var.paradoxum  Léveillé  et  J.Daniel. 

H.    LÉVEILLÉ. 


Note  sur  la  dispersion  du  «  Polypodium 
Phegopteris  »  L.  aux  environs  de  Dom- 
front  Orne  . 

Le  Polypodium  Phegopteris  L.  est  une  fou- 
gère de  la  région  subalpine  répandue  dans  le 
massif  vosgien  et  les  montagnes  du  centre. 
D  L  Nord-Ouest,  elle  n'habite  que  la 
Normandie  et  elle  est  considérée  avec  raison 
comme  une  espèce  des  plus  rares. 

La  .Y  uvelle  Florede  M.  Corbière  l'indique 
à  Brotome  (Eure  ,  a  Vire  (Calvados)  et  à  Saint- 
Bômer  (Ornci,  où  elle  a  été  observée  dans  plu- 
sieurs endroits  parle  D1  Perrier  et  M.  Chf.\  a- 
LiERjelle  a  été  également  recueillie  aux  Rondes- 
-  près  Tinchebray    par   M.  l'abbé   Roi 


(Cfr.  Catalogue  des  plantes  des  environs  de 
Dom/ront  par  A.  Chevalier  :  Bulletin  Je  la 
Soc.  Linn.  de  Normandie,  i8o3,  p.  309  . 

Le  27  septembre  dernier  M.  Chevalier  me 
l'a  fait  récolter  à  la  Fosse-Artour  (Commune 
de  Rouelle);  quelques  jours  après  M.  Ch. 
Renaut,  professeur  au  collège  de  Fiers,  m'en 
a  montré  plusieurs  échantillons,  qui  pro- 
venaient des  environs  de  cette  ville.  Enfin  tout 
récemment  je  l'ai  trouvée  à  Pré-en-Pail 
[Mayenne),  au  pied  de  rochers  humides. 

Si  l'on  remarque  que  ces  différentes  localités 
de  l'Orne,  de  la  Mayenne  et  du  Calvados  sont 
situées  dans  un  rayon  de  3o  kilomètres  autour 
de  Domfront,  on  peut  présumer  que  le  P. 
Phegopteris  existe  sur  d'autres  points  de  la 
région  :  j'engage  donc  vivement  les  botanistes 
à  le  rechercher. 

Sa  présence  dans  notre  département  et  sur 
nos  limites  sera  une  preuve  déplus  en  faveur 
du  caractère  boréal  de  la  flore  de  l'Orne  par 
rapport  aux  contrées  qui  l'avoisinent  (Cfr. 
A.-L.  Letacq  :  Considérations  sur  la  géogra- 
phie botanique  de  l'Orne.  Annuaire  Normand, 
l8g5,  p.  246-289). 

Alençon,  le  i5  octobre  1  Sy5 . 

A.-L.  Letacq. 


Informations. 

—  *  MM.  DiLAuet  C°,  37.  Soho  Square,  Londres, 
viennent  de  publier  un  important  catalogue  de 
Botanique  comprenant  :  Botanique  systématique 
—  Mélanges  —  Botanique  médicale  —  Biographies 
botaniques  —  Publications  périodiques.  La  maison 
Dulau  accepte  en  paiement  des  petites  sommes 
les  timbres-poste  européens  ou  américains. 

3->-  On  nous  informe  qu'une  mission  scienti- 
fique française  doit  s'embarquer  pour  Madagascar 
à  l'effet  d'en  étudier  la  faune,  la  flore  et  le  sol  et 
d'en  rapporter  des  collections. 

—  v  Les  relevés  publiés  par  le  gouvernement  de 
l'Inde  montrent  un  total  de  2.893  personnes  tuées 
parles  faines,  et  21.538  par  les  serpents,  en  l'an- 
née 1804,  chiffres  un  peu  plus  élevés  que  ceux  de 
i8g3.  Le  Bengale  seul  entre  pour  1 .6u3  et  g. 856 
respectivement.  En  outre,  97.371  têtes  de  bétail 
ont  été  victimes  tant  des  fauves  que  des  serpents, 
contre  g  1  .666  en  i8g3. 

Il  est  regrettable,  en  présence  de  ces  chillVes,  de 
constater  que  la  destruction  des  bêtes  nuisibles  a 
diminué  sensiblement,  13.447  fauves  et  102.210 
serpents  avant  été  détruits  en  1894,  contre  lii.'iog 
et  117.120  respectivement  pendant  l'année  pré- 
cédente. 


Bibliographie. 


Missouri  botanical  Garden.  sixth  annual 
Report.  —  Ce  nouveau  rapport  de  1895  est  digne 

.les  précédents  tant  par  les  travaux  qu'il   renferme 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


3l 


que  par  les  62  planches  et  gravures  dont  il  est 
illustré.  Contrairement  aux  précédents,  le  présent 
volume  ne  renferme  pas  les  publications  anniver- 
saires du  jardin  botanique  comprenant  le  sermon 
des  rieurs  et  les  procès-verbaux  des  deux  banquets 
annuels,  toutes  choses  d'un  intérêt  moins  général. 
Il  n'en  contient  pas  moins  1^4  pages. 

Nous  trouvons  dans  les  Mémoires  scientifiques 
la  Révision  des  espèces  de  Sagiltaria  et  Lophoto- 
carpus,  par  Jared  G.Smith,  dont  nous  avons  rendu 
compte  antérieurement  ;  Leitneria  jloridana  par 
William  Trelease,  que  nous  avons  analysée  jadis; 
Etudes  sur  la  dissémination  et  la  réflexion  de  la 
feuille  du  Yucca  aloifolia  et  autres  espèces  par 
Herbert  J.  Webber.  L'auteur  distingue  trois 
modes  de  dissémination  correspondant  à  trois 
types  de  fruits.  Aussi  distingue-t-il  trois  groupes 
de  yuccas  :  Sarcoyucca,  à  fruits  charnus  indéhis- 
cents; Clistoyucca,  à  fruits  secs  indéhiscents; 
Chcenoyucca,  à  fruits  capsulaires,  déhiscents. 

La  section  Sarcoyucca  renferme,  à  elle  seule, 
environ  la  moitié  des  espèces  connues  du  genre. 

Les  animaux  frugivores  sont  les  agents  probables 
de  dissémination  des  espèces  de  cette  section. 

Les  fruits  des  autres  sections  sont  les  uns  roulés 
à  maturité  et  finalement  brisés,  ce  qui  permet  la 
sortie  des  graines,  les  autres  disséminés  par  l'ac- 
tion du  vent. 

Tant  qu'à  la  réflexion  des  feuilles,  la  première 
cause  doit  être  attribuée  à  la  relation  qui  existe 
entre  la  lumière  et  la  croissance  de  la  plante  et  à 
la  nécessité  de  celte  réflexion  propre  à  débarrasser 
la  plante  des  détritus  qui  se  logeraient  infaillible- 
ment dans  une  couronne  de  feuilles  rigides  et 
dressées. 

D'autres  causes,  telles  que  la  protection  des 
graines  contre  l'attaque  des  animaux  et  la  facilité 
plus  grande  de  dissémination  expliquent  encore  la 
réflexion  des  feuilles  de  Yucca. 

Des  Notes  et  observations  sur  des  espèces  nou- 
velles (Sedum  Texanum,  Zephryanthes  pulchella, 
Sagittaria  isoetiformis,  Eragrostis  sporoboloides, 
E.  grandiflora,  E.  Beyrichii),  ou  peu  connues  par 
Jared  G.  Smith,  et  des  Notes  sur  la  flore  des  ter- 
rasses glaciaires  du  comté  d'Aitchison  (Missouri) 
terminent  le  volume. 

Parmi  les  espèces  signalées  dans  ce  dernier  tra- 
vail, nous  relevons  Gaura  parviflora  Dougl.,  G. 
coccinea  Pursh. 

Sur  un  exemplaire  chilien  de  Pterodela 
pedicularia  Jj.  à  nervation  doublement 
anormale,  par  Alfred  Giard.  —  De  cette  note  du 
distingué  professeur  à  la  Sorbonne,  note  extraite 
des  Actes  de  la  Société  scientifique  du  Chili  et 
relative  à  un  Psocide  d'ailleurs  répandu  en  Europe, 
mais  trouvé  au  Chili  sur  de  vieux  ceps  de  vigne, 
nous  ne  citerons  ici  que  la  conclusion  : 

«  Les  variations  tératologiques  de  la  réticulation 
«  des  ailes  des  Insectes  apparaissent  d'une  façon 
«  brusque,  en  discontinuité  avec  l'état  normal.  Si 
«  elles  se  maintiennent  par  hérédité,  elles  consti- 
«  tuent  des  variétés  nouvelles,  parfois  même  des 
«  espèces  ou  des  genres  nouveaux,  lorsque  d'autres 
«  caractères  viennent  à  se  modifier  additionnelle- 
«  ment,  de  façon  à  permettre  une  diagnose  diffé- 
«  rentielle  plus  complète.  Partant  de  là,  certains 
«  naturalistes  ont  prétendu  que  toutes  les  espèces 
0  avaient  une  semblable  origine,  et  que  Faction 
0  des  facteurs  primaires  ou  secondaires  de  l'évolu- 
«  tion,  le  Lamarkisme  et  le  Darwinisme,  devaient 
«  céder  la  place  à  cette  nouvelle  conception  de  la 
0  descendance  des  êtres  vivants  par  modifications 
«  tératologiques  discontinues. 


«C'est  là,  pensons-nous,  une  interprétation 
«  inexacte  et  exagérée  de  faits  en  eux-mêmes  très 
«  intéressants.  La  production  des  espèces  par  voie 
«  discontinue  demeure  un  cas  particulier,  dont 
«  l'importance  peut  avoir  été  méconnue,  mais 
«  qu'il  convient  cependant  de  ne  pas  ériger  en  loi 
ce  générale. 

«  En  réalité,  les  divers  types  de  nervation  repré- 
«  sentent  autant  d'états  d'équilibre  stable  entre 
«  lesquels  ne  peuvent  s'établir  des  passages  gra- 
'i  duels  continus.  Les  formes  intermédiaires  à  ces 
«  états  d'équilibre  ne  sont  pas  réalisées  parce 
«  qu'elles  ne  correspondent  pas  à  des  états  de 
«  stabilité  suffisante.  Pour  me  servir  d'une  compa- 
«  raison  triviale,  qui  fera  mieux  comprendre  ma 
«  pensée,  on  ne  peut  monter  la  moitié  ou  une 
■  fraction  quelconque  d'une  marche  d'escalier. 
«  Dans  des  cas  semblables,  le  progrès  est  forcément 
«  discontinu,  ou,  ce  qui  revient  au  même,  ne  se 
.1  manifeste  que  d'une  façon  discontinue.  Mais  on 
«  ne  peut  tirer  de  ces  faits  aucun  argument  contre 
«  la  tormation  des  espèces  par  sélection  naturelle  ; 
«  encore  moins  ne  faut-il  pas  y  chercher  la  solu- 
«  tion  unique  et  complète  des  problèmes  si  com- 
te plexes  du  transformisme.  » 

Illustrationes  plantarum  Europse  rario- 
rum,  auctore  G.  Rouy.  Fascicule  IL  —  Nous 
n'avons  rien  à  ajouter  aux  éloges  que  nous  accor- 
dions naguère  à  cette  superbe  publication  qui 
immortalisera  son  auteur.  M.  Rouv  rend  à  la 
science  un  éminent  service  en  reproduisant  par  la 
photographie  des  plantes  qu'il  est  difficile,  sinon 
souvent  impossible,  de  posséder  en  herbier.  La 
finesse  d'exécution  des  planches  est  telle  que  celles- 
ci  peuvent  supporter  l'examen  à  la  loupe. 

Nous  engageons  vivement  nos  amis  des  collèges, 
musées  ou  autres  institutions  à  souscrire  à  cette 
œuvre  remarquable.  11  paraît  par  an  4  fascicules  et 
le  prix  de  chaque  fascicule  est  de  5o  francs.  Nous 
servirons  volontiers  d'intermédiaire  à  ceux  de  nos 
lecteurs  ou  collègues  qui  voudraient  se  procurer 
ce  monument  précieux  pour  l'observation  et 
l'étude. 

Le  présent  fascicule  renferme  les  planches  XXVI 
à  L.  Voici  la  liste  des  espèces  figurées  :  Ranun- 
culus  lacerus  Bell.!  non  Reichb.,  Draba  cuspidata 
M.  B.!,  D.  Loiscleurii  Boiss.,  Biscutella  montana 
Cav.,  B.  rosularis  Boiss.  et  Reut.  var.  brevifolia 
Rouy,  Reseda  bipinnata  Willd.,  Dianthus  nardi- 
formis  Janka,  Cerastium  pyrenaicum  J.  Gay, 
Imperaloria  angustifolia  Bell.,  Valeriana  hispidula 
Boiss.,  Cephalaria  balearica  Coss.,  Jasonia  cam- 
phorata  Rouy,  Cirsium  ligulare  Boiss.,  Centaurea 
seridis  L.,  Andryala  Rothia  Pers.,  Hieracium 
Marislense  Rouy,  Campanula  saxatilis  L.,  Echium 
polycaulon  Boiss.,  Gratiola  linifolia  VahL,  Armeria 
cantabrica  Boiss.  et  Reut.,  Plantago  minor  Fries, 
Beta  nana  Boiss.  et  Heldr.,  Euphorbia  Broteri 
Daveau,  Crocus  Jmperati  Ten.,  Tulipa  platystigma 
Jord.,  Scirpus  globifer  Welw.,  Brachypodium  sanc- 
tion Janka,  Cystopteris  sudetica  A.  Br.  et  Milde. 

Index  Kewensis  plantarum  phaneroga- 
maiiini,  B.  Davdon  Jackson.  —  Cet  important 
travail  renfermant  par  ordre  alphabétique  toutes 
les  espèces  de  plantes  phanérogames  publiées  jus- 
qu'à l'année  i885,  avec  leurs  synonymes  et  l'indi- 
cation de  la  région  où  elles  croissent,  vient  de 
prendre  fin  par  l'apparition  du  fascicule  IV  qui 
renferme  également  les  additions  et  les  corrections. 
Espérons  voir  bientôt  ce  travail  complété  par 
l'Index  des  espèces  publiées  depuis  i885  jusqu'à 
nos  jours. 


32 


LE      MONDE       DES       PLANTES 


Plantas  nuevas  chilenas  Plantes  nouvelles 
du  Chili),  par  le  D1  R.-A.  Philippi.  Santiago,  i^>;- 
I  es  quatre  volumes  que  nous  avons  sous 
les    .  mt  d'uni    grande    importance   pour  la 

I  !  ire  ,!  i  Chili  et,  au  point  du  vue  de  la  Flore 
comparée  du  globe,  pour  la  Botanique.  Ils  renfer- 
ment les  espèces  nouvelles  découvertes  et  publiées 
ces  dernières  années.  Ces  espèces  appartiennent 
au\  familles  suivantes  :  Crucifères,  Bixacées,  Vio- 
lacées, Polygalées,  Malvacées,  Malpighiacèes , 
Tropéolées,  Oxahdées,  Linécs,  Zygophyllacèes, 
Rhamnées,  Anacardiacées,  Papilionacées,  Césalpi- 
nées,  Mimosées,  Rosacées,  Onothéracées,  Cactées, 
Ribésiacéi  .  Saxifragacées,  Francoacées,  Ombelli- 
fbres,  Loranthacées,  Cornacées,  Rubiacées,  Valé- 
rianées  .  'Boopidées  ,  Composées  ,  Lobéliacées , 
Campanulaçées,  Lentibularièes,  Orobanchées,  Asclé- 
piadées,  Genlianées,  'Bignoniacécs.  Polemoniacées, 
Convolvulacées,  Hydrophilacèes,  'Boraginées,  La- 
biées. On  y  trouve  aussi  de  nouvelles  espèces  de 
Mesembrianthemum  et  des  espèces  inédites  appar- 
tenant aux  familles  des  tomes  II,  III  et  IV  de  Gay. 

La  plupart  des  espèces  sont  non  seulement  nou- 
velles pour  la  Flore  du  Chili,  mais  pour  celle  du 
globe.  Klles  ont  été  nommées  par  nos  savants 
collègues  le  D1  R.-A.  Philippi  et  le  professeur  Fed. 
Philippi.  Nous  ne  pouvons  en  donner  ici  la  lmigue 
éiuimération. 

Parmi  les  genres  auxquels  sont  attribuées  de 
nouvelles  espèces,  signalons:  Cardamine  (i8esp.), 
Nasturtium  (8  esp.l,  Sisymbrium  (n  esp.),  Viola 
g  esp.  ;,  Spergularia  (i  1  esp.),Spha>ratcea  (i  i  esp.), 
Cristaria  (2b  esp.),  Géranium  (8  esp.),  Oxalis 
(ïi  esp.),  Phaca  (16  esp.),  Astragalus  (g  esp.), 
Vicia  (14  esp.),  Adesmia  (16  esp..  Càlandrinia 
(47  esp.),  Ribes  (g  esp.),  Escallonia  (8  esp.),  Hy- 
drocotyle  (6  esp.),  Ajorella  10  esp.),  Pimpinella 
(7  esp.),  Galium  (8  esp.),  \'aleriana  (11  esp.), 
'Boopis  [8  esp.),  Mutisia  (11  esp.),  Gochnatia 
(8  esp.),  Tylloma  [8  esp.),  Chœtanthera  (14  esp.l, 
Oriastrum  1  1  esp.),  Nassauvia  (10  esp.),  Triptilium 
(g  esp.),  Leuccria  (21  esp.),  Hamœanthus  (g  esp.), 
Hypocharis  [16  esp.),  Erigcron  (t<S  esp.),  Solidago 
(8  esp.),  Haplopappus  (3i  esp.),  Haplodiscus 
iS  esp.  ,  Cony\a  [28  esp.),  'Baecharis  (14  esp.), 
Senecio  103  esp..),  Gnaphalium  [26  esp.),  Helio- 
tropium  (10  esp.),  Eriirichium  (55    esp.),  Stachys 

rO- 

A  noter  le  nouveau  genre  Lavidia. 

N'omettons  pas  de  signaler  la  présence  au  Chili 
des  Malva  silvestris  I...  M.  niexensis  Ail.,  Géra- 
nium pusillum  1..,  Helosciadium  nodijlorum  Koch . , 
Sherardia  arvensis  1..,  Hypochxris  glabra  L.. 
y/,  radicata  I...  Cirsium  lanceolatum  Scop.,  7în<- 
ne/fa  vulgaris  L.,  Lamium  amplexicaule  L.,  7>n- 
crium  Scorodonia  L. 

Ces  espèces  qui  ont  été  récemment  découvertes 
dans  ce  p.ivs  paraissent  y  avoir  été  introduites. 

(In  a  pu  voir  par  la  simple  énumération  des 
genres  que  la  flore  chilienne  offre  de  nombreuses 
analogies  avec  la  Flore  européenne  et  que  les 
formes  végétales  qui  la  composent  se  rapprochent 
beaucoup  des  nôtres. 

Les  0  racées  chiliennes  comprennent,    d'a- 

près MM.  Philippi,  les  espèces  suivantes:  Jussieua 
repens  L.  var.  diffusa  Forsk.,  Gayophytum  hùmile 
Ad.  Juss.,  G.  robustum  l'h.,  G.  gracile  Ph.,  G.  den- 
sifolium    l'h.,    Sphœi  1     acuminatum     l'h., 

Onothera  odorata  Jacq.,  O.  glabrescens  Ph., 
O.  propinqua  Spach.  var.  sparsiflora  Gay,  O.  Ibari 
Ph.,  O.  magellanicû  l'h..  O.  valdiviana  l'h.,  <;,.jV- 
(ia  Heucki  l'h.,  (i.  ambigua  Ph.,  Epilobium  acon- 
Caguenum  l'h..  A',  albijlurum    l'h.,  /•.'.  pedicellare 


Presl.  var.?,  /•.'.  lignosum  V.  l'h  .  /•;.  ramosttni  l'h., 
/v.  andinum  l'h.,  7.".  pauciflorum  l'h.,  /•.'.  gracile 
Ph.,   /•;.  glibcllum  Forst.,7-'.  junceum  Forst. 

Nous  aumns  occasion  de  nous  prononcer  sur 
toutes  ces  formes  au  cours  de  nos  éludes  sur  les 
Onothéracées  et  de  fixer  d'abord  le  nombre  des 
espèces  avant  d'en  rechercher  la  dispersion. 

11.    L. 

Excursions  botaniques  dans  les  Hautes- 
Vallées  de  la  Tarentaise  (du  g  juillet  au 
ioaoùt  1894),  parle  R.  R.  Gave,  Rédemptoriste. 
Chambéry,  i8g5. 

Très  intéressants  récils  d'excursions  dans  un 
superbe  pays,  véritable  Eldorado  du  botaniste,  dit 
l'auteur.  Le  distingué  botaniste  a  su  mêler  dans  ces 
pages  au  récit  de  ses  herborisations  le  charme 
d'une  narration  fidèle  et  vivante.  Nous  relevons  la 
présence  en  Savoie  du  Tunica  Saxifraga  Scop. 
L'intrépide  marcheur  signale  bon  nombre  de  Rosa 
intéressants,  de  nombreuses  plantes  rares  et  une 
variété  laciniatum  du  Jiibes  pelrainn.  A  noter  à  la 
couche  de  Saint-lion  Y  Epilobium  angustifolium  L. 
Le  R.  P.  Gave  considère  VHorminum  pyrenaicum 
comme  spontané  dans  cette  localité.  Au  lac  de 
'Lignes,  il  a  eu  l'heureuse  fortune  de  découvrir 
le  Potamogeton  marinus  L.  UEpilobinm  Fleicheri 
Hochst.  trouvé  au  Val  d'Isère  n'est  pour  nous 
qu'une  variation  de  17-.'.  Dodonœi  Vill.  F.n  face  du 
glacier  de  la  Galise,  l'auteur  signale  une  variété 
no\i\e\\cflosculosiis  du  Senecio  incanus  L.  A  remar- 
quer parmi  les  espèces  intéressantes  :  Juniperus 
Sabina  L  ,  Cystopteris  montana  Link.,  Geum  rep- 
lans L.  Cette  dernière  a  été  signalée  à  l'auteur  par 
M.  l'abbé  Chanoux,  recteur  de  l'hospice  du  Mont- 
Saint-Bernard.  Au  vallon  deChavière,  nous  retrou- 
vons Epilobium  Fleicheri.  Au  col  de  Chavière 
croit  \'E.  alpinum  L. 

Le  travail  que  nous  venons  d'analyser  succinc- 
tement sera  un  guide  précieux  pour  les  botanistes 
herborisant  dans  la  Tarentaise.  On  n'en  saurait 
taire  un  meilleur  éloge. 


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Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


IVi 


«  TSenedidu   universa   germinantia   in  lerra 
«  Domino.  » 

Dan.,  ch.  III. 


Directeur 
Rédacteur  en  chef  :  A.  ACLOQUE 


HL    LEVEILLE 


SOMMAIRE    DU    N»    74 

Bonne  année.  — "Académie  internationale  de  Géographie  botanique.  —  L'albumine  active, 
substance  de  réserve,  V.  L.  —  Espèces  rares  et  peu  communes  pour  la  Mayenne, 
Joseph  Daniel.  —  La  fécondation  arlilicielie  de  la  vigne  et  le  Millerandagc,  P.  V. 
Liotaud.  —  La  théorie  des  ancêtres  communs.  A.  A.  —  Inlluence  de  la  sélection  du 
grain  dans  une  même  variété  de  blé,  V.  L.  —  VEpilobium  palustre  L.  aux  environs  de 
Vire,  E.  Biui  —  La  greffe  bout  à  bout,  V.  L.  —  Onothéracécs  de  la  vallée  de  la 
Garonne,  0.  Deueaux.  —  Un  champignon  de  la  vigne,  V.  L.  —  L'esprit  de  routine 
dans  les  campagnes,  Cai'opuho.  —  Evolution  de  l'organisme  niusrique,  A.  Acloque. — 
L'Ortie  comme  liémostatique„et  cicatrisant.  — Revue  des  Sociétés  savantes.  —  Revue 
des  Revues.  —  Bibliographie.  —  Informations.  —  Mouvement  de  la  bibliothèque.  — 
Mouvement  de  l'herbier. 


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i  :  —  et  ce  qui  <  Rédaction,  à  M.  A.  Acloqi  e,  a  Auxi-le-Château  (Pas-de-Calais)  France. 

les  demandes  d'abonnements  et  mandats  à  M.  Monnoyeh,  Imprimeur-Éditeur,  1-J.  place  des  Jacobins, 
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meni  rédigés  en  français.  La  seule  condition   i r  concourir  est  d'être  abonni'1  au  Monde  des  Plante»  pendant  la  dur 

du  concours. 

La  Libraii  le  el  scientifique  Jacques  Leciievalif.b,  23,  rue  Racine,  à  Paris,  fait  à  nos  abonnés,  sur  pro- 

n   de   la   bande  imprimée  de  la    Revue,  une  remise  de   18     o   sur  la  plupart  des  ouvrages  qu'ils  peinent 

désirer. 


5«  Année  <2«  Série) 


No  74 


i"  Janvier   i8r6 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

Trente  Internationale  illustrée  de  "Botanique. 


Bonne  Année  ! 

Au  seuil  de  l'année  nouvelle,  le  Monde  des 
Plantes  souhaite  bonheur  et  prospérité  à  ses 
collaborateurs  et  à  ses  lecteurs,  en  les  priant 
tous,  au  nom  de  la  science,  de  lui  continuer 
leur  concours,  tmi  seul  peut  assurer  son  exis- 
tence. 

Académie   internationale  de   Géographie 
botanique. 

L'Académie,  la  Rédaction  du  Monde  des 
Plantes,  les  titulaires  de  la  Médaille  scienti- 
fique internalionaleprésenlent  leurs  meilleurs 
vœux  d'heureuse  année  à  M.  William  Tre- 
LEASE,leur  nouveau  directeur  pour  l'année  qui 
s'ouvre,  et  à  M.  Ferd.  Renauld,  directeur 
sortant,  et  remercient  ce  dernier  de  la  façon 
dont  il  a  accompli  son  office. 


Par  décision,  en  date  du  8  décembre,  le 
R.  P.  Sodiro  de  Quito  est  nommé  associé 
libre  de  l'Académie. 

Le  Directeur, 

Ferd.   Renauld.  . 


Par  décision,  en  date  du  1"  décembre, 
M.  B.  Souche,  Président  de  la  Société  bota- 
nique des  Deux-Sèvres,  est  nommé  membre 
auxiliaire  de  l'Académie. 

Le  Directeur, 

Ferd.  Renauld. 


En  retour  des  condoléances  à  eux  adressées, 
au  nonvde  l'Académie,  par  son  secrétaire  per- 
pétuel, Mme  Pasteur  et  ses  enfants  «  remer- 
cient profondément  M.  LÉVEILLE  et  ses 
confrères  de  l'Académie  internationale  de  Géo- 
T.  v. 


graphie  botanique  de  la  part  qu'ils  ont  prise  à 
leur  douleur.  » 


MEDAILLE  SCIENTIFIQUE  INTERNATIONALE 

Par  décision  du  directeur,  prise  en  Conseil, 
en  date  du  3i  décembre  iSq5, 

Sont  promus  à  la  médaille  de  2e  classe  : 
MM,    Henry  Trimen   (Ceylan).  Handbook   of 
the  Flora  of  Ceylan. 
O.    Debeaux    (Toulouse).    Flore    de    la 
Kabylie  du  Djurdjura. 
Sont  nommés  titulaires   de   la   médaille  de 
3e  classe  : 

MM.   L.  Giraudias  (Poitiers).  Ensemble  de  ses 
travaux  botaniques. 
Em.   Bodinier  (Hong-Kong).    Contribu- 
tions à  la  Flore  de  Chine. 
J.,  de  Rusunan  (Lez-Plouénan).  Contri- 
butions à  la  Flore  de  France. 
Hector  Serres  (Dax).  Ensemble  de  ses 

notes  botaniques. 
Eugène  Niel  (Rouen).  Travaux   sur  la 

flore  de  Normandie. 
J.    Dorfler  (Vienne).    Contributions   à 

l'étude  des  Onothéracées. 
Sic.   Brogi  (Sienne).  Travaux  d'histoire 

naturelle. 
Bofill  (Barcelone).   Ensemble    de    ses 

études. 
Christian   Bay  (Des  Moines).  Travaux 

bactériologiques. 
C.-A.  Menezes  (Funchal).  Catalogue  des 

plantes  de  Madère. 
E.    Fiek    (Cunnersdorf).   Contributions 

à  l'étude  des  Onothéracées. 
Lester  F.  Ward   (Washington).    Guide 
to  the  Flora  of  Washington  et  travaux 
de  paléo-botanique. 

Pour  le  Conseil  de  l'Académie, 
Le  Directeur, 

Ferd.    Renauld. 


H 


LE       MONDE       DES       IM.ANTES 


Pai    décision   du    directeur    de    l'Académie 
pri  e  en  (      i  ;eil,  en  date  du  f1'  janvier  1896, 
Est  promu  à  la  médaille  de  2e  classe  : 
M     F'erd.  Renaui.d,  directeur  sortant.  Tra- 
vaux l)i-\  ologiques. 

Pour  le  Conseil  de  l'Académie, 

Le  Directeur, 

William  Trelease. 


OUVRAGES    DE    M.  William    TRELEASE 

Directeur  de  l'Académie  internationale 
de  Géographie  botanique  pour  l'année  1896 

Comme  traducteur  : 
Poulson  :  Botanical  Microchemistry.    i883. 

Salomousf.n  :  Bacteriological  Technology. 
1889. 

Comme  co-editeur  avec  Asj  Gray  : 
Collected    botanical    Writings    of    George 
Engelmann.  1887. 
Comme  éditeur  : 

Wisconsin  Horticultural  Society.  Various 
reports. 

Missouri  botanicalGarden.  (iAnnual  Reports. 
Comme  auteur  : 

Nectar, its  nature,  occurrence  and  uses.  1S80. 

Many  other  short  papers  on  pollination  of 
flowers. 

North  American  Geraniaceœ.  1888. 

North  Americanspecies  of  7  halictrum.  1S86. 

North  American  Linaceœ.  1887. 

Synoptical  list  of  N.  A.  species  of  Ceans- 
thus.  1888. 

Revision  of  North  American  Ilicineœ  and 
Celastraceœ.  1889. 

North  American  Rhamnaceœ.  1880. 

Species  of  Epilobium  occurring  north  of 
Mexico.    1  89  i  . 

Species  o(  Kumex  occurring  north  of  Mexico. 

Détail  illustrations  of  Yucca  and  description 
ol  Agave  Engelmanni.  1892. 

Further  studies  of  Yucca  and  their  pollina- 
tion. 1 

North  American  species  of  Gayophytum  and 
/;  ,-   luvalia.  1 

Sugar  Maples  and  Maples  in  Winter  [Acer). 

Leitneria  floridana.  1 894. 

En  outre  de  nombreuses  notes  sur  la  bota- 
nique systématique. 

Preliminary  list  of  the  parasitic  Fungi  of 
Wi  consin.  1  -    , 

Apple  scab  and  leaf  blight.  1884. 


Spot  disease  of  Strawberry  leaves.  i885. 
The  genus  Cintractia.   1 885. 

The  Grape  rot.  1 885. 

Fungi  injurious  to  grasses  and  clovers.  1S87. 

Morels  and  Puffballs  of  Madison  (Wiscon- 
sin). 1888. 

Bacteria  from  a  botanical  stand  point.  1888. 

Species  in  bacteriology.  i^s7. 

Certain  joogloea'  and   related   Forms.  i885. 

En  outre  de  nombreuses  notes  sur  les  Cham- 
pignons, la  Tératologie,  l'Entomologie,  etc. 
Comme  co-auteur  avec  W.-G.  Farlow  : 

List  of  works  on  North  American  Funçi. 


L'Albumine  active,  substance  de  réserve 
dans  les  végétaux. 

M.  O.  Lœw  relate,  dans  le  Bulletin  du  Col- 
lège d'Agriculture  de  Tokyo  (Japon),  les  expé- 
riences qu'il  a  effectuées,  en  collaboration  avec 
M.  Bokorny,  en  vue  de  rechercher  la  nature 
d'une  matière  protéique  en  solution  chez  beau- 
coup de  plantes,  absolument  différente  des 
matières  protéiques  ordinaires. 

M.  Lœw  a  provoqué,  dans  un  très  grand 
nombre  d'organes  végétaux,  aussi  bien  chez 
les  algues  que  chez  les  plantes  supérieures, 
l'apparition  de  nombreux  globules  microsco- 
piques, incolores  et  transparents,  auxquels  il 
a  donné  le  nom  de  protéosomes.  Ces  globules 
peuvent  être  mis  en  évidence  en  immergeant 
les  plantes  dans  des  solutions  très  étendues  de 
caféine  ou  d'antipyrine.  Les  spirogyres,  algues 
filamenteuses  communes  dans  les  eaux  douces, 
dont  les  cellules  conservent  assez  longtemps 
leur  vitalité  dans  ces  solutions,  conviennent 
particulièrement  pour  ces  recherches. 

Les  protéosomes  se  trouvent  dans  toutes  les 
parties  de  la  cellule,  même  dans  les  vacuoles  ; 
elles  se  coagulent  et  deviennent  insolubles  si 
l'on  extrait  brusquement  l'eau  qu'elles  renfer- 
ment. 

Elles  sont  constituées  uniquement  par  de 
l'albumine  active.  M.  Lœw  l'a  démontré  en 
cultivant  des  spirogyres  dans  deux  solutions 
différentes,  l'une  contenant  de  l'azote  et  l'autre 
totalement  privée  d'azote.  Dans  la  solution 
azotée,  les  algues  ont  montré  par  immersion 
dans  la  caféine,  après  deux  ou  trois  semaines 
de  culture,  un  nombre  plus  élevé  de  protéoso- 
mes qu'au  début,  tandis  que  celles  placées 
dans  la  solution  non  azotée  n'ont  pas  signalé 
après  cette  même  période  de  temps,  par  la 
réaction  caractéristique,  la  présence  de  cette 
albumine,  mais,  au  contraire,  la  transforma- 
tion dans  la  plante  de  celle  qui  préexistait 
déjà. 


LE      MONDE       DES       PLAXTES 


30 


Au  point  de  vue  chimique,  cette  albumine 
active  retient  mieux  l'eau  que  l'albumine  ordi- 
naire ou  passive  ;  même  coagule'e,  elle  réduit 
les  solutions  très  étendues  de  nitrate  d'argent 
et  noircit  ;  elle  absorbe  l'ammoniaque  et 
devient  insoluble  ;  elle  est  influencée  par  des 
solutions  de  caféine,  d'antipyrine,  par  l'acide 
acétique  très  étendu,  les  vapeurs  d'éther,  l'al- 
cool à  10  ou  20  p.  ioo,  caractères  que  ne  pré- 
sente pas  l'albumine  ordinaire. 

D'après  l'auteur,  les  protéosomes  existent 
chez  beaucoup  de  plantes  et  dans  divers  or- 
ganes, quelquefois  seulement  à  certaines  épo- 
ques de  leur  développement,  et  l'albumine  qui 
les  constitue  est  utilisée  à  l'accroissement  et  à 
la  multiplication  des  cellules;  elle  joue,  par 
suite,  le  rôle  d'une  substance  de  réserve. 

V.  L. 


Espèces  rares  pour  la  Mayenne. 

Helleborus  fœtidus.  L.  Chemeré. 

Isopyrum  thalictroides  L.  Chemeré; 
Saulges. 

Corydalis  solida  Smith.  Chemeré  ; 
Saulges. 

Cardamine  amara  L.  Saulges  :  pré  ma- 
récageux proche  Montguyon. 

Cardamine  impatiens  L.  Chemeré  :  la 
petite  Haie. 

Reseda  lutea  L.  Chemeré. 

Gucubalus  baccifer  L.  Saulges  :  près 
Montguyon  sur  le  bord  de  l'Erve. 

Althaea  hirsuta  L.  Chemeré. 

Potentilla  verna  L.  Chemeré;  Saulges. 

Sedum  Telephium  L.  Chemeré. 

Rubia  peregrina  L.  Chemeré. 

Onopordon  Acanthium  L.  Chemeré  ; 
Saulges. 

Silybum    Marianum    Caertn.   Chemeré  : 

Erigeron  acre  L.  Chemeré  :  près  Thé- 
valles  sur  les  bords  de  la  route. 

Inula  graveolens  Desf.  Route  de  Che- 
meré à  Cossé-en-Champagne,  entre  la  Blu- 
terie  et  la  Navelière. 

Lactuca  muralis  Fries.  Chemeré. 

Veronica  Teucrium  L.  Chemeré;  Saulges. 

Ajuga  Chamaepitys  Schreb.  Chemeré. 

Buxus  sempervirens  L.  Saulges;  Tho- 
rigné  :  la  cité. 

Colchicum  autnmnale  L.  Saulges  :  la 
Chevalerie. 

Orchis  viridis  Crantz.  Chemeré  ;  Saulges. 

Il  va  bien  des  années,  j'ai  trouvé  entre 
Niort  et  Lassay  le  Chrysanthemum  segetitm  L. 

Je  compte  revoir  l'année  prochaine  les 
espèces  suivantes  pour  les  vérifier  ou  en  pré- 


ciser les  localités.  Je  les  signale  seulement  ici 
pour  prendre  date  : 

Berberis     vulg-aris    L.   Epilobium     roseum 
Schreb.   Trifolium  scabrum   L. 

Joskph  Daniel. 


Espèces  peu  communes  pour  la  Mayenne. 

Ranunculus  auricomus  L.  Chemeré  : 
bois  de  Staouëlv. 

Draba  muralis  L.  Chemeré  ;  Saulges. 

Dianthus  prolifer  L.  Chemeré  ;  Saulges. 

Linum  augustifolium  Huds.  Route  de 
Chemeré  à  Cossé-en-Champagne. 

Hypericum  hirsutum  L.  Saulges. 

Astragalus  Glycyphyllos  L.  Bannes  : 
route  de  Saulges. 

Trifolium  médium  L.  Chemeré  :  haie 
près  le  bois  de  la  Forge,  21  juillet  j So5 . 

Circaea  lutetiana  L.  Saulges. 

Sedum  elegans  Lej.  rhemeré;  Saulges. 

Tordylium  maximum  L.  Chemeré. 

Scabiosa  Columbaria  L.  Chemeré  • 
Saulges. 

Gnaphalium  germanicum  Willd.  var. 
spathulatum  Presl.  Chemeré  ;  Saulges  ; 
Cossé-en-Champagne. 

Lactuca  perennis  L.  Chemeré. 

Barhhausia fœtida  DC.  Chemeré. 

Cynoglossum  officinale  L.  Chemeré  ; 
Cossé-en  Champagne. 

Lithospermum  officinale  L.  Saulges. 

Hyoscyamus  niger  L.  Chemeré  ;  Saulges. 

Verbascum  Lychnitis  L.  var.  album 
Mill.  Chemeré  :  l'Aubergerie. 

Prunella  alba  Pall.  Chemeré. 

Calamintba  officinalis  Mœnch.  var.  men- 
th.efoi.ia  Host.  Chemeré. 

Leonurus  Cardiaca  L.  Chemin  de  Saulges 
à  Montguyon.  14  mai  1895. 

StachysgermanicaL.  Chemeré;  Saulges. 

Primula  variabilis  Goup.  Chemeré  :  bois 
de  Staouëlv. 

Plantago  média  L.  Chemeré. 

Orchis  coriophora  L.  Saulges. 

Ophrys  apifera  Huds.  Chemeré;  Saulges. 

Ophrys  aranifera  Huds.  Chemeré  ; 
Saulges. 

Setaria  verticillata  P.  B.  Chemeré  :  jar- 
dins. 

Bromus  giganteus  L.  Chemeré. 

Poa  rigida  L.  Chemeré  ;  Saulges. 

Juniperus  communis  L.  Chemeré  ; 
Saulges. 

Ceterach  officinarum  Wild.  Chemeré. 


36 


LE       MONDE      DES      PLANTES 


A  revoir  l'année  prochaine  : 
Lepidium  campestre  Br. 
Lepidium  heterophyllum  Benth. 
Medicago  mininta  Lam. 
Aspidium  aculeainm  Swartz.  var.  angui.are 
Kit. 

Joseph  Daniel. 


La  Fécondation  artificielle  de  la  vigne 
et  le  Millerandage 

Nous  avons  signale,  dans  le  N°  G?  du  Monde 
des  Plantes,  l'intéressant  procédé  de  féconda- 
tion artificielle  de  la  vigne,  proposé  par 
M.  Jurie  pour  combattre  la  coulure.  Le  même 
expérimentateur  a  publié  récemment  dans  la 
Revue  de  Viticulture  les  études  qu'il  a  laites 
sur  le  millerandage,  les  causes,  et  les  moyens 
à  employer  pour  remédier,  dans  une  certaine 
mesure,  à  ses  conséquences  :  la  petitesse  des 
grains  de  la  grappe. 

Si  l'on  considère  que  la  fécondation  dépend 
du  l'action  réciproque  entre  les  grains  pollini- 
ques  et  la  sécrétion  du  suc  stigmatique,  puis 
de  la  réaction  des  substances  formant  le  pol- 
len et  l'ovule,  il  est  évident  que  l'affinité  est 
d'autant  plus  grande  que  la  nature  même  de 
ces  molécules  est  plus  différente. 

M.  Mui.ler  de  Thurgovie,  étudiant  l'in- 
fluence du  développement  des  graines  sur 
l'abondance  de  la  chair  des  fruits,  a  conclu 
que  l'absence  des  pépins  dans  les  fruits  n'était 
due  à  un  défaut  de  pollinisation,  mais 
seulement  à  une  fécondation  limitée  :  le  pollen 
germe  sur  le  stigmate  et  pousse  son  tube 
pollinique  dans  le  tissu  conducteur  du  style, 
sans  toutefois  produire  une  fécondation.  Ce 
l'ait  se  produit  pour  la  variété  Aspiran,  dont 
les  ovules  sont  monstrueux  et  chez  qui  le 
nombre  de  graines  a  une  influence  sur  le  déve- 
loppement de  la  pulpe  :  plus  il  est  élevé,  plus 
la  pulpe  est  abondante. 

M.  Jurie  définit   dès  lors  le  Millcrand  «  le 
duit    d'une    fécondation   limitée  à   l'action 
irritante   de    la   germination   du   pollen  sur  le 
stigmate.  » 

Dans  les  cépages  à  organes  femelles  atro- 
phiés, tels  que  le  Sultanina,  les  tubes  pollini- 
ques  ne  trouvent  point  d'éléments  pour  se 
combiner,  d'où  petits  grains  sans    pépins. 

Dans  ceux  dont  les  organes  femelles  sont 
bien  constitués,  tels  que  la  Madeleine-Angevine 
et  le  Corinthe,  le  défaut  de  fécondation  est  dû 
à  la  faible  différence  entre  les  molécules  mâles 
du  pollen  et  les  molécules  femelles  de  l'ovule- 
La  preuve  est  que  ces  deux  cépages,  inféconds 


avec  leur  propre  pollen,  deviennent  féconds 
avec  un  pollen  étranger.  Du  pollen  de  Corinthe 
déposé  sur  des  fleurs  de  chasselas  préalable- 
ment castrés  a  donné  d'excellents  résultats. 

L'âge  et  les  conditions  atmosphériques, 
l'humidité,  déterminent  le  Millcrand,  le  froid 
surtout,  en  provoquant  un  arrêt  dans  la  végé- 
tation et  l'avortement  des  organes  sexuels 
femelles;  les  fleurs  restent  alors  encapuchon- 
nées, c'est-à-dire  que  la  corolle  est  adhérente 
aux  étamines.  Si  on  soulève  le  capuchon,  le 
stigmate,  totalement  desséché,  est  couvert  de 
pollen  qui  n'a  pu  germer. 

Toutefois,  cet  encapuchonnement  qui.  dans 
bien  des  cas,  ne  donne  que  des  grains  avortés, 
produit  chez  la  Syrah  un  heureux  effet  de 
fécondation.  M.  Jurie  en  donne  ainsi  l'explica- 
tion :  «  Sous  l'influence  de  la  chaleur,  il  y  a 
eu  sans  doute  dichogamie  ;  la  maturité  des 
organes  sexuels  femelles  de  la  Syrah  a  été  en 
légère  avance  sur  celle  des  organes  mâles;  le 
style,  en  s'allongeant,  a  entraîné  anthères  et 
corolle;  la  sécrétion  visqueuse  du  stigmate 
les  a  rendues  adhérentes,  le  pollen  a  été  utilisé 
dans  son  entier  :  de  là  ces  raisins  serres, 
aux  grosses  graines,  avec  de  nombreux  pé- 
pins. » 

Ainsi  donc,  pour  avoir  de  nombreux  et 
beaux  raisins,  il  faut  une  fécondation  aussi 
parfaite  que  possible.  On  atténuera  le  désastre 
résultant  des  phénomènes  météorologiques  en 
plaçant  les  cépages  de  première  époque  de 
maturité  sur  des  coteaux  s'égouttant  bien 
et  se  réchauffant  aisément  au  printemps.  Des 
pieds  mâles  à  grande  inflorescence  seront 
intercalés  dans  les  lignes  pour  que  le  vent 
facilite  cette  fécondation  en  transportant  un 
pollen  étranger.  Pour  les  raisins  de  table,  on 
aura  recours  aux  abris.  Avec  ces  précautions, 
les  variétés  sujettes  au  millerandage  don- 
neront de  beaux  raisins  par  fécondation  arti- 
ficielle. 

P.-V.  Liotard. 


La  Théorie  des  ancêtres  communs. 

M.  l'abbé  C.  L.  Guillemet  a  fait  au  Con- 
grès international  des  Catholiques,  à  Bruxelles, 
une  communication  qui  est,  en  quelque  sorte, 
et  appliquée  à  la  série  ontologique  tout 
entière,  la  contre  partie  du  mémoire  de 
M  Bol'i.ay,  que  nous  avons  précédemment 
résumé.  L'auteur  de  cette  très  intéressante 
communication,  qui  intéresse  tous  les  philo- 
sophes, tous  les  penseurs,  puisqu'elle  s'attaque 
au   problème  mystérieux  et  presque  insoluble 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


37 


de  l'évolution,  s'efforce  de  prouver  que  le 
fixisme  s'appuie,  tout  aussi  bien  que  l'évolu- 
tionnisme,  sur  un  postulat  ;  que  le  critérium 
de  l'espèce  invoque'  par  la  the'orie  fixiste  n'a 
rien  d'absolu,  ou,  si  on  ne  lui  donne  une  cer- 
taine latitude,  conduit  à  des  impossibilite's  ; 
que  le  fixisme  ne  saurait  donner  une  expli- 
cation rationnelle,  naturelle,  de  certains  faits 
révélés  par  la  paléontologie,  l'anatomie  com- 
parée, la  tératologie  et  l'embryogénie. 

M.  de  Quatrefages,  qui  a  rallié  autour  de 
sa  personnalité  la  plupart  des  fixistes,  con- 
cède à  l'évolutionnisme  certains  faits  acquis, 
indéniables  ;  ainsi  :  la  variabilité  générale  des 
êtres  organisés  ;  la  lutte  pour  l'existence;  la 
sélection  qui  s'empare  des  caractères  diffé- 
rentiels en  jeu  dans  cette  lutte;  l'hérédité 
accumulée  qui  les  fixe  ;  l'usage  qui  les  déve- 
loppe; le  défaut  d'exercice  qui  les  réduit,  les 
atrophie  ;  et  finalement  la  divergence  de  plus 
en  plus  grande,  à  partir  du  tvpe  initial  et  spé- 
cifique, des  variétés  qui  en  découlent  sous 
l'influence  de  ces  divers  agents  de  transfor- 
mation. 

Mais  après  ces  concessions,  arrive  l'objec- 
tion. «  Malheureusement,  dit  de  Quatrefages, 
il  vient  un  moment  où  Darwin  semble  oublier 
le  grand  fait  physiologique  de  l'infécondité 
entre  espèces.  Tout  au  moins  en  méconnait-il 
l'importance.  Par  suite,  il  confond  l'espèce  et 
la  race  ;  il  croit  pouvoir  conclure  de  celle-ci  à 
celle-là.  C'est  alors  qu'il  s'égare  d'hypothèses 
en  hypothèses,  et  en  arrive,  comme  Lamarck, 
à  nier  la  réalité  de  l'espèce,  à  ne  voir  dans  ce 
groupe  fondamental  qu'une  combinaison  arti- 
ficielle. »  L'infécondité  entre  espèces,  voilà 
donc  le  véritable  nœud  de  la  question;  mais, 
en  s'en  réclamant,  les  fixistes  font  intervenir 
un  point  de  départ  discutable,  affirmant  dans 
le  passé  et  dans  l'avenir  des  faits  qui  ne  sont 
constatés  que  dans  le  présent  et  avec  de 
nombreux  degrés  intermédiaires;  les  évolu- 
tionnistes,  eux,  croient  pouvoir  conclure  de 
cette  gradation  actuelle  des  phénomènes  qu'ils 
n'étaient  pas  dans  le  passé  et  ne  seront  pas 
dans  l'avenir  semblables  à  ce  qu'ils  sont  au- 
jourd'hui. 

Un  fait  général  conduit  rationnellement  à 
l'interinfécondité,  c'est  l'affaiblissement  du 
pouvoir  générateur  au  long  des  évolutions  dans 
la  même  souche:  «  affaiblissement  dans  la  gé- 
nération asexuée  aboutissant  aux  éléments 
sexués  qui,  éléments  et  individus,  sont  des 
diminués  et  des  incomplets  :  affaiblissement 
des  sexués  qui,  'd'abord  doublement  sexués, 
finissent  par  ne  l'être  valablement  que  dans  un 
sens  unique  ;  affaiblissement  dans  les  proches 
descendants  qui    deviennent   peu   à   peu   mal 


féconds  entre  eux,  et  à  la  longue  interstériles, 
et  réclament  des  unions  latérales  où  le  groupe 
se  retrempe.  »  Il  est  évident  qu'avec  le  temps, 
l'accumulation  d'une  longue  suite  de  siècles, 
l'interstérilité  a  pu  devenir  absolument  cons- 
tante, sans  qu'on  soit  en  droit  de  conclure  à 
la  différence  spécifique  des  formes  qui  ne 
peuvent  se  féconder  entre  elles,  encore  que 
cette  particularité  sexuelle  les  sépare  depuis 
des  milliers  d'années  :  ce  qu'aucun  de  nous 
n'est  à  même  d'apprécier.  Passons  rapidement 
sur  les  données  de  la  paléontologie,  qui  dé- 
montrent la  succession  de  flores  et  de  faunes 
totalement  différentes,  et  déposent  contre  le 
fixisme  en  prouvant  que  les  espèces  anciennes 
ne  sont  pas  les  espèces  actuelles,  mais  ont 
les  caractères  mixtes  d'ancêtres  communs  à 
à  ces  espèces  actuelles.  Bornons-nous  à  la 
seule  objection  capitale  du  fixisme,  qui  pose  à 
l'évolutionnisme  trois  questions:  «  Où,  quand 
et  pourquoi  l'interfécondité  qui  caractérise  les 
individus  issus  d'ancêtres  semblables  s'est-elle 
perdue  ?  »  Où  et  quand  ?  Les  phénomènes  na- 
turels ne  se  localisent  pas  ainsi,  et  ne  s'opèrent 
pas  avec  une  aussi  brusque  instantanéité  :  la 
nature  procède  toujours  par  gradation,  par 
transitions.  Pourquoi  ?  C'est  le  secret  de  la  vie. 
Demandons  seulement  à  la  science  le  comment 
qu'elle  peut  nous  donner,  et  qui  réside  dans 
l'affaiblissement  constaté  de  la  puissance  re- 
productive quand  la  fécondation  s'opère  indé- 
finiment entre  individus  d'une  même  lignée, 
affaiblissement  qui  peut  aller  jusqu'à  la  sté- 
rilité complète,  d'abord  accidentelle,  puis 
définitive. 

Le  critérium  des  espèces,  indiqué  comme 
absolu  par  M.  de  Quatrefages  et  son  école, 
conduit  dans  beaucoup  de  casa  des  impossi- 
bilités ou  à  l'inconséquence.  Les  carpelles,  les 
étamines  qui  naissent  au  sein  d'une  même  fleur 
ou  sur  une  même  plante  sont  indiscutable- 
ment les  descendants  d'une  même  graine,  pro- 
viennent à  coup  sûr  des  mêmes  ancêtres,  et 
représentent  par  suite  des  individus  sexués 
aussi  proches  parents  qu'on  peut  l'être.  Or,  il 
y  a  des  plantes,  Corj'dalis  cava,  par  exemple, 
où  les  fleurs  restent  absolument  stériles  si 
on  ne  les  féconde  qu'avec  leur  propre  pollen, 
imparfaitement  fécondes  si  elles  subissent 
l'imprégnation  du  pollen  formé  dans  d'autres 
fleurs  sur  le  même  pied,  la  fécondité  parfaite 
étant  due  à  l'action  du  pollen  provenant  de 
pieds  différents.  Par  suite  les  carpelles  et  les 
étamines  nés  dans  une  même  fleur  ou  sur  un 
même  pied  de  Corydalis  cava  ne  seraient  pas, 
d'après  la  théorie  fixiste,  de  la  même  espèce. 
L'interstérilité  peut  parfaitement  se  mani- 
fester grâce  à  la  disparition  des  intermédiaires. 


38 


LE      MONDE       DES       PLANTES 


nt  quatre   variétés  ou  races    de   la  même 
ce,  A,  B,  C,  I>.  A  et  D  interstériles,  mais 
rfécondes  avec  B  et  C.  Si.  pour  une  cause 
quelconque,  la  descendance  des  intermédiaires 
B    et    C  vient  à  être  anéantie,  l'interstérilité 
de  A  et  I)  deviendra  constante,  invincible,  et, 
toute   trace    de     filiation    ayant     disparu,    ces 
s    variétés    d'une    même     espèce    repré- 
sentent, aux  yeux   des   lixistes,   deux    es; 
distinctes. 

La  théorie  fixiste  est  incapable,  ajoute 
M.  Guillemet,  d'expliquer  de  nombreux  faits 
du  domaine  de  la  paléontologie,  de  l'anatomie 
comparée  et  de  la  tératologie.  «  Les  inductions 
évolutionnistes  expliquent  sans  peine  par  la 
descendance  d'ancêtres  communs  ces  enchaî- 
nements si  bien  mis  en  évidence  par  des 
savants  spiritualistes  et  chrétiens,  tels  que 
d'Omalius  d'Halloy  et  Albert  Gaudry,  et 
dont  AI.  de  Nadaillac  nous  a  concédé  la 
réalité.  Le  fixisme,  au  contraire,  en  est  ré- 
duit à  invoquer  une  filiation  intellectuelle 
dans  la  pensée  du  Créateur,  une  sorte  d'évo- 
lutionnisme  idéal.  On  comprend  cela  pour 
un  architecte  humain,  qui  ne  peut  pas  tirer 
une  cathédrale  d'une  cathédrale  sinon  par 
imitation.  .Mais  Celui  dont  •  les  dons  sont 
sans  repentance  »  détruira-t-il  sans  cesse  ce 
qu'il  a  créé  pour  recréer  à  nouveau  ?  Ne  pré- 
i'erera-t-il  pas  conserver  à  ses  créatures  une 
vie  renouvelée  et  rajeunie  par  une  descen- 
dance qu'il  perfectionnera  de  génération  en 
génération,  récompensant  par  l'ascension  des 
lils  la  fidélité  des  progéniteurs  à  leurs  lois 
naturelles.  » 

Le  iixisme  ne  donne  pas  davantage  l'expli- 
cation des  homologies  constantes  des  organes, 
des  transitions  graduées  entre  les  êtres,  de  la 
persistance,  quoique  accidentellement  ou  par 
intention  inutiles,  de  parties  qui  ont  une  des- 
tination spéciale  dans  des  espèces  alliées 
ou  d'autres  individus  de  la  même  espèce  : 
l'existence,  par  exemple,  d'un  réceptacle  sé- 
minal chez  les  femelle:;  agames  de  Phylloxéra, 
bien  qu'elles  ne  soient  pas  destinées  a  s'ac- 
coupler, n  En  embryogénie,  même  absence 
d'explication  fixiste,  même  simplicité  des 
explications  évolutionnistes.  Pour  ne  citer 
qu'un  fait,  quand  on  voit  la  Fissurelle  réticulée 
(mollusqr  offrir   successive- 

ment cinq  formes  de  la  coquille,  la  coquille- 
larvaire  plus  ou  moins  naticiforme,  puis  la 
coquille  de  l'adulte  successivement  llabelli- 
forme.  émarginuliforme,  rimuliforme,  et  enfin 
fissurellilorme,  peut-on  refuser  la  vraisem- 
blance à  l'opinion  qui  voit  dans  les  genres 
irginule,  Rimule,  Fissurelle,  des  descen- 
dants  d'une   même   souche,  les   uns    retenant 


et  perfectionnant  comme  définitive  une  forme 
qui  n'est  qu'esquissée  et  passagère  chez  les 
autres  ?  » 

Voilà,  brièvement  résumées,  les  opinions  de 
M.  l'abbé  Guillemet.  Il  ne  nous  plaît  pas  de 
prendre  part  au  débat.  Mais  nous  avons 
tenu,  en  raison  de  l'importance  philosophique 
et  morale  de  ce  problème  de  l'évolution  qui 
domine  l'étude  des  sciences  naturelles,  mettre 
sous  les  yeux  du  lecteur,  autant  que  possible, 
toutes  les  pièces  de  ce  long  et  difficile  procès. 

A.  A. 


Influence  de  la  sélection  de  l'épi  et  du 
grain  dans  une  même  variété  de  blé. 

Personne  n'ignore  aujourd'hui  l'importance 
capitale  que  le  choix  d'une  variété  et  surtout 
la  sélection  bien  conduite  de  cette  même 
variété  peut  avoir  sur  le  rendement  en  grain 
et  en  paille  d'une  céiéale. 

La  sélection  porte  généralement  sur  l'épi  le 
plus  beau,  se  rapprochant  le  plus  du  type 
ensemencé.  M.  Florimond  Desprez,  Directeur 
de  la  Station  expérimentale  de  Capelle  (Nord), 
qui  a  obtenu  depuis  longtemps,  avec  ce  genre 
de  sélection,  des  résultats  précieux,  a  voulu  le 
compléter  en  l'étendant  au  grain  lui-même. 

A  cet  effet,  il  a  choisi  un  certain  nombre 
d'épis,  dans  un  champ  d'expériences,  de  blé 
de  la  récolte  de  1S91,  et  divisé  les  grains  de 
ces  épis  en  deux  lots  :  les  gros  pesant  o  gr.  o58 
chacun  et  les  petits  du  poids  moyen  de  o  gr. 
o35.  Ces  grains  ont  été  ensemencés  le  même 
jour,  dans  un  sol  bien  uniforme,  les  uns  à  côté 
des  autres.  Pareille  sélection  a  été  faite  dans 
les  récoltes  successives  de  cet  ensemencement 
obtenues  en  1892.  iSo3  et  1894.  Ces  recher- 
ches ont  été  opérées  sur  cinq  espèces  de  blé 
ditférentes  :  i°  le  jaune  Desprez.  épi  carré; 
20  le  rouge  Desprez;  3»  le  blanc  a  épi  rouge  ; 
4  l'épi  carré  français  très  en  éventail  :  5"  l'épi 
carré  français  à  épj  allongé. 

Ces  expériences  et  leurs  résultats  ont  été 
publiés  par  M.  Desprez  dans  le  Journal  de 
l'Agriculture. 

La  comparaison  des  rendements  obtenus 
avec  l'ensemencement  des  gros  grains  sélec- 
tionnés et  des  petits  grains  donne  en  faveur 
des  gros  grains  une  différence  moyenne  de 
1,076a  1,828  lui.  de  grain  à  l'hectare,  selon 
les    variétés,     pour    les    années     1893,     1894, 

La  sélection  continue  des  épis  hâtifs  ou 
tardifs  influe  peu  sur  la  précocité  de  l'espèce; 
elle  ne  produit  qu'une  avance  ou  un  retard  de 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


39 


quatre  à  six  jours  sur  l'époque  de  matu- 
rité'. 

Les  plus  beaux  grains  du  milieu  de  l'épi 
sont  ceux  qui  donnent  des  produits  ayant  au 
plus  haut  point  les  caractères  spécifiques  de 
l'espèce,  et  les  variétés  à  épillets  les  plus  ser- 
rés, les  plus  rapprochés,  produisent  toujours 
les  plus  grands  rendements. 

Cette  dernière  observation  de  M.  Desprez 
l'a  amené  à  tirer  cette  conséquence,  que  nous 
avons  tort  d'importer  pour  semence,  en  France, 
les  variétés  de  blé  anglais,  qui  ont,  pour  la 
plupart,  «d£S  épis  très  longs,  mais  les  épillets 
peu  serrés,  nos  variétés  françaises  à  épillets 
serrés  étant  bien  préférables  sous  le  rapport 
de  rendement  en  grain. 


De  la  présence  de  l'Epilobium  palustre  L. 
aux  environs  de  Vire  (Calvados) 

Par  Emile  BALLE 

Associé    libre   et    lauréat    de    l'Académie    internationale 
de    Géographie    botanique. 

L'Epilobium  palustre  L.  figure  au  nombre 
des  espèces  communes,  dans  le  Catalogue  des 
plantes  spontanées  des  environs  de  Vire  (Cal- 
vados) par  feu  M.  Richard  Dubourg  d'Isigny, 
travail  qui  n'est  à  vrai  dire  qu'une  simple 
liste  de  plantes  dressée  à  la  hâte  pour  les 
besoins  d'une  cause  (Réunion  des  membres 
de  la  Société  Linnéenne  à  Vire),  et  sans  indi- 
cations de  localités,  ce  qui  le  rend  à  peu  près 
inutile. 

Dans  sa  nouvelle  et  excellente  Flore  de 
Normandie,  le  savant  botaniste  M.  L.  Cor- 
bière, après  avoir  décrit  l'Epilobium  palustre 
L.,  le  signale  comme  se  trouvant  à  Vire  d'après 
M.  Alphonse  de  Brébisson  ;  mais  il  ne  fait  pas 
suivre  cette  citation  d'un  point  d'exclama- 
tion (!)  ce  qui  indique  qu'il  n'a  pas  eu  sous 
les  yeux  un  type  virois. 

Après  deux  années  de  recherches  assidues, 
nous  avons  enfin  été  assez  heureux  pour  ren- 
contrer cette  plante  (qui  est  loin  d'être  com- 
mune aux  environs  de  Vire)  le  2j  septembre 
1895,  sur  la  lisière  de  la  forêt  de  Saint-Sever, 
sur  les  bords  de  la  Sienne,  lieu  dit  Blanche 
Lande  situé  sur  le  territoire  de  la  commune 
du  Gast,  arrondissement  de  Vire;  elle  se  trou- 
vait en  compagnie  de  divers  Sphagnum,  de 
Drosera  rotundifolia  L.  et  de  Gentiana  Pneu- 
monanthe  L. 

M.  Dubourg  d'Isigny  avait-il  réellement 
trouvé  l'Epilobium  palustre  L.  aux  environs 
de  Vire?  Nous  en  cloutons. 


i°  Cette  plante  n'est  pas  citée  parmi  celles 
récoltées  dans  les  deux  excursions  de  la 
Société  Linnéenne  de  Normandie,  qui  eurent 
lieu  à  Vire,  l'une  en  i836  et  l'autre  en  1866; 
de  plus  elle  n'est  pas  nommée  dans  l'excur- 
sion de  cette  société,  faiteàCondé  sur  Noireau 
(arrondissement  de  Vire)  en  1873. 

2°  Pour  la  rédaction  de  son  Catalogue 
(mai  i836)  M.  Dubourg  d'Isigny  s'est  servi, 
ainsi  qu'il  le  dit,  de  l'ouvrage  du  pasteur  Duby, 
Dotanicon  Gallicum.  dans  lequel  le  caractère 
principal  de  l'Epilobium  palustre  L.  :  «graine 
pourvue  à  sa  partie  supérieure  d'un  petit  col 
portant  l'aigrette  »  ne  figure  pas.  Il  a  donc  bien 
pu  confondre  avec  cette  espècecertaines  formes 
de  l'Epilobium  telragonum  L.  à  tiges  munies 
de  lignes  très  peu  apparentes  et  à  feuilles 
lancéolées-linéaires. 

L'Epilobium  tetragonum  L.  est  une  plante 
commune  et  très  répandue  sur  les  bords  des 
cours  d'eau  qui  arrosent  l'arrondissement  de 
Vire. 

Enfin  3°  il  est  fort  probable  que  l'Epilobium 
palustre  L.  est  une  espèce  qui  n'a  jamais  été 
Commune  aux  environs  de  Vire. 

Tant  qu'à  M.  de  Brébisson  il  nous  paraît 
certain  qu'il  a  cité  cette  plante  dans  sa  Flore 
de  la  Normandie,  en  la  voyant  dans  le  Cata- 
logue de  M.  Dubourg  d'Isigny. 

De  ce  qui  précède,  il  résulte  qu'avant  notre 
découverte  la  présence  de  l'Epilobium  palus- 
tre L.  était  douteuse  dans  l'arrondissement 
de  Vire  et  qu'il  existe  maintenant  dans  cet 
arrondissement  une  localité  certaine  pour 
cette  Onothéracée. 

Nous  dirons' en  terminant  au  sujet  de 
M.  Dubourg  d'Isigny  qui  fut  un  esprit  émi- 
nemment distingué,  que  nous  n'avons  pas 
entendu  contester  son  réel  savoir,  mais  hélas  : 
«  Cujusvis  hominis  est  errare.  » 

E.  Balle. 
i0'  Novembre  i8g5. 


La  greffe  bout  à  bout. 

Dans  son  traité  de  greffe,  M.  Aimé  Cha.mpin 
signale  (page  217,  fig.  48)  un  modèle  de  greffe 
qu'il  déclare  impossible,  mais  qui  a  fait,  de  la 
part  de  M.  André  Coiffard,  du  château  des 
Lesques,  près  Lesparre  (Gironde),  l'objet  de 
nombreux  essais  que  vient  de  couronner  le 
succès  le  plus  complet.  C'est  avec  satisfaction 
qn'il  l'annonce  dans  le  Progrès  agricole  et 
viticole . 

M.  Coiffard  est  persuadé  que  son  nouveau 
mode  de  greffage  bout  à  bout  remplacera  sous 
peu  tous  les  autres  procédés,  dont  la  réussite 


4o 


r.E      MONDE      DES      PI   V.NTF.S 


est  souvent  bien   aléatoire.    Voici    en  quoi  il 

consiste  : 

«  Le  sujet  et  le  greffon  sont  conservés  dans 
leur  iH/i'i'n'/i'.  c  p  en  biseau  court;  on  les 
superpose  et  les  juxtapose  aussi  exactement 
que  possible  et  l'on  assure  leur  union  à  l'aide 
d'un  petit  goujon  de  lil  de  fer  recuit  n°  7, 
coupe  en  biais,  pour  obtenir  une  pointe  qui 
facilite  son  introduction  dans  la  moelle  sans 
la  dégrader;  la  greffe  à  un  œil  ou  à  deux  sera 
coupée  à  3  centimètres  au-dessus  de  l'oeil 
inférieur.  Le  fil  de  fer,  long  Je  6  centimètres, 
entrera  par  moitié  dans  le  greffon  et  dans  le 
sujet.  » 

Comme  on  le  voit,  cette  greffe  est  d'une 
exécution  prompte,  simple  et  facile,  qui  n'exige 
de  la  nature  qu'une  simple  petite  suture. 

Sur  cinquante  greffes  bout-à-bout,  effectuées 
dans  la  propriété  de  M  .  Paul  Roubii  hou,  qua- 
rante-cinq ont,  parait-il.  si  bien  réussi  qu'exa- 
minées une  à  une,  avec  un  soin  minutieux, 
aucune  n'a  été  trouvée  défectueuse  et  qu'on 
n'a  pu  constater  aucun  point  de  solution  de 
continuité. 

M.  Champin  lui-même  qui,  ainsi  que  nous 
l'avons  dit  au  commencement  de  cet  article, 
considérait  cette  greffe  comme  impossible, 
sur  le  vu  de  spécimens  à  lui  adressés  par 
M.  Coiffard,  n'a  pu  s'empêcher  de  constater 
les  résultats  vraiment  extraordinaires  obte- 
nus par  ce  nouveau  procédé  de  greffage. 

La  greffe  bout  à  bout  réussit  sur  table,  sur 
racines  ou  sur  simples  boutures.  Le  greffon  à 
deux  yeux  est  préférable,  parce  qu'étant  plus 
l.ng.  il  permet  et  impose  une  buttée  de  terré 
plus  haute,  et  par  suite  plus  large  de  base:  le 
point  vulnérable  et  délicat  de  la  soudure  est 
dès  lors  moins  exposé  à  l'action  funeste  du 
vent  et  du  soleil. 

1  ne  greffe  permet  parfaitement  la  stratifi- 
cation, et  la  coupe  en  biseau  a  l'avantage  d'em- 
pêcher le  greffon  de  se  déplacer  en  pivotant 
sur  son  a  rf      .  la  stratification  est  ici  facul- 

tative, en  raison  de  la  rapide  et  facile  exécu- 
tion de  ce  genre  de  greffe,  qui  permet  non 
seulement  une  économie  de  main  d'oeuvre, 
mais  aussi  une  économie  de  temps.  A  l'appui 
de  son  dire.  M.  Coiffard  cite  l'exemple  sui- 
vant :  I  année  dernière,  dit-il,  en  juillet, 
cinq  ouvriers,  trois  femmes  et  deux  hommes, 
tous  de  première  jeunesse,  étaient  occupés 
chez  moi  à  greffer  des  racines  mis  en  place  au 
mois  de  mars  précédent  Ces  porte-greffe 
Ri  ri  étaient  distancés  de  1  '"  5o  sur  le 
ranq.  Je  dis  à  mes  ouvriers,  qui  avaient  tous 
leurs  greffons  préparés  greffe  en  fenl 
allons  partir  ensemble  ;  il  est  bien  entendu 
que  nous  ne  négligerons  rii  bonne 


besogne.  »    De    mon    côté,  j'avais    aussi    nies 
greffons  préparés,  armés  de  leur  fil  de   fer,  il 
ne  me    restait   plus  qu'à    couper    mes    porte- 
greffe  en  biseau.  Arrivé  au  bout  de  mon  rang, 
l'avais    fait    trente-trois    greffes   et    mes   cinq 
greffeurs  n'en  avaient  fait  que    quarante,  soit 
huit  chacun.  Je  puis    donc  dire    que  j'ai   fait 
l'ouvrage  de  quatre.  Mais  il  faut  tenir  compte 
que  j'avais  soixante-dix-neuf  ans,  que  je  ne  me 
déplaçais    pas  aussi    facilement   que  cette  jeu- 
nesse à  laquelle  je  faisais  concurrence  ;    qu'en 
outre,    pour   me    mettre  à   genoux   à    chaque 
greffe,  me  relever,  mes    soixante-dix-neuf  ans 
me  pesaient  lourdement.    Je  crois  donc  qu'un 
homme  jeune,  à  ma  place,  eût  fait    facilement 
l'ouvrage  de  cinq.  » 

Dans  ces  conditions,  évidemment,  il  est 
possible  de  se  dispenser  de  la  stratification  et 
de  pouvoir  choisir  ainsi  la  meilleure  saison 
pour  effectuer  le  greffage  sans  se  voir  exposé 
à  opérer  trop  tôt  ou  trop  tard. 

Pour  les  personnes  qu'une  greffe  aussi 
facile,  obtenue  à  l'aide  d'un  simple  couteau  au 
heu  et  place  de  machines  ingénieuses,  laisse- 
rait dans  le  doute,  M.  Coiffard  conseille  de 
ne  faire  cette  année  qu'un  nombre  limité  de 
greffes  à  titre  d'essai.  En  leur  appliquant  tous 
les  petits  soins  qu'elles  nécessitent,  on  peut 
être  certain  d'obtenir  des  soudures  merveil-  • 
leuses.  L'année  suivante,  alors  absolument 
convaincu,  on  pourra  opérer  en  grand. 

MM.  Chenivesse  frères  de  Bourg-St-Andéol 
(Ardèche),  qui  ont  expérimenté  ce  système, 
rendent  compte  dans  la  Revue  de  Viticulture 
des  résultats  qu'ils  en  ont  obtenus. 

Leur  essai  a  porté  d'abord  sur  trois  cents 
greffes-boutures  opérées  sur  table  au  commen- 
cement de  mars  et  mises  en  pépinière  en  avril 
seulement.  Les  porte-greffe  étaient  exclusi- 
vement desRupestris  Monticolaet  les  greffons 
desDurifs.  lia  porté  ensuite  sur  quatre-vingts 
Riparias  Gloire,  plantés  en  boutures  l'année 
précédente  et  greffés  sur  place  en  avril  avec 
des  Durifs,  des  Clairettes  et  quelques  grands 
noirs  de  la  Calmette. 

Les  trois  cents  greffes-boutures  n'accusent 
actuellement  que  3o  "  ,,  de  bonnes  reprises. 
MM.  Chi  nivesse  attribuent  tous  les  manquants 
à  ce  fait  qu'ils  ont  placé  ces  a   strati- 

fication dans  le  sable  au  lieu  d'en  opérer  défi- 
nitivement la  mise  en  place  sans  stratification. 
Les  greffons  n'étant  fixés  aux  sujets  que  par 
le  goujon,  sans  aucune  ligature,  il  est  arrivé 
qu'en  retirant  ces  greffes-boutures  du  sable,  et 
maigre  toutes  les  précautions  recommandées, 
la  plupart  des  assemblages  ont  été  ébranlés  et 
beaucoup  même  détruits. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


4I 


Sur  les  quatre-vingts  Riparias,  vingt  ont  été 
greffés  par  l'un  des  frères  Chenivesse  avec 
tous  les  soins  possibles.  On  a  obtenu  vingt 
superbes  reprises  qui  n'ont  présenté  aucun 
bourrelet. 

Pour  les  soixante  autres,  le  greffage  a  été 
opéré  par  un  greffeur  de  profession  dans  la 
pensée  et  la  certitude  qu'aucune  reprise  n'au- 
rait lieu.  N'étant  soumis  à  aucune  surveillance, 
il  se  dispensa  de  tous  les  soins  recommandés. 
Malgré  cela,  ce  lot  ne  compte  que  cinq  man- 
quants que  le  simple  examen  fait  attribuer  à 
une  mauvaise  exécution.  Mais  toutes  les  re- 
prises présentent  un  bourrelet  au  point  de 
suture. 

Les  résultats  fournis  par  cette  première 
expérience  ont  été  si  positifs  que  MM.  Cheni- 
vesse frères  sont  absolument  résolus  : 

ic  A  greffer  bout  à  bout  en  place  une  plan- 
tation de  10  hectares  faite  en  avril  dernier  en 
Rupestris  Monticola  authentiques  ;  2°  à  greffer 
bout  à  bout  sur  table  tous  les  plants  qu'ils 
mettront  en  pépinière. 

Ils  reconnaissent  à  la  greffe  Coiffard  les 
avantages  suivants  : 

i°  Opération  de  la  greffe  mise  à  la  portée 
des  ouvriers,  même  les  plus  maladroits,  et 
rapidité  quatre  à  cinq  fois  supérieure  sur  celle 
des  autres  systèmes  ; 
2°  Suppression  absolue  de  toute  ligature; 
3°  Perlection  de  la  soudure  à  toutes  les 
greffes  réussies  ; 

40  Reprises  entièrement  assurées  si  l'opéra- 
tion est  faite  même  avec  des  soins  un  peu  im- 
parfaits : 

5°  Emission  de  racines  au  greffon  insigni- 
fiante ;  trois  à  quatre  filets  qui,  supprimés  en 
juillet,  ne  reparaissent  plus  à  la  plupart  des 
plants. 

V.  L. 


Onothéracées  de  la  vallée  de  la  Garonne") 

Par  M.  O.  Debeaux 

Depuis  que  l'étude  de  la  famille  des  Ono- 
théracées et  de  leur  distribution  géographique 
à  la  surlace  du  globe,  a  été  proposée  aux 
recherches  de  ses  divers  membres  par  l'Aca- 
démie internationale  de  géographie  botanique, 
fondée  il  y  a  quatre  ans  à  peine  par  M.  le  pro- 


(1)  Extrait  de  la  Révision  des  plantes  phanéro- 
games de  la  Flore  Agcnaisc  publiée  par  la  Revue 
de  botanique,  bulletin  mensuel  de  la  Société  fran- 
çaise de  botanique,  n°  de  juin  i8g5. 


fesseur  H.  Léveillé,  de  nombreux  et  remar- 
quables travaux  ont  été  produits  sur  ce  sujet. 
Plusieurs  régions  de  la  France  ont  été  déjà 
explorées  avec  soin,  au  point  de  vue  de  la  dif- 
fusion des  Onothéracées  observées  dans  leurs 
limites.  Je  saisis  moi-même  l'occasion  que 
m'offre  la  Révision  de  la  flore  agenaise,  pour 
mentionner  ici  toutes  les  espèces  de  cette 
famille,  qui  ont  été  rencontrées  dans  la  vallée 
de  la  Garonne  et  de  ses  affluents.  Le  territoire 
ainsi  limité  comprend  les  départements  de  la 
Haute-Garonne,  du  Tarn-et-Garonne,  du 
Lot-et-Garonne,  du  Lot,  du  Gers,  des  Lan- 
des, de  la  Gironde  et  de  la  Dordogne,  soit  huit 
départements  occupant  la  plus  grande  partie 
du  Sud-Ouest.  Je  place  en  dehors  des  limites 
du  bassin  de  la  Garonne,  le  Tarn  et  I'Ariège. 
Les  botanistes  méridionaux  n'ignorent  pas 
d'ailleurs  que  notre  distingué  collègue,  M.  M  ar- 
cailhou  d'àymeric,  résidant  à  Ax-les-Ther- 
mes,  a  publié  en  1S94,  dans  le  Monde  des 
Plantes,  dirigé  par  M.  H.  ^Léveillé,  la  mono- 
graphie complète  de  toutes  les  Onothéracées 
observées  jusqu'à  ce  jour  dans  le  département 
de  I'Ariège. 

Epilobium  rosmarinifolium  Hœnke  in 
Jacq.  Collect.  II,  5o;  Puel,  Cat.  plant,  du  Lot, 
219;  E.  angustissimum  Bertol.  Flor.  ital.  IV, 
292;  Saint-Amans  Flore  agen.  1 56  ;  E.  Do- 
donœi  Vill.  Hist.  pi.  Dauph.  III,  507,  p.  p.  ; 
Lagr.-Fossat  FI.  du  1  arn-et-Gar.  129;  E. 
angusti/olium  Lamk.  non  Lin.  —  Souche  vi- 
vace,  émettant  des  stolons  assez  courts  ;  feuilles 
éparses,  étroites,  linéaires,  à  peine  denticulées; 
fleurs  grandes,  purpurines,  à  pétales  ellipti- 
ques-oblongs,  atténués  à  la  base,  sessiles, 
entiers  ;  tiges  de  20  à  3o  centim.,  simples  ou 
rameuses.  —  Tarn-et-Garonne,  sur  les  allu- 
vions  delà  Garonne  à  Malause  (Chaub.  Lagr.- 
Foss.)  ;  Lot,  Causse  des  Najuts,  cant.  de 
Cahors  (Puel). 

E.  hirsutum  L.  ;  St-Am.  /.  c.  1  56,  var.  a 
Lin.  ;  Puel,  /.  c.  219  ;  Lag.-Foss.  /.  c.  1 3o  :  E. 
aquaticum  Thuill.  FI.  Par.  191  ;  E.  amplexi- 
caule  Lamk.  Dict.  II,  874.  —  Bords  des  eaux, 
fossés  aquatiques  ;  partout  dans  le  bassin  de 
la  Garonne. 

Var.  3  intermedium  Laterrade  FI.  bord.  Ed. 
4e,  p.  181, —  Plante  très  velue,  à  capsules  lai- 
neuses. —  Indiquée  dans  les  laites,  à  La 
Teste,  etc.  (Gironde). 

E.  parviflorum  Schreb.  Spicil.  146;  Puel 
l.  c.  219;  Lag.-Foss.  /.  c.  i3o;  Ab.  Dupuy 
Flor.  des  stations  du  Gers,  178;  E.  pubescens 
Roth  ;  Noul.  FI.  bass.  s.-pyr.  229  ;  E.  molle 
Lamk.  ;  St-Am.  157.  Bords  des  eaux,  fossés 
aquatiques  ;  C.  dans  toutes  les  vallées  de  la 
Garonne,   du    Lot,  du   Tarn,  du  Gers,   de    la 


42 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Dordogne.  —  Les  Landes  et  la  Gironde  (Fou- 

caud). 

Var.  fi  ternatum  St-Am.,  i?;.  —  Diffère  du 
type  par  ses  feuilles  verticillées  par  trois  et 
non  simplement  par  deux.  —  Agcn  (St-Am. 
et  Chaubard). 

Var.  v  subglabrum  Koch;  Puel  Cat.  plant. 
Lot, 2i'r,  /.'.  rivulare  Vahl.  —  Feuilles  glabres 
ou  presque  glabres,  ou  légèrement  pubeseen- 
tes  à  poils  rares,  apprimés  (Puel).  —  Lot  à 
Figeac  (Puel). 

Var.  S  intermedium  Mérat.  Fl.  Par.,  Ed.  2", 
314;  Noul.  Fl.  bass.  s.-Pyr.,  220.  —  Tiges 
rameuses;  feuilles  alternes  un  peu  élargies; 
fleurs  plus  grandes  que  dans  le  type.  —  Tou- 
louse, les  saussaies  de  la  Garonne  (Noulet). 

E.  palustre  L.  ;  Ab.  Dup.  FI.  des  stat.  du 
Gers,  178;  Lloyd  et  Fouc.  FI.  de  l'Ouest, 
Ed.  4''.  1 3 1-  —  Gers,  marais  de  l'Armagnac 
(Dup.);  Landes  à  St-Sever  (Léon  Dufour)  et 
tout  l'Ouest  (Fouc.j;  Gir.  marais  de  la  Leyre 
(Laterr.).  —  N'existe  pas  dans  les  autres  dépar- 
tements du  bassin  de  la  Garonne. 

E.  montanum  Lin.;  St-Am.,  1?-;  Puel 
Cat.  pi.  Lot,  219;  Lagr.-Foss.  loc.  cit.,  i3o; 
Noul.  FI.  bas.  s-Pyr.,  i3o;  Lat.  Fl.  bord., 
81  :  Ch.  des  Moul.  Cat.  pi.  Dord.  î1''  Suppl. 
(1849). —  Tiges  glabres  ou  pubescentes,  cylin- 
dracées,  sans  stolons,  simples  ou  rameuses; 
feuilles  glabres,  ovales-lancéolées,  arrondies  à 
la  base,  sessiles  ou  brièvement  pétiolées,  den- 
tées à  dents  irrégulières,  les  infér.  opposées, 
rarement  alternes  ;  stipules  lancéolées-aigués, 
fleurs  petites,  rosées,  devenant  plus  foncées  à 
la  fin,  à  pétales  deux  fois  plus  longs  que  le 
calice  ;  fl.  en  juin.  —  Lot-et-Gar.  bois  sablon- 
neux des  environs  d'Agen  à  Beauregard  (St- 
Am.),  Ségougnac  (L.  de  Brondeau),  Pommaret 
I  .  de  Pom.)  —  Lot  à  Figeac  (Puel);  Tarn- 
et-Gar.  Malause  et  bords  du  Tarn  à  St-Mar- 
tin  (Lag-Fos.) ;  Haute-Gar.  bords  de  l'Ariège 
a  Venerque  Noul.);  Landes,  bords  de  l'Adour 
à  St-Se\        1  Dufour);   Gir.   Cénon,  près 

de   Bordeaux  (Laterr.);   Dord.  au   Saut  de  la 
Gratusse  (Ch.  des  Moulins). 

Var.  S  collinum  Koch  Syn.  fl.  germ.  Ed.  2'', 

1  -  Puel  loc.  cit.,  220;  /-.'.  collinum  Gmel. 
Fl.  bad.  IV.265;  Ch.  des  Moul.  Cat.  pi.  Dord. 
loc.  cit..  420.  —  Rosettes  foliaires  radicales 
non  régulièrement  quadrangulaires,  n'émettant 
qu'une  seule  tige  et  non  plusieurs  comme  dans 
le  type  montanum  :  lleurs  et  feuilles  de  moitié 
plus  petites;  dents  des  feuilles  plus  éloignées, 
et  pétiol  coup   plus   courts.   —   l< 

1       iors  sur  les  bords  du  Lot  où  il  est  commun 
(Puel  . 


E.  lanceolatum  in  Sebast.  et  Mauri 
Fl.  rom.prod.,  1 33  (1818)  ;  Lloyd  et  Loue.  Fl. 
de  l'Ouest,  1 3 1  ;  Ch.  des  Moul.  Add.  au  Cat. 
pi.  Dord.,  419;  F.  montanum  var.  lanceolatum 
Koch  Syn.,  Ed.  2»,  p.  p.  ;  F.  nilidum  Guépin 
Fl.  Maine-et-Loire  an  Host?  —  Tiges  cylit  . 
dracées,  non  anguleuses,  pubescentes,  n'émet- 
tant pas  de  stolons  ;  rosettes  foliaires  étalées, 
non  quadrangulaires  ;  feuilles  lancéolées,  en- 
tières, les  infér.  obtuses  plus  longuement  pétio- 
lées, cunéiformes  à  la  base  et  non  arrondies  ; 
fleurs  d'un  rose  pâle,  presque  blanches  sur  le 
frais,  d'un  rose  plus  intense  par  la  dessicca- 
tion; stigmate  quadrifide.  Fl.  de  juillet  à  sep- 
tembre. —  Rare  dans  les  bois  sablonneux.  — 
Lot-et-Gar.  Les  bois  à  Beauregard  (O.  Debx.  1, 
Pommaret,  près  d'Agen  (E.  de  Pom.)  ;  Gir.  à 
la  limite  de  la  région  landaise  à  Mérignac, 
Martillac,  etc.  (Ch.  des  Moul.);  Dord.  sables 
granit,  à  Nontron  (Ch.  des  M.);  répandu  dans 
tout  l'Ouest  (Fouc). 

Obs.  La  variété  angustalum  de  VF.  monta- 
num, établie  par  Saint-Amans  loc.  cit..  i>-,  et 
distinguée  par  ses  feuilles  étroites,  presque 
lancéolées,  me  parait  n'être  que  le  type  E.  lan- 
ceolatum, omis  par  le  même  auteur  dans  sa 
Flore  agenaise. 

15.  roseum  Schreb.  Spicil.  fl.  lips.,  147; 
Koch  S)-n.,  Ed.  2",  p.  267;  Puel  loc.  cit.  220; 
Ch.  des  Moul.  loc.  cit.  42  1  ;  Lloyd  et  Fouc.  loc. 
cit.  1 32.  —  Espèce  bien  caractérisée  par  ses 
tiges  velues,  non  stolonifères,  de  2-4  décim., 
marquées  de  2-4lignes  saillantes,  par  ses  feuilles 
toutes  plus  ou  moinspétiolées,  dentées,  cunéi- 
formes à  la  base,  par  ses  fleurs  très  petites  d'un 
rose  pâle.  —  Bois  frais,  bords  des  ruisseaux, 
Agen  (Chaubard  ex  ipso  in  lilteris.  —  Lot  à 
Lavernoulie  (Pueli  ;  Dord.  à  Bergerac  (Rev<  1 

E.  tetragonum  Lin.  non  Koch;  St-Am., 
loc.  cit.,  220;  Lag-Fos.  loc.  cit.,  i3o;  Noul. 
loc.  cit.,  23o;  Dup.  Fl.  Stat.  du  Gers,  178.  — 
Bois  frais,  fossés  marécageux;  C.  dans  la  val- 
lée de  la  Garonne,  de  Toulouse  à  Bordeaux, 
et  dans  le    Lot,  le  Gers,  les  Landes,  la    Dor- 

1  1 1  II  ,  N  F. . 

Yar.  Robscurum  Schreb.  Spicil. fl.  lips.,  147  ; 
Soyer-Willem.  in  obs.  plant,  de  France,  65  ; 
Puel  loc.  cit..  220;  F.  virgalum  Auct.  mult. 
non  Pries  ;  F.  tetragonum  var.  p  Willd.  — 
Tiges  de  2-5  décim.  dressées,  simples  ou  ra- 
meuses, munies  à  la  base  de  stolons  filiformes 
avec  de  petites  feuilles  écartées,  pétiolées, 
obovées  ;  feuilles  d'un  vert  foncé,  lancéolées. 


1     Les   espèces    dont    les    noms   sont   imprimés 
dans    le   texte    en    caractères   gras,   sont   nouvelles 
1   la  tlore  du  Lot-et-Garonne  (O.D.) 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


-P 


dentées,  aiguës,  les  caulinaires  sessiles  sou- 
vent opposées  ;  fleurs  rosées,  dressées  ;  stig- 
mates rapprochés  en  massue,  puis  quadrilobés 
au  sommet  (Bor.).  —  Lieux  humides,  bords 
des  ruisseaux.  —  Lot  à  Figeac  (Puel)  ;  l'Ouest 
(Fouc). 

Obs.  M.  Foucaud  est  d'avis  que  \'E.  obscu- 
rum  Schreb.  n'est  ni  une  espèce  distincte  ni 
même  une  bonne  variété.  C'est  une  forme  de 
\'E.  tetragonum  qui,  vivant  aux  bords  des 
eaux,  présente  à  la  place  des  rosettes  quelques 
stolons  filiformes  à  feuilles  distantes  par 
paires.  Si  la  localité  vient  à  se  dessécher,  ces 
stolons  ne  se  montrent  plus. 

E,  Emiiyi  F.  Schultz  Fl.  od.  bot.  \eitg., 
8oG    (1844)  et    Archiv.    de    la    fl.    de   Fr.    et 
d'Allem.,  S7  (1846)   et    in  Archiv.    de   Flore, 
277  (iS3S);  Ch.  des  Moul.  Cat.  rais.pl.  Dord. 
Suppl.    in     Act.    Soc.     Lin.    Bordx.     (1849), 
p.  421  ;  Koch.    Sj-n.  fl.  germ.  et  helv.  Ed.   20, 
in  Add.,  p.  1021;    Bor.  Fl.  du  Cent.,   Ed.   3«, 
141  ;  E.    tetragonum  var.    Lamyi   Lag.-Foss. 
Fl.    Tarn-et-Gar.,  i3o;  F.  tetragonum  forma 
Lamyi  Lloyd  et  Fouc.  Fl.  de  l'Ouest,    1 3a.  — 
Plante  annuelle   ou  bisannuelle   (F.  Schultz), 
ou  vivace  (Ch.  des  Moul.);  tiges  obscurément 
tétragones   dans  le  bas,  presque  cylindriques 
dans  le  haut,  devenant  stolonifères  aux  bords 
des  eaux,    simples    ou    rameuses,    glabres    et 
légèrement    pulvérulentes    vers    le    sommet  ; 
stolons  munis  de  courtes   rosettes  de   feuilles 
obovées-oblongues,     pétiolées,     et    poussant 
après  la  floraison;   feuilles   glabres,  luisantes, 
lancéolées,    arrondies  à    la  base,   les    infér.  et 
les  caulinaires  sessiles,  non  décurrentes,  den- 
ticulées,     les     super,    brièvement    pétiolées  ; 
fleurs  terminales    dressées,  à   pétales   obovés- 
orbiculaires,   obtus,   émarginés  par  une   fente 
très  courte,  rosés  et  marqués    de  la  base  jus- 
qu'au   milieu    de   veines  purpurines;    capsule 
tétragone  à  angles  obtus,  pubescente-cendrée; 
graines  ovales-oblongues,   arrondies  des  deux 
côtés,  finement    ponctuées.  —   Alluvions  des 
rivières,  bords  des    eaux  ;    Lot-f.t-Gar.    dans 
les  bois  frais  à  Pommaret,  près  d'Agen  (E.  de 
Pom.    teste     Fr.    Schultz);    Tarn-et-Gar.    à 
Saint-Martin,  le   long  du  Tarn   (Lag.-Foss.)  : 
Dord.  à    Lanquais,  Manzac  (Ch.  des    Moul.); 
Haute-Gar.,    à    Saint-Martin    de    Lasbordes 
(Timbal).  —  \JE.  Lamyi  a   été  signalé  égale- 
ment dans   la  Vienne  à    Limoges  (Lamy,    De- 
lattre,  Chaboisseau),    dans  la   Vendée,  etc.    Il 
est  répandu  dans  le  Sud-Ouest,  mais    devient 
rare  vers  l'Est,  et  ne    dépasse  guère  le   centre 
de  la  France. 

Onothera  biennis  L.  ;  Gr. /oc.  cit.  I,  584; 
St-Am.  /.  c.  1 5 S  ;  Noulet  Fl.  bass.  s.-pyr.  23 1. 
—  Les  graviers  et   les    berges   des    rivières  ; 


Haute-Gar.,  rives  de  la  Garonne  et  de  l'A- 
riège,  Toulouse,  Braqueville  (DrNoul.);  Tarn 
et-Gar.,  sur  les  bords  du  Tarn  à  Montauban 
et  Moissac  (Lagr.-Foss.)  ;  Lot- et- Car.,  à 
Agen  (St-Am.  Chaub.  O.  Debx.);  Gironde, 
rives  de  la  Garonne  à  Floirac,  aux  Douze- 
Portes  ;  Gradignan,  près  de  Bordeaux.  Dans 
cette  dernière  localité,  l'O.  biennis  recouvre 
des  champs  entiers  (Laterrade);  Lot,  com.  à 
Cahors  (Puel)  ;  Gers,  sur  les  bords  de  l'Adour 
et  de  la  Gimone  (Ab.  Dup.)  ;  Landes,  rives  de 
l'Adour  à  Dax,  Saint-Sever,  Aire  (Léon  Du- 
four),  Mont-de-Marsan  (E.  Perris),  Dordogne, 
à  La  Linde,  Lanquais,  sur  les  sables  de  la 
Vezère  (Ch.  des  Moulins). 

O.  siiïivoolens  Desf.  Tabl.  écol.  bot. 
180;  DC.  in  Prod.  III,  46.—  Voisin  du  précé- 
dent, mais  en  différant  par  ses  fleurs  du  double 
plus  grandes,  très  odorantes,  à  odeur  spéciale 
de  fleur  d'oranger,  et  ses  pétales  un  peu 
échancrés,  par  ses  capsules  oblongues,  de 
grosseur  égale  dans  toute  leur  longueur.  — 
Plante  bisannuelle,  un  peu  velue,  à  tiges  dres- 
sées, peu  élevées.  —  Agen,  le  long  de  la  prise 
d'eau  du  Canal-latéral  au-dessus  du  Pont  de 
pierre  (O.  Debx.  Juin  1849).  —  Originaire  de 
l'Amérique  boréale  et  cultivé  dans  les  jardins, 
d'où  il  s'échappe  parfois. 

(A  suivre). 


Un  nouveau  Champignon  des  racines  de 
la  vigne 

-  M.  Boyer  publie,  dans  les  Annales  de 
l'École  d'Agriculture  de  Montpellier,  un  inté- 
ressant mémoire  sur  un  nouveau  champignon 
observé  sur  le  tronc  et  les  racines  de  porte- 
greffes  et  de  vignes  greffées  qu'il  rapporte  à 
l'Helicobasidium  purpureum . 

Ce  champignon  est  peu  important  comme 
parasite,  mais  il  est  cependant  intéressant  d'en 
connaître  les  caractères  particuliers,  tout  au 
moins  pour  pouvoir  le  distinguer  de  champi- 
gnons plus  redoutables,  tels  que  ceux  du 
Pourridié. 

Il  se  manifeste  par  de  larges  lames  veloutées 
et  des  cordons  mycéliens  rose  violacé,  prenant 
une  teinte  plus  pâle  au  moment  de  la  repro- 
duction, qui  couvrent  le  tronc  et  les  racines 
des  vignes  envahies. 

Il  ne  parait  pas  jusqu'ici  avoir  une  action 
nuisible  sur  la  végétation.  En  tous  cas,  d'après 
M.  Boyer,  il  serait  facile  d'en  arrêter  l'inva- 
sion en  déchaussant  les  souches  au  mois  de 
février  et  les  laissant  exposées  à  l'air  pendant 
quelque  temps.  V.  L. 


44 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


L'esprit  de  routine  dans  les  campagnes. 

1  (paraîtrait  que.  dans  bon  nombre  de  loca- 

l.tés  du  Midi,  les  racines  bulbeuses  d'une  cer- 
taine renoncule  (R.  bulbosus  L.)  très  com- 
mune dans  les  près  elles  bois. ne  demeureraient 
pas  sans  usage  pour  les  braconniers  et  les  cul- 
tivateurs ignorants. 

Ceux-ci,  imbus  de  préjugés  de  toutes  sortes, 
entiches  de  routine  et  partant  d'erreur,  ne  sup- 
posent pas  d'adversaires  plus  acharnés  de  leurs 
récoltes  que  les  inoffensifs  petits  oiseaux. 
Aussi  les  voit-on  se  livrer  contre  ces  derniers 
à  une  guerre  continuelle  et  sans  merci  et  em- 
ployer  tous  les  moyens  dont  il  soit  possible  de 
disposer  pour  arriver  à  leur  destruction. 

C'est  ainsi  que,  sans  que  l'on  s'en  doute  le 
moins  du  monde  peut-être,  —  les  bulbes  de 
la  renoncule  en  question  deviennent  entre  les 
mains  de  ces  cultivateurs  routiniers  et  barbares 
l'instrument  puissant  de  leurs  injustes  repré- 
sailles à  l'égard  de  ces  malheureuses  petites 
créatures. 

De  quelle  façon  procèdent-ils?  Ils  triturent 
tout  simplement  les  bulbes,  très  menu,  et  en 
répandent  les  débris  dans  les  champs  et  plus 
particulièrement  dans  les  lieux  où  le  petit 
gibier  abonde. 

Sans  retard,  les  oiseaux  se  jettent,  parait-il, 
avec  avidité  sur  le  dangereux  appât  qui,  en 
peu  de  temps,  a  raison  d'eux.  Et  ce  sont  alors 
de  véritables  hécatombes  dont  les  braconniers 
se  réjouissent  à  l'avance  et  croient  tirer  grand 
profit. 

Pour  que  la  mort  soit  si  rapidement  déter- 
minée, comme  cela  m'a  été  rapporté,  il  faut 
nécessairement  que  le  bulbe  contienne  un  prin- 
cipe toxique  suffisamment  énergique.  J'avoue 
pourtant  que  je  n'ai  jamais  connu  de  propriété 
vénéneuse  à  cette  plante.  Je  voulus  en  quel- 
que sorte  me  rendre  à  l'évidence  et  la  curio- 
sité me  poussa  à  mâcher  un  de  ces  bulbes 
auquel  je  trouvai  une  saveur  acre  ;  ma  langue 
s'enfla  un  peu,  mais  je  ne  ressentis  pas  d'autre 
malaise.  J'en  conclus  que,  pour  vénéneux  que 
puisse  être  ce  poison,  il  doit  demeurer  absolu- 
ment sans  effet  sur  l'économie.  Mais  ce  que  je 
ne  m'expliquais  pas  très  facilement,  c'était 
l'action  si  prompte  qu'il  exerçait  sur  les  fatales 
victimes  de  l'impitoyable  oiseleur. 

Plus  d'une  fois,  j'avais  entendu  parler  de 
cette  chasse:  mais  le  fait  m'avait  paru  en  lui- 
même  si  étrange  que  j'avais  assez  de  peine  à 
y  ajouter  foi  bien  qu'il  n'eût  pourtant  rien 
d'invraisemblable  dans  le  fonds. 

Je  me  permettrai  à  ce  sujet  de  raconter  la 
petite    aventure    suivante    survenue    incidem- 


ment au  cours  d'une  de  mes  dernières  herbo- 
risations. 

Tandis  que  je  longeais  les  rives  pittoresques 
et  ombragées  de  la  Cassole,  petit  aftluent  de 
gauche  de  l'Argens,  j'aperçus  à  un  endroit 
donné  un  homme  des  champs,  blotti  derrière 
un  fourré,  en  train  de  'surveiller  une  piste. 
Avec  un  sans-gène  impertubable,  il  me  somma 
presque,  en  termes  d'ailleurs  assez  peu  cor- 
rects, de  m 'arrêter  un  instant  avant  de  conti- 
nuer ma  route  ;  puis,  d'un  geste,  il  m'invita  à 
m'approcher  de  lui  et  me  dit  à  voix  basse  le 
motif  pour  lequel  il  était  caché,  à  l'affût,  der- 
rière le  buisson.  J'ai  retenu  sa  phrase  que  je 
traduis  à  peu  près  ainsi  : 

«  Le  bruit  de  vos  pas,  me  dit-il,  va  effrayer 
ces  canailles  de  bêtes  qu'il  faut  que  je  tue  sans 
pitié  ;  nos  champs  ne  prospèrent  plus,  nos  ter- 
res ne  rendent  plus  rien,  nos  récoltes  sont  insi- 
gnifiantes. 11  n'y  aura  bientôt  plus  moyen  de 
vivre,  et  cela  à  cause  de  ces  vilaines  bêtes  qui 
dévorent  tout.  »  J'essayai  de  lui  démontrer  la 
fausseté  de  ses  paroles  ;  je  lâchai  de  le  faire 
revenir  de  son  erreur  en  lui  prouvant  que  les 
oiseaux,  au  lieu  d'être  les  ennemis  du  cultiva- 
teur, en  sont  les  auxiliaires  de  chaque  jour, 
dévoués  et  infatigables.  Peine  perdue,  le  mal- 
heureux ne  voulait  rien  entendre  :  je  catéchi- 
sais dans  le  vide.  Persuadé  qu'il  était  d'accom- 
plir une  bonne  œuvre,  il  me  raconta,  en  détail, 
—  et.  ma  foi,  je  le  laissai  dire  —  mais  toujours 
ami-voix,  comment  il  s'y  prenait  pour  amener 
la  mort  rapide  des  oiseaux.  Ma  conscience  se 
révoltait  à  chacune  de  ses  phrases  et  pourtant 
je  ne  l'interrompis  plus  jusqu'à  ce  qu'il  eût 
terminé  son  récit. 

A  la  fin,  outré  d'un  pareil  procédé  qu'en 
moi-même  je  trouvais  si  odieux,  je  ne  pus 
m'empëcher  de  gourmander  vertement  mon 
interlocuteur  et  je  lui  fis  entendre  qu'une  telle 
pratique  était  détestable  à  tous  les  points  de 
vue  et  qu'elle  pouvait  lui  faire  encourir  une 
condamnation  sévère.  Mais  rien  ne  fit;  se  sou- 
ciant fort  peu  de  ce  que  je  lui  dis.  il  me  pria 
de  parler  sur  un  ton  moins  haut,  je  compris 
pourquoi.  Je  pris  alors  congé  de  lui  et  ne  né- 
gligeai aucune  occasion  d'effaroucher  la  nuée 
d'oiseaux  qui  s'était  imprudemment  abattue 
sur  l'appât  empoisonné.  C'est  assez  dire  si,  en 
le  quittant,  je  dus  me  trouver  dans  ses  bonnes 
grâces. 

Ce  n'est  pas  tout.  Quelques  jours  âpre-, 
j'appris  que  mon  homme  avait  narré  le  tait  à 
bon  nombre  de  paysans,  tous  aussi  routiniers 
que  lui.  qui  n'hésitèrent  pas,  d'un  commun 
accord,  à  déverser  sur  moi  le  trop  plein  de 
leur  indignation.  Je  ne  serais  pas  sincère  si 
je    disais    que    celte    marque   d'antipathie    me 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


45 


laissa  tout  à  fait  indifférent.  Car  les  circons- 
tances en  pareil  cas  me  prouvèrent  surabon- 
damment et,  à  mon  grand  regret,  jusqu'à  quel 
point,  à  l'aurore  du  xxe  siècle,  l'esprit  de  rou- 
tine est  encore  invétéré  dans  nos  campagnes, 
malgré  tous  les  moyens  actuellement  mis  en 
œuvre  pour  la  diffusion  de  l'instruction  et  du 
progrès  dans  les  masses  populaires. 

Il  serait  à  désirer  que  l'on  sévît  avec  beau- 
coup de  rigueur  contre  un  braconnage  si  auda- 
cieux, ou  plutôt  contre  une  erreur  volontaire 
si  condamnable. 

Il  serait  à  désirer  également  que  les  Sociétés 
protectrices  des  animaux,  fondées  dans  bien 
des  localités  sur  l'initiative  et  sous  le  patro- 
nage des  instituteurs,  pussent  fonctionner  nor- 
malement et  s'occuper  d'une  façon  toute  par- 
ticulière, —  ce  qui  est  d'ailleurs  le  but  essen- 
tiel qu'elles  se  proposent,  — ■  d'une  question 
aussi  importante,  et  cela  dans  l'intérêt  supé- 
rieur de  l'agriculture  et  du  bien-être  de  l'hu- 
manité. 

Marius  Capoduro. 


Évolution  de  l'organisme  muscique 

[Suite) 

Bientôt,  dans  son  épaisseur,  apparaît  un  vide 
circulaire,  ou  lacune  aérifère,  qui  sépare  les 
deux  assises  internes  du  reste  du  cylindre  :  ces 
deux  assises  constituent  le  sac  sporifère  ex- 
terne, les  autres  forment  la  paroi  de  la  capsule. 
Quant  au  sac  sporifère  interne,  il  est  fourni 
par  la  couche  externe  de  la  colonne  stérile 
axile,  c'est-à-dire  de  la  columelle. 

Nous  avons  vu  quelle  est  l'évolution  de  ces 
divers  éléments  du  sporogone  chez  les  Sphai- 
gnes.  Dans  le  genre  Archidium.  les  cellules- 
mères  émanent  du  cylindre  central  ;  elles  sont 
très  peu  nombreuses  et  provoquent  à  leur 
profit  la  résorption  des  autres  cellules  ;  la 
paroi  interne  se  trouve  très  réduite  et  ne  com- 
prend qu'une  seule  assise. 

Dans  les  autres  mousses,  l'évolution  du  fruit 
est  typique  et  se  fait  absolument  suivant  le 
mode  que  nous  avons  décrit;  l'archéspore  se 
forme  aux  dépens  des  assises  périphériques  de 
la  columelle.  et  produit  des  spores  dans  toutes 
ses  cellules,  dont  la  paroi  se  trouve  détruite  à 
la  maturité  ;  en  raison  de  ce  processus,  la 
couche  sporifère  offre  l'aspect  d'un  cylindre 
traversé  de  part  en  part  par  la  colonne  colu- 
mellaire-. 

Les  deux  étages  inférieurs  de  l'embryon 
prolifèrent  et  produisent  des  éléments  allongés 
dont  la  réunion  forme  le  pédicelle  qui  s'engage 


plus  ou  moins  profondément  dans  le  tissu  de 
la  tige  sur  laquelle  s'est  différencié  L'arché- 
gone. 

L'accroissement  de  l'œuf  rompt  prompte- 
ment,  par  une  déchirure  circulaire,  l'enveloppe 
archégonienne  qui  devient  sèche  et  ruptile,  et 
se  développe  en  forme  de  coiffe;  cette  coiffe 
ne  tarde  pas  à  s'isoler  de  l'embryon  qu'elle 
renferme,  et  il  suffit  vers  l'époque  de  la  matu- 
rité d'un  très  minime  effort  pour  la  détacher. 

L'évolution  du  sporogone  reste  assez  long- 
temps stationnaire,  mais  la  maturation  se  fait 
souvent  rapidement  ;  un  court  espace  de  temps 
suffit  pour  que  le  pédicelle,  parvenu  ;t  un  cer- 
tain degré  d'élongation,  termine  cette  élonga- 
tion  et  affecte  sa  direction  caractéristique,  et 
pour  que  la  capsule,  d'abord  simple  cylindre 
sans  élégance;  se  dilate,  se  courbe,  s'incline, 
et  revête  l'aspect  qui  la  distingue  selon  les  es- 
pèces. Nous  ne  suivrons  pas  le  commence- 
ment de  cette  évolution,  dont  nous  avons 
indiqué  l'ébauche  dans  les  traits  qui  la  ren- 
dent intéressante  ;  son  processus  est  suffisam- 
ment révélé  par  les  caractères  du  fruit  parvenu 
à  maturité,  et  l'histoire  de  la  genèse  de  ces 
caractères  se  confon'd  avec  leur  étude  anato- 
mique. 

Comme  nous  l'avons  vu,  le  pédicelle  pro- 
vient de  l'œuf  au  même  titre  que  la  capsule. 
On  a  quelquefois  trouvé,  par  exemple  dans  le 
genre  Meesa,  deux  sporogones  portés  par  un 
même  pédicelle.  Cette  anomalie  ne  peut  s'ex- 
pliquer que  par  la  bifurcation  de  l'étage  supé- 
rieur de  l'embryon,  chacune  de  ses  divisions" 
évoluant  séparément  et  produisant  une  cap- 
sule. M.  Leitgeb  voit  dans  ce  phénomène  le 
retour  à  un  état  ancestral,  autrefois  normal, 
aujourd'hui  accidentel. 

(A  suivre).  A.  Acloque 


L'Ortie   comme  hémostatique 
et  cicatrisant. 

Nous  empruntons  à  la  Médecine  moderne  la  note 
suivante  très  intéressante  sur  un  mode  de  prépa- 
ration pharmaceutique  et  les  résultats  expérimen- 
taux obtenus  avec  de  la  poudre  d'Urtica  nrens. 
Cette  note  a  été  adressée  par  M.  Marre,  étudiant 
en  médecine  à  Lyon,  qui  a  fait  sur  ce  sujet  une 
série  d'expériences  poursuivies  à  l'Ecole  nationale 
vétérinaire  de  Lyon  pendant  le  premier  semestre 
de  l'année  iSg5. 

«  Persuadé  que,  parmi  les  remèdes  populaires, 
il  en  est  qui,  appliqués  d'une  façon  rationnelle  à 
la  thérapeutique  courante,  peuvent  rendre  des 
services,  j'ai  voulu  chercher  quelles  sont  les  pro- 
priétés hémostatiques  et  cicatrisantes  de  YUrtica 
urens.  Les  paysans  du  Languedoc,  mon  pays, 
emploient  les  feuilles  et  les  tiges  pilées  de  cette 
plante  en  cataplasmes  pour  le  traitement  d'urgence 


1-6 


1  I       MONDE      DES      PLANTES 


îles  plaies  de  peu  d'importance  :  ils  arrêtent  ainsi 
les    hémorrhagies    en    nappe    et    obtiennent,   sous 
istacées,  des  cicatrisations  rapides. 

,  \;  s  de  nombreux  essais,  je  suis  arrivée 
obtenir  une  poudre  qui,  répandue  a  la  surlace 
d'une  plaie,  aide  à  la  formation  rapide  du  caillot, 
amène  l'h<  us  rapidement  que  le  perchlo- 

rure  de  fer  et  produit,  dans  tous  les  cas.  une  réu- 
nion beaucoup  plus  prompte  que  celle  obtenue  par 
iS  usuels. 

«  Cette  poudre    doit    être    préparée    de    la  I 
suivante  : 

«  A.  —  Faire  macérer  dans  l'alcool  400  gram- 
mes de  feuilles  et  de  tiges  fraîches  d'Urtica 
mois. 

«  B. —  Piler  au  mortier  i5o  grammes  de  feuilles 
et  de  tiges  A'I'rLc.i  urens  préalablement  séchées  .1 
l'étuve.  Passer  la  poudre  ainsi  obtenue  au  tamis 
de  crin   n 

«  C.  —  Incorporer  la  poudre  1!  à  la  liqueur 
alcoolique  A.  Distiller  pour  récupérer  l'alcool. 
Achever    la    dessiccation  au    bain-marie    d'huile    à 

4     1  -' 

«  D.  —  Piler  au  mortier  le  résidu:  passer  au 
tamis  très  tïn.  On  obtient  ainsi  la  poudre  hémo- 
statique d'Urtica  mois. 

..  Une  soixantaine  d'expériences  ont  été  tentées 
sur  les  animaux. Elles  ont  été  toutes  concluantes. La 
poudre  agit  comme  poudre  inerte  d'abord,  puis 
surtout  par  ses  propriétés  astringentes  énergiques, 
et  cette  double  action  concourt  à  la  formation 
rapide  d  un  caillot  noirâtre,  très  adhérent,  et  sous 
lequel  la  cicatrisation  marche  rapidement. 

D  tns  tous  les  cas,  l'hémostase  a  été  plus  rapi- 
dement obtenue  qu'avec  le  perchlorure  de  fer.  La 
poudre  d'Urtica  urens  est  fort  peu  coûteuse,  on 
peut  l'obtenir  partout.  Il  semble  qu'elle  puisse 
rendre  des  services  comme  hémostatique  d'urgence 
et  être  employée  avec  fruit  par  la  médecine  vété- 
rinaire. » 


Revue  des  Sociétés  savantes 

Académie  des  Sciences  de  Paris 

Séance  du  7  octobre  i8g5.  —  Action  de  l'air  sui- 
te motif  de  raisin  et  sur  le  vin,  Y.  Martinand. 
L'action  de  l'air  sur  le  moût  de  raisin  provoque 
dation  de  la  matière  colorante,  la  rend  inso- 
luble et  développe  des  parfums  particuliers.  Ces 
réactions  paraissent  produites  par  un  ferment 
soluble  ou  diastase,  qui  contribue  au  phénomène 
de  vieillissement  des  vins,  et  est  probablement  la 
cause  de  ce  dépôt  hàtil  de  la  matière  colorante  que 
l'on  constate  dans  certains  vins  et  des  accidents 
que  l'on  désigne  sous  le  nom  de  easse  ou  de  tourne 
sont  pas  dus  au  développement  de 
micro-organismes. 

Séance  du  4  novembre.  —  Sur  tu  fermentation 
delà  cellulose.  D'après  M.  Y.  Omelianski  le  Bacillus 
amylobacter,  qu'on  a  considéré  comme  le  ferment 
par  excellence  de  la  cellulose,  ne  serait  pas  une 
espèce  unique,  mais  collective;  le  savant  russe  a 
réussi  à  isoler,  par  une  mctlmdc  ,1e  culture  élec- 
tive, le   terinent  propre  de  la  cellulose. 

Séance  du  11   novembre.  —  Sur  les  propriétés  de 
l'èmulsine  des  champignons,  E.  Bourquei         B 
coup    de   champignons,    surtout    de   ceux    qui   se 
développent    sur   les  arbres  ou  le    bois  mort,  ren- 
ferment un  ferment  soluble  capable  de  dédoubler 


certains  glucosides,  comme  le  l'ait  l'èmulsine  des 
amandes.  les  deux  ferments  sont-ils  identiques: 
Aucun  tait  certain,  jusqu'à  présent,  n'autorise  à 
supposer  le  contraire.  —  Sur  la  fixation  directe. 
par  les  fibres  végétales,  de  certains  oxydes  métal- 
liques, Bonnet. 

Séance  du  1  s  novembre  —  Sur  une  maladie  du 
prunellier,  contractée  spontanément  par  un  érable. 
En  examinant  des  feuilles  d'Acer  campestre, 
recueillies  en  octobre  1S0S  dans  une  haie,  pics  de 
Nancy,  M.  Paul  Vuillemin  a  trouvé  sur  ces  feuilles, 
té  des  périthèces  de  VUncinula  aceris,  parasite 
ordinaire  de  cette  espèce,  les  conceptacles  d'une 
autre  forme.  VUncinula prunastri, qui  se  développe 
normalement  sur  le  prunellier,  et  n'attaque 
l'érable  qu'accidentellement. 

Séance  du  -±5  novembre.  —  Lj  Laccase  dans  !•  s 
champignons.  Ainsi  que  l'aétabli  M.  il.  Bertrand', 
la  laccase,  ferment  soluble  oxydant,  existe  dans  un 
grand  nombre  de  plantes  phanérogames.  I  a  pré- 
sence de  ce  ferment  se  décèle  dans  les  tissus  par  la 
coloration  bleue  qu'il  prend  sous  l'action  de  la  tein- 
ture de  résine  de  gaïac.  En  collaboration  avec 
M.  Bourquelot,  M.  Bertranu  a  recherché  et 
trouvé  ce  même  ferment  dans  les  champi- 
gnons. 


Revue  des  Revues. 

Le  Naturaliste  (i«  nov.  gô  .  —  Les  Algues 
calcaires,  P.  Hariot.  —  (iCT  doc.  95).  Encore  des 
champignons  comestibles,  I'.  Hariot.  Il  s'agit  du 
Sparassis  laminosa,  qui,  paraît-il,  se  recommande 
aux  gourmets  par  des  qualités  comestibles  très 
positives.  Cette  espèce  se  présente  sous  la  tonne 
de  masses  plus  ou  moins  volumineuses,  charnues, 
mais  fermes,  composées  d'une  base  d'où  émergent 
des  rameaux  nombreux,  dichotomes,  foliacés  et 
comprimés,   non  recourbés  au  sommet. 

Cosmos  (9  nov.  1895).  —  Excursion  botanique 
aux  grottes  de  Saulges  et  de  Saint-Georges 
Mayenne  .  H.  Léveillé.  M.  Léveillé  a  visité  pen- 
dant les  vacances,  au  point  de  vue  botanique,  les 
grottes  naturelles  situées  dans  la  vallée  de  l'Erve, 
et  il  a  rapporté,  tant  de  ces  grottes  que  de  leurs 
environs,  quantité  d'espèces  intéressantes,  parmi 
lesquelles  Epilobium  angustifolium  !..  I.a  présence 
de  VElodea  canadensis  Rien,  a  été  constatée 
dans  l'Erve.  —  Les  insectes  qui  nous  mangent, 
A.  Acloqde. 

Botanisk  tidsskrift  Tome  20,  fasc.  1.  i\p  '. 
—  Sur  une  nouvelle  espèce  de  Zygnema  avec  .i\\- 
gospores,  Mlle  Emma  Hallas.  Cette  espèce  a  été 
trouvée  en  avril  1894  dans  l'île  d'Amager  près  de 
Copenhague.  Elle  se  présentait  sous  la  forme  d'une 
masse  grisâtre  de  la  grosseur  d'une  noix,  laquelle 
examinée  au  microscope,  se  montra  en  grande  partie 
composée  de  longs  filaments  d'un  Zygnema,  dont 
la  plupart  des  cellules  étaient  sur  le  point  de  fer- 
mer des  spores  sans  copulation,  c'est-à-dire  des 
azvgospores.  Les  cellules  végétatives  cylindriques 
étaient  longues  de  35  à  100  u  et  larges.de  1  s  a  -ou.. 
Ces  cellules  s'allongeaient  souvent  avant  de  fruc- 
tifier et  atteignaient  jusqu'à  240  u,  de  longueur. 
Puis  les  deux  chromatophores  étoiles  commençaient 
à  se  diviser:  cette  bipartition  pouvait  se  répéter 
jusqu'à  trois  fois,  ('ne  fois  les  divisions  achevées, 
le  protoplasme  se  contractait  peu  à  peu  vers  le  centre 
de  la  cellule  qui  se  renfla  et  devenait  grosso  modo 
subfusiformc.   Les   deux  extrémités  de   la  cellule, 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


47 


restées  cylindriques,  commençaient  à  se  remplir 
d'une  masse  gélatineuse,  présentant  la  réaction  de 
la  cellulose.  En  dedans  de  la  membrane  cellulo- 
sique de  la  spore  se  formait  alors  une  membrane 
moyenne  (mesosporium)  imprégnée  d'une  matière 
jaune  et  présentait  de  nombreuses  vacuoles.  La 
spore  développée  ressemblait  ainsi  aux  zygospores 
des  espèces  de  la  section  scrobiculatœ  de  Bary.  elle 
était  d'un  brun  jaunâtre.  Une  fois  mûres,  les  spores 
restèrent  en  repos  pendant  deux  mois  et  demi. 
Après  ce  temps,  les  spores  quittèrent  leurs  enve- 
loppes, flottant  librement  dans  le  liquide  et  aban- 
donnant aussi  leur  membrane  externe  ou  exospo- 
rium.  Pour  la  germination  le  mesosporium,  devenu 
l'unique  enveloppe  de  !a  spire,  se  fendit  latérale- 
ment, et  par  cet  issue  le  contenu  s'échappa. 

Bulletin  da  l'Herbier  Boissier  (n°  io).  — 
Ueber  nette  und  bcmerkens  tverthe  orientaliscltc 
Pflan\enarlen,  J.  Freyn. —  La  flore  alpine  des  cal- 
caires de  la  TransCaucasie  occidentale,  Nicolas 
Alboff.  —  Polygalacex  novœ  vel  parum  cognitœ. 
R.  Chodat. 

Bulletin  de  la  Société  botanique  de 
France  sept.  oct.  93). —  Loxania  et  Ptychostylus, 
Ph.  van  Tieghem.  —  Subdivision  de  la  section 
Eubatus  Focke  (Rubi  fruticosi  veri  Arrhen.),  abbé 
Boulay.  —  Résultats  de  la  culture  du  Pénicillium 
cupricum  Trabut,  J.-de  Seynes.  Cette  forme  de 
Pénicillium,  qui  se  développe  dans  des  solutions 
de  sulfate  de  cuivre  présentant  jusqu'à  9,  5  °/„  de 
sel  cuivrique,  et  auquel  M.  Trabut  a  donné  le 
nom  provisoire  de  P.  cupricum,  n'est  pas  une 
espèce  autonome,  mais  un  P.  glaucum  qui  a  mo- 
difié la  teinte  de  ses  conidiessous  l'influence  du  sel 
de  cuivre.  Le  mycélium  qui  provient  de  la  germi- 
nation de  ses  spores  voit  son  aptitude  à  produire 
des  organes  reproducteurs  diminuée,  non  par  suite 
d'une  action  spéciale  du  sulfate,  mais  en  raison  de 
l'impulsiondonnéeaux  phénomènes  végétatifs  dans 
un  milieu  plus  riche  que  les  solutions  qui  ont  servi  de 
terrain  au  P.  cupricum  — Les  arum  vulgare  Luck. 
et  italicum  MM.,  D.  Clos.  — Sur  la  marche  de  la 
gommose  dans  les  Acacias,  L.  Lutz.  Pour  étudier 
la  marche  de  la  gommose,  M.  Lutz  a  eu  recours 
à  deux  matières  colorantes,  le  rouge  neutre  de 
Cassella,  qui  se  fixe  sur  la  gomme,  et  le  vert  acide 
JEEE  'Poirrier)  qui  se  fixe  sur  les  éléments  cellu- 
losiques. Pour  observer  le  début  du  phénomène,  il 
faut  établir  les  coupes  sur  des  tiges  âgées  seule- 
ment de  quelques  semaines,  et  dans  le  voisinage 
du  bourgeon  terminal.  Ce  n'est  qu'après  la  diffé- 
renciation secondaire  qu'on  voit  apparaître  dans  le 
cambium  une  légère  coloration  rouge  violacé,  qui 
devient  rapidement  rouge  vif.  Sur  une  coupe  plus 
âgée,  on  constate  que  la  gommose  gagne  les  tissus 
voisins,  à  la  fois  vers  l'extérieur,  envahissant  pro- 
gressivement l'assise  génératrice  puis  le  liber,  et 
vers  l'intérieur,  où  elle  gagne  peu  à  peu  par  les 
rayons  médullaires.  La  paroi  primitive  des  fibres 
péricycliques  résiste  longtemps  à  la  gommose;  les 
fibres  et  les  vaisseaux  situés  entre  cette  zone  et  le 
cambium  deviennent  un  peu  gommifères,  mais 
sans  subir  aucune  modification  de  structure.  La 
véritable  phase  de  formation  et  d'exsudation  de  la 
gomme  commence  après  l'imprégnation  complète 
des  rayons  médullaires.  — Liste  des  plantes  rares 
ou  intéressantes  des  environs  de  Montfort-l' Amaury 
et  de  la  forêt  de  Rambouillet  {Seine-et-Oise,, 
Mlle  Marguerite  Belèze.  Nous  relevons  dans  cette 
liste  :  Eptlobium  spicatum  L.  ;  E.  lanceolatum  S.  et 
M.;  E.  palustre  L.  ;    E.  roseum  Schreb.  ;  E.  tetra- 


gonum  L.  var.  Lamyi  et  var.  obscurum ;  E.  monta- 
iiinn  L.  var.  collinum. 

Journal  de  botanique  (16  oct.  93. j  —  Sur  le 
Radaisia,  nouveau  genre  de  Myxophycée,  C.  Sau- 
vageau.  —  Contribution  à  l'étude  de  la  flore  de  la 
Lorraine,  Camille  Brunotte.  —  (icr  nov.  g3.)  Sut- 
deux  nouvelles  espèces  de  Dermocarpa,  C.  Sauva- 
geau.  —  Géographie  botanique  de  la  Tunisie, 
Ed.  Bonnet.  — fiG  nov.  95;.  Hétérospermie  de  cer- 
tains Aethionema  hétérocarpes,  de  Coincy.  M.  de 
Coincy  a  rapporté  d'Espagne  un  intéressant  Aethio- 
nema hétérocarpe,  c'est-à-dire  à  silicules  présentant 
une  forme  différente  suivant  qu'elles  sont  plus  ou 
moinshautsurlagrappe;  les  inférieurescontiennent 
ordinairement  deux  graines  dans  chaque  loge,  les 
supérieures  étant  au  contraire  presque  constam- 
ment monospermes,  une  des  loges  étant  vide  et 
l'autre  ne  contenant  qu'une  graine.  Les  graines  des 
silicules  oligospermes  sont  couvertes  de  petits  ma- 
melons, et  offrent  une  forme  ovale-arrondie,  due  à 
ce  fait  que  la  radicule  est  appliquée  exactement 
sur  le  cotylédon  intérieur  qui  présente  même  une 
légère  excavation  pour  le  recevoir.  Les  graines  des 
silicules  monospermes,  au  contraire,  sont  lisses  et  de 
plus  anguleuses,  subtriquètres,la  radicule  un  peu  la- 
térale s 'écartant  des  cotylédons.  Y:  Aethionema  d'Es- 
pagne qui  a  servi  de  base  à  ces  intéressantes  consta- 
tations est  identique  à  un  exemplaire  cueilli  par 
Bourgeau  près  de  Baza  que  Cosson  a  étiqueté  dans 
l'herbier  du  Muséum  Ae.  saxatile  var.  ovalifolium. 
—  Catalogue  des  Cryptogames  vasculaires  et  des 
Muscinees  du  nord  de  la  France,  L.  Géneau  de 
Lamarlière. 

La  Revue  scientifique  du  Limousin 
(i3  nov.  g5).  La  Société  Botanique  du  Limousin,  C 
Le  Gendre.  —  De  l'aloès,  E.  Pillault. 

La  Revue  scientifique  (3onov. 95).  Essai  d'une 
synthèse  idéale  de  l'individu  muscique,  A.  Acloque. 
Si  l'on  part  théoriquement  de  la  cellule  unique 
primitive  qui  est  l'origine  de  l'individu  muscique, 
à  quelque  réalisation  qu'il  appartienne,  et  si  on 
suit  son  évolution,  on  voit  que  selon  les  groupes 
cette  évolution  a  lieu,  pour  l'appareil  végétatif, 
suivant  deux  modes  différents.  Le  premier  mode 
est  très  simple,  et  il  ne  se  rencontre  que  dans 
quelques  espèces  plus  étroitement  unies  que  les 
autres  à  leurs  ancêtres  morphologiques  immédiats, 
les  Algues;  il  n'est  autre  que  la  constante  prolifé- 
ration utriculaire  s'opérant  toujours  dans  le  même 
sens  jusqu'au  complet  développement  individuel; 
c'est  là  sa  limite,  et  la  forme  qui  en  résulte  repré- 
sente un  thalle.  Le  second  mode,  bien  plus  général,  ■ 
réside  dans  une  déhiscence  successive  d'organes 
emboîtés  qui  s'épanouissent  l'un  après  l'autre.  Ses 
variations  expliquent  les  modifications  des  formes 
et  leur  manière  d'être,  et  il  ne  limite  pas  ses  effets 
à  l'individu  sexué.  Son  apparition  se  place  à  la 
formation  du  sporogone  chez  les  Hépatiques  thal- 
loïdes  elle  date  du  premier  bourgeonnement  du 
protonéma  chez  les  autres  Muscinees,  où  elle  sup- 
prime et  supplante,  jusqu'à  la  manifestation  ultime 
de  l'activité  individuelle,  toute  tendance  con- 
traire. 


Bibliographie. 


Manuel  de  géographie  botanique,  D'  Oscar 
Drude.  Livr.  S,  9,  10.  La  publication  de  ce  très 
intéressant  ouvrage  se  poursuit,  et  le  nouveau  fas- 
cicule ne  le  cède  en   rien  aux  précédents.    Il    est 


4§ 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


impossible  de  donner  une  idée  sommaire  d'un 
tel  travail,  en  raison  de  l'abondance  des  docu- 
ments qu'il  fournit  à  l'élude.  Nous  ne  pouvons 
qu'en  faire  l'éloge,  en  disant  qu'il  est  indispensable 
à  tous  ceux  qui's'inléressent  aux  lois  de  la  disper- 
sion des  espèces  végétales. 

p  ,  |  sl  ::  qUe  r  S  éfois,  I).  Clos.  Dans  cette 
étude.  M.  Clos  ne  se  contente  pas  d'indiquer  les 
plus  lu    Sorézois  ;    il   donne   de 

remarquables  et  intéressants  aperçus  sur  les  con- 
ditions de  la  végétation  selon  l'altitude  et  les  diffé- 
s  qui  en  résultent  au  point  de  vue  des  flores 
]  :  tles;  sur  les  associations  d'espèces,  sur  l'in- 
fluence du  sol,  l'affinité  pour  le  calcaire,  les  rela- 
tions des  espèces  constatées  avec  les  flores  voi- 
sines. 

Notice  sur  la  flore  populaire  des  environs  d'Alen- 
con  et  de  Carrouges  [Orne),  A.  Letai  q.  Très 
intéressante  liste  des  noms  vulgaires  attribués  aux 
plantes  par  les  paysans  des  environs  d'Alençon.  11 
serait  à  souhaiter  qu'un  semblable  travail  tùt  en- 
trepris pour  tous  les  départements  de  la  France. 
Nous  nous  ferons  un  plaisir  de  publier  dans  le 
Monde  des  Plantes  les  renseignements  qu'on  voudra 
bien  nous  faire  parvenir  sur  cette  question  qui, 
ainsi  que  le  dit  M.  Letacq,  intéresse  à  la  fois  la 
philologie,  la  botanique  et  l'histoire  des  traditions 
locales. 

Considérations  sur  la  géographie  botanique  du 
département  de  l'Orne,  A.  L.  Letacq.  Voici  un  do- 
cument important  pour  la  phytogéographie,  non 
pas  seulement  en  raison  des  renseignements  qu'il 
contient,  mais  aussi  parce  qu'il  peut  servir  de  mo- 
dèle aux  études  qui  peuvent  être  entreprises  sur 
cotte  question.  L'auteur  a  tout  interrogé  pour  arri- 
ver à  l'explication  rationnelle  de  la  répartition  des 
espèces,  aussi  bien  l'influence  du  sol,  du  climat,  de 
l'exposition,  les  variations  périodiques  de  la  tem- 
pérature, les  circonstances  météorologiques,  l'alti- 
tude. La  flore  du  département  de  l'Orne  comprend 
1084  phanérogames,  dont  ii5TC,  ?3S  C,  556  AC, 
171  AR,  i3o  R.  et  75  TR.  Les  espèces  les  plus  ré- 
pandues constituent  le  fonds  de  la  végétation  de 
l'Orne  et  des  départements  voisins;  35o  sont  ubi- 
qaistes,  communes  dans  toute  l'Europe  et  capables 
d  affronter  les  froids  rigoureux  des  zones  boréales 
aussi  bien  que  les  régions  les  plus  chaudes  de 
l'Espagne  et  de  l'Italie;  0,5  appartiennent  aux  ré- 
gions tempérées  ;  42  sont  décidément  occidentales, 
1 1 3  nettement  méridionales,  n'habitant  le  nord 
qu'accidentellement,  et  108  au  contraire  ont  des 
préférences  presque  exclusivement  septentrionales. 
L'auteur  donne  ensuite  un  aperçu  comparatif  vie  la 
tlure  des  départements  limitrophes  par  rapport  à 
e  de  l'Orne  ;  le  manque  de  place  nous  détend 
de  le  suivre  dans  le  détail  de  cette  comparaison; 
i  citerons  seulement  ses  conclusions  :  Le  Cal- 
vados est,  des  départements  voisins,  celui  dont  la 
.inble  le  plus  à  celle  de  l'Orne,  et  la 
Sarthe  celui  dont  la  végétation  s'en  éloigne  le  plus. 
L'Orne  possède  moins  d'espèces  méridionales  que 
les  départements  limitrophes,  mais  plus  d'espèces 
boréales  ;  il  n'y  a  pas  cependant  compensation 
parfaite.  La  région  montagneuse  se  trouve  mieux 
représentée  dans  l'Orne  que  partout  ailleurs  dans 
le  Maine  et  la  Normandie. 

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Coléoptères,  avec  io52  ligures.  Préface  de  M.  Edm. 
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Nous  sommes  heureux  de  présenter  à  nos  lecteurs 
le  nouveau  livre  de  notre  sympathique  Rédacteur 
en  chef.  Depuis  longtemps,  étudiants,  professeurs 


et  amateurs  réclamaient  un   ouvrage  qui  leur  per- 
mît de  déterminer  les   espèces  animales  qui    habi- 


et 

mît  ae  déterminer  les  espèces  animales  qi_ 
tent  notre  pays.  Leur  désir  est  bien  près  d'être 
icé.  Ce  premier  volume  renferme  tous  les 
Coléoptères  dont  la  présence  a  été  signalée  en 
Fiance.  Les  autres  suivront  aussi  rapidement  que 
le  permettront  les  difficultés  d'une  pareille  tache; 
et  on  aura  entin,  sur  la  zoologie  de  notre  pavs,  un 
ouvrage  complet,  très  pratique  dans  sa  forme  con- 
densée  et  d'un  prix  relativemeut  peu  élevé. 


Informations. 

'— >  M.  le  D'  Setchell  a  remplacé  M.  Edw.  L. 
Greene,  en  qualité  de  professeur  de  Botanique  à 
l'Université  de  Californie. 

— v  Parmi  les  principaux  gagnants  de  notre 
Tombola  semestrielle  du  Monde  des  Plantes,  nous 
remarquons  MM.  Otto  Kuntze  et  abbé  Letacq 
auxquels  sont  échues  des  vues  photographiques  de 
l'Inde. 

—  >  Notre  collègue  M  le  Dr  G.  de  Lagehheim 
vient  d'être  nommé  professeur  de  botanique  et 
Directeur  de  l'Institut  de  botanique  à  l'Université 
de  Stockholm. 


Ouvrages  offerts  à  la  Bibliothèque 

Du  /"  au3o  Novembre. 

De  la  part  de  MM.  Hector  Serres  (i  broch.), 
Alkr.  Giard  (t  broch.)  Louis  Sodiro  S.  J.  (1  vol.), 
F.  Legeay  (i  broch.),  Johann  Lange  (i  vol.),  Levi- 
Morenos  (2  broch.),  B.  Sol-  hé  i  broch.),  D.  Clos 
(i  broch.  ',  DrOtto  Kuntze  (i  vol.). 

Nous  adressons  tous  nos  remerciements  aux  do- 
nateurs. 


Mouvement  de  l'Herbier. 

De  M.  Marius  Capodl-ro  un  envoi  de  plantes  du 
Midi  fort  bien  préparées.  Parmi  celles-ci  plusieurs 
Epilobes  et  un  certain    nombre  de  Renonculacees. 

Du  R.  P.  Em.  Bodinier  un  envoi  considérable  de 
plantes  de  Hong-Kong  dont  bon  nombre  d'espèces 
rares  ou  nouvelles. 

De  M.  le  baron  von  Muelleruhc  centaine  d'exem- 
plaires du  rarissime  Helipterum  exiguum. 

De  M.jAMiNdes  Epilobes  de  la  Sarthe. 

De  M.  Bruneau  de  Montmédy.  un  bel  envoi 
d'Onothéracées,  Renonculacees,  Droséracées  et 
autres  plantes  rares  parmi  lesquelles  Orchis  sam- 
bucina  et  Orchis  pyranudalis. 

Nous  adressons  tous  nos  remerciements  aux  gé- 
néreux donateurs. 


Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes  », 
H.  LÉVEILLÉ 


Typographie  Ed.  Monnoyer. 


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Epilepsie,  Hystérie,  Danse  de  Saint-Guy, 
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Toute  commande  donne  droit  au    volume  illustré  de   300  gravures  adressée  à    M.  Yves  BERTIN 

Au  Départ,  7  Boulevard  Denain,  Paris 


Les  annonces  du  MONDE  DES  PLANTES,  sont  reçues  chez 
M.     AUBERT.    régisseur    exclusif.    22,    Rue   de   la   Barre,  Paris 


is  —  Typ.  Ed.  Monnoyei 


5e  Année  (2e  Série) 


N°  75 


1er  Février  189G 


€)» 


DES 


PLANTES 


Revue  Internationale  illustrée 


DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


^$zr 


«  Tienedicits   ttniversa  germinjntia    in  terra 
«  Domino,  s 

Dan.,  ch.  m. 


Directeur 
Rédacteur  en  chef  :  A.  AGLOQUE 


HC.    LEVEILLE 


SOMMAIRE    DU    N°    75 

Académie  internationale  de  Géographie  botanique. —  L'Herbier  de  l'Académie,  H.  LÉ- 
veillé.  —  Influence  exercée  par  divers  agents  chimiques  sur  ia  germination,  P  V. 
Lioiabd.  —  Nouvelle  découverte  à  l'Institut  Pasteur. —  Onothéracées  de  la  vallée  de 
la  Garonne  (suite),  0.  Debeaux.  —  Evolution  de  l'organisme  muscique  (suite), 
A.  Acloque.  —  Trois  Roses  nouvelles. —  Revue  des  Sociétés  savantes.  —  Revue 
des  Revues.  —  Bibliographie.  —  Informations.  —  Mouvement  de  la  bibliothèque.  — 
Mouvement  de  l'herbier. 


LE     MANS 
Imprimerie  Ed.  MONNOYER,  Place  des  Jacobins,   12 


18  9  6 


ABONNEMENTS  : 

UN    AN    :  France 6  IV. 

—  Étranger,    Colonies 8     » 

SIX  MOIS  :  France 3     » 

—  l  Irai  '-nies 4    » 

Le  Numéro  :  50  cent. 

Vbonnements    partenl    du     1"   Octobre    ou    du 
invier  de  chaque  année. 


Toute   personne  qui  ne    se    désabonnera  pas 
sera    considérée    comme   réabonnée. 


DEPOTS    : 

NEW-YORK 

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Square. 

PARIS 
J.-B.  Bauuère  et  Fils,  11),  rue  llaulcf'euille. 
Jacques    Lechevalieb,    Librairie    médicale    et 
scientifique,  "23,  me  Racine. 

LAVAL 
Aug.  Goupil,  quai  Jean-Fouquet  i  Vieux-Pont). 


LE     MONDE     DES     PLANTES 


MM. 
AJEtBOST  Jos. 
BALLE  ÉratE. 
I!EAL  J. 

B0CQUILL0N-LIM0US1N. 
BODIMER  ÉM. 
De  CANDOLLE  Cas. 
CAPODUBO  Marius. 
CHRISTIAN  RAY. 
CORREVON    H. 
DANIEL  L. 
DEREAUX  0. 
DESCI1AMPS  ÉM. 
DUPUIS  P. 


Est    publié    avec  la   Collaboration    de 


GADECEAU  Ém. 

GENTIL  Amb. 

GIARD  A. 

GILLOT  X. 

GONOD  d'ARTEMARE. 

GRAY  Cn. 

De  HELDRE1CH  Tu. 

HÉRIBAUD  Jn. 

HISINGER  (Baron  Ed.) 

HITCHCOCK  A.-S. 

IVANITZKY  N. 

LE  GENDRE  Cu. 

LE  GRAND  Amt. 


LETACQ  A.  L. 
LIOTARD  P.-V. 
MARCAILHOU  d'AYMERIC. 
MERCIER  L. 
MONGUILLON  E. 
MUELLER  (Raron   Von) 
OLIVIER   Ern. 
RENAULD   F. 
ROUY  G. 
SADA   A. 

SPALIKOWSKI   Ed. 
TRELEASE  W. 
WHEELER  C.  F. 


Tout  ce  qui  concerne  la  Direction  doit  être  adressé  à  M.  II.  Léveili.é,  lui,  rue  de  Flore,  Le  Mans  (Sarthe) 
Fiance  ;  —  et  ce  qui  concerne  la  Rédaction,  à  M.  A.  AciOQUÊ,  a  Auxi-le-Chàleau  (Pas-de-Calais)  France. 

Adresser  les  demandes  d'abonnements  et  mandats  à  M.  Monnoyer,  Imprimeur-Éditeur,  12,  place  des  Jacobins, 
Le  Mans  (Saillie,  Fram  e. 

Les  abonnés  à  l'étranger  sont  instamment  priés  de  faire  parvenir  le  montant  de  leur  abonnement  en  mandats  de 
poste  internationaux,  en  chèques  ou  lettres  de  change  payables  au  Mans,  à  la  Banque  de  France,  au  Comptoir 
d'Escompte,  au  Crédit  Lyonnais,  à  la  Société  générale. 

Vu  abonnement  gratuit  sera  servi  à  toute  personne  qui  procurera  à  la  Revue  quatre  abonnés  nouveaux,  aussi 
longtemps  que  les  abonnements  procurés  seront  renouvelés. 

En  1901,  un  prix  de  800  francs  sera  décerné  à  L'auteur  du  meilleur  travail  sur  la  botanique  paru  dans  le  Monde  des 
Piaules  du  l«  octobre  1893  au  Ier  septembre  1900.  Les  mémoires  devront  être  aussi  concis  que  possible,  et  exclusive- 
ment rédigés  en  français.  La  seule  condition  pour  concourir  est  d'être  abonné  au  Monde  des  Plantes  pendant  la  durée 
du  concours. 

La  Librairie  médicale  et  scientifique  Jacques  Lecbevalieb,  23,  rue  Racine,  à  Paris,  fait  à  nos  abonnés,  sur  pro- 
duction de  la  bande  imprimée  de  la  Revue,  une  remise  de  1U  %  sur  la  plupart  des  ouvrages  qu'ils  peuvent 
désirer. 


5«  Année  (2«  Série) 


No  75 


1"   FÉVRIER    iScG 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

Trente  Internationale  illustrée  de  "Botanique. 


Académie 


internationale  de 
botanique. 


Géographie 


Par  décision  en  date  du  25  décembre  1895, 
M.  Jean  Neyraut  est  nommé  Membre  Auxi- 
liaire de  l'Académie. 

Le  Directeur, 

Ferd.  Renauld. 


MM.  O.  Debeaux,  Ferd.  Renauld,  H.  Tri- 
men  remercient  de  leur  promotion  et 
MM.  J.  Dôrfler,  H.  Serres,  Em.  Bodi- 
nier,  Sig.  Brogi,  L.  Giraudias,  Eug.  Niel, 
J.  de  Rusunan,  E.  Fieck,  R.  P.  Sodiro,  Chris- 
tian Bay,  Bofill,  de  Menezes,  Lester  F.  Ward 
de  leur  nomination  dans  la  Médaille  scien- 
tifique internationale. 


M.  Eugène  Niel,  Vice-Président  de  la 
Société  des  Amis  des  Sciences  Naturelles  de 
Rouen  et  Associé  libre  de  notre  Académie,  a 
eu  la  délicate  pensée  d'offrir  à  celle-ci  la  som- 
me de  5o  francs. 

Nous  sommes  l'interprète  de  tous  nos  Col- 
lègues en  remerciant  publiquement  ici  notre 
sympathique  et  distingué  Collègue  de  son 
aimable  attention  et  de  ses  généreuses  étren- 
nes. 


M.  Eug.  Gonod  d'ARTEMARE,  Académicien, 
veut  bien,  lui  aussi,  adresser  comme  étrennes  à 
l'Académie  la  somme  de  20  francs.  Nous 
remercions  également  au  nom  de  tous  notre 
aimable  Collègue,  qui  n'en  est  pas  à  son  pre- 
mier don,  de  sa  générosité. 


Notre  Directeur  sortant  M.  F'erd.  Renauld 
vient  de  voir  son  Prodrome  de  la  Flore  de 
Madagascar,    des    Mascareignes  et  Comores, 

T.   V. 


présenté  au  Concours  de  l'Institut,  couronné 
par  l'Académie  des  Sciences  qui  lui  a  décerné 
le  prix  Montagne. 

Nous  ne  pouvons  que  nous  réjouir  de  cette 
distinction  bien  méritée  dont  M.  Renauld  a 
été  l'objet  alors  qu'il  était  Directeur  en  exer- 
cice de  notre  Académie  et  nous  croyons  être 
l'interprète  de  tous  nos  Collègues  en  lui  adres- 
sant ici  nos  sincères  et  bien  vives  félicitations. 

Le  Prodrome  encore  manuscrit  sera  imprimé 
et  paraîtra  dans  le  courant  de  1896. 


L'Herbier  de  l'Académie 

En  présence  des  envois  de  plantes  qui  sont 
faits  de  tous  côtés  à  l'Académie,  il  importe  de 
prendre  une  décision.  Nous,  qui  sommes  à 
même  de  juger  en  connaissance  de  cause, 
voici  ce  que  nous  proposons  à  nos  Collègues. 
Au  moment  où  nous  avons  donné  nos  Collec- 
tions à  l'Académie,  elles  comprenaient  une 
collection  importante  d'Onothéracées,  un  bon 
nombre  de  Renonculacées,  quelques  Drosé- 
racées,  un  lot  de  plantes  de  Chine,  enfin  un 
herbier  du  Maine  non  encore  complet. 

Aujourd'hui,  grâce  au  concours  de  nos  Col- 
lègues et  amis,  l'Académie  possède  un  fort 
riche  herbier  d'Onothéracées,  un  herbier  très 
considérable  de  Renonculacées,  l'herbier  pres- 
que complet  de  la  flore  de  Hong-Kong,  enfin 
un  Herbier  du  Maine  prêt  à  être  classé  et 
presque  complet. 

Nous  croyons  qu'il  importe  à  l'Académie  de 
développer  ces  divers  herbiers  sans  prétendre 
pour  le  moment  à  la  formation  d'un  herbier 
général  qui  se  formera  de  lui-même  avec  le 
temps  lorsque  l'Académie  aura  terminé  l'étude 
de  la  répartition  des  Onothéracées  actuelle- 
ment sur  le  chantier,  puis  celle  des  Renoncu- 
lacées et  qu'elle  passera  ainsi  successivement 
aux  diverses  familles.  La  succession  des  her- 
biers monographiques  donnera  avec  les  années 

5 


5o 


t.E       MONDE       DES       PLANTES 


un  herbier  général  dont  l'Académie  n'a  pas 
actuellement  le  temps,  l'espace  ni  les  moyens 
de  poursuivre  la  réalisation,  car  elle  est  avant 
tout  intéressée  à  la  publication  de  Monogra- 
phies qui  nécessitent  des  collections  corres- 
pondant a  ces  mêmes  travaux. 

Un  moyen  toutefois  de  préparer  l'avenir 
sera  d'incorporer  à  l'herbier  du  Maine  tous 
les  échantillons  des  espèces  croissant  dans 
cette  province,  quelle  que  soit  d'ailleurs  la 
provenance  de  ces  échantillons.  On  obtien- 
dra un  herbier  comparatif  d'un   haut  intérêt. 

Il  sera  toujours  facile  de  consulter  les  Col- 
lections de  Paris,  de  Kew  ou  de  Genève.  D'ail- 
leurs pour  les  études  du  moment  l'herbier  de 
l'Académie  devra  être  assez  riche  pour  égaler 
ou  dépasser  même  les  divers  herbiers.  C'est 
ainsi  que,  en  ce  qui  concerne  les  Onothéracées, 
l'Académie  possède  des  espèces  et  variétés  qui 
font  défaut  dans  les  grands  herbiers.  Elle  a 
en  outre  les  espèces  typiques  de  Lindheimer, 
Schultz,  etc. 

Quant  aux  plantes  de  l'Inde  et  des  autres 
contrées  du  globe,  elles  seront  toujours  les 
bien  venues,  car  outre  que  bon  nombre"  d'entre 
elles  seront  retenues  pour  les  Herbiers  mono- 
graphiques ou  l'Herbier  comparatif  du  Maine, 
elles  seront  fort  utiles  et  même  très  nécessaires 
puisqu'elles  permettront  les  échanges  grâce 
auxquels  l'Académie  pourra  compléter  ses 
collections  et  obtenir  les  plantes  rares  pour 
son  herbier  des  plantes  rares  du  globe,  herbier 
aujourd'hui  commencé  grâce  à  la  générosité 
de  plusieurs  Académiciens. 

M.  le  baron  Ferd.  von  Mueli.er,  notre 
éminent  Collègue,  a  bien  voulu  nous  adresser  : 
Helipterum  exiguum  F.  v.  M.  et  Elacanthus 
pusillus  F.  v.  M.,  deux  minuscules  plantes 
rarissimes  d'Australie.  Il  a,  nos  Collègues  et 
lecteurs  s'en  souviennent,  préconisé  sous  le 
litre  de  :  Collectio  plantarum  totins  mundi 
usquam  rarissimarum,  édita  sub  auspiciis 
Académies  internationalis  pkytogeographicce 
cenomanensis,  la  création  d'une  collection  de 
plantes  rares  du  globe. 

Voici  les  paroles  mêmes  du  promoteur  de 
l'entreprise  :  «  Sous  ce  titre  je  me  permets  de 
proposer  l'édition  de  fascicules  successifs 
d'exsiccata,  mais  seulement  de  ces  espèces 
qui  sont  extrêmement  locales,  en  danger  d'être 
exterminées,  et  qui  ne  sont  pas  faciles  à  cul- 
tiver pour  l'horticulture.  On  pourrait  proba- 
blement engager  beaucoup  de  membres  de 
notre  Académie  à  contribuer  à  ces  collections 
universelles  en  assez  grandes  quantités  pour 
avoir  une  édition  de  5oo  plantes  au  moins. 

Une  telle  publication  sauvegarderait  la  con- 
servation des  plus  rares  plantes,  en  tout  cas  à 


l'état  d'exsiccata,  et  en  assez  grand  nombre' 
pour  que,  répandues,  elles  soient  toujours 
accessibles  aux  recherches  des  savants  dans  le 
monde  entier. 

«  La  rareté  extrême  de  ces  exemplaires  cau- 
serait sans  doute  la  vente  facile  de  ces  collec- 
tions, et  le  profit  augmenterait  les  ressources 
de  notre  union  académique.  » 

Ajoutons  que  rien  n'empêcherait  d'en  publier 
des  lllustr.itiones  analogues  à  celles  dont  notre 
très  distingué  Collègue,  M.  G.  Rouy.  a  entre- 
pris la  publication. 

Le  vœu  de  M.  von  Mueller  est  aujourd'hui 
réalisé.  La  collection  d'exsiccata  des  plantes 
rarissimes  du  globe  est  fondée.  Nousengageons 
très  vivement  tous  nos  Collègues,  et  nous 
en  comptons  à  l'heure  présente  dans  tous  les 
pays  du  globe,  à  nous  adresser  en  5o  parts  ou 
en  5o  exemplaires  au  moins  les  plantes  raris- 
simes de  leur  région,  celles  qui  sont  très  loca- 
lisées, en  danger  de  disparaître,  et  difficiles  à 
cultiver. 

Nous  ferons  tous  nos  efforts  pour  leur  pro- 
curer en  échange  les  plantes  qu'ils  pourront 
désirer. 

Nous  tiendrons  nos  Collègues,  lecteurs  et 
amis  au  courant  du  mouvement  de  cette  inté- 
ressante partie  de  notre  herbier  qui  va  créer 
un  lien  plus  intime  entre  tous  les  membres  de 
l'Académie,  donner  un  but  immédiat  à  notre 
union,  répandre  d'une  façon  agréable  la  pas- 
sion de  la  botanique  et  permettre  à  notre  Société 
de  se  constituer  à  peu  des  frais  de  grandes 
ressources  pour  l'avenir  et  pour  le  but  élevé 
et  reculé  que  le  temps  seul  lui  permettra 
d'atteindre. 

H.   Léveillé. 


Influence  exercée  par  divers  agents 
chimiques  sur  la  germination. 

La  feuille  d'Informations  du  Ministère  de 
l'Agriculture  signale  les  essais  suivants,  rela- 
tifs à  la  germination,  entrepris  au  laboratoire 
de  Grand-Iouan  par  MM.  Seguin  et  Pailheret 
sur  le  Ble  Victoria,  variété  qui,  en  grande 
culture,  donne  les  rendements  les  plus  élevés. 

Les  grains,  choisis  de  façon  à  avoir  un  pou- 
voir germinatif  maximum,  ont  été  placés  pen- 
dant quatorze  heures,  a  la  température  de  20°, 
dans  les  tubes  d'essais  bouchés  en  contact 
avec  diverses  solutions,  la  plupart  étendues  de 
façon  à  contenir  i  p.  100  de  substance. 

Après  ce  trempage,  les  grains  non  altérés 
ont  été  essuyés  et  disposés  dans  un  germoir  de 
Noble  à  la  température    de   20°.  Les   germes 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


étaient  définitivement  détruits  dans  les  grains 
qui  n'avaient  pas  germé  le  quatrième  jour. 

Ces  expériences  ont  abouti  aux  observations 
suivantes  : 

L'eau  de  chlore  et  l'eau  de  chaux  se  compor- 
tent comme  l'eau  distillée. 

Les  acides  minéraux  retardent  la  germina- 
tion sans  diminuer  le  pouvoir  germinatif.  On 
peut  donc  utiliser  sans  crainte  ces  agents  pour 
combattre  le  développement  des  maladies  cryp- 
togamiques. 

Des  acides  organiques,  les  uns  sont  des  poi- 
sons violents  pour  l'embryon,  d'autres  retar- 
dent seulement  la  germination. 

Certains  antiseptiques  puissants,  tels  que  le 
sulfate  de  fer,  le  sulfate  de  cuivre  et  même  des 
poisons,  comme  l'acétate  de  plomb,  permettent 
une  germination  de  ioo  p.  ioo.  On  n'a  donc 
pas  à  redouter  l'introduction  de  ces  sels  dans 
le  sol,  ainsi  que  l'a  démontré  la  longue  prati- 
que du  sulfatage. 

Des  essais  faits  antérieurement  par  M.Gode- 
froy  sur  les  pommes  de  terre  avec  de  la 
bouillie  bordelaise  ont  montré  aussi  que  les 
tubercules  peuvent  rester  immergés  pendant 
plusieurs  jours  sans  perdre  leur  faculté  ger- 
minative. 

Les  Annales  Agronomiques  relatent  des  ex- 
périences analogues  sur  le  blé  effectuées  par 
M.  A.  Bruttinj.  Les  grains  de  froment,  dont 
la  variété  n'est  pas  indiquée,  étaient  mainte- 
nus pendant  vingt-quatre  heures  dans  des 
solutions  à  i  et  2  p.  ioo  de  différents  sels,  puis 
mises  germer  dans  le  sol;  chaque  lot  contenait 
quinze  graines.  Après  quatre  jours,  on  compta 
le  nombre  de  graines  germées. 

Ce  nombre  a  été  de  quinze  pour  le  nitrate  de 
potasse  ai  et  à  2  p.  100  et  pour  le  chlorure 
de  calcium  à  1  p.  100;  de  quatorze  pour  le 
phosphate  de  potasse  à  1  p.  100  ;  de  treize  pour 
le  chlorure  de  sodium  et  le  sulfate  de  cuivre  à 
1  p.  100;  les  solutions  à  2  p.  100  de  ces  deux 
derniers  sels  n'ont  donné  respectivement  que 
douze  et  neuf  graines  germées.  Le  chlorure 
de  mercure  aux  deux  doses  a  complètement 
détruit  la  faculté  germinative  des  semences. 
Vingt-trois  substances  salines  ont  été  expéri 
mentées;  nous  ne  donnons  que  les  plus  em- 
ployées en  agriculture. 

P.-V.   Liotard. 


Nouvelle  découverte  à  l'Institut  Pasteur. 

Il  vient  d'être  fait,  à  l'Institut  Pasteur,  une 
découverte  qui  a  pour  résultat  de  triompher 
de  l'érysipèle  et  de  la  fièvre  puerpérale.  Le 


D''  Marmoreck,  de  l'illustre  phalange  des 
disciples  du  maître,  vient  de  découvrir  la 
prophylaxie  de  ces  deux  graves  maladies. 
Cette  méthode  curative  est  encore  due  à  l'em- 
ploi du  sérum. 

L'agent  de  ces  deux  maladies  est  un  mi- 
crobe nommé  streptococcus  qui  produit  : 
i°  dans  la  peau,  l'érysipèle;  20  dans  le  tissu 
cellulaire  sous-cutané,  le  panari  et  le  phleg- 
mon :  3°  dans  le  sein  maternel  après  la  nais- 
sance des  enfants,  l'infection  puerpérale  ; 
4°  dans  la  gorge,  très  souvent  associé  au 
bacille  de  la  diphtérie  et  quelquefois  seul,  les 
angines. 

Ce  microbe  est  aussi  le  principal  agent  des 
affections  plus  ou  moins  graves  qui  compli- 
quent la  fièvre  typhoïde,  la  fièvre  scarlatine, 
la  variole,  la  rougeole,  etc.,  et  c'est  à  lui  que 
sont  dus  les  cas  d'infection,  après  opérations 
chirurgicales,  rares,  il  est  vrai,  depuis  l'anti- 
sepsie. 

Le  Dr  Marmoreck  se  sert  du  sérum  des 
chevaux  (comme  pour  la  diphtérie),  pour  la 
préparation  du  vaccin  sauveur.  A  l'hôpital 
Trousseau  où  il  va  chaque  jour,  il  a  opéré 
déjà  des  milliers  de  fois  et  a  toujours  réussi. 
Pour  la  diphtérie,  il  en  est  de  même.  Malgré 
le  sérum  de  M.  Roux,  un  certain  nombre 
d'enfants  meurent  de  cette  maladie.  C'est  que, 
dit  M.  le  Dr  Marmoreck,  il  y  a  une  complica- 
tion causée  par  le  streptococcus.  En  appli- 
quant les  deux  sérums,  les  accidents  ne  se 
produisent  pas. 

Le  nouveau  sérum  s'adresse  aussi  aux 
infections  chirurgicales,  aux  phlegmons,  à  la 
septicémie  déterminée  par  une  piqûre  au 
cours  d'une  autopsie,  etc.  Il  est  absolument 
inoffensif.  On  peut  s'en  servir  chez  l'enfant, 
chez  le  vieillard,  chez  les  affaiblis. 


Onothéracées  de  la  vallée  de  la  Garonne 

Par  M.  O.  Debeaux 
(Suite) 

Dantiapalustris  Petit  (1)  in  Lettres  bota- 
niques publiées  à  Namur  (1710)  ;  DC.  Prod. 
III,  61,  non  Dupetit-Thouars  ;  Isnardia  palus- 
tris  Lin.  Gen.  pi.  N°  118    (1742),  et  Gen.  pi. 


(1)  Petit  (François),  chirurgien-médecin  des 
hôpitaux  du  Roy,  membre  de  l'Académie  des  scien- 
ces de  Paris,  a  publié  trois  lettres  adressées  à  un 
autre  médecin  de  ses  amis  (Namur,  in-4°  avec  6 
planches,  1710).  Dans  l'une  de  ces  lettres,  il  éta- 
blit trois  genres  nouveaux  :  Dantia,  Proven^alia  et 
Calamus,  ainsi  que  plusieurs  espèces  nouvelles. 


LE       MONDE      DES      PLANTES 


N«  4g  (1748);  St-Am.  72.  et  auct.  mult.  ;  Lud- 
wigia palustris  SxvanzObs.  botan.  5i  11701)-— 
Les  marais  et  les  eaux  courantes  dans  la 
vallée  de  la  Garonne:  Lot-et-Gar..  à  Pour- 
quières  près  de  Cauzac  (St-Am.);  Combe- 
bonnet  près  Beauville  (Dura.)  :  marais  de  Fer- 
russac  près  Puymirol  ^um.  et  O.  Debx.); 
landes  marécageuses  au  Pont-de-Gorre 
(Chaub.),  Durance  (Ch.  Duffour)  ;  Gers,  bords 
de  l'Adour  et  marais  de  l'Armagnac  (Dup.)  ; 
Landes,  a  Saint-Sever,  Mont-de-Marsan  (Per- 
ris);  Gir.,où  il  est  commun  (Laterr.  ;  Dord., 
à  Ribérac,  Lanoueille,  aux  bords  de  la  Dor- 
dogne,  etc.  (Ch.  des  Moulins). 

Obs.  Dans  un  Supplément  au  Catalogue  des 
plantes  de  la  Dordogne  publié  en  i855   [Actes 
de  la  Société   Linnéenne  de   Bordeaux,    XX. 
p.    5i-),    Ch.    des  Moulins,  ce    sagace  et  si 
érudit  observateur,  relève  à  son  tour,  d'après 
Moretti,  deux  erreurs  commises  par  Linné  et 
Aug.  De    Candoi.le  concernant  la  synonymie 
de  Vhnardia palustris.  Le  professeur  Moretti 
à  Pavie  a  démontré,  en  effet,  dans  une  notice 
parue  en  1 853,  que  le  genre  Isnardia,  créé  par 
Linné  dans  son  Gênera  plantarum  (2e  éd.  p.  5  1 , 
1742I  avait   été   érigé    déjà    en    genre,  sous  le 
nom  de  Dantia  par  le  chirurgien   Petit,   qui 
l'avait    dédié,     en    17 10,    à    son    ami     Danti 
d'IsNARD  (1),   dans  la  forme  et  l'acception  lin- 
néennes.  En  établissant  trente-deux  ans  plus 
tard  son  nouveau  genre    Isnardia  {Gen.  plant. 
N°    118,    1742),    Linné    n'ignorait    nullement 
l'existence      du      genre     Dantia  ,      puisqu'il 
le     cite    comme     étant     synonyme     de     son 
nouveau  genre  Isnardia,  établi  au  moyen  du 
surnom    Isnard,   dont  ce    même    Danti   était 
possesseur.    Il    aurait   donc   été    rationnel    et 
équitable  à  la  fois,  de  conserver  à  notre  plante 
le  nom  de  Dantia   palustris   Petit,  qui  est  le 
plus   ancien,    et   de  reléguer   à    la   synonymie 
celui  à' Isnardia  palustris  qui  lui  est  postérieur. 
Je  dois  ajouter  que  le  terme  générique  Dantia 
créé   par  Petit,  a  été  employé  par  Guettard. 
en  1747.  dans  ses  Observations  sur  les  plantes 
des  environs  d'Étampes,  vol.  II.  p.   n5,  pour 
distinguer  par  une  courte  diagnose  à  la  mode 
du  temps,  le  Dantia  palustris  :  «  Dantia  foliis 
subovatis  pediculatis,  lloribus  infoliorum  alis 
sessilibus,  [»    et   qu'en  1 7  s  - .  Yillars   dans  son 
Histoire  des  plantes  du  Dauphiné,  vol.  II,  3  12, 
se  sert  des  termes  «   Isnardia  ou    la    Dantia  » 
pour  désigner  17.  palustris  dans  la  description 
de  cette  plante. 


(1)  Danti  d'Isnard,  membre  de  l'Académie  des 
sciences  île  Paris,  a  écrit  plusieurs  travaux  de  bota- 
nique  descriptive  publiés  dans  les  Mémoires  de 
cette  Académie,  de  1716  à  1724. 


La  deuxième  erreur  est  relative  à  l'auteur  du 
genre  Dantia.  Aug.  Pyrame  De  Candoli.e 
attribue  la  création  de  ce  genre  (Prod.  111, 
p.  61)  à  Dupetit-Thouars,  dans  le  Nova 
gênera  madascariensia,  ouvrage  paru  quatre- 
vingt-seize  ans  (près  d'un  siècle!  )  après  la 
publication  par  Petit  de  son  Dantia  palustris 
et  auquel  Dupetit-Thouars  est  totalement 
étranger. 

M.  H.  E^aillon  a  reconnu  cette  même 
erreur  au  sujet  de  l'auteur  du  genre  Dantia, 
dans  ses  observations  sur  le  D.  palustris  in 
Bull,  de  la  Soc.  Linn.  de  Paris,  G  décembre 
1876.  Ce  n'est  donc  point  ni  Petiver,  ni  Du- 
petit-Thouars, ajoute  le  célèbre  professeur, 
à  qui  nous  devons  la  création  du  Dantia  palus- 
tris, mais  en  réalité  au  chirurgien  Petit. 
Linné  a  eu  le  grand  tort  de  changer,  sans 
aucune  raison,  le  nom  de  Dantia  en  celui 
d'Isnardia,  quoique  ce  dernier  terme  s'appli- 
que au  même  DANTi-d'IsNARD. 

Circaea  lutetiana  L.  ;  St-Am.  12;  Puel 
Cat.pl.  Lot.  14.  —  Les  bois  et  les  lieux  frais: 
C.àAgen,  Ratier,  Beauregard,  Lécussan,  Pom- 
maret,  aux  vallons  de  Naux  et  de  Véronne, 
près  d'Agen,  etc .  ;  vallée  du  Lot  à  Libos,  Mon- 
sempron.  Fumel  (Combes),  au  château  de 
Biron  (Ch.  des  Moul.);  C.  dans  tous  les 
départements  limitrophes. 

Le  Dr  Puel  signale  les  Circa?a  alpina  L.  et 
C.  intermedia  Ehrh.  sur  les  montagnes  qui 
dominent  la  rivière  le  Celé  près  de  Figeac. 
Ces  deux  espèces  pourraient  bien  se  rencon- 
trer sur  les  rives  du  Lot,  dont  le  Celé  est  un 
affluent. 

Trapa  natans  L.  :  Puel  Cat.pl.  Lot,  44; 
Lagr.-Foss.  FI.  Tarn-et-Gar.  i52|  Laterr. 
FI.  bord.  Ed.  4",  i83.  —  Lot,  dans  la  rivière 
l'Ouisse  j  Puel);  Tarn-et-Gar.,  dans  un  marais 
à  Masseras  (Mart.-Don.)  ;  Landes,  dans  les 
étangs  de  Parrentis.  d'Aureillan,  de  Tarnos, 
de  GaubetFouc.!,le  Leay  (Deflers);  Gironde, 
à  Camps  et  à  Coutras,  arrondissement  de  Li- 
bourne  (Motelay);  Dordognf.,  dans  une  seule 
localité  près  de  Lanquais  (Ch.  des  Moul.).  — 
Non  encore  observé  dans  le  Gers  et  le  Lot- 
et-Garonne. 


Évolution  de  l'organisme  muscique 

[Suite) 

,  §  VI.  —  Sporose. 

Le  but  physiologique  de  l'évolution  du 
sporogone  est  lejaculation  des  spores.  Cette 
éjaculation  suit  de  près  la  parfaite  différencia- 
tion des  cellules  filles;  elle  s'accompagne  de 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


53 


phénomènes   différents   suivant  qu'on  l'étudié 
chez  les  Hépatiques  ou  chez  les  Mousses. 

Le  fruit  ne  s'offre  à  découvert  que  grâce  à  la 
rupture  de  l'enveloppe  archégonienne,  qui  a 
protégé  la  fécondation  sans  la  recevoir,  et  au 
sein  de  laquelle  s'est  différenciée  la  première 
ébauche  de  l'embryon;  cette  rupture  se  fait  à 
une  époque  variable. 

Elle  accompagne,  chez  les  Mousses,  la  seg- 
mentation primordiale  de  l'œuf,  de  telle  ma- 
nière que  l'enveloppe  se  trouve  divisée  en  deux 
parties  souvent  très  régulières,  l'une  intérieure 
et  restant  adhérente  à  la  base  de  la  portion 
pédicellaire,  l'autre  supérieure,  plus  ou  moins 
conique,  recouvrant  comme  une  coiffe  la  cap- 
sule; tant  que  les  parois  de  la  capsule  sont 
encore  tendres  et  remplies  de  phyllochlore,  la 
coiffe  y  reste  adhérente,  ou  du  moins  les  deux 
organes  sont  confluents,  unis  par  un  contact 
intime;  mais  quand  l'enveloppe  capsulaire 
devient  sèche,  et  que  ses  cellules  se  remplis- 
sent d'un  pigment  coloré,  la  coiffe  subit  la 
même  différenciation  ;  ses  cellules  éliminent 
peu  à  peu  la  phyllochlore,  et  se  pressent  en 
une  membrane  ruptile  d'une  légèreté  extrême. 

Chez  les  Sphaignes,  qui  forment  à  ce  point 
de  vue  une  exacte  transition  entre  les  Mousses 
et  les  Hépatiques,  la  coiffe  protège  le  dévelop- 
pement de  l'embryon  jusqu'à  la  presque  com- 
plète maturité  des  spores  ;  à  cette  époque,  elle 
se  partage  en  deux  hémisphères  inégaux,  dont 
l'un  se  détache  spontanément  et  met  ainsi 
à  découvert  la  partie  supérieure  de  la  cap- 
sule. 

Chez  les  Hépatiques  typiques  (à  l'exception 
des  Ricciées),  l'enveloppe  archégonienne  forme 
une  espèce  de  bourse  membraneuse  dans  la- 
quelle le  sporogone  se  différencie  entièrement, 
avec  sa  capsule  et  son  pédicelle;  à  l'approche 
de  la  maturité,  le  pédicelle  s'allonge  par  un 
accroissement  presque  instantané,  et  sous 
l'effort  de  cet  accroissement  la  coiffe  se  rompt, 
non  plus  circulairement,  mais  apicalement; 
elle  ne  se  trouve  par  suite  nullement  soulevée 
par  la  capsule,  et  elle  forme  une  nouvelle  en- 
veloppe protectrice  à  la  base  du  pédicelle. 

Le  premier  acte  de  la  déhiscence  du  sporo- 
gone, couronnement  et  limite  de  son  utilité, 
est  la  chute  ou  la  rupture  de  la  coiffe,  selon 
les  groupes. 

(.4  suivre).  A.  Acloque 


Trois  Roses  nouvelles. 

M.  le   Dr  Vergaba,    le    rosiériste  -  amateur 
bien  connu,  l'auteur  distingué  de  la  Culture 


des  Rosiers  en  pois  et  de  la  Bibliographie  de 
la  Rose,  a  été  l'objet  de  distinctions  très  méri- 
tées de  la  part  des  rosiéristes,  qui  lui  ont 
manifesté  ainsi  leur  gratitude  pour  les  services 
rendus  à  la  science  des  Roses,  cette  branche 
aujourd'hui  si  importante  de  l'horticulture. 
M.  Pierre  Guillot,  de  Lyon,  79,  chemin  des 
Pins,  lui  a  dédié  sa  rose  Mariano  Vergara, 
très  belle  nouveauté  de  la  fin  de  i3a3,  arbris- 
seau vigoureux  à  fleurs  grandes,  pleines, 
rouge  magenta  éclairé  de  pourpre  et  de 
vermillon,  à  coloris  fixe  et  très  brillant. 
M.  Pierre  Perny,  de  Nice,  rue  de  France,  a 
nommé  Madame  Mariano  Vergara  une  rose, 
encore  inédite,  remarquablement  grande,  peut- 
être  la  plus  grande  qu'on  ait  encore  obtenue, 
très  pleine,  d'un  jaune  saumoné  présentant 
toutes  les  nuances  possibles,  avec  les  pétales 
bordés  de  rose,  rose  foncé,  rose  violet,  rose 
carminé,  la  bordure  délicatement  fondue  avec 
la  couleur  foncière.  D.  Joaquin  Aldrufeu,  de 
Barcelone,  Espagne,  calle  del  Bruch,  182,  à 
donné  à  une  nouvelle  rose  blanche  le  nom  de 
Pépita  Çalderon  ;  c'est  le  nom  de  famille  de 
l'intelligente  épouse  du  Dr  Vergara,  elle 
aussi  rosiériste  très  distinguée.  Cette  rose  a 
mérité,  et  c'est  là  sa  plus  haute  recomman- 
dation, d'être  prônée,  dans  leurs  intéressants 
catalogues,  par  MM.  Ketten  frères,  les  célè- 
bres rosiéristes-publicistes  du  Luxembourg  ; 
recommandation  qu'elle  ne  doit  qu'à  sa  beau- 
té, et  en  aucne  manière  à  quelque  manoeuvre 
intéressée.  —  Bien  que  cela  s'éloigne  un  peu 
de  notre  sujet,  comme  nous  aimons  à  faire 
connaître  les  honnêtes  gens  et  les  belles 
actions,  nous  disons  en  terminant  que  M.  et 
Mme  Vergara  ont  fondé  à  Madrid,  de  leurs 
propres  deniers,  la  première  crèche  qui  ait 
existé  dans  cette  ville  d'un  demi-million  d'ha- 
bitants, et  qu'ils  ont  organisé  la  Société  des 
crèches  de  la  capitale  de  l'Espagne,  société 
présidée  par  Mme  Vergara  et  dirigée  par 
M.  Vergara.  L'amour  des  fleurs  conduit 
à  la  charité  envers  autrui. 


Revue  des  Sociétés  savantes 

Académie  des  Sciences  de  Paris 

Séance  du  9  décembre  189D.  —  La  valeur  boulan- 
gère des  farines.  D'après  M.  B.  Girard,  la  tentative 
faite  récemment,  sur  l'initiative  de  certains  jour- 
naux politiques,  pour  revenir  à  l'usage  des  pains 
colorés  et  compacts  d'autrefois,  n'a  pas  sa  raison 
d'être;  en  effet,  les  nouveaux  procédés  de  mouture 
sont  en  tout  préférables  aux  anciens,  parce  qu'ils 
permettent  d'éliminer  des  débris  qui  n'ont  aucune 
valeur  alimentaire  et  sont  nuisibles  à  la  qualité  du 
pain.  Mangez  du  pain  blanc!  —   L'analyse  du   sol 


54 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


par  les  plantes,  Lechartier.  Chaque  espèce  de 
plante  a  besoin  d'assimiler,  pour  sa  vie  normale 
et  régulière,  une  quantité  déterminée  de  principes 
minéraux  qui  peut  dépasser  les  proportions  moyen- 
nes nécessaires  à  un  bon  état  de  santé,  mais  qui 
ne  saurait  s'abaisser  au-dessous  d'un  certain  taux 
sans  amener  un  dépérissement  de  la  plante.  L'ana- 
lyse comparée  d'une  plante  évoluée  normalement 
et  d'un  individu  de'  la  même  espèce  atrophié  ou 
faible  peut  par  suite,  mieux  que  l'analyse  directe 
du  Sol,  renseigner  sur  les  substances  minérales  qui 
font  particulièrement  défaut  à  une  terre  cultivée. 
—  Expériences  sur  le  blanc  de  champignon  obtenu 
par  semis  en  milieu  stérilisé.  MM.  J.  Costantin  et 
!..  Matruchot  sont  arrivés  à  obtenir  le  développe- 
ment du  champignon  de  couche  par  germination 
des  spores.  Ce  procédé  donne  des  avantages 
importants  :  il  permet  la  sélection  des  variétés 
cultivées,  il  assure  la  production  régulière  du  blanc 
en  toute  saison  ;  enfin,  il  donne  un  moyen  ration- 
nel de  se  mettre  à  l'abri  des  maladies  du  blanc.  — 
Sur  la  mesure  de  l'intensité  des  parfums  appliquée 
aux  recherches  biologiques.  M.  E.  Mesnard,  dans 
ses  précédentes  recherches,  avait  fait  voir  que  les 
variations  que  Ton  observe  dans  le  dégagement  des 
odeurs  par  les  plantes  peuvent  dépendre  de  l'alter- 
nance du  jour  et  de  la  nuit.  D'après  ses  nouvelles 
observations,  l'attouchement,  comme  l'action  brus- 
que des  radiations  solaires,  provoque  dans  certains 
cas  une  exagération  appréciable  dans  le  dégage- 
ment du  parfum;  et  ce  phénomène  s'explique  vrai- 
semblablement par  une  contraction  du  plasma 
cellulaire,  facilement  irritable,  contraction  qui 
exerce  une  véritable  compression  sur  les  cellules 
superficielles  de  l'organe  odoriférant,  feuille  ou 
pétale. 

Séance  du  [6  décembre  i8q3.  —  Etude  sur 
l'Aspergillus  orizae,  E.  Sorel.  Cet  Aspergillus, 
quand  ses  organes  sont  immergés,  se  transforme 
en  un  Saccharomyces.  Les  conidies  donnent  ou  un 
mycélium  stérile,  ou  un  mycélium  qui  se  divise 
progressivement  par  des  cloisons  en  cellules  ovales 
bourgeonnantes,  ou  un  mycélium  rudimentaire 
portant  de  nombreuses  cellules  ovales.  La  levure 
active,  ensemencée  dans  un  nouveau  moût,  déter- 
mine une  rapide  fermentation,  mais  ne  produit 
pas  de  mycélium.  Par  contre,  si,  après  avoir 
cultivé  successivement  cette  levure  dans  des  moûts 
à  o  gr.  to  d'acide  fluorhydrique  anhydre  par  litre 
et  constaté  qu'elle  est  pure,  on  l'ensemence  à  iù° 
sur  dur  riz  gonflé  par  la  vapeur  à  ioo°  et  étalé  en 
iie  mince,  ce  riz  s'échauffe,  se  ramollit,  et  se 
couvre  d'un  feutrage  mvcehen  où  apparaissent  les 
fructifications  vertes  de  l'Aspergillus.  Le  dimor- 
phisme  parait  donc  démontré.  —  Action  des  diver- 
ses radiations  du  spectre  solaire  sur  la  végétation. 
M.  Flammarion  a  fait  étudiera  Juvisy,  par  M.  Ma- 
thieu, le  développement  île  plusieurs  plantes  dans 
quatre  serres  respectivement  vitrées  de  verres 
rouges,  verts,  bleus,  soigneusement  examinés  au 
spectroscope;  une  troisième  serre  blanche,  trans- 
parente, a  été  adjointe  aux  précédentes  comme 
type  de  comparaison.  Parmi  les  nombreux  résul- 
tats obtenus,  M.  Flammarion  signale  à  l'Académie 
les  faits  observés  sur  des  sensitives  choisies  comme 
sujet  d'expérimentation,  précisément  à  cause  de 
leur  remarquable  sensibilité.  ce  Les  sensitives  de  la 
serre  rouge  ont  pris  un  développement  extraordi- 
it  atteint  une  taille  quinze  fois  supérieure 
a  celle  des  plantes  de  la  serre  bleue.  Celles-ci  sont 
restées  absolument  stationnaires.  La  lumière  rnucc 
a  produit  l'elVet  d'un  engrais  chimique.  Ces  plantes 


ont  toutes  été  soignées  également,  c'est-à-dire  sim- 
plement arrosées.  La  sensibilité  de  la  rouge  avait 
atteint  un  tel  degré  que  le  plus  léger  mouvement, 
un  simple  souffle,  suffisait  pour  voir  ses  folioles  se 
fermer  et  ses  branches  tomber  toutes  d'une  pièce. 
De  plus,  la  rouge  a  fleuri  le  24  septembre.  La 
blanche,  au  lieu  de  s'élever,  a  pris  plus  de  force  et 
une  grande  vigueur;  elle  a  montré  des  boutons 
floraux,  mais  n'a  pas  fleuri.  La  sensitive  rouge  a 
un  feuillage  plus  clair  que  la  blanche;  celle-ci  est 
plus  pâle  que  la  verte;  la  bleue  est  plus  foncée. 
La  différence  de  température  n'a  pas  été  considé- 
rable entre  les  serres;  toutefois  la  blanche  est  plus 
chaude;  viennent  ensuite  la  rouge,  la  verte  et  la 
bleue.  L'intensité  lumineuse  va  en  décroissant 
dans  le  même  ordre,  dans  une  proportion  beaucoup 
plus  grande.  »  M.  Flammarion  a  observé  des  phéno- 
mènes analogues,  mais  moins  marqués,  sur  des 
géraniums,  des  fraisiers,  des  pensées,  etc.  Les 
fraises  de  la  serre  bleue  n'étaient  pas  plus  avancées 
en  octobre  qu'en  mai.  —  Une  nouvelle  maladie  des 
feuilles  de  mélèze,  E.  Mer.  Cette  maladie  a  pour 
agent  des  filaments  mycéliens  dont  l'attribution  est 
encore  incertaine.  Elle  ne  tue  pas  l'arbre  en  une 
année,  mais  gagnant  de  proche  en  proche,  elle 
vient  à  bout  des  jeunes  sujets  en  deux  ou  trois 
ans 


Revue  des  Revues. 

Le  Naturaliste  Ier  janvier  1890).  —  La  violette, 
Benderitter. 

Cosmos  (n°  570).  —  Charmeurs  et  serpents,  H. 
Léveillé.  M.  Léveillé  pense  que  l'immunité  tra- 
ditionnelle que  possèdent  les  charmeurs  de  ser- 
pents indiens  ne  vient  pas  de  ce  que,  ayant  été 
mordus  une  fois,  ils  sont  devenus  réfractaires  au 
venin,  mais  plutôt  de  ce  qu'ils  s'enduisent  du  suc 
d'une  plante  pour  laquelle  les  serpents  éprouvent 
de  la  répulsion.  Ce  précieux  talisman  serait  pro- 
bablement l'Aristolochia  indica. 

Bulletin  de  la  Société  botanique  de 
France  (nov.-déc.  i8g5).  —  Xote  sur  l'Historia 
stirpium  Hclvetiae,  Ed.  Bonnet.  —  Note  sur  le 
Cryphaea  lamyana  Montagne,  F.  Camus. —  Contri- 
bution à  l'étude  du  genre  Coleosporium.Ed.  Fischer. 
Les  recherches  de  R.  Wolff  avaient  fait  admettre 
généralement  que  Pcridcnnium pini  f.  acicola  était 
exclusivement  la  condition  écidienne  du  Coleospo- 
rium  senecionis;  cependant,  MM.  Plowrigiit  et 
Klebahn,  ayant  séparément  tenté  la  répétition  des 
expériences  de  Wolff,  sans  obtenir  le  même  résul- 
tat, furent  amenés  à  croire  que  ce  Peridermium 
comprend  plusieurs  espèces  différentes,  puisque, 
selon  leur  origine,  les  spores  germent  ou  ne  ger- 
ment pas  sur  les  Senecio,  et  donnent  des  urédo- 
spores  sur  des  plantes  bien  différentes,  telles  que 
Tussilago,  Alectorolophus,  Melampyrum.  Des 
expériences  entreprises  par  M.  Fischer  de  1892 
a  [894,  il  résulte  que  le  Peridermium  pini  acicolum 
comprend  au  moins  9  espèces  distinctes  :  Perider- 
mium oblongisporum  Fuck.  (forme  écidienne  de 
Coleosporium  senecionis  l'ers.,  sur  Senecio  vulgaris 
et  sylvaticus)  ;  P.  PlowrightiiKleb.(C.  tussilaginis 
l'ers.,  sur  Tussilago  Earfara);  P.  Klebahnii  Ed. 
Fischer  C.  inulac  Kze.  sur  Inula  Vaillantii)  ;  P. 
leri  Kleb.  (C.  sonchi-arvensis  Pers..  sur  Son- 
chus  asper,  oleraceus,  arvensis)  ;  P.  Boudieri  (C. 
petasitis  de  By,  sur  Petasitcs  officinalis  ;  /'.  ma- 
gnusianum    [C.     cacaliac     DC.    sur    Adenostyles 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


55 


alpina);  P.  Stahlii  Kleb.  (C.  euphrasiae,  sur  Alec- 
torolophus  major);  P.  Soraueri  Kleb.  (C.  euphrasiae 
auct.    p.   p.,  sur    Melampyrum);  P.    Rostrupi   (C. 
campanulae  Pers.,  sur  Campamda  Trachelium).  — 
Rapports  sur  les  excursions   de  la   Société.   Visite 
aux  herbiers    de    Candolle,    Delessert,    Boissier  et 
Biirnat,  Drake   del   Castillo.  —  Rapport  sur  les 
Muscinées   récoltées  pendant   la  session  extraordi- 
naire en   Valais,  Réchin  et  Camus.  —  Rapport  sur 
les    champignons     recueillis,    E.    Boudier    et    Ed. 
Fischer.  Nous  relevons  dans  ce   rapport  quelques 
espèces  nouvelles  dont  nous  donnons  les  diagnoses: 
Ciliaria  nivalis  Boudier;   coprophile,  large  d'env. 
i  cent.,  rouge  orangé  plus  pâle  en  dehors  et  cou- 
vert de  longs  poils  bruns;  diffère  de  C.  scutellata 
par   sa  couleur  plus  orangée,  ses  poils  plus  longs, 
atteignant  à  la  marge  1200  ja,  par  ses  spores  plus 
grandes,  25-3oXI7->8  u-,  finem.    verruqueuses   à 
maturité,  et  par   son  habitat  sur  les  bouses  (Sim- 
plon).  Helvella  (Leptopodia)  alpestris  Boud.;  cupu- 
liforme,  pézizoîde,  en  entier  noire  à  marge  blanche, 
à   hymenium  non  réfléchi  ;  diffère   du    groupe   des 
H.  pulla,   atra,   peçi^oides    par    ses   spores    plus 
grandes,     22-25  X   1^   (*>    Par    son    indumentum 
velouté  entièrem.  noir,  même  sur   le  stipe,  formé 
de  poils  claviformes,   2-3septés,  longs  de  3o-45  jjt, 
non    réunis   en    faisceaux    coniques.  Exobasidium 
vaccinii-uliginosi ;  diffère   de  E.    vaccinii  par   ses 
spores   plus  grandes,    ord.    23-27  X8-12  \j.,  régu- 
lières, oblongues,  rarem.   brusquem.    incurvées    à 
la  base,  et   par   ses  basides  à  2  stérigmates.  Gano- 
derma   valesiacum  Boud.,  se  distingue  des  G.  car- 
nosum     et    resinaceum     par    sa   chair    blanchâtre 
seulem.  teintée  de  fauve  vers   les    tubes,    et    non 
entièrem.  fauve  ;  spores  verruqueuses,  de  10-  12X7^ • 
—  Note   sur  quelques  associations  de  plantes  ren- 
contrées pendant  les  excursions  dans  le   Valais,  C. 
Schroeter.  Cette    note   très   intéressante  pourrait 
servir  de   modèle   à  des   études   analogues  sur  le 
groupement    des    espèces    suivant    les     conditions 
climatériques,  la  composition  chimique   ou  physi- 
que du  sol,  la  variabilité  plus  ou  moins  grande  de 
la  météorologie,  l'exposition,  l'altitude.  La  géogra- 
phie  botanique  ainsi   comprise  reposerait  sur  une 
base  véritablement  rationnelle,  et   serait  beaucoup 
plus  instructive  qu'un  simple  catalogue  des  espèces 
trouvées.  L'auteur  désigne  chaque  association  par 
le  nom  de  l'espèce  dominante,  auquel  il  ajoute  le 
suffixe  etum.  Ainsi  :  Nardetum,  Ericetum,  Curvu- 
letum. 

Feuille  des  jeunes  Naturalistes  (i'r  jan- 
vier 1896).  —  L'Oscillatoria  rubescens  du  lac  de 
Morat,  Moehlenbruck.  La  coloration  rouge  de  la 
nappe  du  lac  de  Morat,  très  appréciable  depuis 
quelque  temps,  est  due  à  la  présence  d'une  algue 
presque  microscopique,  Oscillatoria  rubescens, 
décrite  par  Haller  en  176S.  Il  est  très  curieux  que 
cette  plante  ne  se  propage  pas  dans  le  lac  de  Neu- 
chàtel,  dans  lequel  se  déversent  pourtant,  par  le 
canal  de  la  Basse-Broye,  les  eaux  du  lac  de  Morat. 

Journal  de  Botanique  (16  déc.  :8o5).  — 
Note  sur  un  Doassansia  nouveau,  L.  Morot. 
M.  Morot  estime  que  cette  forme  de  Doassansia, 
D.  intermedia  nov.  sp.,  trouvée  par  lui  en  août  1894 
sur  des  feuilles  d'Alisma  ranunculoides,  à  Cholet 
(Maine-et-Loire),  est  bien  distincte  du  D.  alismatis, 
et  en  donne  la  diagnose  suivante  :  Pustules  arron- 
dies, brunes,  très  nombreuses,  rapprochées,  non 
confluentes;  sores  sphériques,  larges  de  8o-i35  [/., 
à  cellules   corticales  jaune   brun;    spores    le   plus 


souv.  arrondies,  8- 10  |A,  à  membrane  mince,  lisse, 
jaunâtre.—  (1"  janvier  1896)  Lichens  d'Aix-lcs- 
Bains,  abbé  Hue.  Ce  travail  renferme  les  diagnoses 
de  plusieurs  espèces  nouvelles,   Psorotichia  Clau- 
delii  Hue.  P.  allobrogensis  Hue,  Leptogium  plica- 
tile  Th.  Fries  F.  subplicatile  Hue.—  La  transmission 
des  formes  ancestrales  dans  les  végétaux,  E.  Roze. 
Bulletin  de    l'Herbier  Boissier  (III,  11).  — 
A  revision  of  the  genus  Chelidonium,  David  Prain. 
—  Vaucheria   Schleicheri  sp.   nov.,  de  Wildeman. 
Voici  la  diagnose  de  cette  nouvelle  espèce,  trouvée 
en  Valais,  et  rangée  dans  l'herbier  Schleicher  sous 
le  nom  de  Conferva  amphibia  y  lucida  ;  Monoïque, 
à  filaments   épais,  larges  de   120-180  (j..   Oogones 
latéraux,solitaires,obovoïdes  ou  globuleux  .'  sessiles 
ou  subpédicellés,  larges  de  280-340  ia  ;  oospores  .' 
Anthéridies  latérales,  sessiles,  dressées  ou  formant 
avec  le  thalle  un  angle  aigu,  oblongues-obovoides 
ou  subpyriformes.  Pore  apical  d'env.  18  ia.  Anthé- 
ridies  de    140-170  X  47-8°  (A.    —   On  the   genus 
Arenaria    Linné,    Frédéric    N.    Williams.  —    Les 
Capnodiées  de  la  Suisse,  A.  Jaczewski.  Cette  famille 
renferme    en    Suisse    le    seul     genre    Capnodittm 
Montagne,   à   mycélium    noir,  dense,  supère,  épi- 
phylle,  en  croûte  facile  à  détacher.   Condition  co- 
nidienne  très  variable,  à  hyphes  libres  [Fumago) 
ou  réunis  en  Coremium.   Pycnides  lagenaeformes. 
Périthèces  pyriformes,oblongs,  souv.  ramifiés, ^'ou- 
vrant   apicalement    par    des   valves    irrégulières. 
Asques  ovoïdes  ou  oblongs  ;   spores   jaunâtres   ou 
brunes,    à   cloisons   transverses   et    longitudinales. 
3  espèces  :  C.  Footii  Berk.  et  Desm.,  périthèces  ve'us, 
asques   et   spores    inconnus,  mycélium    en    ta  hes 
gélatineuses,   noires,   confluentes,  sur  les   feuilles 
persistantes  des  arbustes  de  serre;   C.  tiliac  F.ck. 
(C.  Persooni  auct.),  asques  ovoïdes,  pédicelles,   de 
32  X  16-18  ia,   renfermant  16  spores   oblongues, 
14X7  \>-, à  3-4  cloisons  transv.  et  ord.  1  longitu  fin.; 
C.    salicinum    Montagne     (Cladosporium    Fumago 
Linkj,  périthèces    charnus,    souv.  ramifiés,   asques 
ovoïdes,  sessiles,  40-45  X  24  !*,  à  6"8  sPores  ovo'- 
des,    brun    noir,   22-26  X  g-i3   |X,   à   3-5    cloisons 
transv.   avec  étranglement  et  souvent  1  longkud. 
—    Eine  nette    Epidendrum-arr,   F.    KRâNZLiN. 
(III,   12;.    —  Lecanorae  et  Lecideae    australienses , 
novae,  J.  Mueller. 

BO'i 

Bibliographif^^Ç^  &  d  r- ^ 

Génération    spontanée    et    ferments,    C. 

Lenormand. 

Première  liste  additionelle  à  la  florule 
du  canal   maritime   de  la  Basse-Loire,  E. 

Gadeceau. 

Nous  relevons  dans  cette  liste  :  Epilobittm  hirsu- 
tum  L.  (AC)  ;  E.  tetragonum  L.  (CC)  ;  Onothera 
suaveolens  Desf.  (AC). 

Recherches  sur  la  miellée,  E.  Niel. 

Nouvelle  Flore  des  Champignons,  J. 
Costantin  et  L.  Dufour,  2°  édition  revue  et  aug- 
mentée. 

Flore  nouvelle  de  la  Chaîne  Jurassique 
et  de  la  Haute-Savoie,  Paul  Parmentier.  Ce 
synopsis,  depuis  longtemps  désiré  par  les  bota- 
nistes de  la  région,  est  enrichi  de  toutes  les  décou- 
vertes récemment  faites  dans  les  monts  Jura  par 
de  consciencieux  explorateurs.  Suivant  résolu- 
ment la  voie  moderne  d'une  botanique  systémati- 


56 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


que  rationnelle,  l'auteur  a  lenu  grand  compte  de 
la  subordination  des  espèces,  rattachant  les  espèces 
secondaires  ou  les  races  régionales  aux  types  dont 
elles  procèdent.  Ce  livre  rendra  de  réels  services 
aussi  b i c : t  dans  le  cabinet  pour  le  classement  d'un 
herbier  que  sur  le  terrain  pour  la  détermination 
des  ]  lantes. 

Illustrationes  plantarum  rariorum  Euro- 
pae,  auctore  G.  Rouv. 

Le  troisième  fascicule  de  cette  riche  et  superbe 
publication  dont  la  présence  s'impose  pour  toute 
bibliothèque  sérieuse  vient  de  paraître;  Nous 
engageons  nos  collègues,  amis  et  lecteurs  à  sous- 
crire ou  à  (aire  souscrire  à  ce  magnifique  travail 
et  à  faire  passer  les  souscriptions  par  notre  inter- 
médiaire, l'auteur  ayant  bien  voulu  en  sa  qualité 
de  membre  d'honneur  de  l'Académie  favoriser 
celle-ci  d'une  certaine  remise  sur  les  souscriptions 
recueillies  par  son  intermédiaire. 

Voici  les  espèces  renfermées  dans  le  troisième 
recueil  de  cette  magistrale  galerie  des  raretés 
européennes  :  Ranunculus  Revelierii  Boreau,  Silène 
Herminii  Welw.,  Lavatera  rotundata  Laz.,  Genista 
decipiens  Spach.,  Ulex  micranthus  Lange,  Trifo- 
lium  saroçiense  Hazsl.,  Astragalus  hispanicus 
Coss.,  Rubus  humulifolius  C.  A.  Mey.,  Potcntilla 
buccoanaClem.,  Epilobium  latifoIiutnL.,  Saxifraga 
paniculata  Cav.,  Arnica  alpine  Olin.,  Centaurea 
balearica  Rodr'iz. ,Hieracium  petnvitm  Fries.,Oim- 
panula  laciniaia  L.,  Primula  frondosa  Janka., 
Erythrœa  acutijlora  Schott., Linaria  Broteri  Rouy, 
L.  Lamarckii  Rouy,  Staeliys  Iva  Griseb.,  Zi^ifara 
taurica  M.  B.,  Salix  pedicellata  Desf.,  Narcissus 
etruscus  Pari.,  Luçula  grœca  Kunth,  Spartina 
Townsendi  Groves. 


Informations. 

—  »  A  tous  les  lecteurs  du  Monde  des  Plantes 
qui  en  feront  la  demande  à  l'administration,  14, 
via  di  Cilta,  Siena  (Italie),  seront  envoyés  gratuite- 
ment pendant  2  mois,  à  titre  d'essai,  les  périodi- 
ques :  Rivista  italiana  di  science  naturali,  et  Bollet- 
tino  del  Naturalista. 

— >■  Le  prochain  Congrès  de  l'Association  fran- 
çaise pour  l'avancement  des  sciences  se  tiendra  à 
Tunis  du  i«  au  i5  avril  1896.  En  dehors  des 
excursions  générales,  la  9e  section  pourra  orga- 
niser une  ou  deux  courses  purement  botaniques 
pour  étudier  quelques  stations  privilégiées  de  la 
flore  tunisienne,  par  exemple  les  environs  d'Ham- 
mam -el-I.i  fou  le  Djebel  Bou-Kournein.  Les  études 
relatives  à  la  flore  de  l'Afrique  septentrionale,  et 
plus  généralement  les  travaux  de  botanique,  à 
quelque  branche  qu'ils  se  rattachent,  seront  favo- 
rablement accueillis.  S'adresser  pour  les  rensei- 
gnements ou  au  Secrétaire  du  Conseil,  28,  rue 
Serpente,  ou  au  D'  Bi  iNNET,  1 1,  rue  Claude-Bernard, 
Paris. 

&*■  La  Feuille  des  jeunes  Naturalistes  met  au 
concours  pour  ses  abonnés,  la  question  suivante  : 
Caractères  de  la  flore  d'une  région  de  l'Europe 
occidentale  et  ses  rapports  avec  la  nature  du  sol. 
Les  manuscrits  devront  être  remis  au  plus  tard  le 
1"  décembre  1891*. 

3?>  M.  Aci.oqle  consentira  une  réduction  sur 
le  prix  de  sa  Faune  de  France  aux  lecteurs  du 
Monde  des  Plantes  qui  lui  en  feront  directement 
la  demande. 


-M.a  Nouvelle  Agricole  dont  le  sympathique 
M.  V.  Liotabd,  un  de  nos  plus  actifs  collabora- 
teurs, est  rédacteur,  vient  ainsi  qu'elle  l'annonçait 
naguère  de  subir  une  transformation  radicale  et 
heureuse.  Elle  change  le  format  journal  pour  celui 
de  revue,  parait  le  dimanche  au  lieu  du  samedi 
avec  un  minimum  de  16  pages  et  promet  à  ses 
abonnés  de  nombreuses  gravures  et  un  service 
d'informations  générales. 

Nous  souhaitons  à  cette  intéressante  Revue 
Agricole,  déjà  prospère,  un  succès  sans  cesse 
grandissant. 

-■>-  M.  Jean  Puteaux  fils, horticulteur, 6.  impasse 
du  Débarcadère,  rivedroitc,Versailles(Seine-et-Oise) 
vient  de  dédier  à  notre  Directeur,  en  raison  de 
ses  recherches  sur  les  Onothéracées  une  nouvelle 
variété  de  Fuchsia  obtenue  de  semis  et  dont  la 
fleur  a  une  teinte  nouvelle. 

Cette  variété  dont  nous  avons  pu  apprécier  la 
beauté  et  le  mérite  sera,  nous  n'en  doutons  pas, 
fort  goûtée  et  recherchée  des  amateurs. 

—  >-.M.  A.  Chatin  a  été  élu  Président  de  la 
Société  botanique  de  France  pour  l'année  i8q6  et 
M.  Maxime  Cornu  premier  vice-président. 

S>M.  A.  Borzi  a  obtenu  le  prix  Desmazières 
pour  son  ouvrages  Studi  algologici  ;  M.  Géneau 
de  Lamarlière  préparateur  à  la  Sorbonne,le  prix 
de  La  Fons-Mélicocq  pour  son  travail  manuscrit  : 
Distribution  géographique  des  Cryptogames  supé- 
rieures dans  le  Xord  de  la  France  ;  M.  B.  Renault 
le  prix  T  rémont  pour  ses  recherches  sur  les  plan- 
tes fossiles;  et  M.  Ch.  Baltet  une  partie  du  prix 
Montyon  pour  son  Ouvrage  :  l'Horticulture  dans 
les  cinq  parties  du  Monde.  Cet  ouvrage  renferme 
plusieurs  lacunes.  C'est  ainsi  que  l'auteur  a  passé 
sous  silence  le  Jardin  d'Horticulture  du  Mans  qui 
est  un  des  plus  beaux  de  France. 


Ouvrages  offerts  à  la  Bibliothèque 

Du  1"  au  ?/  Décembre. 

De  la  part  de  MM.  Dr  Saint-Lager  (5  vol.  et 
1 1  broch.);abbé  A.  L.  Letacq  (2  broch.);EM.  Gade- 
ceau  (9  broch.);LESTER  F.  Ward  (i  vo1.);Eug.  Niel 
(3  broch.);  Lester  F.  Ward  (i  vol.  et  10  broch.); 
David  Hooper  (i  broch.).  Nous  adressons  tous  nos 
remerciements  aux  donateurs  et  particulièrement 
à  M.  le  Dr  Saint-Lager. 


Mouvement  de  l'Herbier. 

De  M.  Carlos  Azevedo  de  MENEZES,des  Epilobes 
de  Madère,  de  M.  J.  de  Ruslnan  des  plantes  pour 
l'herbier  comparatif  du  Maine. 

Du  Baron  von  Mueller  une  plante  rarissime 
d'Australie  en  très  nombreux  échantillons  :  VF.Ia- 
canthus  pusillus  F.  V.  M.;  de  M.  Gentil  un  lot  de 
plantes  pour  l'herbier  du  Maine. 

Tous  nos  remerciements  aux  donateurs.  Seul, 
parmi  les  Epilobes  européens,  V Epilobium  latifo- 
lium  L.  manque  aux  collections  de  l'Académie. 
Celle-ci  saura  prouver  sa  reconnaissance  à  qui  le 
lui  procurera. 

Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes  », 
H.  LÉVEILLÉ 

Typographie  Ed.  Monnoyer. 


MALADIES  NERVEUSES! 

Epilepsie,  Hystérie,  Danse  de  Saint-Guy, 

lAffections  de  la  Moelle  épinière,  Convulsions,  I 

I    Crises,  Vertiges,  Eblouissements,  Fatigue    I 

[cérébrale,  Migrai ne,  Insomnie, Spermatorrhée] 

Cucrjson  fréquente,  Soulagement  toujours  certain 

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Ramollissement  et  la  Carie  des  os,  les  Bronchites 
chroniques,  les  Catarrhes  invétérés,  la  Phtisie  tuber- 
culeuse a  toutes  les  périodes  surtout  aux  1"  et 
S8  degrés,  où  elle  a  une  action  décisive.  Elle  est 
recommandée  aux  enfants  faibles,  aux 
personnes  débiles  et  aux  convalescents. 
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CHRISTIAN  BAY. 
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DANIEL  L. 
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DESCHAMPS  Êm. 
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Est    publié    avec  la   Collaboration    de  : 


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REXAULD   F. 
IidUY  G. 
SAPA    A. 

SPALIKOWSKI    Ed. 
TRELEASE  W. 
WHEELEB  G.  E. 


ce  qui   concerne  la  Direction   doU  être  adressé  à   M.  H.  Lé  veillé,  lui.  rue  de  Flore,  Le  Mans  (Sarilie 
France;  —  ci  ce  qui  concerne  la  Rédaction',  à  .M.  A.  Acloque,  à  Auxi-le-Lhàteau  (Pas-de-Calais)  France. 

Adi  d'abonnements  et  mandats  à  M.  Hohkover,  Imprimeur-Éditeur,  12,  place  des  Jacobû 

U   Mai  -    Sarihe   Frai 

l.i  -  abonnés  à  l'étranger  soin  iDstammenl  priés  de  faire  parvenir  le  montant  de  leur  abonnement  en  mandais 
en   chèques  ou   lettres  de  change  payables  au   Mans,  à  la  Banque  de  France,  au  Compl 
■  I  1  acompte,  au  Crédit  Lyonnais,  à  la  Société  générale. 

In  abonnement  gratuit  sera  servi  à  toute  personne  qui  procurera  à  la  Revue  quatre  abonnés  nouveaux,  ans 
longtemps  que  lis  abonnements  pro  rit  renouvelés. 

En  lOOt,  un  prix  de  rné  a  l'auteur  du  meilleur  travail  sur  la  botanique  paru  dans  le  Mmde 

Plante*  du  I"  octobre  1893  au  L«  septembre  1900.  Les  mémoires  devront  être  aussi  concis  que  possible,  ei  exclusive 
menl  rc'ii,:es  m  Iran  île  condition   pour  concourir  est  d'être   abonné  au  Monde  des  Plantes  pendant  la  dur 

du  concours. 

La  Librairie  médicale  el  scientifique  Jacques  Lecbevalier,  23,  rue  Racine,  à  Paris,  fait  à  nos  abonnés,  sur  pr 
(ludion  de  la  bande  imprimée  de  la  Revue,  une  remise  de  lij  °/o  sur  la  plupart  des  ouvrages  qu'ils  peuve 
désirer. 


5e  Année  (2e  Série) 


N°  76 


1er  Mars   i8ç6 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

'Revue  Internationale  illustrée  de  'Botanique. 


Avis 

Dans  les  huit  jours  qui  suivront  la  récep- 
tion du  présent  numéro,  nous  ferons  opérer  à 
domicile  les  recouvrements  pour  ceux  de  nos 
abonnés  français  qui  n'ont  point  encore  réglé 
leur  abonnement  de  l'année  courante. 

Nous  ferons  également  recouvrer  par  la 
poste  en  Belgique,  Suisse,  Roumanie,  Hol- 
lande, Suède,  Allemagne,  Luxembourg,  Por- 
tugal. 

Nous  prions  également  nos  abonnés  et  nos 
collègues  hors  de  ces  pays,  surtout  ceux  qui 
n'ont  point  encore  acquitté  l'année  1895,  de 
vouloir  bien  se  mettre  en  règle  en  se  confor- 
mant aux  indications  insérées  sur  la  couver- 
ture ci-contre. 


Académie 


internationale  de 
botanique. 


Géographie 


'    Par  décision  en  date  du  2  5  février  : 

M.  B.  Souche,  Président  de  1 1  Société  bota- 
nique des  Deux-Sèvres,  membre  Auxiliaire  de 
l'Académie,  est  nommé  Associé  libre. 
Par  décision  en  date  du  28  février  : 
M.  Carlos  E.  Porter,  de  Valparaiso,  est 
nommé  Associé  libre  et  M,  Louis  Déan,  du 
Mans,  est  nommé  Membre  Auxiliaire  de 
l'Académie. 

Le  Directeur, 

William  Trelease. 


L'année  qui  vient  de  s'écouler  a  infligé  de 
cruelles  pertes  à  la  Médaille  scientifique  inter- 
nationale. C'est  ainsi  que  MM.  Pasteur,  titu- 
laire de  la  1"  classe,  M.  de  Saporta,  titulaire 
de  la  2e  classe  et  MM.  Bâillon,  Willkomm, 
Vesque,-  Lannes  et  Babington,  titulaires  de  la 
3e  classe,  ont  été  ravis  à  la  science  et  à  leurs 
travaux. 


«  Evonymus  europaeus  »  à  fruits  blancs. 

Tout  le  monde  connaît  {'Evonymus  euro- 
paeus, il  est  surtout  remarquable  à  l'automne 
parmi  les  autres  arbustes  des  haies,  par  ses 
fruits  d'un  beau  rose,  qui  attirent  le  regard. 
Au  mois  de  décembre  1894,  j'ai  rencontré  à 
Autheuil,  au  bord  des  bois  de  la  Tessonnière 
un  Evonymus  europaeus  à  capsules  d'un  blanc 
pur.  En  1895,  j'ai  revu  plusieurs  fois  cette 
variété,  elle  a  en  tout  le  port  et  l'aspect  de  ses 
congénères  qui  croissent  à  côté,  elle  n'en  dif- 
fère que  par  le  fruit. 

Autheuil  [Orne)  janvier  1896. 

F.   Lande. 

Après  recherches  dans  les  nombreuses  Flores 
et  les  divers  Catalogues  que  nous  avons  sous  la 
main,  nous  ne  voyons  signalée  nulle  part  la 
variété  découverte  en  décembre  1895  par 
M.  Félicien  Lande  à  Autheuil  (Orne),  près  les 
bois  de  la  Tessonnière,  variété  qui  diffère  net- 
tement du  type  par  ses  capsules  d'un  blanc 
pur.  On  sait  que  le  type  a  les  capsules  d'abord 
vertes,  puis  roses  ou  rouges  à  la  maturité. 

Nous  donnons  à  la  nouvelle  variété  le  nom 
de  E.  europaeus  var.  leucocarpos  Levl.  et  F. 
Lande.  Il  existe  bien  au  Maroc  un  Evonymus 
leucocarpos  Boj  ,  mais  cet  Evonymus  qui  sem- 
ble constituer  une  bonne  espèce  diffère  en 
outre  du  nôtre  par  d'autres  caractères  que  par 
la  blancheur  de  ses  capsules.  Dans  ces  condi- 
tions, nous  ne  voyons  pas  qu'il  y  ait  de  con- 
fusion  possible  entre  la    variété   nouvelle  et 

l'espèce  marocaine. 

Hector  Léveillé. 


Un  nouveau  champignon  parasite  de  la 
vigne. 

MM.  L.  Ravaz  et  Gouirand  signalent,  dans 
la  Revue  de  Viticulture,  l'apparition  d'un  nou- 

6 


58 


LE      MONDE      DES      PLANTES 


veau  champignon  parasite  sur  les  feuilles  de 
vigne.  Sa  présence  a  été  constatée  sur  plu- 
sieurs variétés  du  yitis  Vinifera  et  du  V.  Can- 
ins; mais  ce  sont  surtout  le  V.  Riparia  et 
le  V.  Berlandieri  qui  sont  le  plus  atteints. 

I  es  le  ions  qu'il  détermine  sur  les  feuilles 
sont  caractérisées  par  des  taches  toujours  cir- 
culaires de  4  à  6  millimètres  de  diamètre,  d'un 
vert  très  pâle  au  centre,  plus  foncé  sur  les 
bords,  qui  s'étendent  lentement  dans  tous  les 
sens,  à  la  manière  d'une  tache  d'huile.  Le  cen- 
tre prend  peu  à  peu  la  teinte  rousse,  puis 
brune,  des  tissus  morts.  Finalement,  les  parties 
ainsi  altérées  se  déchirent,  puis  tombent  et 
laissent  à  leur  place  un  trou  à  peu  près  exac- 
tement circulaire. 

Les  feuilles  ne  paraissent  pas  souffrir  de 
l'action  de  ce  parasite  ;  elles  continuent  à  s'ac- 
croître, atteignent  leurs  dimensions  normales 
et  ne  tombent  jamais.  Les  lésions  n'ont  été 
constatées  exclusivement  que  sur  le  paren- 
chyme, rarement  sur  les  nervures  principales 
et  aucunement  sur  les  raisins. 

Sur  les  taches  jeunes,  pour  observer  le  mycé- 
lium de  ce  champignon,  il  faut  avoir  bien  soin 
de  nettoyer  d'abord  à  l'eau  de  javelle  les  coupes 
de  la  feuille.  Si  on  les  traite  ensuite  par  le 
chloroiodure  de  zinc,  le  mycélium  se  montre 
teint  en  jaune,  au  milieu  des  cellules  de  la 
feuille  colorées  en  violet. 

Dès  que  les  tissus  sont  morts,  apparaissent 
sous  forme  de  petites  masses  à  peu  près  sphé- 
riques,  les  pyenides  ou  fructifications,  sortes 
de  bouteilles  dans  lesquelles  s'accumulent  les 
spores. 

Ces  pyenides  apparaissent  au-dessous  de 
l'épiderme,  comme  des  sphères  à  enveloppe 
d'apparence  réticulée,  et  munies  à  leur  centre 
d'une  ouverture  qui  sert  de  passage  pour  la 
dissémination  des  spores. 

La  structure  de  ces  fructifications  et  celle 
des  spores  ont  été  attentivement  étudiées  par 
MM.  Ravaz  et  Gouirand.  «  Les  pyenides, 
disent-ils,  sont  à  peu  près  sphériques;  leur 
diamètre  est  de  1 10  à  1 25  p  en  moyenne.  L'en- 
veloppe de  la  bouteille  est  formée  de  trois  ou 
quatre  assises  de  cellules;  les  plus  extérieures 
un  peu  épaissies,  de  teinte  brun  fauve,  les 
internes  plus  minces  et  incolores.  L'assise 
interne  se  prolonge  vers  le  centre  par  une 
partie  effilée,  sorte  de  pédicelle  (baside)  sur 
lequel  naît  la  spore.  Arrivée  ù  son  complet 
développement,  celle-ci  se  détache  de  son 
support,  s'entasse  avec  beaucoup  d'autres  au 
centre  de  la  bouteille,  puis,  pressée  par  celles 
qui  sont  encore  en  voie  de  formation,  sort  à 
l'extérieur  par  l'ouverture  de  la  bouteille.  11  y 
en  a  des  milliers  dans  chaque  pyenide. 


0  Les  pyenides  sont  presque  exclusivement 
placées  dans  le  tissu  en  palissade  de  la  feuille; 
on  juge  par  là  de  leur  petitesse;  leur  ouverture 
est  par  suite  sur  la  face  supérieure.  Les  spores 
arrivées  à  maturité  sont  en  général  ovoïdes, 
mais  souvent  irrégulières.  Elles  mesurent  9  à 
11  millièmes  de  millimètre  de  longueur  sur 
3-5  de  largeur.  Elles  sont  incolores  ou  hya- 
lines; à  peine  y  aperçoit-on  quelquefois  un 
petit  point  réfringent  à  chacune  de  leurs  extré- 
mités. Elles  sont  simples  généralement  ;  les 
plus  longues  ont  quelquefois  une  cloison  peu 
marquée  qui  les  divise  en  deux. 

«  Elles  germent  facilement  dansl'eauou  dans 
un  liquide  nutritif  après  s'être  renflées  et  divi- 
sées par  une  cloison.  Quelquefois  elles  n'émet- 
tent qu'un  seul  filament  germinateur  ;  le  plus 
souvent  elles  en  ont  deux,  un  à  chaque  extré- 
mité. Mises  sur  des  feuilles  de  vigne  attenante 
à  la  souche,  elles  germent  mal  dans  l'eau  ;  et 
ceci  explique  sans  doute  la  rareté  relative  des 
lésions.  Mais  dans  un  liquide  nutritif  tel  que 
du  jus  de  raisin  ou  du  bouillon  de  Liebig  très 
étendus,  la  germination  sur  les  feuilles  est 
très  rapide.  On  peut  ainsi  propager  artificiel- 
lement le  champignon.  Les  filaments  germi- 
natifs  des  spores  pénètrent  dans  la  feuille 
aussi  bien  par  la  face  supérieure  que  par  la 
face  inférieure,  s'y  développent  et  y  forment 
même  des  taches  rondes.  » 

Cette  propagation  artificielle,  du  reste,  a  été 
réalisée  pratiquement  par  des  inoculations 
qu'ont  effectuées  MM.  Ravaz  et  Gouirand. 

Les  divers  caractères  de  ce  champignon  per- 
mettent de  le  ranger  dans  le  genre  Phyllo- 
Sticta.  Mais  par  ses  spores  biloculaires  quel- 
quefois à  l'état  normal,  presque  toujours 
quand  elles  germent,  il  se  rapproche  du  genre 
Ascochyta.  C'est  un  type  intermédiaire  que  les 
savants  auteurs  de  la  découverte  ont  classé 
dans  le  genre  Phyllosticta  dont  il  paraît  se 
rapprocher  le  plus.  Ils  l'ont  dédié  à  M.  P. 
Viala,  le  distingué  prolesseur  de  viticulture  à 
l'Institut  National  agronomique  dont  les  tra- 
vaux sur  les  parasites  de  la  vigne  sont  univer- 
sellement connus  et  appréciés,  et  dénommé 
Ph.  Vialae  (R^  et  Gd). 

V.   L. 


Importants  variété  du  «  Jussieua  repens  » 

Il  y  a  environ  un  an,  je  recevais  du  R.  P. 
Emile  Bodiniëu,  provicaire  apostolique  du 
Kouy-Tchéou,  actuellement  résidant  à  Hong- 
Kong,  passionné  collecteur  de  plantes  et  notre 
sympathique  collègue,  un  spécimen  fort  inté- 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


59 


ressant  de  Jussieua  repens  nettement  distinct 
de  tout  ce  que  l'Herbier  de  l'Académie  pos- 
sède d'échantillons  de  cette  espèce.  Ce  spé- 
cimen est  remarquable  par  sa  tige  radicante 
munie  aux  nœuds,  à  l'origine  des  rameaux,  de 
couronnes  de  vésicules  blanches  et  spongieuses 
de  forme  ovale,  accompagnées  de  petites  feuilles 
à  divisions  capillaires.  Ce  dernier  caractère 
provient  de  la  suppression  du  parenchyme  des 
feuilles  inférieures  qui  se  trouvent  réduites 
aux  nervures  plus  ou  moins  modifiées,  dispo- 
sition assez  fréquente  chez  les  plantes  aqua- 
tiques. 

Déjà  antérieurement,  nous  avions  reçu  du 
P.  Bodinier  un  échantillon  moins  bien  carac- 
térisé, mais  de  même  provenance. 

Nous  n'hésitons  pas  à  faire  de  cette  forme 
remarquable  une  excellente  variété  que  nous 
appelons  et  caractérisons  ainsi  : 

Jussieua  repens  L.  var.  Bodinieri  var.  nov. 
Diffère  du  type  par  les  couronnes  de  vésicules 
blanches  et  spongieuses  de  forme  ovale  accom- 
pagnées de  feuilles  à  divisions  capillaires, 
situées  aux  nœuds  de  la  tige  radicante;  fleurs 
blanches  comme  dans  le  type  avec  onglets 
jaunes. 

Se  rapproche  beaucoup  du/,  natans  Humb. 
et  Bonpl.  dont  elle  diffère  cependant  par  ses 
feuilles  oblongues-obovées  et  par  ses  fleurs 
pentamères  à  dix  étamines. 

Hong-Kong  :  dans  une  mare  à  Kennedy- 
Town,  11  juillet  1894  et  20  septembre  1893. 
Em.  Bodinier  legit. 

Cette  variété  présente  à  nos  yeux  une  grande 
importance  comme  forme  de  transition  entre 
le  /.  repens  L.  et  le  J.  natans  Humb.  et 
Bonpl. 

Cette  dernière  espèce  de  la  Colombie  ou 
Nouvelle-Grenade,  nous  la  possédons  de  Mat- 
tagrosso  recueillie  en  juillet  1892  par  le  Doc- 
teur Otto  Kuntzf.  qui  en  a  offert  une  part  à 
l'herbier  de  l'Académie. 

Quant  à  la  variété  nouvelle  que  nous  venons 
de  créer,  nous  connaissons  des  botanistes  qui 
n'eussent  pas  hésité  à  en  faire  une  nouvelle 
espèce  beaucoup  plus  distincte  du  J.  repens 
que  ne  le  sont  souvent  entre  elles  les  espèces 
actuellement  regardées  comme  telles  du  genre 
Jussieua. 

Hector  Léveillé. 


La  photographie  à  travers  les  corps 
opaques. 

Il  n'est  guère  question,  en  ce  moment,  dans 
le  Monde   Scientifique,  que  de  la  découverte 


récente,  par  le  Dr  Rœntgen  de  Wurtzbourg, 
de  la  photographie  des  objets  à  travers  les 
corps  opaques.  Le  Monde  des  Plantes  ne  doit 
pas  laisser  ignorer,  à  ses  nombreux  lecteurs, 
ce  qu'est  cette  nouvelle  surprise  apportée  par 
la  science  en  cette  fin  de  siècle.  Il  nous  parait 
intéressant  d'en  dire  un  mot. 

Tous  ceux  qui  ont  fait  quelque  peu  d'études 
physiques  connaissent  cet  appareil  dont  on 
fait  un  jouet  pour  les  enfants  qui  se  nomme 
tube  de  Geissler.  C'est  un  long  tube  en  verre 
soudé  aux  deux  bouts  dans  lequel  on  a  préala- 
blement fait  le  vide,  c'est-à-dire  retiré  l'air 
qu'il  contenait. 

Le  passage  d'un  courant  électrique  dans  son 
intérieur  a  pour  effet  d'y  produire  des  lueurs 
phosphorescentes  d'aspect  et  de  couleurs  va- 
riables. 

Si,  dans  ces  tubes  l'on  opère  le  vide  d'une 
façon  presque  absolue  (tubes  de  Crookesj,  on 
constate  que  l'intérieur  reste  alors  à  peu  près 
obscur  et  qu'il  se  produit  tout  au  plus,  au 
pôle  négatif  appelé  cathode,  une  très  faible 
lumière  verdàtre  constituée  par  des  rayons 
étudiés  et  décrits  par  le  professeur  William 
Crookes  qui  les  a  dénommés  rayons  catho- 
diques. 

Cette  fluorescence  verdàtre  est  en  outre 
formée  de  nombreux  rayons  invisibles  pour 
nos  yeux,  désignés  rayons  X  par  le  professeur 
Rœntgen,  qui  ont  la  remarquable  propriété  de 
traverser  les  corps  opaques  avec  une  faci- 
lité variable  selon  l'épaisseur  et  la  nature  de 
ces  corps. 

Ces  rayons  X,  ainsi  que  l'avait  signalé,  il  y 
y  a  quelques  années,  un  savant  hongrois, 
M.  Lenard,  impressionnent  une  plaque  pho- 
tographique enclose  dans  une  boite  métal- 
lique hermétiquement  fermée. 

M.  Rœntgen  a  su  utiliser  pratiquement  ces 
curieuses  propriétés  des  rayons  invisibles.  Ce 
savant,  ayant  interposé  entre  eux  et  une 
plaque  photographique,  une  main  placée  der- 
rière un  écran  opaque,  a  obtenu  la  photogra- 
phie du  squelette  de  la  main. 

Cette  expérience  a  été  renouvelée  depuis 
par  nombre  de  savants  français  et  étrangers, 
notamment  par  les  docteurs  Oudin  et  Bar- 
thélémy, de  Paris,  qui,  non  seulement  ont 
obtenu  les  mêmes  résultats,  mais  encore  ont 
cherché  des  applications  pratiques  de  celte 
découverte  à  la  thérapeutique  chirurgicale, 
pour  la  détermination  des  maladies  et  des 
lésions  des  organes  internes. 

Ils  ont  présenté  récemment  à  l'Académie 
des  Sciences  la  reproduction  d'un  fémur  où 
se  distinguent  aisément  les  altérations  des 
couches   centrales    de    l'os  ;    ils    ont   montré 


6o 


I  H       MONDE       DES       TLANTES 


aussi  celle  d'une  main  atteinte  d'une  affec- 
tion tuberculeuse  à  la  première  phalange  du 
doigt  médium,  indiquant  l'étendue  de  l'affec- 
tion sur  les  parties  avoisinantes. 

A  Londres,  l'examen  interne  d'un  marin, 
atteint  soudainement  de  paralysie  des  extré- 
mités supérieures  et  inférieures,  a  permis  de 
constater,  entre  deux  vertèbres,  la  présence 
d'un  corps  étranger.  Une  incision  faite  au 
point  signalé  y  a  fait  découvrir  la  pointe  d'un 
couteau  dont  l'extraction  a  totalement  fait 
cesser  la  paralysie. 

De  Berne,  Padoue,  Milan,  Rome,  où  de 
nombreuses  expériences  ont  été  effectuées,  on 
signale  des  faits  analogues. 

M.  Perrin,  professeur  à  l'Ecole  Normale,  a 
obtenu  à  travers  un  épais  châssis  de  bois  et 
des  écrans  de  natures  diverses,  papier,  fer,  etc. . 
l'image  d'une  foule  d'objets,  notamment  l'ossa- 
ture d'un  poisson  et  d'une  grenouille. 

Le  professeur  Spiess  de  Vienne  a  photo- 
graphié devant  un  public  nombreux  une 
chaine  métallique  enfermée  dans  une  boîte 
en  bois  et  la  main  d'un  ouvrier  verrier  dans 
laquelle  il  a  révélé  la  place  d'un  éclat  de  verre 
qu'elle  contenait  depuis  plusieurs  années. 

A  quand  les  applications  à  la  vie  végé- 
tale? 

Tels  sont  les  faits  constatés.  Reste  leur 
explication  qu'aucun  savant  n'a  pu  encore 
donner  d'une  façon  satisfaisante. 

P.    Y.    I.IOTARD. 


Sur  la  miellée. 


Dans  son  remarquable  travail  Les  Nectaires 
publié  en  1879  dans  les  Annales  des  Sciences 
Naturelles,  M.  G.  Bonnier  avait  indiqué  l'ori- 
gine des  miellées  (substance  sucrée  qui 
découle  des  parties  végétatives  des  plantes) 
différentes,  l'une  produite  par  les  Pucerons, 
la  plus  fréquente,  et  l'autre  par  le  végétal.  Un 
grand  nombre  d'entomologistes  considèrent 
comme  exclusive  cette  dernière  origine. 
M.  Bonnier  vient  de  rendre  compte  à  la 
Société  de  Biologie  des  recherches  qu'il  a 
effectuées  pour  établir  si  réellement  la  pro- 
duction de  la  substance  sucrée  n'est  due  qu'à 
cette  seule  cause. 

Les  expériences  et  analyses  chimiques  effec- 
tuées à  ce  sujet  l'ont  amené  aux  conclusions 
suivantes  : 

i°  Bien  que  les  Aphidiens  et  les  Coche- 
nilles soient  le  plus  souvent  la  cause  de  la 
miellée,  il  existe  cependant  des  miellées  d'ori- 
gine végétale. 


20  La  production  de  la  miellée  des  Puce" 
rons  peut  se  maintenir  pendant  toute  la 
journée  et  se  ralentit  pendant  la  nuit.  La 
miellée  directe  se  produit  au  contraire  pen- 
dant la  nuit  et  cesse  ordinairement  dans  la 
journée  ;  son  maximum  de  production  est  au 
le\  er  du  jour. 

3°  Les  conditions  qui  provoquent  l'appari- 
tion de  la  miellée  végétale  sont  les  nuits  fraî- 
ches, intercalées  entre  des  journées  chaudes 
et  sèches.  L'élévation  de  l'état  hygrométrique 
et  l'obscurité  favorisent  la  production  de  la 
miellée,  toutes  les  autres  conditions  restant 
égales. 

40  On  peut  provoquer  artificiellement  la 
sortie  du  liquide  sucré  par  les  stomates  des 
feuilles  pouvant  produire  la  miellée,  en  plon- 
geant les  branches  dans  l'eau  et  en  les  mettant 
à  l'obscurité  dans  de  l'air  saturé.  Dans  ces 
conditions,  les  feuilles  peuvent  produire  de  la 
miellée,  alors  que  les  branches  restées  sur  les 
mêmes  arbres  n'en  produisent  pas. 

5°  Bien  que  les  abeilles  puissent  aller  re- 
cueillir n'importe  quelle  substance  sucrée, 
lorsqu'elles  n'ont  rien  de  mieux  à  leur  dispo- 
sition, elles  vont  toujours  butiner,  quand  elles 
ont  le  choix,  là  où  la  substance  sucrée  est 
la  meilleure.  Lorsque  la  floraison  des  plantes 
mellifères  est  abondante,  elles  délaissent  la 
miellée,  surtout  celle  produite  par  les  puce- 
rons... Elles  y  butinent  au  contraire  les  jours 
où  il  y  a  disette  de  plantes  meilifères. 

6°  La  composition  chimique  des  miellées 
est  très  variable.  Celle  des  miellées  d'origine 
végétale  se  rapproche  plus  de  la  composition 
chimique  des  nectars  que  celle  des  miellées 
de  pucerons. 

V.  L. 


Le  genre  a  Rosa  »  de  la  flore  agenaise  (0 

Par  M.  O.  Debeaux 

Le  genre  Rosa.  l'un  des  plus  nombreux  en 
espèces,  formes  ou  variétés  souvent  affines  et 
par  suite  peu  faciles  à  distinguer,  n'est  pas 
encore  très  exactement  connu  dans  notre 
département.  Mon  savant  maître  et  ami  Chau- 
bard  s'était  occupé,  il  y  a  plus  d'un  demi- 
siècle,  de  l'étude  des  rosiers  de  l'Agenais,  en 
vue  de  la  préparation  de  sa  Flore  (restée  iné- 
dite) du  bassin  de  la  Garonne  (i83o-i845),  et 
dans  laquelle  il  proposait  plusieurs  espèces  ou 


(i)  Extrait  d'une  Revision  des  fiantes  phanéro- 
games de  la  flore  agenaise  in  Rente  de  botanique, 
Bulletin  mensuel  de  la  Société  française  de  bota- 
nique, numéro  de  mai  :8cj3. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


61 


variétés  nouvelles,  qui  n'ont  pu  être  acquises 
à  leur  auteur.  Plus  récemment,  les  deux  bota- 
nistes agenais  bien  connus,  E.  de  Pommaret 
et  M.  l'abbé  Garroute,  ont  récolté  avec  ardeur 
les  divers  rosiers  qui  croissent  aux  environs 
d'Agen,  et  dont  un  grand  nombre  ont  été  dis- 
tribués par  eux  dans  les  Exsiccata  de  la 
Société  Dauphinoise,  après  avoir  été  soumis 
au  visa  des  rhodologistes  les  plus  distingués 
de  notre  époque.  J'ai  recherché  moi-même 
avec  soin  les  diverses  formes  du  groupe  sem- 
pervirens qui  abondent  dans  notre  région,  et 
qui  sont  décrites  en  partie  comme  nouvelles, 
dans  le  21e  Bulletin  de  la  Société  agricole  et 
scientifique  des  Pyrénées-Orientales  (1875). 
C'est  donc  avec  l'aide  de  ces  matériaux  bien 
restreints,  que  j'ai  dressé  la  liste  suivante  des 
Rosa  de  la  flore  agenaise,  liste  fort  incomplète, 
sans  doute,  mais  qui  ne  saurait  tarder  à  s'en- 
richir encore,  par  suite  de  nouvelles  herbori- 
sations dans  les  régions  peu  explorées  du  Lot- 
et-Garonne  (1). 


Section  I. 


SYNSTYLE.E 


A.  ■ —  Sempervircntes 

Rosa  sempervirens  L.  ;  St.-Am.  2o3  pro 
parte;  Déséglise  Catal.  rais.  des'Jioses  d'Eu- 
rope, p.  208  (1876). 

Var.  a  genuina  O.  Debx.  Flore  de  la  Kabylie 
du  Djurdj.,  p.  126;  Abbé  Garroute  in  Plant . 
Soc.  Daupli.  exsicc,  n°  118;  R.  sempervirens 
var.  Linnœana  Chaub.  FI.  inéd.  bass.  Gar. 
—  Tiges  d'abord  dressées,  puis  décombantes  ; 
folioles  ovales-acuminées,  presque  toujours 
glabres,  d'un  vert  brillant  en  dessus,  à  pé- 
tioles et  nervures  glabres;  fleurs  en  ombelle 
pauciflore,  blanches,  très  peu  odorantes;  sé- 
pales ovales,  non  glanduleux,  brusquement 
atténués  au   sommet  en   une  pointe   courte; 


(1)  La  Flore  agenaise  publiée  par  Saint-Amans 
en  1821  ne  fait  mention  que  des  espèces  suivantes 
du  genre  Rosa  :  R.  sempervirens  et  1  var.,  R. 
arvensis  et   1    var.,  R.  leucochroa,  R.  stylosa   et 

1  var.,  R.  dumetorum,  R.    villosa,   R.    canina  et 

2  var.,  R.  eglanteria,  R.  rubiginosa,  et  2  var.,  R. 
gallica  et  1  var.  Soit  au  total  10  espèces  et  S  va- 
riétés. 

En  i83o,  dans  le  Catalogue  manuscrit  des  plantes 
de  la  flore  agenaise,  élaboré  par  Chaubard,  pour 
servir  à  la  2"  édition  beaucoup  plus  complète  de 
l'œuvre  de  Saint-Amans,  je  constate  l'indication  de 

3  espèces  nouvelles  établies  par  Chaubard,  les 
Rosa  intermedia,  R.  mixta  et  R.  obscura,  avec  de 
nombreuses  variétés  formant  un  ensemble  de 
i3  espèces  et  de  2g  variétés,  mais  dont  les  formes 
nouvelles  ne  sont  suivies  d'aucune  diagnose.  Dans 
notre  revision  actuelle,  le  genre  Rosa  est  repré- 
senté par  43  espèces  et  1 1  variétés. 

O.  D. 


styles  hérissés;  fruit  petit,  ovoïde,  orangé.  — 
haies  des  coteaux  calcaires:  com.  autour  d'A- 
gen. —  Fréquent  dans  les  départements  limi- 
trophes, l'ouest,  le  centre  et  le  midi  de  la 
France. 

Var.  fi  <  :li:uilt:iB'<li.-iii.-i  Gandg.  Decad. 
plant,  nov.  Decas  II,  p.  38,  et  Tab.  rhodol., 
n°  65,  p.  37,  antea  R.  Amansii  Gandg.  Decad. 
pi.  nov.  IV,  n°  1,  non  Déséglise,  nec  Ripart. 
— ■  Sous-arbrisseau  de  1  met.  3o  à  1  met.  80 
de  haut,  non  grimpant;  tiges  couvertes  d'ai- 
guillons petits,  recourbés,  épars  sur  les  ra- 
meaux florifères;  folioles  grandes,  oblongues, 
acuminées,  brièvement  tronquées  à  la  base, 
luisantes,  peu  glanduleuses  sur  la  côte  mé- 
diane en  dessous,  glabres  des  deux  côtés, 
simplement  dentées;  pétioles  glabres,  acu- 
léolés  ;  stipules  petites,  étroites,  rougeàtres, 
à  oreillettes  acuminées,  convergentes  ;  tube 
du  calice  ovale,  parsemé  de  quelques  poils  ; 
styles  réunis  en  une  colonne  velue;  pétales 
blancs;  fruit  ovale  arrondi,  tronqué  au  som- 
met, glanduleux,  d'un  rouge  vif.  —  Les  haies 
des  collines  sèches,  siliceuses,  à  Moirax  et 
Ségougnac,  près  d'Agen  (O.  Debx.  Aoùt- 
septembre  1873). 

Var.  '{  leptostyla  Gandg.  Dec.  pi.  nov. 
II,  n°  6  (187^),  et  Tab.  rhodol.,  n"  5.  — 
Rameaux  grêles  décombants,  munis  d'aiguil- 
lons minces,  subsétacés,  nombreux  sur  les 
florifères;  folioles  petites,  oblongues-aigués, 
rétrécies  à  la  base,  glabres,  simplement  den- 
tées, peu  glanduleuses  en  dessous;  stipules 
petites  à  oreillettes  divergentes;  pédoncules 
grêles,  un  peu  hérissés;  tube  du  calice  obo- 
vale,  hispide;  sépales  glanduleux  sur  la  marge 
et  dont  deux  entiers,  et  trois  munis  de  deux 
pinnules  de  chaque  côté;  styles  glabres,  réu- 
nis en  une  colonne  grêle,  allongée;  pétales 
blancs;  fruit  petit,  obovale,  hispide,  atténué 
aux  deux  extrémités,  d'un  rouge  vif  et  glau- 
cescent.  —  Les  haies,  près  du  château  d'A- 
rasse,  commune  de  Foulayronnes  (Abbé  Gar- 
route). 

Var.  S  afflnior  Gandg.  Dec.  pi.  nov.  II, 
n°  7,  et  Tab.  rhodol.,  no  8,  p.  34.  —  Très 
voisin  de  la  var.  leptostyla  dont  il  se  dis- 
tingue par  ses  folioles  plus  grandes,  oblongues- 
lancéolées,  largement  cordées  à  la  base,  légè- 
rement glanduleuses  sur  la  côte  médiane,  par 
ses  pétioles  moins  glanduleux,  presque  gla- 
bres, inermes,  par  les  sépales  plus  petits,  se 
prolongeant  en  une  pointe  dilatée  et  à  glandes 
plus  nombreuses  sur  le  dos,  par  le  fruit  subo- 
vale, d'un  rouge  foncé  à  la  maturité,  glan- 
duleux. —  Les  haies,  près  du  château  d'A- 
rasse  (Ab.  Garr.).  (-4  suivre). 


02 


LE      MONDE      DES       PLANTES 


Revue  des  Sociétés  savantes 

Académie  des  Sciences  dî  Paris 

Séance  du  6  janvier  1896.  —  Mucor  et  Tricho- 
derma,  J.  Ray.  M.  R\v  fait  connaître  le  résultat 
bservations  qu'il  vient  de  taire  sur  l'association 
d'un  Mucor  et  d'un  Trichoderma,  celui-ci  vivant 
en  parasite  sur  celui-là.  Ce  parasitisme,  qui  est 
facultatif,  détermine  des  modifications  importantes 
dans  les  deux  organismes  associés.  Chez  le  para- 
site, on' constate  l'apparition  de  la  structure  conti- 
nue et  la  réduction  de  l'appareil  fructifère;  chez 
l'hôte,  l'accroissement  du  revêtement  minéral  et  la 
diminution  du  nombre  des  spores. 

Séance  du  i3  janvier.  —  De  la  formation  des 
duramens  dans  les  essences  feuillues,  Emile  Mer. 
Le  nom  de  duramen  ou  bois  parfait  a  été  donné  à 
la  région  centrale  du  tronc  des  arbres  apparte- 
nant à  certaines  essences  du  groupe  de  celles 
dites  à  bois  dur.  Il  se  distingue  de  l'aubier  par 
une  coloration  brune  plus  ou  moins  accentuée,  la 
supériorité  de  ses  qualités  industrielles,  une  pro- 
portion moindre  de  matières  albuminoîdes  et  de 
cendres,  et  surtout  une  plus  grande  imprégnation 
de  tanin.  M.  Emile  Mer  a  étudié  la  marche  suivie 
dans  la  formation  du  tanin  en  se  servant  des 
réactifs  microchimiques  de  cette  substance  :  le 
perchlorure  de  fer  et  le  bichromate  de  potasse  qui 
la  colorent  le  premier  en  bleu,  le  second  en  brun. 
11  a  déduit  de  ses  recherches  que  le  bois  parfait  du 
chêne  doit  ses  qualités  à  la  plus  grande  quantité 
de  tanin  et  surtout  à  son  énergique  fixation  par  les 
fibres.  Les  diverses  parties  du  bois,  même  des 
essences  à  bois  tendre,  renferment  du  tanin.  Par 
suite,  il  faut  considérer  toutes  les  essences 
feuillues  comme  ayant  un  bois  parfait  plus  ou 
moins  caractérisé. 

Séance  du  20  janvier.  —  Poids  et  Composition 
de  la  couverture  morte  des  forets,  E.  Henry.  —  Les 
déterminations  ont  été  faites  sur  des  peuplements 
traités  en  futaie  et  exploités  en  taillis  sous  futaie 
de  la  forêt  domaniale  de  la  Haye  près  Nancy.  Le 
poids  de  la  couverture  morte  dans  les  taillis  sons 
futaie  oscille  autour  de  5.5oo  kilog.  de  substance 
sèche  à  l'hectare;  mais  il  atteint  7.000  à  8.000  ki- 
log. dans  les  vieux  peuplements  de  futaie.  Les 
branches  comptent  dans  ce  chiffre  pour  une  part 
variant  du  quart  à  la  moitié. 

Les  divers  principes  minéraux  que  la  couver- 
ture morte  contient  par  hectare  équivalent,  en 
poids,  dans  les  taillis  de  20  ans  en  sol  calcaire  de 
la  forêt,  à  une  fumure  de  342  kilog.  de  cendres 
pures  avec  22  kilog.  8  d'acide  phosphorique, 
i5  kilog.  4  de  potasse  et  1X2  kilog.  de  chaux,  et 
dans  les  taillis  de  20  ans  en  sol  argileux,  à  une 
fumure  de  1.90  kilog.  de  cendres  "  pures  avec 
28  kilog.  8  d'acide  phosphorique,  33  kilog.  3  de 
potasse  et  11?  kilog.  de  chaux. 

Séance  du  27  janvier.  —  Sur  l'essence  d'ams  de 
Russie,  G.  Bouchardat  et  Tardy.  —  L'essence 
d'anis  est  constituée  presque  en  totalité  par  de 
l'anéthol;  mais  dans  celle  du  commerce  cet  ané- 
thol  est  impur  et  renferme  i  p.  <•;„  de  camphre 
anisique  C"  II"'  ()•>  de  Landolph  ou  fenchone  de 
Wallach.  Il  en  a  été  retiré  deux  produits.  Le  pre- 
mier, le  plus  abondant  est  l'aldéhyde  anisique;  il 
répond  à  la  formule  C"  11"  Ol  et  a  l'odeur  de 
foin  sec  ou  d'aubépine.  Le  second  est  l'acétone 
anisique;  sa  composition  répond  à  la  formule  C20 
H"  O'  ou  Ci0   H1-   O*  et  a  une  odeur  se  rappro- 


chant de  celle  du  précédent.  Ces  deux  composés 
existent  naturellement  dans  l'essence  d'anis  de 
Russie  et  dérivent  par  oxydation  de  l'estragol  ou 
de  son  isomère  l'anéthol. 


Revue  des  Revues. 

Cosmos  (n°  576).  —  L'empirisme  médical  aux 
Indes,  H.  Lévejllé.  Dans  ce  très  intéressant  arti- 
cle, notre  savant  Directeur  fait  connaître  quelques- 
unes  des  recettes  utilisées  aux  Indes  contre  la 
morsure  des  serpents,  entre  autres  celle  des  pi- 
lules de  Tanjorc,  dont  l'effet  répond  toujours  aux 
prévisions,  et  qui  donnent  des  résultats  véritable- 
ment surprenants. 

La  Revue  scientifique  du  Limousin  (  1 5  jan- 
vier 1896).  —  Une  maladie  des  conifères.  M.  Ar- 
sène Brouard  signale  l'emploi  efficace  fait  du  sul- 
fate de  cuivre  contre  un  champignon  avant  envahi 
les. feuilles  de  jeunes  pins  de  quatre  ans,  dans  un 
semis  situé  commune  de  Burgnac  (Haute-Vienne). 
Le  champignon  parasite,  d'après  l'opinion  de 
M.  le  D1'  Delacroix,  était  probablement  Phoma 
pinicola  Sacc.  (Pycnis  pinicola  Zopf.). 

Le  botaniste  (10  janvier  1896).  —  Mémoire 
sur  les  parasites  du  noyau  et  du  protoplasma.  P.  A. 
Dangeard.  11  nous  est  impossible  de  résumer 
d'une  manière  satisfaisante  cette  longue  étude, car 
il  faudrait  tout  citer.  Nous  appellerons  seulement 
l'attention  sur  cette  idée  de  l'auteur  que-  sans 
doute  la  connaissance  des  parasites  nucléaires 
jettera  un  jour  sur  l'étude  des  altérations  histolo- 
giques  qu'on  constate  dans  certaines  affections  de 
l'homme  et  des  animaux,  le  cancer,  par  exemple. 
—  Considérations  sur  les  phénomènes  de  reproduc- 
tion che\  les  Phycomyc'ctes  (Siphomycètcsl,  P.  A. 
Dangeard. 

Bulletin  de  l'Herbier  Boissier  (IV,  1).  — 
Musc:  Americee  septehtrionalis  exsiccati,  F.  Re- 
nauld  et  J.  Cardot.  —  Ueber  ncue  und  bemerkens- 
iverthe  oriental ische  piflan\enarten,  J.  Ereyn.  — 
Les  Mousses  eleistocarpes  et  le  climat  du  Tessin, 
Pascal  Conti.  M.  Conii  attribue  la  grande  rareté 
des  mousses  eleistocarpes  au  Tessin  (elles  n'y  sont 
représentées,  et  dans  un  petit  nombre  de  localités, 
que  par  Plcuridium  subulatum  et  Pliascum  cuspi- 
datum)  à  l'alternance  trop  brusque  d'orales  vio- 
lents qui  ravinent  les  terres  et  déplacent  les  cou- 
ches superficielles  de  l'humus,  et  de  sécheresses 
ardentes  qui  ont  vite  absorbé,  dans  les  couches 
les  plus  élevées  du  sol,  l'humidité  dont  les  Mousses 
ont  besoin  pour  se  développer.  Cette  humidité 
persiste  bien  à  quelque  distance  de  la  surface,  mais 
seules  les  vasculaires,  pourvues  d'un  appareil  ra- 
diculaire  bien  évolué,  peuvent  l'y  puiser. 

Nuovo  giornale  botanico  italiano  (i3  jan- 
vier 1896).  —  Micologia  délia  provincia  senese, 
D'  Flaminio  Tassi.  —  Apparecchi  idrofori  di 
alcune  xerofile  délia  flora  mcditerr.mea,  Antonino 
Borzi.  —  Bryologia  provincia:  Schcn-si  sinensis, 
Carolo  Muli.br.  —  Contribu^ioni  alla  Jlora  délia 
Svifjera  italiana,  Lentiechia.  Nous  relevons  dans 
cette  liste  :  Epilobium  angustifolium  Koch;  E.ros- 
marinifolium  Mônch.  ;  E  Fleischeri  Hochst.  ;  E. 
cullmuin  Gmel.  ;  E.  montanum  L. 

Journal  de  botanique  (iô  janvier).  —  Dicho- 
gamie  protérandre  c/iej  le  Kentia  belmoreana,  J. 
Daveau.  —  Lichens  d'Aix-les-Bains,  abbé  Hle.  — 


LE      MONDE      DES       PLANTES 


63 


(,er  février).  —  Contribution  à  l'étude  de  la  Flore 
de  la  Lorraine,  Camille  Brunotte. 

La  Nouvelle  agricole  (ig  janvier).  —  Action 
dit  froid  sur  les  fèves,  M.  Dublay. 

Boletim  da  Sociedade  broteriana  (XII,  2). 
—  Contribuiçao  para  0  estudo  da  flora  cryptoga- 
mica  dos  Açorcs,  J.   Henriques. 

Bullettino  délia  societa  botanica  italiana 
(janvier  i8<>(5).  — Sul  dimorfismo  di  naturel  paras- 
sitaria  dei  fiori  di  Convolvulus  arvensis  L.,  Massà- 
longo. 


Bibliographie. 

La  végétation  et  les  productions  horti- 
coles des  îles  Canaries,  D.  Bois  et  G.  Gibault. 

On  collections  of  tertiary  plants  from  the 
vicinity  of  the  City  of  Vancouver,  William 
D  A  us  ON. 

Les  Ifs  de  la  Lande-Patry  (Orne),  A.  L. 
Letacq. 

Lichenes  in  regione  picena  et  finitimis 
lecti,  Cesare  Grilli. 

Select  extra-tropical  Plants  readily  eligible 
for  industrial  Culture  or  Naturalisation,  by  Baron 
Ferd.  von  Mueller.  9e  édition,  revue  et  augmen- 
tée. 

Ce  remarquable  et  précieux  travail  intéresse  à 
la  fois  la  science  et  la  vulgarisation.  En  faisant 
connaître  la  possibilité  d'acclimater  les  espèces 
végétales  en  dehors  de  leur  aire  géographique  et 
en  résumant  celle-ci  il  sera  utile  aux  botanistes. 
En  donnant  le  pays  d'origine  et  les  usages  de  ces 
mêmes  espèces  dans  l'agriculture,  l'industrie  et 
l'économie  domestique  il  sera  d'un  précieux  se- 
cours au  point  de  vue  industriel  et  commercial. 
Omnia  enim  in  usus  suos  creata  sunt,  porte  le  titre 
de  cet  ouvrage  rappelant  avec  la  Bible  que  tout  a 
été  créé  pour  l'usage  de  l'homme.  Le  baron  von 
Mueller  s'est  appliqué  à  justifier  cette  parole  en 
nous  montrant  ie  parti  que  l'on  tire  des  végétaux 
dans  leur  pays  d'origine  et  ce  qu'en  peuvent  espé- 
rer lespays  qui  les  adoptent.  Le  travail  de  l'émi- 
nent  savant  offre  donc  au  premier  chef  un  carac- 
tère utilitaire  et  prouve  que  les  botanistes  les 
plus  distingués  savent  unir  la  pratique  à  la  théo- 
rie et  ne  dédaignent  pas  d'oublier  un  instant  leurs 
études  spéculatives  pour  en  tirer  des  applications 
susceptibles  de  rendre  à  l'humanité  les  plus  si- 
gnalés services. 

H.  L. 

Additions  et  rectifications  à  la  Nouvelle 
Flore  de  Normandie,  par  M.  L.  Corbière.  E. 
Lanier,  imprimeur  à  Caen.  Voici  un  travail  qui 
intéressera  au  plus  haut  point  les  botanistes  de  la 
Normandie  et  tous  ceux  en  général  qui  s'intéres- 
sent à  la  Flore  de  cette  riche  province. 

En  dehors  de  nombreuses  localités  nouvelles, 
nous  y  remarquons  les  espèces  ou  variétés  nou- 
velles suivantes  : 

Fumaria  muralis  Sond.  var.  Lebelii  Rouy  et 
F.  ;  F.  officinalis  L.  var.  Wirtgeni  Hausskn,  Bar- 
barea  arcuata  Rchb.  et  var.  sativa  Corb.  ;  B. 
pinnata  Lebel  ;  Erucastrum  Pollichii  Spenn;  Bu- 
nias  Erucago  L.  ;  Helianthemum  Fumana  Mill. 
Polygala  vulgaris  L.  var.  subciliata  Corb.  Dian- 
thus  Armcria  L.  var.  Virescens  Corb.;  Malva 
borealis  Wall  m  ;  Anthyllis  vulgaris  var.  villosa 


Corb.  ;  Orobus  tuberosus  var.  tenuifolius  DC.  ; 
Rubus  danicus  Focke  ;  Rosa  graveolens  Gren  ;  (en 
outre  plusieurs  variétés  de  Rosa)  ;  Valeriana 
sambucifolia  Mik.  X  Cirsium  Gerardi  Schultz  ; 
X  C.  Forsteri  Sra.  ;  Centaurea  pratensis  Thuill. 
var.  Kochii  F.  W.  ;  Hieracium  amplexicaule  L. 
var.  subhirsutl'm  Arvet-Touvet ;  Crépis  tectorum 
L.  ;  Campanula  rotundifolia  L.  var.  iiirta  Koch.; 
var.  pulliformis  Rouy  !  ;  Vincetoxicum  laxum 
GG.;  Pulmonaria  longifolia  Bast.  ;  X  Verbascum 
Bastardi  Rœm.  et  Sch.;  Veronica  prostrata  L.  ; 
Brunella  intermedia  Link  ;  X  Mentha  Schultzii 
Boutigny  ;  X  Primula  média  Peterm.  ;  C/ienopo- 
dium  murale  L.  var.  microphyllu.m  Boiss.;  Gymna- 
denia  conopsea  R.  Br.  var.  densifloraA.  Dietr. 
X  Carex  Chevalieri  Corb.  ;  Echinochloa  eruci- 
formis  Rchb.;  Anthoxanthum  Puelii  Lecoq  et 
Lamotte  ;  Eragrostis  minor  Host.  ;  Polystichum 
œmulum  var.  tripinnatum  Corb.  ;  Chara  fragilis 
Desv.  var.  longibracteata  A.  Br. 

Ces  espèces  n'ont  pas  toutes  la  même  valeur  au 
point  de  vue  de  leur  présence  en  Normandie, 
quelques-unes  n'y  étant  qu'adventices. 

Quant  au  Campanula  pulliformis  Rouy  que  nous 
avons  trouvé  et  recueilli  naguère  nous-même  en 
compagnie  de  M.  Emile  Balle  qui  le  possède 
dans  son  herbier,  c'est  une  variété  du  C.  rotundi- 
folia, variété  d'ailleurs  fort  distincte  par  ses 
feuilles  qui  la  différencient  nettement  du  type. 

H.  L. 

XXtoptç  Ojjtïipwï) .  Sous  ce  titre  notre  distingué 
collègue,  M.  Th.  de  Heldreicii,  vient  de  faire  pa- 
raître une  intéressante  brochure  où  suivant  pas  à 
pas  les  poèmes  d'Homère,  il  recherche  quelles  sont 
ies  espèces  de  plantes  signalées  par  le  vieux  poète 
grée  et  indique  à  quel  nom  spécifique  botanique 
correspondent  ces  mêmes  espèces. 

C'est  ainsi  qu'une  vingtaine  de  plantes  se  trou- 
vent avoir  été  nommées  ou  décrites  par  le  père  de 
la  poésie  épique. 

Le  petit  opuscule  du  Dr  Th.  de  Heldreicii  se  re- 
commande à  la  fois  aux  botanistes  et  aux  hellé- 
nistes. Les  uns  et  les  autres  y  puiseront  d'utiles 
connaissances  et  y  trouveront  des  vues  aussi  nou- 
velles que  précieuses. 


Correspondance. 

Nous  recevons  du  savant  professeur  a  la  Sor- 
bonne,  M.  A.  Giard,  la  lettre  suivante  que  nous 
nous  empressons  de  reproduire   : 

Paris,  le  12  janvier  iSgô. 

Monsieur  H.  Léveillé,  Directeur  du  Monde  des 
Plantes. 

Dans  le  dernier  n°  du  Monde  des  Plantes  (n'  74 
p.  48),  à  propos  de  la  liste  publiée  par  M.  A.  Le- 
tacq, des  noms  vulgaires  attribués  aux  plantes  par 
les  paysans  des  environs  d'Alençon,  je  lis  ce  vœu 
auquel  je  m'associe  volontiers  :   • 

«  Il  serait  à  souhaiter  qu'un  semblable  travail 
fut  entrepris  pour  tous  les  départements  de  la 
France.  » 

Et  cette  promesse  que  j'enregistre  avec  satisfac- 
tion : 

«  Nous  nous  ferons  un  plaisir  de  publier  dans 
le  Monde  des  Plantes  les  renseignements  qu'on 
voudra  nous  faire  parvenir  sur  cette  question  qui, 


64 


LE      MONDE      DES      PLANTES 


ainsi  que  le  dit  M.  Letacq,   intéresse  a  [a  Fois  la 

philologie,  la  botanique  et  l'histoire  des  tradi- 
tions locales.  » 

Je  crois  utile  de  rappeler  à  ce  propos,  puisque  la 
plupart  des  botanistes  semblent  l'ignorer,  qu'un 
travail  de  ce  genre  a  été  commencé  et  publié  en 
partie  par  M.  E.  Rolland  (Paris,  2,  rue  des 
Chantiers)  dans  son  journal  Variétés  bibliogra- 
phiques [T.  I,  nos  5-i  2  février  1889  à  décembre  1  890 
et  t.  II,  n0!  1  et  2  (Seuls  parus\  1K91  ]. 

M.  E.  Rolland  qui  a  fait  paraître  en  6  volumes 
une  Faune  populaire  contenant  les  noms  des  ani- 
maux, les  proverbes  et  légendes  qui  les  concer- 
nent, etc..  avait  l'intention  de  poursuivre  le  même 
travail  pour  les  plantes  avec  le  concours  des 
abonnés  de  son  journal  et  de  tous  les  botanistes 
de  bonne  volonté. 

La  classification  adoptée  est  pour  les  familles 
celle  de  A. -P.  de  Candolle  (Théorie  de  la  Bota- 
nique, iSiglet  pourles  espèces  celle  de  Nyman  (Syl- 
loge  Flora.'  Europeœ,  [854-55).  Les  familles  trai- 
tées sont  celles  des  Renonculacées,  Myristicées, 
Ménjspermées,  Berberidées,  Nymphéacées,  Papavé- 
racées,  Fumariées  et  Crucifères  jusqu'au  genre 
Draba.  —  Outre  les  noms  vulgaires  en  usage 
dans  un  grand  nombre  de  localités  françaises, 
M.  Rolland  a  enregistré  ceux  employés  en  Angle- 
terre, en  Allemagne,  en  Russie,  etc.,  et  même  les 
noms  arabes  et  ceux  donnés  à  certaines  plantes 
par  les  anciens. 

Pour  la  région  Normande  en  particulier  c'est 
surtout  la  Flore  populaire  de  Joret  qui  parait 
avoir  été  consultée. 

Cet  excellent  travail  comprenant  pour  chaque 
espèce  la  lexicographie  et  le  folklore  s'il  y  a  lieu, 
répond  parfaitement  au  triple  desideratum  signalé 
par  M.  Letacq.  11  est  à  regretter  seulement  que 
l'auteur  se  soit  arrêté  en  chemin  dans  sa  publica- 
tion. Mais  ne  peut-on  espérer  qu'il  se  remettrait 
à  l'œuvre  s'il  y  était  encouragé  par  les  intéressés, 
je  veux  dire  par  les  botanistes,  les  philologues  et 
les  folkloristes  ? 

Il  m'a  semblé  que  le  Monde  des  Plantes,  Revue 
scientifique  indépendante,  était  l'organe  tout  dési- 
gné pour  accomplir  ce  sauvetage  et  que  l'Acadé- 
mie internationale  de  Botanique  ne  manquerait 
pas  de  s'intéresser  à  l'achèvement  d'un  pareil  mo- 
nument d'érudition  internationale. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Directeur,  l'assu- 
rance de  mes  sentiments  bien  distingués. 

Alfred  Giard 
Professeur  à  la  Sorbonne. 


désireront  pourront  d'ailleurs  adresser  directement 
eux-mêmes  le  montant  de  leur  souscription. 


Communication. 


Le  Comité  régional  de  la  Souscription  interna- 
tionale pour  l'érection  à  Paris  d'un  monument  à 
la  mémoire  de  M.  Pasteur,  nous  adresse  un 
pressant  appel. 

Nous  nous  empressons  de  transmettre  par  l'or- 
gane de  notre  Revue  cet  appel  à  MM.  les  Membres 
de  l'Académie  et  à  tous  nos  amis  et  abonnés. 

Nous  nous  chargeons  décentraliser  les  souscrip- 
tions qu'ils  voudront  bien  nous  transmettre  et 
nous  les  ferons  parvenir  au  Président  du  Comité 
régional,  M.  le  Dr  Joyetjx-Laffuie  professeur  et 
directeur  du  laboratoire  de  Bactériologie  à  la  Fa- 
culté des  Sciences    de   Caen    auquel  ceux  qui    le 


Informations. 

3>  L'n  de  nos  collègues  et  correspondant  de 
Chine,  le  R.  P.  Bodinier,  nous  apprend  la  mort 
au  Yunnan  du  grand  collecteur  de  plantes  et  pas- 
sionné botaniste,  le  P.  Delavay,  qui  a  fourni  à 
M.  Franchet  l'occasion  et  les  matériaux  de  ses 
derniers  travaux  et  adressé  au  Muséum  de  Paris 
près  de  deux  mille  espèces  entièrement  nou- 
velles. C'est  une  grande  perte  pour  la  botanique 
et  pour  l'étude  de  la  répartition  des  espèces  à  la 
surface  du  globe  à  laquelle  le  zélé  missionnaire 
a  apporté  un  précieux  et  puissant  concours. 

. — ►  Nous  apprenons  la  mort  du  DrJ.  Mlller,  di- 
recteur du  Jardin  botanique  de  Genève  et  conser- 
vateur de  l'Herbier  Delessert,  décédé  le  28  jan- 
vier à  l'âge  de  67  ans. 

— >-  Tous  nos  abonnés  et  lecteurs  qui  veulent 
greffer  dans  leurs  vergers  des  variétés  d'élite  de 
poiriers  à  poiré  et  de  pommiers  à  cidre,  peuvent 
s'adresser  en  toute  confiance,  dès  maintenant,  à 
M.  Eugène  Vimont,  directeur  du  journal  «  Le 
Cidre  »,  i5,  rue  Lebrun  (Gobelins),  Paris. 


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William  Dawson  (i  broch.);  baron  Ferd.  von 
Mueller  (1  vol.);  abbé  A.  L.  Letacq  (i  broch.). 

Tous  nos  remerciements  aux  donateurs. 


Mouvement  de  l'Herbier. 

Deux  nouvelles  sections  viennent  d'être  créées; 
la  section  des  types  provenant  des  auteurs  mêmes 
qui  ont  créé  les  espèces  ou  variétés  et  l'herbier 
monographique  des  Géraniées. 

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appelées  à  enrichir  grandement  les  diverses  sec- 
tions de  l'herbier.  Merci  à  notre  distingué  collègue 
pour  ce  bel  envoi. 


Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes  », 
H.  LÉVEILLÉ 


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ANNÉE  12"  Série) 


N°  77 


l'r  Avril  1896 


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DES 


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Revue  Internationale  il  lustrée 


DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


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«  Htnedicite  unirent*   geriuinanlia   in   ttrrt 
«  Domino.  » 

D  w.,  ch.  ni. 


Directeur 
Rédacteur  en  chef  :  A.  AGLOQUE 


H.    LEYEILLE 


SOMMAIRE    DU    N°    77 

Avis.  —  Académie  internationale  de  Géographie  botanique.  —  Hommage  mérité.  — 
Tribune  du  i  Monde  des  Plantes  >,  C.-E.  Porter.  —  L'Eionymus  leucocarpos  LEVL.et 
F.  Lixde  dans  les  Deui-Sèvres,  H.  L.  —  La  Flore  bryologique  des  environs  de 
Borne  Haute-Loire),  P.  V.  Liotard.  —  La  nomenclature  botanique.  —  Corres- 
pondance :  Les  noms  vulgaires  des  Plantes,  E.  Olivier.  —  Exsiccata  Uredinearum 
et  Ustilaginearum  Galliae  orientais.  —  Revue  des  sociétés  savantes.  —  Bibliogra- 
phie. —  Informations.  —  Mouvement  de  la  bibliothèque.  —  Mouvement  de  l'herbier. 


LE     MANS 
Imprimerie  Ed.  MONNOYER,  Place  des  Jacobins,    12 


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UN    AN    :     France 6  fr. 

—  Étrani  olonies 8    » 

SIX  MOIS  :  France 3     » 

—  Étranger,  Colonies 4    » 

Le  Numéro  :  50  cent. 

Les    Abonnements    parlent   du     1"   Octobre    ou    du 
1"  Janvier  de  chaque  année. 


Toute   personne  qui  ne    se   désabonnera  pas 
sera    considérée    comme   réabonnée. 


DEPOTS    : 

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Ph.  Heinsberger,  15,  First  Avenue. 

LONDON 

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Square. 

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J.-B.  Baillière  et  Fils,  lit,  rue  Hautefeuiïle. 
Jacques    Lecuevalier,    Librairie    médicale    et 
scientifique,  23,  rue  Racine. 

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De  CANDOLLE  Cas. 
CAPODURO  Marius. 
CHRISTIAN  BAY. 
CORREVON    H. 
DANIEL  L. 
DEBEAUX  0. 
DESCHAMPS  ÉM. 
DUPUIS  P. 


Est    publié    avec  la  Collaboration    de 


GADECEAU  Ém. 

GENTIL  Amb. 

GIARD  A. 

GILLOT  X. 

GONOD  D'ARTEMARE. 

GRAY  Cn. 

De  HELDRE1CH  Th. 

HÉRIBAUD  Ju. 

HISINGER  (Baron  Ed.) 

HITCHCOCK  A.-S. 

IVANITZKY  N. 

LE  GENDRE  Cn. 

LE  GRAND  Ant. 


LETACQ  A.  L. 
LIOTARD  P.-V. 
MARCAÏLHOU  d'AYMERIC 
MERCIER  L. 
MONGUILLON  E. 
MUELLER  (Baron  Von) 
OLIVIER   Ern. 
RENAULD   F. 
ROUY  G. 
SADA   A. 

SPALIKOWSKI  Ed. 
TRELEASE  W. 
WHEELER  C.  F. 


Toul  ce  qui  concerne  la  Direction  doit  être  adressé  à  M.  II.  Léveillé,  10-4,  rue  de  Flore,  Le  Mans  (Saillie) 
France  ;  —  et  ce  qui  concerne  la  Rédaction,  à  M.  A.  Acloque,  à  Auxi-Ie-Chàteau  (Pas-de-Calais)  France. 

Adresser  les  demandes  d'abonnements  et  mandats  à  M.  Monnoyer,  Imprimeur-Éditeur,  12,  place  des  Jacobins, 
Le  Mans  (Sartlie)  Fiance.  11  n"est  pas  envoyé  de  numéro  spécimen  gratuit. 

Les  abonnés  à  l'étranger  sont  instamment  priés  de  faire  parvenir  le  montant  de  leur  abonnement  en  mandats  de 
poste  internationaux,  en  chèques  ou  lettres  de  change  payables  au  Mans,  à  la  banque  de  France,  au  Comptoir 
d'Escompte,  au  Crédit  Lyonnais,  à  la  Société  générale. 

Un  abonni  tuil  sera  servi  à  toute  personne  qui  procurera  à  la  Revue  quatre  abonnés  nouveaux,  aussi 

longtemps  que  les  abonnements  procurés  seront  renouvelés. 

En  1901,  un  prix  de  600  francs  sera  décerné  à  l'auteur  du  meilleur  travail  sur  la  botanique  paru  dans  le  Momie  des 
Plantes  du  1"  octobre  lS'.ij  au  !•'  septembre  1900.  Les  mémoires  devront  être  aussi  concis  que  possible,  et  exclusive- 
ment rédigés  en  français.  La  seule  condition  pour  concourir  est  d'être  abonné  au  Momie  des  Plantes  pendant  la  durée 
du  concours. 

La  Librairie  médicale  et  scientifique  Jacques  Lecuevalier,  23,   rue  Racine,  à  Paris,  fait  à  nos  abonnés,  sur  pro 
duction  de  la   bande  imprimée  de  la   Revue,  une  remise  de  lli  °/o  sur  la  plupart  des  ouvrages  qu'ils  peu' 
désirer. 


" 


5e  Année  (se  Sérikj 


No  77 


ier  Avril   iSç6 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

lievue  Internationale  illustrée  de  'Botanique. 


Avis 

Nos  abonnés  ont  pu  remarquer  que  cette 
année  nous  avons  mis  à  leur  charge  les  frais 
de  recouvrement  dont  nous  leur  faisions  grâce 
depuis  quatre  ans. 

Le  nombre  sans  cesse  croissant  de  nos  lec- 
teurs a  nécessité  l'adoption  de  cette  mesure 
qui  sera  maintenue  dorénavant  les  années 
suivantes,  les  frais  de  recouvrement  devenant 
onéreux  par  leur  multiplication  et  menaçant 
de  grever  lourdement  notre  budget  au  détri- 
ment des  perfectionnements  que  nous  comp- 
tons apporter  à  la  Revue. 


Académie   internationale  de   Géographie 
botanique. 

Par  décision,  en  date  du  25  mars,  M.  Coil- 
liot,  du  Mans,  est  nommé  membre  auxiliaire 
de  l'Académie. 

Le  Directeur, 

William  Trelease. 

Par  décision,  en  date  du  3i  mars,  M.  L. 
Bruneau,  de  Montmédy  (Meuse),  est  nommé 
membre  auxiliaire  de  l'Académie. 

Le  Directeur, 
William  Trelea.se. 


Hommage  mérité. 

Un  de  nos  collaborateurs,  M.  Liotard,  de 
Toulouse,  nous  annonce  qu'une  touchante 
manifestation  a  eu  lieu  le  12  mars,  en  l'hon- 
neur de  M.  Clos,  à  l'occasion  de  l'ouverture 
du  cours  municipal  de  Botanique,  dont  l'émi- 
nent  professeur  inaugurait  la  41e  année. 

Aux  auditeurs  ordinaires  des  cours  s'étaient 
joints  de  nombreux  professeurs  de  la  Faculté 
des  Sciences,  de  la  Faculté  mixte  de  médecine 
et  de  pharmacie,  et  des  délégués  de  toutes  les 
Sociétés  savantes  de  Toulouse. 
t.  v. 


M.  Clos  a  fait  sa  leçon  d'ouverture  devant 
cet  auditoire  aussi  brillant  qu'imprévu;  des 
applaudissements  unanimes  et  de  chaleureuses 
ovations  ont  salué  l'honorable  professeur. 

L'Académie  internationale  de  géographie 
botanique  se  fait  un  devoir  et  un  plaisir  d'unir 
ses  plus  vives  félicitations  à  celles  qui  ont  été 
témoignées  au  sympathique  savant. 


Tribune  du  Monde  des  Plantes 

Quel  est  l'ouvrage  le  plus  complet  sur  les 

champignons    microscopiques    permettant    la 

détermination  précise  des   moisissures  et    des 

spores?  L'ouvrage   de  Bennett  et?   Handbook 

0/  Cryptogamic  Botany  est-il  assez   complet 

pour  cet  objet? 

Carlos  E.  Porter. 

Valparaiso  (Chili). 


L'«Evonymus  leuoocarpos  »  Levl.  et  F. 
Lande  dans  les  Deux-Sèvres 

Notre  distingué  collègue,  M.  B.  Souche, 
président  de  la  Société  botanique  des  Deux- 
Sèvres,  nous  informe  que  VEvonymus  euro- 
pœus  à  fruit  blanc  a  été  signalé  à  la  Société 
botanique  des  Deux-Sèvres,  en  1889,  par  M.  X. 
Lévrier.  Celui-ci  a  rencontré  la  plante  à  Chà- 
tillon-sur-Sèvre  (Deux-Sèvres),  mais  en  un 
seul  endroit.  L'arbuste  a  été  vu  plusieurs  an- 
nées de  suite  avec  ses  fruits  absolument  blancs. 
A  chaque  fois,  nous  apprennent  MM.  Souche 
et  Lévrier,  des  précautions  ont  été  prises 
pour  empêcher  la  détérioration  du  pied  :  celui- 
ci  existe  encore.  Des  essais  de  bouturage  ont 
été  faits,  mais  ils  n'ont  pas  réussi. 

Personne,  que  nous  sachions,  n'ayant  nomme 
cette  variété  dont  l'observation  de  M.  Lévrier 
vient  corroborer  l'existence,  et  dont  M.  F. 
Lande  a  pu  également  remarquer  la  persistance 


66 


LE      MONDE       DES       P]  A.NTES 


dans  l'Orne. notre  dénomination  reste  donc  va- 
lable. Seule  la  paternité  de  la  découverte  se 
trouve,  nu  moins  jusqu'à  maintenant,  remonter 
à  M.X.  Lévrier  qui  l'a  le  premier,  semble-t-il, 
signalée  à  la  Société  botanique  des  Deux- 
Sèvres,  quoique  nous  eussions  jusqu'à  ce  jour 
ignoré  sa  communication. 

II.   !.. 


La   Flore  bryologique    des    environs   de 
Borne  Haute-Loire). 

Le  village  de  Borne  (750  ni  d'altitudei  est  un 
petit  chef-lieu  de  commune  situé  à  12  kilomè- 
tres du  Puy,  et  la  première  station  de  chemin 
de  fer  sur  la  direction  du  Puy  a  Clermont- 
Ferrand. 

Remarquable  tout  au  plus  par  quelques  ves- 
tiges d'anciennes  grottes,  Borne  est  fréquenté 
à  certaines  époques  par  un  nombre  relative- 
ment limité  d'amateurs  de  pêche  ou  de  chasse, 
parfois  aussi  par  des  touristes  ou  des  prome- 
neurs se  rendant  au  rustique  château  de 
La  Roche-Lambert  non  loin  de  là. 

.Mais  bien  peu  de  botanistes  à  ma  connais 
sance,  ont  exploré  ce  petit  coin  de  terre  creusé 
de  vallées  profondes  qui  offre  une  flore  des 
plus  variées  que  l'on  trouve  rarement  ailleurs. 
Pendant  les  quelques  années  de  mon  profes- 
sorat à  l'Ecole  d'agriculture  de  Nolhac,  il  m'a 
été  donné,  chaque  dimanche,  d'explorer  cette 
région.  Jusqu'en  1802.  j'avais  limité  mes 
recherches  aux  phanérogames  et  aux  crypto- 
games vasculaires  sur  lesquels  je  me  propose 
de  publier  plus  tard  quelques  notes.  La  saison 
hivernale,  qui  compte  parfois  de  belles  jour- 
nées, mais  n'offre  au  botaniste  d'autre  végé- 
tation que  les  mousses  et  les  lichens,  était 
donc  pour  moi  une  période  inactive. 

Je  résolus  alors,  pour  donner  libre  cours  à 
mes  goûts,  d'entreprendre  la  récolte  et  l'étude 
des  muscinées  pour  me  spécialiser  par  la  suite 
dans  cette  branche  de  la  science  botanique. 

Sur  les  indications  et  la  recommandation  de 
M  Malinvaud,  secrétaire  général  de  la  Société 
botanique  de  France,  j'adressai  mes  premières 
récoltes  a  M.  I'ernand  Camus,  le  distingué 
bryologue  parisien,  qui  consentit  avec  une 
gracieuseté  sans  égale,  à  m'en  effectuer  la  dé- 
termination. Qu'il  me  permette  de  lui  adresser 
ici  mes  plus  vifs  remerciements  pour  les  con- 
seils et  les  encouragements  qu'il  a  bien  voulu 
me  donner,  je  dirai  même,  qu'il  a  bien  voulu 
me  prodiguer. 

La  région  de  Borne,  ainsi  que  le  montre  le 
plan  ci-après,  est  creusée  de  deux  vallées 
orientées  du  nord  au  midi.  Dans  l'une  coulent 


lentement  les  eaux  de  la  rivière  de  Borne,  et 
dans  l'autre  celles  plus  rapides  du  ruisseau  de 
Barbouilloux. 


1V.A/ 


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Borne' 


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Cette  dernière  vallée  que  j'ai  explorée  tout 
particulièrement,  est  des  plus  intéressantes 
pour  le  bryologue.  Abritée  de  tous  côtés  par 
des  éminences  boisées,  et  en  outre  couverte 
en  grande  partie, sur  le  thalweg  de  rive  gauche, 
de  prairies  irriguées,  elle  offre,  par  ces  circons- 
tances mêmes,  qui  maintiennent  sur  cespoints 
l'état  hygrométrique  de  l'air  très  élevé,  une 
des  conditions  les  plus  favorables  au  bon  déve- 
loppement des  muscinées  :  une  humidité 
constante. 

C'est  au  point  de  jonction  des  deux  vallées, 
et  par  conséquent  des  deux  cours  d'eau  que 
se  trouve  l'ancien  pont  de  Borne,  dont  les 
joints  à  mortier  de  chaux  sont  couverts  parle 
Tortula muralis  Timm.  Je  le  prendrai  comme 
point  de  départ  pour  suivre,  avec  le  lecteur, 
un  itinéraire  déterminé,  de  manière  à  indiquer, 
au  fur  et  à  mesure,  les  récoltes  qu'il  est  pos- 
sible de  faire. 

Du  pont,  on  accède  à  la  route  nationale 
n°  102  de  Viviers  à  Clermont-Ferrand  qui 
suit,  sur  près  d'un  demi-kilomètre,  la  rive 
gauche  du  ruisseau  de  Barbouilloux. 

Exactement  au  point  d'accès,  le  talus  en 
déblai  de  la  route  est  formé  par  un  conglo- 
mérat alluvial  composé  d'un  mélange  de 
marnessiliceuses  et  de  débris  de  roches  basal- 
tiques réunis  par  un  ciment  argileux.  Dans 
les  anfractuosités  s'abritent  plusieurs  musci- 
nées, notamment  le  Weisia  viridula  Brid.  et 
le  Bryum  piriforme  Hedw.  Cette  même  for- 
mation géologique  se  présente  sur  la  rive 
opposée,  et  précisément  au  point  où  elle 
affecte  une  sorte  de  promontoire,  se  cache  une 
mousse  très  intéressante  :  le  Fabronia  pusilla 

Radd. 

En  poursuivant  la  route  dans  la  direction  du 
Puy  ou  pour  être  plus  clair,  en  se  dirigeant 
vers  Nolhac,  on  trouve  sur  la  droite  un  bois 
dont  la  pelouse  de  la  partie  supérieure  est  en- 
tièrement constituée  par  le  Dicranum  scopa- 
rium  Hedw,   et   parsemée  de  quelques  rares 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


67 


touffes  du  Bryum  roseum  Schreb.,  tandis  qu'à 
la  partie  inférieure  sont  accumulés  de  nom- 
breux blocs  de  basalte.  C'est  dans  les  joints, 
les  anfractuosités  ou  sur  la  surface  de  ces  der- 
niers que  croissent,  sur  un  espace  très  limité  : 
Bartramia  pomiformis  Hedw.  ;  Encalypta 
vulgaris  Hedw. ;Rhacomitriumcanescens  Brid.; 
Rh.  heterostichum  Brid  ;  Grimmia  commutata 
Huebn.  ;  Gr.  leucophœa  Grev.  ;  Gr.  Schvltfii 
Wils.  ;  G.  pulvinata  Sm.  ;  Hedwigia  albi- 
cans  Lindb.  ;  H.  albicans  forma  Ieucophcea 
Schimp.,  etc. 

Sur  l'autre  côté  de  la  route  est  également  un 
bois.  Si  on  le  traverse  pour  rejoindre  le  ruis- 
seau, force  est  de  s'arrêter  au  bord  de  rochers 
à  pic  d'où  le  regard  plonge  sur  une  petite 
nappe  d'eau  circulaire  que  forment  en  ce  point 
les  eaux  du  ruisseau  de  Barbouilloux.  On  a 
tôt  fait  de  descendre  pour  admirer  ce  que  les 
gens  du  pays  appellent  le  «Gourde  la  Peirova» 
(Gouffre  de  la  Marmite).  C'est  une  excavation 
de  3o  mètres  environ  de  circonférence  creusée 
dans  la  roche  volcanique  parles  eaux  du  ruis- 
seau et  entourée  sur  les  côtés  par  d'énormes 
murailles  naturelles  de  basaltes  prismatiques. 
Ceux-ci  recèlent,  entre  autres  muscinées,  le 
Barbula  ruralis  Hedw.  ;  le  B.  muralis  var. 
obcordata  Schimp.,  le  Leucodon  sciuroides 
Schw. 

Revenons  à  la  route.  A  une  cinquantaine  de 
mètres  du  point  où  nous  l'avons  quittée, 
débouche  un  chemin  rural  qui  la  prolonge 
pour  ainsi  dire.  Suivons-le  jusqu'au  commen- 
cement de  la  rampe  à  assiette  rocailleuse  qui 
permet  l'accès  du  plateau  de  Nolhac,  exacte- 
ment au  point  où  aboutit  sur  la  gauche,  un 
petit  chemin  d'exploitation  qui  permet  de 
rejoindre  le  ruisseau  de  Barbouilloux.  C'est  à 
une  dizaine  de  mètres  de  là,surle  talus  rocheux 
côté  gauche  du  chemin  rural,  qu'on  pourra 
récolter  quelques  touffes  stériles  du  Bryum 
alpinum  L.  dont  la  couleur  pourpre  foncé 
tranche  singulièrement  sur  la  maigre  végéta- 
tion  qui  recouvre  ce  talus. 

Il  n'est  guère  utile  de  pousser  plus  loin  sa 
course  ;  mieux  vaut  revenir  sur  ses  pas  et  s'en- 
gager dans  le  chemin  d'exploitation  dont  il  a 
été  question  plus  haut.  Quelques  pas  seule- 
ment, et  on  trouvera,  sur  la  gauche,  un  clapier 
basaltique  d'une  étendue  très  restreinte,  où  on 
peut  détacher  de  superbes  échantillons  d'Or- 
thotrichum  ritpestre  Schleich.  qui  croissent 
sur  la  surface  des  débris  rocheux  dont  il  est 
formé. 

On  peut  gravir  ensuite  le  bois  montueux  à 
droite,  pour  accéder  jusqu'au  plateau  et  récol- 
ter Hypnum  triqiietrum  I-.,  H.  rugosum  Ehrh. 


H.  splendens  Hedw.,  Thyidium  tamariscinum 
Br.  Eur.,  Th.  abietinum  Br.  Eur. 

Une  ligne  très  importante  à  explorer  a  été  omise 
dans  l'itinéraire  que  je  viens  de  tracer.  Je  veux 
parler  du  bord  rive  gauche  du  ruisseau  de  Bar- 
bouilloux où  nombre  de  mousses  trouvent  des 
stations  les  plus  favorables  ;  les  unes,  l'écorce 
des  arbres  vivants  qui  croissent  le  long  de  ce 
cours  d'eau  ou  des  bois  morts  et  pourris,  les 
autres  certaines  déclivités  au  fond  tourbeux  ou 
marécageux,  etc.  Parmi  celles  recueillies  sur 
ces  diverses  stations,  je  citerai  :  Hypnum 
serpens  L.  ;  H.  ccespitosum  Wils.  ;  H.  veluli- 
num  !..  ;  Leskea  polycarpa  Ehrh.  ;  Leucodon 
sciuroides  Schw.  ;  Climacium  dendroides  Web. 
et  M.  ;  Mnium  undulatum  Neck.  ;  Bryum 
roseum  Schreb. 

Il  n'est  possible,  évidemment,  de  donner 
dans  le  rapide  itinéraire  suivi  qu'un  aperçu 
incomplet  des  mousses  récoltées  aux  environs 
de  Borne  ;  sur  bien  des  points  il  eut  été 
nécessaire  de  s'en  écarter.  Pour  remédier, 
dans  une  certaine  mesure,  à  cette  lacune,  il  me 
paraît  utile  de  résumer,  dans  une  liste  géné- 
rale, toutes  celles  que  j'ai  recueillies. 

i°  Hypnées  (1). 

Hypnum  triqiietrum  L.  —  Bois  humide  sur 
le  plateau  de  Nolhac  et  vers  les  rochers  en 
face  de  Borne  (F). 

*  H.  splendens  Hedw.  —  Bois  sur  le  plateau 
de  Nolhac  (F). 

H.  cuspidatum  L.  —  Prairies  humides  des 
environs  de  Nolhac  (S). 

'  H.  cupressiforme  L.  —  Murs  de  clôture  à 
pierres  sèches,  nature  basaltique,  à  Borne  et 
à  Nolhac  (S). 

*  H.  rugosum  Ehrh.  —  Bois  humide  sur  le 
plateau  de  Nolhac  (S). 

*  H.  serpens  L.  —  Troncs  d'arbres  le  long 
du  ruisseau  de  Barbouilloux  (F). 

H.  cœspitosum  Wih.  —  Cette  espèce  occi- 
dentale dont  la  présence  dans  la  Haute-Loire 
est  très  intéressante  a  été  découverte  en  brins 
stériles  par  M.  Camus  dans  un  échantillon  de 
Leskea  polycarpa  que  j'avais  soumis  à  son 
examen.  Cet  échantillon  avait  été  récolté  sur 
des  troncs  d'arbres  bordant  la  partie  de  rive 
gauche  du  ruisseau  de  Barbouilloux  comprise 


(1)*  indique  les  mousses  mentionnées  dans  la 
Flore  du  département  de  la  Haute-Loire  par  le 
Docteur  Arnaud  (182D)  ou  le  Supplément  à  cette 
flore  (i83oJ. 

IF).  Mousses  rencontrées  à  l'état  fertile. 

(S).  Mousses  rencontrées  à  l'état  stérile. 


68 


t.F       MONDE      DES      PLANTES 


entre  le  vieux  pont  de  Borne  et  le  «Gour  de  la 
Peirowa  ». 

Je  n'ai  pu,  avec  regret,  effectuer  par  la  suite 
de  sérieuses  recherches  pour  retrouver  cette 
espèce.  Son  aspect  est  du  reste  assez  difficile 
à  saisir  pour  un  débutant  auquel  il  manque  le 
le  coup  d'œil,  qualité  que  le  temps  seul  permet 
d'acquérir.  Je  suis  absolument  persuadé  qu'on 
la  retrouvera,  et  pour  cause,  j'ai  cru  utile  de 
bien  préciser  la  station  du  mieux  possible. 

*  Hypnum  velutinum  L.  —  Base  des  troncs 
d'arbres  à  Borne  (F). 

H.  populeum  Hedw.  —  Murs  de  clôture  à 
pierres  sèches,  nature  basaltique,  prés  l'Ecole 
de  Nolhac  (F). 

*  H.  lutescens  Huds.  —  Bord  du  bois  lon- 
geant la  route  nationale  n°  102  à  l'entrée  de 
Borne,  sur  les  troncs  d'arbres  (F). 

*  Isothecium  sericeum  Spruce.  —  Bords  du 
bois  longeant  la  route  entre  Borne  et  Nol- 
hac (F). 

Climacium  dendroides  Web.  et  M.  —  Rive 
gauche  du  ruisseau  de  Barbouilloux  en  amont 
du  «  Gour  de  la  Peirowa»  (S). 

2°  Leskéées. 

*  Thyidium  tamariscinum  Br.  Eur.  — Bois 
humide  sur  le  plateau  de  Nolhac  (S). 

"  T.  abietinum  Br.  Eur.  —  Même  station 
que  le  précédent  IS). 

*  Leskea  viticulosa  Spruce.  —  Murs  de  clô- 
ture à  Borne.  Base  des  troncs  d'arbres  bordant 
la  rive  gauche  du  ruisseau  de  Barbouilloux  (S). 

Leskea  polycarpa  Ehrh.  —  Troncs  d'arbres 
de  la  rive  gauche  du  ruisseau  de  Barbouil- 
loux (F). 

3°  Fabroniées. 

Fabronia  pusilla  Radd.  —  Anfractuosités 
des  rochers  formant  une  sorte  de  promontoire 
à  l'angle  est  de  la  ligne  des  grottes  à 
Borne  il    . 

4"  Neckérées. 

*  Leucodon  sciuroides  Schw.  —  Rochers 
basaltiques  à  Borne.  Troncs  d'arbres  sur  le 
bord  du  ruisseau  de  Barbouilloux  (S). 

5°  Bartramiées . 

*  Bartramia pomiformis  Hedw. —  Anfrac- 
tuosités de  blocs  basaltiques  dans  le  bois 
entre  Borne  et  Nolhac.  côté  gauche  delà  route 
nationale  n°  102  (1)  (F). 


(1)  La  route  nationale  n°  102  étant  intitulée  de 
Vi\icrs  à  Clermont,  le  cote  gauche  de  cette  route 
est  à  notre  droite  dans  l'itinéraire  suivi  pour  notre 
description. 


Cette  espèce,  que  j'ai  retrouvée  sur  d'autres 
points  hors  de  la  région  de  Borne,  me  parait 
assez  commune.  C'est  sans  doute  celle  indi- 
quée par  Arnaud  dans  sa  flore  (page  9)  sous 
les  synonymes  de  Bartramia  vulgaris  1).  C. 
et  de  Bryum  pomi forme  L.  Ce  dernier  n'est 
autre  que  la  plante  décrite  par  Hedwig. 

6°  Mniées. 

*  Mnium  undulalum  Neck.  —  Rive  gauche 
du  ruisseau  de  Barbouilloux  en  amont  du 
«  Gour  de  la  Peirowa  »  (F). 

*  Bryum  roseum  Schreb.  —  Même  station 
que  le  précédent.  Bois  entre  Borne  et  Nol- 
hac (S). 

*  Bryum  argenteum  L.  —  Sur  les  murs  à 
Borne  et  Nolhac,  notamment  sur  un  mur  de 
clôture  derrière  l'hôtel  Gagnaire  à  Borne  (F). 

Bryum  alpinum  L.  —  Talus  côté  gauche  du 
chemin   rural   de  la  route  nationale  n"   £02,  à 

Nolhac  (Si. 

*  Bryum  ccespititium  L.  —  Sur  les  murs  de 
clôture  limitant  la  route  entre  Borne  et  Nol- 
hac (F). 

*  Bryum  capillare  L.  —  Banquettes  déterre 
de  la  route  nationale  n°  102  entre  Borne  et 
Nolhac  (F). 

Bryum  piriforma  Hedw.    —  Anfractuosités 
des  rochers  formant  talus  de  la  route  nationale 
n°  102.  à  la  sortie  du  vieux  pont  de  Borne  (F). 
7°  Encalyptées. 

*  Encalypta  vulgaris  Hedw.  —  Anfractuo- 
sités de  blocs  basaltiques  dans  les  bois  entre 
Borne  et  Nolhac  (F). 

8°  Orthotrichées. 

Orthotrichum  obtusifolium  Schrad. —Troncs 
d'arbres  dans  le  Jardin  de  l'Ecole  d'agriculture 
de  Nolhac  KS). 

Orthotrichum  rupestre  Schleich.  —  Clapiers 
en  amont  du  «  Gour  de  la  Peirowa  »  limitant 
un  chemin  d'exploitation  des  bois  (F). 

Orthotrichum  Strumii  H.  et  H.  —  Clapiers 
basaltiques  dans  les  bois  de  Borne  (F). 

*  Orthotrichum  anomalum  Hedw.  —  Mêmes 
stations  que  le  précédent  (F). 

0°  Grimmiées  (Rhacomitriées). 

Rhacomitrium  canesceris  Rrid.  —  Clapiers 
basaltiques  dans  les  bois,  côté  gauche  de  la 
route  nationale,  n"  102  (S). 

Rhacomitrium  heteroslichum  Brid.  —  Même 
station  que  le  précédent   S). 

Grimmia  commutata  Hucbn.  —  Même  sta- 
tion et  sur  blocs  basaltiques  dans  un  bois  près 
Manninhac  (1)  (F). 


(1)  Village  voisin  de  Nolhac. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


69 


Grimmia  ovata  Br.  Eur.  —  Rochers  basalti- 
ques des  environs  de  Borne  (F). 

Cette  espèce  a  été  trouvée  par  M.  Camus 
dans  un  lot  de  mousses  soumis  à  son  examen 
et  récolté  le  3i  janvier  1892.  Toutefois  sa  dé- 
termination n'a  pu  être  absolument  précisée, 
ce  Grimmia  étant  trop  jeune.  C'est  une  plante 
intéressante  qu'il  conviendra  de  rechercher. 

Grimmia  leucophaea  Grev.  —  Rochers  basal- 
tiques à  Borne  (F.). 

Grimmia  Schult^ii  Wils.  —  Clapiers  basal- 
tiques entre  Borne  et  Nolhac  (S). 

Grimmia  pulvinata  Sra.  — Blocs  basaltiques 
à  Borne  et  dans  un  bois  près  Marminhac  (F). 

Grimmia  apocarpa  Hedw.  —  Talus  perreyé 
du  chemin  de  fer  à  la  station  de  Borne  (F). 

io°  Grimmiées.    (Hedwigiées). 

Hedwigia  albicans  Lindb.  —  Clapiers  basal- 
tiques des  bois  de  Borne  et  rochers  basalti- 
ques entre  Borne  et  Nolhac  (S). 

Hedwigia  albicans  forme  leucophaea  Schimp. 
—  Rochers  basaltiques  entre  Borne  et  Nol- 
hac (S). 

1 1°  Trichostomées. 

*  Barbula  ruralis  Hedw.  —  Talus  de  la 
route  nouvelle,  n°  102  entre  Borne  et  Nolhac 
et  Anfractuosités  des  rochers  au  «  Gour  de  la 
Peirowa  »  (F). 

Barbula  latifolia  Br.  Eur.  —  Base  des  troncs 
d'arbres  sur  la  rive  gauche  du  ruisseau  de 
Barbouilloux  (S). 

*  Barbula  subulata  Pal.  Beauv.  —  Sur  la 
terre  dans  les  bois  de  Borne  (F). 

*  Barbula  muralis  Timm.  —  Parapet  du 
vieux  pont  de  Borne  (F). 

Barbula  muralis  var.  obcordata  Schimp.  — 
Rochers  basaltiques  du  «  Gour  de  la  Pei- 
rowa »  (F). 

Barbula  vinealis  Brid.  —  Talus  perreyé  du 
chemin  de  fer,  à  la  station  de  Borne  (F). 

Barbula  unguiculata  Hedw.  —  Talus  du 
fossé  de  la  route  nationale  n°  102  entre  Borne 
et  Nolhac  (F). 

Ceratodon  purpureus  Brid.  —  Bords  du 
chemin  rural  de  la  route  n°  102  au  plateau  de 
Nolhac  (F). 

120  Dicranées. 

Dicranum  scoparium  Hedw.  Partie  supé- 
rieure du  bois  de  .  Borne,  côté  gauche  de  la 
route  nationale  n°  102  (F). 

i3°  Weisiées. 

Weisia  viridula  Brid.  —  Anfractuosités  des 
rochers  formant  le  talus  de  la  route  nationale 
n°  102  à  la  sortie  du  vieux  pont  de  Borne  (S). 

D'après  cette  nomenclature,  ce  sont  les 
représentants  de  la  région  sylvatique  moyenne 


qui  dominent  aux  environs  de  Borne.  On 
trouve  cependant  quelques  muscinées  appar- 
tenant plus  généralement  à  la  zone  inférieure, 
telles  que  :  Hypnum  triquetrum,  H.  rugo- 
sum,  Thyidium  abietinum,  Bryum  roseum, 
Orthotrichum  obtusifolium,  Rhacomitrium  heie- 
rostichum,  etc.  Mais  la  trop  courte  durée  de 
mes  recherches  et  surtout  leur  peu  d'étendue 
ne  me  permettent  pas  un  examen  plus  appro- 
fondi sur  le  point  si  intéressant  de  la  distri- 
bution géographique  des  mousses  de  cette 
région.  Je  laisse  ce  soin  à  d'autres  plus  com- 
pétents que  moi  qui,  par  leur  situation  et  leur 
ardent  amour  pour  la  bryologie,  pourront  se 
livrer  à  des  herborisations  suivies  et  moins 
limitées. 

Evidemment,  la  liste  que  j'ai  donnée,  bien 
que  comprenant  5i  espèces  ou  variétés,  dont 
28  nouvelles  pour  la  Haute-Loire,  est  fort 
incomplète  ;  elle  n'est  que  le  résultat  d'une 
première  année  de  recherches  effectuées  tout 
particulièrement  pour  des  études  de,  début, 
et  il  va  de  soi  que  le  plus  grand  nombre  d'es- 
pèces intéressantes  m'ont  échappé.  Néanmoins, 
elle  donne  d'ores  et  déjà  un  aperçu  de  la 
richesse  bryologique  des  environs  de   Borne. 

P.-V.  Liotard. 


La  nomenclature  botanique 

En  réponse  'à  l'article  de  M.  Kuntze  sur 
les  besoins  de  la  nomenclature  botanique, 
M.  Le  Jolis  a  adressé  à  M.  Malinvaud  une 
lettre  dont  nous  extrayons  les  passages  sui- 
vants : 

«  Voilà  quarante  ans,  depuis  mes  Remar- 
ques sur  la  nomenclature  algologique  publiées 
en  i855,  que  je  ne  cesse  de  combattre  la  con- 
fusion et  le  trouble  que  les  résurrectionnistes 
apportent  dans  le  langage  usuel,  et  c'est  encore 
l'objet  de  mes  derniers  écrits  sur  la  nomen- 
clature des  Mousses  et  des  Hépatiques.. .  Il  est 
vrai  que  je  comprends  les  lois  de  1867  tout 
autrement  que  M.  O.  Kuntze,  lequel  prétend 
que  la  loi  de  priorité  est  la  base  du  «  Code 
parisien.  »  Je  ne  puis  admettre  ce  prétendu 
axiome,  et  voici  pourquoi: 

«...  C'est  seulement  à  l'article  i5  du  chapi- 
tre III  que,  pour  la  première  fois,  il  est  ques- 
tion de  la  priorité,  et  cela  dans  les  termes  sui- 
vants : 

«  Art.  i5. —  Chaque  groupe  de  végétaux  ne 
peut  porter  dans  la  science  qu'une  seule  dési- 
gnation valable,  savoirlaplus  ancienne,  adop- 
tée par  Linné,  ou  donnée  par  lui  ou  après  lui, 


7° 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


.i  la  condition  qu'elle  soit  conforme  aux  règles 
essentielles  de  la  nomenclature. 

i si  donc,  la   loi  de  priorité'  est  condi- 
tionnelle,  et  subordonnée  à   des    règles  plus 
nticlles,    c'est-à-dire     aux   principes    diri- 
geants proclamés  aux  articles  3  et  4. 

toute  évidence,  la  loi  de  priorité  s'im- 
pose rigoureusement  à  partir  de  la  promulga- 
tion des  lois  de  1867.  Mais  quand  il  s'agit 
d'en  faire  une  application  rétroactive,  il  con- 
vient  d'y  apporter  les  plus  grands  ménage- 
ments ;  car  la  substitution  d'un  vieux  nom  in- 
connu à  un  nom  généralement  usité  est  abso- 
lument contraire  à  l'esprit  du  Code  parisien, 
puisqu'elle  équivaut  à  n  une  création  inutile 
de  noms  »  et  ne  peut  que  c  jeter  de  la  confu- 
sion dans  la  science»  en  en  jetant  dans  son  lan. 
gage,  qui  est  la  nomenclature.  » 

De  son  côté,  M.  Malinvaud  estime  que  la 
Société  botanique  de  France  n'a  assumé,  au 
point  de  vue  de  la  nomenclature,  aucune  obli- 
gation particulière;  en  effet,  dit-il,  «  les  lois 
de  la  nomenclature  botanique  rédigées  par 
l'illustre  Alphonse  de  Candolle  sont  deve- 
nues, par  le  fait  même  de  leur  discussion 
approfondie  qui  a  apporté  divers  change- 
ments au  texte  primitif,  et  de  leur  adoption 
par  le  Congrès  de  1867,  l'œuvre  collective  de 
cette  assemblée  internationale  ;  le  mérite  et  la 
responsabilité  en  reviennent  à  l'ensemble  des 
Sociétés  compétentes  qui  y  étaient  dignement 
représentées,  et  non  spécialement  à  une  seule 
d'entre  elles.  » 


Les  noms  vulgaires  des  plantes 

Nous  recevons  à  ce  sujet  la  lettre  suivante  d'un  de 
nos  collègues  : 

Monsieur  le  Directeur, 

Comme  corollaire  à  la  lettre  de  M.  Giard,  insérée 
dans  le  dernier  numéro  du  Monde  des  Plantes  et 
relative  aux  noms  vulgaires  des  plantes,  je  viens 
vous  faire  savoir  i]u'en  1886  j'ai  publié  à  Moulins, 
une  brochure  in-.S  de  43  pages  intitulée  :  Flore 
populaire  de  l'Allier.  Noms  vulgaires  et  patois  des 
fiantes  en  usage  dans  ce  département. 

Je  partage  absolument  l'avis  du  savant  professeur 
de   la  Sorbonne  et  je  trouve  qu'il  y  a  un  intérêt  à 
la  fois  philologique  et  botanique  de  conserver  ces 
dénominations  qui  vont  s'oubliant  de  jour  en  jour. 
Veuillez,  etc. 

Ernest  Olivier, 
Directeur  de  la   Revue  Scientifique 
du  Bourbonnais  et  Ju  Centre  de  la  F] 

Nous  recevons,  toujours  sur  le  même  sujet,  une 
lettre  de  notre  savant  collègue,  le  D'  Ci. os.  N 
en  donnerons  communication  aux  lecteurs  dans 
notre  prochain  numéro.  En  attendant,  ceux-ci 
seront  heureux  d'apprendre  que  M.  E.  Rolland, 
ainsi  qu'il  nous  l'a  fait   connaître   lui-même,  loin 


oir  renoncé  à  l'œuvre  entreprise,  compte  faire 
paraître  d'ici  un  mois  le  1"  volume  de  sa  Flore 
populaire  dont  nous  donnerons  le  compte  rendu. 


Exsiccata  Uredinearum  et  Ustilaginearum 
Galliae  orientalis 

Nous  insérons  avec  plaisir  la  communication 
suivante  : 

a  Sous  le  titre  d'  «  Exsiccata  Uredinearum  et  Usti- 
laginearum Galliae  orientalis  »  nous  nous  propo- 
sons de  publier  par  décades  un  herbier  renfermant 
toutes  les  espèces  d'Urédinées  et  d'L'stilaginées  qui 
croissent  dans  les  départements  suivants  : 

Bas-Rhin    ancien).  Jura. 

Côte-d'Or.  Meurthe  (ancienne). 

Doubs.  Meuse. 

Haute-Marne.  Moselle  (ancienne). 

Haut-Rhin  l'ancien).  Saône-et-Loirc. 

Haute-Saône.  Vosges, 

afin  de  fournir  à  l'étude  les  types  bien  dénommés 
de  cette  région,  et  de  servir  de  base  à  des  travaux 
sur  les  champignons  microscopiques  de  l'Est  de  la 
France. 

M.  P.  A.  Saccardo,  l'illustre  auteur  du  Sylloge, 
a  bien  voulu  nous  promettre  son  concours  :  toutes 
les  déterminations  seront  revues  par  lui. 

Les  décades  paraîtront  à  époques  indéterminées  : 
chacune  sera  accompagnée  de  la  liste  des  espèces, 
et  s'il  y  a  lieu,  des  observations  faites  sur  elles. 

Notre  publication,  faite  à  3o  exemplaires  seule- 
ment, sera  donnée  en  échange  de  publications  ana- 
logues, d'échantillons  d'herbier  ou  d'ouvrages  de 
botanique.  Les  personnes  qui  voudraient  acheter 
!a  publication  paieront  la  décade  deux  francs,  et 
la  recevront  franco.  Chaque  décade  comprendra 
10  numéros,  plus  un  nombre  variable  de  bis. 

Collaboration.  —  Une  décade  sera  envoyée  franco 
à  quiconque  nous  aura  fourni  deux  espèces  ou  va- 
riétés non  encore  publiées  par  nous. 

Chaque  espèce  sera  accompagnée  d'une  étiquette 
portant  mention  du  nom  de  la  plante,  de  celui  de  la 
plante  nourricière,  du  stade  d'évolution  du  parasite, 
du  département,  de  la  localité  et  de  la  station,  et 
enfin  de  la  date  de  récolte  et  du  nom  du  collecteur, 
et  sera  représentée  par  Î5  parts.  Les  espèces  habi- 
tant plusieurs  plantes  nourricières  différentes,  pu- 
bliées une  première  fois  comme  parasites  sur  l'une 
d'elles,  seront  publiées  en  bis,  ter,  etc..  lorsqu'elles 
seront  récoltées  sur  une  ou  plusieurs  autres  plantes. 
Les  espèces  très  rares  et  n'habitant  qu'une  seule 
plante  pourront  aussi  être  publiées  en  bis  lors- 
qu'elles seront  recueillies  dans  un  autre  départe- 
ment que  celui  dont  elles  auront  été  publiées  une 
première  fois.  Seront  aussi  considérés  comme  bis 
les  stades  dévolution  d'une  Urédinée  quand  celle- 
ci  n'aura  encore  été  publiée  que  sous  un  autre- 
stade. 

Au  lieu  de  deux  numéros  nouveaux  on  pourra 
fournir»»  numéro  ex  quatre  bis. 

Les  collaborateurs  recevront  gratuitement  cinq 
étiquettes  imprimées  de  l'exsiccata  pour  leurs 
échanges  particuliers  avec  les  parts  qu'ils  pour- 
raient avoir  récoltées  en  plus  des  .?5  parts  à  four- 
nir. Ils  sont  priés  de  vouloir  bien  placer  chacune 
des  35  parts  sur  une  feuille  île  papier  ou  dans  un 
sachet  et  de  réunir  ces  parts  en  un  paquet  soi- 
gneusement étiqueté;  nous  n'avons  pas  besoin 
d'attirer  leur  attention  sur  l'utilité  de  choisir  et  de 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


7' 


Préparer  convenablement  les  échantillons  de  ma- 
nière à  en  rendre  l'étude  sûre  et  aisée. 

Nous  osons  espérer  que  les  mycologues  de  l'Est 
feront  à  nos  propositions  un  accueil  favorable  et 
voudront  bien  apporter  leur  utile  collaboration  à 
cette  œuvre  :  nous  adressons  donc  nos  remercie- 
ments anticipés  à  tous  ceux  qui  nous  aideront. 

S'adresser  à  M.  R.  Maire,  3q,  rue  Vannerie,  à 
Dijon.  « 


Revue  des  Sociétés  savantes 

Académie  des  Sciences  de  Paris 

Séance  du  10  février.  —  Mucor  et  Trichodcrma, 
i.  Ray.  —  A  la  suite  d'observations  présentées  par 
M.  Paul  Vuillemin,  au  sujet  d'un  parasitisme 
externe  voisin  du  saprophytisme  qu'il  a  constaté 
entre  le  Mucor  mucedo  et  le  Trichoderma  viride, 
M.  Ray  confirme  à  nouveau  l'exactitude  des  faits 
qui  ont  fait  l'objet  de  sa  communication  du  6  jan- 
vier. Non  seulement  il  a  étudié  l'association  natu- 
relle du  Mucor  i crustaceus l  et  du  Trichoderma 
(voisin  du  T.  viride),  mais  aussi  l'association  arti- 
ficielle en  semant  des  spores  de  ce  dernier  dans 
une  culture  du  premier  :  le  Trichoderma  pénètre 
dans  le  Mucor  et  y  produit  dans  la  columelle, 
un  paquet  de  filaments  formant  un  peloton  très 
enchevêtré.  Il  y  a  en  un  mot  parasitisme  et  parasi- 
tisme interne.  C'est  chose  nouvelle  cette  association 
entre  Ascomycètes  et  Mucorinés.  —  Sur  la  Miellée 
des  feuilles,  Gaston  Bonnier.  —  Cette  note  com- 
muniquée également  à  la  Société  de  Biologie  a  fait 
l'objet  d'un  article  spécial  dans  notre  précédent 
numéro.  —  Sur  la  signification  de  la  fécondation 
che\  les  Urédinées,  Sappin-Trouffy.  —  Des  études 
poursuivies  au  Laboratoire  botanique  de  la  Faculté 
des  Sciences  de  Poitiers  sur  la  manière  dont  se 
comporte  le  noyau  dans  le  cycle  complet  du  déve- 
loppement des  Urédinées,  viennent  confirmer  l'opi- 
nion précédemment  émise  par  M.  Sappin-Trouffy, 
que  chez  ces  végétaux  inférieurs,  la  fécondation  est 
absolument  comparable  à  celle  des  plantes  et  ani- 
maux supérieurs  (i).  L'auteur  démontre  en  étu- 
diant successivement  la  structure  générale  du  noyau 
de  la  plante,  la  division  du  noyau,  la  fécondation 
et  la  germination  de  l'œuf,  qu'il  y  a  réduction  dans 
le  nombre  de  chromosomes.  Il  compare  ces  phéno- 
mènes de  réduction  à  ceux  que  l'on  observe  chez  les 
animaux  et  les  plantes  supérieures,  en  choisissant 
des  types  bien  étudiés  :  le  Pyrrochoris  apterus  pour 
les  premiers  et  le  Lilium  Martagon  pour  les  se- 
conds. Chez  les  Urédinées,  les  phénomènes  de 
réduction  au  lieu  de  précéder  la  fécondation,  la 
suivent,  mais  l'œuf  conserve  toujours  les  pro- 
priétés de  l'espèce  et  les  transmet  intégralement 
aux  descendants  avec  le  même  nombre  d'éléments 
chromatiques. 

Séance  du  24  février.  —  Sur  le  rendement  des 
diverses  essences  de  bois  en  charbon,  alcool  mé- 
thylique  et  acide  acétique,  Ernest  Barillot.  — 
Les  recherches  de  laboratoire  effectuées  par  l'au- 
teur à  l'aide  d'un  appareil  spécial,  prouvent  qu'il 
existe  de  notables  différences  entre  les  rendements 
en  alcool  des  différents  bois;  au  point  de  vue  de  la 
production   du   charbon,   les   bois   blancs   doivent 


(I)  Voir  Le  Monde  des  Plantes  du  i5  janvier  95,  l'article 
Recherches  sur  la  Sexualité  des  Urédinées, 


être  rejetés.  —  Sur  la  Veratrylamine ,  Henri 
MoissAN.  —  La  Veratrylamine  est  une  aminé  aro- 
matique dérivant  du  vératrol  et  obtenue  récem- 
ment par  M.  Moissan  en  effectuant  la  synthèse 
directe  de  l'eugénol.  —  Sur  l'action  combinée  de  la 
lumière  et  de  l'eau  dans  le  dégagement  du  parfum 
des  plantes,  Eugène  Mesnard.  —  L'auteur  démontre 
que  c'est  la  lumière  et  non  pas  l'oxygène  qui  est  la 
principale  cause  de  transformation  et  de  destruc- 
tion des  substances  odorantes;  dans  beaucoup  de 
circonstances  ces  deux  agents  semblent  combiner 
leurs  efforts.  La  lumière  agit  à  la  fois  chimique- 
ment et  mécaniquement.  L'intensité  du  parfum  dé- 
pend de  l'équilibre  qui  s'établit  à  toute  heure  de  la 
journée  entre  la  pression  de  l'eau  dans  les  cellules 
qui  tend  à  refouler  au  dehors  les  parfums  éla- 
borés et  la  lumière  qui  combat  cette  turgescence. 
Ce  fait  explique  pourquoi  dans  les  contrées  de 
l'Orient,où  il  y  a  trop  de  lumière  et  pas  assez  d'eau, 
les  plantes  sont  moins  odoriférantes  que  dans  nos 
contrées.  —  Méthode  pour  prévenir  le  noircisse- 
ment du  cidre,  Léon  Dufour  et  Lucien  Daniel.  — 
La  propriété  que  possède  le  cidre  de  noircir  à  l'air, 
de  se  /wr,  comme  on  dit  vulgairement.est  en  rela- 
tion avec  la  quantité  de  tanin  qu'il  contient.  La 
présence  de  substances  acides  empêchant  le  bru- 
nissement des  solutions  de  tanin,  MM.  Dufour  et 
Dvniel  ajoutent  au  cidre  des  produits  de  cette 
nature  (acides  malique,  citrique,  tartrique,  etc.). 
L'acide  citrique  est  celui  qui  a  donné  les  meilleurs 
résultats.  Il  s'emploie  à  la  dose  de  10  à  5o  gr.  par 
hectolitre  suivant  la  teneur  du  cidre  en  tanin  et 
acides  naturels. 

Séance  du  2  mars  1896.  —  Oxydation  de  l'al- 
déhyde crotonique,  Er.  Charon.  —  En  opérant 
l'oxydation  de  l'aldéhyde  crotonique  à  l'aide  de 
l'oxyde  d'argent  ou  par  son  simple  abandon  à  l'air, 
M.  Charon  a  été  amené  à  conclure  que  ce  corps 
était  constitué  par  un  produit  unique  et  non  un 
mélange.  —  Extraction  du  rhodinol  de  l'essence  de 
pelargonium  et  de  l'essence  de  roses;  identité  de  ces 
deux  alcools,  Ph.  Barbier  et  L.  Bouvlault.  —  Les 
recherches  poursuivies  par  ces  deux  savants  dé- 
montrent que  la  portion  principale  de  l'essence  de 
Pelargonium  odoratissimum  est  identique  au  rho- 
dinol, alcool  extrait  par  Eckart  de  l'essence  de 
roses.  C'est  un  liquide  incolore,  légèrement  hui- 
leux, possédant  une  agréable  odeur  de  rose.  Il 
répond  à  la  formule  Ci0  H20  O.  —  Sur  quelques 
Bactériacées  de  la  Pomme  de  terre,  E.  Roze.  — 
L'examen  de  tubercules  portant  de  petites  perfora- 
tions subérifiées  ont  montré  à  M.  Roze  que  ces 
piqûres  étaient  dues  à  une  bactérie.  En  étudiant  à 
de  forts  grossissements,  sur  une  coupe  fraîche, 
les  cellules  formant  la  zone  brunissante  qui  en- 
toure les  perforations,  il  constata  que  les  noyaux 
cellulaires  étaient  remplis  de  corpuscules.  Ceux-ci 
extrêmement  petits  étaient  un  Micrococcus  inco- 
lore, à  contour  ovale-elliptique  mesurant  à  peine 
i,2  u,  X  '/3  ,"■  que  l'auteur  a  dénommé  M.  nuclei 
pour  en  rappeler  la  station.  M.  Roze  a  observe 
dans  des  tubercules  de  la  variété  Richte'rs  Impe- 
rator  une  nouvelle  espèce  de  Micrococcus  de  forme 
ovale-elliptique.  Cette  espèce  est  incolore  et  mesure 
2  u  X  '  "•>  'e  vert  de  méthyle  la  colore  en  bleu. 
Il  l'a  dénommée  M.  Imperatoris,  en  la  considérant 
comme  la  véritable  cause  de  la  maladie  spéciale 
de  la  variété  Richter's  Imperator.  —  Les  Hyposto- 
macèes,  nouvelle  famille  de  champignons  parasites, 
Paul  Vuillemin.  —  L'auteur  a  découvert  deux  nou- 
veaux champignons  parasites  dans  les  aiguilles 
de  conifères.  Le  premier,  Meria  Laricis,  est  l'agent 


LE      MONDE       DES       PLAN  II  s 


d'une  maladie  du  mélèze;  le  second.  Hypostomum 
Flichianum,  attaque  les  Pinus  austriaca  et  mon- 
tana  aux  environs  de  Sens.  Par  leurs  caractères, 
ces  deux  champignons  appartiennent  à  l'ordre  des 
Ustilaginées;  mais  tandis  que  le  Meria,  par  ses 
spores  légères  reproduit  fidèlement  le  type  de  cet 
.  ['Hypostomum,  par  ses  organes  conserva- 
teurs représente  un  état  inférieur  de  son  évolution. 
Ils  constituent  les  représentants  d'une  famille  nou- 
velle rappelant  à  certains  égards  les  Ascomycèles 
et  les  Hyphomycètes. 


Bibliographie. 


Flore  nouvelle  de  la  Chaîne  Jurassique 
et  de  la  Haute-Saône,  par  Paul  Parmentier.  — 
Nous  avons  déjà  signalé  à  nos  lecteurs  l'apparition 
de  cet  excellent  ouvrage  que  vient  d'éditer  la  Société 
d'Histoire  .Naturelle  d'Autun.  Il  nous  a  été  donné  de 
le  parcouriret  de  nous  rendre  compte  des  heureuses 
dispositions  adoptées  par  l'auteur  pour  faire  de 
cet  ouvrage  un  manuel  éminemment  pratique. 
L'œuvre  de  M.  Parmentier,  un  de  nos  plus  savants 
professeurs,  a  du  reste  reçu  la  consécration  de 
botanistes  très  distin  ués,  et  cela  suffit  pour  en 
montrer  la  valeur.  C'est  un  parfait  manuel  d'her- 
borisations, un  vrai  guide  du  botaniste  herbori- 
sant, écrit  pour  donner  sur  le  terrain  même  une 
détermination  rapide  et  provisoire  des  végétaux 
qu  on  rencontre.  Ajoutons  que  le  nombre  consi- 
dérable de  formes  végétales  passées  en  revue 
permet  d'étendre  l'usage  de  cette  flore  à  toutes  les 
régions  de  la  France. 

V.  L. 

Manuel  pratique  pour  le  traitement  du 
Black  -  Rot,  par  Gaston  Lavergne  et  Eugène 
Marre.  —  Ce  travail  contient  une  étude  botanique 
lort  complète  sur  le  champignon  parasite  qui  pro- 
duit le  black-Rot,  maladie  redoutable  de  la  vigne, 
qui  a  causé  de  terribles  ravages  en  iSo,5.  Suivent  les 
indications  pratiques  détaillées  pour  son  traite- 
ment. Une  carte,  deux  planches  coloriées  et  quinze 
ligures  en  ornent  le  texte.  —  Librairie  Masson, 
120,  boulevard  Saint-Germain,  Paris.  —  Prix 
franco  :    2  fr.  70. 


Informations. 

-  >-  D'après  Deutsche  botanischc  Monats  hefte, 
la  conservation  de  la  couleur  des  fleurs  en  herbier 
s'obtient  en  jetant  de  l'acide  salycilique  sur  les 
Heurs  au  moment  de  les  mettre  sous  presse,  ou  en 
imbibant  avec  une  solution  alcoolique  de  cet  acide 
du  papier  buvard.  L'acide  salycilique  peut  être 
remplacé  par  l'acide  borique. 

S>  A  la  séance  de  la  Société  de  botanique  et 
d'entomologie  du  Gers,  tenue  le  5  mars  dans  la 
Bibliothèque  de  la  ville  d'Auch,  M.  Jules  Laborie  a 
présenté  un  Catalogue  des  Plantes  du  Gers  avec 
les  noms  patois. 


Ouvrages  offerts  à  la  Bibliothèque 


Du 


au   -2i)   Février. 


De  la  part  de  MM.  D.  Bois  (1  broch.)  ;  Nylander 
,2  broch.;;  Louis  Dean  (1  broch.);  Félicien  Lande 
1   broch.);  H'=  Marcailhou  d'Avmeric  (3  broch.); 
D'  X.  Gillot  (4  broc). 
Tous  nos  remerciements  aux  donateurs. 


Mouvement  de  l'Herbier. 

Nous  avons  reçu  du  D'  Lange,  de  Copenhague, 
un  petit  échantillon  sans  racine  de  VEpilobium  la- 
tifolium  L.  Cet  échantillon  provient  d'Islande. 

On  sait  que  cette  rare  espèce  figure  dans  les  lllus- 
trationes,  de  Rouv. 

Ainsi  donc,  grâce  au  savant  botaniste  Dr  Lange, 
notre  collègue,  l'Herbier  de  l'Académie  possède  au' 
moins  un  échantillon  de  cette  espèce  boréale  et  ren- 
ferme la  collection  complète  et  généralement  bien 
représentée  des  Epilobes  européens. 

De  MM.  David  Hageun  et  John  Kallstram,  de 
Falun  (Suède),  par  voie  d'achat,  deux  parts  admi- 
rablement   préparées  d'Epilolium  angustifolium  L. 

De  M.  L.  Bruneau,  de  Montmédy,  un  envoi  de 
plantes  intéressantes  destinées  à  l'herbier  compa- 
ratif du  Maine.  Echange. 

De  V Association  pyrénéenne,  par  voie  d'échange, 
un  superbe  envoi  de  Renonculacées,  Droséracées  et 
Onothéracées,  dont  les  nombreux,  rares  et  impor- 
tants représentants  bien  préparés  vont  enrichir 
considérablement  les  sections  de  l'herbier  de  l'Aca- 
démie. Nos  félicitations  à  M.  L.  Giraudias,  notre 
collègue,  le  distingué  président  de  la  précieuse 
Association. 


Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes  », 
H    LÉVEILLÉ 


Typographie  Ed.  Monnayer. 


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lAffeotions  de  la  Moelle  épinière,  Convulsions,  I 
I   Crises,  Vertiges,  Eblouissements,  Fatigue    I 
\cêrébrale, Migraine, lnsomnie,Spermatorrhée\ 

Guérison  fréquenta.  Soulagement  toujours  certain 

JPar  le  SIROP  de  HENRY  MUREl 

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chroniques,  les  Cattrrhes  invétérés,  la  Phtisie  tuber- 
culeuse à  toutes  les  périodes  surtout  aux  1"  et 
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recommandée  aux  enfanta  faibles,  aux 
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Les  annonces  du  MONDE  DES  PLANTES,  sont  reçues  chez 
AUBERT,    régisseur    exclusif      22,     rue    de    la'  Barre,    Paris 


ABONNEMENTS  : 

UN     AN    :     France 6  fr. 

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Les    Abonnements    parlent   du     1er   Octobre    ou    du 
i"  Janvier  de  chaque  année. 


Toute   personne  qui  ne    se    désabonnera  pas 
sera    considérée    comme  réabonnée. 


DEPOTS    : 

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Ph.  Heinsberger,  13,  First  Avenue. 

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Square: 

PARIS 

J.-B,  Baillikre  et  Fils,  19,  rue  Hautefeuille, 
Jacques    Leciievalier,    Librairie    médicale    et 
scientifique,  L23,  rue  Racine. 

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LE     MONDE     DES     PLANTES 


MM. 
ARBOST  Jos. 
BALLE  Emile. 
BEÀL  J. 

B0CQCILL0N-LIM0LS1N. 
BODIMER  Ém. 
De  CANDOLLE  Cas. 
CAPODURO  Maries. 
CHRISTIAN  BAY. 
COBBEVON    H. 
DANIEL  L. 
DEBEAUX  0. 
DESCHAMPS  Em. 
DEPUIS  P. 


Est    publié    avec  la   Collaboration    de 


GADECEAU  Ém. 

GENTIL  Amb. 

GIARD  A. 

GILLOT  X. 

GONOD  D'ARTEMARE. 

GRAY  Cn. 

De  HELDREICH  Tn. 

HÉRIBAUD  Jn. 

HISINGER  (Baron  Ed.) 

HITCHCOCK  A. -S. 

IVANITZKY  N. 

LE  GENDRE  Cil.  ' 

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LETACQ  A.  L. 
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MUELLER   (Baron   Von) 
OLIVIER   Ern. 
RENAULD   F. 
ROUY  G. 
SADA   A. 

SPAL1K0WSKI    Ed. 
TRELEASE  W. 
WI1EELER  C.  F. 


Tout  ce  <|ui  concerne  la  Direction  doit  être  adresse  à  M.  H.  Léveillé,  104,  rue  de  Flore,  Le  Mans  (Sarthe) 
Fiance  ;  —  et  ce  qui  concerne  la  Rédaction,  à  M.  A.  Aooque,  à  Auxi-le-Chàteau  (Pas-de-Calais)  France. 

Adresser  les  demandes  d'abonnements  et  mandats  à  M.  Monnoyer,  Imprimeur-Éditeur,  12,  place  des  Jacobins, 
Le  Mans  (Sarthe)  France.  Il  n'est  pas  envoyé  de  numéro  spécimen  gratuit. 

Les  abonnes  a  l'étranger  sont  instamment  priés  de  faire  parvenir  le  montant  de  leur  abonnement  en  mandats  de 
poste  internationaux,  en  chèques  ou  lettres  de  change  payables  au  Mans,  à  la  Banque  de  France,  au  Comptoir 
d'Escompte,  au  Crédit  Lyonnais,  à  la  Société  générale. 

Un  abonnement  gratuit  sera  servi  à  toute  personne  qui  procurera  à  la  Revue  quatre  abonnés  nouveaux,  aussi 
longtemps  que  les  abonnements  procurés  seront  renouvelés. 

En  1001,  un  prix  de  600  francs       ra  décerné  a  l'auteur  du  meilleur  travail  sur  la  botanique  paru  dans  le  Monde  des 

Plante*  du  1er  octobre  1893  an  i  '  septembre   ; Les  mémoires  devront  Cire  aussi  concis  que  possible,  el  exchisivc- 

meiii  rédigés  en  français.  La  seule  condition  pour  concourir  csl  d'être  abonné  au  Monde  des  Plantes  pendant  la  durée 
u    concours. 

La  Librairie  médicale  el  -  ienliflque  Jacques  LECBEy.At.iEit,  23,  rue  Itacine,  à  Paris,  fait  à  nos  abonnés,  sur  pro- 
duction de  la  bande  imprimée  de  la  Revue,  une  remise  de  lo  ■>/»  sur  la  plupart  des  ouvrages  qu'ils  peuvent 
désirer. 


5°  Année  (20  Série) 


N"  78 


1"  Mai  1896 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 


%evue  Internationale  illustrée  de   Botanique. 


LA  GREFFE  DEPUIS  L'ANTIQUITÉ  JUSQU'A  NOS  JOURS 
Par  L.  Daniel 

'Docleur-ès-scicnccs,  Professeur  ait  Lycée  de  'Rennes 


Introduction 

En  composant  cet  ouvrage,  nous  ne  nous 
sommes  nullement  dissimulé  les  difficultés  de 
notre  entreprise. 

L'art  de  la  greffe  est  un  de  ceux  qui  ont  été 
l'objet  de  recherches  en  tous  sens  depuis  les  temps 
les  plus  reculés  jusqu'à  nos  jours.  Et  pourtant 
il  est  encore  un  de  ceux  qui  réservent  au  prati- 
cien et  à  l'amateur  de  nombreuses  surprises,  et 
il  semble  qu'il  ait  défié  les  savants,  car  l'explica- 
tion rationnelle  et  complète  de  la  greffe  reste  en- 
core à  trouver. 

Il  ne  peut  donc  qu'être  fructueux  pour  le  sa- 
vant et  le  praticien  (quoi  qu'on  en  ait  dit,  l'un 
est  le  complément  de  l'autre)  de  faire  des  re- 
cherches nouvelles,  à  l'aide  de  méthodes  égale- 
ment nouvelles. 

Mais  cela  ne  suffit  pas.  Pour  être  sûr  d'avoir 
trouvé  des  nouveautés,  il  est  indispensable  de 
connaître  tout  ce  qui  a  été  fait  sur  un  sujet  aussi 
rebattu  et  de  savoir  discerner  les  observations 
sérieuses  des  observations  erronées  ou  de  mau- 
vr.ise  foi. 

Malheureusement,  en  effet,  tout  n'est  pas  cer- 
titude dans  les  connaissances  que  nous  ont  lé- 
guées nos  devanciers.  Que  de  résultats  ont  été  dé- 
crits, contestés,  affirmés  à  nouveau  par  les  uns 
pour  être  rejetés  par  d'autres,  sans  que  l'entente 
ait  pu  définitivement  s'établir  ! 

La  greffe  du  Platane  est  un  des  exemples  les 
plus  frappants  de  l'incertitude  et  de  la  confusion 
qui  ont  longemps  régné  dans  cette  branche  de 
l'Horticulture.  Les  Agronomes  grecs  et  latins 
considéraient,  en  effet,  le  Platane  comme  l'arbre 


Que  quibus  hospitium  prœstent  virgulta  docebo 
Qua;  sit  adoptivis  arbor  onusta  comis. 

Palladius. 

le  plus  propre  à  la  greffe  et  lui  attribuaient  les 
propriétés  les  plus  merveilleuses. 

Les  auteurs  du  xviiic  siècle,  en  particulier 
Tschudy,  sont  tombés  dans  l'excès  contraire  en 
prétendant  que  toutes  les  plantes  placées  sur  cet 
arbre  périssaient  rapidement  et  qu'il  ne  suppor- 
tait pas  même  sa  propre  greffe. 

En  réalité,  nos  expériences  nous  ont  prouvé 
que,  dans  notre  pays  du  moins,  si  la  greffe  du 
Platane  est  assez  difficile  à  réussir,  elle  n'est  nul- 
lement impossible. 

On  voit  par  cet  exemple  (il  serait  facile  d'en 
citer  bien  d'autres  du  même  genre)  que  dans 
beaucoup  d'affirmations  des  Anciens,  qui,  à  pre- 
mière vue,  paraissent  fort  exagérées,  il  peut  y 
avoir  une  part  de  vérité  qu'il  est  utile  de  déga- 
ger. 

On  ne  devrait  nier  la  possibilité  des  résultats 
rapportés  par  un  auteur  sérieux,  soit  d'après  ses 
propres  essais,  soit  même  d'après  la  tradition, 
qu'après  avoir  répété  soigneusement  ses  expé- 
riences en  se  plaçant  dans  des  conditions  aussi 
identiques  que  possible.  Encore  un  résultat  né- 
gatif n'est-il  jamais  un  critérium  absolu. 

Combien  de  greffeurs,  en  présence  de  sem- 
blables échecs  dus  à  leur  inexpérience  ou  à  des 
circonstances  défavorables  qu'ils  n'ont  pas  su 
éviter,  n'ont-ils  pas  affirmé  hautement  l'impos- 
sibilité de  greffes  qui  ont  été  réussies  depuis?  11 
suffit  de  citer  les  greffes  herbacées  rapportées  par 
Olivier  de  Serres  et  la  greffe  des  Cactées, 
qu'on  affectait  dédaigneusement  de  prendre  au 
commencement  du  xix°  siècle  pour  des  boutures  ! 

Pourquoi  sans  raisons  sérieuses  refuser  aux 
autres  la  conscience  dans  les  recherches  et  Thon- 


74 


I  E  MONDE  DES  PLANTES 


nêteté  scientifique  dont  on  est  si  fier  soi- 
même? 

Mais,  nous  devons  l'avouer,  admettre  sans 
tout  ce  qui  a  été  écrit  sur  la  greffe  se- 
rait aussi  ridicule  que  de  nier  à  priori  les  résul- 
tats cités  par  certains  auteurs. 

Tout  le  monde  sait  que  bien  des  anciens  com- 
pilateurs ont  accepté  trop  facilement  comme  réel- 
les des  fictions  poétiques  ou  se  sont  laissés  eux- 
mêmes  emporter  par  leur  imagination.  Nous 
savons  aussi  par  expérience  qu'il  est  bien  diffi- 
cile de  faire  certaines  vérifications  quand  les  laits 
rapportés  se  réduisent  à  une  simple  affirmation 
et  quand  les  méthodes  employées  ne  sont  pas 
indiquées. 

Pourtant  si  la  greffe  est  aujourd'hui  encore 
imparfaitement  connue,  ce  ne  sont  pas  les  tra- 
vaux théoriques  et  pratiques  sur  ce  sujet  qui  ont 
manqué  depuis  l'antiquité  jusqu'à  nos  jours. 

Il  y  a  bientôt  1900  ans,  le  naturaliste  Pline 
disait  déjà  :  «  Cette  partie  de  la  civilisation  est 
depuis  longtemps  arrivée  au  plus  haut  point.  Les 
hommes  ont  tout  essayé  ..  Depuis  longtemps, 
on  ne  trouve  plus  rien  de  nouveau...   » 

Prises  à  la  lettre,  les  paroles  de  Pline  auraient 
dû  décourager  les  chercheurs  et  supprimer  toute 
initiative  ultérieure.  Nous  ne  nous  y  arrêterions 
pas  si  elles  ne  contenaient  un  enseignement  que 
devrait  soigneusement  méditer  quiconque  s'oc- 
cupe de  l'art  de  la  greffe  avec  le  désir  de  le  per- 
fectionner. 

On  ne  sait  pas  assez,  ou  plutôt  l'on  n'a  pas 
toujours  voulu  savoir,  que  les  Anciens  avaient 
porté  l'art  de  la  greffe  à  un  assez  haut  degré  de 
perfection.  Faute  d'avoir  lu  avec  soin  les  écrits 
des  Agronomes  grecs,  latins,  arabes  et  autres, 
combien  d'auteurs  modernes  ont  pu  s'attribuer 
l'invention  de  greffes  déjà  connues  depuis  long- 
temps :  greffes  sur  racines,  greffes  sur  bouture, 
greffes  en  placage,  greffes  de  boutons  à  fruits, 
grcllé  herbacée,  etc. 

Ce  plagiai  involontaire  (soyons  indulgents 
pour  le  plus  grand  nombre)  existait  déjà  lui-même 
du  temps  de  Pline  qui  le  mentionne  à  propos 
de  la  greffe  en  écusson. 

«  Ceux,  dit-il,  qui  favorisent  les  modernes 
prétendent  que  ce  genre  de  greflc  est  d'invention 
récente,  mais  on  le  trouve  usité  même  chez  les 
anciens  Grecs.  » 

Désireux  d'éviter  les  plagiats  que  nous  venons 
de  critiquer,  nous  avons  tenu,  avant  de  donner 
les  résultats  de  nos  recherches  personnelles,  a 
faire  un  historique  aussi  complet  que  possible  de 


la  greffe  depuis  l'antiquité  jusqu'à  nos  jours  (1). 

Naturellement,  dans  cet  historique  nous  ferons 
seulement  figurer  tant  au  point  de  vue  de  la 
théorie  que  de  la  pratique  du  greffage,  ce  qui 
nous  a  paru  vraiment  neuf  et  original  au  moment 
on  écrivait  l'auteur  dont  nous  analyserons  le  tra- 
vail. 

Il  est  bon  de  faire  remarquer  encore  que  les 
procédés  de  greffage  décrits  pour  la  première  fis 
dans  les  ouvrages  des  anciens  Agronomes  n'ont 
pas  en  général  été  trouvés  par  eux,  soit  que  les 
écrits  du  véritable  inventeur  aient  été  perdus, 
soit  que  l'écrivain  ait  simplement  consigné  les 
procédés  employés  dans  son  pays  par  les  gens 
du  métier.  Or,  comme  aujourd'hui  encore,  ces 
procédés  se  transmettaient  par  tradition  ou  étaient 
enseignés  par  ceux  qui,  ayant  voyagé  dans  d'autres 
pays,  en  avaient  rapporté  des  procédés  inconnus 
chez  eux. 

Dans  ces  conditions,  ce  serait  folie  de  vouloir 
fixer  l'inventeur  de  chaque  procédé  de  greffage. 
Le  but  de  notre  historique  sera  donc  simplement 
d'indiquer,  dans  la  mesure  du  possible,  l'évolu- 
tion de  la  greffe. 

Après  avoir  suivi  avec  soin  cette  évolution,  on 
sera  surpris  que  l'art  de  la  greffe  ait,  depuis 
longtemps,  fait  peu  de  progrès  au  point  de  vue 
des  procédés.  D'ailleurs  ce  n'est  pas  dans  cet  or- 
dre d'idées  que  les  progrès  peuvent  être  bien 
tranchés  et  bien  utiles.  Les  procédés  actuelle- 
ment connus  peuvent,  avec  de  légères  modifica- 
tions suivant  les  milieux  et  les  plantes,  servir  à 
tous  les  besoins,  à  condition  de  savoir  les  appli- 
quer. 

Mais  pour  cela,  il  ne  faut  pas  opérer  empiri- 
quement, comme  on  l'a  toujours  fait.  C'est  la 
science  qui  doit  servir  de  guide. 

Or,  à  ce  point  de  vue,  la  connaissance  des 
lois  suivant  lesquelles  se  fait  la  reprise  anatomi- 
que,  les  conditions  physiologiques  qui  permettent 
ou  non  de  souder  deux  plantes  par  la  greffe,  les 
effets  produits  par  des  greffes  répétées  soit  direc- 
tement sur  le  greffon,  soit  plus  indirectement 
sur  la  postérité,  etc.,  sont  des  questions  impor- 
tantes, ignorées  ou  peu  connues  des  anciens,  et, 
avouons-le,  trop  négligées  encore  de  nos  jours. 

(1)  La  longueur  et  les  difficultés  d'un  semblable- 
travail  sont  telles  que,  malgré  nos  efforts  pour  donner 
un  historique  complet  et  précis,  il  peut  se  faire  que 
nous  ayons  commis  nous-méme  des  erreurs  ou  fait 
des  oublis.  Nous  accepterons  avec  reconnaissance  les 
critiques  et  les  rectifications  qu'on  voudra  bien  nous 
adresser. 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


75 


Cet  historique  montrera  les  premières  tenta- 
tives d'explication  scientifique  delà  greffe  depuis 
l'application  du  microscope  à  l'anatomie  des 
plantes  ;  il  précisera  ce  qui  a  été  fait  jusqu'ici  dans 
cette  voie. 

L'on  ne  sera  pas  surpris  que,  contrairement  à 
ce  que  nous  avons  fait  remarquer  pour  les  pro- 
cédés de  greffage,  l'anatomie  et  surtout  la  phy- 
siologie delà  greffe  soient  encore  insuffisamment 
étudiées  et  que  de  nombreux  progrès  restent  à 
réaliser  dans  cet  ordre  d'idées. 

Nous  serons  heureux  si  notre  exposé  impartial 
provoque  chez  tous  les  greffeurs  le  désir  de  faire 
de  nouvelles  recherches,  suivies  et  sérieuses,  sur 
un  art  dont  la  pratique  intéresse  au  plus  haut 
point  l'Agriculture  comme  l'Horticulture,  et  dont 
la  théorie  complète  peut  avoir  des  conséquences 
importantes  au  point  de  vue  de  la  Biologie  gé- 
nérale. 

HISTORIQUE. 

Chapitre  I 
Origine  de  la  greffe. 

«  L'origine  de  la  greffe  se  perd  dans  la  nuit 
des  temps  »  :  telle  est  la  phrase  consacrée  que 
l'on  trouve  dans  presque  tous  les  traités  moder- 
nes concernant  cette  opération. 

Il  est  bien  possible,  en  effet,  que  la  greffe  ait 
été  connue  de  temps  immémorial  ;  mais  on  pour- 
rait to  Jt  aussi  raisonnablement  soutenir  l'opinion 
contraire,  ainsi  qu'on  va  pouvoir  s'en  convaincre. 

Moïse  (i)  parle,  en  termes  obscurs  à  force 
d'être  concis,  de  la  culture  des  arbres,  mais  il 
ne  dit  nulle  part  qu'on  doive  les  greffer  (1585 
avant  J.-C). 

Homère  (2)  décrit  les  jardins,  entre  dans  beau- 
coup de  détails  sur  la  culture  de  la  vigne,  du  poi- 
rier, du  grenadier,  du  figuier  et  de  l'olivier, 
mais  il  n'indique  pas  que  la  greffé  ait  été  prati- 
quée de  son  temps  (ixe  ou  xc  siècle  avant  J.-C.) 

Hésiode  (3),  le  plus  ancien  des  agronomes 
grecs,  garde  le  même  silence;  pourtant,  étant 
donné  le  sujet  de  son  poème,  il  eût  dû  plus  que 

(1)  Moïse,  Lèvitiauc,  chap.  19,  v.  23  et  suiv.  — 
Quelques  commentateurs  ont  voulu  voir  dans  le  terme 
obscur  de  Circoncision,  dont  il  se  sert  à  l'égard  des  ar- 
bres cultivés,  l'opération  de  la  greffe  (Cahen,  par" 
exemple).  Rien  ne  paraît  justifier  cette  opinion  (cf. 
Calmet  et  la  majeure  partie  des  commentateurs  de 
la  Bible). 

(2)  Homère,  Odyssée,  Liv.  VII,  v.  115  et  suiv. 

(3)  Hesiodi  Opéra  et  Dies,  latini,  in-folio,  1471. 


tout  autre  décrire  cette  opération  (ixc  siècle  avant 
J-C). 

On  admettra  difficilement  que  ces  trois  au- 
teurs aient  pu,  s'ils  l'avaient  connu,  négliger  de 
parler  d'un  art  aussi  merveilleux  que  la  greffe, 
quand  ils  décrivaient  d'autres  opérations  moins 
importantes. 

Toutefois,  d'après  Manilius  (i),  le  silence 
d'HnsioDE  ne  serait  pas  concluant,  car  il  aurait 
parlé  de  la  greffe  dans  des  ouvrages  qui  ne  sont 
pas  parvenus  jusqu'à  nous;  c'est  évidemment  cet 
art  que  Manilius  a  en  vue  dans  ce  passage  : 
«  Atqiie  arbusia  vagis  esseut  quod  adultéra  po- 
mis.  » 

Mais  d'autre  part,  Scaliger  prétend  que  Mani- 
lius a  confondu  les  poèmes  qui  passaient  pour 
être  d'ORPHÉE  avec  ceux  d'HËsiODE,  ce  qui  ferait 
remonter  l'invention  de  la  greffe  au  xivc  siècle 
avant  J.-C. 

Quoi  qu'il  en  soit,  nous  donnerons,  à  titre  de 
pure  curiosité,  les  diverses  hypothèses  qui  ont 
été  émises  sur  l'origine  de  la  greffe. 

Théophraste  (2),  ayant  remarqué  que  des 
graines  semées  accidentellement  par  les  oiseaux 
dans  les  fentes  et  les  creux  des  arbres  donnent 
naissance  à  des  plantes  tout  comme  si  elles 
étaient  placées  dans  le  sol.  pense  que  c'est  de  là 
qu'est  venue  l'idée  de  la  greffe  par  inoculation. 

Pline  (3),  à  propos  de  la  greffé  en  fente,  émet 
une  idée  bien  plus  invraisemblable.  «  Un  culti- 
vateur soigneux,  dit-il,  voulant  donner  à  sa  ca- 
bane la  palissade  d'une  haie,  enfonça  dans  du 
lierre  vif  ses  pieux  pour  les  préserver  de  la  pour- 
riture. Ces  pieux,  saisi  par  les  lèvres  vivantes  de 
la  plaie,  puisèrent  leur  vie  à  une  vie  étrangère, 
et  l'on  connut  qu'une  tige  peut  tenir  lieu  de 
terre.  » 

Macrobe  (4),  trouvant  sans  doute  que  l'art  de 
la  greffe  est  trop  beau  pour  être  d'origine  hu- 
maine, le  considère  comme  un  bienfait  des  dieux 
et  prétend  que  c'est  Saturne  qui  l'a  montré  aux 
habitants  du  Latium. 

(A  suivre.)  L.  Daniel. 


(i)  Manilius,  Liv.  II,  v.  22. 

(2)  Théophraste,  De  Causis  plantarum,  cap.  23, 
Lib.  II,  et  cap.  4,  Lib.  V. 

(3)  Pline,  Histoire  naturelle,  Liv.  XVII,  sect.  24. 
traduction  Nisard. 

(4)  Macrobe,  Saturnales,  II,  c.  7,  217.  —  Huic 
Deo  insertiones  surculorum  pomorumque  educationes 
et  omnium  huiuscemodifertiliumtrib'junt  disciplinas... 


76 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


Académie    internationale    de    Géo- 
graphie botanique. 

Par  décision,  en  date  du  15  avril,  M.  R  Maire. 
de  Dijon,  est  nomme  Membre  auxiliaire  de  l'A- 
cadémie. 

Le  Directeur, 

William  Trklease. 

Le  lot  de  notre  tombola  du  Momie  des  Plan- 
qui  sera   tirée  le    Ier  juillet,  consistera  dans 
les  volumes  parus  et  à  paraître  de   la   Horc  de 
France  de  Rouy  et  Fotjcaud. 

MM.  les  Académiciens  titulaires  voudront  bien 
envoyer  au  plus  tôt,  au  secrétariat,  leurs  pro- 
positions en  vue  de  la  présentation  de  deux  can- 
didats à  élire  comme  Académiciens  titulaires  en 
remplacement  de  MM.  les  professeurs  G.  de 
Lagerheim  et  LuigiBoRDi  rayés,  après  avis,  pour 
non  paiement  de  la  cotisation  annuelle  et  si- 
lence continu  depuis  trois  ans  (1). 

MM.  Ferd.  Rexauld,  E.  Gonod  d'Artemare 
et  H.  LéveillÈ,  conformément  à  l'article  XI  du 
règlement  de  l'Académie,  ont  l'honneur  de  pré- 
senter la  modification  suivante  à  l'article  II  du 
même  règlement  ainsi  conçu  :  «  Le  Directeur 
de  l'Académie  est  élu  pour  un  an  par  les  seuls 
Académiciens,  et  n'est  pas  immédiatement  rééli- 
gible.  » 

Ils  proposent  la  rédaction  suivante  : 

Le  Directeur  de  l'Académie  est  élu  pour  un  an 
par  tous  les  membres  de  l'Académie  sur  la  présen- 
tation d'une  liste  de  trois  noms  choisis  par  les  seuls 
Académiciens;  il  est  perpétuellement  rééligible. 

Ils  proposent  à  l'article  Y  des  statuts  l'addition 
suivante  : 

3°  'De  former,  sous  le  nom  de  collectio  planta- 

KUM    TOTIUS  ORRIS   USO.I  AM   RARISS1MARUM,  EDITA 
SUB  AUSPICHS  ACADEMIE  INTERNATIONALE  PHYTO- 

GEOGRAPHic.ï  cenomanensis,  une  collection  des 
plantes  rarissimes  du  globe  en  $0  parts  pour  chaque 
.  Les  honorables  Académiciens,  pour  justi- 
fier leurs  propositions,  se  bornent  à  signaler 
l'union  plus  intime, la  vie  plus  active  qui  résul- 
terait de  son  adoption. 

En  outre,  grâce  à  l'addition  de  la  dernière 
partie  de  la  modification  au  règlement,  l'avenir 
de  l'Académie  serait  assuré  par  la  continuité  de- 
là Direction  qui  ne  serait  pas  interrompue  par  la 
mort  soudaine  du  Directeur  ou  du  Secrétaire 
perpétuel. 

(1)  Nous  recevons  au  dernier  moment  et  dans  les 
meilleurs  termes  la  démission  de  M.  G.  de  Lagerheim. 


Le  Secrétaire  de  l'Académie  se  propose,  en 
outre,  d'indiquer  prochainement  à  ses  collègues 
où  en  est,  au  point  de  vue  scientifique,  financier 
et  des  relations  extérieures,  l'Académie,  et  de 
soumettre  à  tous  les  Académiciens  des  projets 
d'avenir. 

Nous  rappelons  que  tous  les  Académiciens  titu- 
laires, correspondants,  associés  libres,  membres  d'hon- 
neur, auxiliaires,  sont  appelés  à  se  prononcer  sur 
l'opportunité  et  l'admission  ou  le  rejet  du  nou- 
veau texte  proposé.  Ils  voudront  bien  envoyer 
leur  vote  et  leur  opinion  au  secrétariat  avant  le 
I"'  juillet  prochain. 


Rappel  d'une  note  sur  Madagascar, 
extraite  des  œuvres  complètes  du 
philosophe  et  naturaliste  Bonnet 
de  Genève- 

Un  des  plus  habiles  et  des  plus  infatigables  na- 
turalistes de  notre  siècle  (1)  écrivait  ce  qui  suit 
à  un  de  ses  intimes  amis,  en  date  de  l'île  de 
Bourbon,  le  18  avril  1771. 

«  Quel  admirable  pays  que  Madagascar!  ce 
n'est  point  dans  une  course  rapide  qu'on  peut 
parvenir  à  reconnaître  ses  riches  productions  : 
ce  serait  l'étude  d'une  longue  suite  d'années  ; 
encore  faudrait-il  des  Académies  entières  pour 
une  si  abondante  moisson. 

«  C'est  à  Madagascar  qu'est  la  véritable  terre 
de  promission  pour  les  naturalistes;  c'est  laque 
la  nature  semble  s'être  retirée  comme  dans  un 
sanctuaire  particulier,  pour  y  travailler  sur  d'au- 
tres modèles  que  ceux  auxquels  elle  s'est  asser- 
vie dans  d'autres  contrées.  Les  formes  les  plus 
insolites  et  les  plus  merveilleuses  s'y  rencontrent 
à  chaque  pas. 

«  Le  Dioscoride  du  Nord  y  trouverait  de  quoi 
faire  dix  éditions,  revues  et  augmentées,  de  son 
Systema  naiurœ,  et  finirait,  sans  faute,  par  conve- 
nir de  bonne  foi,  qu'on  n'a  encore  soulevé  qu'un 
coin  du  voile  qui  couvre  les  productions  éparses 
de  la  Nature.  On  ne  peut  s'empécher,  à  la  vue 
des  trésors  répandus  à  pleines  mains  sur  cette 
terre  fertile,  de  regarder  en  pitié  ces  sombres 
spéculateurs  de  cabinet,  qui  passent  leur  vie  à 
forger  de  vains  systèmes,  et  dont  tous  les  efforts 
n'aboutissent  qu'à  faire  des  châteaux  de  cartes. 
Ne  les  comparerions-nous  pas  à  ce  fils  d'Eole, 
dont  nous  parlent  les  poètes  ?  Comme  Sisvphe, 
ne  se  rebutteront-ils  jamais  de  rouler  le  rocher 

(1)  Commerson. 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


77 


du  bas  d'une  montagne  en  haut,  d'où  il  retombe 
sur  le  champ?  Ils   devraient  savoir  cependant 
qu'ils  n'ont  peut-être  pas  encore  un  seul  genre 
déterminé;  que  tous  leurs  caractères  classiques, 
génériques,  etc.,  sont  précaires;  que  toutes  les 
lignes  de  démarcation  qu'ils  ont  tracées,  s'éva- 
nouissent à  mesure  que  les  genres  et  les  espèces 
intermédiaires  comparaissent.  Quelle  présomp- 
tion de  prononcer  sur  le  nombre  et  la  qualité  des 
plantes  que  peut  produire  la  nature,  malgré  toutes 
les  découvertes  qui  restent  à  faire!  Linneus  ne 
propose  guère  que  sept  à  huit  mille  espèces  de 
plantes.  On  prétend  que  le  célèbre  Sherarden  en 
connaissait  plus  de  seize  mille  ;  et  un  cultivateur 
moderne  a  cru  entrevoir  le  maximum  du  règne 
végétal,  en  le  portant  à  vingt  mille  espèces.  J'ose 
dire  cependant  que  j'en  ai  déjà  fait,  à  moi  seul, 
une  collection  de  vingt-cinq  mille;  et  je  ne  crains 
point  d'annoncer  qu'il  en  existe  au  moins  quatre 
à  cinq  fois  autant  sur  la  surface  de  la  terre  :  car 
je  ne  puis  raisonnablement  me  flatter  d'être  par- 
venu à  en  recueillir  la  quatrième  ou  la  cinquième 
partie... 

«  Un  ami  a  bien  voulu  me  faire  un  herbier  des 
plantes  de  la  côte  de  Coromandel  ;  je  n'en  ai  pas 
reconnu  une  vingtaine  dans  VHortus  de  la  côte 
de  Malabar.  Il  faut  donc  regarder  tous  les  sys- 
tèmes faits  et  à  faire  encore  pendant  longtemps, 
comme  autant  de  procès-verbaux  des  différents 
états  de  pauvreté  où  en  étaient  la  science  et  l'au- 
teur à  l'époque  de  son  système. 

«  Le  bon  Chevalier  de  l'Étoile  polaire  me  fait 
sourire,  lorsqu'il  nous  assure  qu'il  a  fait  la  voûte 
de  son  édifice.  Il  me  semble  le  voir  au  milieu  de 
toutes  les  refontes  de  son  Pimix,  occupé  à  re- 
monter un  modèle  delà  machine  de  Marly,  dont 
on  ne  lui  présenteraient  les  pièces  de  rapport 
qu'après  lui  en  avoir  préalablement  soustrait  les 
neuf  dixièmes.  Je  ne  prétends  point  parla  déro- 
ger au  respect  qui  lui  est  dû  ;  j'ai  toujours  été  un 
de  ses  zélés  disciples.  »  Et  Bonnet  ajoute  :  «  Ce- 
lui qui  s'exprimait  avec  tant  de  feu  et  d'agrément, 
avait  fait  le  tour  du  globe,  pour  accroître  nos 
connaissances  en  histoire  naturelle.  Combien 
les  amis  de  la  nature  ont-ils  à  regretter  qu'une 
mort  prématurée  l'ait  enlevé  à  une  science  au 
perfectionnement  de  laquelle  il  avait  consacré 
tous  les  moments  de  sa  laborieuse  et  trop  courte 
vie  !  » 


Onagrariées  des  Deux-Sèvres  et  de 
la  Vienne. 

Onothera  biennis  L.  —  [D.-S.].  —  Airvault 
(Bonniit).  —  [Vienne].  —  Bords  de  la  Vienne, 
depuis  Availles-Limousine  jusqu'à  Chàtellerault 
(Delastre).  —  St-Romain-s-V.  ;  Vaux-s-V.  ;  Mon- 
dion  (Baudin).  —  Leigné-s-Usseau  [Adhumeau). 

—  Croutelle  (Poiraulf).  —  Vendeuvre,  vigne 
inculte  [Didier).  —  Bords  de  la  Gartempe,  de 
Lathus  à  St-Savin  (Violleau,  Ménard). 

Epilobium  spicatum  Lamk.    —    [Vienne] . 

—  Ouzilly;  Scorbé-Clairvault  (Delastre).  — 
St-Christophe  CBaudin). 

Variété E.  latifolium  Roth.,  non  L.  —  La  Ro- 
che, près  Gençay  (Delastre"). 

E.  palustre  L.  —  [D.-S.].  —  St-Sauveur 
(186.1,  /.  Richard).  —  Secondigny;  Neuvy- 
Bouin  (1850,  Guillon).  —  [Vienne],  —  Lathus. 

—  St-Christophe,  lac  de  Chougne  {Baudin). 

E.  tetragonum  L.  et  ses  formes.  ■ —  Assez 
répandu. 

E.  montanum  L.  —  Assez  répandu. 

E.  lanceolatum.  —  Assez  répandu. 

E.  parviflorum  Schrad.  —  Répandu. 

E.  hirsutum  L.  —  Répandu. 

Myriophyllum  spicatum  L.  —  Assez  ré- 
pandu. 

M.  alterniflorum  DC.  —  Assez  répandu. 

M.  verticillatum  L.  —  Assez  répandu. 

Isnardia  palustris  L.  —  Dantia  paluslris. 
(Petit).  —  [D.-S.].  —  Chambroutet;  Cerizay 
(f.  Richard).  —  Beaulieu,  étang  Barou  (SattrJ 
et  Maillard).  —  Ménigoute.  —  Soudan  (B.  Sou- 
che). —  Amailloux  [Guy on).  —  Fenioux;  St- 
Martin-du-Fouilloux  (Gamin).  —  Boësse  (Viol- 
leau).  —  St-André-s-Sèvre  (Régnier).  —  Lit  de 
la  Vonne,  forêt  de  la  Saisine  (Gourheault).  — 
[Vienne].  —  Poitiers;  St-Benoit;  Ozon,  com- 
mune de  Bonneuil-Matours  (Delastre).  —  Lu- 
chapt  (Violleau,  Ménard).  —  Payroux  (Baudin). 

Circaea  lutetiana  L.  —  Assez  répandu  ;  man- 
que dans  plusieurs  localités. 

Hippuris  vulgaris  L.  —  [D.-S.].  —  Pas- 
de-Jeu  (/.  Richard).  —  Tourtenay  (Luiiet).  - 
Niort  (Guillon).  — ■  Mauzé;  Bessines;  Sansais. 
(Sauié).  —  Lezay  (Roufineau).  —  Clussais  (Cail- 
lou, p.).  —  Chizé  (Giraudias).  -  -  Availles. 
—  St-Liguaire  (B.  Souche).  —  Deyrancon  (D ti- 
ret). —  [Vienne].  —  Poitiers;  Gençay;  Len- 
cloitre  (Delastre).  —  Magné  (Tarbazard).  La 
Grimaudière  (Guyon).  —  Marais  du  Placin,  près 
Moncontour    (P.    Cornuatili).    —    Usson;    St- 


78 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


■ndin;  Brion;  St-Maurice;  Couhé  [Baudiii). 
—  Vendeuvre    Dià      .  —  Angliers     Violhau  . 
Trapa  natans    L.  D.-S.].  —  La  Forêt- 

s-Sèvre;  Cerizay;  St-Sauveur;  Thouars;  Meni- 
goute;  Fomperron;  Beaulieu ;  les  Forges.  - 
Parthenay  (/anneau  .  -  -  St-Loup;  Amailloux 
Trayes  (Guillon).  —  Vitré  s 
Maillard).  —  Noirterre;  St-Maurice-la-Fou- 
gereuse  (Toussaint).  —  St-Germier;  St-Martin- 
du-Fouilloux  ;  Yausseroux:  Vasles;  la  Chapelle- 
Bertrand  [B.  Souche).  —  La  Chapelle- Saint- 
Laurent  [Betraud).  —  Fenioux  Gamin  et 
d'Ornano).  —  Le  Busseau  Michekt  .  —  Mon- 
coutant  (E.  Marais).  —  Nueil-s-les-Aubiers 
E.  Nouelle  .  —  Allonne  (Jacquet*.  —  Saint- 
Mard-la-Landc  Duvet  .  —  (Vienne).  -  San- 
xay  Delastre  .  -—La  Vienne,  à  Gouex.  —  La 
Puye  [Parhayird).  —  Bords  de  la  Vienne,  au- 
dessous  du  château  des  Ormes  [d'Argenson).  — 
Châtellerault  [Didier  . 

B.  Souche. 


Évolution  de  l'organisme  muscique. 

(Suite.) 

La  chute  de  la  coiffe  varie  évidemment  avec 
le  processus  évolutif  qui  en  a  déterminé  la  for- 
mation. Dans  les  espèces  où  son  accroissement 
est  symétrique,  c'est-à-dire  également  propor- 
tionnel en  tous  ses  points  à  l'accroissement  de 
la  capsule,  la  coiffe  prend  une  forme  régulière 
qui  lui  assure  une  plus  grande  fixité  au  sommet 
du  fruit,  qu'elle  embrasse  complètement  par 
toute  sa  marge  libre;  dans  ce  es,  elle  ne  se  dé- 
tache ordinairement  que  grâce  à  plusieurs  rup- 
tures longitudinales  intéressant  une  plus  ou  moins 
grande  étendue  de  son  tissu,  et  permettant  aux 
bords  de  s'écarter  du  fruit. 

Au  contraire,  dans  les  espèces  où  son  accrois- 
sement est  asymétrique  et  unilatéral,  elle  se 
trouve  entièrement  déjetée  d'un  seul  coté,  au 
côté  opposé  correspondant  un  sinus  triangulaire; 
dans  ce  cas.  elle  est  bien  moins  adhérente  au 
fruit,  qu'elle  n'embrasse  que  par  une  très  mi- 
nime partie  de  son  cône  terminal. 

La  coiffe  ne  se  détache  pas  spontanément  ; 
mais,  quand  elle  cesse  d'adhérer  au  sporoçone, 
il  suffit  du  moindre  effort  de  la  pluie  ou  du  vent 
pour  la  faire  tomber. 

La  coiffe  des  Hépatiques  n'est  pas  caduque. 
Elle  correspond  à  peu  près,  mais  avec  une  dif- 
férenciation organique  plus  parfaite  et  un  mode 


de  formation  différent,  à  la  vaginule  des  Mousses. 

Dans  ce  groupe,  quand  la  capsule  s'élève  au- 
dessus  de  ses  involucres  à  la  faveur  de  l'élonga- 
tion  du  pédicelle,  elle  est  presque  mûre  et  par 
suite  apte  à  opérer  sa  déhiscence. 

A  l'époque  de  la  maturité  parfaite  cette  déhis- 
cence se  fait  spontanément  ;  il  est  cependant 
facile,  un  certain  temps  avant  le  moment  précis, 
physiologique,  où  les  spores  ont  acquis  tous 
leurs  caractères,  de  la  provoquer  par  une  légère 
pression,  et  il  est  probable  que  très  souvent  ce 
résultat  est  atteint  par  l'intervention  des  agents 
mécaniques. 

Quelle  est  la  cause  organique  de  la  déhis- 
cence, et,  comme  conséquence  inévitable,  quel 
est  son  mode? 

Les  éléments  dont  se  compose  la  paroi  capsu- 
laire,  dans  la  plupart  des  Hépatiques,  sont 
disposés  en  séries  qui  se  contournent  en  une 
spirale  plus  ou  moins  évidente  ;  ces  séries  sont 
interrompues  par  quatre  lignes  longitudinales 
moins  résistantes,  sutures  cellulaires  qui  partent 
d'un  point  quelconque  delà  capsule  et  qui  toutes 
viennent  aboutir  à  son  extrémité  libre. 

Bien  qu'il  soit  difficile  d'être  affirmatif  dans 
une  question  aussi  délicate,  peut-être  serait-il  à 
la  fois  rationnel  et  conforme  à  la  vérité  de  consi- 
dérer ces  quatre  sutures  comme  la  trace,  sur  la 
paroi,  des  cloisons  primordiales  qui  ont  découpé 
létage  supérieur  de  l'embryon  en  quatre  quar- 
tiers cylindriques. 

Quoi  qu'il  en  soit,  elles  représentent  le  moyen 
mis  par  la  nature  à  la  disposition  du  sporogone 
pour  projeter  ses  spores.  Si  un  choc  vient  à  se 
produire;  si,  par  les  temps  humides,  le  pouvoir 
hygrométrique  des  cellules  stériles  les  gonfle 
d'eau  jusqu'à  provoquer  de  leur  part  un  effort 
expansif  contre  l'enveloppe  générale  du  fruit,  les 
sutures  céderont,  et  avec  une  rapidité  qui  s'ex- 
plique par  ce  fait  que  la  rupture  de  la  première 
cellule  détruira  la  cohésion  générale  du  tissu  et 
sera,  pour  les  autres  cellules,  une  excitation  suf- 
fisante pour  en  provoquer  la  séparation. 

Les  cellules  externes  de  la  paroi  forment, 
d'ailleurs,  parleur  réunion,  une  membrane  douée 
d'une  tendance  générale  qui  la  force  à  s'écarter, 
dès  qu'elle  le  peut  et  autant  qu'elle  le  peut,  de 
l'axe  du  sporogone,  à  peu  prés  comme  les  par- 
ties d'une  tige  fendue  en  long  s'écartent  de  l'axe 
de  cette  tige. 

L'erfort  interne  et  l'effort  externe,  en  se  com- 
binant, brisent  les  sutures,  et  étalent  les  quatre 
portions  de  l'enveloppe  capsulairc  en  quatre  val- 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


79 


ves,  dont  la  séparation  s'arrête  en  un  point 
variable,  marqué  par  une  cellule  qui  limite  la 
ligne  suturale. 

Quand  les  valves  sont  écartées,  quelquefois 
elles  restent  planes,  les  cellules  qui  les  compo- 
sent décrivant  une  spirale  à  peine  sensible  ;  mais 
plus  souvent  elles  se  contournent  au  point  de  pren- 
dre un  aspect  filiforme;  ce  phénomène  est  évi- 
demment provoqué  par  la  disposition  spiralée 
très  accentuée  des  cellules,  dont  les  séries  s'en- 
roulent. 

Dans  les  Ricciées,  Hépatiques  rudimentaires, 
il  n'y  a  point  d'enveloppe  capsulaire  proprement 
dite,  et  par  suite  point  de  sutures,  point  de  val- 
ves ;  les  spores  ne  sont  mises  en  liberté  que  par 
la  désorganisation  du  thalle  ;  dans  les  Phasca- 
cées,  Mousses  rudimentaires,  la  paroi  capsu- 
laire ne  comprend  pas  de  sutures,  et  elle  ne 
s'ouvre  pas  spontanément.  Mais  les  sutures  re- 
deviennent évidentes  chez  les  Mousses  typiques, 
où  elles  sont  plus  nombreuses  que  chez  les 
Hépatiques,  et  où  elles  offrent  une  disposition 
particulière.  Il  y  en  a  trois  séries  superposées,  les 
deux  externes  faisant  partie  de  la  paroi  capsu- 
laire, l'interne  courant  dans  la  continuation  de 
l'enveloppe  de  l'archéspore. 

A  l'extérieur,  la  suture  est  unique,  et  non  lon- 
gitudinale, mais  circulaire  ;  elle  représente  une 
ligne  de  moindre  résistance  délimitant  une 
calotte  sphérique,  apiculée  ou  non,  et  fermant 
supérieurement  l'ouverture  de  la  capsule.  Cette 
suture  venant  à  céder,  par  le  jeu  des  cellules  de 
la  paroi  et  aussi  sous  l'effort,  provoqué  par  ses 
propriétés  hygrométriques,  de  la  couche  interne 
de  l'enveloppe,  la  calotte,  ou  opercule,  tombe, 
soit  spontanément,  soit  emportée  par  le  vent. 

Les  sutures  moyennes  sont  longitudinales  ; 
elles  sont  très  rarement  au  nombre  de  quatre, 
comme  chez  les  Hépatiques,  plus  souvent  au 
nombre  de  huit,  seize,  trente-deux  ou  soixante- 
quatre  ;  mais  elles  peuvent  être  sans  doute  con- 
sidérées comme  correspondant  aux  cloisons 
primordiales  différenciées  dans  les  disques  super- 
posés de  l'embryon  :  de  cette  manière,  la  mem- 
brane qui  les  renferme  ne  se  diviserait  normale- 
ment qu'en  quatre  valves,  se  subdivisant  ensuite 
selon  les  lignes  secondaires  dedéhiscence  qui  ne 
se  différencient  point  dans  les  Jungermanniées, 
les  Andréacées,  les  Tetraphis. 

La  rupture  des  sutures  moyennes,  provo- 
quant l'épanouissement  des  dents  péristomien- 
nes  externes,  ouvre,  après  la  chute  de  l'oper- 
cule, la  cavité   de  la   capsule.  Cependant,  dans 


de  nombreuses  espèces,  cette  cavité  est  encore, 
en  totalité  ou  en  partie,  close  par  la  membrane 
du  sac  sporigène  externe  ;  cette  membrane, 
dans  sa  partie  supérieure,  comprend  aussi  des 
sutures,  qui  se  brisent,  en  raison  de  l'hygro- 
scopicité  des  portions  contextées  qu'elles  sépa- 
rent ;  après  leur  rupture,  l'émission  des  spores 
ne  rencontre  plus  d'obstacle. 

Chez  les  Hépatiques,  elle  se  fait  brusque- 
ment, par  l'intervention  des  cellules  stériles 
ou  élatères  qui,  en  se  roulant  avec  élasticité, 
grâce  à  leurs  fibres  spirales,  au  milieu  des 
amas  de  spores,  les  disséminent  de  tous  côtés. 
Au  moment  où  les  valves  se  séparent,  c'est 
comme  un  nuage  de  filaments  et  de  globules, 
qui  tressaillent  et  s'écartent  vivement.  Toutes 
les  élatères  ne  sont  pas  projetées  avec  les 
spores;  il  en  est  qui  restent  adhérentes,  soit 
I  au  centre  de  la  capsule,  soit  à  l'extrémité  des 
valves.  Il  est  évident  que  la  différence  entre 
les  unes  et  les  autres,  en  apparence  considéra- 
ble au  point  de  vue  morphologique,  et  d'ail- 
leurs constante,  est  très  peu  importante  au 
point  de  vue  physiologique  :  en  effet,  les 
élatères  représentant  en  quelque  sorte  une 
columelle  d'éléments  stériles,  il  importe  peu 
qu'elles  se  séparent  plutôt  de  l'une  que  de 
l'autre  des  extrémités  de  l'axe  de  la  capsule. 

L'éjaculation  des  spores  des  Mousses  n'est 
point  servie  par  des  éléments  particuliers. 
Dans  les  cas  où  elle  s'accomplit  avec  une 
certaine  vivacité,  elle  est  sans  doute  provo- 
quée soit  par  la  formation  de  gaz  dus  à  la 
décomposition  des  parois  des  cellules  mères 
et  des  éléments  internes  de  la  capsule,  et 
expulsant  les  spores  pour  se  frayer  un  pas- 
sage ;  soit,  comme  il  arrive  pour  les  asques 
des  Discomycètes,  par  l'introduction  brusque 
de  l'air  chassant  les  spores  en  bouffées.  Dans 
les  autres  cas,  l'émission  peut  être  due  à  des 
secousses  vives  imprimées  à  la  capsule  par 
des  agents  mécaniques,  par  le  vent,  le  vol  des 
insectes,  la  chute  des  feuilles  ou  à  l'hygrosco- 
picité  des  cellules,  ou  encore  simplement  à  la 
direction  inclinée  ou  pendante  du  fruit.  Cette 
dernière  cause  de  mise  en  liberté  des  spores 
est  sans  doute  assez  fréquemment  active  ;  car 
il  est  à  remarquer  qu'un  certain  nombre  de 
capsules  réfléchies  ou  horizontales  se  redres- 
sent après  la  sporose. 

A.  Acloqve. 


So 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


Sur  la  présence  de  1'  «  Azolla  Caro- 
liniana  »  dans  la  Sarthe. 

[1  va  environ  deux  mois,  M.  Coilliot,  notre 
collègue,  m'apportait  une  plante  recueillie  par 
lui,  près  du  Mans,  chemin  de  la  Rivière.  Cette 
plante  aquatique  rappelait  les  Lemna  quant  au 
port,  mais  s'en  différenciait  profondément  par 
les  caractères  morphologiques.  Je  la  soumis  au 
distingué  M.  Gentl,  auteur  des  principales  pu- 
blications  botaniques  sur  la  flore  de  la  Sarthe. 
Cette  plante  me  semblait  en  effet  étrangère, 
non  seulement  à  la  .flore  du  Maine,  mais  en- 
core à  la  flore  française.  M.  Gentil  voulut  bien 
entreprendre  une  enquête  au  sujet  de  l'intro- 
duction de  la  dite  plante  aux  portes  du  Mans. 
Se  souvenant  que  M.  Rauot,  jardinier  chef  du 
fardin  d'horticulture,  lui  avait  parlé  d'une 
plante  américaine  introduite  au  Jardin,  il  l'in- 
terrogea à  ce  sujet  et  me  communiqua  la  note 
suivante  : 

a  La  plante  de  M.  Coilliot  est  une  Azolla 
venue  d'Amérique,  transportée  du  Jardin  bota- 
nique de  Rennes  au  Jardin  d'horticulture  du 
Mans  par  M.  Crie  père,  qui  l'a  donnée  sous  le 
nom  d'A^olla  canadensis;  transportée  ensuite,  par 
un  ouvrier,  du  Jardin  d'horticulture  dans  le 
bassin  qui  sert  de  lavoir  pour  l'hôtel  de  la  Boule- 
d'Or,  elle  est  descendue  par  le  ruisseau,  jusqu'en 
face  du  lavoir  qui  se  trouve  au  tournant  du  che- 
min de  la  rivière.  L' Azolla  périt  chaque  année  au 
Jardin  d'horticulture  et  se  maintient  près  du 
lavoir  de  l'hôtel  de  la  Boule-d'Or.  » 

A  la  suite  de  cette  communication,  je  me  li- 
vrai à  des  recherches  bibliographiques  concer- 
nai t  la  dénomination  de  notre  Azolla.  On  sait 
que  les  Ayplla  forment  pour  certains  botanistes 
la  petite  familles  des  Azollées,  tandis  que  d'autres 
les  rattachent  à  des  familles  voisines  appartenant 
d'ailleurs  également  aux  Cryptogames,  telles 
que  Salviniacées  ou  Rhizocarpées.  Le  résultat  de 
mes  recherches  fut  l'identification  de  notre  plante 
avecl'^4  lollaCai  olinîanaWiïli. ,  plante  du  Canada, 
seul  représentant  de  la  famille  dans  cette  con- 
rée. 

Les  conditions  climatériques  dans  lesquelles 
elle  vit  au  Canada  font  prévoir  son  acclimatation 
probable  chez  nous.  Etant  donné  que  depuis 
quatre  ans  la  plante  vit  et  prospère  dans  sa  sta- 
tion actuelle  et  qu'elle  a  supporté  le  rigoureux 
hiver  de  1894-1895,  il  ne  nous  parait  pas  douteux 
que  cette  espèce  nouvelle  puisse  s'acclimater 
chez  nous  dans  les  eaux  tranquilles  produites  et  tra- 


versées par  un  courant  d'eau  de  source  à  cours  per- 
sistant et  mériter  d'ici  quelques  années  une  place 
dans  la  flore  sarthoise. 

Si  nos  prévisions  se  réalisent,  nous  aurons 
une  plante  rare  et  remarquable  de  plus,  juste- 
ment à  la  même  place  qu'occupait  jadis  une  au- 
tre plante  rare  aussi,  InLathraa  Clandestina  qui  ne 
compte  pour  ainsi  dire  plus  dans  la  Sarthequ'une 
seule  localité. 

H.  Léveii  lé. 


Les  Onothéracées  de  Madère. 

La  famille  des  Onothéracées  n'est  représentée 
à  Madère  que  par  quatre  espèces  d'Ëpilobes  qui 
font  eux-mêmes  défaut  dans  les  îles  voisines  de 
Madère  ainsi  que  notre  distingué  collègue  M.  Car- 
los Azevedo  de  Menezes  a  bien  voulu  s'en  assu- 
rer. 

Les  échantillons  qu'il  nous  a  bienveillamment 
adressés  renferment  les  espèces  suivantes  : 

Epilobium  parviflorum  Schreb. 

Epïlobium  lanceolatum  Sebast.  et  Maury. 

Epilobium  telragonum  L.,  var.  Lamyi Schultze. 

Lowe,  dans  son  Manuel  de  la  Flore  de  Madère, 
donne  la  description  de  quatre  espèces  :  E.  par- 
viflorum, E.  lanceolatum,  E.  tetragonum,  E.  obscu- 
ruiu. 

Sauf  pour  cette  dernière  forme  qui  n'est  elle- 
même  qu'une  variété  de  l'E'.  tetragonum  et  qu'il 
a  confondue  avec  la  variété  voisine  Lamyi,  les 
déterminations  de  Lowe  sont  donc  exactes. 

Haussknecht,  dans  sa  Monographie  der  G.attung 
Epilobium  maintient  l'E.  parviflorum,  mais  ratta- 
che IV:'.  tetragonum  à  l'adnatum  (on  sait  que  le 
professeur  de  Weimar  a  démembré  l'E.  telra- 
gonum linnéen)  et  l'E.  obscurum  à  l'E.  Lamyi. 

De  l'E.  lanceolatum'û  fait  une  nouvelle  espèce, 
l'E.  maderense  (Monog.  der  (nill.  Ep.,  p.  232). 
Nous  n'avons  pas  vu  autrement  que  par  la  figure 
de  l'ouvrage  du  distingué  professeur  les  échan- 
tillons qui  lui  ont  servi  pour  créer  son  espèce, 
mais  nous  avons  sous  les  yeux  l'échantillon  que 
nous  a  expédié  M.  de  Menezes.  Cet  échantillon 
qui  vient  de  Funchel  où  le  Dr  Lemann  avait  déjà 
signalé  la  présence  de  l'E.  lanceolatum  appartient 
effectivement  a  cette  espèce  et  est  de  plus  presque  en- 
tièrement identique  à  une  forme  de  cette  même 
espèce  que  nous  avons  rencontrée  récemment  à 
Saint- Picrre-sur-Orthe  dans  la  Mayenne. 

Les  feuilles  inférieures  sont  nettement  pètiolèes;  dés 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


81 


lors,  quand  notre  distingué  collègue  et  corres- 
pondant nous  aura  fait  un  nouvel  envoi,  il  nous 
sera  peut-être  possible  d'établir  que  YE.  maie- 
rense  Hausskn.  doit  rentrer  dans  la  synonymie 
déjà  assez  longue  de  YE.  lanceolatum,  espèce  ex- 
trêmement variable  sur  laquelle  nous  aurons  lieu 
de  nous  expliquer  plus  longuement  à  bref  délai. 

Voici  les  indications  qui  accompagnent  les 
échantillons  que  nous  avons  sous  les  yeux,  ainsi 
que  la  rareté  relative  des  espèces  à  Madère. 

Epilobium  parviflorum  Schreb.,  var.  subgla- 
brum Koch.  Madère  :  rochers  humides  au-dessus 
de  ioo  mètres. _Très  commun  C.  A.  de  Menezes 
kgit. 

Epilobium  lanceolatum  Seb.  et  Maury.  Ma- 
dère :  rochers  humides  et  bords  des  ruisseaux, 
au-dessous  de  i,ooo  mètres.  Rare.  C.  A.  de  Me- 
nezes legit. 

Epilobium  tetragonu  m  L.,  var.  L  a  m viSchultze. 
Madère  :  rochers  humides  dans  les  montagnes, 
entre  1,000  et  1,500  mètres.  Très  rare.  C.  A.  de 
Menezes  legit. 

On  remarquera  la  variété  subglabrum  de  YE. 
parviflorum. 

Nous  divisons  en  effet  YE.  parviflorum  en 
trois  sous-espèces  :  la  forme  typique  ou£.  molle 
Lamark;  la  forme  presque  glabre  E.  subglabrum 
Koch;  et  la  forme  laineuse  à  inflorescence  grêle 
E.  mollissimum  Welw.  que  nous  possédons  du 
Portugal  et  de  la  France. 

Nous  n'avons  point  de  Madère  YE.  tetragonum 
L.  var.  adnatum  Gris,  qui  y  existe  certainement. 

H.  Leveillé. 


Contributions  à  la  Flore  Cryptoga- 
mique  de  la  Sarthe.  1895-1896. 

CHAMPIGNONS 

Amanita  muscariaL.  Amanite  tue- mouches. 

—  Commun  un  peu  partout,  surtout  dans  le  voi- 
sinage des  bouleaux,  10  novembre. 

Amanita  citrina  Sch.  Amanite  citrine.  — 
Jupilles.  Très  répandu  ça  et  là  dans  la  forêt,  oc- 
tobre et  novembre. 

Lepiota  irrorata  Q..  Lépiote  à  gouttelettes 

—  Thoiré-sur-Dinan,  dans  la  forêt,  Ier  novem- 
bre. 

Lepiota  procera  Scop.  Lépiote  élevée  vulg. 
Potiron.  —  Un  peu  partout,  28  octobre.  Déli- 
cieux. 


Lepiota  excoriât»  Sch.  var.  mastoidea  Fr. 
Lépiote  excoriée,  var.  à  pied  grêle.  —  Forêt  de 
Bercé,  28  octobre.  Délicieux. 

Armillaria  mucida  Schr.  Armillaire  vis- 
queuse. —  Thoiré  sur-Dinan,  dans  la  forêt,  sur 
un  tronc  de  hêtre,  14  novembre. 

Armillaria  mellea  Vahl.  Armillaire  couleur 
de  miel.  —  Commun  sur  les  vieilles  souches  en- 
terrées. Var.  maxima  Frics.  —  Thoiré-sur-Dinan, 
route  du  rond  de  Volumier  à  l'entrée  de  la  forêt, 
10  novembre. 

Tricholoma  équestre  L.  Tricholome  éques- 
tre, var.  auratum  Paul.  —  Thoiré-sur-Dinan, 
dans  la  forêt,  15  décembre.  Bon. 

Tricholoma  ionide  B.  Tricholome  pourpré. 

—  Thoiré-sur-Dinan,  dans  la  forêt,  novembre. 
La  cuisson  sur  le  gril  ne  lui  enlève  pas  son  goût  acre 
peu  agréable,  mais  il  n'est  pas  vénéneux. 

Tricholoma  nudum  B.  Tricholome  nu.  — 
Thoiré-sur-Dinan,  fossés  et  bords  des  chemins, 
20  novembre.  Asse\  bon. 

Collybia  dryophila  Fr.  Collybie  ami  du 
chêne.  —  Partout  dans  la  forêt  de  Bercé,  no- 
vembre. 

Collybia  fusipes  B.  Collybie  à  pied  en  fu- 
seau. —  Thoiré-sur  Dinan,surles  souches  à  terre, 
dans  la  forêt,  17  septembre.  Très  bon  de  goût, 
mais  nu  peu  dur. 

Collybia  radicataRelh.  Collybie  à  racine.  — 
Un  peu  partout  dans  la  forêt  de  Bercé,  5  novem- 
bre. 

Laccaria  laccata  Scop.  Laccaria  vernissé, 
yzi.amethystinaYzill.,  var.  violette.  —  Thoiré-sur- 
Dinan,  dans  la  forêt,  10  novembre. 

Clitocybe  rivulosa  Pers  Clytocybe  du  bord 
des  routes,  var. phyllophylla.  —Thoiré-sur-Dinan, 
dans  la  forêt,  sur  les  feuilles,  25  octobre. 

Clitocybe  geotropa  B.  Clitocybe  géotrope. 

—  Commun  sur  le  bord  des  chemins  et  des 
champs,  20  novembre.  Très  bon,  mais  devient  vite 
coriace. 

Clitocybe  nebularis  Batsçh.  Clitocybe  nébu- 
leux. —  Saint-Vincent-du-Lorouer,  dans  la  forêt, 
sous  les  hêtres,  10  novembre.  Bon,  mais  un  peu 
musqué. 

Clitocybe  viridis  Scop.  Clitocybe  vert.  — 
Thoiré-sur-Dinan,  dans  la  forêt,  Ier  novembre. 
Très  bon,  mais  conserve  un  petit  goût  d'anis. 

Mycena  fllipes  B.  Mycène  à  pied  filiforme. 

—  Thoiré-sur-Dinan,  dans  la  forêt,  sur  les  feuilles 
et  la  mousse,  10  novembre. 

Pleurotus  ostreatus  Jacq.  Pleurote  en  forme 
d'huître.  —  Thoiré-sur- Dinan,  dans  la  forêt,  sur 


32 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


un  chicot  de  chêne,  2  1  décembre.  Bon,  maudevient 
1  iace. 
Hygrophorus    eburneus    B.    Hygrophore 

blanc  d'ivoire.  —  Thoiré-sur-Dinan,  bords  de 
la  route  du  rond  de  Volumier,  22  novembre. 

Cantharellus  cibarius  Pries.  Chanterelle  co- 
mestible. —  Commune  dans  la  foret  de  Bercé  à 
la  fin  d'août.  Très  bon. 

Cantharellus  aur^nti^cus  Wulf.  Chanterelle 
orangée.  —  Thoiré-sur-Dinan.  foret,  près  du  rond 
de  Volumier,  novembre. 

Cantharellus  tubaeformis  Fr.  Chanterelle 
en  forme  de  trompette.  —  Jupilles  et  Thoiré, 
dans  la  forêt  et  les  taillis,  S  novembre  et  15  jan- 
vier. 

Lactarius  vellereus  Fr.  Lactaire  à  toison.  — 
Thoiré-sur-Dinan,  dans  la  forêt  et  au  bord  des 
champs,  4  août. 

Lactarius  zonarius  B.  Lactaire  zone.  — 
Bords  des  chemins  et  des  routes,  20  août. 

Lactarius  theiogalus  B.  Lactaire  à  lait  jaune 
soufre.  —  Forêt  de  Bercé,  prés  le  rond  Croix- 
Veneurs,  19  novembre. 

Russula  delica  Fr.  Russule  sans  lait.  — 
Thoiré-sur-Dinan,  dans  la  forêt  et  à  La  Pilletière, 
août. 

Russula  rubra  Fr.  Russule  rouge.  —  Bois 
en  pins-sylvestres  au-  dessus  de  la  Vallée-Noire  et 
çà  et  là  dans  la  forêt  de  Bercé,  25  décembre. 

Russula  virescens  Sch.  Russule  verdoyante. 

—  Thoiré-sur-Dinan,  çà  et  là  dans  la  forêt, 
11  septembre.  Asse\  bon. 

Marasmius  rotula  Scop.  Marasme  petite 
roue.  — Forêt  de  Bercé,  sur  les  feuilles  de  chêne, 
septembre. 

Marasmius Oreades  Boit.  Marasme d'Oréade. 

—  Commun  dans  les  prés,  août.  Très  bon. 

(A  suivre.)  Victor  Jamin. 


Note  sur  le  ■•  Sideritis  scordioidesL.  - 

J'ai  lu,  ces  temps  derniers ,  avec  un  réel  plai- 
sir, dans  la  Revue  horticole  du  Bouches- du- 
Rboue,  organe  de  la  Société  d'horticulture  et  de 
botanique  de  Marseille,  un  intéressant  article  de 
M.  Louis  Charrel,  sur  le  Siderith  scordioides 
«  Avons -nous  en  Provence  le  Sideritis  scordioi- 
des ou  ne  l'avons-nous  pas?  »  se  demande  l'au- 
teur. Castagni  et  Derbès  disent  oui,  Roux  dit 
non.  CASTAGNE  et  Derbès  donnent  cette  plante 
comme  si  commune  en  Provence  qu'ils  ne  pren- 


nent pas  la  peine  d'en  indiquer  les  habitats. 
Roux  ne  la  signale  pas,  non  plus  que  ses  conti- 
nuateurs. Il  est  vrai  que,  passant  les  indications 
de  CASTAGNE  sans  les  mentionner,  il  laisse  à  sup- 
poser que  son  manuscrit  offre  une  lacune  sur  ce 
point,  mais  présomption  grave,  son  herbier  n'en 
contient  pas  venant  de  Provence. 

«  Pour  aller  plus  loin.  Grenier  et  Godrok 
citent  notre  plante  sur  divers  points  de  la  région 
méditerranéenne,  en  ne  précisant,  cependant,  que 
quelques  localités  occidentales. 

«  Nyman  l'indique  dans  la  France  méridionale 
et  l'Espagne,  mais  pour  la  France,  il  énonce 
seulement  quelques-unes  des  localité  de  Grenier 
et  Godron,  ce  qui  porterait  à  croire  qu'elle  est 
rare,  car  c'est  le  seul  cas  où  des  habitats  précis 
soient  donnés. 

«  A  priori,  on  penserait  que  la  plante  deLixxK 
croit  en  Provence,  car  il  est  notoire  qu'elle  est 
fréquente  dans  le  Gard  et  l'Hérault,  départements 
voisins  du  nôtre,  et  il  est  certain  que,  dans  les 
Bouches-du-Rhône,  on  trouve  plus  d'une  loca- 
lité jouissant  du  même  climat  que  celles  qui 
sont  favorisées  par  la  présence  connue  du  Side- 
1  itis  fi  ordioides.  » 

Cette  espèce  existe-t-elle  réellement  en  Pro- 
vence ou  non?  Bien  que  quelques-uns  de  mes 
correspondants  du  Varet  des  Basses-Alpes,  à  qui 
j'ai  demandé  des  renseignements  au  sujet  de  la 
plante  en  question,  m'aient  répondu  qu'ils  n'a- 
vaient jamais  rencontré  cette  espèce  et  qu'elle  ne 
devait  probablement  pas  exister  dans  notre  ré- 
gion, je  n'hésite  pas  à  répondre  par  l'affirmative 
à  la  question  que  M.  Charrel  se  pose  au  début 
de  sa  note. 

J'ai  récolté  moi-même  le  Sideritis  scordioides, 
dans  le  département  des  Bouches-du- Rhône.  Je 
l'ai  aussi  récolté  dans  le  Var  en  compagnie  d'un 
de  mes  amis,  étudiant  en  médecine  à  Marseille, 
et  nous  avons  acquis  la  certitude  que  cette 
espèce,  souvent  confondue  avec  le  S.  hirsuta, 
avec  lequel,  d'ailleurs,  —  je  veux  bien  le 
reconnaître,  —  elle  a  de  grands  rapports,  est, 
sans  nul  doute,  le  Sideritis  scordioides  L. 

Il  semblerait  que  cette  affirmation,  que  d'au- 
cuns trouveront  peut-être  un  peu  téméraire,  dût 
infirmer  l'assertion  de  M.  Roux  qui  ne  signale 
pas  ladite  plante  dans  son  Catalogue  des  plantes 
de  'Provence  et  par  contre  militer  en  faveur  de 
l'allégation  de  MM.  Castagnk  et  Dkrrés. 

Tout  en  rendant  ici  hommage  au  mérite  in- 
contestable de  ces  messieurs,  personnalités  mar- 
quantes du   monde  botanique  provençal,  à   leur 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


83 


expérience  approfondie,  à  leur  savoir  étendu,  je 
me  permettrai  de  dire  que  je  ne  partage  l'opi- 
nion ni  de  l'un  ni  des  autres,  car  je  trouve  qu'il 
y  a  eu  peut-être,  de  part  et  d'autre,  tendance  à 
l'exagération.  Entre  ces  deux  opinions  extrêmes, 
je  crois  devoir  garder  un  juste  milieu.  Ce  qu'ily 
a  de  certain,  c'est  que  le  S.  scordioides  L.  a  été 
plus  d'une  fois  et  par  plus  d'un  botaniste  con- 
fondu avec  le  S.  hirsuta  L. 

«  Gili.et  et  Magne  offrent  le  dessin  de  notre 
Sideritis,  mais  ils  figurent  le  calice  glabre  à  dents 
presque  droites,  tandis  qu'il  est  réellement  velu 
dans  toute  son  étendue  et  que  les  dents  de- 
vraient être  plus  franchement  rejetées  au  dehors 
pour  répondre  aux  faits  et  à  la  description  de 
leur  propre  livre. 

«  Cusmet  Ansberque,  poursuit  M.  Charrel, 
font  bien  pis  :  ils  représentent  le  calice  du 
S.  scordioides  comme  légèrement  bossu  à  la  base, 
tandis  que  toutes  les  descriptions  assignent  cette 
bosse  à  l'hirsuta  et  que  Grenier  et  Godron 
disentformellement  «calice  non  bossu  à  la  base.  » 
Ils  lui  donnent  le  calice  glabre  dans  sa  partie  in- 
férieure, tandis  qu'il  est  velu  dans  toute  son 
étendue  et  ne  montrent  aucune  différence  dans 
les  dents  des  deux  espèces.  Leur  gravure  est 
donc  très  mauvaise  sur  ce  point,  n'indiquant 
même  pas  l'inégalité  de  largeur  des  dents,  seul 
caractère  que  Grenier  et  Godron  veuillent  bien 
mettre  en  italiques,  c'est-à-dire  en  opposition, 
ainsi  que  celui  de  la  couleur  de  la  fleur.  Il  est 
clair  en  un  mot  que,  dans  cet  ouvrage  classi- 
que, il  y  a  eu  confusion  entre  les  deux  espèces 
litigieuses.  » 

J'ai  consulté  la  Flore  de  France  d'Acloque. 
Les  diagnoses  que  donne  l'auteur  de  chacune 
des  espèces  me  paraissent  se  rapprocher  le  plus 
de  la  vérité  : 

Calice  à  dents  égales,  lancéolées,  dressées;  co- 
rolle à  peine  plus  longue  que  le  calice,  à  lèvre  su- 
périeure blanche,  l'inférieure  jaune.  S.  hirsuta  L. 

Calice  à  dents  inégales,  à  la  fin  très  étalées  ; 
corolle  à  peine  exserte,  d'un  jaune  pâle,  à  lèvre 
supérieure  linéaire-oblongue.  S.  scordioides  L. 

J'ai  donc  pu,  muni  de  cette  excellente  flore, 
arriver  facilement,  et  d'une  façon  certaine,  à  la 
détermination  de  mon  Sideritis.  Je  reviens  à 
mon  affirmation  de  tantôt  :  le  S.  scordioides  existe 
en  Provence.  Mais  est-ce  à  dire  qu'il  s'y  trouve 
aussi  communément  répr.ndu  que  veulent  bien 
le  dire  MM.  Castagne  et  DERBÈsPJe  ne  le  crois 
pas,  et  jusqu'à  présent  je  considère  la  plante 
comme  assez  rare  pour  la  région.  Il  esl  pourtant 


vrai  que  cette  espèce  croît  assez  abondamment 
dans  les  Bouches-du-Rhône,  à  Rousset  et  àTrets, 
où  on  la  voit  pousser  au  bord  des  routes  et  dans 
les  sables  de  la  rivière  de  l'Arc.  Dans  le  Var, 
j'ai  trouvé  la  même  espèce  sur  les  coteaux  arides 
qui  dominent  le  village  de  Cotignac  ;  je  ne  l'ai 
pas  rencontrée  ailleurs  dans  ce  département,  ce 
qui  me  porte  à  croire  que  l'espèce  n'est  pas  des 
plus  communes,  mais  que  M.  Roux  l'omet  à 
tort  dans  son  Catalogue.  A  la  saison  prochaine 
je  tâcherai  de  rechercher  de  nouveaux  habitats 
de  cette  plante  intéressante  en  herborisant  sur 
une  aire  de  végétation  beaucoup  plus  étendue, 
et  je  ne  désespère  pas  de  découvrir  quelque  nou- 
velle localité  provençale. 

Marius  Capoduro. 
Six-Fours,  le  10  mars  1896. 


Une  nouvelle  station  du  Pin  Laricio 
en  France,  dans  le  Uard. 

Note  de  M.  G.  FA BRE  présentée  par  M.  BORNET(i) 

«  L'étude  de  la  répartition  des  espèces  végé- 
tales qui  ont  une  aire  d'habitation  disjointe  pré- 
sente toujours  un  réel  intérêt  parce  qu'elle  per- 
met souvent  de  saisir  sur  le  vif  les  causes  qui 
ont  amené  le  recul  de  l'espèce  et  son  cantonne- 
ment actuel.  L'intérêt  augmente  quand  il  s'agit 
d'un  grand  végétal  arborescent,  que  les  dépréda- 
tions de  l'homme  ont  contribué  à  reléguer  en 
quelques  stations  isolées.  C'est  à  ce  titre  qu'il 
convient  de  signaler  une  nouvelle  station  du 
Pinus Sal\manni  (Dunal). 

On  sait  que  cette  variété  du  Pin  Laricio  n'est 
connue  jusqu'ici  qu'en  deux  points  des  Cévennes 
du  Languedoc  :  les  environs  de  Bessèges  (Gard) 
et  les  montagnes  de  Saint-Guilhem-le-Désert 
[ Hérault).  Dans  la  première  localité,  le  Pin  est 
répandu  sur  une  aire  d'une  vingtaine  .de  kilomè- 
tres carrés  et  y  forme  des  massifs  forestiers  de 
plusieurs  centaines  d'hectares  ;  il  est,  du  reste, 
exclusivement  stationné  sur  les  grès  et  poudin- 
gues  de  l'étage  houiller.  Dans  la  seconde  loca- 
lité, l'aire  est  plus  réduite  ;  elle  se  borne  à 
10  kilom.  1  et  ne  comprend  guère  que  la  forêt 
communale  de  Saint-Guilhem-le-Désert;  la  sta- 
tion est  localisée  sur  les  sables  et  rochers  dolo- 
mitiques  du  terrain  jurassique  moyen. 

(1)  Communication  à  l'Académie  des  Sciences. 


84 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


80  kilomètres  en  ligne  droite  sép.irent  l'une 
de  ces  stations  de  l'autre  ;  pas  un  seul  pied  de 
Pin  Laricio  n'avait  été  signalé  jusqu'ici  dans  ce 
long  intervalle.  Mais  nous  venons  de  découvrir 
en  pleine  Cévenne,  à  10  kilom.  nord  d'Anduze, 
sur  le  territoire  de  la  commune  de  Mialet  et  aux 
environs  du  col  d'Uglas,  tout  un  petit  recoin  de 
70  à  80  hectares  d'étendue,  où  le  Pinus  Sal^- 
manni  prospère  à  l'état  spontané.  On  est  là  aux 
altitudes  comprises  entre  400  mètres  et  500  mé- 
trés, sur  un  sol  de  grès  grossier  appartenant  au 
terrain  triasique  et  sur  des  pentes  fortes,  géné- 
ralement exposées  au  sud,  qui  déversent  leurs 
eaux  torrentielles  dans  le  lit  du  Gardon.  Ces  ver- 
sants de  montagne  sont  garnis  d'une  végétation 
arbustive  ou  forestière  serrée  :  Quercus  Ilex,  Pl- 
ans sylvestris,  Erica  arborai,  Sarothamnus  scoparius, 
etc.  ;  partout  où  le  sol  rocheux  a  pu  être  défri- 
ché, il  a  été  complanté  en  châtaigniers. 

C'est  probablement  grâce  à  l'absence  totale  de 
routes  dans  ce  pays,  au  relief  très  âpre,  que  les 
Pins  ont  pu  échapper  aux  convoitises  des  pavsans 
et  subsister  jusqu'à  ce  jour. 

Les  plus  gros,  âgés  de  70  à  80  ans,  n'ont  pas 
plus  de  10  mètres  de  haut  et  om,90  de  tour;  la 
grande  majorité  des  pieds  est  d'âge  et  de  dimen- 
sions bien  plus  modestes,  et  déjà  cependant  ils 
offrent  une  cime  aplatie  touffue,  qui  annonce  un 
arrêt  complet  dans  l'accroissement  en  hauteur. 
On  retrouve  ici  les  formes  en  boule  ou  en  pa- 
rasol qui  sont  si  caractéristiques  sur  les  rochers 
des  environs  de  Bességes  et  de  Saint-Guilhem, 
et  qui  indiquent  une  adaptation  pénible  de  l'es- 
pèce aux  mauvaises  conditions  actuelles  de  sa 
station  ;  on  pourrait  en  conclure  a  priori  sa  faible 
résistance  aux  causes  de  destruction  et  une  infé- 
riorité réelle  dans  la  lutte  pour  l'existence.  On 
en  aune  preuve  certaine  par  le  recul  considéra- 
ble du  Pin  Laricio  de  Bességes  devant  les  enva- 
hissements du  Pin  maritime  introduit  de  main 
d'homme  vers  1840  et  doué  d'une  végétation 
rapide  et  vigoureuse.  On  peut  prévoir  que,  dans 
cette  région  des  Cévennes,  une  période  de  deux 
siècles  au  plus  suffira  pour  amener  la  disparition 
complète  du  Pmus  Salimanni,  reste  déchu  de 
l'ancienne  flore  pliocène  et  quaternaire  du  Lan- 
guedoc. 

Revue  des  Sociétés  Savantes. 

Académie  des  Sciences  de  Paris 

Séance  du  9  mars    i8ç6.  —  Sur  l'essence  d'anis  de 
Russie,  G.  Pouchardat  et  Tardy.  —  Ces  deux  sa- 


vants ont  poursuivi  leurs  recherches  sur  les  produits 
constituants  de  l'essence  d'anis  de  Russie,  au  sujet 
desquels  ils  avaient  fait  une  première  communication 
.1  l.i  séance  du  27  janvier.  Ils  ont  été  amenés  aux 
conclusions  suivantes  :  L'essence  d'aras  de  Russie, 
du  commerce,  renferme  une  énorme  proportion  d'ané- 
tholC20H'2O3,  puis  de  très  petites  quantités  d'aldéhyde 
anisique;  d'acé-.one  anisique  C~oH1004;  d'acide  ani- 
sique;  de  ^amphre  anisique  ou  fenchone  C20Hi6O  ; 
de  divers  carbures  de  formule  C3oH21  et  enfin  de  ma- 
tières goudronneuses;  toutes  ces  substances  atteignant 
au  plus  le  vingtième  du  poids  de  l'anéthol  de  l'essence 
d'anis  de  Russie.  —  Explication  de  lafieur  des  Fumariées 
d'après  son  analomie,  O.  Ligxier.  —  L'auteur  a  re- 
cherché, par  la  méthode  des  coupes  successives  les 
rapports  anatomiques  qui  relient  entre  elles  toutes  les 
pièc  s  florales  chez  les  Fumariées.  Il  a  été  amené  à 
conclure  que  la  fleur  des  plantes  de  la  famille  com- 
prend cinq  verticilles  alternes  de  feuilles  opposées.  Les 
feuilles  florales  y  sont  d'autant  plus  embrassantes 
qu'elles  sont  plus  rapprochées  du  sommet,  et  elles 
présentent  une  tendance  à  la  trilobation  qui  est  surtout 
accusée  dans  les  verticilles  supérieurs.  L'androcée  ne 
comprend  jamais  que  deux  feuilles,  plus  ou  moins 
trilobées,  à  lobes  tous  fertiles.  Chez  VHypecoum,  la 
trilobation  est  particulièrement  accentuée  et  se  traduit 
par  un  grand  éc.irtement  des  lobes;  ce  l'ait  résulte  de 
ce  que  les  deux  feuilles  staminalcs  y  sont  fortement 
connées  Le  pistil  est,  de  même,  (orme  de  deux  feuilles 
trilobées  et  connées  ;  mais  ici  les  lobes  sont  coahscents 
entre  eux  et  les  médians  sont  seuls  fertiles. 

Séance  du  16  mars.  —  Explication  de  la  fleur  des 
Crucifères  d'après  son  anatomie,  O.  Ligxier.  —  Comme 
suite  à  sa  communication  précédente  sur  l'étude  ana- 
tomique  de  la  fleur  des  Fumariées,  M.  Ligxier  adresse 
une  note  analogue  sur  les  Crucifères.  Des  observations 
faites  par  lui  il  résulte  qu'à  l'exception  de  certaines 
particularités  de  structure,  les  verticilles  des  deux  fa- 
milles sont  comparables.  La  fleur  des  Crucifèies  com- 
prend 4  verticilles  de  feuilles  opposées  et  alternes. 
L'auteur  fait  ressortir  en  outre  que  les  glandes  nec- 
taritères  considérées  quelquefois  comme  des  rudiments 
de  pièces  florales  avortées,  ont  une  origine  nettement 
différente  de  celle  des  verticilles  floraux.  En  aucun 
cas,  elles  ne  représentent  des  pièces  de  ces  verticilles  qui 
seraient  avortées. —  Constitution  du  Rliodinol,  P\i.  Bar- 
bier et  L.  Bodveault.  — Les  recherches  poursuivies 
en  vue  de  caractériser  deux  alcools  extraits  l'un  de 
l'essencede  rose  etl'autre  de  l'essence  de  pelargonium 
ont  confirmé  l'opinion  émise  par  les  auteurs  sur  l'iden- 
tité de  ces  deux  alcods.  Ils  répondent  à  la  formule 
ClnH20O  et  on  peut  les  désigner  indistinctement  sous 
le  nom  dcR/.'oi/Wdonnéà  l'alcool  extrait  de  l'essence 
de  rose  par  Eckart. 

Séance  du  23  mars.  —  Sur  la  végétation  dans  une 
atmosphère  viciée  par  la  respiration,  Louis  Maxgin.  — 
A  la  suite  de  ses  recherches  sur  la  composition  du 
sol  dans  les  plantations  des  promenades  de  Paris, 
M.  Louis  Mangin'  a  été  amené  à  étudier  l'influence 
exercée  par  une  atmosphère  enrichie  en  acide  carbo- 
nique, appauvrie  en  oxygène,  sur  la  végétation.  Les 
premières  expériences  ont  été  effectuées  pendant 
l'hiver  sur  des  graines  et  des  tubercules  soumis,  non 
plus  à  une  atmosphère  artificielle,  mais  à  une  atmos- 
phère modifiée  par  la  respiration  même  des  sujets,  à 
l'aide  d'un  dispositif  particulier.  Les  résultats,  absolu- 
ment concordants  pour  les  deux  natures  de  semences, 
ont  démontre  qu'au  momentdu  passage  des  graines  ou 
des  tubercules  de  la  vie  ralentie  à  la  vie  active,  l'ac- 
cumulation de  l'acide  carbonique  et  l'appauvrisse- 
ment en  oxygène  provoqusnt,  toutes  choses  égales  d'ail- 
leurs, une  diminution  de  l'activité  respiratoire.  11  y  a 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


§5 


évidemment,  de  ce  fait,  ralentissement  notable  dans 
la  croissance.  En  outre,  dans  une  atmosphère  viciée,  la 
nature  des  phénomènes  d'oxydation  est  changée,  car 
le  rapport  de  l'acide  carbonique  à  l'oxygène  dts  gaz 
absorbés  ou  dégagés  augmente  chez  les  individus  qui 
séjournent  dans  l'air  enrichi  en  acide  carbonique,  ap- 
pauvri en  oxygène.  Ce  sont  les  graines  oléagineuses 
qui  ont  fourni  les  écarts  les  plus  grands  ;  les  graines 
à  réserve  amylacée,  les  topinambours^  à  réserve  d'i- 
nuline,  fournissent  des  rapports  moins  différents, 
quoique  variant  dans  le  même  sens.  M.  Mangin  se 
propose  d'étendre  ces  recherches  à  un  grand  nombre 
de  plantes,  et  particulièrement  aux  arbres.  —  Sur  les 
débris  végétaux  et  les  roches  des  sondages  de  la  campagne 
du  Caudan  dzns  le  golfe  de  Gascogne,  Bleicher.  —  Un 
dragage  effectué  en  août  1895  à  une  profondeur  de 
950  mètres,  par  fond  de  vase  sableuse,  micacée,  à 
environ  92k1", 500  de  la  côte  des  Landes,  a  fourni  un 
fragment  de  om,  1 3  de  long,  se  rapportant,  selon  toute 
probabilité,  au  genre  Typha.  Avec  cette  tige  s'est  ren- 
contré un  second  fragment  d'une  branche  d'arbre  ap- 
partenant au  genre  Alnus.  —  Sur  l'attribution  du 
^cxri'VERTEBRARiA.  R.  Zeiller..  — Les  Vertebraria, 
type  d'un  genre  de  plantes  fossiles  créé  par  Royle  en 
1839,  ont  été  observés  dans  l'Inde  et  en  Australie,  et 
récemment  par  M.  Zeiller  dans  les  dépôts  permo-tria- 
siques  du  Transvaal.  Sur  tous  ces  points,  ils  sont  as- 
sociés à  de  très  nombreuses  empreintes  de  Glossopteris. 
Grâce  à  un  examen  minutieux  de  divers  fossiles,  l'au- 
teur de  cette  note  affirme  que  les  Vertebraria  ne  sont 
autre  chose  que  les  rhizomes  des  Glossopteris.  Ceux-ci, 
dont  le  port  les  rapproche  des  Okandra,  avaient  donc 
des  rhizomes  ailés  analogues  à  ceux  du  Struthiopteris 
germanica.  Cette  constatation  est  très  importante  pour 
la  connaissance  des  fougères  fossiles  qui  ont  joué  un 
si  grand  rôle  dans  la  flore  de  la  fin  des  temps  pri- 
maires. —  Sur  h  rhodtnal  et  sa  tranformation  en  men- 
thone, Ph.  Barbier  et  L.  Bouvf.ault.  —  L'oxyda- 
tion du  rhodinol  a  donné  un  liquide  bouillant  à  93°- 
9;»sousio  millimètres.  Ce  liquide,  désigné  par  les  au- 
teurs sous  le  nom  de  rhodinol,  possède  une  assez  forte 
odeur  de  menthf,  sa  composition  est  exprimée  par  la 
formule  Cl0H,8O.  De  nouvelles  recherches  ont  démon- 
tré la  présence  de  la  menthone  dans  les  produits 
d'oxydation  du  rhodinol.  Cette  menthone  est  due  à 
une  isomération  du  rhodinal;  MM.  Barbier  et  Bou- 
veault  ont  réussi  à  provoquer  cette  isomération,  ce 
qui  leur  a  permis  de  déterminer  la  vraie  constitution 
du  rhodinol  dont  le  nom  scientifique  sera  diméthyloc- 
ténol.  —  Les  formes  de  conservation  et  d'invasion  du 
parasite  du  black-rot,  A.  Prunet.  —  Jusqu'ici,  il 
était  admis  que  la  propagation  du  champignon  du 
blak-rot  (Carlia  Bidwellii  O.  Kuntze),  est  assurée 
pendant  la  belle  saison,  par  des  pyenides  et  des  sper- 
mogonies,  et  que  sa  conservation  pendant  l'hiver  est 
duc,  pour  la  plus  grande  part,  à  la  persistance  des 
pyenides  ;  en  outre,  des  sclérotes,  formés  sur  les  or- 
ganes envahis,  auraient  aussi  une  utilité  pour  con- 
server le  black-rot  d'une  année  à  l'autre,  en  donnant 
naissance  à  des  périthèce-s  ou  même  à  des  conidies 
externes.  Les  observations  faites  par  M.  Prinet  lui 
ont  démontré  que  les  pyenides  ne  doivent  pas  être 
considérées  comme  des  organes  de  conservation  du 
parasite.  Cette  fonction  est  normalement  dévolue  aux 
sclérotes,  qui  se  montrent  en  nombre  considérable  à 
la  surface  des  organes  black-  rotés  sous  forme  de  pe- 
tites pustules  noires  plus  ou  moins  étroitement  pres- 
sées les  unes  contre  les  autres.  En  outre,  contraire- 
ment à  l'opinion  généralement  admise,  les  périthèces 
peuvent  se  former  de  bonne  heure  et  à  une  tempé- 
rature relativement  basse.  Des  expériences  compara- 
tives, effectuées  en  laboratoire  et  sur  des  grappes 
black-rotées  suspendues  au  jardin  d'expériences  de  la 


Station,  ont  montré  à  M.  Prunet,  d'une  façon  pré- 
cise, que  dans  la  transformation  des  sclérotes  en  pé- 
rithèces, le  facteur  le  plus  important  n'est  pas  la 
température,  mais  l'humidité.  Il  a  été  amené  aussi  à 
constater  ce  lait,  jusqu'ici  ignoré,  que  les  sclérotes 
peuvent  évoluer  en  pyenides  et  même  en  spermogo- 
nies.  Il  résulte  donc  que,  dans  les  conditions  norma- 
les, le  parasite  du  black-rot  ne  se  conserve  pendantl'hi- 
ver  que  sous  forme  de  sclérotes  qui  fournissent  au 
printemps  les  appareils  sporifères  d'invasion.  Ceux-ci 
peuvent  être  non  seulement  des  conidiophores  ou 
des  périthèces,  mais  encore  des  pyenides  ou  des  sper- 
mogonies,  et  c'est  sans  doute  aux  pyenides  ou  aux 
périthèces  que  sont  dues  les  spores  d'invasion.  La 
destruction  des  sclérotes  est  donc  très  importante,  et, 
de  ce  fait,  l'incinération  des  grappes  black-rotées  doit 
être  le  complément  de  toute  méthode  rationnelle  du 
traitement  du  black-rot.  —  Sur  deux  nouvelles  bacté- 
riacèes  de  la  pomme  de  terre,  E.  Roze.  —  A  la  séance 
du  2  mars,  l'auteur  a  déjà  signalé  la  présence  d'une 
bactérie  parasite  le  OtCicrococctts  itnperatoris  ayant  dé- 
terminé une  altération  spéciale  de  la  pomme  de  terre 
Ricbter's  Imper ator .  La  méthode  de  culture  qu'il  a 
suivie  pour  reconnaître  l'habitat  de  cette  bactérie  l'a 
amené  à  constater,  dans  les  tubercules  de  la  même 
variété,  une  nouvelle  espèce  de  Micrococcus  absolu- 
ment distinct  du  premier,  de  forme  sphérique,  et  d'à 
peine  I  !i  de  diamètre,  et  auquel  il  a  donné  le 
nom  de  V\C.  ftavidus,  en  raison  de  la  couleur  jaunâtre 
des  colonies  qu'il  forme.  Il  le  considère  comme  pou- 
vant être  la  cause  d'une  autre  maladie  de  Yhnperator, 
certainement  plus  rare,  car  dans  tous  ses  essais  de  cul- 
ture il  n'a  obtenu  cette  bactérie  que  sur  un  seul  tu- 
bercule. Une  seconde  espèce  du  même  genre  a  été 
trouvée  sur  des  tubercules  avariés  de  diverses  varié- 
tés de  pommes  de  terre,  la  Violette  grosse,  la  Blatte 
RJesen,  la  Clarine,  la  Hillntr  frithe  Kartoffel  et  sur- 
tout la  Victor.  Les  tubercules  de  ces  pommes  de 
terre  étaient  attaqués  par  la  maladie  anciennement 
connue  sous  le  nom  de  gangrène  sèche,  attribuable  à 
une  mucédinée,  le  Fusisporiani  Solani.  C'est  dans  le 
mycélium  de  ce  dernier  champignon  parasite  qu'ont 
été  constatées  des  colonies  blanchâtres  d'un  micrococ- 
cus  sphérique,  extrêmement  petit,  n'ayant  environ 
que  2  3  a  de  diamètre,  que  M.  Roze  propose  de  nom- 
mer M.  albidtis.  Il  le  considère  comme  devant  pré- 
céder, dans  les  tubercules,  l'invasion  de  mucédinées 
dont  il  faciliterait  la  pénétration  par  le  ramollissement 
des  tissus.  L'auteur  a  été  amené  aussi  à  constater  la 
grande  influence,  non  seulement  de  l'air  humide, 
mais  aussi  de  l'eau  elle-même  sur  la  propagation  de 
ce  Micrococcus  Ce  fait,  dit-il,  donne  à  penser  que 
la  conservation  des  pommes  déterre,  pendant  l'hiver, 
exige  des  milieux  aussi  peu  humides  que  possible,  si 
toutefois  elle  ne  sont  pas  elles-mêmes  déjà  préalable- 
ment contaminées  dans  le  sol  des  cultures  par  ces 
Miciococcus. 

Séance  du  30  mars.  —  Sur  le  citronnellal  et  son  iso- 
mèrie  avec  le  rhodinal,  Ph.  Barbier  et  L.  Bouveault. 
—  L  essence  de  citronnelle  {Andropogon  nardus)  con- 
tient une  aldéhyde  connue  sous  le  nom  de  citronnel- 
lone  et  répondant  à  la  formule  C'OH'SO.  Un  com- 
posé identique  a  été  découvert  dans  l'essence  de  mé- 
lisse allemande  par  Semmler  qui  a  fait  voir  que  ces 
deux  produits  étaient  constitués  par  une  aldéhyde  à 
laquelle  il  a  donné  le  nom  de  citronnellal.  Elle  se 
retrouve  également  dans  l'essence  de  l'Eucalyptus  ma- 
culata,  var.  citriodora.  Les  recherches  faites  par  les 
auteurs  démontrent  que  le  rhodinal  est  différent  du 
citronnellal . 


86 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


Société  de  biologie. 
Séance  du  21  mars.  —  Actions  successives  d'un  fer- 
ment soluble  hydratant  et  d'un  jument  soluble  oxydant. 
Em.  Bol'rqu'elot.  —  L'auteur  recherche  comment 
se  forme  l'aldéhyde  salicylique  par  l'action  combinée 
des  ferments  oxydants  et  hydratants  sur  une  solution 
étendue  de  salici'ne  (glucoside  de  l'alcool  salicylique). 
Dans  une  première  phase,  la  salicine  est  dédou 
en  glucose  et  alcool  salicylique;  dans  une  seconde, 
sous  l'influence  du  ferment  oxydant,  il  absorbe  l'oxygène 
del'airet  donne  l'acide  salicylique.  M.  Bourquelot  pense 
qu'une  réaction  analogue  se  produit  chez  la  5 
Ulmaria.  On  a  signalé,  en  effet,  la  présence  de 
la  salicine  dans  la  racine  de  cette  plante  et  l'on 
sait  que  ses  fleurs  doivent  leur  odeur  à  Valdéhyde 
salicylique.  —  Sur  la  présence  dans  le  Monotropa 
ythis  d'un  glucoside,  et  sur  le  ferment  soluble  de  ce 
glucoside.  Em.  Bourquelot.  —  A  la  suite  de  ses 
recherches  sur  la  composition  de  l'écorce  de  Betula 
fe»/a,"écorce  officinale  dans  la  pharmacopée  des  Etats- 
Unis.  Procter  signalait  en  1844  dans  The  An: 
journal  of  Pharmacy,  l'existence  dans  cette  ùcorce  d'un 
glucoside  de  l'éther  méthylsalicylique,  qu'il  a  appelé 
aaullhèrine,  et  d'un  ferment  soluble  de  ce  glucoside. 
Les  recherches  faites  par  M.  Bourquelot  sur  l'éther 
méthylsalicylique  retiré  du  Monotropa  hypopythi s  lui  ont 
montré  que"  cet  éther  prend  naissance  dans  le  végétal 
sous  l'action  d'un  ferment  soluble  sur  le  glucoside  de 
cet  éther.  Il  a,  en  outre,  constaté,  dans  les  racines  de 
Spirea  ulmaria,  S.  filipendula,  S.  salicifolia,  Polygala  se 
ne\a  et  l'écorce  du  Betula  lenta,  un  ferment  hydro- 
lysant  duglucosidedu  .Monotropa.  Ces  faits  laisseraient 
supposer  que  ce  glucoside  est  identique  à  la  gaulthé- 
rine  de  Procter. 


Revue  des  Revues . 

Cosmos  (n»  579).  — L-\<  maladies  à 
dans  les  cultures  industrielles  du  Midi,  A.Larbalëtrier; 
—  Depuis  quelques  années,  la  violette,  cultivée  en  grand 
dans  le  Midi  pour  les  usager  de  la  parfumerie,  subit 
une  décroissance  dans  sa  production,  due  aux  attaques 
d'un  champignon  parasite,  le  Phyllosticla  viola,  de  la 
famille  des  Sphéroïdes.  La  maladie  débute  parmi 
petit  point  blanc  cerclé  de  noir,  qui  s'étend  en  tache, 
laquelle  se  dessèche  à  l'intérieur;  le  tissu  s'altère  plus 
ou  moins  profondément,  et  quelquefois  si  complète- 
ment qu'à  la  place  occupée  par  le  parasite  apparaît  un 
trou  circulaire  ;  les  trous  deviennent  confluents,  et  la 
feuille  est  bientôt  entièrement  rongée.  Le  traitement 
à  appliquer  au  mal  n'est  pas  encore  bien  établi  ;  d'après 
les  recherche!  de  M.  L  Belle,  les  composés  cuivri- 
ques  seraient  les  plus  efficaces.  Un  petit  ac.trien  nuit 
aussi  considérablement  aux  violettes  :  c'est  le  Tétra- 
nique,  dont  les  piqûres  altèrent  les  feuilles  et.  par  suite, 
arrêtent  l'évolution  normale  des  fleurs.  Contre  cet 
aranéide,  M.  B  lle  conseille  l'emploi  d'uninsectici  ie 
composé  de  3  kilogrammes  de  savon  noir  dur,  3  Kilo- 
grammes i  :  94  litres  d'eau,  à  projeter  au  pul- 
vérisateur; combiner  ce  remède  avec  l'incinération 
des  feuilles  sur  lesquelles  se  trouvent  déposés  les 
œufs  des  Tétranyques. 

Le  Naturaliste  (1$  mars  1896).  Le  Rafflesia, 
P.  Hariot.  —  Lamiellée.  H.  Coupin  -  (i"r  avril).  — 
Déboisement  et  décadence,  F.  Regnault.  —  Le  déboise- 
ment, au  début  rapidement  opéré  par  l'incendie,  a 
d'abord  constitué  une  œuvre  civilisatrice  :  car  les  cul- 
tures ne  peuvent  progresser  que  par  le  recul  de  la 
forêt.  Mais  cette  destruction    des   arbres,  entreprise 


en  faveur  de  la  civilisation,  menace  aujourd'hui  la 
civilisation  elle-même.  L'arbre  prend  sa  revanche,  car 
là  où  il  ne  croît  plus,  l'homme  s'efface.  Les  bois  jouent 
e  imp  irtant  dans  le  climat  et  la  météorologie 
d'une  contrée:  ils  tamisent  l'eau  des  pluies,  et  la  res- 
tituent à  l'atmosphère  et  au  ruisseau  ;  de  plus,  la  fraî- 
cheur qui  règne  constamment  sous  le  couvert  y  dé- 
termine un  abaissement  delà  température,  lequel  pro- 
voque la  condensation  et  la  précipitation  de  la  va- 
peur d'eau  en  suspension  dans  l'air.  Le  nuage  qui 
reste  intact  au-dessus  du  sol  brûlé  par  le  soleil  crève 
en  une  bienfaisante  averse  quand  il  passe  sur  la  torèt. 
La  plaine  s'alimente  des  rivières  qui  descendent  des 
montagnes  boisées,  et  sa  fécondité  s'en  va,  à  mesure 
que  le°déboisement  des  sommets  tarit  Ips  torrents 
qui  y  prennent  leur  origine.  De  grandes  nations  sont 
mortes  pour  n'avoir  pas  respecté  les  forêts  :  car 
l'homme  ne  peut  pas  vivre  où  la  terre  est  stérile  ; 
pour  n'en  c  ter  qu'un  exemple,  l'Espagne,  en  détrui- 
sant ses  forêts,  a  tari  ses  eaux  et  du  même  coup  toute 
sa  puissance.  L'Ebre,  navigable  sous  Vespasien  depuis 
Varia  jusqu'à  Logrono,  ne  l'était  plus,  au  commen- 
cement du  xviic  siècle,  que  jusqu'à  Tortose.  Le  Man- 
zanarès  est  aujourd'hui  à  sec  près  de  Madrid,  en  temps 
ordinaire.  En  Aragon,  on  fait  du  mortier  avec  du  vin, 
moins  précieux  que  l'eau.  La  densité  de  la  population 
.oie  correspond  exactement  à  la  carte  hydrogra- 
phique. Le  déboisement  entraîne  la  dépopulation, 
l'appauvrissement  du  sol,  l'anémie  physique  et  la  dé- 
chéance intellectuelle.  Respectons  les  forêts.  — La 
les,  E.  Benderitter.  La 
violette  est  attaquée  par  des  champignons  et  par  des 
insectes.  Les  premiers  sont  :  Puccinta  viole,  P.  agra, 
P.  Fergussoni,  Urocystis  viole,  Peronospora  viole;  les 
seconds  :  Cecidomyia  affinis  et  C.  viola.  Les  insectes 
qui  vivent  aux  dépens  le  la  violette  sans  y  produire, 
demme  les  Cécidomyies,  des  galloïdes,  sont  YOrobitis 
cyaneus.  L..  coléoptère  curculionide,  et  les  chenilles 
de  nombreux  Lépidoptères  appartenant  aux  genres 
Argynnis,   Melilaa,  Emydia,  Spih  orna,   Agrotis,    Tri- 

t  isiis,  Uabrynthis,  Hadena.  —  Le  M 
deliciosa.  —  /.«  Darlingtonia  california,  P.  Hariot. 
Cette  plante  à  ascidie  a  été  découverte  en  1842  par 
le  botaniste  américain  Brackenridge,  dans  un  marais 
appartenant  à  une  petite  colonie  du  Haut-Sacrameuto. 
Sur  le  rhizome  de  cette  plante  singulière  naissent  des 
feuilles  qui  peuvent  atteindre  jusqu'à  50  centimètres 
de  hauteur;  les  pétioles  sont  creux,  forment  ascidie, 
rétrécis  en  bas  et  tordus  sur  leur  axe;  l'urne,  formée 
par  le  pétiole  creusé  à  son  sommet,  forme  un  sac  à 
la  base  duquel  se  trouve  une  ouverture;  l'opercule  est 
divisé  en  deux  lobes  étroits,  divergents;  la  face  interne 
du  sac  est  recouverte  de  poils  coniques,  disposés  à 
rebours;  ces  poils  sont  destinés  à  empêcher  l'évasion 
des  insectes  qui  pénètrent  dans  l'ascidie. 

Journal  de  botanique  (16  lévrier  1896).  — 
Note  sur  le  Strepsithalia,  nouveau  genre  Je  r:-ee>sporce, 
C.  SauvaGEAO.  Voici  les  caractères  dictinctifs  de  ce 
oenre  :  Slrepsithalia  Bornet.  Thailus  macuiiformis 
endophyticus,  e  filis  articulatis  monosiphoniis  muco 
crelatinoso  vaginatis  formatus.  Fila  primaria  horizon- 
talia  incremento  indefinito  inter  cellulas  plants  111.1- 
tricalis  excurrentia,  ramosa,  hinc  inde  fila  secundana 
erecta  delinita,  clavata  vel  cylindrica,  simplicia  aut 
basi  bis  terve  furcata,  in  pulvinulos  minutos  densos 
conTegata,  emittentia.  Pili  ad  modum  Phaeosporea- 
rum'eonfeeti  e  filis  repentibus  et  a  basi  filorum  verti- 
calium  provenientes.  Sporangia  utriusque  generis  e 
cellulis  inferiorum  filorum  nascentia  ;  unilocularia 
ovoida  vel  pyriformia;  plurilocularia  filiformia,  cylin- 
drica, loculis  uniseriatis.  —  (i«  mars  1896).  —Note 
sur  une  nouvelle  espèce  de  Prototremella  Pat.,  Boudier. 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


§7 


Voici  les  caractères  de  cette  nouvelle  espèce,  trouvée 
à  Saint-Denis  parmi  des  immondicesde  cette  ville  :  Ré- 
ceptacle membraneux,  blanchâtre,  étalé. épais  d'envi- 
ron omm, s,  formant  Jes  taches  irrégulières  larges  de 
2  à  8  centimètres,  à  marge  très  faiblement  byssoïde; 
hymenium  céracé,  glaucêscents,  prismeux- blanchâtre. 
Basides  courtes,  fermées  par  le  sommet  renflé  des 
filaments;  stérigmates  4,  ovoïdes,  puis  coniques-épais 
et  finalement  allongés,  flexueux,  plus  ou  moins  atté- 
nués au  sommet,  monospores.  Spores  grandes  pour 
le  genre,  fusiformes  ou  souvent  flexueuses,  incolores, 
aiguës  à  leurs  deux  extrémités,  longues  de  20-28  n, 
larges  de  5-8.  —  Lichens  d'  Aix-les-Rains  (suite),  Hue. 
—  (:6  mars  1896).  —  Les  propositions  viennoises  de 
nomenclature  commentées  par  M.  Roscoe  Pound  (trad. 
Otto  Kuntze). 

La  Feuille  des  jeunes  naturalistes  (icl'  mars 
1896).  —  Plantes  adventices.  Observations  faites  dans 
l'Est  en  jS6j,  Maire. 

Bulletin  de  lHerbier  Boissier  (février 
1896).  —  Les  forêts  de  la  Transcaucasie  occidentale, 
N.  Alboff.  —  Monographie  des  Calosphaer ièes  de  la 
Suisse,  A.  JaczEwski  Ges  Pyrénomycètes,  voisins  des 
Massariées,  offrent  pour  caractèresdes  péri  thèces  infères 
disposés  en  groupes  circulaires  ou  épars,  à  ostiole  en 
rostre  cylindrique,  plus  rarement  papilliforme,  et  des 
asques  entourés  de  paraphyses.  Ils  comprennent  les 
genres  Calosphacria  Tulasne,  à  spores  cylindriques, 
arquées,  et  Robesgea  Demazières  (jt.  nnica  Dem.,  sur 
les  branches  mortes).  Calosphaeria  renferme  en  Suisse 
les  espèces  suivantes  :  i°  Asques  polyspores  ;  ostiole 
rostriiorme  :  C.  dbvallala  Otth.  ;  asques  polyspores; 
ostiole  papilliforme  :  C.  gregaria  Nitschke,  sur  les 
arbres  à  feuilles  caduques,  C.  occulta  Otth.  ;  sur  les 
Abies;  2°  Asques  8spores,  en  touffe  sur  un  pédicelle 
rameux  :  C.  minima  Teil.  ;  asques  Sspores,  isolés  ; 
périthèces  ayant  à  la  base  un  terneutum  brun  épais  : 
G.  Friesii  Jacz.  ;  périthèces  sans  terneutum  :  C.  prin- 
ceps  Tul.  ;  sur  Prunus;  C.  dryina  Nitschke,  sur  Quer- 
cus  ;  C.  pusilla  Karsten,  sur  Betula  ;  C.  corylina 
Nitschke,  sur  Corylus.  —  Analecta  australiensia,  qua 
exponit  Dr  J.  Muller. 

La  Notarisia  (-| 4).  —  Notes  algologiques ,  de 

Wildeman.  —  Matériaux  pour  la  flore  algologique  du 
département  de  la  Meuse,  de  Wildeman. 

La  Revue  ariégeoisa  (nos  3-4).  Une  excursion 
au  Mont-Valier,  H.  Marcailhou  d'Aymeric  —  (nos  6). 
Montcalm  et  pied' Estais,  H.  Marcailhou  dAymeric. 
Nous  relevons,  dans  la  flore  de  cette  montagne,  les 
Epilobicés  suivantes  :  de  700  à  1000  mètres,  E.  pa- 
lustre L.  ;  de  1700  à  1900  mètres,  E.  collinum  Guel.  ; 
E.  origanijolium  Lucke  ;  de  1500  à  2800  mètres, 
E  alpinum  L. 

Bulletin  delà  Société  botanique  de  France 

(janv.  et  févr.  1896).  —  Truffe  (Terfas)  de  Chypre,  de 
Luyme  et  de  la  Colle,  Ad.  Chatin.  —  Sur  quelques 
chênes  hybrides  observés  aux  environs  d'Angers,  F.  Hy  . 
Voici  le  tableau  analytique  qui  permet  d'arriver  à 
la  connaissance  de  ces  chênes  hybrides  et  des  espèces 
au  croisement  desquels  ils  sont  dus  : 

I.  Ecailles  supérieures  de  la  cupule  à  pointe  longue- 
ment ligulée  et  saillante. 

A.  Ecailles  toutes  longuement  ligulées  ;  feuilles 
recouvertes  sur  les  deux  faces  de  poils  étoiles. 
—   Toxp.. 

B.  Ecailles  inégales;  feuilles  glabesceutes  au 
moins  sur  la  page  supérieure. 

1.  Pédoncule  fructifère  court.  —  +  O.  Gue- 
rangeri. 

2.  Pédoncule  fructifère  alongé;  pétiole  court. 
h  Q-  Rechini. 


II.  Ecailles  supérieures  de  la  cupule  brièvement  li- 
gulées ou  triangulaires,  peu  où  pas  saillantes. 

A.  Feuilles  couvertes  sur  les  deux  faces  de  longs 
poils  étoiles. 

1.  Pétiole  allongé  ;   pédoncule  court. 1- 

O.  Trabuti . 

2.  Pétiole  court;  pédoncule  allongé. 1- 

Q.  ande\avensis . 

B.  Feuilles  glabres  où  poilues  en  dessous  le  long 
des  nervures,   ou  très  finement  velues  sur   la 

surface  inférieure  du  limbe. 

1.  Pétioles  au  moins  aussi  longs  que  les  pé- 
doncules fructilères  courts.  —  O.  sessili- 
flora. 

2.  Pétioles  et  pédoncules  courts.  —  Q.  Bos- 
sebovii . 

3.  Pétioles  et  pédoncules  allongés.  —  O.  Al- 
lardi. 

4.  Pétioles  courts  ;  pédoncules  allongés.  — 
Q.  pedunculata. 

Nouvelles  additions  à  la  flore  d' ^Auvergne,  Ibëraud  J. 

—  L'épanouissement  de  la  fleur  de  TOnothera  suaveoleus 
Des/.,  E.  Roze.  A  l'inverse  d'un  très  grand  nombre 
de  plantes,  dont  les  fleurs  s'ouvrent  trop  lentement 
pour  qu'il  soit  possible  de  suivre  le  phénomène  dans 
tous  ses  détails,  la  fleur  de  cette  Onothéracée  s'épa- 
nouit avec  une  rapidité  remarquable.  Cet  épanouisse- 
ment se  fait  le  soir,  les  fleurs  ne  restant  ouvertes  que 
pendant  la  nuit  et  une  partie  de  la  journée  suivante, 
pour  se  flétrir  après  cet  éphémère  existence;  il  est  pré- 
paré par  la  déhiscence  longitudinale  des  segments  du 
calice,  qui  s'écartent  l'un  de  l'autre  à  partir  de  leur 
base,  et  ne  restent  réunis  que  par  leurs  muerons  api- 
caux;  sous  la  pression  intense  ue  la  corolle,  ce  dernier 
obstacle  cède,  les  pétales  se  déroulent,  et  les  segments 
du  calice  se  rabattent  rapidement  sur  le  tube.  M.  Roze 
a  imaginé  quelques' expériences  dans  le  but  de  recher- 
cher la  cause  et  la  rapidité  de  ce  phénomène.  L'in- 
fluence de  l'anneau  glanduleux  qui  rétrécit  la  gorge  du 
calice,  et  sur  lequel  s'insèrent  les  pétales,  lui  a  paru 
très  peu  importante  ;  en  effet,  des  lésions  pratiquées 
dans  son  épaisseur  n'amènent  dans  l'épanouissement 
des  segments  calicinaux  qu'un  retard  insignifiant.  Au 
contraire,  les  deux  causes  en  action  dans  le  phéno- 
mène paraissent  être,  d'un  côté,  la  chaleur  du  jour, 
agissant  plus  ou  moins  selon  la  durée  de  l'action  so- 
laire, et  d'un  autre,  l'humidité  atmosphérique,  provo- 
quant concurrement  la  turgescence  des  tissus  corol- 
laires et  par  suite  l'épanouissement  de  la  fleur.  Les 
observations  pe  sonnelles  de  M.  Léveillé,  notre  émi- 
nent  directeur,  l'autorisent  à  penser  que  la  rapidité 
plus  ou  moins  grande  de  l'épanouissement  de  la  fleur 
d'Onothera  suaveoleus  tient  aux  variations  plus  ou  moins 
grandes  de  l'état  hygrométrique  de  l'air  au  moment 
du  crépuscule,  et  aux  variations  de  température  à  ce 
même  moment  par  rapport  à  la  température  diurne. 

—  Nouvelles  recherches  sur  la  formation  du  bois  parfait, 
E.  Mer.  —  Espèces  ou  localités  nouvelles  pour  le  dépar- 
tement de  la  Nièvre,  F.  Gagnepain.  Nous  relevons  dans 
cette  liste  :  Epitobium  spicatum,  E.  palustre,  Onolhera 
muricata,  O.  parviflorj,  Ismardia  palustris .  —  Recher- 
ches sur  la  division  du  noyau  cellulaire  che%  les  végétaux, 
Ch.  Degagny. 


Bibliographie. 


Catalogue  des  Amélides  de  Saint- Vaast- 
la-Hougue,  P.  Fauvel. 


88 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


Note  sur  les  Crucifères  et  les  arbresexoti- 
ques  cultivés  à  Bagnoles-de  l'Ornes,  A.-L. 
LETACQ.  Les  crucifères  cultivés  au  Parc  de  la  Madeleine 
sont  :  Juniperus  commuais  L.  :  J.  virginiana  L.;  China 
occidentalis  L. ,  T.  a  Nutt    ;Retino  spora    quanosa 

.  Taxoàiun  Rich.  ;  Cryptomeriajabonica 

Don.  ;  C.  eh  'ans  Veitch.  ;  Séquoia  sempervirens  Eudl.  ; 
Wellinglonia  gigantea  Lindl  ;  Cunninghamia  sinensis 
R.  Br.;  Tsuçacanadensis  Carr.  ;Abies  balsatnea  Mill.  ; 
Abies grandis  Lindl.  ;  .i.  rcoW/ù  Lindl.  ;  .4  pecturata 
DC*  A.  Pinsapo  Bois.;  /"/c'a  a/ta  var.  caeruUa 
Carr.',  P.  »4"'J  Link  ;  P.  oricutalis  Carr.  ;  P.  .'.wlsi 
Link  ;  P.  morinda  Link:  /.nr/.v  europaa  DC.  ;  CeàViU 
Libani  Barr. ;  Pmh«  Cembra  L.;  Pj»ks  Strobus  L. ; 
P.  exce&a  Wall.  ;  P.  P«i«  Griseb.  ;  P.  Pinaster  Sol.  : 
P.  sylvestris  L.  ;  P.  LarJwo  Poir.  ;  P.  austrica  Hon.; 
Araucaria  imbricata  Par.:  Cephalotaxus  pedunculata 
Sieb.;  C.  drupaxa  Sieb.  ;  7*a.vi«  Jaoata  L. 

Report  in  dairying  in  Australia,  A.-C. 
Mac  Donald. 

Suites  au  Prodromus.  T.  IX.  Bromeliaxae 
Carolo  Mez. 

Une  nouvelle  espèce  dOxytropis,  O 
Foucaudi,  X.  Gellot.  Voici  les  caractères  de  cette 
nouvelle  espèce  :  Humilis,  caespihosa,  villoso-serica, 
pilis  longioribus  albo-lanatis,  et  in  summo  pedun- 
culo,  calicibus  leguminibusque  pube  nigra  vestita  ; 
foliis  9-15  jugis,  foliolis  approminatis,  oblongo-lameola- 
tis,  subacutis;  stipulis,  infinie  petiolo  aduatis,  parte 
libéra  lait  lanceolatis,  subacutis,  neryoso-sariosîs  ;  pedun- 
culis  folio  paululum  superantibus,  pauciûoris,  racemo 
ovato-globoso,  2-6lloro;  bracteis  lanceolatis,  calice 
brevioribus  ;  calice  tubuloso,  demum  legumine  rupto, 
dentibus  lanceolato-luicaribus,  tuba  quadruple*  breviori- 
bus; floribus  violaces-c<rruleis,  vereillo  ovato-oblongo 
emarginato,  aiis  obovatis  inaqualiter  bilobatis,  cariua 
suboblusa,  muteeœ;  leguminibus  erectis,  subpedicellatis, 
sed  in  calice  dextitutis  carp.phoro,  inflatis,  ovato- 
oblongis,  oblique  et  arcuatim  acuminaiis,  sutura  infe- 
riore  sulcata,  intus  semibilocularibus  ;  seminibus  subor- 
biculato-reniformis  nigro-olivaceis.  —  2;  juillet-août. 
Pyrénées. 

Y  a  t-il  antagonisme  entre  <  la  greffe»  et  la 
h  régénération  »  ?.  Alfred  Giard.  —  A  cette  ques- 
tion. M.  Y.  Delage  répond  :  oui.  «  Un  Lombric,  une 
Planaire,  dit-il,  n'acceptent  pas  la  greffe  d'un  mor- 
ceau détaché,  ni  même  d'ordinaire  la  simple  cicatri- 
sation d'une  incision.  De  nombreuses  expériences 
m'ont  appris  qu'il  y  a  antagonisme  entre  la  greffe  et 
la  régénération  ;  les  cellu'es  de  la  plaie  refusent  de 
se  souder,  pour  qu'elles  peuvent  faire  autre  chose  de 
mieux,  régénérer  ce  qui  manque  ;  par  contre,  la  greffe 
est  particulièrement  aisée  là  où  l'aptitude  à  la  régéné- 
ration fait  défaut.  Les  végétaux,  en  sont  un  exemple.  » 
M.  Giard  n'adopte  pas  cette  manière  de  voir  : 
«  Toutes  ces  expériences  personnelles,  toutes  celles 
tentées  récemment  par  divers  biologistes  me  semblent 
démontrer  au  contraire  que  la  greffe  s'opère  sans  dif- 
ficulté chez  des  animaux  dont  le  pouvoir  régénateur 
est  très  développé.  Et  ce  n'est  pas  seulement  le 
simple  raccord  d'un  morceau  détaché  qu'on  peut  réa- 
liser, mais  on  peut  obtenir  plus  ou  moins  facilement 
plusieurs  combinaisons  autoplastiques,  homoplasti- 
ques  ou  même  hétéroplastiques.  »  La  greffe  autoplas- 
tique est  la  soudure  d'une  partie  empruntée  à  un 
cire  vivant  sur  cet  être  lui-même;  si  la  greffe  et  le 
sujet  appartiennent  à  des  individus  de  la  même  es- 
pèce, la  greffe  est  homoplastique  ;  si  la  partie  greffée 
est  empruntée  à  une  autre  espèce  que  le  sujet,  la 
greffe  est  hétéroplastique.  Les  greffes  artificielles 
s'obtiennent  très  facilement  chez  les  Synascidies,  qui 


sont  cependant  douées  d'un  pouvoir  régénérateur 
très  actif.  «  En  opérant  sur  le  Lombric,  chez  lequel 
M.  Delage  déclare  n'avoir  pu  obtenir  le  greffe  d'un 
morceau  détaché  ni  même  la  simple  cicatrisation  d'une 
incisive,  deux  élèves  de  Korschelt,  H.  Rievel  et 
E.  Joest  ont  obtenu  non  seulement  les  greffes  auto- 
plastiques et  homoplastiques  les  plus  variées  (soudure 
normale,  intercalation  d'un  fragment  renversé,  sou- 
dure de  deux  extrémités  de  même  nom),  mais  ils  ont 
même  pu  réaliser  la  greffe  hétéroplastique  de  deux 
espèces  différentes  (Lumbrieiis  commuais  et  L.  rubellus, 
par  exemple.  »  Quant  à  l'argument  qui  présenterait 
la  facilité  de  la  greffe  chez  les  végétaux  comme  corré- 
lative de  leur  résistance  à  la  régénération,  il  n'est  pas 
complètement  exact.  La  régénération  est  rendue  dif- 
ficile dans  la  série  végétale  par  l'impossibilité  où  sont 
les  cellules  complètement  évoluées  de  revenir  à  l'état 
embryonnaire,  et  en  outre  par  l'absence  d'éléments 
cellulaires  migrateurs.  Elle  n'y  est  pas  cependant  in- 
connue. Les  filaments  des  Spirogyra  qui  se  greffent 
constamment  par  la  conjugaison  sont  très  capables  de 
régénérer  les  cellules  amputées.  Certaines  Floridées 
offrent  même  un  processus  qui  tient  à  la  fois  de  la 
greffe  et  de  la  régénération.  Quand  les  filaments  de 
Grijfithsia  selarcea  ont  reçu  une  blessure,  leurs  cellules 
s'altèrent  et  périssent  sur  une  certaine  étendue. 
Considérons  un  filament  dont  la  partie  basilaire  et  la 
partie  terminale  restées  saines  sont  ainsi  séparées  par 
une  partie  médiane,  réduite  au  cylindre  exierne  de 
cellulose.  On  voit  que  la  cellule  d'istale  de  la  portion 
basilaire  et  la  cellule  puximal  de  la  partie  terminale 
ne  tardent  pas  à  proliférer  et  régénèrent  de  chaque 
côté  deux  régions  vivantes  terminées  par  des  ménis- 
ques convexes  qui  vont  à  la  rencontre  l'une  de  l'autre 
et  finissent  par  se  souder.  » 

Illustrationes  plantarum  Europae  rario- 
rum,  auctoreG.  Rouy.  fasc.  IV,  planches  LXXYI-C. 
L'éloge  de  cette  magnifique  et  monumentale  publica- 
tion n'est  plus  à  faire.  Nous  nous  bornerons  donc  à 
donner  la  liste  des  espèces  qui  y  sont  figurées. 

Ranuncuhis  aconit oides  DC;  Hcllebrorue  cyclopliyllus 
Boiss  ;  chelidanium  majus  var.  jumarifoHum  DC  Bouy 
et  Foucaud;  Pelrocaptis  crassifolia  Rouy;  silène  bra- 
chypoda  Rouy;  Onouis pyrenaica  Willk.  et  Casta;  Geum 
Billietii  Gillot  ;  Rosa  alpicola  Rouy;  Colladiona  Frique- 
tra  DC;  Artemisia  crithmifolia  L.  !  (A.  Gayana  Bes- 
ser);  Centaurea  kerueriana  Janka;  Hieracium  bamby- 
cinum  Boiss.  et  Reut.  ;  Trepis  cœspitosa  G.  et  G.  ; 
Scoxpncra  atigustifolia  L  !  Hymenonema  laconicum  Boiss.  ; 
Pinguicula  hngifotta  Ram.  ;  Convalvulus  valcntinus 
Cav.  ;  Cclsia  cyllenea  Boiss.  et  Heldr.  ;  Phelip.ce schult^ii 
Walp. ;  Kochia  saxicola  Gussi.,  Frotellaria  rhodocauakis 
Orph.;  Iris  sintenisii  Janka;  Potamogelon  subfiavus 
Lor.  et  Barr;  Hierochloa  patteiflora  R.  Br.  scolopendrium 
lobatum  Rouy  (5.  vulgan  asplenium  mariuum). 

Nous  ne  pouvons  qu'engager  nos  amis  à  souscrire 
à  ce  beau  travail.  Nous  leur  servirons  volontiers. 


Mouvement  de  l'Herbier. 

De  M.  J.-B.  Barla,  de  Nice,  un  envoi  de  plantesde 
cette  région  dont  nous  lui  sommes  fort  reconnais- 
sants. 


Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes  », 
H.  LÉ  VEILLÉ 


phie         Honnoyer. 


PETITE  FLORE  DE  LA  MAYENNE 

Renfermant  l'analyse  et  la  description  des  plantes  vasculaires 

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1  Volume  in-12  de  252  pages 5  francs 

LE  MONDE   DES  PLANTES 


TARIF  DES  ANNONCES  : 


A  V Année: 

La  page 100  fr. 

Demi-page 50 

Quart  de  page 30 

Huitième  de  page 15 

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Au  Semestre: 
La  moitié  des  prix  précédents  augmentés 
de  10  0/0. 


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3 

2 

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'<"  Année  (2e  Série) 


N°  79 


1er  Juin  1896 


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DES 


PLANTES 


Revue  Internationale  illustrée 


DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


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«  Tïenedicitt    universa   germinantia    in    terra 
t  Domino.  » 

Dan.,  ch.  m. 


Directeur  :    HT    EEVEIJLEE 
Rédacteur  en  chef  :   A.   ACLOQUE 


SOMMAIRE    DU    N»    79 

La  greffe  depuis  l'antiquité  jusqu'à  no;  jours,  L.  Daniel.  —  Académie  internationale  de 
Géographie   botanique.  —  Viola  timlcurata,   H.  L.  —  Curieuse    suppléance.  —   Les 
|         Onothéracées  japonaises.  H.    Léveillé.  —  Recherches  sur  les  Epilobes  de  France  par 
M.   Paul   Parraentier.  D'  Tt.   Gillot.  —  Bibliographie.  —Informations.  —Mouve- 
ment de  la  Bibliothèque. 


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Imprimerie  Ed.  MONNOYER,  Place  des   Jacobins,    12 


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i"   Janvier  de  chaque  année. 


Toute   personne  qui  ne    se    désabonnera  pas 
sera    considérée    comme   réabonnée. 


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J.-B.  Baillière  et  Pils,  19,  me  Hautefeuille, 
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scientifique,  2:!,  me  Racine. 

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LE     MONDE     DES     PLANTES 


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CORREVON    H. 

DANIEL  L. 

DEBEAUX  0. 

DESCHAMPS  Ém. 

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Est    publié    avec  la   Collaboration    de 


GAPËCEAU  l'vi. 

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HISINGEB    (Baron  Ed.) 

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OLIVIER    Ern. 
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WHEELÈR  C.  F. 


Tout  ce  qui  concerne  la  Direction  doit  être  adressé  à  M.  If.  Lkvkiué,  loi,  rue  de  Flore,  Le  Mans  Sari 
France  ;  —  el  ce  qui  cencei  ne  la  Rédaction,  à  M.  A.  Acioqi  i..  a  A  ux-i-fe- Château    Pas-de-Calais)  France. 

Adresser  les  demande:  ments  el  mandats  â   M.  Bonnoyer,  Imprimeur-Éditeur,  \-2.  place  des  .lacobl 

Le  Mans  (Sarlhe)  France.  Il  n'i  si  pas  envoyé  de  numéro  spécimen  gratuit. 

Les  abonnés  à  l'étranger  sont  instamment  priés  de  faire  parvenir  le  montant  de  leur  abonnement  en  mandats 

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d'Escompte,  au  Crédit  Lyonnais,  à  la  Société  générale. 

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longtemps  <i'"'  les  abonnements  procurés  seronl  renouvelés. 

Eii  1901,  un  prix  d<  d     >rni    i  l'auteur  du  meilleur  travail  sur  la  botanique  paru  dans  le  \t> 

Plante*  du  i"  o  lobre  1893  an  l01  septembre  (909.  Les  mémoires  devront  être  aussi  concis  que  possible,  el  exclus) 

m. -i.  concourir  est  S'être  ab é  au  Monde  des  Plantes  pendant  la ds 

du  concours. 

La  Librairie  médicale  el  scientifique  Jacques  Lechevalier,  23,  rue  Racine,  ù  Paris,  fait  à  nos  abonnés,  sur  p 
duction  de  la  bande  imprimée  de  la  Revue,  une  remise  de  18%  sur  la  pluparl  des  ouvrages  qu'ils  pem 
désirer, 


5°  Année  (2e  Série) 


N°  79 


1"  Juin  1896 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 


%evue  Internationale  illustrée  de   Botanique. 


LA  GREFFE  DEPUIS  L'ANTIQUITÉ  JUSQU'A  NOS  JOURS 


Par  L.  Daniel 

'Docteur  es  sciences,  Professeur  au  Lycée  de  'Renues 


Lucrèce  (i)  repousse  le  merveilleux  et  pense 
que  «  la  nature  a  enseigné  elle-même  aux  hommes 
l'art  de  semer  et  de  greffer.  » 

S'il  nous  fallait  prendre  partie  dans  ces  ques- 


Quœ  quibus  hospitium  prœstent  virgulta  docebo 
Quîe  sit  adoptivis  arbor  on-sta  comis. 

(Palladius.) 

(Suite.) 

rions  à  l'avis  de  Lucrèce,  et  nous  attribuerions 

comme  lui  la  découverte  de  la  greffe  à  l'observa- 
tion de  la  nature  (2). 

Avec  la   majeure  partie  des  auteurs,  il  nous 


Fig.  1, —  Les  Châtaigniers  du  Mont  Etna,  greffés  en  approche  à  une  époque  très  reculée. 


tions  plus  curieuses  qu'utiles,  nous  nous  range- 

(1)  Lucrèce,  De  nalura  rerum,  Lib.  V,  v.   1360. 
Àt  spécimen  satio  et  insitienis  origo 
(Ipsa  fuit  rerum  primumNatura  creatrix...) 


paraît  aussi  assez  probable  que  cette  opération  a 

(2)  Cf.  Mémoires  de  V  Académie  des  Sciences,  17 10  : 
H.  79;  1722,  M.  129,  H.  71;  1728,  H.  47  et  49; 
1738,  M.  265  et  266,  1744,  M.  34  et  35  ;  et  l'Ency- 
clopédie Diderot  et  d'  Alembert,  article  Greffe. 


9o 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


commence  à  être  en  usage  peu  après  Hésiode, 
vers  le  vl-  ou  le  Ve  siècle  avant  J.-C.  (i). 

Dès  l'instant  que  l'on  ne  connaît  d'une  façon 
certaine,  ni  l'origine  de  la  greffe,  ni  l'époque  de 
la  découverte  de  cet  art,  on  ne  saurait  indiquer 
davantage  chez  quel  peuple  se  sont  faits  les  pre- 
miers essais. 

On  peut,  si  l'on  veut,  admettre  à  ce  sujet  les 
idées  de  Thouin  (2)  qui  croit  que  l'art  de  greffer 
a  été  transmis  par  les  Phéniciens  aux  Carthagi- 
nois et  aux  Grecs  ;  ces  derniers  l'auraient  appris 
aux  Romains,  qui  l'ont  répandu  en  Europe. 

Ces  peuples,  ayant  remarqué  dans  les  bois  le 
phénomène  assez  fréquent  de  la  soudure  de  deux 
branches  d'un  même  arbre  ou  d'arbres  différents, 
accolées  directement  ou  enroulées,  se  seraient 
empressés  d'imiter  la  nature.  Les  Égyptiens  au- 
raient inventé  la  greffe  par  approche  débranches; 
les  Carthaginois,  la  greffe  par  approche  de  tiges 
écorcées  en  regard  les  unes  des  autres,  procédé 
dont  ils  se  servaient  pour  les  oliviers,  espérant 
ainsi  en  augmenter  les  dimensions,  les  faire  durer 
plus  longtemps  et  leur  faire  produire  un  plus 
grand  nombre  de  fruits  (3). 

De  même,  toujours  d'après  Thouin,  les  Chi- 
nois, entaillant  longitudinalement  deux  arbres 
jusqu'au  tiers  de  leur  diamètre,  auraient  réuni 
ces  arbres  de  manière  à  n'en  former  qu'un  seul 
tronc,  et  pratiqueraient  cette  opération  de  temps 
immémorial  (4). 

Ajoutons  encore  que  Palladius  (5)  prétend 
que  la  première  greffe  a  dû  se  faire  sur  la  vigne. 


(1)  C'est  aussi  l'avis  de  l'abbé  Barthélémy  qui  con- 
naissait à  fond  ses  auteurs  grecs  :  «  La  surprise  du 
jeune  Anacharsis,  dit-il,  fut  extrême  en  voyant  les 
arbres  chargés  de  fruits  de  différentes  espèces  et  forcés 
de  se  couvrir  de  productions  étrangères  à  leur  nature. 
C'est  par  la  greffe  qu'on  opère  ce  prodige.  »  (Voyage 
du  jeune  Anacharsis  en  Grèce,  589  avant  J.-C,  t.  17, 
chap.  LIX.) 

(2)  Thouin,  Monographie  des  Greffes,  Paris,  1821. 
—  Ouvrage  ayant  longtemps  fait  autorité  et  dont  il 
sera  souvent  question  ici. 

(;)  Les  célèbres  châtaigniers  du  mont  Etna  ont  été 
ainsi  greffés  à  une  époque  très  reculée. 

(4)  Dans  ses  Nouveaux  mémoires  sur  l'état  pré- 
sent de  la  Chine  (Paris,  1692),  le  P.  Le  Comte,  Jé- 
suite, est  d'un  avis  tout  différent.  Il  prétend  que  les 
fruits  de  la  Chine,  communs  avec  les  nôtres,  ne  leur 
sont  pas  comparables,  parce  que  les  Chinois  n'ont  pas 
l'art  de  les  enter. 

La  greffe  était  de  même  inconnue  aux  grandes 
Indes  et  en  Perse  (Obstrvations  astronomiques  du  P, 
Souciiet.  t.  I.  p.  18.  —  Chardin,  t.  IV,  p.  55),  et 
dans  l'Amérique  méridionale  (Histoire  des  Incas,  t.  II, 
p.  33'|.  —  Bouguer,  Voyage  au  Pérou,  p.  63.  — 
Voyage  de  Fre~:,r,  p.  70  et  105). 

(>)  Palladics,  De  re  rustica,  Lib.  XIV7  ;  De  insitio- 
nibus,  v.  45  et  s. 


Comme  on  le  voit,  essayer  de  fixer  l'origine 
delà  greffe,  l'inventeur  de  cet  art  et,  par  suite,  le 
premier  peuple  chez  qui  il  a  été  pratiqué,  l'arbre 
que  l'on  a  d'abord  greffé,  ce  serait  bon  tout  au 
plus  pour  celui  qui  aurait  du  temps  à  perdre 
inutilement. 

Se  débrouille  qui  pourra  dans  ce  dédale.  Pour 
nous,  nous  ne  nous  attarderons  pas  davantage  à 
rechercher  la  solution  d'une  énigme  indéchiffra- 
ble. Nous  allons  abandonner  les  hypothèses  pour 
arriver,  avec  Aristote,  Théophraste  et  les  agrono- 
mes latins,  aux  faits  bien  démontrés  et  absolu- 
ment certains. 

Chapitre  II 
La  greffe    chez  les  Grecs  et  les  Romains. 

Pour  rendre  le  travail  plus  facile  à  celui  qui 
désirerait  faire  par  lui-même  des  recherches  sur 
la  greffe  dans  les  anciens  auteurs  grecs  ou  latins 
que  nous  citerons  ici,  nous  allons  indiquer  les 
principaux  termes  dont  se  servaient  les  agrono- 
mes de  l'antiquité  pourdésigner  cette  opération  : 

i°  Che\  les  Grecs  (1)  •' 

£;j.;j"/.a'.7[j.îç,  eu.5uW.t5t; (greffe  en  couronne)  ; 
eu.<puteta,  greffe  en  fente,  eYnevTpi<yu.oç,  greffe  à 
la  tarière  ;  eu,çuTeoa-'.ç,  la  greffe  en  général  et 
quelquefois  le  greffage;  e|M>UTeoû>,  e[x<poXXt|<i>, 
greffer;  evoçOaXuiiÇtOj  écussonner;  pourécusson- 
ner  on  employait  aussi  plus  rarement  les  verbes 
eu.6aXX<o  et  e'f/.vr.p:h,> ;  7:  eu.çuXiov,  le  greffon; 
î[j.s-j-ïj<)v),  le  greffage  (fente,  couronne,  tarière). 

20  Che\  les  Latins  : 

Inserlio,  insertum,  insitus,  et  surtout  insitio,  le 
greffage  et  la  greffe;  inserere,  greffer;  insitum, 
la  greffe,  le  greffon:  surcuius,  calatnus,  le  gref- 
fon; emplastrum,  scuiula,  l'écusson;  scalprum, 
l'écussonnoir;  scalpellum,  le  greffoir;  inoculatio, 
emplastratio,  la  greffe  en  écusson  ;  inoculare,  écus- 
sonner ;  inoculator,  le  greffeur  en  écusson  ;  insî- 
tor,  le  greffeur  et  aussi  le  dieu  rustique  qui  prési- 
dait aux  opérations  du  jardinage. 

Ceci  posé,  revenons  à  notre  sujet. 

Bien  qn'HiPPOCRATE  (480-360  avant  ].-C.)} 
d'après  Isidore  de  Séville  (2),  n'ait  pas  été  étran- 
ger à  l'opération  de  la  greffe,  on  peut  dire  que 
les  premières  données  précises  sur  cet  art  nous 
sont  fournies   par  Aristote  (3)  (3S4-322  avant 

(1)  Cf.  Henri  Estienne,  Thésaurus  gneca  lingua, 
Paris,  Didot. 

(2)  De  Séville,  Origines,  Liv.  VIII  De  Rébus  rusticis. 

(3)  Aristote,  Deplantis,  1,  6;  et  De  juvénilité,  c.  m, 
p,  465,  18,  et  ibid.,  23. 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


91 


J.-C.)  Elles  sont  encore  bien  incomplètes,  car 
il  indique  seulement  deux  procédés  :  la  greffe  en 
couronne  et  la  greffe  à  l'aide  de  la  tarière. 

Aristote  cite  comme  pratiquées  communé- 
ment de  son  temps  les  greffes  du  figuier,  de  la 
vigne,  de  l'olivier  domestique  sur  l'olivier  sau- 
vage, du  pommier  sur  le  poirier,  du  mûrier  sur 
divers  arbres,  et,  en  général,  des  plantes  des  jar- 
dins sur  les  plantes  sauvages. 

Un  des  exemples  les  plus  intéressants  parmi 
les  greffes  de  ce  genre,  c'est  sans  contredit  la 
greffe  de  l'armoise  cultivée  sur  l'armoise  sau- 
vage; on  greffait  donc  déjà  des  plantes  herbacées 
du  temps  d'Aristote,  et  l'idée  de  greffer  les  herbes 
n'est  donc  pas  une  «  invention  récente  »,  comme 
on  l'a  prétendu  dans  ces  derniers  siècles. 

Aristote  constate  aussi  que  les  greffes,  pour 
bien  réussir,  doivent  se  faire  enire  végétaux  sem- 
blables et  présentant  une  certaine  analogie.  Cette 
opinion  est  encore  adoptée  aujourd'hui. 

Mais  Aristote  est  moins  heureux  dans  ses 
considérations  philosophiques  sur  la  greffe,  qui 
sont  sans  intérêt. 

Thèophraste,  disciple  d'Aristote  et  son  con- 
temporain (371-286  avant  J.-C),  est  beaucoup 
plus  explicite  (1)  ;  cependant,  comme  son  maître, 
il  est  plutôt  philosophe  que  praticien  ;  il  cherche 
bien  plus  à  expliquer  qu'à  décrire  une  opération 
alors  bien  connue  de  tout  le  monde (2).  C'est  lui 
qui  mentionne  le  premier  la  greffe  en  écusson, 
l'œil  étant  placé  entre  deux  bourgeons. 

Toutefois  il  donne  cependant  de  forts  bons 
conseils,  qui  ont  été  reproduits  par  tous  les 
agronomes  et  dont  la  plupart  sont  encore  suivis 
aujourd'hui  par  les  greffeurs  soigneux. 

«  Il  faut,  dit-il,  observer  la  concordance  des 
sèves  et  veiller  à  la  similitude  des  écorces;  faire 
en  sorte,  en  un  mot,  que  les  arbres  que  l'on  greffe 
aient  la  même  précocité  tant  pour  la  pousse  des 
feuilles  que  pour  la  maturité  des  fruits  (3)  et 
qu'ils  vivent  dans  des  sols  semblables. 

«  Dans  un  sol  léger,  il  vaut  mieux  greffer  au 
printemps,  parce  qu'il  y  a  peu  de  sève.  Dans  un 
sol  gras  et  boueux,  il  vaut  mieux  greffer  à  l'au- 
tomne, car  la  sève  de  printemps  serait  trop  abon- 
dante. 


(1)  Thèophraste,  T>e  causis  plantarum,  I,  6,  6;  et 
ib'id.,  II,  17,  6. 

(2)  Divers  écrivains  de  l'époque  la  citent  comme 
communément  pratiquée  de  leur  temps,  et  en  parti- 
culier Démosthènes  (585-322  avant  J.-C.). 

(3)  L'inobservance  de  ces  principes  a  pour  consé- 
quence de  rendre  les  arbres  greffés  moins  résistants 
aux  parasites  et  aux  agents  extérieurs. 


«  Il  est  nécessaire  de  laisser  pleurer  la  vione 
trois  jours  avant  de  la  greffer  (1).  Il  ne  faut  pas 
mettre  la  moelle  à  nu. 

«  La  greffe  en  écusson  doit  se  faire  sur  de 
jeunes  pousses.  La  pluie  lui  est  nuisible, 
lorsqu'elle  est,  au  contraire,  très  favorable  aux 
autres  greffes.  Pour  ces  dernières,  on  évite  la  des- 
siccation en  les  enduisant  d'un  mélange  de  fiente 
et  de  poils  qu'on  ligature  (2)  et  en  plaçant  dessus 
un  pot  duquel  l'eau  coule  constamment  sur  la 
plaie.  » 

Au  point  de  vue  physiologique,  Thèophraste 
compare  «  le  tronc  de  l'arbre-sujet  au  sol  dans 
lequel  une  bouture  puise  sa  nourriture  ».  Cette 
comparaison  fort  juste  a  été  bien  souvent  répétée 
depuis. 

Pour  lui  la  greffe  peut  non  seulement  se  pra- 
tiquer sur  les  arbres,  mais  encore  sur  les  herbes, 
ou  gramens,  comme  disent  les  auteurs  du  moyen 
âge.  Pour  cela,  il  suffit  de  «  faire  une  fente  au 
sujet  et  d'y  insérer  la  graine  de  la  plante  à  pro- 
pager ».  Ce  procédé,  qui  n'est  pas  une  greffe  à 
proprement  parler,  était  alors  désigné  par  le  verbe 

ï-'.QTZV.ÇtVI   (3). 

Si  la  greffe  était  fort  en  honneur  chez  les  an- 
ciens Grecs,  elle  ne  l'était  pas  moins  chez  les 
Latins,  qui  avaient  même  donné  à  l'un  de  leurs 
dieux  rustiques  le  nom  à'Insitor  ou  Greffeur. 

(A  suivre.) 


Académie    internationale   de    Géo- 
graphie botanique. 

M.  David  Hooper  remercie  l'Académie  de  sa 
nomination  en  qualité  de  Membre  auxiliaire. 

Par  décision,  en  date  du  10  mai,  M.  H.  Oli- 
vier, naturaliste  à  Bazoches-au-Houlme  (Orne), 
est  nommé  Associé  libre  de  l'Académie. 

Le  Directeur, 
William  Trelease. 


(1)  On  emploie  aujourd'hui  un  procédé  analogue 
pour  les  plantes  grasses. 

(2)  C'est  l'onguent  de  Saint-Fiacre  des  jardiniers. 

(3)  Cette  opération,  décrite  depuis  par  beaucoup 
d'auteurs,  Columf.lle,  Pline,  Ibn-al-Âwam,  etc.,  a 
dû  donner  l'idée  d'essayer  la  greffe  en  fente  des  ptant-'S 
herbacées;  c'est  elle  que  Thouin  a  appelée  greffe 
Bonnet,  dans  sa  Monographie  des  greffes,  p.  95. 


92 


LE  MONDE  DES  PLANTÉS 


Viola  bicalcarata 

Herborisant  dans  l.i  Mayenne,  en  compagnie 
d'un  botaniste  du  Mans,  M.  Coilliot,  nous  avons 
rencontré  une  curieuse ;forme  du  Viola canitiaL. 
à  éperon  éperonné. 

L'éperon  porte  en  effet  à  sa  partie  inférieure 
une  saillie  de  i  h  millimètres,  affectant  la  forme 
d'un  second  éperon.  J'ignore  si  cette  iorme  a 
été  rencontrée  quelque  part  ou  si  jamais  elle  a  été 
nommée.  Je  n'en  trouve  mention  dans  aucune 
Flore.  Je  propose  pour  elle  le  nom  de  bicalca- 
rata qui  indique  bien  le  caractère  qui  la  distingue 
du  type.  Elle  est  mêlée  à  ce  dernier  commun 
sur  les  terrains  schisteux  de  la  Mayenne. 

Cette  curieuse  forme  a  été  rencontrée  à  Viviers - 
en-Charnie,  route  de  Sainte-Suzanne.  La  décou- 
verte en  est  due  à  mon  compagnon  d'herborisa- 
tion, M.  Colliot. 

H.  Léveillé. 


Curieuse  suppléance. 

M.  Hector  Serres,  de  Dax,  nous  a  adressé  un 
pied  de  maïs  présentant  un  curieux  phénomène 
que  notre  correspondant  a  pu  observer  lui  même 
chez  plusieurs  autres  pieds  où  le  phénomène  en 
question  était  encore,  nous  écrit-il,  plus  accentué. 

Il  s'agit  de  la  substitution  du  fruit  dans  la  fleur 
mâle  à  défaut  de  la  fleur  formelle  nulle  par  avor- 
tement  ou  par  accident  La  fleur  mâle  a  donc, 
comme  nous  l'avons  bien  contasté,  produit,  en 
l'absence  de  la  fleur  femelle,  la  graine  dans  sa 
propre  enveloppe. 

On  sait  que  le  maïs  est  une  plante  monoïque 
dont  les  épis  mâles  sont  disposés  en  particule 
terminale  et  les  femelles  en  épis  axillaires.  Or, 
dans  l'exemplaire  que  nous  communique  M.  Ser- 
res, les  épis  femelles  ont  avorté  et  les  fleurs  mâ- 
les de  l'épi  mâle  terminal  renferment  à  la  fois 
les  étamines  et  le  fruit. 

Nous  avons  tenu  à  signaler  ce  fait  singulier 
d'hermaphroditisme  dont  l'observation  est  due  à 
la  sagacité  de  notre  sympathique  correspondant. 
II.  Léveii  i.i  . 


Les  Ouothéracées  Japonaises. 

Le  R.  P.  Urbain  Faurie ayant  divisé  son  riche 
herbier  japonais  en  plusieurs  séries,  parmi  lesfa- 
milles  qu'il  comprenait,  nous  avons  retenu  pour 


l'herbier  de  l'Académie  Internationale  de  géo- 
graphie botanique  celle  des  Ouothéracées  et  nous 
avons  reçu,  pour  les  espèces  de  cette  famille,  la 
part  du  déterminateur. 

Le  Japon  renferme  les  genres  suivants  d'Ono- 
théracées  :  Onotbera,  Epilobium,  fussieua,  Lud- 
wigia,  Circaa  et  Trapa.  Dans  rémunération  qui 
va  suivre  nous  procéderons  au  fur  et  à  mesure 
des  déterminations,  faisant  suivre  l'indication  de 
la  station  et  de  la  localité  du  numéro  de  la  part 
que  nous  avons  sous  les  yeux,  pour  qu'on  puisse 
suivre  les  déterminations  et  les  contrôler  au 
besoin  ;  car,  pour  ce  qui  est  du  genre  Epilobium 
en  particulier,  il  y  règne  une  confusion  énorme 
qu'une  Monographie  récente  n'a  fait  que  com- 
pliquer en  voulant  Péclaircir.  Nous  sommes  donc 
prêts  à  accepter  le  débat  qui  pourra  s'élever  au 
sujet  de  nos  déterminations  dans  ce  genre  diffi- 
cile, et,  si  quelque  contestation  est  soulevée  à  ce 
sujet,  nous  recevrons  avec  reconnaissance  les  ob- 
servations qu'on  voudra  bien  nous  transmettre, 
convaincu  que  du  choc  des  idées  jaillit  toujours 
la  lumière. 

Onoihera  MennisL.  Sapporo,  2  septembre  1 886 

—  1 302  —  R.  P.  Urbain  Faurie  leg. 

Cirera  alpina  L.  Montagnes  de  Shari,  3  juil- 
let 1890  —  5504  —  R.  P.  Urbain  Faurie  leg.  — 
Otaru,  8  août  18S6  —  1184  —  id.  leg. 

Chwra  inlcrmcdia  Ehrh.  Forêts  de  Nemuro, 
12  juillet  1890  —  55S3  —  R.  P.  Urbain  Faurie 
leg. 

Circaa  coràata  Royle.  Aomori,  9  septembre 
1895  --   1124  —  R.  P.  Urbain  Faurie  leg. 

Circaa  quadrisulcata  Maximow.  Noeji,  mi- 
juillet  1886  —  983  —  Ptaycahine,  24  août 
!894  —  13593  —  Okumasan,  26  juillet  1894  — 
135 13  —  Aomori,  4  septembre  1885  —  1016. 
Commune  dans  les  villages.  R.  P.  Urbain  Faurie 

leg. 

Jusskua  suffrutwosa  L.  Baie  d'Ogtnohama,  16 
juin   1889.  —  4030  —  Kominato,  19  juin  1891 

—  1322S  —  R.  P.  Urbain  Faurie  leg. 
Ludwigia  ovalis  Miq.  Akita,  fossés,  6  septem. 

bre  1894.  —  1 3776  —  Aomori,  4  septembre  1885 
_  I04j.  _  Matsuyama,   1 3-14  novembre  1893 

—  11629  —  R.  P.  Urbain  Faurie  leg. 
Epilobium  angustifolium  L.  Montagnes  d'Otaru, 

28  juillet  1888  —  2862.   —  Forma  stenophylla : 
Sohetsu,  lit  de  la  rivière,  23  juillet  1887   —745 

—  R.  P.  Urbain  Faurie  leg. 

Epilobium  montanum  L   Forêts  d'Abashiri,  v- 

juillet  1890  —  5395-  —   Bord  du  lac  de  T"VJ' 
25  juin  1893—  10166  —  R.  P.  UrbainFaurie  leg 


LES    FRÈRES    SIAMOIS    (Forêt   de    Fontainebleau). 


-.■  .  ■,»  ,  '-    -.7.   ■■■■+■! .:-      <:•-    •-. 

-<faffi«*tj®Tr"«*tr.-i  .-  '  -  jota* 


MILLIE-  CHRISTINE    f.For<«/    rfe    Fontainebleau.). 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


93 


Epilobium  sertidatum  Hausskn.  Sommet  du 
Riishiri,  30  juillet  1892  —  8406  —  R.  P.  Ur- 
bain Faurie  leg.  Nous  aurons  l'occasion  de  re- 
venir sur  cette  forme^qui,  pour  nous,  se  rattache 
en  réalité  à  YE.  alpinum.  Nous  ne  croyons  pas 
qu'il  y  ait  sur  le  globe  plus  d'une  cinquantaine 
d'espèces  d'Epilobes.  Toutefois  le  travail  de 
réduction  que  nous  poursuivons  est  une  œuvre 
de  patience  qui  ne  peut  être  accomplie  que 
preuves  en  main. 

Epilobium  Davuricum  Fisch.  Ile  de  Kunashiri, 
tourbières,  15-  août  1892  —  8512  —  R.  P. 
Urbain  Faurie  leg. 

Epilobium  nutans  Schmidt.  Sommet  du  Ganju, 


que  possèdent  des  types  spécifiques  de  l'érudit 
monographe  Haussknecht. 

Epilobium  atspitosum  e  rhizomate  tenerrimo, 
parvulas  rosulas  sessiles  apice  emittente  ;  caule 
longe  prostrato  et  curvato  ac  basi  nudo,  tenerrimo, 
simplici  vel  apice  ramuloso,  teretiusculo,  inferne 
glabrescente  nec  conspicue  subangulato,  superne 
et  usque  ad  dimidiam  partem  pilis  brevibus 
obsito,  média  parte  lineis  pilosis  obscure  notato, 
sat  folioso.  Foliis  pallide  viridibus,  lucidis, 
apeiie  petiolalis,  inferioribus  intermediisque  op- 
positis,  reliquis  alternis,  margine  planis,  margi- 
nibus  non  aut  vix  decurrentibus,  glaberrimis  aut 
raris  pilis  répandis  munitis,  integerrimis  aut  obs- 
cure denticulatis,  5-20™™  longis,  linearibus  an- 
gustatis,  inferioribus  obovatis  obtusis  exceptis, 
vix3-4mm  latis;  floribus  parvis  ;  alabastris  parvis 
globoso-ovoideis  pubescentibus;  capsulis  erectis 
ac  demum  curvatis,  junioribus  pilis  sparse  obsi- 
tis,  adulte  glabris;  3-3  i/2cm  longis,  seminibus 
ovoideis,  vix  apice  basi  autem  attenuatis,  testa  gla- 
breseente  papillis  fere  incouspicuis  obsita,  interdit  m 
leviter  pilis  brevissimis  in  lateribus  munita. 

Sommet  du  Ganju,  28  août  1894  —  13652 
pro  parte  —  R.  P.  Urbain  Faurie  leg. 

(A  suivre.)  H.  Léveillé. 


Recherches  sur  les  Epilobes  de 
France, 

Par  M.  Paul  PARMENTIER 

(Extrait    de    la    Revue   générale    de    botanique,    VIII, 
janvier  et  février   18^6,  —  28  p.  et  3  planches.) 

M.  P.  Parmentier,  docteur  es  sciences  et  pro- 


28  août  t892  —   13652  pro  parte  —  R.  P.  Ur- 
bain Faurie  leg. 

Epilobium  Fauriei  nov.  sp.  Renfermé  sous  le 
même  numéro  que  le  précédent,  cet  Epilobe 
s'en  distingue  très  nettement,  comme  on  le 
verra  par  la  diagnose  suivante.  Il  nous  a  paru 
fort  distinct  des  diverses  formes  que  nous  con- 
naissons. A-t-il  absolument  parlant  une  valeur 
spécifique  propre?  C'est  ce  que  l'avenir  nous 
apprendra.  Il  a  en  tout  cas  une  valeur  spécifi- 
que, non  seulement  égale,  mais  supérieure  à  celle 


fesseur  au  collège  de  Baume-les-Dames  (Doubs), 
vient  de  publier  sur  le  genre  Epilobium  un  re- 
marquable mémoire  qui  mérite  de  fixer  l'atten- 
tion. Actuellement  les  phytographes  ne  se  con- 
tentent plus  de  cataloguer  les  plantes  d'après 
la  spécification  de  caractères  morphologiques  plus 
ou  moins  différenciés.  Frappés  de  l'inégale  valeur 
de  ces  caractères  et  de  leurs  variations  nombreu- 
ses ils  ont  été  conduits  à  subordonner  les  groupe- 
ments systématiques  les  uns  aux  autres  et  à  en 
rechercher  l'origine  commune  probable;  d'où  la 


94 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


notation  relativement  récente,  dans  les  flores, 
des  espèces  nodales,  des  espèces  principales 
ou  de  premier  ordre,  des  espèces  de  second 
ordre  ou  sous-espèces,  des  races,  formes  et 
variétés.  La  morphologie  se  montrant  souvent 
insuffisante  à  fournir  un  critérium  valable  pour 
rétablissement  des  espèces  légitimes,  c'est  aux 
conditions  de  végétation,  d'adaptation  physique, 
d'évolution,  etc.,  c'est-à-dire  aux  caractères  bio- 
logiques, qu'on  a  eu  recours.  Enfin,  grâce  aux 
progrès  de  la  micrographie,  c'est  dans  l'analyse 
des  tissus  qu'on  a  cherché,  en  dernier  lieu,  des 
caractères  anatomiques,  plus  intimes,  plus  cons- 
tants, plus  stables,  pour  définir  l'espèce  dans 
une  série  phylétique. 

Il  ne  faut  pas  perdre  de  vue,  cependant,  que 
la  botanique  systématique  doit  être  à  la  fois 
scientifique  et  pratique.  Au  point  de  vue  scienti- 
fique, il  ne  sera  pas  de  trop  de  toutes  les  expé- 
riences de  laboratoire,  de  toutes  les  investiga- 
tions histologiques,  pour  éclairer  la  filiation 
des  espèces  et  préciser  leurs  caractères;  mais,  au 
point  de  vue  pratique,  ces  études,  qui  ne  seront 
jamais  à  la  portée  que  d'un  petit  nombre  de 
savants,  devront  surtout  servir  de  bases,  de  point 
d'appui,  aux  différenciations  morphologiques. 
La  flore  de  l'avenir  sera  donc  celle  qui,  tout  en 
faisant  la  part  large  à  l'anatomie  et  en  se  basant 
sur  elle  pour  la  classification  générale,  accordera, 
en  outre,  aux  caractères  biologiques  et  morpho- 
logiques une  valeur  égale  et  cherchera  à  faci- 
liter, comme  par  le  passé,  mais  d'une  façon  plus 
rationnelle  et  plus  certaine.  la  détermination 
des  espèces  et  de  leurs  groupes  subordonnés 
par  les  caractères  extérieurs,  les  plus  accessibles 
à  tous  Une  semblable  entreprise  ne  peut  être 
menée  à  bien  que  par  la  collaboration  des  bota- 
nistes herborisants,  qui  observent  les  plantes  dans 
la  nature  et  fournissent  les  matériaux  d'étude, 
et  des  anatomistes  qui  les  étudient  à  loisir  avec 
les  ressources  des  laboratoires. 

Les  études  anatomiques  appliquées  à  la  classi- 
fication se  sont,  depuis  quelques  années,  singu- 
lièrement vulgarisées  en  France,  sous  la  direction 
de  maîtres  éminents,  et  grâce  à  l'impulsion 
donnée  aux  travaux  des  laboratoires  dirigés  par 
eux.  M.  Van  Tieghem,  au  Muséum,  M.  G.  Box- 
mi  i:,  à  la  Sorbonne,  etc.,  leur  accordent  une 
large  place  dans  leur  enseignement;  le  regretté 
J.  Vesque  y  a  consacré  sa  vie,  et,  parmi  ses  élè- 
ves, M.  Parmi. \i  1ER,  un  des  plus  distingués  et 
des  plus  convaincus,  poursuit  L'œuvre  de  son 
maitre,  auquel  il  a  rendu  de  si  touchants  hom- 


mages (i),  en  entreprenant  la  révision  des 
genres  les  plus  difficiles  et  les  plus  polymorphes 
de  la  flore  française. 

Le  genre  Epilobium,  que  M.  Parmentier  a 
étudié  dans  la  Revue  de  botanique,  étude  pour 
laquelle  il  a  bien  voulu  m'honorer  d'une  modeste 
collaboration,  est  riche  en  espèces  affines,  su- 
jettes à  de  nombreuses  variations,  reliées  entre 
elles  par  des  formes  intermédiaires,  dont  beau- 
coup ont  été  décrites,  mais  sans  preuve  aucune, 
comme  des  hybrides.  Il  suffit  de  parcourir,  à 
cet  égard,  le  livre  si  complet  et  si. consciencieux 
d'HAUSSKNECHT  {Monographie  der  Gattung  Epilo- 
bium, Iéna,  1884),  dont  M.  Parmentier  a  cité 
des  extraits  et  reproduit  le  tableau,  réduit  à  la 
flore  française,  des  formes  supposées  hybrides. 

Adoptant  les  grandes  subdivisions  taxonomi- 
ques  du  genre  en  deux  groupes  nodaux,  d'ori- 
gine ancestrale  primitivement  unique,  mais 
depuis  longtemps  différenciés  à  la  fois  par  leurs 
caractères  anatomiques,  sect.  Chamanerion  et 
Lysimachion,  M.  Parmentier  a  passé  en  revue 
toutes  les  espèces  de  la  flore  française  et,  pour 
chacune  d'elles,  a  analysé  les  caractères  histolo- 
giques de  la  tige,  du  rhizome,  du  pédoncule 
floral,  des  feuilles,  etc.  Les  résultats  obtenus  sont 
l'objet  (chap.  îv,  Histoire  généalogique  des  repré- 
sentants  du  genre)  de  considérations  très  inté- 
ressantes sur  les  rapports  de  ces  espèces  entre 
elles,  sur  leur  adaptation  aux  différents  milieux 
et  les  caractères  différentiels  qui  en  résultent,  et 
que,  ci  l'instar  de  J. Vesque,  M.  PARMENTiERappelle 
caractères  êpharmoniques. 

C'est  ainsi  que  l'anatomie  confirme  entière- 
ment les  prévisions  que,  avec  un  bon  nombre  de 
botanistes,  j'avais  déjà  formulées,  pour  ma  part, 
d'après  l'examen  des  plantes  vivantes,  de  la  réu- 
nion d' Epilobium  Fleischeri  Hochst.,  comme  race 
montagnarde,  à  E.  Dodonai  Vill.  ;  à'E.  parvi- 
jlorum  Schreb.  à  E.  hirsulum  L.  ;  à'E.  alpinum 
L.  à  E.  ahiuifolium  Vill.,  i'E.  obscurum  Schreb. 
et  à'E.  Lamyi  Schultz  S.E.  tetragonum,  comme 
races  ou  sous-espèces  (cf.  D.  X.  Gillot,  Les 
Onothèracies  de Saône-et-Loire  cl  duMorvan,  vaLe 
Monde  des  Piaules,  III  (1893),  P-  320>  582,  413  ; 
IV(i894),  p.  8  ;  et  extrait    broch.    12    pages). 


(1)  P.  Parmentier,  La  Botanique  systématique  et  les 
théories  d  M.  Vesque,  in  Mdm.  Je  la  Soc.  d'imul.  du 
Doubs,  1893,  broch.  16  pages.  —  Notice  biographi- 
que sur  Julien  Vesque,  in  Bull,  des  Se.  nat.  publie  par 
n  de  VAss.  annuelle  des  cirées  d,-  la  Faculté  des 
sciences  de  Paris,  sous  la  direction  de  M.  W.  Russel, 
nov.  1895. 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


95 


Ces  Épilobes  ne  devront  donc  être  dorénavant 
inscrits  dans  les  flores  qu'à  la  suite  des  espèces 
auxquelles  ils  sont  subordonnés  avec  une  nota- 
tion ou  une  typographie  spéciale,  suivant  la 
méthode  qui  tend  de  plus  en  plus  à  se  générali- 
ser dans  les  publications  botaniques  contempo- 
raines, et  que,  je  ne  sais  pourquoi,  M.  Parmen- 
tier  n'a  pas  mis  en  usage  dans  ses  descriptions 
morphologiques  des  espèces  (loc.  cit.,  chap.  vi, 
p.  20). 

L'anatomie  nous  révèle  de  curieuses  et  impor- 
tantes particularités  que  la  morphologie  seule  eût 
été  impuissante  à  nous  faire  connaître.  Ainsi, 
à  côté  de  la  série  pléiotype,  très  naturelle,  E 
Diir'hci-montanum-hnceolatum,  M .  Parmentier 
place  l'espèce  monotype  E.  coUinam  Gmel., 
qu'avec  la  plupart  des  Aoristes,  et  d'après  son  port 
et  son  apparence  extérieure,  j'étais  disposé  à 
regarder  comme  une  simple  variété  d'E.  monta- 
num L.,  mais  qui  en  diffère  considérablement 
par  ses  caractères  anatomiques  (mésophylle 
homogène  dépourvu  de  palissades,  de  faible 
épaisseur,  à  cellules  centrales  occupées  par 
d'énormes  raphides;  épiderme  foliaire  onduleux 
et  à  cuticule  lisse;  absence  de  périderme  et  de 
fibres  mécaniques  dans  la  tige,  etc.),  et  qui  doit 
être  considérée  comme  une  espèce,  dont  les 
caractères  se  maintiennent  identiques  aussi  bien 
sur  les  bas  coteaux  du  Morvan  que  dans  les  ro- 
cailles  des  montagnes  de  la  Tarentaise,  à  1.800 
mètres,  d'après  mes  observations  et  mes 
récoltes  personnelles.  L'E.  Lamyi  Schultz, 
dont  la  valeur  spécifique  a  été  si  controver- 
sée, et  que  j'avais  regardé  comme  une  simple 
variété,  petiolulatiim,  d'E.  îetragomim  L.  (loc. 
cit.,  p.  8.),  en  est  assez  différencié  anatomi- 
quement  pour  justifier  son  maintien  comme 
k  sous-espèce  appauvrie,  peut-être  en  voie 
d'extinction  du  précédent,  mais  conservant  bien 
son  faciès  individuel  »  (Parmentier). 

Ces  exemples  suffisent  pour  démontrer  l'im- 
portance et  l'utilité  du  travail  de  M.  Parmentier, 
qui  se  résume  daus  un  tableau  que  l'auteur  a 
donné  sous  forme  de  graphique  {Revue  gén.  de 
bot.,  VII,  pi.  I). 

La  classification  de  M.  Parmentier  est  donc 
fondée  surtout  surles  données  anatomiques,  mais 
il  importe  également  de  tenir  grand  compte  des 
caractères  biologiques,  et  en  particulier  des  inno- 
vations qui  différencient  des  espèces  rapprochées 
d'ailleurs  par  leur  structure  histologique.  Mi- 
chalet  a  insisté  sur  ce  sujet  dans  plusieurs 
mémoires  importants,  et  Haussknecht  (Monog., 


p.  35)  s'en  est  servi  pour  établir  toute  une  clas- 
sification des  espèces  européennes.  L'E.  lauceo- 
latum  Seb.  et  Maur.,  très  peu  différent  d'E. 
montanum  L.,  au  point  de  vue  anatomique,  s'en 
distingue  cependant  beaucoup  par  ses  rosettes  de 
feuilles  radicales,  vertes,  éparses,  étalées,  par  ses 
feuilles  caulinaires  longuement  pétiolées,par  ses 
pédoncules  floraux  fortement  penchés,  et  par  le 
changement  de  nuances  de  ses  fleurs  pendant 
l'anthèse.  L'E.  lanccolatum  est,  à  mon  avis,  bien 
plus  éloigné  d'E.  montanum  que  E.Duriai  Gay, 
qui  a  cependant  aussi  un  système  végétatif  très 
spécial  à  stolons  hypogés,  jaunâtres  et  squameux. 
Il  en  est  de  même  pour  les  E.  hirsulum  L  ,  à 
stolons  plus  ou  moins  allongés  et  en  partie  sou- 
terrains, et  E .  parviflorum  L.,  dont  les  innova- 
tions consistent  seulement  en  rosettes  de  feuilles 
épigées.  Un  des  meilleurs  caractères  distinctifs 
des  E.  alsinifolium  Vill.  et  E.  alpinum  L.  est 
également  tiré  des  stolons  hypogés,  charnus, 
blanchâtres,  écailleux,  et  terminés  par  un  bour- 
geon bulbiforme,  chez  l'un,  de  la  souche  péren- 
nante  et  des  stolons  épigés,  grêles  et  garais  de 
petites  feuilles  écartées,  chez  l'autre.  Ces  modi- 
fications ne  sont  vraisemblablement  que  des  phé- 
nomèmes  d'adaptation  et,  si  elles  suffisent  pour 
faire  considérer,  au  point  de  vue  actuel,  ces  deux 
Epilobes  comme  espèces  distinctes,  elles  ne  sup- 
priment pas  la  notion  de  leur  étroite  parenté. 
L'E.  palustre  L.  est  une  espèce,  au  contraire,  des 
plus  tranchées  par  tout  l'ensemble  de  ses  carac- 
tères. 

Il  est  fort  difficile,  comme  le  remarque  judi- 
cieusement M.  Parmentier,  dans  un  groupe 
spécifique,  de  déterminer  actuellement  quelle 
est  la  forme  primitive  de  l'espèce.  C'est  ainsi 
qu'il  a  adopté  un  peu  arbitrairement,  à  cause  de 
ses  tendances  moins  hélio-xérophiles,  E.  Duriœi 
Gay  comme  tête  du  groupe  spécifique  dont  E. 
montanum  L.  est  aujourd'hui  le  représentant  à 
dispersion  géographique  la  plus  étendue.  L'é- 
tude du  genre  dans  son  ensemble  et  les  données 
de  la  géographie  botanique  ainsi  que  de  la  paléon- 
tologie peuvent  seules  nous  fixer  à  cet  égard. 
Il  est  possible  cependant,  à  l'aide  des  éléments 
multiples  que  nous  possédons,  principalement 
de  ceux  que  fournit  l'anatomie,  d'établir  avec 
une  grande  probabilité  la  série  chronologique  des 
espèces  et  de  leurs  formes  en  les  subordonnant 
d'après  leurs  affinités.  M.  Parmentier  a  donc  eu 
tort,  dans  ses  descriptions  morphologiques,  de 
séparer  E.  obscurum  Schreb.  des  E.  Ictragonum 
L.  etE.  Lamyi  Schultz,  parles  E.  roseum  Schreb. 


96 


LE  MONDE  DES  PLANTES 


et  E.  trigonum  Schk.,  qui  en  sont  des  espèces 
dérivées,  nu  tout  aumoins  des  sous-espèces  plus 
nettement  tranchées. 

Je  ferai  remarquer,  en  passant,  qu'£\  roseum 
Schk.,  par  ses  souches  à  rosettes  courtes  mais 
étalées,  par  ses  feuilles  nettement  pétiolées,  ses 
fleurs  fortement  penchées  avant  l'anthèse  et  à 
nuances  changeantes,  semble  être,  dans  la  série 
d'£.  tetragonum,  l'homologue  d'E.  lanceolatum 
dans  la  série  Montanum-Duriai,  d'après  la  loi  des 
variations  parallèles  que  j'ai  plusieurs  fois  expo- 
sée, et  que  M.  Parmentier  appuie  de  son  auto- 
rité (Joe.  cit.,  p.  6). 

Le  nombre  des  espèces  décrites  par  M.  Par- 
mentier pourra  être  modifié  par  la  suite,  aug- 
menté ou  diminué,  mais  à  condition  de  continuer 
à  subordonneras  formes  admises  aux  types  spé- 
cifiques principaux.  J'admettrais  volontiers,  par 
exemple,  entre  E.  tetragonum  L.  et  E.  obscurum 
Schreb.,  une  forme  de  transition  qui  représente 
pour  moi  E.  virgatum  Fr.  Herb.  twrni.  !  (G.  G.  FI. 
de  Fr.  I,  p.  578), et  surlaquelle  j'aidéjàà plusieurs 
reprises  appelé  l'attention  [cf.  Dr  Gillot,  Bull, 
herb.  Boissier  I  (1863),  Append.  II, p.  35,  et  Ono- 
théracées  de  S.-  et  L.-  el  du  Morvan,  p.  9].  J'ai 
distribué  cette  forme  litigieuse  sous  le  nom  d'E. 
obscurum  var.  virgatum  dans  les  exsiceata  de  la  So- 
ciétè  pour  l'étude  de  la  flore  franco-helvétique  (1892), 
ni  15.1;  c'est  la  var.  strictifolia  Haussk.  (Monog., 
p.  iij)!  Aujourd'hui  je  serais  tenté  de  faire  d'E. 
virgatum  Fr.  une  race  stationnelle  d'E.  tetrago- 
num, dont  les  caractères  biologiques  et  morpho- 
logiques établissent  le  passage  d'E.  tetragonum  à 
E.  obscurum.  Il  a  le  port  du  premier,  la  végéta- 
tion et  l'habitat  du  second  :  stolons  nombreux, 
mais  courts,  promptement  radicants;  tiges  dres- 
sées, simples  ou  peu  rameuses  ;  feuilles  fermes, 
lancéolées,  finement  denticulées,  sessiles  et 
dressées  le  longde  la  tige;  inflorescence  étroite; 
fleurs  et  capsules  dressées,  etc.  (Cf.  Dr  Gillot, 
loc.  cit.). 


(A  suivre  . 


O.    Déblai  \ 


Informations. 


~ZZ  La  Société  Botanique  et  entomologique  du  Gers 
vient  de  fonder  une  Société  pour  l'échange  des  plantes 
sous  le  titre  de  Société  du  Sud-Ouest  pour  l'échange  des 
plantes.  Le  nombre  des  membres  et  fixé  à  ;o.  — Tous 
nos  meilleurs  souhaits  pour  la  prospérité  de  cette  nou- 
velle Société. 


5*2  M.  Emile  Hebrard,  président  de  la  Société 
d'Agriculture  de  la  Haute-Garonne,  afait,  à  la  séance 
du  15  mars  du  Syndicat  Agricole  de  la  Haute-Garonne, 
une  communication  sur  les  fourrages.  Il  a  donné  une 
nomenclature,  avec  les  noms  patois, des  plantes  formant 
une  prairie  livréeau  hasard  de  la  maturité  des  graines, 
prairie  située  dans  sa  propriété  de  Montplaisir. 

5^2  La  maison  Dulau,  37,  Soho  Square,  Londres, 
vient  de  publier  un  Catalogue  d'ouvrages  de  géogra- 
phie botanique  renfermant  plus  de  4000  titres. 

7ZZ  La  librairie  scientifique  A.  Hermann,  8,  rue 
delà  Sorbonne,  Paris,  vient  de  publier  un  impoitant 
Catalogue  d'ouvrages  d'histoire  naturelle  en  vente  à 
des  prix  modérés. 


Bibliographie. 


Botaniker  Adressbuch  (Almanach  des  Bota- 
nistes). Recueil  des  noms  cl  adresses  des  botanistes  actuel- 
lement en  vie  de  tous  les  pays,  des  Jardins  botanique,  et 
des  Institutions ,  Sociétés  et  Publications  périodiques  qui 
s'occupent  de  botanique,  publié  par  J.  Dôrfler.  Vienne, 
1896.  —  En  vente  chez  l'auteur,  Barichgasse,  36,  à 
Vienne. 

Ce  beau  volume  que  nous  avons  sous  les  yeux 
laisse  bien  loin  derrière  lui  tous  les  ouvrages  analo- 
gues entrepris  jusqu'à  ce  jour.  Il  comble  un  desi- 
deratum que  nous  avions  jadis  exprimé  ici  et  nous 
dispense  d'entreprendre  une  œuvre  de  même  nature 
à  laquelle  nous  songions.  C'est  l'indicateur  le  plus 
complet  et  le  plus  exact  que  nous  connaissions.  Aussi 
sommes-nous  sûrs  de  l'excellent  accueil  qui  lui  sera 
fait  par  les  botanistes. 

Les  tables  alphabétiques  finales  des  Revues  et  des 
Botanistes  rendront  de  précieux  services. 

Toutes  nos  félicitations  à  notre  collègue  pour  son 
important  travail. 


Mouvement  de  la  Bibliothèque. 


Du  i" 


au  ?/  mars. 


De  la  part  de  MM.  B.  Souche  (i  vol.)  ;  Alfr.  Giard 
(1  broch.)  ;  Pierre  Fauvel  (i  broch.);  Ern.  Olivier 
(i  broch);  Dr  Th.  Schube  (4  broch.);  Alfr.  Giard 
(2  broch.). 

Nous  adressons  tous  nos  remerciements  aux  dona- 
teurs. 


Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes 

H.  LÉVEILLÉ. 

Typographie  Ed.  Monnoyer. 


PETITE  FLORE  DE  LA  MAYENNE 

Renfermant  l'analyse  et  la  description  des  plantes  vaseulaires 

de  ce  Département 

Avec   l'indication  de  leur  distribution  géographique    à    là    surface    du    Globe 

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LE  MONDE   DES  PLANTES 


TARIF    DES   ANNONCES 


A  l'Année: 

La  page 100  IV. 

Demi-page 50 

Quart  de  page 30 

Huitième  de  page 13 

Seizième  de  page 8 

Au  Semestre: 
La   moitié  des  prix   précédents   augmentés 
de  10  0/0. 


Dr  I  à  3  mois 

La  page 10  fr. 

Demi-page  ....       ."> 

Quart  dépage.    .    .      3       }  Pourchaq.  arir£ 

Huitième  de  page  .       2 

Seizième  de  page  .       1 


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LE  MONDE  DES  PLANTES 

Par  P.  CONSTANTIN 

Agrégé  des  sciences  naturelles,  professeur  au  lycée  de  Rennes 
13n  "Vente  : 

Tome  premier,  1  vol.  gr.  in-8  de  775  pages,  illustré  de  960  figures 12  fr. 

Le  Momie  îles  Plantes  est  une  description  méthodique,  fa- 
mille par  famille,  du  cègno  végétal.  L'auleur  s'est  atlaclié  à 
étudier  surtout  les  plantes "qui  croissent  dans  notre  pus,  et 
parmi  les  plantes  erotiques,  celles  qui  sont  susceptibles 
d'applications  intéressantes.  Le  lecteur  trouvera  dans  cet  ou' 
vrage  pour  chaque  famille,  chaque  genre  et  chaque  espèce,  à 
cote  des  caractères  botaniques,  l'indication  île  la  distribution 
géographique  du  groupe  étudié,  en  même  temps  que  l'exposé 
des  nombreux  services  que  peuvent  rendre  les  végétaux  a  la 
médecine,  à  l'alimentation,  a  l'industrie,  à  l'aqriculture.  à 
l'horticulture,  a  la  décoration  des  appartements,  etc.  Les  carac- 
tères biologiques,  c'est-à-dire  les  phénomènes  intéressants  de 
la  vie  des  plantes,  n'ont  pas  été  oubliés  et  sont  traités  avec  le 
plus  grand  soin. 

Le  pian  adopté  a  le  grand  avantage  .le  répondre  à  un 
double  but.  Ceux  qui,  possédant  déjà  les  premiers  cléments  de 
la  botanique, veulent  étudier  dans   une   plante   ses  caractères 


morphologiques,  sa  place,  dans  la  classification  naturelle  et  ses 
véritables  affinités,  trouveront  une  description  courte  mais 
exacte  de  tous  les  genres.  Ceux  qui  au  contraire,  désirent 
surtout  connaître  dans  le  règne  végétal  les  avantages  que 
riioinine  peut  en  tirer  pour  son  usage  personnel  et  qui  esti- 
ment avant  tout  dans  fine plante  les  services  qu'elle  peul  ri 
dre  à  l'alimentation  ou  à  l'art  de  guérir,  a  l'industrie  ou  à 
l'embellissement  de  nos   parterres   ou  'le  n  aents, 

trouveront  dans  cet  ouvrage  l'expose,  rendu  aussi  altri  '.m',  que 
possible,  des  applications  dont  sont  susceptibles  le 
végétaux  étudiés. 

Tous  ceux  qui  aiment  les  pl.im  uvent 

donc  lire  ce  livre  avec,  olaisir.  et  profit.  Le  J/< 
est  d'ailleurs  a  tous  les" points  de  vue  au  cours  rniers 

progrès  tic  la  science,  et  l'auteur  s'est  Inspin  laction 

ucï plus  récents  travaux  publiés  en  France  et  a   l'étranger    par 
les  maftl'CS  incontestés  de  la  botanique. 


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de  M.  H.  BAILLOU 

Professeur  à  VEcole  de  Médecine 

Mercredi  3.  Jeudi  4  et  Vendredi  5  Juin  1896.  rue  des  Bons-Enfants,  28,  Salle  Silvesire, 
par  M    DAVID,  Oomroissaire-priseur,  rue  de  Provence,  4:î.  assisté  de 

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Recueil  des  nems  et  adresses  des  botaniste  s 
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Par  P.  CONSTANTIN 

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N'1  80 


1er  Juillet  1896 


a#» 


DES 


PLANTES 


Revue  Inleriialionale  illuslréc 


DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


-Hfr — ïr — /***■ 


«  lîenedicite   uttiversa  germinanlia    in    terra 
c  Domino,  s 

D-VN.,  ch.  III. 


Directeur  :    H.    LEVEILLE 

Kèdactei/r  en  chef  :  A.  ACLOQUE 


SOMMAIRE    DU    N»    80 

Les  Onotliéracces  françaises,  H.  Léveillé.  —  Académie  internationale  de  Géographie 
botanique.  —  Recherches  sur  les  Épilobes  de  France,  Dr  Gillot.  —  L'Origine  d'un 
nom,  H.  L.  —  Revue  des  Sociétés  Savantes.  —  Revue  des  Revues.  —  Bibliographie. 
—    Informations.  —  Ouvrages  offerts  à  la  Bibliothèque.  —  Mouvement  de   l'Herbier. 


LE     MANS 
Imprimerie  Ed.  MONNOYER,  Place  des  Jacobins,    12 


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UN    AN    :    France 6  fr. 

—              Étranger,    Colonies 8  » 

SIX  MOIS  :  France 3  » 

Étranger,  Colonies 4  » 

Le  Numéro  :  50  cent. 

Les   Abonnements   parlent   du     ier  Octobre   ou   du 

1«  Janvier  de  chaque  année. 


Toute  personne  qui  ne    se   désabonnera  pas 
sera    considérée    comme   réabonnée. 


DEPOTS    : 

NEW-YORK 

Ph.  Heinsberger,  do,  First  Avenue. 

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PARIS 

J.-B.  Baillière  et  Fils,  19,  rue  Hautefeuille. 
Jacques    Lecuevalier,    Librairie    médicale 
scientifique,  23,  rue  Racine. 

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LE     MONDE     DES     PLANTES 


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ARBOST  Jos. 
BALLE  Emile. 
BEAL  J. 

B0CQUILL0N-LIM01S1N. 
BODIMER  Ëm. 
De  CANDOLLE  Cas. 
CAPODURO  Marius. 
CHRISTIAN  BAY. 
CORREVON    H. 
DAJNIEL  L. 
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DESCHAMPS  Ém. 
DUPUIS  P. 


Est    publié    avec  la   Collaboration    de  : 


GADECEAU  Ém. 

GENTIL  Ami;. 

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GONOD  d'ARTEMARE. 

GRAY  Cu. 

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HÉR1BAUD  Jn. 

H1S1NGER  (Baron  Ed.) 

HITCHCOCK  A.-S. 

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LE  GENDRE  Cu. 

LE  GRAND  Ami. 


LETACQ  A.  L. 
L10TARD  P.-V. 
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MERCIER  L. 
M0NGU1LL0N  E. 
MUELLER  (Baron   Von) 
OLIVIER   Ern. 
RENAULD   F. 
ROUY  G. 
SADA   A. 

SPAL1K0WSKI    Eo. 
TRELEASE  W. 
WHÈELER  C.  F. 


Tout   ce   qui   concerne   la  Direction    doit  èlrc   adressé   à   M.  H.  LéVEILLÉ,  104,  rue   de   Flore,  Le   Mans   (Saillie 
France  ;  —  et  ce  qui  e  la  Rédaction,  à   M.    A.  Acloque,   5,  rue  Bayard,    Paris,  France. 

Adresser  les  demandes  d'abonnements  el  mandais  à  M.  Monnover,  Imprimeur-Éditeur,  12,  plaie  des  Jacobins, 
Le  Mans  (Sarthe)  France.  Il  n'est  pas  envoyé  de  numéro  spécimen  gratuit. 

I  es  abonnés  à  l'étranger  sont  instamment  priés  de  faire  parvenir  le  montant  de  leur  abonnement  en  mandats  de 
poste  internationaux,  en  chèques  ou  lettres  de  change  payables  au  Mans,  à  la  Banque  de  France,  au  Comptoir 
d'Escompte,  au  Crédil  Lyonnais,  à  la  Société  générale. 

Un  abonnement  gratuit  sera  servi  à  toute  personne  qui  procurera  à  la  Revue  quatre  abonnés  nouveaux,  aussi 
longtemps  que  les  abonnements  procurés  seront  renouvelés, 

Kn  1901, un  prix  de»  I  décerné  a  l'auteur  du  meilleur  travail  sur  la  botanique  paru  dans  le  Monde  drs 

Plantes  du  I-'  octobre  1883  au  i"  septembre  1000.  Les  mémoires  devronl  être  aussi  concis  que  possible,  el  exclusive 
mcnl  rédigés  en  français.  La  seule  condition  pour  concourir  est  d'être  abonné  au  Monde  des  Plantes  pendant  la  duré 
du  concours. 

La  Librairie  médicale  et  scientifique  Jacques  Lechevalier,  23,  rue  Racine,  à  Paris,  fait  à  nos  abonnés,  sur  pro- 
duction de  la  bande  imprimée  de  la  Revue,  une  remise  de  lo  »,  u  sur  la  plupart  des  ouvrages  qu'ils  peuvef 
désirer. 


5«  Année  (2«  Série) 


N°  80 


i"  Juillet  i8ç6 


LE 

MONDE  DES  PLANTES 

Ttevue  Internationale  illustrée  de  "Botanique. 

LES  ONOTHÉRACÉES  FRANÇAISES 
D'après  l'Herbier  de  l'Académie  internationale  de  Géographie    botanique 

Par  H,  Léveillé 

Secrétaire  perpétuel  de  ta  même  Académie 


Préambule 

La  confusion  qui  règne  chez  les  auteurs  au 
sujet  des  Epilobes  est  infinie,  a  dit  Reichen- 
bach,  et  Soyer  exprimant,  en  peu  de  mots,  la 
même  pensée,  a  dit  :   i  Le  genre  Epilobium 
«  n'est  pas  facile.  »  Seringe  a  qualifié  ce  genre 
de   «  très  difficile  »   et   a  montré  qu'il  avait 
besoin  d'une  étude  nouvelle.  «  Je  n'entrepren- 
«  drai  pas  de  définir  ici  les  espèces  critiques 
«  du  genre,  déclarait   Michalet,  à  la  rigueur 
«  elles    le    sont   toutes.  »     Spach   a    avoué 
n'avoir  pu  débrouiller  ce  chaos  inextricable,  et 
l'éminent  botaniste   Hooker,  dans  sa    «  Flore 
de    la   Tasmanie  »,   s'exprime  ainsi  :  «  Je  dois 
«  confesser  que  je  n'ai  pas  une  idée  claire  de 
«   ce  que  sont  ou  ne  sont  pas  les  espèces  dans 
o  le  genre  Epilobium  ;  après  une  étude  atten- 
t  tive  des  formes  australes  sur  le  sec,  je  suis 
«  absolument  incapable  de  me  prononcer  sur 
«  une  seule  d'entre  elles,  t 

Haussknecht,  le  distingué  monographe  du 
genre,  n'a  pas  hésité  néanmoins  à  aborder 
cette  étude  ingrate  et  difficile.  Il  y  a  apporté 
beaucoup  de  science,  d'érudition,  de  patience, 
et  a  mis  un  certain  ordre  dans  ce  chaos.  Il  a 
reconnu  que  l'étude  de  ce  genre  était  compli- 
quée, et  ni  lui  ni  M.  E.  Fiek  ne  contrediront 
aux  paroles  de  leurs  devanciers. 

Après  de  tels  témoignages,  il  serait  témé- 
raire et  présomptueux  de  se  dissimuler  que 
la  clarté  parfaite  est  difficile  à  apporter  dans 
une  confusion  plus  grande  encore  que  celle 
qui  règne  dans  les  genres  critiques  tels  que 
les  Rosa,  les  Rubus,  les  Mentha  et  les  Hiera- 
cium. 

Ce    n'est    donc   pas   aujourd'hui  que  nous 
viendrons  légiférer  et  trancher  toute  question 


pendante  en  indiquant  quels  sont  les  vérita- 
bles formes  spécifiques  du  genre  Epilobium 
dans  le  monde. 

S'il  plaît  à  Dieu,  ce  travail  viendra  à  son 
heure,  car  les   matériaux  ne   nous  manquent 
pas.  Nous  avons  vu  sur  le  vif  et  sur  le  sec  bon 
nombre    d'Epilobes   et   nous  possédons  tous 
les  ouvrages  qui  peuvent  nous  guider.  D'ail- 
leurs, leur  consultation  nous  a  donné  la  plus 
parfaite  idée  du  désarroi   profond,    du  désac- 
cord formidable  qui  règne  entre  les  botanistes 
au   sujet  de  ce  genre  litigieux.  11  n'y   a  pas 
peut-être  deux  Flores  d'accord  à   son   sujet. 
Aussi,  après   avoir  parcouru  les  ouvrages  les 
plus  volumineux  comme   les    plus  modestes, 
nous  sommes-nous  décidé  à  consulter  seule- 
ment le  riche  herbier  de  l'Académie  et  avant 
tout  la  nature.  Nous  avons  dû  faire  table  rase 
de  tout  ce  qui  a  été  dit,   de  tout  ce  qui  a  été 
écrit  avant  nous  et   alors  nous  nous  sommes 
trouvé  en  présence  de  deux  systèmes  :   l'un 
synthétique,  l'autre  analytique.  Dans  le  premier 
il  s'agissait  d'établir  des  sections  correspon- 
dant à  la  véritable  espèce  naturelle  et  dans 
lesquelles  nous  eussions   admis   un    nombre 
respectable    d'espèces    artificielles;    dans   le 
second  il  fallait  avoir  le  courage   d'aller  jus- 
qu'au bout  et,  preuves  en  main,   appuyé  sur 
la  consultation   de  milliers  d'échantillons,  de 
faire  machine  arrière  et  de  remettre  les  choses 
au  point,  en  distinguant  nettement  les  espèces, 
les  variétés,  les  variations,  les  formes,  mais  en 
réduisant  le  nombre  des  types  spécifiques  et 
en    nommant  même    les  formes  puisque  ces 
dernières  n'ont  porté  jusqu'ici  que  des  appel- 
lations alphabétiques,  numériques  ou  banales, 
et  qu'il  faut  éviter  pour  l'avenir  des  dénomi- 
I  nations  nouvelles  qui  ramèneraient  une  con- 


98 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


fusion    que    nous    voulons    f.iire    cesser1. 

i  à  ce  dernier  parti  que  nous  nous  som- 
mes arrêté  d;ins  ces  pages  qui  ne  concernent 
que  la  Flore  française,  mais  qui  seront  un 
premier  jalon  pour  l'avenir  et  dont  nous  avons 
voulu  faire  une  œuvre  consciencieuse  et  de 
bonne  foi. 

Tandis  que  Haussknecht,  en  présence  de  la 
difficulté  de  distinguer  les  types,  les  analysait 
dans  un  but  de  clarté,  dans  le  mêir.e  but  et 
avec  la  conviction  que  nous  avons  suivi  la 
nature,  nous  avons  cru  devoir  synthétiser  en 
dehors  de  tout  parti  pris  et  de  toute  concep- 
tion systématique,  et  les  lignes  que  nous  allons 
tracer  auront  pour  garant  authentique  et  pour 
preuve  irréfutableles  pages  mêmes  de  l'herbier 
dont  la  garde  nous  est  confiée. 

Le  Mans,    2J  Avril   \8g6. 

Division  du  Travail 

La  Flore  Française  comprend  les  genres 
suivants  d'Onothéracées  :  Epilobium,  Onothera, 
Ludwigia  (Isnardia),  Jussieua,  Circcea,  Trapa. 

Chacun  de  ces  genres  fera  l'objet  d'un  cha- 
pitre. Celui  des  Epilobium  sera  le  plus  long, 
tant  à  raison  du  nombre  plus  élevé  des  espèces 
qu'eu  égard  à  la  multiplicité  des  formes  et  à 
la  discussion  qui  accompagnera  leur  classifi- 
cation. 

Quand  nous  aurons  élucidé  un  genre  ren- 
fermant plusieurs  espèces,  nous  donnerons 
dans  un  tableau  synoptique  la  conclusion  de 
l'étude  à   laquelle  il  aura  donné  lieu. 

Quant  aux  affinités  que  présentent  entre  eux 
nos  genres  français,  nous  réservons  la  ques- 
tion jusqu'au  jour  où  nous  traiterons  des  Ono- 
théracées  du  globe.  Nous  suivrons  donc  pour 
cette  fois  l'ordre  d'énumération  des  genres 
indiqué  ci-dessus,  nous  arrêtant  fort  peu  aux 
genres  bien  définis  et  au  genre  américain  Ono- 
thera que  nous  aurons  plus  tard  l'occasion 
d'étudier  d'après  les  échantillons  provenant 
de  son  pays  d'origine. 

Une  seule  espèce  è' Onothera,  Y  Onothera 
tasmanica,  parait  étrangère  au  Nouveau  Monde 
et  habite  la  Tàsmanie. 

Nous  ne  connaissons  pas  cette  espèce  que 
nous  ne  possédons  pas  en  herbier  et  sur 
laquelle    par   conséquent    nous    ne    pouvons 


nous  prononcer   relativement   à  son  degré  de 
parenté  avec  ses  congénères  d'Amérique. 

Quant    aux   dénominations,    d'accord    avec 
MM.  Gillotet  Saint-Lager,  sur  l'avis  du  DrTh. 
de  Heldreich,  d'Athènes,  dont  la  compétence 
ne  fera  doute    pour  personne,    nous   écrivons 
Onothera   et  par  voie   de   conséquence    nous 
donnons  à  la  famille   le  nom  d'Onothéracées. 
Dans  ce  travail  restreint  à  la   seule  Flore   de 
France,  nous  ne    pouvons  nous  occuper  de  la 
division  en  tribus,  division  qui  ne  peut  résul- 
ter que   de  l'étude  préalable    des  affinités  des 
genres  de  la  famille,  genres  sur  lesquels,  d'ail- 
leurs,tous  les  botanistes  sont  loin  d'être  d'ac- 
cord. Nous   remplaçons  les  appellations  d'Is- 
nardia ou  de  Dantia  par   celle   de   Ludwigia, 
d'abord,  parce  que   nous  ne  voyons  aucune 
différence  générique  appréciable  entre  l'espèce 
qualifiée  chez  nous  d'Isnardia  paluslris  et  les 
autres  espèces  de  Ludwigia  du  globe  ;  ensuite, 
parce  que  la   presque    unanimité   des   espèces 
voisines  de  notre  espèce  française  sont  rangées 
sous  l'appellation  que  nous  préconisons  et  que, 
pour   la   plus   grande  partie  des  botanistes,  le 
nom  d'Isnardia  ne  donne  pas  naissance  à    u 
nom    de  famille;  enfin,    parce  que   I.inné  lui- 
même,    se  corrigeant  dans   le    même    volume 
où  il  donnait  a  la  plante  le    nom  d'Isnardia, 
préférait    lui    attribuer    celui    de    Ludwigia 
paluslris  (  i/53). 

Nous  excluons  de  la  famille  des  Onothera- 
cées  les  genres  Hippuris  et  Myriophvllum. 
que  certains  auteurs  y  rattachent  et  qui,  selon 
nous,  sont  mieux  à  leur  place  dans  la  famille 
des  Haloragacées. 
(A  suivre).  II.   I. ÉVEILLÉ. 


(i)  L'étude  des  variations  fera  l'objet  d'un  tra- 
vail ultérieur.  Dans  le  présent  travail  nous  ne  nous 
occupons  que  d^s  formes  qui  par  leur  constance 
méritent  réellement  d'être  distinguées. 


Académie  international  de  Géo- 
graphie botanique 

Election    de    deux    Académiciens 
titulaires 

Présentés  : 
MM.    H.  Lisboa,  de  Bombay; 

Th.  de  Helureich,  d'Athènes  ; 
Ch.  Grav,  de  Coonoor; 
A.  Sada,  de  Pondichéry. 

Election  de  deux  Académiciens  cor- 
respondants 

Présentés  : 
MM.  J.  Christian  Bav,  Des  Moines  ; 
Casimir  de  Candolle,  Genève  ; 
Georges  Radde,  Tiflis  ; 
Henri  Trimen,   Peradeniya    (Ceylan). 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


99 


Johann  Lange,  Copenhague  ; 

Robeit  Philippi,  Santiago. 
MM.  les  Académiciens  honoraires,  titulaires 
ou  correspondants,  voudront   bien  faire   par- 
venir leur  vote  avant  le  i  er  août  au  Secrétariat 
de  l'Académie,  concernant  ces  élections. 


Quelques  Académiciens  restant  des  années 
entières  sans  donner  signe  de  vie  et  sans 
adresser  le  montant  du  pris  de  l'organe  de 
l'Académie  qui  les  tient  au  courant  de  la  vie 
de  celle-ci,  nous  avons  pensé  qu'il  était  bon 
d'établir  une  sanctionet  decomblerune  lacune 
de  nos  statuts  et  règlements.  Aussi,  sur  notre 
demande,  le  Directeur  de  notre  Académie  a-t-il 
bien  voulu  porter  la  décision  suivante  qui 
indique  la  marche  à  suivre  à  l'avenir  en  pareil 
cas,  et  portera  le  n°  7  dans  l'ordre  des  déci- 
sions. 

Décision  en  date  du  30  Juin  1896 

La  radiation  d'un  membre  de  l'Académie  est 
prononcée  par  le  Directeur  quand  ledit  mem- 
bre n'a  ni  versé  de  cotisation  ni  donné  signe 
de  vie  depuis  3  ans,  ni  répondu  au  triple  avis, 
le  dernier  par  pli  recommandé,  lui  signifiant 
sa  radiation  prochaine  et  motivée. 

Pour  la  radiation  d'un  Académicien,  le 
Directeur  doit  en  outre  consulter  les  Collègues 
de  celui-ci  et  prendre  leur  avis  avant  de  ren- 
dre sa  décision. 

Le  Directeur. 
William  Trei.ease. 


Médaille  scientifique  Internationale 

Par  décision  prise  en   conseil  en   date  du 
i"  juillet  1896, 
Sont  promus  à  la  médaille  de  2e  classe  : 

MM. 

Benjamin  Daydon  Jackson  (London)  Index 
kewensis. 

Johann  Lange  (Copenhague).  Services  ren- 
dus à  l'Académie. 

Sont  nommés   titulaires   de   la   médaille  de 
3«  classe. 

MM. 

N.  Alboff  (Tiflis).  Découvertes  botaniques. 
R.  Maire  (Dijon).  Ensemble  de   ses  travaux 

botaniques. 
Carlos    E.    Porter     (Valparaiso).    Services 

rendus  à  l'Académie. 
Paul   Parmentier    (Baume-les- Dames).    Re- 


cherches sur  les  Epilobes  de  France. 
C.  G.  Lloyd  (Cincinnati).  Ensemble  de  ses 

travaux  botaniques. 
B.   Souche    (Pamproux).     Flore   du    Haut- 
Poitou. 
Venance    Payot    (Chamonix).     Recherches 

botaniques. 
Ed.  Spalikovvski  (Rouen).  Ensemble  de  ses 

travaux  botaniques. 

Stefan  Stefansson  (Modruvellir).  Ensemble 

de  ses  études  botaniques. 
Eug.  Rolland  (Paris).  Flore  populaire. 

H.  Olivier    (Bazoches-au-Houlme,    Orne). 
Ensemble  de  ses  travaux  sur  les  lichens. 
Le  Directeur, 
William  Trei.ease. 


Flore  de  France 


A  la  suite  du  tirage  du  1er  juillet,  M.  J.  Sou- 
lié,  professeur  à  Espalion,  est  l'heureux 
gagnant  des  volumes  parus  et  à  paraître  de 
la  Flore  de  France  de  MM.  RouYet  Foucaud. 
Les  volumes  parus  lui  seront  adressés  prochai- 
nement. 


Par  décision  en  date  du  21  Juin,  le  R.  P. 
Camboué,  de  Tananarive  (Madagascar)  est 
nommé  Associé  libre  de  l'Académie. 

Le  Directeur, 
W.  Trelease. 


M.  R.  Maire  remercie   l'Académie  pour  sa 
nomination  de  membre   Auxiliaire. 


A.  nos  Lecteurs 

L'Epilobe  figuré  en  grandeur  naturelle 
dans  notre  dernier  numéro  est  E.  Fau- 
riei. 

L'article  de  M.  Gillot  a  été  par  errreur 
signé  O.  Debeaux.  Nos  lecteurs  auront  rectifié 
d'eux-mêmes  cette  faute  typographique. 

Dans  la  note  sur  le  Viola  bicalcarata,  lire  à 
la  fin  M.  C011.L10T  et  non  pas  Colliot. 


Recherches  sur  les  Epilobes  de  France 

On  peut  résumer,   d'après  moi,  dans  le  ta- 


IOO 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


bleau  suivant,  les   rapports,   entre  elles,  des 
espèces  d'Epilobium  de  France  : 


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Il  y  a  lieu  d'appeler  d'une  façon  toute  parti- 
culière l'attention  des  botanistes  français  sur 
E.  nutans  SchmiJt,  dont  M.  Parmentier  n'a 
pas  pu  avoir  à  sa  disposition  des  échantillons 


authentiques,  et  qui,  mal  connu  chez  nous, 
a  été  confondu  tantôt  avec  E.  alsinifolium 
Yill.,  tantôt  avec  E.  alpinum  L.  Il  s'en  dis- 
tingue par  ses  graines  finement  papilleuses, 
tandis  qu'elles  sont  lisses  dans  les  deux  autres 
espèces,  par  ses  capsules  pubescentes-cen- 
drées,  par  ses  stolons  grêles,  écailleux  à  la 
base,  feuilles  au  sommet,  intermédiaires  par 
conséquent  entre  ceux  des  espèces  précéden- 
tes, par  sa  fleur  très  petite,  violacée,  très  pen- 
chée, etc.;  mais  il  semble  néanmoins  ne  cons- 
tituer qu'un  seul  et  même  groupe  spécifique 
avec  les  deux  espèces  précitées.  L'E.  milans 
Schm.  (E.  Hornemanm  Schr.),  qui  a  aussi  des 
affinités  avec  E.  palustre  L.,  et  que  Haus- 
sknecht  (Monog  ,  p.  141)  et  Nyman  (Go'ftsp .  fl , 
Europ. ,  supp.  p.  12  1)  admettent  comme  une 
bonne  espèce,  est  répandu  dans  toute  l'Europe 
centrale  :  Bade,  Bavière,  Bohême,  Silésie', 
Tyrol,  Carinthie,  Hongrie,  Transylvanie,  etc. 
Il  n'est  pas  rare  en  Suisse,  mais  y  a  été  con- 
fondu, comme  en  France,  avec  les  E.  alsini- 
folium et  E.  alpinum.  C'est,  en  effet,  sous  ces 
dénominations  erronées  qu'Haussknecht  en 
a  relevé  seulement  quatre  localités  fran- 
çaises :  la  Grande-Chartreuse  (Isère),  le  Mont- 
Pilat  (Loirej,  les  marais  d'Aigual  (Cévennes), 
et  la  roche  de  l'Aigle  (Ariège).  C'est  donc  une 
espèce  à  rechercher  dans  nos  Alpes  Fran- 
çaises. 

Dr  X.  GILLOT. 


L'Origine  d'un  nom 

Peu  de  botanistes  peut-être  savent  quelle 
est  l'origine  du  nom  spécifique  de  l' Epilobium 
roseum.  En  effet  rien  ne  peut  dans  la  plante 
adulte  faire  deviner  d'où  lui  vient  ce  nom.  Sa 
tige  est  souvent  blanche  et  sa.  fleur  est  ordi» 
nairement  plutôt  blanche  que  rose.  Si  l'on 
suit  au  contraire  l'évolution  de  la  plante, 
depuis  sa  naissance  jusqu'au  moment  où  elle 
développe  ses  rameaux,  l'appellation  de  roseum 
lui  convient  bien.  Car  les  cotylédons  ont 
leurs  nervures  roses  ;  les  premières  feuilles 
ont  toutes  leurs  nervures  de  même  couleur 
et  commencent  à  se  maculer  de  la  même 
nuance.  La  plante  croit  et  bientôt  donne  une 
tige  touffue  qui  se  distingue  nettement  de 
oute  autre  espèce  d'Epilobe  par  ses  feuilles  à 
nervures  rosées,  à  parenchyme  largement 
maculé  de  rose  ou  de  lie  de  vin1  .  La  dénomi- 


(1)  Chez  les  pieds  venus  de  graine  la  maculaMon 
des  feui— es  paraît  et  disparait  par  intervalles»   . 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


IOI 


nation  parait  alors  exacte  et  dès  sa  croissance, 
avant  même  qu'elle  soit  fleurie,  l'œil  exercé 
du  botaniste    peut  reconnaître  cette  belle  et 
intéressante  espèce. 
-.        .  H.  L. 


Revue  des  Sociétés  Savantes 

ACADÉMIE    DES  SCIENCES  DE  PARIS 

Séance  du  7  Avril  1896  —  Sur  un  n'j  con- 
servé depuis  plus  d'un  siècle.  Balland.  —  L'auteur 
avait  reçu  un  échantillon  de  riz  que  M.  Boutroux, 
officier  d'administration  à  Amiens,  avait  rapporté 
du  Tonkin  lorsqu'il  était  attaché  au  corps  expédi- 
tionnaire. Ce  riz,  non  décortiqué,  se  rapprochant 
beaucoup  du  paddy  ordinaire  de  Cochinchine, 
élait  conservé  depuis  plus  décent  ans  à  Hué,  dans 
les  magasins  d'approvisionnementsdu  roi.  L'examen 
comparatif  effectué  avec  des  grains  nouveaux  a 
prouvé  que, dans  le  vieux  riz,  les  matières  grasses 
seules  tendent  à  disparaître  sans  que  l'acidité  soit 
sensiblement  modifiée.    < 

Séance  du  15  avril.  —  MM.  Ed.  Bonnet  et 
G.  Baratte  ont  déposé  le  Catalogue  raisonné  des 
plantes  vasculaires  de  la  Tunisie.  —  Application 
de  la  photographie  par  les  rayons  de  Rôntgen  aux 
recherches  analytiques  des  matières  végétales.  Fer- 
nand  Ranwez.  —  En  appliquant  les  propriétés  des 
rayons  de  Rôntgen  pour  l'analyse  de  trois  échan- 
tillons de  satran,  l'auteur  a  obtenu  sur  une  plaque 
sensible  des  impressions  variables  qui  l'ont  amené 
à  constater  une  falsification.  Celle-ci  était  due  au 
sulfate  de  baryte,  et  sur  les  épreuves  positives  on 
différenciait  parfaitement  les  stigmates  enrobés 
parce  produit  des  stigmates  non  adultérés. 

Séance  du  20  avril.  —  Truffes  fTerfâs))  de 
Mesrata,  en  Tripolitaine.  Ad.  Chatin.  —  L'auteur 
a  reçu  de  M.  D'Estrées,  consul  général  de  France 
à  Tripoli,  deux  échantillons  de  Terfàs,  recueillis, 
l'un  à  Defnia,  l'autre  à  "Wadi-Mimon,  localités 
voisines  de  Mesrata. 

Le  premier  a  été  reconnu  pour  le  Terfe\ia  Cla- 
veryi,  et  le  second  pour  le  T.  Metaxasi,  espèces 
déjà  connues.  La  terre  des  truffières  de  la  région 
de  Mesrata  est  un  fin  sable  jaune,  pourvue  en  assez 
forte  proportion  d'azote,  acide  phosphorique,  po- 
tasse, fer.  La  plante  nourrice  paraît  être  un  petit 
Cistus.  A  ce  dernier  propos,  M.  Chatin,  d'après 
les  nombreux  faits  constatés,  formule  la  loi  sui- 
vante :  «  Les  Terfàs  ont  pour  nourrices  des  herbes 
ou  de  petites  espèces  sous-ligneuses,  et  les  Truffes 
proprement  dites  (Truffes  du  Périgord,  etc.),  des 
arbres.  » 

Sur  la  mcmbrane^de  l'Ectocarpus  fulvescens.  C. 
Sauvageau.  —  L'auteur  a  recherché  sur  l'Ectocar- 
pus fulvescens  si  la  constitution  de  la  membrane 
des  algues  phéosporées  offrait  la  complexité  signa- 
lée pour  d'autres  végétaux  par  les  récents  travaux 
de  M.  Mangin.  Il  a  été  amené  à  conclure  que  la 
membrane  de  l'E.  fulvescens  est  de  nature  cellu- 
losopectique.  La  surface  extérieure,  exclusivement 
pectique,  probablement  avec  condensation  spéciale, 
joue  le  rôle  d'une  cuticule;  à  l'intérieur  est  un 
cylindre,  cloisonné  par  les  lamelles  moyennes, 
qui  est  fortement,  ou  peut-être  exclusivement  pec- 
tique; enfin,  à  l'intérieur  de  chacun  des  articles 
ainsi   délimités,    est   une   paroi,    propre  à  chaque 


cellule,  où  la  proportion  de  cellulose  est  bien  plus 
considérable  que  celle  des  composés  pectiques. 
M.  Sauvageau  penseque  ces  remarques  s'appliquent 
à  bien  d'autres  phéosporées. 

Sur  l'avortement  de  la  racine  principale  che\  une 
espèce  du  genre  Impatiens  (L.).  Camille  Brunotte. 
M.  Flahaut  avait  constaté  chez  le  Trapa  natans 
l'avortement  de  la  racine  principale.  Pareil  fait  est 
signalé  par  M.  Camille  Brunotte  chez  l'Impatiens 
noli-tangere  L.  La  graine  mûre  de  cette  espèce 
porte  à  l'une  de  ses  extrémités  un  petit  renflement 
qui  correspond  à  la  région  hypocotylée  et  radicu- 
laire  ;  mais  la  racine  principale  n'existe  pas.  A  la 
germination,  cette  espèce  se  comporte  autrement 
que  les  plantes  du  même  genre.  Elle  germe  très 
difficilement  dans  les  cultures  ordinaires.  Les 
premiers  phénomènes  de  la  '-ermination  se  passent 
à  io  ou  i5  centim.  au-dessous  du  sol;  la  graine  se 
fend  à  son  extrémité  pour  laisser  sortir  quatre 
racines  latérales.  Après  la  germination,  à  la  base 
de  la  tige  développée,  on  distingue  parfaitement 
ces  racines  latérales  filiformes  dont  les  ébauches 
existaient  déjà  dans  la  graine  ;  mais  de  racine  prin- 
cipale formant  pivot,  on  n'en  voit  pas  trace.  Chez 
les  autres  Balsamines,  l'auteur  a  toujours  constaté 
la  présence  de  cette  dernière  ;  toutefois,  en  ce  qui 
concerne  17.  glauduligera,  cette  racine  reste  courte, 
grêle  à  son  extrémité  et  paraît  n'avoir  qu'une  durée 
restreinte.  Il  existe  eu  revanche  de  nombreuses 
racines  latérales,  ce  qui  tendrait  à  prouver  que 
lorsque  celles-ci  sont  développées,  la  racine  prin- 
cipale n'a  plus  d'importance  au  point  de  vue  phy- 
siologique et  tend  à  disparaître.  L'auteur  croit 
que,  chez  un  certain  nombre  de  plantes  où  celle-ci 
peut  avorter,  les  racines  latérales,  ou  même  une 
seule  racine  latérale  naissant  près  du  sommet, 
paraît  prendre  la  place  de  la  vraie  racine  princi- 
pale. 

SOCIÉTÉ  DE  BIOLOGIE 

Séance  du  18  avril.  —  Action  physiologique 
de  la  Nicouline.  Dr  Ed.  Boinet.  —  La  Nicouline 
(C3  H4  O)  est  une  poudre  blanche,  inodore,  sans 
saveur  et  cristallisée  extraite  par  M.  Geoffroy  du 
Robinia  Nicou  Aublet,  légumineuse  de  la  Guyane, 
appelée  aussi  par  les  indigènes  «  liane  à  enivrer 
le  poisson  ».  Cette  liane,  réduite  en  filasse  et  agitée 
dans  l'eau,  leur  sert  à  stupéfier  et  à  capturer  le 
poisson.  Les  mêmes  effets  sont  produits  par  une 
autre  liane  de  l'Oregon,  le  Serjania  lethalis.  Cette 
action  paraît  être  attribuable  à  un  principe  actif 
analogue  à  la  Nicouline.  L'auteur  a  effectué  de 
nombreuses  expériences  physiologiques  avec  la 
Nicouline  sur  des  poissons  de  mer:  crabes,  lézards, 
grenouilles,  rats,  cobayes,  et  en  déduit  d'intéres- 
santes conclusions  sur  ses  propriétés  hyposthéni- 
santes,  stupéfiantes  et  paralysantes. 


Revue  des  Revues 

Cosmos  (n*  585).  —  Le  traitement  par  l'Aristo- 
loche, H.  Léveillé.  M.  Léveillé  fait  connaître  le 
résultat  de  deux  expériences  qui  tendent  à  démon- 
trer l'action  souveraine  de  l'Aristolochia  indica 
contre  le  venin  des  serpents.  Peut-être  le  sérum 
de  l'Ichneumon  ou  Mangouste,  ennemi  né  du  ser- 
pent, jouirait-il  de  propriétés  immunisantes  et 
préservatrices  ;    on    pourrait   au  moins   en   tenter 


102 


Ll        MONDE       DES       PLANTES 


l'essai.  —  (n»  588).  —  Les  guêpes    entomophages, 
A.  Acloque. 

La  Revue  scientifique  iS  avril  1896).  —  La 
notion  de  l'espèce  et  la  nomenclature,  A.  Acloque. 

Le  Naturaliste  (i«  mai  1896).  —  Ilcrborisa- 
t  ions  pratiques,  I;r  X.  Gillot.  Instructions  très 
utiles  pour  la  récolte  des  plantes  et  les  premiers 
soins  à  donner  aux  échantillons  recueillis. 

Bulletin  de  la  Société  botanique  de 
France  (mars-avril  1896).  —  Sur  la  pénétration 
lie  la  Rhifoctone  violette  dans  les  racines  de  Bette- 
Rave  et  de  Luzerne,  Ed.  Prillieux.  Pour  ces  deux 
plaines,  ce  n'est  que  par  les  corps  miliaires  que 
les  filaments  du  parasite  pénètrent  dans  l'hôte  ;  les 
filaments  mvcéliens  ne  sauraient  traverser  les 
couches  extérieures  de  l'écorce  ;  c'est  l'action  exer- 
cée par  le  tissu  du  corps  miliaire  qui  presse  sur 
la  cuticule  de  la  racine  et  pénètre  entre  les  cellu- 
les dissociées,  qui  rend  possible  l'accès  des  fila- 
ments de  la  Rhizoctone  aux  tissus  plus  vivants  de 
la  plante  nourricière.  Par  suite,  les  corps  miliaires 
ne  seraient  pas  des  périthèces  incomplètement 
fermés,  ainsi  qu'on  l'a  supposé  ;  leur  ressemblance 
avec  les  périthèces  des  Sphéries  est  toute  superfi- 
cielle ;  et  leur  organisation  rappelle  plutôt  celle 
des  suçoirs  des, Phanérogames  parasites. —  Recher- 
ches sur  la  division  du  noyau  cellulaire  chef  les 
végétaux,  Ch.  Degagny.—  .\ote  sur  deux  Commé- 
lynées  de  l'Afrique  équatoriale.  Maxime  Cornu.  — 
Note  sur  quelques  Liliacées  de  la  Chine  occiden- 
tale, B.  Franchet.  —  Note  sur  l'Arbre  à  prières 
du  monastère  de  Goumboum,  Ed.  Blanc.  M.  Blanc 
estime  que  les  caractères  thibétains  qui  dessinent 
sur  l'écorce  de  cet  arbre  des  formules  pieuses  et 
même  des  prières  entières,  sont  dus  à  une  super- 
cherie des  prêtres,  qui  en  provoqueraient  secrète- 
ment l'apparition  par  le  frottement  sur  l'écorce 
d'un  stylet  mousse  ou  en  promenant  à  queique 
distance  un  fer  chaud. 

Bulletin  de  la  Société  des  Sciences  natu- 
relles de  l'Ouest  de  la  France  [1"  trimestre 
1896).  —  Les  Sphaignes  de  Bretagne,  E.  Bureau 
et  F.  Camus. 

Journal  de  Botanique  (16  avril  et  1"  mai 
1896).  —  Localisations  des  principes  actifs  dans 
quelques  végétaux,  L.  Sauvan.  —  Lichens  d'Aix- 
les-Bains,  Hue. 

La  Revue    scientifique    du   Limousin    (i5 

avril  1890).  La  Taupe,  Ch.  Le  Gendre.  En  géné- 
ral, on  donne  aux  agriculteurs  le  conseil  de  res- 
pecter la  Taupe,  qui  a  la  réputation  de  débarrasser 
la  terre  des  redoutables  larves  du  Hanneton,  les 
insatiables  mans  dont  les  mandibules  tuent  dans 
l'œuf  les  promesses  des  plus  belles  récoltes.  Or,  il 
paraîtrait  que  pour  la  Taupe  le  ver  blanc  est  au 
ver  de  terre  ce  que  pour  nous  le  merle  est  à  la 
grive;  et,  comme  le  ver  de  terre  est  éminemment 
utile,  puisqu'il  laboure  en  tous  sens  le  sol  et  con- 
tribue à  son  aération,  il  en  résulte  que  les  services 
de  la  Taupe  sont  très  hypothétiques.  M.  Joyeux- 
Laffuie  a  ouvert  un  très  grand  nombre  de  Taupes 
capturées  dans  des  localités  où  les  hannetons  sont 
très  abondants,  et  dans  leur  estomac  il  n'a  trouvé 
aucune  trace  des  pièces  dures  et  chitineuses  qui 
auraient  révélé  l'absorption  des  vers  blancs;  en 
revanche,  les  débris  de  vers  de  terre  y  étaient 
abondants. 

Bulletin    de  1  Herbier   Boissier   (iv,  3).    — 


Zur  Flora  Tessins,  J.  Bornmuller.  —  Herborisa- 
tions au  Costa-Rica,  Ad.  Tondu/.  —  L'eber  nette  und 
bemerkenfwerthe  orientalischc  Pflan^en-Arten, 
J.  Freyn. 

Boletim  da  Sociedade  broteriana  (i8g5).— . 
Umbelliferce. 

Nuovo  giornale  botanico  italiano  [5aprile 
:8g6).  —  Contribulo  allô  studio  délie  Sarcissee 
italiane.  A.  Preda.  —  Xuova  miscellanea  teratolo- 
gica,  C.  Massalongo. 

Répertoire  de  Pharmacie  10  février  1896  .— 
Recltercltes  sur  la  localisation  de  la  daphmne  dans 
les  Daphne  alpina  et  IJ.  Gnidium.  L.  Sauvan.  — 
La  Daphnine  est  un  glucoside  découvert  par  \  ai  - 
qielin,  dans  le  Daphne  alpina  et  extraite  par 
Bver  et  G.MEi.iN  du  D.  Gnidium.  Chauffée  au- 
dessus  de  100°  elle  se  décompose  en  donnant  de 
l'ombelliférone.  La  racine  contient  très  peu  de 
daphnine.  Dans  la  tige,  elle  est  surtout  localisée 
dans  les  premières  assises  périphériques  de  l'écorce 
et  dans  les  éléments  libériens.  Elle  y  est  plus 
abondante  à  l'époque  de  la  floraison  et  de  la  fruc- 
tification. Dans  la  feuille,  sa  localisation  se  mani- 
feste dans  le  pétiole  et  la  nervure  principale. 
L'épiderme  supérieur  du  limbe  en  renferme  da- 
vantage que  l'épiderme  inférieur.  La  graine  et 
surtout  le  fruit  sont  les  organes  végétatifs  qui  ren- 
ferment la  plus  grande  quantité  de  daphnine.  Le 
D.  alpina  est  plus  riche  que  le  D.  Gnidium. 

Journal     de     Pharmacie     et    de     Chimi 

(i5  avriD.—  Sur  l'hydrolyse  du  raffinosc  fmeluosel 
par  les  ferments  solublcs.  Em.  Bourquelot.  —  Le 
raffinosc,  découvert,  en  1876,  par  Loiseau,  dans 
certains  sucres  de  raffinerie,  a  été  retrouvé  dans  la 
betterave, les  semences  de  coton  (gossypose),  l'orge, 
le  blé  en  germination.  Il  est  identique  au  mélitose 
de  la  manne  d'Eucalyptus. 

L'auteur  a  recherché  l'action  exercée  sur  ce  sucre 
par  un  liquide  fermentaire  contenant  une  culture 
d'Aspergillus.  Ce  dernier  hydrolyse  le  raffinosc, 
mais  les  résultats  obtenus  ne  permettent  pas  de 
déterminer  la  composition  exacte  du  liquide  hy- 
drolyse. 

Des  essais  comparatifs  effectués  avec  de  la  levure 
de  boulanger  et  de  la  levure  de  fermentation  basse 
ont  fourni  à  peu  prés  les  mêmes  résultats  ;  l'hy- 
drolyse a  même  été  un  peu  plus  loin  avec  cette 
dernière. 


Bibliographie. 

La  Vigne  du  Mont  Ida  et  le  Vaccinium. 
D'  Saint-Lager.  —  Nous  citerons  la  conclusion  de 
cette  brochure  qui  témoigne  d'une  vaste  érudi- 
tion :  '■  Ne  voulant  pas  encourir  de  nouveau  l'ac- 
cusation d'être  un  perturbateur  de  l'ordre  public, 
je  ne  viens  pas  demander  que  le  nom  générique 
Vaccinium  soit  banni  de  la  nomenclature  botanique. 
On  pourra  le  conserver  provisoirement,  à  côté  de 
plusieurs  autres  quiont  été  détournésde  leursigni- 
Iication  primitive,  jusqu'au  jour  où  quelque 
réformateur  influent  parviendra  à  faire  accepter 
les  appellations  Myrtillus  niger,  M.ruber,  M.ulU 
ginosus,  M.  oxycoccus,  etc.  Cependant,  à  cause 
des  motifs  développés  dans  la  première  partie  de 
cette  étude,  j'estime  que  pour  ne  pas  continuer  a 
répéter  une  erreur  historique  et    géographique,    il 


I.E       MONDE       DES       PLANTES 


103 


convient  de  remplacer  d'ores  et  déjà  la  dénomina- 
tion Vaccinium  Vitis-idœa  par  celle  de  V.Rubrum 
Dodoens,  Myrtille  à  fruit  rouge. . .  Les  traductions 
des  Bucoliques  de  Virgile,  des  Tristes  d'Ovide,  du 
Traite  d'Architecture  de  Vitrine,  et  enfin  de  l'His- 
toire naturelle  de  Pline,  préviendront  dorénavant 
leurs  lecteurs  que  les  deux  noms  Vaccinium  et 
Hyacinthus  sont  synonymes,  et  désignent  la 
Liliacée  qu'on  appelle  en  français  Vaciet  ou  Ja- 
cinthe ou  encore  Hyacinthe.  Heureusement  les 
traducteurs  des  ouvrages  de  l'ancienne  latinité  ne 
se  sont  pas  laissé  enchaîner,  comme  les  naturalistes, 
par  l'absurde  convention  dite  règle  de  priorité.  Ils 
ont  maintenu  entière  la  liberté  de  corriger  les  er- 
reurs commises  par  leurs  devanciers.  » 

Flore  populaire  ou  Histoire  naturelle  des 
Plantes  dans  leurs  rapports  avec  la  linguistique  et 
le  Folklore,  par  Eugène  Rolland.  Tome  ier.  Li- 
brairie Rolland,  2,  rue  des  Chantiers,  Paris,  1896. 
Prix  :   6  fr. 

Tous  nos  lecteurs  se  souviennent  du  desideratum 
exprimé  par  M.  le  professeur  Giard,  à  la  suite  du 
compte-rendu  d'un  travail  de  M.  l'abbé  A.  L.  Le- 
tacq  ainsi  que  de  la  lettre  de  M.  Clos. 

Le  volume  que  nous  avons  sous  les  yeux  vient 
donc  répondre  à  ce  desideratum  et  combler  une 
lacune. 

Dans  les  272  pages  qu'il  renferme,  l'auteur 
donne  les  noms  vulgaires  des  plantes  appartenant 
aux  familles  des  plantes  comprises  entre  les  Re- 
nonculacées  et  les  Crucifères  incluses. 

La  seule  liste  des  Auteurs  cités,  qui  se  trouve  à 
la  fin  du  volume,  témoigne  de  la  patiente  érudi- 
tion du  chercheur  et  du  travailleur  qu'est  M.  Rol- 
land. 

En  dehors  des  ouvrages  imprimés,  la  tradition 
orale,  les  indications  des  amis  et  correspondants, 
et  les  documents  extraits  d'ouvrages  peu  à  la  por- 
tée de  tous,  ont  permis  au  distingué  tolkloriste  de 
mènera  bien  cette  première  partie  de  son  œuvre. 
Souhaitons  d'en  voir  l'achèvement  et  nous  aurons 
là  un  véritable  monument  d'érudition  fort  utile  à 
tous  les  botanistes  du  globe  et  plus  spécialement 
aux  auteurs  de  flores  ou  aux  amateurs  de  légendes. 
Car  celles-ci  n'ont  point  été  négligées,  au  contraire. 
D'ailleurs  il  n'en  pouvait  être  autrement,  étant 
donné  le  cours  des  études  del'auteur  de  ce  précieux 
travail. 

On  se  rendra  compte  de  l'importance  de  l'œuvre 
quand  on  saura  que  les  langues  suivantes  y  sont 
représentées  :  Grec  ancien,  moyen  âge  et  moderne 
latin  ancien,  iroyen  âge,  de  la  Renaissance  et  con- 
temporain, Français  ancien  et  moderne  avec  tous 
les  patois  de  la  France,  de  la  Suisse  romande,  du 
Pays  Wallon,  des  iles  normandes  et  du  val  d'Aoste, 
Italien,  Latin,  Espagnol,  Portugais,  Catalan,  Rou- 
main, Allemand,  Néerlandais  (flamand  et  hollan- 
dais), Anglais,  Breton  et  langues  celtiques,  Langues 
Scandinaves,  Langues  slaves,  Langues  lithuanien- 
nes (lithuanien  et  letton),  Albanais,  Tsigane,  Bas- 
que, Magyar,  esthonien,  finnois,  Arabe,  persan, 
turc,  arménien  et  autres  langues  orientales. 

En  terminant  son  introduction,  M.  Rolland  fait 
appel  à  de  nouveaux  collaborateurs  pour  les  volu- 
mes suivants  de  la  Flore  populaire.  Nous  avons  la 
certitude  que  cet  appel  sera  entendu. 

H.  L. 


Pittonia  a  séries  of  botanical papers  by  Edward 
Greene,  professor  of  Botany  in  the  Catholic  Uni- 


versity  of  America,  Washington.  May  1S96. 

Nous  relevons  dans  ce  numéro  les  notes  suivan- 
tes :  Nomenclature  of  the  Fullers'  Teasel  (l'auteur 
regarde  comme  très  désirable  que  l'on  reprenne 
l'appellation  de  Dipsacus  fullonum  pour  dénommer 
le  véritable  chardon-Foulon)  ;  A  proposed  new 
Genus  of  Cruciferœ .  (Sous  la  dénomination  nou- 
velle de  Sibara,  le  distingué  botaniste  américain 
réunit  six  espèces  réparties  à  tort  entre  différents 
genres,  à  savoir:  Cardamine  filifolia  Greene,  Ara- 
bis  pectinata  Greene,  Cardamine  angclorum, \\'ats 
Nasturtium  laxum  Wats.,  Sisymbrium  Brandegea- 
num  Rose,  Cardamine  Palmeri  Wats.);  New  or  note- 
warthyspecies  —  xv.  (Ranunculus  samolifolius,  R. 
occidentalis  var.  ultramoutanus,  var.  Howellii,  var. 
brevistyhtSjDelphinium  cognatum,  D.  gracilentum, 
Khamnus  pirifolia,  R.  betulœfolia,  R.  anonœfolia, 
R.  Smithii,  Eriogonum  densum,  E.  subalpinum,  He- 
dysarum  occidentale,  Potentilla  reflexa,  P.Hanseni, 
P.  lactea,  P.  valida,  Prunus  Oregana,  Ribes  la- 
sianthum,  Solidago  ciliosa,  Pyrrocoma  congcsta, 
P.  gossypina,  Chrysothamnus  humilis,  C.  collinus, 
C.  linifolius,  Erigeron  tenuissimus,  E.  Blochmanœ 
Centromadia  perennis,  Carduus  Nevadensis,  Ago- 
seris  dasycarpa,  Crépis  platyphylla,  Phlox  alyssi- 
folial  ;  A  new  Genus  of  Polemoniacea?  (Langloisia 
dédié  au  R.  P.  A.  B.  Langlois,  à  Martinsville, 
Louisiane:  comprend  les  anciennes  espèces  sui- 
vantes :  Lœselia  Matthewsii  Gray,  Navarretia 
Schottii  Torr.,  N.  setosissima  Torr.  and  Gray)  ; 
Some  Mexican  Eupatoriaceœ  (Eupatorium  enony- 
mifolium,  Stevia  deltoidea,  S.  decumbens). 

Enumération  des  Lichens  de  l'île  Anno- 
bonpar  William  Nvi.ander.  Ce  travail  forme  un 
supplément  aux  Lichenes  insularum  Guineensium 
du  savant  lichénologue.  Il  renferme  l'énumération 
de  3i  espèces  dont  14  se  retrouvent  dans  les  îles 
de  San  Thomé,  do  Principe  et  das  Cabras.  M.  F. 
Newton,  le  collecteur  de  ces  plantes,  a  visité  aussi 
l'île  des  Tortues  où  il  n'a  constaté  la  présence,  en 
fait  de  Phanérogames,  que  d'une  seule  Cypéracée. 

Cœlentérés,  Echinodermes,  Protozoaires, 

par  Albert  Granger,  i  vol.  de  3y5  pages  avec  187 
figures  dans  le  texte.  Prix  :  br.  3  fr.  5o,  franco 
3  fr.  90;  cart.  4  fr.  23,  franco  4  fr.  70.  Librairie 
les  fils  d'Emile  Deyrolle,    46,  rue  du  Bac,  Paris. 

L'ouvrage  de  M.  Granger  fait  partie  de  l'Histoire 
naturelle  de  la  France,  encyclopédie  à  la  portée 
de  tous,  dont  la  Maison  Deyrolle  poursuit  la  publi- 
cation dans  le  double  but  de  vulgariser  la  science 
et  d'attirer  aux  études  scientifiques  de  nombreux 
adeptes.  Le  présent  volume  sera  un  guide  précieux 
pour  tous  ceux  qui  s'intéressent  aux  sciences,  plus 
particulièrement  encore  pour  ceux  qui  fréquentent 
les  plages  et  plus  tard  il  leur  rappellera  les  doux 
souvenirs  inséparables  des  recherches  faites  dans 
le  domaine  de  l'histoire  naturelle.  Les  nombreuses 
figures  du  livre  aideront  beaucoup  celui  qui  l'aura 
sous  la  main,  en  même  temps  que  les  conseils 
pour  la  recherche  des  animaux  dont  il  traite  lui 
seront  des  plus  précieux. 

Le  Jardin  de  l'Herboriste.  Propriétés  et 
culture  des  plantes  médicinales  et  des  simples,  par 
H.  Correvon,  avec  112  figures  dans  le  texte.  Genève, 
chez  l'auteur,  2,  rue  Dancet  ;  Paris,  O.  Doin,  édi- 
teur, 8,  place  de  l'Odéon. 

Notre  sympathique  collègue  poursuit,  avec  un 
zèle  infatigable,  son  œuvre  de  vulgarisation.  Ce 
livre  s'adresse  à  tous,  mais  plus  spécialement  aux 


io4 


LE       MONIH-:       DES       PLANTES 


personnes  qui,  possédant  un  jardin,  veulent  cul- 
tiver chez  elles  les  plantes  officinales.  L'ouvrage 
se  divise  en  deux  chapitres  :  I.  Les  plantes  consi- 
dérées comme  antiseptiques  et  hygiéniques;  les 
fiantes  aromatiques  et  les  parfums;  —  II.  Les 
plantes  officinales  de  nos  champs.  Je  nos  montagnes 
et  de  nos  jardins  ;  leurs  propriétés  médicales,  leur 
culture  et  leur  recuire. 

L'ouvrage,' élégamment  édité,  est  en  outre  orné 
de  gravures  qui  facilitent  la  reconnaissance  des 
espèces. 

Plantes  adventices.  Observations  faites  dans 
l'Est  en  tSgS,  par  R.  Maire.  Notons  YEpilobium 
rosmarinifo'.ium  Haencke  et  TE.   spicatum  Lam. 

Flore  analytique  et  descriptive  des  Cryp- 
togames cellulaires  iMousses,  Hépatiques, 
Champignons,  Lichens,  Algues)  des  environs  de 
Toulouse.  Tableaux  dichotomiques  pour  la  déter- 
mination facile  des  espèces,  par  E.  Pée-Laby, 
i  vol.  de  262  p.,  b  francs,  librairie  Edouard  Privât, 
4X  rue  des  Tourneurs,  Toulouse. 

Matériaux  pour  servir  à  la  Faune  des 
Vertébrés    du    département   de   l'Orne    par 

M.  l'abbé    A.  L.  Letacq.    Caen,  Henri  Delesques, 
éditeur. 

Intéressante  monographie  à  imiter  et  qui  pour- 
rait servir  de  modèle  dans  chaque  département. 

Camphor  laaf  Oil  by  David  Hoopf.r.  Intéres- 
sante note  sur  l'huile  de  la  feuille  du  Camphrier, 
faisant  suite  aux  nombreux  et  instructifs  travaux 
de  l'auteur,  bien  placé  pour  étudier  les  plantes 
utiles  et  médicinales,  dans  un  pays  comme  l'Inde 
où  elles  abondent. 

Ergebnisse  der  Durchforechung  der  Schle- 
sischen  Phaneregamen  flora  im  Jahre  iSqb 
zusammengestellt  von  E.  Fiek  und  Tu.  Schcbe.  Ce 
travail  comprend  :  d'une  part,  des  espèces  ou  va- 
riétés nouvelles  pour  la  Silésie;  et  d'autre  part. 
des  localités  nouvelles  de  plantes  rares  ou  peu 
communes. 

Citons  parmi  les  premières  :  Ranunculus  acer 
X  repens,  Figert  nov.  hybr.  Delphi  niitm  alpinum, 
W.  Kit.  Malcolmia  maritima  L.  Spergularia  sa- 
Una,  Presl .  Acer  pseudoplatanus  L.var.  Fieberi 
Ortus.  Rosa  gallica  X  rubiginosa  Reuter,  Vi- 
burnum  Lantana,  L.  Cnicus  benedictus  L.  CoiîfO.'- 
vulus  dahuricus  Sims.,  Solarium  rostratum  Dunal. 
Lamium  incisum  Willd.  Carex  atrata  L.  v.  rhi- 
zogyna Schur,  Blechnum  Spicant  h.  var. serratum 
Wolloston  plus  2  Salix  et  4  Polygonum  hybrides. 
Parmi  les  espèces  dont  de  nouvelles  stations  sont 
mentionnées,  signalons:  Rosa  alpinaL.,Epilobtum 
trigonum  Schrank.  E.  Lamyi  T.  Sch.  E.  obscurum 
Schreb.  etquelques  hybrides  du  même  genre,  Cir- 
cœa  intermedia  Ehrh.  Linnœa  borealis  L.  Orchis 
sambucina   L.  Cephalanthcra  rubra  L. 


Djurjura.  Cette  Médaille  est  décernée  tous  les  deux 
ans,  à  la  suite  du  concours  scientifique  ouvert  de- 
vant l'Académie  pour  les  meilleurs  travaux  impri- 
mes ou  manuscrits  soumis  à  son  examen.  M.  le 
Dr  Clos  était  rapporteur  du  dernier  concours.  Tou- 
tes nos  félicitations  à  notre  excellent  collègue. 

=•>  M.  James  Lloyd,  l'auteur  de  l'excellente 
Flore  de  l'Ouest  de  la  France,  vient  de  mourir  à 
l'âge  de  86  ans. 

— ■>  M.  E.  Rolland,  2,  rue  des  Chantiers,  Paris, 
prépare  le  deuxième  volume  de  sa  Flore  populaire. 
Il  prie  les  personnes  de  bonne  volonté  de  vouloir 
bien  lui  envoyer  la  liste  des  noms  patois  des  plan- 
tes de  leur  pays. 


Informations. 

S->-  L'Académie  des  Sciences,  Inscriptions  et 
Belles-Lettres  de  Toulouse  vient  de  décerner  à 
M.  O.  Debeaux,  notre  savant  et  sympathiquecollè- 
gue,  pharmacien  principal  de  l'Armée  en  retraite 
à  Toulouse,  la  Médaille  d'Or  bisannuelle  (de  la 
valeur  de  120  fr.),  pour  récompenser  son  ouvrage 
récemment  publié  sur  la  Flore  de   la  Kabylie  du 


Ouvrages  offerts  à  la  Bibliothèque 

Du  1"  Avril   au   3i    Mai 

(De  la  part  de  MM.  Hte  Marcaillhou  d'Avmeric) 
(1  broch.);E.  Roze  (i  broch.);  abbé  A.  L.  Letacq 
(2  broch.);  Th.  Schube  (3  broch.);  David  Hooper 
(i  broch.);  Dr  Otto  Kuntze  2  broch.);  Aug.  Le 
Jolis  (i  broch.);  Henri  Correvon  (i  vol.);  J.B.  Bail- 

LIËRE    (i    VOl.)    ;  J.      DÔRFLER    (i      Vol.);      D'     St-LAGER 

(1  broch.);  E.  G.  Camus  (2  broch.);  H.  Olivier 
(2  vol.  5  broch.);  William  Nvlander  (i  broch.  ; 
Devrolle  (i  vol.);  Th.  Schube  (1  broch.)  ;  R.  Maike 
(2  broc.)  ;  Edw.  L.  Greene  (i  broch.);  Eug.  Rol- 
land (i  vol.). 

Nous  adressons  tous  nos  remerciements  aux 
donateurs. 


Mouvement  de  l'Herbier. 

Du  Bun  Ferd.  von  Mueller,  80  spécimens  du  rare 
Prasophyllum  despectans,  recueilli  en  avril  1895. 
à  Western  Port  (Victoria),  par  C  French  J"r. 

Sont  en  outre  annoncés  deux  envois  d'Onothéra- 
cécs,  l'un  du  R.  P.  Sodiro  de  Quito  (Onothéracées 
équatoriennesl,  l'autre  de  M.  Carlos  Porter,  de 
Valparaiso   {Onothéracées  chiliennes!. 

Tous  nos  remerciements  à  nos  généreux  collè- 
gues. 


Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes  », 
H.  LÉVEILLÉ 


Typographie  Ed.   Monnoyer. 


PETITE  FLORE  DE  LA  MAYENNE 

Renfermant  l'analyse  et  la  description  des  plantes  vasculaires 

de  ce  Département 

■Avec   l'indication  de  leur  distribution  géographique    à    la    sur/ace    du    Globe 

1  Volume  in-12  de  252  pages 5  francs 


LE  MONDE   DES  PLANTES 


TARIF   DES   ANNONCES  : 


A  t Année: 

La  page 100  i'r. 

Demi-page 50 

Quart  de  page 30 

Huitième  de  page 15 

Seizième  de  page 8 

Au  Semestre: 
La  moitié  des  prix  précédents   augmentés 
de  10  0/0. 


De  1  à  3  mois 

La  page 10  fr. 

Demi-page  ....  5 
Quart  de  page ...  3 
Huitième  de  page  .  2 
Seizième  de  page  .       1 


Pourchaq.  ann. 


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J.    PUTEAUX  Fils 

Horticn  lteur 

Impasse  du  Débarcadère  (Rive  droite) 
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19,  Rue  Hautefeuille  (près  du  boulevard  Saint-Germain),  à  PARIS 

LE  MONDE  DES  PLANTENT 

Par  P.  CONSTANTIN 

Agrégé  des  sciences  naturelles,  professeur  au  lycée  de  Rennes 

I£)ii  Vente  : 

Tome  premier,  1  vol.  gr.  in-8  de  775  pages,  illustré  de  960  figures 12  ir. 

Le  Momie  des  Plantes  est  une  description  méthodique,  fa- 
mille par  famille,  du  règne  végétal.  L'auteur  s'est  atlacué  à 
étudier  surtout  les  plantes  qui  croissent  dans   notre   pays  et, 

Sarmi  les  plantes  exotiques,  celles  qui  sont  susceptibles 
'applications  intéressantes.  Le  lecteur  trouvera  dans  cet  ou- 
vrage pour  chaque  famille,  chaque  genre  et  chaque  espèce,  à 
côté  des  caractères  botaniques,  l'indication  de  la  distribution 
géographique  du  groupe  étudié,  en  même  temps  que  l'exposé 
des  nombreux  services  que  peuvent  rendre  les  végétaux  à  la 
médecine,  à  l'alimentation,  à  l'industrie,  à  l'agriculture,  à 
l'horticulture,  à  la  décoration  des  appartements,  etc.  Les  carac- 
tères biologiques,  c'est-à-dire  les  phénomènes  intéressants  de 
la  vie  des  plantes,  n'ont  pas  été  oubliés  et  sont  traites  avec  ie 
plus  grand  soin. 

Le  plan  adopté  a  le  grand  avantage  ,ie  répondre  à  un 
double  but.  Ceux  qui,  possédant  déjà  les  premiers  éléments  de 
la  botanique.veulcnt  étudier  dans  une   plante   ses  caractères 


morphologiques,  sa  place  dans  la  classification  naturelle  et  ses 
véritables  affinités,  trouveront  une  description  courte  mais 
exacte  de  tous  les  genres.  Ceux  qui.  au  contraire,  désirent 
surtout  connaître  dans  le  règne  végétal  les  avantages  que 
l'homme  peut  en  tirer  pour  son  usage  personnel  et  qui  esti- 
ment avant  tout  dans  une  plante  les  services  qu'elle  peut  ren- 
dre a  l'alimentation  ou  a  l'art  de  guérir,  a  l'industrie  ou  à 
l'embellissement  de  nos  parterres  ou  de  nos  appartements, 
trouveront  dans  cet  ouvrage  l'exposé,  rendu  aussi  attrayant  que 
possible,  des  applications  dont  sont  susceptibles  les  nombreux 
végétaux  étudiés. 

Tous  ceux  qui  aiment  les  plantes,  et  ils  sont  légion,  peuvent 
donc  lire  ce  livre  avec  plaisir  et  urolit.  Le  Wondû  des  Piaules 
est  d'ailleurs  à  tous  les' points  dé -vue  au  courant  des  derniers 
progrès  de  la  science,  et  l'auteur  s'est  inspir  '  .lion 

des  plus  récents  travaux  publiés  en  France  et  à  l'étranger  par 
les  maîtres  incontestés  de  la  botanique. 


VIENT  DE  PARAITRE: 

BOTANIKEII   AMKSSBDGB 

Botani 

Recueil  de  ;  otanistes 

Ci  us  (es  pays,  dés 

e(  des  Institutions,  So- 

l'u    s  oi  i  iodiques  botaniques, 

par  J.  DORFLER. 

19  feuilles  gr.  in-8,  soit  292  pages.  Reliure 

plète  en  toile.  Prix  :  12  rr.  r>0  cent.  — 

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LE  MONDE  DES  PLANTES 

Par  P.  CONSTANTIN 

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possède  deux  machiues  à  vapeur  qui  font  mouvoir  sept 
presses  mécaniques  typographiques  et  une  presse 
mécanique  lithographique. 

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5e  Année  (2e  Sérik* 


N°  81 


1"  Août  189G 


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DES 


PLANTES 


Revue  Internationale  illustrée 


DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


T5$zr-, 


«  TitnedUite   ititivema  germinantij    in    (erra 
k  Domino.  » 

Dan.,  ch.  m. 


Directeur  :.   HT    EJBVEIJLIjÉ 
Rédacteur  en  chef  :   A.   ACLOQUE 


SOMMAIRE    DU    N«    81 

Académie  internationale  de  Géographie  botanique.  —  Le  genre  «  Rosa  »  de  la  llorc  ageaaisc 
[Suite},  par  0.  DEnEiux.  —  La  greffe  depuis  l'antiquité  jusqu'il  nos  jours  (Saile),  L.  Daniel. 
—  Notre  symbole,  H.  Léveillé.  —  Herborisations  mayennaises,  H.  Léveiu.é  —  Note 
sur  quelques  Mousses  des  environs  du  Puy  (Haute-Loire),  P.  V.  Liotard.  —  Revue  des 
Sociétés  Savantes.  —  Revue  des  Revues.  —Bibliographie.  —    Informations. 


LE      MANS 
Imprimerie  Ed.  MONNOYER,  Place   des   Jacobins,    12 


18  9  6 


ACADÉMIE     INTERNATIONALE 
DE  GÉOGRAPHIE  BOTANIQUE 


Directeur  :  M.  William  Trelease,   St-Louis 

(Missouri). 

ire  perpétuel  :  M.   H.    I.rvniir.  Le 

Mans  (Sarthe). 

Tr  M.    Ch.    Le  Gendre,   Limoges 

(Hte-Vienne). 


CONSEIL    DE   I, 'ACADEMIE 
MM.  W.    T-reuease,    IL   Léveilié,  Ch.  Le 
Gendre,  G.   Rouv,   G.  King,  Treue,  Baron  E. 
von  Mueiaer. 


COMITE  DE  RÉDACTION 

m     M<m Je  des   Plantes 

H.  Léveili.é,  Directeur  ;  A.  Acloquk,  Secré- 
taire,  Rédacteur  en  Chef;  P.  V.  Liotard,  Ré- 
dacteur. 


OFFRES   &  DEMANDES 

Nos  Abonnés  sont  priés  de  vouloir  bien 
nous  communiquer  leurs  offres  et  demandes 
et  leurs  demandes  de  renseignements  qui  se- 
ront insérées  ici  gratuitement  chaque  mois. 
De  cette  façon  il  s'établira  des  relations  entre 
tous  nos  Collègues  abonnés,  amis  et  lecteurs 
qui  en  retireront,  espérons-le,  de  l'utilité  pour 
leurs  travaux  et  leurs  recherches. 


A  Lire  attentivement  ! 

TOUJOURS    LN    AVANT  ! 


Messieurs  cl  chers  Collègues, 

Abonnés  ou   Lecteurs. 

Voici  bientôt  cinq  ans  que  notre  Monde  des 
Plantes  existe.  Il  a  conquis  sa  place  parmi  les 
publications  scientifiques  du  globe.  Son  exis- 
tence est  aujourd'hui  -.assurée  et  ses  lecteurs 
dispersés  aux  quatre  coins  du  globe  sont  ré- 
pandus dans  tous  les  pays  du  monde. 

Pour  arriver  à  ce  résultat,  notre  Directeur 
a  dû  s'imposer  de  lourds,  d'énormes  sacrifi- 
ces. D'autre  part,  il  importe  de  réaliser  de  nou- 
velles et  importantes  améliorations  pour  assu- 
rer à  la  Revue  une  rédaction  encore  plus  soi- 
gnée et  plus  intéressante,  et  pourluiprocurer 
de  nouveaux  lecteurs. 

A  DATER  D'OCTOBRE  PROCHAIN,  LA  COLLABO- 
RATION au  Monde  des  Plantes  sera  rétribuée 
suivant  la  valeur  des  manuscrits  et  d'après  le 
jugement  du  Comité  de  Rédaction.  Toutefois, 
cette  décision  n'aura  pas  d'effet  rétroactif  et 
ne  s'appliquera  pas  aux  travaux  en  cours.  En 
outre,  des  tirages  à  part  gratuits  pourront 
être  offerts  aux  auteurs  selon  que  le  Comité 
de  rédaction   le  jugera    opportun.    Pour  avoir 


droit  à  ces  faveurs,  l'abonnement  à  la  Revue 
sera  requis.  Les  manuscrits  non  acceptés  se- 
ront rendus.  Les  travaux  originaux  et  inédits 
seront  acceptés. 

On  comprendra  sans  peine  que  pour  faire 
face  à  ces  nouvelles  charges,  il  faut  que  nos 
amis  concourent  aussi  à  nous  apporter  leur 
part  de  souscription  à  l'œuvre  commune  et 
nous  avons  la  douce  confiance  que  pas  un  de 
nos  lecteurs  ne  s'y  dérobera. 

Aussi,  a  dater  d'octobre  prochain,  l'abon- 
nement sera  porté  à  io  francs  par  an  pour  la 
France  et  12  francs  pour  les  autres  pays. 

Les  abonnements  de  six  mois  ne  seront 
plus  acceptés  et  le  prix  du  numéro  sera  de 
1  franc.  Il  sera  fait  une  révision  sévère  des 
échanges  et  des  numéros  gratuits  ne  seront 
envoyés  comme  spécimens  que  sur  l'indica- 
tion de  nos  lecteurs  aux  adresses  qu'ils  vou- 
dront bien  nous  désigner  eux-mêmes. 

Certains  que  ces  réformes,  ce'clamâes  par 
un  certain  nombre  de  botanistes,  auront  l'ap- 
probation générale,  nous  remercions  nos  fidè- 
les abonnés  de  leur  précieux  concours  dans 
le  passé,  gage  de  leur  persévérant  attachement 
dans  l'avenir. 

La  Rédaction. 


ABONNEMENTS  : 

UN     AN    :     France 6  (r. 

—  Étranger,    Colonies 8     ■• 

SIX  MOIS  :  France 3     » 

Étranger,  Colonies 4    •> 

Le  Numéro  :  50  ci  a\ 

Les    abonne iris   partent   du     i"   Octobre    en    du 

1er  Janvier  dp  chaque  année, 


Toute   personne  qui  ne    se    désabonnera  pas 
sera    considérée    comme   réabonnée. 


DEPOTS    : 

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Ph.  Heinsberger,  15,  Firsl  Avenue. 

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scientifique,  23,  rne  Racine. 

LAVAI. 
Aug.  Goupil,  quai  Jeati-Fouquct    \  ieux- 1 


5°  Année  (2-Série)# 


No  81 


i"  Août  iSc6 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

'Revue  Internationale  illustrée  de   "Botanique. 


Académie  internationale  de  Géographie 
botanique 

Modification    aux    Statuts 

La  modification  à  l'Art.  II  du  Règlement 
de  l'Académie  et  l'addition  à  l'Art.  V  des 
Statuts  ont  été  adoptées. 

Il  suit  de  là  que  tous  les  Membres  de 
l'Académie,  honoraires,  titulaires,  corres- 
pondants, associés  libres  ou  auxiliaires, 
concourent  par  leur  vote  à  la  nomination 
du  Directeur. 

Nous  invitons  nos  Collègues  à  vouloir 
bien  envoyer  à  l'Herbier  de  l'Académie 
les  plantes  rarissimes  de  leur  région,  repré- 
sentées chacune  par  5o  exemplaires. 


Élections 

MM.  H.  Lisboa  et  Th.  de  Heldreich  sont 
élus  Académiciens  titulaires. 

MM.  Casimir  de  Candolle  et  J.  Christian 
Bay  sont  élus  Académiciens  correspondants. 


Le  genre  «  Rosa  »  de  la  flore  agenaise 
(Suite) 

Var.  e  eordntîfolia  Gandg.  Dec.pl. 
nov.  V,  n°  i  (18-5),  et  Tab.  rhodol.,  n°  12.  — 
Arbrisseau  de  2  met.  5o  à  3  met.  de  haut,  à 
tiges  dressées,  flexueuses,  non  grimpantes, 
munies  d'aiguillons  petits,  nulssurles rameaux 
florifères;  folioles  largement  obovales,  obeor- 
dées  à  la  base,  atténuées  au  sommet,  légère- 
ment glanduleuses  en  dessus,  glabres  des  deux 
côtés,  simplement  dentées  :  pétioles  aculéolés 
velus,  peu  glanduleux  ;  stipules  à  oreillettes 
linéaires -divariquées  ;  pédoncule  1 -3  flore, 
hispide  ;  tube  du  calice  oblong,  lisse  ;  style  se 
prolongeant  en  une  colonne  glabre  ;  fleurs 
blanches,  presque  inodores,  fruit  glabre,  obo- 
vale-oblong,  atténué   des  deux  côtés  (an.  var. 


atienuata  Chaub.  ined.  ?  )  —  Les  haies,  aux 
bords  des  champs  et  des  chemins  à  Brax,  Gou- 
lard,  Pommaret,  etc,  près  dAgen  (O.  Debx.), 
au  château  d'Arasse  (Ab.  Garr.). 

Var.  Ç  pli 5  Uomegas  Gandg.  apud.  O. 
Debx.  Descript.  d'une  csp.  nouv.  de  Rose  in  21e 
Bull.  Soc.  agricole  et  scient,  des  Pyrénées- 
Orient.  (1875),  et  p.  i3  du  tir.  à  part  ;  Gandg. 
Tab.  rhodol.,  n"  17. —  Folioles  grandes,  obo- 
vales-acuminées,  dentées  à  dents  glabres,  non 
ciliées  aux  bords,  velues  seulement  en  dessous 
sur  la  côte  médiane;  pétioles  munis  de  quel- 
ques poils  épars.  —  Lieux  découverts  près  du 
château  d'Arasse  (Ab.  Garr.)  ;  env.  de  Ville- 
neuve-sur-Lot (A.  Guillon). 

Obs.  Dans  ses  observations  sur  les  variétés 
du  R.  sempervirens  in  Primit.  monog.  rosarum 
Fasc.  IV,  p.  3 14,  M.  Crépin,  le  savant  rhodo- 
logiste  de  Bruxelles,  dit  qu'il  possède  de  Vil- 
leneuve-sur-Lot un  rosier  récolté  par  M.  Guil- 
lon, lequel  constitue  une  forme  intermédiaire 
entre  les  R.  sempervirens  eiR.  scandens.  Dans 
ce  spécimen,  la  côte  médiane  des  folioles  est 
peu  velue  en  dessous.  Je  ne  vois  que  la  var. 
phyllomegas  du  R.  sempervirens  à  qui  cette 
torme  pourrait  bien  se  rapporter. 

H.  scandens  Mill.  Dict.,  n°  8;  Déségl. 
Cat.  ros.  Eur.  in  Bull.    Soc.  roy.   bot.    Belg. 
XVI,  p.  209  (1876)  ;  R.  sempervirens  var.  scan- 
dens  Ser.    in   DC.    Prod.    II,   597.    —   Tiges 
rameuses,  grimpantes  puis  décombantes,  pour- 
vues d'aiguillons  crochus  ;  folioles  oblongues 
ou  ovales,  obtuses,  glabres  ainsi  que  les  pédi- 
celles    et    les    nervures    en   dessous  ;  sépales 
entiers,  glanduleux,  hispides;  fleurs  blanches, 
grandes,  à  odeur  suave  ;  styles  hérissés  ;  disque 
ovoïde  ou  subglobuleux;  fruit  petit,  sphérique, 
glanduleux,  d'un    rouge   vif  à  la  maturité.    — 
Haies,  bords    des  chemins  et  coteaux  exposés 
au  midi;  com.  àAgenet  dans  la   plaine  de   la 
Garonne    (O.    Debx.,    Ab.     Garroute,    E.     de 
Pomm.);  se  retrouve  dans  la   vallée  du  Lot  à 
Penne,    Libos     Monsempron,    Fumel  (L.    de 
Bon.,  Combes);  Tournon,  etc.  (Dumolin). 
Var.  6  heteropoda  Gandg.  Tabul.  rho- 


I  (II) 


LE        MONDE       DES       PLANTES 


dol.,  n"  s-,  p.  35;  R.  scandent  Garroure  apuJ 
Soc.  Dauph.  pi.  exsic,  n"  117,  p.  p.  non  iMill., 
—  Diffère  de  la  var.  a  genuina  par  ses  folioles 
obovales-oblongues,  glabres  des  deux  cotes, 
à  pétioles  légèrement  aculèolés,  par  ses  pédon- 
cules allongés  (20-jo  milliml,  lisses  à  la  base 
et  non  totalement  glanduleux  à  la  maturité, 
par  son  fruit  subglobuleux.  —  Haies,  près  du 
château  d'Arasse  (Ab.  Garr.l  ;  bois  des  Clercs 
entre  Roquefort  et  Moncaut  (Ch.  Duff. |. 

Var.  y  A nii<-i  Gandg.  Decad.  pi.  nov.  IV, 
no  2,  et  Tab.  rhodol,  nu  90,  p.  35  ;  R.  scandais 
Auct.  mult.  p.  p.  —  Arbrisseau  de  2,5o  à 
3  met., à  tiges  flexueuses. grimpantes,  couvertes 
d'aiguillons  grêles  très  petits,  nuls  sur  les 
rameaux  fructifères;  folioles  obovales-oblon- 
gues, subtronquées  à  la  base,  glabres  des 
deux  côtés,  excepté  sur  la  côte  médiane,  celle- 
ci  légèrement  velue-glanduleuse,  simplement 
dentées  à  dents  serrées  ;  pétioles  aculèolés, 
pubérulents;  stipules  vertes,  à  oreillettes  diver- 
gentes ;  pédoncules  glanduleux  ;  tube  du  calice 
obovale-hispide  ;  fleurs  blanches,  odorantes  ; 
styles  réunis  en  une  colonne  laineuse  ;  fruit 
d'un  rouge  vineux,  ovoïde. 

(A  suivre)  O     Debeaux. 


La  greffe  depuis  l'antiquité  jusqu'à 
nos  jours 

Par  L.   Daniel  (Suite) 

Le  premier  agronome  latin  qui  ait  écrit  sur 
la  greffe,  c'est  Caton  le  Censeur  (234-149 
avant  J-C.)  (il. 

Les  Grecs,  comme  nous  l'avons  vu,  avaient 
cherché  surtout  une  explication  philosophique 
de  l'opération.  Caton,  au  contraire,  est  prati- 
cien avant  tout.  Ses  descriptions  sont,  quoi- 
que concises,  des  modèles  de  clarté  et  de 
précision,  et  l'on  ne  saurait  mieux  faire 
aujourd'hui. 

Tout  d'abord,  il  décrit  la  greffe  en  couronne 
[insertio  inter  corticem  et  lignum). 

»  Coupez,  dit-il,  le  scion  par  une  section 
un  peu  oblique  (2),  afin  que  l'eau  trouve  un 
écoulement. 

«  Munissez-vous  d'un  bâton  de  bois  dur  et 
bien  effilé,    ainsi  que    d'osier    grec  fendu    en 


1.  Caton  le  Censeur,  Dere  rustica,  pp.  18  et  19. 

2,  Ce  procédé,  décrit  par  Caton  d'une  façon  gé- 
nérale, a  été  imité  depuis  dans  la  grell'e  en  fente 
(greffe  Bertemboisei.  Plusieurs  autres  greffes  ont 
même  été,  dans  divers  traités  modernes,  décrites 
1  imnc  nouvelles  à  la  suite  d'une  simple-  modifica- 
tion de  genre. 


deux;  prenez  encore  de  l'argile  ou  de  la  craie, 
un  peu  de  sable  et  de  la  fiente  de  bêtes  à  cor- 
nes ;  pétrissez  le  tout  jusqu'à  consistance 
gluante. 

•  Prenez  l'osier  fendu,  roulez-le  sur  la 
souche  coupée,  afin  que  l'écorce  ne  se  déchire 
point.  Cela  fait,  vous  insérerez  le  bâton  de 
bois.  Saisissant  le  greffon,  vous  lui  faites 
obliquement  une  entaille  de  deux  pouces  ; 
vous  retirez  le  bâton  sec  que  vous  aviez 
enfoncé  et  vous  insérez  à  sa  place  la  branche 
que  vous  voulez  greffer. 

«  Appliquez  l'écorce  contre  l'écorce  et  en- 
foncez jusqu'à  la  partie  où  commence  l'en- 
taille. 

«  Opérez  de  même  pour  une  deuxième,  troi- 
sième, quatrième  ou  tel  nombre  de  greffes  que 
vous  voudrez  multiplier.  Serrez  plus  fortement 
la  branche  avec  l'osier  grec  ;  enduisez-la  avec 
ce  lut  que  vous  avez  pétri  jusqu'à  l'épaisseur 
de  trois  bons  doigts  ;  couvrez  le  tout  d'une 
étoffe  spongieuse  que  vous  liez  autour  de 
l'écorce  afin  qu'elle  ne  tombe  point. 

«  Entourez  le  sujet  de  paille  bien  ficelée 
afin  que  la  gelée  ne  puisse  lui  nuire.  » 

Ce  procédé  de  greffage  convient,  d'après 
Caton,  aux  figuiers,  jux  oliviers, aux  pommiers, 
aux  poiriers  et  à  la  vigne.  Mais  comme  cette 
dernière  plante  se  prête  plus  difficilement  à  la 
greffe,  Caton  indique  trois  autres  procé- 
dés qui  lui  sont  plus  spécialement  destinés, 
bien  qu'on  puisse  s'en  servir  avec  avantage 
pour  d'autres  plantes. 

ire  Méthode.  —  0  Coupez,  dit-il,  la  tige  que 
vous  voulez  greffer,  et  fendez-la  par  le  milieu 
de  la  cavité  médullaire  ;  insérez  dans  la  fente 
les  scions  que  vous  aurez  taillés  en  biseau,  en 
appliquant  moelle  contre  moelle.  » 

Comme  on  le  voit,  il  s'agit  ici  de  la  greffe 
en  fente  de  la  vigne  \insertio  in  fissura),  que 
l'on  a  souvent  appliquée  de  nos  jours  dans  le 
Midi  depuis  l'invasion  du  phylloxéra. 

2e  Méthode.  —  «  Si  les  deux  ceps  sont  con- 
tigus,  on  prend  de  chacun  une  branche  que 
l'on  taille  obliquement  et  que  l'on  tient  collée 
l'une  contre  l'autre  à  l'aide  d'une  lanière 
d'écorce.  » 

C'est  là  une  description  fort  courte,  mais 
très  nette,  de  la  greffe  en  approche. 

3"  Méthode.  —  c  Perforez  avec  une  tarière  fi  ) 
à  souche  que  vous  voulez  greffer  ;  insérez 
dans  la  cavité  deux  scions  de  l'espèce  que  vous 
voulez  multiplier,  après  les  avoir  taillés  obli- 


(1)  C'est   la  greffe  à  la  tarière,   eyx£vt315;ao;  des 
auteurs  grecs. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


IO7 


quement  jusqu'à  la  moelle.  Faites 
en  sorte  que  les  moelles  soient  en 
contact  et  qu'en  les  enfonçant  les 
faces  obliques  des  scions  coïncident 
l'une  sur  l'autre  dans  le  trouquel'on 
a  perforé. 

«  Donnez  à  chaque  scion  une  lon- 
gueur de  deux  pieds;  couchez-les 
dans  la  terre,  relevez-en  l'extrémité 
vers  la  souche  en  les  maintenant 
dans  cette  position  à  l'aide  de  cros- 
settes  fixées  au  milieu  de  leur  lon- 
gueur, et  couvrez-les  de  terre. 

«  Enduisez  toutes  les  parties  de 
lut  bien  pétri,  liez-les  et  recouvrez 
comme   pour  les  oliviers.  i> 

Cette  greffe  à  la  tarière  n'a  plus 
qu'un  intérêt  historique,  car  aujour- 
d'hui l'on  dispose  de  procédés  bien 
supérieurs.  Elle  est  reproduite  dans 
la  plupart  des  auteurs  latins,  arabes, 
et  dans  les  compilations  du  moyen 
âge.  C'est  une  combinaison  de  la 
greffe  et  de  la  marcotte.  (1). 


Notre  Symbole 

Au  cours  des  divers  travaux  que 
nous  avons  publiés  en  de  nombreux 
recueils  scientifiques,  il  nous  a  été 
donné  de  créer  des  espèces  ou  des 
variétés  nouvelles.  Les  travaux  que 
nous  comptons  publier  encore  con- 
tiendront probablement  de  nouvel- 
les diagnoses  d'espèces.  Jusqu'ici 
nous  avons  fait  suivre  les  créations 
nouvelles  du  symbole  Lév.,  abrégé 
de  notre  nom.  Nous  avons  remarqué 
que  cette  abréviation  prêtait  à  la 
confusion.  Si  l'accent  vient  par  mé- 
garde  à  être  omis  la  confusion  de- 
vient inévitable.  Aussi  dorénavant 
nous  proposons-nous  de  préférer 
l'abréviation  Levl.  à  la  précédente 
et  d'en  faire  désormais  notre  symbo- 
le. Puisqu'il  est  question  d'espèces 
nouvelles,  nous  présenterons  au 
lecteur  la  gravure  faite  d'après  un 
dessin  de  notre  distingué  Rédacteur 


(1)  Cette  greffe,  une  des  plus  usitées 
autrefois,  a  été  désignée  par  Thouin  sous 
le  nom  de  grefl'e  Térence,  par  une  con- 
tusion plaisante.  Il  donne  le  nom  de 
Varron  à  une  autre  greffe,  considérant 
TerentiusVarron  commedeux personna- 
ges distincts.  Il  n'existe  aucun  agronome 


i  o8 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


en  chef  de  notre  Epilobium  Muellerianum  dont 
nous  donnons  à  nouveau  ici  la  diagnose  pour 
qu'on  ait  à  la  fois  sous  les  yeux  la  description 
de  cette  espèce  nouvelle  et  sa  représentation. 
La  gravure  de  cette  espèce  australienne  n'a 
jamais  jusqu'ici  été  publiée. 

Epilobium  Muellerianum  Levl.  Species 
lignea  :  caulis  gracilis,  erectus,  simples  vel 
ramosus,  vix pubescens,  folia  semi-linearia 
acutissina, opposita,  glabra,  brevissimepetio- 
lata,  nervis  beue  conspicuis,  parum  dentibus 
acutis  munita,  40  ra,n  circiter  longa  ;  flores 
pallide  violacei  satmagni  et  pulchri  ;  capsulas 
cumealice  pubescentes  ideoque  albidi  ;  pedun- 
culis  i  n>m.  circiter  longis  munita;  et  40  ad 
jomm'  longa;.  Petali  nervis  apparentibus  mu- 
niti,  obeordati,  calice  duplolongiores;s/i^»!J/<.' 
indiviso;  semina  versus  apicem  attenuata, 
cum  testis  vix  papillosis,  sericeis,  ut  mos  est, 
pappi  paleis  munita. 

Hector  LÉVEILLÉ. 


Herborisations  Mayennaises 

Depuis  que  nous  avons  publié  notre  der- 
nière liste,  les  botanistes  de  la  Mayenne  ne 
sont  pas  restés  inactifs.  La  Flore  du  départe- 
ment s'est  enrichie  d'espèces  nouvelles  et  de 
stations  nombreuses  de  plantes  rares  ou  peu 
communes.  Grâce  à  MM.  l'abbé  Nourry,  pro- 
fesseur de  sciences  au  Petit  Séminaire  de 
Mayenne,  Menu,  curé  d'Averton,  E.  Monguil- 
lon,  instituteur  à  Ste-Sabine  (Sarthe),  de  nom- 
breuses recherches  ont  eu  lieu,  tandis  que 
MM.  Mercier,  professeur  au  Lycée  de  Laval, 
L.  Daniel,  aujourd'hui  professeur  de  Sciences 
naturelles  au  Lycée  de  Rennes,  Evèque,  pro- 
fesseur au  Collège  de  Château-Gontier,  ouvriers 
de  la  première  heure,  continuaient  à  faire  am- 
ple moisson. 

M.  Joseph  Daniel, de  Chemeré,adepuis  deux 
ans  surtout,  enrichi  la  Flore  de  nombreuses 
découvertes  et  bien  mérité  de  la  botanique 
mayennaise  qui  lui  est  grandement  redevable. 
M.  E.  Rommé,  le  passionné  chercheur  de  Sougé- 
le-Ganelon  (Sarthe),  dans  ses  incursions  dans 
la  Mayenne,  a  apporté  lui  aussi  son  contingent 
à  l'œuvre  que  nous  poursuivons.  M.  Chédeau, 
de  Mayenne,  nous  a  signalé  de  vive  voix  quel- 
ques stations  nouvelles  de   plantes   rares   et  a 


latin  du  nom  de  Térence.  D'ailleurs  les  erreurs  de 
ce  genre  sont  assez  fréquentes  dans  la  Monographie 
des  greffes  de  Thouin.  ("est  ainsi  qu'il  a  dé, lie 
une  de  ses  greffes  à  Charles  et  Etienne  Liébault 
•pour  Charles  Estienne  et  Liébault  qu'il  appelle 
aussi  les  hères  Licbaut,  etc. 


bien  voulu  nous  promettre  son  concours  pour 
l'avenir. 

M.  l'abbé  Rivière,  professeurau  Petit  Sémi- 
naire de  Mayenne,  nous  a  aussi  signalé  quel- 
ques plantes,  ainsi  que  M.  Coilliot,  professeur 
à  l'Institution  St-Louis.  au  Mans,  qui  a  été 
quelquefois  notre  compagnon  de  route.  De 
notre  côté  nous  avons  employé  l'hiver  dernier 
à  consulter  l'herbier  du  Petit  Séminaire  de 
Mayenne,  où  nous  avons  trouvé  d'utiles 
indications.  M.  l'abbé  Noirrv,  qui  l'avait 
gracieusement  mis  à  notre  disposition,  nous  a 
communiqué,  pour  les  comparer,  les  espèces 
nouvelles  ou  litigieuses.  Nous  avons  en  outre 
herborisé  personnellement  à  de  nombreuses 
reprises  dans  les  diverses  régions  de  la  Mayenne, 
de  préférence  dans  les  moins  explorées  et 
nous  avons  moissonné  de  nombreuses  obser- 
vations. A  la  fin  de  cette  année  nous  aurons 
pu  parcourir  assez  de  pays  pour  avoir  une  vue 
d'ensemble  suffisamment  précise  de  la  Flore 
du  département. 

Lerésultatde  toutes  ces  recherches,  detoutes 
ces  explorations,  est  consigné  sur  notre  exem- 
plaire interfolié  de  la  Petite  Flore  de  la  Mayen- 
ne. Nous  avons  décidé,  en  présence  des  résul- 
tats obtenus,  de  publier  tous  les  deux  ans  un 
supplément  à  la  Flore  de  la  Mayenne  renfer- 
mant non  seulement  les  espèces  et  variétés 
nouvelles,  non  seulement  les  stations  récem- 
ment découvertes  de  plantes  rares  ou  peu 
communes,  mais  encore  les  améliorations 
successives  que  nous  comptons  apporter  aux 
éditions  futures  de  la  Flore  et  en  outre  les 
corrections,  observations,  notes  critiques  et 
indications  comparatives  qui  feront  de  ce  sup- 
plément publié  d'ici  peu  un  travail  d'intérêt 
général. 

Nous  comptons  par  exemple  indiquer,  pour 
chaque  espèce,  si  elle  se  trouve  ou  non  dans 
les  départements  limitrophes. 

Ce  supplément  devant  commencer  à  être 
publié  prochainement,  nous  avons  cru  devoir 
en  informer  les  botanistes  qui  y  trouveront 
plus  d'intérêt  qu'ils  n'en  prendraient  dans  les 
listes  sèches  et  arides  que  nous  pourrions  pu- 
blier et  qui  feraient  double  emploi. 

Nous  prions  les  botanistes  de  la  Mayenne 
de  vouloir  bien  nous  communiquer,  au  plus 
tard  à  la  fin  de  septembre,  leurs  dernières  ob- 
servations pour  qu'elles  puissent  trouver  place 
dans  ce  prochain  travail. 

H.   LÉVEILLÉ. 


LE      MONDE       DES      PLANTES 


109 


Note  sur  quelques  mousses  des  environs  du 
Puy  (Haute-Loire).  —  Travaux  publiés 
sur  la  bryologie  de  ce  département. 

Mes  recherches  bryologiques  pendant  les 
3  premiers  mois  de  l'année  1S92  ne  se  sont  pas 
exclusivement  limitées  à  la  re'colte  des  mousses 
des  environs  de  Borne,  mentionnées  dans  la 
notice  publiée  dernièrement  par  le  Monde  des 
Piaules.  Il  était  bien  rare  qu'une  journée  de 
liberté,  autant  que  le  temps  pouvait  le  per- 
mettre, ne  fût  consacrée  à  une  petite  excur- 
sion champêtre  aux  environs  du  Puy,  en 
compagnie  d'amis,  épris  également  des  beau- 
tés de  dame  nature.  Ces  courses,  peu  loin- 
taines du  reste  en  raison  même  de  la  courte 
durée  du  'jour  h  cette  époque  de  l'année, 
s'effectuaient  presque  toujours  l'après-midi; 
et,  lorsque  le  retour  avait  lieu  d'assez  bonne 
heure,  elles  étaient  clôturées  par  un  goûter 
devenu  traditionnel,  où  la  gaité  manquait  le 
moins. 

Je  dirai  tout  d'abord  que  sur  les  trois  points 
explorés  dont  il  va  être  question,  une  seule 
course  a  été  consacrée  à  la  récolte  des 
mousses.  Il  convient  d'ajouter  également 
qu'aucune  de  ces  excursions  n'était  faite  exclu- 
sivement dans  ce  but  ;  aussi  le  nombre  d'es- 
pèces récoltées  est-il  très  restreint. 

La  première  course  a  eu  lieu  le  3i  janvier 
1892,  à  l'Ermitage,  hameau  de  quatre  feux 
tout  au  plus,  situé  à  2  kilom.  1/2  au  nord- 
ouest  du  Puy,  ainsi  nommé  parce  qu'il  fut  le 
séjour  de  plusieurs  ermites.  Ce  hameau  est 
placé  au  pied  d'un  petit  mamelon  dont  le 
côté  sud-est  est  décoré  d'un  groupe  splen- 
dide  de  colonnes  de  basalte  prismatique  d'en- 
viron i5  m  de  haut,  simulant  des  tuyaux 
d'orgue,  d'où  le  nom  d'Orgues  d'Espaly. 

Le  sol,  recouvert  ici  de  gros  blocs  et  de 
débris  de  ces  rochers  basaltiques,  offre  peu 
de  surface  à  la  vie  végétative,  sauf  sur  quel- 
ques points  où  se  sont  accumulés  des  détritus 
suffisamment  ténus. 

Les  mousses  y  sont  très  rares  ;  soit  dans 
les  anfractuosités  de  ces  rochers  ou  sur  leur 
surface  ;  soit  sur  le  sol  ou  le  tronc  des  deux 
ou  trois  arbres  que  l'on  y  rencontre,  je  n'y  ai 
cueilli  que  les  quatre  espèces  suivantes  men- 
tionnées par  Arnaud  sur  d'autres  points  des 
environs  du  Puy  : 

Leucodon  sciuroides  Schw. 
Bryum  capillare        L. 
Eucalyptu  vulgaris  Hedw. 
Barbula  ruralis         Hedw. 
En    outre,  j'ai    récolté    VHypnum    albicans 
Neck.  au  pied  du   mur  côté   nord  du  magasin 


des  Ponts  ei  Chaussées,  situé  au  tiers  environ 
du  trajet  du  Puy  à  l'Ermitage. 

Une  deuxième  excursion  a  été  faite  le  ->o 
mars  1892  au  lieu  dit  Bois  de  Paradis  ainsi 
dénommé  par  la  raison,  je  crois,  qu'il  appar- 
tient ou  est  voisin  de  propriétés  appartenant  à 
l'Institution  des  frères  de  Paradis  (Sacré- 
Cœur)  à  Espaly,  près  Le  Puy.  Ce  bois  est  situé 
a  plus  de  4  kilomètres  du  Puy,  sur  le  côté 
droit  du  chemin  de  grande  communication 
n»  101  du  Puy  à  Langeac,  exactement  en  face 
de  la  ferme  de  La  Bernarde. 

Il  couronne  un  plateau  basaltique  (740  m. 
d'altitude)  compris  dans  l'angle  que  forme  la 
rivière  de  Borne,  avec  son  affluent,  le  ruisseau 
de  Farreyrolles.  Du  côté  de  la  rivière  orienté 
au  nord,  il  dévale  en  une  pente  rapide  cons- 
tituée par  une  grande  masse  d'argiles  tertiaires 
que  recouvrent  les  laves  basaltiques  de  la 
partie  supérieure.  De  nombreux  suintements 
régnent  le  long  de  cette  pente  boisée  et  con- 
tribuent à  y  maintenir  une  fraîcheur  perma- 
nente. 

Le  nombre  de   mousses  que  j'y  ai  récoltées 
est  de  7  seulement  ;  ce  sont  : 

Hypnum  triquetrum        L.  (1). 

Leskea  viticulosa  Spr. 

Polytrichumformorum  Hedw. 
—  piliferum    Schreb. 

Philonotis  fontana  Brid. 

Bartramia  pomiformis   Hedw. 

Minium  undulatum  Neck. 
Dans  ce  nombre,  on  trouve  des  mousses 
caractéristiques  des  lieux  siliceux  secs  :  Poly- 
trichum  formosum  si  piliferum,  qui  croissent 
sur  certains  points  découverts  de  la  partie 
supérieure  de  la  pente,  et  des  mousses  spé- 
ciales aux  lieux  humides:  Philonotis  fontana 
et  Minium  undulatum,  que  l'on  trouve  à  la 
partie  inférieure  où  s'accumulent  les  eaux 
de  suintement.  Entre  ces  deux  stations  extrê- 
mes doit  végéter  évidemment  un  assez  grand 
nombre  d'espèces  intermédiaires,  et  il  est  per- 
mis de  supposer  que  le  bryologue  trouvera  sur 
ce  point  un  plus  grand  nombre  de  mousses 
que  le  chiffre  restreint  signalé. 

De  cette  liste,  seuls,  le  Philonotis  fontana 
et  le  Polytrichum  formosum  ne  sont  pas  men- 
tionnés   dans  la  Flore  d'Arnaud. 


1.  Dans  la  liste  des  mousses  des  environs  de 
Borne,  publiée  dans  le  numéro  du  1''  Avril  du 
Monde  des  Plantes,  l'astérisque  a  été  omis  à  cetle 
espèce  qui  est  mentionnée  par  le  D'  Arnaud.  Le 
nombre  d'espèces  nouvelles  pour  la  Haute-Loire, 
trouvées  dans  la  région  de  Borne,  se  réduit  par 
suite  à  27. 


1  10 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Le  troisième  point  explore'  est  le  voisinage 
de  la  ferme  de  Laval  (680  m.  d'altitude)  à  2  lui. 
environ  du  village  de  Vais.  prèslePuy,  et  en 
particulier  le  bois  y  attenant.  Ce  point,  comme 
du  reste  tout  le  splendide  vallon  de  Vais  que 
parcourt  le  ruisseau  de  Dolaison,  est  éminem- 
ment propice  à  la  végétation  des  mousses.  De 
nombreux  canaux  d'irrigation  inondent  les 
prairies  qui  bordent  les  deux  rives  du  ruisseau 
et  contribuent  d'une  manière  toute  spéciale 
au  maintien  de  l'humidité  de  l'air  qui  circule 
dans  celte  vallée  étroite  et  profonde  orientée 
du  sud-ouest  au  nord-est. 

L'excursion  que  j'y  ai  effectuée  le  1"  mars 
1802  m'a  permis  de  récoiter  : 

Hypnum  cupressiforme     L. 

—  serpens  L. 

—  striatum  Schreb. 

—  lutescens  Huds. 
Nechera  complanata         Dr.  Ettr. 
Bryum  capillare                 L. 
Orthoirichum  anomalum  Hedw. 
Grimmia  Schultjii             Wils. 

—  apocarpa  Hedw. 

Or,  sur  ces  neuf  espèces,  deux  seulement: 
Hypnum  striatum  et  Grimnia  Schult^ii  ne 
sont  pas  mentionnées  dans  Arnaud  ;  mais  sur 
les  sept  autres,  six  sont  citées  par  lui  sur 
diverses  stations  aux  environs  de  la  ferme  de 
Bauzit  (85o  m.  d'altitude),  située  à  guère  plus 
d'un  kilomètre  de  celle  de  Laval. 

Cette  dernière  indication  me  parait  d'au- 
tant plus  intéressante  à  relater,  que  les  deux 
listes  de  mousses  publiées  par  le  Dr  Arnaud 
en  1823  dans  la  Flore  du  département  de  la 
Haute-Loire  et  en  1880  dans  le  Supplément  à 
cette  Flore,  tout  en  se  limitant  à  la  région  du 
Puy,  constituent  notamment  une  vraie  mono- 
graphie bryologique  des  environs  de  la  ferme 
de  Bauzit.  En  effet,  sur  70  espèces  citées, 
quarante  et  une,  soit  plus  de  la  moitié  sont 
signalées  comme  croissant  dans  cette  dernière 
région. 

Si  les  circonstances  m'avaient  permis  de 
mettre  mon  projet  à  exécution,  je  me  propo- 
sais de  faire,  l'année  suivante,  des  explora- 
tions suivies  en  but  d'étudier  tout  spéciale- 
ment les  muscinées  de  Bauzit.  Il  eût  été  alors 
possible,  par  voie  de  synonymie,  de  ramener 
aux  dénominations  récentes,  avec  une  quasi 
certitude,  un  grand  nombre  de  mousses  citées 
par  Arnaud  sous  des  noms  aujourd'hui 
totalement  abandonnés,  que  les  auteurs 
modernes  ne  donnent  même  pas  en  raison  de 
leur  peu  de  précision. 

La  synonymie  en  bryologie  offre  des  com- 
plications inextricables  pour  tous  les  auteurs, 
tel    que    le   Dr     Arnaud,  qui    ont   écrit   avant 


1860.  A  cette  époque  apparut  la  première  édi- 
tion du  Synopsis  de  Schimper  qui  éclaircit 
beaucoup  cette  question  et  rendit  la  détermi- 
nation des  mousses  relativement  aisée.  Dès 
lors,  pour  l'étude  des  travaux  antérieurs  à 
iSôo,  il  est  indispensable  de  recourir  à  l'her- 
bier des  auteurs,  si  l'on  ne  veut  s'exposer  à 
des  recherches  inutiles  ne  pouvant  fournir 
que  des  indications   erronées. 

Je  n'ai  pu  savoir  ce  qu'était  devenu  l'her- 
bier du  Dr  Arnaud  ;  mais  j'ai  eu  l'occasion, 
en  iN(i2,  de  feuilleter  un  herbier  déposé  au 
Musée  du  Puy.  Le  nombre  des  mousses  est 
très  restreint  et,  coïncidence  curieuseà  noter, 
pour  toutes  celles  de  la  Haute-Loire,  les  sta- 
tions indiquées  correspondent  à  celles  don- 
nées parle  Dr  Arnaud. 

Ainsi  donc,  d'après  les  observations  précé- 
dentes,'les  rapprochements  synonymiques  que 
j'ai  faits  des  espèces  mentionnées  dans  la  pré- 
sente note  et  dans  celle  publiée  dernière- 
ment sir  la  tiore  bryologique  des  environs 
de  Borne,  avec  les  espèces  citées  dans  la 
Flore  de  la  Haute-Loire  et  son  Supplément 
sous  les  anciennes  dénominations  n'ont  qu'une 
simple  valeur  statistique  et  n'offrent,  au  point 
de  vue  botanique,  qu'un  intérêt  tout  à  fait 
secondaire. 

Avant  de  clore  cette  note  déjà  longue,  il  me 
parait  utile  de  signaler  une  liste  de  mousses 
publiée  par  M.  Isidore  Hedde,  dans  sa  remar- 
quable Monographie  de  Ronron  parue  en 
1874,  (1).  Les  neuf  espèces  citées  sont  accom- 
pagnées d'un  texte  descriptif  qui  fait  tota- 
lement défaut  dans  la  Flore  d'Arnaud.  La  dé- 
termination de  ces  mousses  a  été  confiée  par 
l'auteur  à  M.  Débat  delà  Société  Linnéenne 
de  Lyon,  auteur  de  plusieurs  ouvrages  sur 
l'ordre  des  mousses  et  notamment  d'une  Flore 
analytique.  C'est  dire  que  ce  travail  offre  une 
certaine  garantie,  même  en  l'absence  d'échan- 
tillon en  herbier. 

La  Flore  du  département  de  la  Haute-Loire 
et  la  monographie  de  Ronzon,  sont,  h  ma 
connaissance,  les  seuls  documents  portant  des 
renseignements  sur  la  bryologie  de  la  Haute- 
Loire.  Comme  on  vient  de  le  voir,  ils  se  limi- 
tent exclusivement  à  la  Flore  des  environs  du 
Puy  ;  mais  malheureusement  ils  n'ont  qu'une 
valeur  scientifique  bien  relative,  le  premier 
surtout. 

P.  V.  Liotard. 


(  1  )  Le  Mont  Ronzon  (790  m  d'altitude),  à  proxi- 
mité du  Puy,  est  un  mamelon  basaltique  reposant 
sur  des  calcaires  d'eau  douce  très  connus  des  palé- 
ontologistes par  ses  nombreux  restes  d'animaux 
fossiles. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


I  I  I 


Revue  des  Sociétés  Savantes 

ACADÉMIE    DES  SCIENCES  DE   PARIS 

Séance  du  4  mai.  —  Sur  le  mais.  —  M.  Bal- 
land.  —  Les  recherches  de  l'auteur  ont  porté  sur 
les  différentes  variétés  de  mais  que  l'on  rencontre 
sur  le  marché  de  Paris  :  mais  de  Bourgogne,  des 
Charentes,  des  Landes,  des  Etats-Unis,  de  la  Répu- 
blique Argentine.de  la  Russie  et  de  la  Roumanie 
(maïs  du  Danube).  Il  a  reconnu  que  ces  produits, 
qui  se  rattachent  à  de  nombreuses  variétés  différant 
entre  elles  par  le  poids  des  grains,  leur  forme  et 
leur  nuance,  présentent  une  composition  chimique 
assez  uniforme.  Les  analyses  effectuées  ont  prouvé 
que  le  mais  renferme  autant  d'azote  et  de  cendres 
phosphatées  que  la  moyenne  des  blés  français  et 
trois  à  quatre  fois  plus  de  matières  grasses.  Il  cons- 
titue donc  un  aliment  plus  complet  que  le  blé,  ce 
qui  justifie  son  emploi,  dans  certaines  régions, 
pour  l'alimentation  de  l'homme  et  des  animaux. 
M.  Balland,  qui  a  également  étudié  le  germe  (em- 
bryon) a  reconnu  que  son  poids  est  près  de  dix 
fois  plus  élevé  dans  le  grain  de  maïs  que  dans  la 
grain  de  blé.  En  outre,  il  y  a  un  peu  plus  de  ma- 
tières minérales  (phosphates),  trois  fois  plus  de 
matières  grasses  et  trois  fois  plus  d'azote  dans  les 
germes  du  maïs  que  dans  les  germes  du  blé.  Quant 
à  l'enveloppe  du  grain,  son  poids  est  un  peu  plusfai- 
blepour  le  mais  que  pourle  blé  et,  contrairement  à 
ce  qui  existe  pour  celle  de  ce  dernier,  qui  est  rela- 
tivement riche  en  matières  grasses,  l'enveloppe  du 
grain  de  maïs  en  contient  très  peu  ;  chez  ce  dernier, 
toute  l'huile  se  trouve  localisée  dans  l'embryon. 
—  Sur  la  cause  première  de  la  maladie  de  la  gale 
de  la  pomme  déterre  [Potato  Scab  des  Américains/. 
E.  Roze.  —  Cette  maladie,  signalée  depuis  long- 
temps aux  Etats-Unis,  a  fait  l'objet  d'études  savan- 
tes qui  n'ont  pas  e  ic  re  mis  l'accord  sur  les  para- 
sites qui  la  pro.l  lisent  :  le  Docteur  Thaxter 
l'attribue  aune  Mucédinée  qu'il  a  désignée  sous  le 
nom  d'Oospora  scabics  ;  le  Docteur  Bolley  à  un 
Bactcrium  qu'il  n'a  pas  nommé  spécifiquement. 
Pour  élucider  cette  question,  M.  E.  Roze  a  com- 
muniqué cette  maladie  a  des  tubercules  sains 
de  la  variété  de  primeur  Marjolin  par  simple 
contact  avec  des  tubercules  contaminés  de  la 
Merveille  d'Amérique.  Au  bout  d'un  mois,  la  sur- 
face des  pommes  de  terre  Marjolin  présentait  de 
petites  taches  brunâtres.  L'examen  microscopique 
de  ces  taches  fit  découvrir  à  M.  Roze  la  présence 
d'un  Micrococcus  qu'il  a  été  conduit  à  considérer 
comme  devant  être  la  cause  première  de  la  maladie 
en  servant  pour  ainsi  dire  d'introducteur  aux  au- 
tres parasites.  L'action  vitale  de  ce  nouveau  Micro- 
coccus se  manifeste  de  telle  façon  qu'il  semble  ne 
pouvoir  se  multiplier  sur  les  tubercules  qu'exclu- 
sivement aux  dépens  de  leur  épiderme.  Pour  cette 
raison,  M.  Roze  l'a  dénommé  M.  pellucidus.  Il 
parait  doué  d'une  vie  latente  qui  lui  permet,  non 
seulement  de  se  conserver  sur  les  pommes  de  terre 
malades  retirées  du  sol,  mais  dans  ce  sol  même.  La 
gale  de  la  pomme  de  terre  serait  due  à  l'action 
combinée  de  mucédinées  et  de  bactéries  dont  les 
premiers  développements  ont  été  favorisés  par  ce 
Mie:  ococcus  pellucidus,  qui  lui-même  a  agi  par  ses 
propriétés  parasitaires. 

Séance  du  18  mai.  —  Signification  de  l'existence 
et  de  la  symétrie  de  iaxe  dans  la  mesure  de  la  gra- 
dation des  végétaux.  Ad.  Chatin.  —  L'axe  propre- 


ment dit  ou  tigellaire,  et  l'axe  descendant  ou  radi- 
culaire  présentent  au  point  de  vue  morphologique 
et  anatomique  des  caractères  spéciaux  suivant  la 
gradation  organique.  Chez  la  Dicotylédones  la 
tige  est  unique  et  produit  de  l'aisselle  des  feuilles 
des  axes  secondaires;  chez  les  \1  iio^otyléd  mes 
elle  est  souvent  composée  de  plusieurs  tiges  homo- 
logues où  les  axes  secondaires  manquent  le  plus 
souvent,  par  arrêt  de  développement  de  bourgeons 
axillaires.  D'un  autre  coté,  chez  les  Dicotylédones, 
les  faisceaux  libéro-ligneux  ou  libro-vasculaires 
(phytons)  sont  symétriquement  disposés  et  séparés, 
au  moins  dans  la  période  primaire  de  leur  déve- 
loppement, tandis  qu'en  général,  chez  les  Monoco- 
tylédones ces  laisceaux  sont  multiples  et  épars  et  le 
système  libéro-ligneux  se  réduit  à  un  seul  cordon 
axile.Remnrqueimportante  signalée  parM.  Chatin  : 
les  plantes  à  corps  ligneux  axile  ou  central  vivent 
complètement  submergées.  Entre  ces  plantes  sub- 
mergées et  les  plantes  parasites  complètes  et  d'au- 
tre paît  entre  les  demi-parasites  et  les  espèces  ou 
amphibies  ou  flottantes  existe  un  curieux  parallé- 
lisme de  dégradation.  Les  parasites  ont  des  fais- 
ceaux distincts,  manquant  de  trachées  déroulables, 
de  chlorophylle,  souvent  destomates;  les  plantes 
immergées  n'ont  qu'un  cordon  ligneux  axile,  pas 
ou  peu  de  trachées,  manquent  de  stomates.  Les 
demi  parasites  au  contraire,  présentent  un  cercle 
libéro-ligneux  complet,  sont  pourvues  de  trachées, 
de  chlorophylle  et  de  stomates,  caractères  qui  se 
retrouvent  tous  dans  la  plupart  des  plantes  semi- 
aquatiques.  —  De  son  côté,  ajoute  M.  Chatin,  la 
racine  contribue  à  donner  la  mesure  de  la  grada- 
tion des  végétaux  :  1°  Par  son  origine  :  embryon- 
naire dans  les  Dicotylédones  et  les  Monocotylédones, 
toujours  adventive  chez  les  Acotylédones  ;2°  par  le 
nombre  :  unique  dans  les  Dicotylédones  seules, elle 
est  formée  de  multiples  parties  homologues  chez 
les  Monocotylédones;  3"  par  sa  durée  :  pérennante 
dans  les  Dicotylédones,  elle  est  toujours  tempo- 
raire chez  les  Monocotylédones  ;  4°  par  son  anato- 
mie  :  ribrovasculaire  chez  les  Dicotylédones,  les 
Monocotylédones  et  les  Acotylédones  supérieures, 
elle  est  simplement  cellulaire  dansles  Acotylédones 
inférieures;  5°  Par  la  symétrie  des  productions 
secondaires,  les  Dicotylédones  seules  émettant  de 
leur  axe  des  racines  secondaires  disposées  dans  un 
ordre  symétrique  comparableà  celui  qui  préside  à 
la  disposition  des  feuilles  sur  la  tige. —  Sur  le  bru- 
nissement des  boutures  de  la  vigne.  P.  Viala  et 
L.  Ravaz.  — Les  auteurs  ont  donné  le  nom  de  bru- 
nissement à  une  coloration  déterminée  dans  les 
boutures  de  vignes  par  une  bactérie  en  forme  de 
bâtonnets  (3  a.  sur  o  [A.  4?)  qui,  dans  certaines 
conditions  se  renflent  à  l'une  de  leurs  extrémités  en 
une  spore  très  brillante  (  |x.  80).  Cette  bactérie  est 
pathogène  pour  le  lapin.  Le  brunissement  des  bou- 
tures, qui  n'est  pas  une  maladie,  mais  un  simple 
changement  occasionnel  des  tissus,  est  caractérisé 
par  la  présence  des  zones  brunes  dans  le  bois  qui 
s'étendent  obliquement,  jusqu'à  la  moelle.  Les 
aisseaux  de  cette  zone  sont  complètement  obstrués 
par  une  masse  dense  d'innombrables  bactéries  ; 
celles-ci  n'ont  pas  été  observées  ni  dans  la  couche 
génératrice  ni  dans  les  cellules  protoplasmiques  du 
liber  et  des  rayons  médullaires.  MM.  Viala  et  Ra- 
vaz, qui  avaient  tout  d'abord  pensé  à  une  maladie 
spécifique  de  la  vigne,  ont  reconnu,  à  la  suite  d'i- 
noculations dés  bactéries'sur  des  rameaux  de  divers 
cépages  et  d'immersions  de  boutures  dans  des 
bouillons  de  culture  de  la  bactérie,  que  le  brunis- 


112 


I.E      MONDE       DES       PLANTES 


sèment  des  boutures  n'est  pas  pathogène  sur  les 
vignes  en  pleine  vie  active.  La  bactérie  ne  s'est  dé- 
veloppée que  dans  les  vaisseaux  à  l'état  de  repos  et 
ne  peut  se  multiplier  lorsque  ces  organes  sont  à 
l'état  de  vie  active. 

Séance  du  26  mai.  —  Etude  physiologique  des 
Cyclamens  de  Perse.  Alex.  Hébert  et  G.  Trupfaut. 
Des  essais  effectués  en  vue  d'obtenir  sous  l'influence 
d'une  sélection  méthodique  et  d'une  culure  soignée, 
une  floraison  constante  des  Cyclamens,  sans  leur 
donner  de  repos,  ont  amené  MM.  Hébert  et  Truftaut 
à  constater  par  l'emploi  d'en  rais  chimiques  une 
augmentation  considérable  du  poids  de  matière 
végétale  élaborée,  mais  pas  dcditférences  essentielles 
dans  la  composition  des  différents  organes  ni  dans 
la  quantité  relative  des  divers  éléments.  Aussi  bien 
en  sol  riche  qu'en  sol  pauvre,  les  Cyclamens  sont 
remarquables  parleur  pauvreté  extrême  en  acide 
phosphorique  et  leur  abondance  relative  en  soude. 
L'accroissement  résultant  de  l'emploi  des  engrais 
porte  uniquement  sur  les  feuilles;  le  nombre  de 
fleurs  se  trouve  diminué  proportionnellement. 
Pour  le  cas  présent,  les  méthodes  habituellement 
employées  dans  la  grande  culture  ne  produisant  pas 
le  résultat  cherche  sont  contraire  aux  intérêts  de 
l'horticulteur.  —  Observations  générales  sur  la 
distribution  des  Algues  dans  le  golfe  de  Gascogne. 
C.  Sauvageau.  —  L'auteur  a  été  amené  à  conclure 
que  la  flore  algologique  du  nord  de  l'Espagne 
appartient  à  la  même  région  naturelle  que  celle  de 
la  Bretagne,  et  que  la  Corogne  constitue  la  limite 
septentrionale  de  la  Flore  hispano-canarienne.  Les 
grandes  Algues  brunes  ne  sont  guère  représentées 
à  Biarritz  que  par  les  Cystosira  et  le  Saccorhifa 
bulbosa  ;  à  noter  aussi  la  variété  naine  Fucus  limi- 
taneus  du  F.  platycarpus.  En  s'éloignant  du  tond 
du  golfe,  on  trouve  :  Pelvetia  canaliculata,  Asco- 
phyllumnodosum,  Fucus  platycarpus,  F.  vesiculosus, 
F.  sei  ratus.  Ilimanthalia  lorea,  Bifurearia  tuber- 
culata,  plusieurs  Cystorisa,  Chorda  filum,  Sacco- 
rhi^a  bulbosa, Laminaria  Saccharina,  L.  flexicaulis 
L.  et  Clousloni.  A  San  Vincente  de  la  Barquera,  le 
Fucus  vesiculosus  est  représenté  par  sa  forme  typi- 
que et  ses  variétés  axillaris,  evesiculosus,  lutarius 
et  une  forme  probablement  nouvelle  dont  les  fron- 
des sont  très  crépues  sur  tout  leur  pourtour.  A  La 
Corogne,  le  Fucus  platycarpus  est  tantôt  herma- 
phrodite, tantôt  unisexué.  Lestipedes  Laminaria 
Cloustoni  est  souvent  chargé  de  touffes  de  RhoJy- 
menia  palmata.  Sur  ces  mêmes  stipes  croissenMe 
Ptilothamnion  Pluma  et  le  Lithàthamnion  Lamina- 
rue.  Les  autres  espèces  remarquables  sont  le 
Nitophyllum  Hilliae,  le  Delesscria  sanguinea,  le 
Polysiphonia  fibrillosa,  le  Rliodoclwrton  Jloridulum 
(à  Biarritz).  Parmi  les  algues  très  petites,  l'auteur 
signale  la  présence  à  San  Vincente  du  Pilinia  ma- 
ritnna,  qui  n'a  encore  été  trouvé  qu'au  Groenland. 
au  Spitzberg,  à  la  Nouvelle  Zemble  et  en  Norwège. 
Le  Ptilota  clegans  est  très  abondant  à  Rivadeo  et 
à  la  Corogne.  Au  cap  Ortegal  qui  semble  former 
une  limite  marquée  entre  la  flore  septentrionale  et 
la  flore  occidentale,  l'auteur  a  trouvé  le  Phyllaria 
purpurescens  connu  seulement  à  Cadix,  au  Maroc 
et  en  Algérie,  et  le  Laminaria  pallida,  très  abon- 
dant, cité  jusqu'ici  au  Maroc,  aux  Canaries  et  au 
cap  de  Bonne-Espérance.  Les  espèces  suivantes  lui 
ont  paru  devenir  rares  ou  disparaître  vers  l'ouest 
de  l'Espagne  :  Halopitys  pinastroides,  Peyssonelia 
squamaria,  Hypnea  musciformis,  Laminaria  flexi- 
caulis, et  probablement  L.  Cloustoni. 

(A  suivre) 


Revue  des  Revues 

Cosmos  (no  590).  —  Les  entomocécidies,  A. 
Acloque.  —  (n°  5g3).  —  Les  figuiers  Je  /Inde.  II. 
Léveille.  —  (n°  594).  —  La  formule  graphique  de 
l'espèce.  A.  Acloque.  Les  caractères  à  employer 
dans  la  délimitation  rigoureuse  des  espèces  sont 
ceux  qui  peuvent  se  traduire  par  le  dessin  au  trait, 
abstraction  faite  de  toutes  les  nuances  secondaires 
qui  s'y  ajoutent  pour  en  varier  l'aspect  sans  en 
modifier  la  forme  essentielle,  la  coloration,  par 
exemple,  et  la  vestiture.  Une  grande  partie  des 
espèces  actuellement  connues  n'ont  jamais  fait 
l'objet  d'un  dessin,  et  le  seul  document  qu'on  pos- 
sède sur  leur  structure  est  une  description  bien  ou 
mal  faite,  mais  dans  tous  les  cas  insuffisante  à  en 
donner  une  idée  accessible  aux  yeux  comme  à  l'es- 
prit. Il  serait  préférable  de  remplacer  les  descrip- 
tions par  des  portraits  schématiques,  par  des  syn- 
thèses graphiques  qui  permettraient  d'embrasser 
d'un  seul  coup  d'oeil  les  affinités  réelles  des  formes. 

—  (n*  597),  Les  métamorphoses  des  insectes,  A. 
Acloque. 

Bulletin  de  l'Herbier  Boissier  (1K96,  n' 4) 

—  La  flore  littorale  du  Portugal,  .1.  Davead.  — 
Le  viviparisme,  A.  Chabert.  —  Sur  les  mycorhiçes 
du  Listera  cordata,  R.  Chodat  et  A.  Lendner. 

Bulletin  de  la  Société  botanique  de  France 
(mai).  —  Plantes  nouvelles  de  l'Arabie  méridionale, 
A.  Deflers.  —  Un  hybride  artificiel  des  Lychnis 
diurna  et  vespertina,  F.  Gagnepain.  M.  Gagnepain 
a  obtenu  un  hybride  de  ces  deux  espèces,  en  lécon- 
dant  L.  vespertina  avecdu  pollen  prissur  L.  diurna. 
La  forme  obtenue  diffère  du  père  par  ses  feuilles 
ondulées  au  bord,  par  ses  pétales  moins  rouges, 
plus  veinés  ;  par  sa  capsule  plus  lignifiée,  à  dents 
non  enroulées  à  la  déhiscence;  de  la  mère  par  ses 
pétales  rosés,  son  anthèse  diurne,  les  dents  de  la 
capsule  plus  déjetées  en  dehors,  enfin  par  ses 
graines  gris  violacé  et  non  jaune   fauve. 

Journal  de  botanique  'ni  mai).  —Note  sur 
VEctocarpus  fulvescens  Thuret,  G.  Sauvageau.  — 
(16  juin).  —  Le  genre  Pilonema,  P.  Hariot. 


Bibliographie 

Les  Cèpes  comestibles,  L.  .1.  Grelet.  —Ex- 
cellente petite  brochure,  qui  permettra  de  distin- 
guer sûrement  les  espèces  auxquelles  les  gour- 
mets peuvent  s'adresser  sans  craindre  une  fâcheuse 
rébellion  de  leur  estomac,  compliquée  parfois  d'ac- 
cidents plus  graves. 


Informations. 

Une  cinquième  édition  de  la  Flore  de  l'Ouest  de 
la  France  de  James  Lloyd  sera  publiée  prochai- 
nement par  les  soins  de  notre  sympathique  collè- 
gue, M.  Emile  Gadeceau,  associé  libre  de  notre 
Académie  et  Vice-Président  delà  Société  des  Scien- 
ces Naturelles  de  l'Ouest  delà  France. 


Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes  » 
H.  LÉVEILLE 

Le  Mans.  —  Typ.  Ed.  Monnoyer . 


PETITE  FLORE  DE  LA  MAYENNE 

Renfermant  l'analyse  et  la  description  des  plantes  vasculaires 

de  ce  Département 

Avec   l'indication  de   leur  distribution  géographique    à    la    sur/ace    du    Globe 

1  Volume  in-12  de  252  pages 5  francs 

LE  MONDE   DES  PLANTES 


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de  10  0/0. 


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Quart  de  page.  .  .  3 
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LE  MONDE  DES  PLANTES 

Par  P.  CONSTANTIN 

Agrégé  des  sciences  naturelles,  professeur  au  lycée  de  Rennes 

En  Vente  : 

Tome  premier,  1  vol.  gr.  in-8  de  775  pages,  illustré  de  960  figures 12  fr. 

Le  Monde  des  Plantes  est  une  description  méthodique,  fa- 
mille par  famille,  du  règne  végétal.  L'auteur  s'est  atlaché  a 
étudier  surtout  les  plantes  qui  croissent  dans  notre  pays,  et, 
parmi  les  plantes  exotiques,  celles  qui  sont  susceptibles 
d'applications  intéressantes.  Le  lecteur  trouvera  dans  cet  ou- 
vrage pour  chaque  famille,  chaque  genre  et  chaque  espèce,  à 
côté  des  caractères  botaniques,  l'indication  de  la  distribution 
géographique  du  groupe  étudié,  en  même  temps  que  l'exposé 
des  nombreux  services  que  peuvent  rendre  les  végétaux  à  la 
médecine,  à  l'alimentation,  à  l'industrie,  à  l'agriculture,  à 
l'horticulture,  à  la  décoration  des  appartements,  etc.  Les  carac- 
tère? biologiques,  c'est-à-dire  les  phénomènes  intéressants  de 
la  vie  des  plantes,  n'ont  pas  été  oubliés  et  sont  traités  avec  le 
plus  grand  soin. 

Le  plan  adopté  a  le  grand  avantage  de  répondre  à  un 
double  but.  Ceux  qui,  possédant  déjà  les  premiers  éléments  de 
la  botanique.veulcnt  étudier  dans  une  plante   ses  caractères 


morphologiques,  sa  place  dans  la  classification  naturelle  et  ses 
véritables  affinités,  trouveront  une  description  courte  mais 
exacte  de  tous  les  genres.  Ceux  qui  au  contraire,  désiient 
surtout  connaître  dans  le  règne  végétal  les  avantages  nue 
l'homme  peut  en  tirer  pour  son  usage  personnel  et  qui  esti- 
ment avant  tout  dans  une  plante  les  services  qu'elle  peut  ren- 
dre à  l'alimentation  ou  à  l'art  de  guérir,  a  l'industrie  ou  à 
l'embellissement  de  nos  parterres  ou  de.  nos  appartements, 
trouveront  dans  cet  ouvrage  l'exposé,  rendu  aussi  attrayant  que 
possible,  des  applications  dont  sont  susceptibles  les  nombreux 
végétaux  étudiés. 

Tous  ceux  qui  aiment  les  plantes,  et  ils  sont  légion,  peuvent 
donc  lire  ce  livre  avec  plaisir  et  nrolit.   Le  .1/  "lanles 

est  d'ailleurs  à  tous  les  points  dé  vue  an  coura/lt  des  derniers 
progrès  de  la  science,  et  l'auteur  s'est  inspiré  laction 

des  plus  récents  travaux  publiés  eu  France  et  à  l'étranger  par- 
les maîtres  incontestés  de  la  botanique. 


VIENT  DE  PARA1TRET: 

ROTANIkEll    \IH!lss|!llll 

B<  i  I  Imamtch  des  Botanistes) 

Recueil  des  noms  el  adresses  des  botanistes 

ils  de   tous  les  pays,  des 
el  des  TnslUutiotis,  Sot- 
Publications  périodiques  botaniques, 
par  J.  DORFLER. 

lrJ  feuilles  gr.  in-N,  soit  292  pages.  Reliure 
complète  en  toile.  Prix  :  12  ff.  -r>0  cent.  — 
10  marks.  —  6  florins.  —  10  shillings  — 
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Adresse:  Coopérative   BOULOU   (Pyr.-Or.) 
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19,  Rue  Hautefeuille.   —  PARIS 


LE  MONDE  DES  PLANTES 

Par  P.  CONSTANTIN 

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Par  M.  l'Abbé  A.  L.  Lbtacq 
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En  vente  chez  Henri  in;i,i;sori:s,  Libraire,  rue  Froide,  2  et  4, 

à  CAEN  (Calvados)  ; 

ou  chez  l'Auteur,  route  du  Mans,  15.1,  à  ALENÇON  (Orne). 


LE   BIBLIOPHILE    DU    MAINE 

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Librairie    Auguste    GOUPIL,     2,    quai    Jean     Fouquet,     Laval 
Prix  de  l'abonnement  :  2  fr.  50  par  an 


Lirmiiie  EDMOND  1!  ON  Ml  V  El!.  Éditeur 

PLACE   DES  JACOBINS,   12,   LE   MANS   [Marthe) 


EXPOSITION    UNIVERSELLE  DE  1878 


MÉDAILLE    D'ARGENT 


1°  I  IWRF   n'UrilDCQ  selon  le  RIT  ROMAIN,  avec    10  gravures  hors  texte,  représentanl    1rs 
I     LlVnr.  u  n  LU  FlLO.  principales  FÊTES  de  l'année,   contenanl  la   Messe  jet  les  cérémonies 

du  mariage.—  Orné  dr  81  encadrements  variés,  tirés  on  noir,  extraits  des   anciens  Livres  d'Heures 

impr -  par  Pjgouchet,  Simon  Vostre  el    Rerver,  de  non  à  isoo. 

Ces  encadrements  représentent  1rs  Sibylcs  annonçant  lit  venue  du  Christ,  sa  passion,  sa  morl  el  sa 

résurrection,  les  Vertus  théologales,  les  Sacrements,  diverses  scènes  «lu   Jugement  dernier  et  la   vie  de 

Job.  —Un  vol.in-t6ralsra.br 1*  fr. 

Superbe  Cadeau  à  offrir  pour  étrenties,  première  communion  et  mariage 


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imitation  de  jéSUS-Christ.  avec  encadrements  du XV*  siècle,  broché ii.fr. 

SOUVENIR  DE  FAMILLE,     recueil  de  prières  pour  les  parents  el  amis  décédés,  avec 


drements  du  XV*  siècle,  bi 


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RELIURES      DIVERSES 


5e  Année  (2e  Série) 


N°  82 


1er  Septembre  1896. 


#» 


DES 


PLANTES 


Revue  Internationale  illustrée 


DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


-**fï — >f — f*~ 


^,H.e:tA,i0<sc  r: 


■r  'Benedicite   uttii'er.ta  germinatttia    ht    terra 
e  Domino.  » 

Dan.,  cb.  m. 


Directeur  :    H.    LEVEII^É 
Rédacteur  en  chef  :   A.  AGLOQUE 


SOMMAIRE    DU    N°    82 

La  Greffe  depuis  l'antiquité  jusqu'à  nos  jours,  L.  Daniel.  —  Académie  internationale  de 
Géographie  botanique.  —  Les  Onagrariécs  équatoriennes,  Luis  Sooino.  —  Les  noms 
vulgaires  des  plantes,  D.  Clos.  —  La  Greffe  des  Châtaigniers,  E.  Mbnault.  —  La  SoIanine 
dans  Us  Pommes  de  terre,  V.  L.—  Un  Succédané  du  Café,  P.  V.  Liotard.—  De  l'Influence 
du  sol  sur  les  plantes  indigènes,  H.  L.  —  Onothéracées  japonaises,  H.  LÉvEtLLé  —  Un  cas 
tératologiquc,  H .  Léveillé.  —  Note  sur  la  station  du  Trapu  nalans  à  Voré,  A.  L.  Letacq. 
—  Le  genre  ltosa  de  la  flore  agenaise,  0.  Dbbeaus.  —Revue  des  Sociétés  Savantes.  — 
Bibliographie.  —  Informations.  —  Mouvement  de  la  Bibliothèque.  —  Mouvement  de 
l'Herbier.  —  Table  des  matières. 


LE     MANS 
Imprimerie  Ed.  MONNOYER,  Place  des   Jacobins,   12 


18  9  6 


ACADÉMIE     INTERNATIONALE 
DE  GÉOGRAPHIE  BOTANIQUE 


Directeur:  M .  William  Trelease,    St-Louis 

(Missouri). 

Secrétaire  perpétuel  :  M.  II.  Léveillé.  Le 
Mans  (Sarthe  . 

Tre'sorier  :  M.  Ch.  Le  Gendre,  Limoges 
(Hte- Vienne). 


CONSEIL   DE  L'ACADEMIE 
MM.  W.    Trelease.   H.   Léveillé,  Ch.  Le 
Gendre,  G.   Rouv,   G.  King,  Treub,  Baron  F. 
von  Mueller. 


COMITÉ  DE  RÉDACTION 
du  Monde  des   Plantes 
H.  Léveillé,  Directeur  ;  A.  Acloque,  Secre 
taire,  Rédacteur  en  Chef;  P.  V.  Liotard,  Ré 
dacteur. 

OFFRES  &  DEMANDES 

Nos  Abonnés  sont  priés  de  vouloir  biei 
nous  communiquer  leurs  offres  et  demande 
et  leurs  demandes  de  renseignements  qui  se 
ront  insérées  ici  gratuitement  chaque  mois 
De  cette  façon  il  s'établira  des  relations  entr 
tous  nos  Collègues  abonnés,  amis  et  lecteur 
qui  en  retireront,  espérons-le.  de  l'utilité  pou 
leurs  travaux  et  leurs  recherches. 


A  Lire  attentivement! 

TOUJOURS    EN    AVANT  ! 


Messieurs  et  chers  Collègues, 

Abonnés  ou   Lecteurs. 

Voici  bientôt  cinq  ans  que  notre  Monde  des 
Plantes  existe.  Il  a  conquis  sa  place  parmi  les 
publications  scientifiques  du  globe.  Son  exis- 
tence est  aujourd'hui  assurée  et  ses  lecteurs 
dispersés  aux  quatre  coins  du  globe  sont  ré- 
pandus dans  tous  les  pays  du  monde. 

Pour  arriver  à  ce  résultat,  notre  Directeur 
a  dû  s'imposer  de  lourds,  d'énormes  sacrifi- 
ces. D'autre  part,  il  importe  de  réaliser  de  nou- 
velles et  importantes  améliorations  pour  assu- 
rer à  la  Revue  une  rédaction  encore  plus  soi- 
gnée et  plus  intéressante,  et  pourluiprocurer 
de  nouveaux  lecteurs. 

A  DATER  D'OCTOBRE  PROCHAIN,  LA  COLLABO- 
RATION au  Monde  des  Plantes  sera  rétribuée 
suivant  la  valeur  des  manuscrits  et  d'après  le 
jugement  du  Comité  de  Rédaction.  Toutefois, 
cette  décision  n'aura  pas  d'effet  rétroactif  et 
ne  s'appliquera  pas  aux  travaux  en  cours.  En 
outre,  des  tirages  à  part  gratuits  pourront 
être  offerts  aux  auteurs  selon  que  le  Comité 
de  rédaction    le  jugera    opportun.    Pour  avoir 


droit  .à  ces  faveurs,  l'abonnement  à  la  Revu 
sera  requis.  Les  manuscrits  non  acceptés  se 
ront  rendus.  Les  travaux  originaux  et  inédit 
seront  acceptés. 

On  comprendra  sans  peine  que  pour  fair 
face  à  ces  nouvelles  charges,  il  faut  que  no 
amis  concourent  aussi  à  nous  apporter  leu 
part  de  souscription  à  l'œuvre  commune  e 
nous  avons  la  douce  confiance  que  pas  un  di 
nos  lecteurs  ne  s'y  dérobera. 

Aussi,  a  dater  d'octobre  prochain,  l'abon 
nement  sera  porté  à  10  francs  par  an  pour  li 
France  et  12  francs  pour  les  autres  pays. 

Les  abonnements  de  six  mois  ne  seron 
plus  acceptés  et  le  prix  du  numéro  sera  di 
1  franc.  Il  sera  fait  une  révision  sévère  de 
échanges  et  des  numéros  gratuits  ne  seron 
envoyés  comme  spécimens  que  sur  l'indica 
tion  de  nos  lecteurs  aux  adresses  qu'ils  vou 
dront  bien  nous  désigner  eux-mêmes. 

Certains  que  ces  réformes,  réclamées  pa: 
un  certain  nombre  de  botanistes,  auront  l'ap 
probation  générale,  nous  remercions  nos  lidè 
les  abonnés  de  leur  précieux  concours  dam 
le  passé,  gage  de  leur  persévérant  attachemen 
dans  l'avenir. 

La  Rédaction. 


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sera    considérée    comme   réabonnée. 


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NEW-YORK 
Pli.  Heinsberger,  15,  First  Avenue. 

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Dulau  and   C°,   Foreign  bookscllers,  37,  Sol 
Square. 

PARIS 

J.-B.  Bailuère  el   Fils,  10,  rue  Hautefeuille. 
Jacques    Lecuevalieh,    Librairie    médii 
scientifique,  23,  rue  Racine. 

LAVAL 

Aug.  Cm  pu.,  quai  Jean-Fouquel    Vieux-Pont] 


5e  Année  (2e  Série). 


No  82 


i"  Septembre   iScô. 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

T^evue  Internationale  illustrée  de   "Botanique. 


LA     GREFFE     DEPUIS     L'ANTIQUITE     JUSQU'A     NOS    JOURS 
Par  L.    Daniel    {Suite). 


Enfin  Caton  termine  par  la  description  de 
la  greffe  en  écusson  à  emporte-pièce  (emplas- 
Iratio),  qui  était  alors  pratiquée  sur  l'olivier 
et  le  figuier. 

«  Enlevez  avec  l'écussonnoir  l'écorce  du 
figuier  et  de  l'olivier  sur  lesquels  vous  vous 
proposez  de  greffer.  Enlevez  pareillement  un 
morceau  d'écorce  avec  un  œil  à  l'arbre  que 
vous  voulez  propager;  mettez  à  la  place  du 
premier  celui  que  vous  avez  enlevé  en  dernier 
lieu,  et  faites  qu'il  recouvre  parfaitement  la 
portion  dénudée  qui  devra  avoir  trois  doigts 
et  demi  de  long  sur  trois  de  large  ;  enduisez 
de  lut  et  couvrez  comme  pour  les  autres 
greffes.  » 

Quant  à  l'époque  à  choisir  pour  greffer, 
Caton  n'est  pas  prodigue  de  détails.  Il  dit  que 
l'on  doit  greffer  les  poiriers  et  les  pommiers, 
pendant  cinquante  jours,  au  solstice  et  à  la 
vendange.  La  greffe  de  l'olivier  et  du  figuier 
se  pratique  au  printemps. 

0  II  faut  opérer  l'après-midi,  quand  le  vent 
du  sud  ne  souffle  pas  et  qu'il  n'y  a  point  de 
lune.  » 

C'est  la  première  fois  qu'il  est  fait  mention, 
dans  les  auteurs,  de  l'influence  de  la  lune  sur 
la  greffe,  et  cette  question  a  depuis  joué  un 
grand  rôle  dans  l'imagination  des  greffeurs. 
Quelque  ridicule  que  puisse  paraître  ce  préjugé, 
il  persiste  encore  de  nos  jours,  même  chez  des 
gens  qui  se  croient  éclairés. 

En  résumé,  Caton  a  donc  précisé  en  peu  de 
mots  les  connaissances  de  son  temps  en  ma- 
tière de  greffage.  Sa  description  de  la  greffe  en 
couronne  est  un  modèle  du  genre.  A  partir  de 
cet  illustre  agronome,  on  peut  dire  que  les 
procédés  ordinaires  des  greffes  en  couronne,  en 
fente,  en  approche,  en  écusson  à  emporte- 
pièce,  sont  désormais  fixés. 

Vers  l'époque  où  s'éteignit  Caton,  le  Cartha- 


ginois Magon  écrivait  en  langue  punique  son 
célèbre  Traité  d'Agriculture,  qui  n'est  pas 
parvenu  jusqu'à  nous  et  dont  nous  n'avons 
que  des  traductions  plus  ou  moins  écourtées  (1) 

Denys  d'UTiQUE  (2)  traduisit  ce  traité  en  gret 
en  le  réduisant  à  vingt  livres  ;  Diophanes  (3) 
abrégea  encore  cette  traduction  qu'il  réduisit  s 
six  livres. 

Diophanes  décrivit  (sans  doute  d'après 
Magon  lui-même)  ces  fameuses  greffes  hété- 
rogènes, amplifiées  encore  par  les  commenta- 
teurs du  moyen  âge.  Pour  lui,  on  peut  greffer 
le  figuier  sur  le  mûrier  et  le  platane  ;  le  mû- 
rier sur  le  hêtre,  le  châtaignier,  le  poirier,  le 
pommier  sauvage,  le  térébinthe,  etc. 

Enfin,  chez  les  Romains,  Varron  (4),  «  en- 
chérissant sur  la  brièveté  de  Diophanes  >, 
réduisit  sa  traduction  à  trois  livres.  Mais 
Varron  ne  se  borna  pas  à  traduire  ;  il  utilisa 
Théophraste,  Caton,  et  ajouta  à  leurs  obser- 
vations ses  remarques  personnelles. 

C'est  Varron  qui  a  signalé  le  premier  l'in- 
fluence du  sujet  sur  le  greffon,  influence  dont 
il  a  été  depuis  souvent  question  dans  les  traités 
et  les  compilations  où  l'on  parle  de  greffe.  A 
ce  titre,  il  mérite  une  mention  spéciale. 

Pour  lui,  «  un  greffon  fournira  des  fruits 
d'autant  meilleurs  qu'il  sera  placé  sur  un  sujet 
plus  perfectionné  lui-même.  Il  vaut  donc  mieux 
greffer  sur  franc  que  sur  sauvageon.  » 


1.  Magon  vivait  au  11e  siècle  avant  J.-C. 

2.  Denys  D'UTiQue  vivait  aussi  au  11e  siècle  av. 
J.-C.  —  Sa  traduction  était  dédiée  au  préteur  Sex- 
tilius. 

3.  Diophanes  de  Bithinie  vivait  vers  i5o  avant 
J.-C.  —  Son  ouvrage  était  dédié  au  roi  Déjotarus. 

4.  Varron,  le  plus  savant  des  Romains  (116-26 
avant  J.-C),  Rerum  rusticarum  de  agriculture:,  Lib. 
I,  cap.  1,  et  Lib.  I,  cap.  xi  et  xli. 


ii4 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Varron  avait  en  outre  remarque  «  qu'il 
vaut  mieux  greffer  au  printemps  qu'à  l'au- 
tomne; mais  il  ne  faut  pas  croire  que  l'époque 
de  soit  uniforme  pour   toutes    les 

plantes. 

«  Nous  devons  remarquer,  dit-il,  que 
nombre  d'essences  d'arbres,  qui  étaient  jadis 
greffées  au  printemps  le  sont  aujourd'hui  pen- 
dant le  solstice  d'été  ;  tel  est  le  figuier.  • 

Mais  il  ne  tombé  pas  dans  les  exagérations 
de  Diophanes.  Il  a  su  remarquer  que  toutes 
les  espèces  d'arbres  ne  peuvent  se  greffer  in- 
différemment les  unes  sur  les  autres  :  «  Le 
poirier  ne  peut  se  greffer  sur  le  chêne,  ni  sur 
le  pommier  non  plus.  » 

Ici  Varron,  comme  beaucoup  de  greffeurs 
des  temps  modernes,  s'est  trop  empressé 
de  généraliser  après  ses  insuccès.  La  greffe 
du  poirier  sur  pommier  réussit  quelquefois  ; 
mais  elle  est  peu  pratique. 

Il  faut  signaler,  dans  ce  même  ouvrage,  la 
description  d'une  nouvelle  greffe  en  appro- 
che (11  : 

«  On  a.  dit-il,  dernièrement  imaginé  une 
nouvelle  manière  de  greffer  qui  nécessite  deux 
arbres  voisins.  Au  moyen  d'une  ouverture 
pratiquée  dans  l'arbre  qu'on  désire  greffer,  on 
introduit  une  petite  branche  attirée  de  l'arbre 
dont  on  veut  avoir  le  fruit.  Cette  branche  doit 
être  entaillée  des  deux  côtes,  aux  points  de 
contact,  avec  une  serpette,  de  sorte  qu'a  l'en- 
droit d'où  elle  sort,  son  écorce  s'adapte  par- 
faitement à  l'écorce  qu'elle  traverse. 

«  On  aura  soin  encore  que  l'extrémité  de  la 
branche  entées'élève  vers  le  ciel. 

«  L'année  suivante,  lorsque  la  greffe  a  bien 
pris,  on  opère  sa  séparation  de  l'arbre  auquel 
elle  a  d'abord  appartenu.  » 

Malgré  sa  supériorité  et  son  scepticisme  à 
l'endroit  des  résultats  merveilleux  de  la  greffe, 
Varron  admet  l'influence  de  la  lune,  et  il  croit, 
d'après  les  augures,  que,  si  l'on  place  «  des 
greffes  différentes  sur  un  arbre,  il  sera  frappé 
par  autant  de  coups  de  foudre  ». 

A  l'époque  où  Varron  rédigeait  son  ouvrage 
et  au  siècle  suivant,  la  grelfe  fut  en  honneur 
dans  toutes  les  classes  de  la  société,  et  chez 
les  Grecs  comme  chez  les  Romains. 

Virgili:  (69-19  avant  J.-G.l,  le  plus  grand  des 
poètes  latins,  décrivant  les  travaux  champêtres 
dans  ses  Géorgiques  (2),  ne  pouvait  oublier  un 
sujet  aussi  merveilleux    que    la     greffe.     Les 


1.  C'est  la  grelfe  Virgile  de  ThouIN,  dont  ce  de.  r- 
nier  attribue  l'invention  ou  mieux  la  première  des- 
cription pratique  au  poêle  latin. 

2.  Vis  iili  Les  Géorgiques,  Liv.  II,  vers  ? 5c t 
suivants. 


greffes  hétérogènes  de  Diophanes  lui  permi- 
rent d'entrer  à  pleines  voiles  dans  le  domaine 
de  la  fantaisie.  D'ailleurs,  suivant  les  besoins 
du  vers,  il  crée  lui-même  des  greffes  fantas- 
tiques. 

Mais  si,  au  point  de  vue  littéraire,  on  ne  sau- 
rait lui  en  vouloir  d'avoir  ainsi,  dans  des  vers 
inimitables,  embelli  les  faits  et  poétisé  des 
erreurs,  il  faut  avouer  que,  au  point  de  vue 
scientifique  et  pratique,  il  a  rendu  un  assez 
mauvais  service  en  contribuant  à  répandre 
partout  ces  erreurs. 

Virgile  nous  montre  le  laboureur  domptant 
par  la  greffe  l'âpreté  des  fruits  sauvages,  le 
pommier  greffé  produisant  des  poires  et 
même  la  cornouille  pierreuse  se  teignant  des 
couleurs  de  la  prune. 

«  On  greffe,  dit-il,  la  noix  franche  sur  le 
triste  arbousier;  les  stériles  platanes  portent 
les  rejetons  vigoureux  du  pommier;  les  hê- 
tres, ceux  du  châtaignier;  le  frêne  blanchit 
sous  les  fleurs  du  poirier,  et  l'on  voit  les  porcs 
broyer  le  gland  au  pied  de  l'ormeau.  » 

C'est  le  cas  de  s'écrier  avec  Pline,  citant 
lui-mêmece  passage  :  «  On  ne  saurait  rien  ima- 
giner de  plus  fort  !  » 

Cependant  Virgile,  mêlant  le  réel  aux  fic- 
tions poétiques,  a  décrit  une  nouvelle  espèce 
de  greffe  en  écussonqui  était  en  usage  de  son 
temps,  bien  qu'elle  n'eût  pas  encore  été  indi- 
quée par  les  précédents  auteurs. 

t  L'inoculation  se  fait  à  l'endroit  où  le 
bourgeon,  forçant  l'écorce,  a  poussé  et  rompu 
sa  mince  tunique;  dans  le  nœud  lui-même  une 
petite  fente  est  pratiquée,  et  l'on  y  enferme 
le  bouton  d'un  arbre  étranger  qui  s'incorpore 
à  sa  nouvelle  écorce  et  qui  en  boit  la  sève.   » 

Ce  procédé  [inoculatio)  dillère  surtout  du 
procédé  usité  jusqu'alors  (emplastratio,éc\isson 
à  emporte-pièce)  par  l'insertion  de  l'écusson 
sous  l'écorce.  C'est  celui  qui  est  encore  em- 
ployé aujourd'hui,  mais  on  ne  place  plus  l'écus- 
son dans  l'oeil  même,  mais  dans  la  partie  lisse 
de  l'écorce. 

A  la  même  époque,  Cicéron  (i)  appelle  la 
greffe  «  le  chef-d'œuvre  de  l'agriculture  ». 

Lucrèce  (2)  essaie  non  seulement  d'expli- 
quer l'origine  de  la  grelfe,  mais  il  raconte 
encore  que  «  les  fruits  s'améliorent  par  cette 
opération  ». 


1 .  Cicéron  (  1 06-43 avant  J.-C),  De  Senectute,XV: 

■1  Nec  consitioncs  modo  délectant,  sed  etiam  insi- 
tiones:  quibusnihil  invenita  griculturasollertius.» 

2.  Lucrèi  1  né  vers  o5  avant  J.-C),  De  natura 
rerum,  l.ib.  I,  v.  210  ;  «  Et  manibus  meliores 
reddere  fétus. . .  » 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


I  ID 


Horace  (i)  dépeint  dans  ses  vers  l'homme 
des  champs,  habile  dans  l'art  de  la  greffe  : 

Et  d'un  arbre  émondant  le  branchage  stérile, 
Sa  main  sait  y  greffer  de  plus  féconds  rameaux. 

Il  montre  la  joie  que  l'on  éprouve  à  cueillir 
de  beaux  fruits  sur  l'arbre  que  l'on  a  soi-mê- 
me greffé. 

Properce  (2)  raconte  que  le  cultivateur, 
après  avoir  forcé  la  tige  du  poirier  à  porter 
des  pommes,  se  hâte  de  porter  à  Vertumne 
une  couronne  de  fruits. 

Ovide  (3)  considère  la  greffe  comme  un  re- 
mède à  l'amour  et  conseille,  quand  le  temps 
de  cette  opération  est  venu,  d'enter  sur  la 
branche  une  branche  adoptive  afin  que  l'arbre 
se  couvre  d'un  feuillage  qui  n'est  pas  le  sien  ! 
Plutarque  (4)  au  deuxième  livre  de  ses 
Propos  de  table,  se  demande  pourquoi  les 
arbres  résineux  sur  lesquels  l'opération  de  la 
greffe  parait  devoir  être  si  facile,  ne  peuvent 
être  greffés  utilement. 

Diodore  de  Sicile  (5)  visitant  File  de  Corfou, 
constate  qu'on  y  trouve  peu  de  vignes  et  d'oli- 
viers greffés. 

La  greffe  était  si  bien  alors  une  opération 
usuelle  que  les  écrivains  religieux  eux-mêmes 
parlent  de  cet  art. 

Saint  Paul,  dans  son  épître  aux  Romains, 
voulant  montrer  que  les  Gentils  n'ont  été  appe- 
lés à  la  connaissance  de  la  religion  qu'après 
les  Juifs,  compare  ceux-ci  au  sujet  et  les  Gen- 
tils au  greffon  qui  puise  dans  un  vieux  tronc 
une  nourriture  étrangère  (6). 

Laissons  les  littérateure  sacrés  ou  profanes 
pour  reveniravec  Columelle  aux  agriculteurs. 
Columelle  (7)   complète  les    notions   prati- 
ques fournies  par  ses  devanciers,  et  donne  lui- 
même  de  bons  conseils. 


1.  Hora.c.e(64-j  avant  J.-C),  Epodes,  livre  V  : 
«Ut  gaudet  insitiva  decerpens  pyra.  »  —  Ode  II, 
Les  Gaietés  champêtres  : 

Inutilesve    falce   ramos    imputans 
Feliciores  inserit,  etc. 

2.  Properce  (32-14  avant  J.-C).  —  Liv.  tv, 
Chant  11  : 

Insitor  hic  solvit  pomosa  vota  corona, 
Cum     pirus  invito  stipite   mala    tulit. 

3.  Ovide  (43  av.  - 18  ap.  J.-C),  De  remedio  amo- 
ris,  lib.  I. 

Venerit  insitio.  Fac  ramum  ramus  adoptet,  net- 
que  peregrinis  arbor  operta  comis  !  fissaque  adop- 
tivas  accipit  arbor  opes... 

a.  Plutarque  (5o-i3o,    ap.   J.-C). 

5.  Diodore  de  Sicile,  Libri  v,  xvi. 

6.  Saint  Paul,    Épître  aux  Romains. 

7.  Coiumelle  (vivait  sous  les  règnes  d'Auguste 
et  de  Tibère),  De  re  rustica,  lib.    V,    11. 


Pour  lui,  un  arbre  greffé  fructifie  mieux 
qu'une  bouture  (1). 

«  L'arbre  qui  fournit  le  greffon  doit  être  jeu- 
ne et  fertile,  et    avoir  beaucoup  de  nœuds. 

«  Il  faut  prendre  les  greffes,  âgées  d'un  an, 
sur  le  côté  de  l'arbre  tourné  au  lever  du  soleil 
et  bien  intactes. 

«  On  doit  couper  le  sujet  à  l'endroit  le  plus 
lisse  et  ragréer  la  plaie  du  sujet  et  du  greffon 
avec  un  instrument  bien  tranchant. 

a  Le  nombre  des  greffons,  dans  la  greffe  en 
couronne,  sera  proportionné  à  la  grosseur  de 
l'arbre,  et  on  laissera  entre  chacun  d'eux  un 
intervalle  de  quatre  doigts  environ. 

«  Lorsqu'on  greffe  en  écusson,  on  déligature 
au  bout  de  vingt-et-un  jours. 

«  Quand  on  veut  greffer  en  fente  un  petit 
arbre,  il  vaut  mieux  le  greffer  près  du  sol  et 
entasser  de  la  terre  autour  de  la  greffe.  Cela 
contribuera  à  le  défendre  parfaitement  contre 
les  vents  et  la  chaleur. 

«  La  fente  ne  doit  pas  avoir  plus  de  trois 
doigts  de  longueur  :  si  elle  est  trop  longue,  or. 
la  ligature  avec  de  l'osier  ou  mieux  avec  du 
jonc. 

a  Le  greffon  doit  être  entaillé  de  trois 
doigts. 

n  Enfin,  il  y  a  des  personnes  qui  font  une 
ouverture  avec  la  scie  sur  le  tronc  de  l'arbre 
pour  y  introduire  les  greffons  et  ragréent  avec 
un  bistouri  bien  aiguisé  la  partie  qu'ils  ont 
ainsi  sciée  poury  ajuster  ensuite  les  greffons.  » 

C'est  évidemment  de  la  greffe  en  incrustation 
qu'il  s'agit  ici,  procédé  dont  l'invention  a  été 
attribuée  à  tort  aux  auteurs  modernes. 

Mais  Columelle  est  moins  heureux  quand  il 
décrit  un  procédé  personnel  pour  faire  toutes 
sortes  de  greffes. 

«  11  faut,  dit-il,  planter  au  pied  d'un  olivier 
un  jeune  figuier  auquel  on  coupe  la  tige  au 
collet  de  la  racine,  puis  entaillant  la  cime  de 
l'olivier  des  deux  côtés,  l'insérer  dans  le  figuier 
préalablement  préparé  comme  pour  la  greffe 
en  fente. 

«  A  la  quatrième  année,  on  sèvre  l'olivier  qui 
doit  être  soudé  au  figuier.  » 

Nous  démontrerons  plus  tard  que,  dans  de 
semblables  greffes,  la  soudure  peut  se  faire, 
mais  la  mort  du  greffon  résulte  infailliblement 
du  sevrage. 


1.  Nous  avons  vérifié  nous-même  la  justesse 
de  cette  observation.  Les  boutures  de  certaines 
variétés  de  pommiers  vigoureux  donnent  naissance 
à  desarbres  de  haute  taille,  donnant  de  magnifiques 
pousses  et  peu  de  fruits.  Mais  le  cas  n'a  pas  la 
généralité  que  lui  suppose  Columelle  ;  les  arbres 
peu  vigoureux  bouturés  fructifient  fort  bien. 


nG 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Une  ;.utre  partie  intéressante  du  travail  de 
Coi.umelle,  ce  sont  les  détails  qu'il  donne  sur 
la  culture  et  le  greffage  de  la  vigne,  détails 
qu'il  est  bon  de  rappeler  aujourd'hui  où  le 
greffme  de  la  vigne  a  pris  une  si  grande  impor- 
tance, grâce  au  Phylloxéra. 

«  Julius  Atticus(i),  dit-il,  permettait  de  gref- 
fer la  vigne  en  toute  saison,  dès  l'instant  que 
l'on  dispose  de  sarment  qui  ne  soit  pas  encore 
entré  en  sève.  Or,  il  vaut  mieux  greffer  au  prin- 
temps, caria  plaie  se  cicatrise  mal  en  hiver  à 
cause  du  froid  qui  brûle  les  nouveaux  tissus  ou 
en  empêche  la  formation. 

«  Il  faut  greffer  par  un  temps  doux,  en  l'ab- 
sence de  vent,  et  couper  les  greffons  par  un 
vent  du  midi.  On  prendra  des  greffons  bien 
ronds,  à  moelle  ferme  et  non  spongieuse,  à 
entre-nœuds  très  courts. 

«  La  greffe  à  la  tarière  est  moins  usitée  que 
la  greffe  en  fente. 

On  peut  greffer  la  vigne  hors  de  terre  ou 
en  terre.  Dans  ce  dernier  cas,  on  enterre  la 
greffe  jusqu'à  la  cime.  Si  la  greffe  est  faiteau- 
dessus  du  sol,  on  enduit  la  plaie  d'un  lut  et 
l'on  recouvre  de  mousse  pour  la  garantir  du 
soleil  etdes  pluies.  Il  faut  éviter  de  blesser  la 
moelle.  » 

Columelle  entre  ensuite  dans  d'assez  longs 
détails  sur  les  précautions  à  prendre  pour 
éviter  l'affranchissement  du  greffon. 

«  Il  recommande,  pour  la  greffe  à  la  tarière, 
une  tarière  nouvelle  qu'il  a  inventée  et  qu'il 
appelle  «tarière  gauloise»(2). 

Il  conseille  «  de  greffer  du  raisin  noir 
dans  les  lieux  secs  et  arides  et  du  raisin  blanc 
dans  les  lieux  humides.  » 

«  Pour  faire  produire  à  un  cep  de  vigne  des 
raisins  de  couleur  ou  de  goût  différents,  il 
suffit  de  réunir  dans  un  tuyau  plusieurs  bran- 
ches appartenant  à  des  vignes  différentes.  » 

Ce  mode  de  greffe  en  approche  a  été  rappelé 
bien  des  fois  depuis  par  les  auteurs  qui  ont 
écrit  sur  la  greffe. 

Columelle,  comme  Caton,  croit  à  l'influen- 
ce de  la  lune,  mais  il  veut,  lui,  que  l'on  greffe 
pendant  le  croissant.  Cette  opinion  a  encore 
de  nos  jours  de  nombreux  partisans,  quelque 
surprenant  que  cela  puisse  paraître.  Beaucoup 
de  greffeurs  s'imaginent  que  les  greffes  faites 
en  croissant  poussent  mieux  ! 

Columelle  connaissait  t'écusson  à  œil  dor. 
mant  qui  doit  se  faire  aux  calendes  d'août  et 
de  septembre. 


i.  Agronome  latin  qui  avait  écrit   tout  spécialc- 
■nent  sur  la  Vigne. 
2.   Ce  serait,  parait-il,  le    villcbrequin  actuel. 


«  Il  a  lu,  dit-il,  dans  Bolus  de  Mendesium 
qu'en  greffant  la  graine  de  concombre  dans 
la  moelle  de  ronce  ou  de  férule,  ces  plantes 
ainsi  entées,  donnent  des  concombres  même 
pendant  les  froids  (i).  » 

Enfin  il  précise  lesépoques  auquelles  on  doit 
faire  la  greffe  des  divers  arbres. 

«  Le  cerisier,  le  jujubier,  l'amandier,  le 
pêcher  se  greffent  aux  ides  de  janvier  ou  en 
décembre,  mais  c'est  le  mois  de  février  qui  est 
le  plus  favorable  tant  pour  la  vigne  que  pour 
les  arbres. 

«  On  écussonne  d'avril  à  juin  (écusson  à  œil 
poussant)  et  en  septembre  (écusson  à  œil 
dormant).  » 

Avec  Pline  (2)  les  légendes  et  les  fictions 
poétiques  prennent  trop  souvent  le  pas  sur  la 
raison.  Dans  beaucoup  de  parties  de  son 
Histoire  naturelle,  il  a  reproduit  sans  contrôle 
tout  ce  qu'on  a  écrit  avant  lui  sur  un  sujet 
donné.  Aussi  il  ne  faut  pas  être  surpris  d'y  voir 
vérité  et  erreurs  mêlées. 

Compilateur  infatigable  et  en  même  temps 
très  érudit,  on  ne  sait  ce  qui,  dans  Pline,  doit 
le  plus  étonner  ou  de  sa  crédulité  ou  de  l'éten- 
due de  ses  connaissances.  C'est  à  lui  seul  une 
bibliothèque  disparate,  véritable  Encyclopédie, 
très  précieuse  en  ce  sens  qu'elle  est  un  résumé 
fidèle  des  connaissances  scientifiques  aussi  bien 
que  des  préjugés  des  Anciens  à  son  époque 
(siècle  d'Auguste). 

La  partie  de  son  Histoire  naturelle  relative 
à  la  greffe  contient  plusieurs  idées  neuves, 
puisées  sans  aucun  doute  dans  les  écrits 
d'auteurs  dont  les  noms  figurent  au  début  de 
son  livre,  mais  dont  les  travaux  ne  sont  pa 
parvenus  jusqu'à  nous. 
Cette  partie,  assez  étendue,  est  sans  contredit 


1  .  Ce  procédé,  déjà  décrit  par  Théophraste  d'un  e 
façon  générale,  a  été  essayé  à  nouveau  de  noe 
jours,  naturellement  sans  succès;  on  le  retrouve 
dans  Pline  et  c'est  évidemment  lui  qui  a  donné 
l'idée  de  la  greffe  herbacée  actuelle.  Pline  déclare 
que  par  ce  moyen  «  on  peut  enter  les  herbes  des 
jardins».  Ses  traducteurs  sont  plus  affirmatifs en- 
core :  Du  Pinet  {Histoire  naturelle  de  Pline,  Lyon, 
D4>),  intitule  le  passage  de  Pline  «Moyen  d'enter 
les  herbes  comme  les  arbres  »,  et  J.  Hardouin 
[Histoire  naturelle  de  Pline,  Leipzig,  1787)  raconte 
que  les  Grecs  se  servaient  de  trois  verbes  diffé- 
rents pour  désigner  les  différentes  greffes  hof- 
Ooc/iJLtçEtv,  pour  écussonner;  I^uteÔscv,  pour  gref- 
fer les  arbres;  Éri57r£ipsiv,  pour  greffer  les  herbes. 

La  greffe  des  herbes  n'est  donc  point  une  inven- 
tion récente,  et  Tschudy  n'en  est  point  l'inven- 
teur :  il  l'a  simplement  remise  en  honneur  (Voir 
plus  loin  P.  de  Ciescens,  Olivier  de  Serres,  etc). 

2.  Pline,    Histoire  naturelle,  Livre  xvn,  c.  22  et 

S II  i  V  . 


LE      MONDE      DES      PLANTES 


II7 


une  des  meilleures  de  son  ouvrage  et  elle 
mérite  une  analyse  spéciale. 

Pline  signale  tout  d'abord  un  nouveau  pro- 
cédé de  greffe  en  approche  (ablactatio),  où  l'on 
entaille  les  arbres  jusqu'à  l'étui  médullaire  (1), 
donne  quelques  préceptes  nouveaux  surle  choix 
des  greffons  dans  les  greffes  en  couronnée!  en 
fente. 

«  Le  greffon,  dit-il,  doit  être  sur  le  point 
de  pousser  et  doit  promettre  de  produire  dans 
l'année  même. a 

C'est,  comme  on  le  voit,  la  greffe  des  bou- 
tons à  fruit  que  tous  les  auteurs  récents  consi- 
dèrent comme  ayant  été  trouvée  seulement  au 
commencement  de  ce  siècle  (2). 

0  On  comptera  sur  la  réussite  d'une  greffe 
en  fente  si  la  moelle  du  greffon  est  mise  en 
contact  avec  le  bois  et  l'écorce  du  sauvageon. 
Cela  vaut  mieux  que  de  l'accoler  en  dehors, 
écorce  contre  écorce.» 

Pline  veut  évidemment  parler  ici  de  l'inser- 
tion oblique  du  greffon,  que  quelques  greffeurs 
appliquent  encore  de  nos  jours,  bien  que  ce 
soit  une  pratique  vicieuse. 

11  décrit  ensuite  minutieusement  les  précau- 
tions à  prendre  pour  la  taille  du  greffon,  opé- 
ration qui    ne   doit  jamais   se  faire  au    grand 

air. 

Il  faut  éviter  de  décoller  les  écorces  du  sau- 
vageon ou  du  greffon,  et,  lorsqu'on  enfonce  ce 
dernier,  se  garder  de  froncer  l'écorce. 

Aussi  doit-on  choisir  ses  greffes  au  moment 
où  elles  ne  sont  ni  trop  en  sève,  ni  trop  sèches. 
Dans  le  premier  cas  l'écorce  se  détache  facile- 
ment, dans  le  second,  le  greffon  ne  s'humecte 
pas  et  la  reprise  ne  peut  avoir  lieu. 

Il  faut  enfoncer  le  greffon  avec  les  deux 
mains  à  la  fois,  parce  que,  en  agissant  en 
même  temps,  elles  exercent  un  effort  moindre 
et  se  modèrent  réciproquement. 

La  fente  du  sauvageon  ne  doit  être  ni  trop 
ouverte,  ni  pas  assez,  car,  dans  ce  dernier  cas, 
elle  chasserait  le  greffon  ou  le  tuerait  par 
compression. 


i .  Voir  Thouin,  Monographie  des  Greffes,  p.  28: 
greffe  Agricola. 

2.  Cf.Dupuv,  Traitédela  greffe;  Baltet,  l'Art  de 
greffer,  etc.  Dupuy  attribue  l'invention  de  la 
greffe  des  boutons  à  Cabanis.  Or,  le  passage  de 
Pline  n'était  pas  inconnu  au  18e  siècle.  Adanson, 
dans  ses  Familles  des  Plantes,  p.  68,  Paris,  1763, 
dit  formellement  que,  du  temps  de  Pline  «  on  gref- 
fait en  écusson  des  yeux  ou  boutons  à  fleurs  pour 
avoir  du  fruit  dans  la  saison  même  où  l'on  avait 
greffé  ». 

Ce  procédé  avait  d'ailleurs  été  essayé  par  M.  de 
Ressons,  en  1716,  pour  les  fruits  à  noyau  (Cf.  Mé- 
moires de  l'Académie  des  Sciences,  p.  195,  1716); 
on  le  retrouve  indiqué  dans  le  Dictionnaire 
économique  de  Chomel,  édition  de  1740,  etc. 


Quelques  personnes  marquent  la  fente  sur  le 
sauvageon  avec  une  serpe  et  lient  le  bord  du 
tronc  avec  de  l'osier,  puis  elles  enfoncent  le 
coin.  Les  liens  empêchent  le  tronc  de  s'ouvrir 
trop. 

La  greffe  en  couronne  est  préférable  à  la 
greffe  en  fente  pour  un  gros  sauvageon. 

«  Il  y  a  beaucoup  d'avantages  à  greffer  près 
du  sol  si  l'état  des  nœuds  et  du  tronc  le  per- 
met.» Puis  Pline  ajoute  un  peu  plus  loin  •* 
«  On  greffe  les  végétaux  domestiques  sur  les 
racines  des  végétaux  sauvages.» 

Voici  donc  encore  une  sorte  de  greffe,  la 
greffe  sur  racines,  qui  était  bien  connue  des 
Anciens  (1)  et  dont  les  auteurs  modernes  attri- 
buent l'invention  à  Agricola  (2). 

D'après  Pline,  «  certains  végétaux  peuvent 
être  plantés  et  greffés  le  même  jour.» 

Il  y  a  plus  d'une  réserve  à  faire  sur  ce  point. 
La  pratique  nous  a  démontré  que  beaucoup 
de  végétaux  meurent  quand  on  les  greffe  et 
transplante  en  même  temps.  D'autres  suppor- 
tent fort  bien  cette  double  secousse.  D'ailleurs 
la  réussite  ou  l'insuccès  sont  sous  l'étroite  dé- 
pendance de  la  saison  et  des  conditions  clima- 
tériques,  ainsi  que  nous  l'avons  démontré  (3). 

1  Les  greffons  ne  doivent  pas  sortir  de  plus 
de  six  doigts  hors  du  sauvageon.  Au  greffon 
de  la  vigne, on  laisse  seulement  deux  yeux. 

«  Si  l'on  veut  transporter  à  une  certaine 
distance  les  greffons  des  arbres  à  fruits,  on 
pense  que  le  meilleur  moyen  de  les  conserver, 
c'est  de  les  ficher  dans  des  raves.  On  les  con- 
serve encore  en  les  mettant  auprès  d'un  ruis- 
seau ou  d'un  étang,  entre  deux  tuiles  creuses 
lutées  aux  deux  bouts  avec  de  la  terre.  Les 
greffons  de  vignes  se  gardent  dans  des  trous 
secs  ;  on  les  couvre  de  paille,  puis  de  terre, 
tout  en  laissant  passer  les  sommités.  » 

On  ne  fait  pas  autrement  aujourd'hui. 

Vient  ensuite  la  description  des  greffes  en 
écusson  qui  n'offre  rien  de  bien  nouveau,  puis 
cet  intéressant  passage  : 

n  Quelques-uns  ont  essayé  sur  la  vigne  un 
procédé  intermédiaire  entre  la  greffe  en  écus- 
son et  la  greffe  en  fente  ;  ils  ont  enlevé  sur  la 


1.  Palladius,  un  peu  plus  tard,  rappelle  ce  pro- 
cédé, et  après  avoir  fait  remarquer  la  facile  réus- 
site des  greffes  faites  au  collet  du  sujet,  il  ajoute 
qu'  «  il  y  a  des  personnes  qui  greffent  l'olivier  sur 
ses  racines  mêmes,  et  le  transplantent  après  qu'il  a 
pris  ». 

2.  Cf.  Thouin,  loc.  cit.  p.  57.  — Vôchting,  Ueber 
Transplantation,    Tubingen,  1892,  etc.,  etc. 

(3)  L.  Daniel,  Recherches  anatomiques  sur  les  Gref- 
fes herbacées  et  ligneuses,  in-8.,  1 10  p.,  avec  3  plan- 
ches doubles  et  figures  dans  le  Texte  ^Bulletin  de  la 
Société  scientifique  et  médicale  de  Rennes,  i?~' 


nS 


I.E       MONDE       DES       PLANTES 


vigne  mcre  un  lambeau  d'écorce,  et  sur  le  côté 
mis  à  nu,  ils  ont  fixé  un  scion.  » 

Il  ne  peut  être  question  ici,  à  notre  avis  du 
moins,  de  la  greffe  en  approche  en  tête;  autre- 
ment ce  procédé  ne  serait  pas  intermédiaire 
entre  l'écusson  et  la  greffe  en  fente,  mais  bien 
entre  l'écusson  et  la  greffe  en  approche.  Le 
scion  étant  séparé,  il  s'agit  évidemment  d'une 
sorte  de  greffe,  soit  en  placage,  soit  peut-être 
d'une  greffe  de  coté  sousl'écorce,  procédés  dont 
la  découverte  se  trouve  encore  ainsi  attri- 
buée à  tort  aux    auteurs  modernes  (i). 

«  Quelques  végétaux  se  greffent  de  toutes  les 
façons,  par  exemple  le  figuier  et  le  grenadier. 
La  vigne  ne  reçoit  pas  les  écussons,  non  plus 
que  les  arbres  dont  l'écorce  est  mince,  caduque 
et  fendillée. 

n  Les  greffes  en  écusson  sont  de  toutes  les 
greffes  celles  qui  sont  les  moins  solides  et  sont 
emportées  très  promptement,  même  par  un 
vent  léger. 

«  Enfin,  ajoute  Pline,  il  ne  faut  pas  oublier 
un  fait  unique.  Corellius,  chevalier  romain, 
greffa  dans  le  territoire  de  Naples  un  chutai- 
gner  avec  un  scion  pris  sur  l'arbre  même,  ce  qui 
produisit  la  châtaigne  qui  porte  son  nom 
et  qui  est  renommée. 

«  Dans  la  suite,  Etereius,  affranchi,  greffa 
de  nouveau  le  châtaignier  corellien.  Voici  les 
différences  qui  en  ont  résulté  :  le  corellien 
produit  davantage  .Tétéréien  produit  des  fruits 
meilleurs.» 

Ces  deux  faits,  aussi  curieux  que  précis, 
montrent  bien  l'influence  de  la  greffe  sur  l'a- 
mélioration des  fruits.  Cette  question  n'était 
pas  neuve  déjà  du  temps  de  Pline,  puisque  les 
auteurs  grecs  et  Varronen  avaient  parlé.  Mais 
ils  n'avai&nt  cité  aucun  fait  à  l'appui  de  leurs 
affirmations,  et  c'est  ce  qui  fait  l'originalité 
des  documents  de  Pline. 

Un  autre  phénomène  très  intéressant  cité 
par  celui-ci  a  rapport  à  l'influence  des  milieux 
sur  la  réussite  des  greffes,  influence  constatée 
de  nos  jours  (2),  ce  qui  démontre  une  fois  de 
plus  la  justesse  des  observations  rapportées 
par  l'écrivain  latin. 

"  Aux  environs  de  Rome,  dit-il,  les  châtai- 
gniers et  les  cerisiers  ne  viennent  qu'à  grande 
peine,  le  pêcher  et  l'amandier  ne  se  greffent 
que  difficilement  dans  le  territoire  de  Tuscu- 
lum,  tandis  que  celui  de  Terracine  en  pré- 
sente des  forêts  entières.  » 


1.  Cf.   Thouin,    loc.cit.;  Baltët,  etc. 

2.  A.   Carrière.    Influence  des    milieux  sur  la 
éussite  des  gretlés  (Revue  horticole,  1S84,  p.  336). 


Il  nous  apprend  encore  que  le  mûrier  est 
l'arbre  sur  lequel  l'industrie  humaine  a  le 
moins  gagné.  Point  de  variétés,  point  de  modi- 
fications par  la  greffe  :  on  n'est  parvenu  qu'à 
faire  grossir  le  fruit. 

Ces  observations  sont  fort  justes  et  elles 
démontrent  bien  que  l'influence  réciproque  du 
sujet  et  du  greffon  ne  s'exerce  pas  avec  une 
égale  intensité  sur  toutes  les  plantes  comme 
je  l'ai  démontré  par  ailleurs  (1). 

Mais  c'est  sur  ce  sujet  même  des  modifica- 
tions produite»,  par  la  greffe  sur  les  fruits  des 
jardins  que  Pline  se  laisse  aller  à  des  écarts 
d'imagination  incroyables. 

Non  content  decroire  avec  Columelle  à  l'in- 
fluence de  la  lune  et  aux  foudres  de  Varron  et 
de  Virgile,  il  affirme  sérieusement  que  le 
pommiergreffé  sur  mûrier  produit  des  pommes 
couleur  sang  ;  que  le  prunier  greffé  sur  nover 
donne  deâ  prunes-noix  ;  sur  le  pommier,  des 
des  prunes-pommes,  etc.,  etc.  ! 

En  lisant  ces  passages  de  Pline,  on  n'est 
nullement  surpris  de  le  voir  s'écrier  avec 
admiration  : 

«  Cette  partie  de  la  civilisation  est  depuis 
longtemps  arrivée  au  plus  haut  point  :  les  hom- 
mes ont  tout  essaye  ! 

Il  est  bien  certain  que  si  l'art  de  la  greffe 
est  encore  loin  d'être  de  nos  jours  arrivé  à  la 
perfection,  il  n'en  avait  pas  moins  atteint  chez 
les  Anciens  un  grand  développement  et  il  était 
beaucoup  plus  avancé  que  les  écrivains  mo- 
dernes ont  essayé  de  le  faire  croire.  L'analyse 
que  nous  venons  de  faire  de  l'oeuvre  de  Pline 
suffit  à  le  démontrer. 

Il  nous  reste  encore  à  parler  ici  de  quelques 
écrivains  latins  dont  les  auteurs  du  moyen- 
âge  nous  ont  conservé  des  extraits:  Didy- 
me,  qui,  dans  ses  Géorgiques,  expose  les 
préceptes  à  suivre  pour  greffer  et  surtout 
Florentinus,  qui  non-seulement  donne  ces 
mêmes  préceptes,  mais  qui  constate  le  premier 
que  non-seulement  les  arbres  greffés  s'amélio- 
rent quant  à  la  beauté  et  à  la  bonté  des  fruits, 
mais  aussi  pour  la  précocité  de  leurs  produits. 

C'est  aussi  Florentinus  qui  rapporte  cette 
fable  de  la  vigne  laxàtive  et  unguentifère, 
si  souvent  mentionnée  dans  les  Auteurs  du 
Moyen-Age.  Pour  obtenir  des  raisins  odorants 
Ji\ersement  colorés  ou  avant  la  propriété  des 


1.  F..  Daniel.  Influence  du  sujet  sur  la  postérité 
du  greffon  Le  Monde  des  Plantes,  1894  ;  ^rellc 
du  l'Aubergine  sur  la  Tomate  .Bulletin  delà  So- 
ciété scientifique  cl  médicale  de  Rennes);  La 
gretlé  des  Choux  cabus  (ibid.  1896);  Influence  du 
porte-grelTe  sur  le  grelTon  ;  hybrides  de  greilc 
(L'année  biologique,  189b)  ;ete. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


119 


divers  médicaments,  il  suffit,  dit-il,  d'enlever 
la  moelle  du  sujet  dans  la  greffe  en  fente  ordi- 
naire, puis  de  remplacer  cette  moelle  par  les 
aromates,  couleurs  ou  médicaments  que  l'on 
désire  faire  passer  dans  le  greffon.  (1) 

Pendant  presque  quatre  siècles,  nous  ne 
trouvons  plus  aucun  écrit  nouveau  où  il  soit 
question  de  la  greffe. 

C'est  seulement  vers  la  fin  du  iv«  siècle  après 
J.-C  que  Palladius  (2),  fils  d'un  préfet  des 
Gaules  et  originaire  de  Poitiers,  composa  son 
Traité  d'Agriculture,  où  il  parle  longuement 
de  la  greffe. 

Bien  qu'à  l'imitation  de  Pline,  il  ait  surtout 
compilé,  Palladius  a  trouvé  moyen  d'indiquer 
plusieurs  faits  nouveaux  qu'il  avait  puisés  dans 
les  ouvrages  de  Gargilius   Martialis. 

C'est  ainsi  qu'il  préconise  un  excellent  sys- 
tème de  greffe  en  fente,  très  en  faveur  au- 
jourd'hui, 

«  Il  y  a.  dit-il,  des  personnes  qui  enfoncent 
au  milieu  de  l'arbre  qu'ils  veulent  greffer,  une 
petite  branche  râtissée  des  deux  côtés  et  d'une 
grosseur  proportionnée  à  celle  de  l'arbre  dans 
toute  sa  circonférence.  » 

C'est  la  greffe  actuelle  sur  scions  d'un  an, 
qui  donne  de  si  bons  résultats. 

Palladius  nous  apprend  que  l'époque  du 
greffage  varie  suivant  les  climats.  Puis  il  pré- 
cise mieux  que  ses  prédécesseurs  les  temps  de 
chaque  greffe  :  s  on  doit  greffer  en  juin  le 
néflier  sur  pommier  et  pommier  :  le  cormier 
sur  coignassier  et  épine  blanche  ;  en  janvier,  le 
pêcher  sur  l'amandier  et  le  prunier.  L'abrico- 
tier et  le  pêcher  précoce  se  greffent  sur  le 
prunier  seul  ». 

Il  faut  greffer  le  prunier  avant  qu'il  ne  jette 
sa  gomme  :  il  accepte  pour  sujet  le  pêcher  ou 
se  greffe  sur  lui-même. 

«  Le  cerisier  peut  se  greffer  en  janvier.  Mais 
on  peut  le  greffer  en  novembre,  et  même  en 
octobre,  d'après  certains  auteurs.  On  le  greffe 
soit  en  fente,  soit  en  couronne.  » 

Il  s'agit  évidemment  ici  de  la  greffe  d'automne 
dont  Thouin  attribue  l'invention  à  Rast- 
Maupas,  ou  greffe  du  cerisier  en  octobre, 
appliquée  pour  la  première  fois,  selon  Baltet, 
par  Bertin  en  i833. 

A  propos  de  la  vigne,  Palladius  indique  un 
procédé  que  ne  néglige  jamais  le  greffeur  qui 
veut  réussir  :  «  il  faut,  dit-il,  laisser  au  greffon 
trois  boutons,  et  enfoncer  le  dernier  bouton 


1.  C'est   la  greffe    Constantin    César  de  Thouin 
(Monographie   des  greffes). 

2.  Palladius,  De  re  ruitica ,  cap.   De  Insitione 


dans   le    cep-sujet    de    façon  à  ce  qu'il    y  soit 
incorporé  ». 

Pour  conserver  les  bonnes  espèces  d'olivier 
si  le  plant  venait  à  être  incendié,  il  indique  un 
moyen  :  il  suffit  de  «faire  des  boutures  au  fond 
d'une  fosse,  puis  de  de  les  greffer  après  leur 
reprise,  à  moins  qu'on  ne  les  ait  mises  enterre 
toutes  greffées». 

C'est  évidemment  de  la  greffe  sur  boutures 
qu'il  s'agit,  car  il  est  impossible  que  Palla- 
dius pari 2  de  boutures  greffées  l'année  précé- 
dente. Voici  donc  encore  une  sorte  de  greffe, 
dont  l'invention  a  été  attribuée  aux  moder- 
nes (1)  et  qu'il  faut  restituer  aux  anciens. 

«  En  juillet  et  août,  ajoute-t-il  plus  loin, 
on  peut  greffer  (inserere)  le  citronnier  et  le 
poirier  dans  les  terrains  arrosés.  » 

Malheureusement,  Palladius  a  négligé  de 
donner  l'état  du  greffon  que  l'on  doit  em- 
ployer. Comme  il  peut  se  faire  que  ce  greffon 
ait  été  conservé  sans  végéter  à  l'aide  du  pro- 
cédé indiqué  par  Pline,  on  ne  saurait  affirmer 
ici  qu'il  s'agit  bien  de  la  greffe  des  arbres  à 
l'état  herbacé. 

C'est  lui  qui  précise  le  plus  nettement  des 
agronomes  latins  la  greffe  en  écusson  à  œil 
poussant,  dans  laquelle  on  coupe  la  tête  du 
sujet  après  avoir  posé  plusieurs  écussons. 
Cette  opération  se  fait  sur  le  pêcher  en  avril, 
mai   et  juin.  (A  Suivre). 

L.  Daniel. 


Académie  internationale  de  Géographie 
botanique 

Par  décision  en  date  du  3o  août,  M.  Paul 
Parmentier,  de  Baume-les  Dames  (Doubs), 
est  nommé  Associé  libre  de  l'Académie. 


Bien  que  la  collation  de  la  Médaille  scien- 
tifique internationale  soitabsolument  gratuite, 
M.  H.  Olivier  a  cru  devoir  couvrir  par  une 
gracieuse  offrande  les  frais  que  l'Académie 
prend  à  sa  charge.  Nous  l'en  remercions  bien 
vivement. 


MM.  de  Heldreich  et  H.  Lisboa  remercient 
l'Académie  de  leur  élection  en  qualité  d'Aca- 
démiciens titulaires. 

MM.  B.  Daydon  Jackson,  Johann  Lange, 
Eug.  Rolland,    Paul  Parmentier,   Ed.  Spa- 


1.   Cet  auteur   avait  écrit  sur  les  arbres   et  les 
jardins. 


120 


LE      MONDE      DES      PLANTES 


likowski,  R.  Maire,  B.  Souche,  11.  Olivier, 
V.  Pavot;  Carlos  E.  Porter,  remercient 
l'Académie  et  son  Directeur  de  leur  avoir 
conféré  la  .Médaille  scientifique  ou  de  leur 
promotion. 

M.  H.  Olivier  remercie  de  sa  nomination 
en  qualité  d'associé  libre. 


Les   Onagrariées  Équatoriennes 


Monsieur  le  Directeur, 
Les  Onagrariées  forment  à  l'Equateur. 
comme  dans  l'Europe  centrale,  une  famille 
pe-j  nombreuse  que  l'on  peut  compter  plutôt 
entre  les  plus  pauvres  qu'entre  les  plus  riches, 
tant  en  genres  comme  en  espèces. 

Des  premiers,  nous  neconnaissonsà  l'Equa- 
teur que  quatre  :  Epilobîum,  Oenothera,  Jus- 
sieua  et  Fuchsia,  représentés  par  environ 
trente  espèces,  quoique  nous  ne  doutons  guère 
que  ce  nombre  s'augmentera  beaucoup  à  me- 
sure qu'on  explore  les  vastes  régions  qui  res- 
tent encore  inconnues  pour  la  Botanique. 

Ce  petit  ensemble  résulte  des  deux  éléments 
assez  hétérogènes,  non  pas  organographique- 
ment,  puisque,  comme  la  majeure  partie  de 
cette  famille,  il  est  formé  de  types  décidément 
uniformes,  mais  par  rapport  à  leur  origine  et 
distribution  géographique. 

Les  deux  premiers  peuvent  dans  leur  ensem- 
ble n'être  considérés  que  comme  des  hôtes  à 
l'Equateur.  En  effet,  la  majeure  partie  de  leurs 
espèces  réside  dans  les  régions  extra-tropi- 
cales, et,  conformément  à  cette  espèce  d'ins- 
tinct générique,  ils  vivent  même  à  l'Equateur 
dans  des  lieux  dont  les  conditions  climatolo- 
giques  se  conforment  mieux  à  celles  dans  les- 
quelles vivent  la  majeure  partie  de  leurs 
congénères  :  à  savoir,  dans  la  haute  plaine 
interandine. 

Pour  en  venir  aux  particularités,  le  G.  Epi- 
lobium,  qui  dans  l'Europe  centrale  constitue 
lui  seul  le  noyau  principal  de  cette  famille,  a 
dans  l'Equateur  une  seule  espèce  connue.  \'E. 
bonplandianum  H.  B.  K.  Sa  résidence  princi- 
pale, et,  parait-il,  primitive,  sont  les  ruisseaux 
et  lieux  marécageux  de  la  haute  plaine.  Mais 
de  là,  en  suivant  les  cours  d'eau,  et  aidé  par 
l'excellent  moyen  de  diffusion  dont  sont  pour- 
vues ses  graines,  il  monte  d'un  côté  jusqu'à 
peu  pressa  limite  de  la  végétation  phanéroga- 
mique  andine,  à  plus  de  4.000  mètres,  et  des- 
cend de  l'autre  jusqu'à  1.000  m.  et  même  plus 
bas.  Il  se  conforme  parfaitement  avec  les  varia- 
tions de  température  moyenne  qui  se  présen- 
tent entre  ces  deux  extrêmes,  et  peuvent  être 


calculées  à  lOcentigr.  au  moins.  Nous  voyons 
donc  comment,  jusqu'à  un  certain  point,  \  E. 
bonplandianum  H.  B.  K.  souffre  aussi  des 
climats  différents  comme  toutes  les  autres  es- 
pèces  de  ce  genre  presque  cosmopolite. 

Le  genre  Onothera  a  son  quartier  principal 
dans  les  régions  extratropicales  occidentales 
du  nouveau  monde.  11  ne  faut  donc  pas  s'é- 
tonner si  même  à  l'Equateur  ses  espèces  sont 
un  peu  nombreuses  puisqu'on  en  connaît  jus- 
qu'à présent  sept  ou  huit.  La  région  interan- 
dine dans  laquelle  elles  vivent,  les  pourvoit, 
grâce  à  son  élévation,  de  conditions  analogues 
a  celles  que  possèdent,  àcause  de  leur  latitude, 
les  espèces  situées  hors  des  tropiques. 

Les  genres  Jussieuaet  Fuchsia  représentent 
l'élément  que  nous  pourrions  presque  appeler 
ici  l'élément  national  de  cette  famille,  si  nous 
ne  considérons  pas  seulement  ses  limites  po- 
litiques, mais  aussi  ses  conditions  géographi- 
ques et  climatologiques.  Cet  élément,  en  mê- 
me temps  qu'il  abonde  en  nombre,  représente 
le  type  local  le  plus  individualisé  de  ente  fa- 
mille. 

Quant  à  sa  distribution  relative,  il  est  digne 
de  remarque  que  ces  deux  genres  se  partagent 
presque  en  parties  égales  le  territoire  de  la 
République. 

Le  Jussieua,  comme  genre  plus  propre  de 
la  région  tropicale,  préfère  la  zone  inférieure 
ou  chaude.  Il  montre  une  tendance  évidente 
pour  les  endroits  humides  et  marécageux.  Il 
réside  surtout  premièrement  dans  les  vastes 
plaines  du  littoral,  fréquemment  submergées 
par  les  inondations  des  rivières  où  le  limon 
argileux  conserve  longtemps  les  mares  d'eau  : 
en  second  lieu  sur  les  rives  peu  élevées  de  ces 
mêmes  cours  d'eau  couvertes  et  ombragées  de 
La  végétation   exubérante  des  tropiques  ;  enfin 


Je  long  de  ces  rivières  et  de  leurs  innombra- 
bles ramifications  il  s'avance  jusqu'à  la  limite 
supérieure  delà  région  que,  eu  égard  à  l'ana- 
logie de  sa  température,  l'on  peut  nommer 
sous-tropicale  (1 .5oo— 1 .8oo">.). 

On  connaît  déjà  une  quinzaine  d'espèces 
qui  appartiennent  à  ce  genre,  mais,  comme 
la  région  dans  laquelle  elles  vivent  est  si  peu 
explorée,  il  est  fort  probable  qu'il  doit  y  en 
avoir  encore  beaucoup  d'autres  inconnues. 

La  majeure  partie  se  compose  de  plantes 
herbacées  ou  sous-arbrisseaux  d'une  taille 
réduite.  Nous  n'en  avons  rencontré  qu'une 
seule  qui  possède  les  caractères  d'un  vrai  ar- 
buste et  qui,  à  la  façon  d'une  liane  grimpante 
et  s'aidant  des  arbres,  s'élève  à  plusieurs  mè- 
tres en  hauteur. 

Les  plantes  de  ce  genre  recherchent  avide- 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


I  2  I 


ment  l'humidité,  comme  le  manifestent  non 
seulement  les  conditions  du  sol  où  elles 
croissent,  mais  encore  le  volume  et  la  struc- 
ture spongieuse  des  racines  et  de  la  partie 
inférieure  de  la  tige.  Cette  organisation  leur 
sert  aussi  d'organe  de  flottation,  dans  les  cas 
où  le  niveau  de  l'eau  s'élevant  dans  les  endroits 
où  elles  vivent,  elles  demeureraient  plus  ou 
moins  submergées.  Mais  il  est  évident  que  tel 
n'est  pas  l'unique  objet  de  cette  singulière 
structure,  cir  elle  se  montre  aussi  dans  la 
partie  de  la  plante  couchée  par  terre  de  l'es- 
pèce à  port  d'arbuste  que  je  viens  de  nommer 
et  qui,  contrairement  à  ses  congénères,  vit 
dans  des  terrains  relativement  secs  de  l'inté- 
rieur des  forêts. 

Le  genre  Fuchsia  abonde  surtout  dans  la 
zone  compris-'  entre  deux  mille  et  trois  mille 
mètres  au-dessus  du  niveau  de  la  mer.  Tou- 
tefois il  n'est  pas  rare  d'en  rencontrer  des 
espèces,  que  nous  pourrions  appeler  d'arrière- 
garde,  qui  descendent  jusqu'à  se  confondre 
avec  les  exemplaires  du  Jussieua  qui  s'élèvent 
davantage,  tandis  que  d'autres  plus  auda- 
cieuses vont  se  mêler  avec  les  derniers  arbris- 
seaux de  la  région  andine.  La  plupart  se  con- 
tentent de  l'humidité  atmosphérique  toujours 
relativement  abondante  dans  les  forêts  où 
elles  croissent,  sans  avoir  besoin  d'une  humi- 
dité excessive  du  sol  et  même  la  fuyant.  Quel- 
ques-unes plus  avides  d'humidité  choisissent 
les  endroits  les  plus  sombres  des  forêts  ; 
d'autres  préfèrent  les  collines  et  les  endroits 
élevés  où  l'air  se  renouvelle    plus  facilement. 

Parmi  celles  qui  descendent  à  un  niveau 
inférieur  nous  pouvons  citer  la  F.  apetala 
R.  et  P.  et  la  F.  longiflora  Benth.  Cette  der- 
nière est  remarquable  par  la  grandeur  de  ses 
fleurs  et  par  ses  feuilles  marbrées.  Toutes 
deux  se  trouvent  déjà  à  la  hauteur  de  1.200  m, 
et  la  seconde  s'élève  jusqu'à  2.400  m. 

Suivent  la  F.  sessilifolia  Benth.,  la  silvatica 
Benth.,  et  la  scabriuscula  Benth.,  qui  habitent 
depuis  1.400  à  2.S00  mètres  et  préfèrent  des 
lieux  plus  humides  et  ombragés. 

Dès  la  partie  supérieure  de  ce^te  dernière 
zone  se  présentent  la  F.  umbrosa  Benth.  et  la 
F.  dependens  H.  K.  et  la  F.  ampliata  Benth.. 
Les  deux  premières  continuent  jusqu'à  3.400  m. 
et  la  troisième  jusqu'à  3. 600  m.,  le  point  le 
plus  élevé  où  nous  l'avons  trouvée  près  du 
marais  de  Papallacta.  Il  faut  remarquer  que 
ces  deux  dernières  espèces  sont  les  plus  belles 
si  nous  en  retranchons  la  F.  longiflora,  dont 
la  fleur  obtient  de  plus  grandes  proportions 
et  des  teintes  plus  vives. 

Inutile  de  dire  que  plusieurs  circonstances 
locales,   comme  un  climat  plus  ou    moins  sec 


ou  aéré  et  les  conditions  du  terrain,  font 
varier  dans  chacune  d'elles  la  limite  de  la 
hauteur  où  on  les  trouve. 

Voilà,  M.  le  Directeur,  ce  que  mes  connais- 
sances actuelles  me  permettent  de  dire  sur  le 
nombre,  la  distribution  et  les  habitudes  des 
Onagrariées  équatoriennes. 

Luis  Sodiro  s.  j. 


CORRESPONDANCE 

Les  noms  vulgaires  des  Plantes 

Monsieur  et  honoré  Confrère. 

Dans  le  n°  74  du  Monde  des  Plantes,  à  l'oc- 
casion d'une  Notice  de  M.  A.  Letacq,  vous 
exprimez  le  vœu  que  les  noms  vulgaires  des 
plantes  soient  désormais  recueillis  dans  cha- 
que département  comme  le  voulait  de  Candolle 
et  vous  n'avez  pas  tardé  à  recevoir  l'assenti- 
ment de  M.  Alfred  Giard  (ibid.  n°  76). 

Voilà  plus  de  trente  ans  que  je  m'attache  à 
rassembler  et  à  comparer  toutes  les  dénomi- 
nations de  ce  genre  données  par  divers  auteurs 
de  flores  locales  ou  d'opuscules  afférents  à  la 
matière,  sollicitant  même  le  concours  de  mes 
correspondants.  Mais  comment  publier  un 
gros  volume  qui  n'aurait  peut-être  pas  même 
pour  lui  la  faveur  des  botanistes  ?  M.  Giard 
nous  apprend  qu'une  semblable  tentative  de 
la  part  de  M.  Rolland  n'a  pas  eu  de  suite.  (1). 

Je  l'ai  regretté,  comme  mon  savant  con- 
frère, car  ce  travail  dont  j'avais  connaissance, 
avait  une  grande  conformité  avec  le  mien. 
Seulement  il  comprenait  en  outre  les  noms 
vulgaires  anglais,  allemands,  russes,  etc.,  tan- 
dis que,  natif  du  midi  de  la  France  je  m'étais 
efforcé  d'abord  de  recueillir  les  noms  patois 
des  plantes  de  cette  région, étendant  ensuite  mes 
investigations,  d'un  côté  aux  parties  centrale 
et  septentrionale  de  notre  patrie,  de  l'autre  à 
l'Italie  et  à  l'Espagne.  Les  résultats  que  j'at- 
tendais, au  point  de  vue  étymologique, de  cette 
longue  compilation,  n'ont  pas  été  aussi  satis- 
faisants que  je  l'espérais. 

Veuillez  agréer,  etc. 
D.  CLOS. 


La  Greffe  des  Châtaigniers. 

La    Semaine  nationale  d'Agriculture  a    été 
saisie  de  l'intéressante  question  du  greffage  du 


(1)  On  a  pu  voir  dans  le  n°  77  du  Monde  des 
Plantes  que  la  tentative  de  M.  Rolland  allait 
aboutir,  et  depuis  lors  le  1"  volume  de  la  hlore 
populaire  de  M.  Rolland  a  paru  (N.  de  la  R.). 


[22 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


châtaignier  à  l'une  de  ses  dernières  séances. 
Voici  la  note  que  nous  recevons  à  ce  sujet  de 
M.  Ernest  Menault,  le  très  distingué  Inspec- 
teur général  d'agriculture. 

.  Depuis  une  quarantaine  d'années,  le  châ- 
taignier est,  commi  on  sait,  atteint  d'une 
maladie  qui  cause  des  dégâts  considérables. 
Préoccupé  de  cette  situation,  M.  Quintaa,  dé- 
puté des  Basses-Pyrénées,  a  pensé  que,  si  l'on 
pouvait  détendre  la  vigne  du  phylloxéra  en 
employant  des  porte-greffes  résistants,  on 
pourrait  peut-être  enrayer  la  maladie  des  châ- 
taigniers en  leur  donnant  le  chêne  pour  porte- 
greffes. 

t  Après  des  tâtonnements  qui  ont  duré  huit 
années,  il  a  réussi,  dans  sa  propriété  de 
Portret  (Basses-Pyrénées),  à  obtenir  des  châ- 
taigniers greffés  sur  chêne,  dont  la  vigueur  est 
supérieure  â  celle  des  châtaigniers  ordinaires. 
Voici  comment  il  convient  de  procéder  :  la 
greffe  doit  être  faite  sur  un  jeune  chêne  de  la 
grosseur  du  poignet  ;  on  doit  choisir  de  pré- 
férence un  chêne  rouvre  présentant  une  peau 
blanche,  tigrée  et  lisse,  qu'on  reconnaît  facile- 
ment à  la  couleur  rougeâtre  des  feuilles  nais- 
santes. M.  Quintaa  a  obtenu  un  premier 
succès  en  1S93;  puis  les  greffes  de  1S94  et 
1893  ont  réussi. 

«  Le  greffage  a  eu    lieu   dans  la  première 
quinzaine  de  mai,  alors  que  la  végétation  du 
châtaignier  n'est  pas  encore  trop  avancée.  Le 
chêne  lui-même  entre  en  végétation  et  la  sève 
se    présente    dans  les    meilleures  conditions 
pour  le  greffon.  Le  système  employé  a  été  celui 
de  la  greffe  en  couronne.  M.André  a  fait  obser- 
ver qu'on  a  tenté,  il  y  a  longtemps,  la  greffe  du 
châtaignier  sur  le  chêne  ;   mais  on  a  dû  y  re- 
noncer dans  la  pratique,  tellement  était  faible 
la  proportion  des  réussites.  Il  y  en  a  cependant 
des  exemples.  Ainsi,  au   jardin   botanique  de 
Dijon,  on  remarque  un  châtaignier  de  40  cent, 
environ    de   diamètre,   montrant   une    grande 
vigueur.  Du   pied  de    l'arbre  on  voit,  chaque 
année,   partir  des   rejetons  de  chêne,  tandis 
que  les  branches,  les  feuilles  et  les  fruits  sont 
ceux  du  châtaignier. 

0  II  y  a  longtemps,  a  ajouté  M.  André,  que 
les  pépiniéristes,  les  arboriculteurs  ont  cher- 
ché à  obtenir  des  greffages  qui  permettraient 
de  cultiver  des  châtaigniers  sur  des  sols 
calcaires.  E.  Mlnault. 

Inspecteur  général  d'agriculture.» 


terre  et  auquel  on  attribue  divers  empoisonne- 
ments occasionnés  par  les  tubercules,  M.  G. 
Meyera  entrepris  sous  la  direction  du  profes- 
seur Schmiedebf.ro,  de  Strasbourg,  une  série 
de  dosages  avant  et  pendant  la  .germination. 

Il  a  été  amené  â  constater  que  la  dose  de 
solanine  normalement  contenue  dans  la 
pomme  de  terre  cuite  ou  crue  s'élève  à  envi- 
ron o  gr.  044  par  kilogramme.  Examinés  en 
juillet  et  août,  ces  mêmes  tubercules  en  ren- 
fermaient o  gr.  23'J.  La  germination  en  cave 
avait  fait  varier  celte  proportion  de  ogr  09  à 
o  gr.  1 12,  pour  une  période  s'étendant  de  mars 
a  juillet.  Les  germes  en  renfermaient,  suivant 
leur  longueur  (jusqu'à  10  centim.),  de  5.o3  à 
2.  72  p.  100. 

Des  recherches  physiologiques  effectuées 
ensuite  sur  des  lapins  et  des  chiens,  ont  lait 
ressortir  qu'un  empoisonnement  n'est  possible 
qu'au  cas  où  la  solanine  contenue  dans  la 
pomme  de  terre  viendrait  à  atteindre,  par 
suite  de  circonstances  particulières,  des  pro- 
portions très  élevées. 

V.  L. 


La  Solanine  dans  les  pommes  de  terre. 

Pour  déterminer  le  taux  de  solanine,  alca- 
oïde    végétal   existant  dans    les    pommes  de 


Dn  Succédané  du  Café. 

Il  y  a  déjà  longtemps  que  l'on  cherche  à 
remplacer  par  des  graines  indigènes  le  café, 
dont  le  prix  est  très  élevé.  Successivement  on 
a  eu  recours  à  des  grains  torréfiés  d'avoine, 
de  seigle,  de  la  pistache  de  terre,  etc.,  des  ra- 
cines "d'une  chicorée  améliorée,  connue  sous 
le  nom  de  chicorée  à  café. 

Plus  récemment  l'Astragale  café  [Astragalus 
bœticus)  et  les  lupins  à  fleurs  bleues  >Lupinus 
varius  et  angustifolius)  ont  été  recommandes  ; 
mais  ces  plantes  n'ont  pas  offert  toutes  les 
qualités  désirables. 

Dernièrement,  j'ai  reçu  de  l'importante  mai- 
son Denaiffe,  de  Carignan  (Ardennes)  quel- 
ques semences  d'une  plante  légumineuse  qui 
se  consomme  depuis  plusieurs  siècles  en 
Scandinavie,  en  mélange  avec  le  café. 

Le  lupin  grand  bleu,  à  grain  praliné  iLuyi- 
nus  hirsutus  ou  pilosus),  que  représente  la 
figure  12,  est  une  plante  rustique,  possédant 
les  qualités  du  café,  venant  à  maturité  dans 
toute  la  Erance  et  pouvant  être  torréfiée  et 
facilement  réduite  en  poudre. 

11  est  bien  évident  que  les  graines  de  cette 
plante  à  laquelle  a  été  donné  le  nom  de  Suc- 
cédané  café,  sont  loin  d'avoir  le  goût  et  le  par- 
fum du  moka  ou  d'autres  cafés  de  choix  dont 
la  consommation  est  faite  par  un  public  res- 
treint; mais   il  est,  parait-il,  meilleur  que   les 


LE      MONDE      DES       PLANTES 


I  23 


cafés    ordinaires  achetés  par  la   plupart   des 
consommateurs. 

En  Scandinavie,  où  on  le  fait  entrer  pour 
deux  tiers  dans  le  café,  on  assure  qu'il  en 
possède  les  qualités  hygiéniques  et  constitue 


et  le  temps,  l'on  peut  égousser  de  suite  à  la 
main  ou  au  fléau,  puis  on  laisse  quelques 
jours  sécher  au  soleil  sur  des  toiles.  C'est  sur 
une  toile  que  l'égrenage  doit  être  effectué 
pour  que  le  grain  soit  exempt  de  corps 
étrangers;  on  le  vanne,  si  besoin  est, 
comme  les  autres  grains.  Lorsque  les 
gousses  ne  sont  pas  cueillies  en  temps 
utile,  elles  éclatent  et  le  grain  est  perdu. 
La  plante  atteint,  selon  la  nature  et  le 
degré  de  fertilité  du  sol,  une  hauteur  de 
cinquante  à  soixante-dix  centimètres, 
produitun  joli  feuillage  étoile, surmonté 
pendant  environ  deux  mois  de  magni- 
fiques fleurs  bleues  très  ornementales. 
Elle  joint  donc  la  beauté  à  l'utilité. 

P.  V.   Liotard. 


Lupinus  hirsutus. 

nne  boisson  nutritive,  rafraîchissante  et  toni- 
que. Ces  dernières  qualités  peuvent  évidem- 
ment le  faire  rechercher  et  apprécier,  au  mo- 
ment des  grandes  chaleurs,  surtout  par  les  ou- 
vriers  employés  aux  travaux  des  champs. 

Si  l'on  considère  que  d'un  côté  la  culture  du 
Succédané  café  n'offre  aucune  difficulté,  et  que 
d'un  autre  la  préparation  desgrains  ne  demande 
aucun  matériel  particulier,  il  est  facile  de  se 
rendre  compte  de  l'économie  que  les  per- 
sonnes de  condition  modeste  pourront  réaliser 
par  l'achat  d'un  peu  moins  de  café  et  la  pro- 
duction d'une  partie  à  bas  prix. 

Le  Succédané  café  est  une  plante  éminem- 
ment calcifuge,  c'est-à-dire  qu'elle  ne  pros- 
père pas  en  sol  calcaire.  Elle  préfère  les  sols 
de  consistance  moyenne.  Le  semis  s'opère  de 
mars  à  mai,  selon  la  température  et  le  climat, 
les  lignes  à  cinquante  ou  soixante  centimètres 
l'une  de  l'autre,  les  grains  dans  les  lignes  à 
vingt-cinq  ou  quarante  centimètres,  selon  la 
fertilité  du  sol  :  on  les  recouvre  de  trois  à 
quatre  centimètres  de  terre. 

La  plante  met  généralement  quatre  mois  à 
former  son  grain.  On  reconnaît  sa  maturité 
au  dessèchement  de  la  gousse,  à  sa  couleur, 
qui  passe  du  vert  au  marron,  et  aussi  au  tou- 
cher :  elle  menace  de  se  briser  lorsqu'on  la 
presse.  Chaque  jour,  dès  le  matin,  on  doit 
cueillir  les  gousses  mûres  que,  selon  leur  état 


De  l'influence  du  sol  sur  les  plantes 
indigènes 

Il  y  a  un  an  je  plantais  dans  un  coin 
de  mon  jardin  certaines  Orchidées  indi- 
gènes en  vue  de  recherches  phytogra- 
phiques  et  morphologiques  et  j'y  joignais 
certaines  espèces  telles  que  Stacliys 
ambigUa,  Sedum  elegans,  et  de  nom- 
breux Epilobium.  Parmi  ces  deux  espèces 
se  glissèrent  deux  bulbes  de  Scilla  nutans  et 
deux  pieds  de  Ranunculus  Ficaria.  Ces  deux 
plantes  en  une  seule  année  sans  culture  aucune 
et  laissées  à  elles  mêmes  se  sont  multipliées 
avec  une  rapidité  prodigieuse. 

La  Scilla  nutans  a  donné  naissance  à  plus 
de  20  pieds  nouveaux  avec  de  belles  grappes 
de  larges  fleurs.  On  ne  compte  pas  moins  de 
10-12  fleurs  par  grappe  en  moyenne  et  ces 
fleurs  indigènes  font  concurrence  aux  pieds 
dégénérés  des  Jacinthes  cultivées. 

Quant  au  Ficaria  sa  diffusion  a  été  plus 
rapide  peut-être.  Les  2  pieds  originaux  ont 
par  voie  de  reproduction  séminale  cette  fois 
donné  naissance  à  24  pieds  nouveaux  dont 
toutes  les  fleurs  sans  exception  sont  devenues 
d'elles  mêmes  totalement  doubles  pendant 
que  les  feuilles  marbrées  de  blanc  se  modi- 
fiaient à  lobes  tellement  divergents  que  le 
pourtour  de  la  feuille  affecte  presque  exacte- 
ment la  forme  triangulaire,  le  sommet  du 
triangle  étant  néanmoins  largement  obtus. 

Ces  faits  nous  ont  paru  assez  intéressants 
et  assez  probants  pour  montrer  à  quelles  varia- 
tions peut  donner  lieu  l'influence  du  sol  en 
dehors  de  l'influence  des  agents  extérieurs. 
Le  sol  où  se  sont  produites  ces  variations  est 
mi-calcaire,  mi-siliceux  ;  il  n'est  ni  trop  hu- 
mide, ni  trop  sec.  C'est  de    la    bonne  terre   de 


1 -4 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


jardin  et  rien  de  plus.  Une  même  espèce, 
comme  je  l'ai  fréquemment  constaté  par  ail- 
leurs au  cours  de  mes  nombreuses  herborisa- 
tions, peut  donc  varier  suivant  le  terrain  et 
les  variations  qui  en  résultent  ne  méritent  pas 
le  nom  de  variétés  qui  leur  est  souvent 
attribue . 

La  taille  elle-même  peut  être  affectée,  quand 
le  sol  est  propice,  dans  d'énormes  proportions. 
M.  Gentil,  botaniste  ardent  et  de  grand 
talent,  nous  racontait,  qu'ayant  planté  le 
Se Jum  Telephium  en  bonne  terre  il  avait  obtenu 
des  exemplaires  ayant  un  mètre  de  haut  et  des 
feuilles  quasi  larges  comme  la  main. 

Il  est  bon  de  s'inspirer  de  ces  faits  quand 
on  est  appelé  à  étudier  les  formes  d'une  espèce, 
autrement  on  se  perd  dans  des  détails  qui  ont 
un  certain  intérêt  pour  des  études  monogra- 
phiques, mais  qui  sont  sans  conclusion  pra- 
tique et  dépourvus  d'intérêt  général  au  point 
de  vue  de  l'avancement  des  sciences. 

H.   L. 


Onothéracées  Japonaises 


Epilobium  cephalostigma.HAUSSK.  Haya- 
shine,  24  août  1894  —  1 35 3  1  —  R.  P.  Urbain 
Faulie  leg. 

Epilobium  nervosum,  boiss,  et  buhse.  — 
Sommet  du  Ganju,  2S  août  1894  —  1 3668  — 
R.  P.  Urbain  Faurie. 

Epilobium     japonicum ,    haussk.    Tosa, 

18  novembre  1893  —  1 1 793  —  R.   P.  Urbain 
Faurie  leg. 

Epilobium  himalayense,  haussk.  — 
Sommet  du  Ganju,  12  août  1890  —  5922  — 
R.  P.  Urbain  Faurieleg. 

Nous  continuons  à  suivre  pour  les  détermi- 
nations Féruditemonographie  de  Haussknecht 
mais  nous  n'acceptons  la  valeur  de  ces  espèces 
que  sous  bénéfice  d'inventaire. 

Trapa  bispinosa.   roxb.   Kochi  ;    marais, 

19  novembre  1893  —  11876  —  R.    P.    Urbain 
Faurie  leg. 

Trapa  bispinosa,  roxb.  var.  incisa  Wall. 
M  irais  de  Shibecha  (Yezo),  27  juin  1890.  — 
■■ —  Uratrawa,  étangs,  25  juillet  i8q3  — 
10:74  —  R.  P.  Urbain  Faurie  leg. 

Trapa  natans.  L.  Sapporo,  3o  août  1888 
—  3064  —  R.  P.  Urbain  Farie  leg. 

Trapa  natans,  L.  var.  incisa,  var.  nov.  Se 
distingue  du  type  par  ses  feuilles  incisées  et 
non  simplement  dentées.  Est  au  7'.  natans  ce 
que  la  variété  incisa  Wall  est  au   T.   bispinosa 


Roxb,   Akita,    6   septembre    1894 —  1 J777  — 
R.  P.  Urbain  Faurie  leg. 

H.    LÉVEILLÉ. 

(A  suivre) 


Un  cas  tèratologique 

M.  Ed.  Rommé,  de  Sougé-le-Ganelon  (Sar- 
the),  nous  adressait  le  3o  avril  dernier  de 
curieux  échantillons  de  Senecio  vulgaris  L. 
récoltés  dans  les  champs  à  St-Léonard-des- 
Bois,  près  le  village  de  la  Bruyère,  où  notre 
correspondant  a  pu  en  observer  une  grande 
quantité. 

Ces  échantillons  sont  remarquables  par  la 
couleur  blanchâtre  et  lactée  de  toute  la  plante 
et  aussi  par  la  grosseur  des  capitules  dont  les 
ravons  sont  doublés. 

Nous  n'avons  trouvé  nulle  part  le  signale- 
ment de  cette  forme  qui  résulte, croyons-nous, 
d'un  cas  tèratologique  qui  a  déterminé,  outre 
l'albinisme  de  la  plante  sur  laquelle  tranchent 
vivement  les  extrémitésnoiràtres  des  bractées, 
un  accroissement  anormal  des  capitules.  Aussi 
proposons-nous  pour  cette  forme  le  nom  de 
teratoleucos. 

Hector  Léveillé. 


Not9  sur  la  station  du  "Trapa  natans"  L. 
à  Voré.  près  Rémalard   Orne 

Ue  Trapa  natans,  appelé  vulgairement  dans 
le  Centre  et  l'Ouest  de  la  France  châtaigne 
d'eau,  marron  cornu,  à  cause  de  la  forme  et  de 
la  saveur  de  son  fruit,  est  une  espèce  de  l'Eu- 
rope tempérée,  qui,  dans  notre  région,  ne  dé- 
passe pas  les  collines  de  Normandie.  Commune 
en  Maine-et-Loire,  encore  assez  répandue  aux 
environs  de  Chàteau-Gontier ,  de  la  Flèche 
et  de  Saint-Calais,  elle  devient  rare  au-desssus 
du  parallèle  du  Mans.  M.  Gillet  l'a  recueillie 
non  loin  d'Alençon,  mais  dans  la  Mayenne,  à 
l'étang  de  La   Poôté. 

La  seule  localité  normande  du  T.  natans 
connue  jusqu'à  ce  jour  était  l'étang  de  Beslais, 
à  Saint-Siméon,  sur  la  limite  de  l'Orne  et  de 
la  Mavenne.  Je  viens  d'en  découvrir  une  se- 
conde': c'est  la  pièce  d'eau  du  parc  de  Voré, 
près  Rémalard.  à  3  ou  400  mètres  au-dessous 
du  château  ;  le  T.  natans  d'un  côté,  le  Poly- 
gonum  amphibium  de  l'autre,  en  couvre  en- 
tièrement la  surface. 

J'aurai  bientôt  l'occasion  de  donner  une 
description  détaillée  de  la  végétation  du  parc, 
de  ses  arbres   magnifiques    que    j'ai  visités  le 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


125 


21  juillet  dernier  avec  la  Socie'té  d'horticul- 
ture de  l'Orne  ;  niais  tout  d'abord  j'ai  cru  devoir 
signaler  cette  nouvelle  localité  du  T.  natans 
qui  est  une  de  nos  plantes  les  plus  rares  et 
encore  inconnue  dans  l'arrondissement  de 
Mortagne. 
Alençon,  23  Juillet  1S96. 

A.-L.  Letacq. 


Le  genre  a  Rosa  »  de  la  flore  agenaise 

{Suite) 

Haies,  aux  bords  des  chemins,  autour  du  vil- 
lage de  Brax,  près  d'Agen.  (O.  Debx.). 

Obs.  L'Ami  dont  il  est  question  ici,  n'est 
autre  que  l'auteur  de  la  découverte  de  ce 
rosier  aux  environs  d'Agen.  Je  saisis  cette 
occasion,  pour  témoigner  de  nouveau  à 
M.  Gandoger  mes  plus  sincères  remercie- 
ments, bien  motivés  d'ailleurs  par  cette  gra- 
cieuse dédicace  de  sa  part. 

R.  prostrata  DC.  Cat.  hort.  Monsp.,  108 
(  1 S 1 3 )  ;  Déségl.  Cat.  rais.  Ros.  Eur.  loc.  cit., 
210;  Garroute  apud  Soc.  Daup.  pi.  exsic, 
n°  1 1 5  (1874);  R.  arvensis  var.  prostrata  Ser. 
in  DC.  Prod.  II,  597;  R.  sempervirens  var. 
prostrata  Desvaux  Journ.  bot.  II,  p.  n3  (  1 8 1 3). 

—  Tiges  couchées  sur  le  sol;  folioles  assez 
petites,  ovales-aiguës,  persistantes,  glabres  ; 
calice  à  divisions  un  peu  pinnatifides,  glandu- 
leuses ;  réceptacle  ovoïde;  styles  glabres, 
longs,  non  soudés  en  colonne  ;  fruit  d'un 
rouge  vif,  ovoïde-oblong.  —  Lieux  secs,  bords 
des  bois  ;  Cambes ,  au  bois  de  Darel  (O. 
Debx.),  près  du  château  d'Arasse  (Ab.  Garr., 
Ch.   Duff.)  ;  landes  sèches  à  Sos  (A.   Capg.). 

—  Com.  dans  le  midi  de  la  France,  à  Mont- 
pellier, Perpignan  ;  rare  dans  l'Ouest  (Fouc); 
se  retrouve  dans  la  Corse,  l'Espagne,  l'Italie, 
l'Algérie,  etc. 

(A  suivre).  O.  Debeaux. 


Revue  des  Sociétés  Savantes 

ACADÉMIE   DES  SCIENCES   DE   PARIS 

Séance  du  26  mai  1896  (Suite).  —  Sur  une 
nouvelle  oxydase  ou  ferment  soluble  oxydant  d'ori- 
gine végétale.  G.  Bertrand.  —  La  coloration  rouge, 
puis  noire,  que  prend  le  suc  de  betteraves  par  son 
contact  avec  l'air  est  due  à  l'oxydation  de  la  tyro- 
sine  sous  l'influence  d'un  ferment  soluble.  C'est  à 
cette  même  cause  qu'il  faut  attribuer  également  la 
coloration  d'autres  sucs  végétaux,  comme  ceux  des 
tubercules  de  dahlia  ou  de  pomme  de  terre,  du 
Russula  nigricans  Bull,  etc.  M.  Bertrand,  dont  on 
connaît  les  travaux  de  recherches  sur  les  ferments 
oxydants    végétaux,    notamment  sur  la    laccase,  a 


pensé,  selon  toute  probabilité,  que  la  tyrosine  était 
accompagnée  d'un  oxydant  particulier  qu'il  a 
appelé  tyrosinase.  Ce  ferment  existe  non  seulement 
chez  le  Dahlia,  la  Betterave,  etc.,  mais  encore  chez 
plusieurs  champignons  dépourvus  de  tyrosine,  tels 
que  les  Russula.  Des  expériences  ont  établi  en 
effet  :  1°  que  le  noircissement  de  la  tyrosine  est  dû 
à  une  oxydase,  et  2°  que  cette  oxydase  ditfère  de 
celle  de  l'arbre  à  laque  (laccase).  Cette  dernière 
n'est  donc  pas  le  seul  ferment  oxydant  soluble  qui 
existe  chez  les  végétaux;  mais  elle  doit  être  regar- 
dée, au  contraire,  comme  le  type  d'une  série  de 
substances  analogues.  C'est  pour  ce  motif  que  M. 
Bertrand  a  adopté  le  nom  générique  d'oxydases 
pour  désigner  ces  substances.  —  Sur  quelques  bac- 
téries dévoniennes.  B.  Renault.  —  L'étude  d'une 
section  transversale  d'un  bois  À\Aporoxylon  primi- 
genium  provenant  des  préparations  de  la  collection 
Unger  acquises  pour  le  Muséum,  a  permis  à  l'au- 
teur de  constater,  à  la  place  occupée  primitivement 
par  les  parois  des  trachéides,  un  grand  nombre  de 
corps  sphériques  teintés  de  rouge  mesurant,  quand 
ils  ne  sont  pas  déformés,  2  |A,  2  à  3  |jl.  Il  a  donné 
le  nom  de  Micrococcus  devonicus  A  a  cette  espèce 
qui  avait  pour  fonction  de  détruire  les  couches 
dépaississement.  Sur  d'autres  préparations  on  dis- 
tingue fréquemment  d'autres  corps  sphériques 
plus  petits)  mesurant  o  [A  5  à  1  [J-,  rouges  ou  noirs 
disséminés  sur  l'épaisseur  des  parois  des  trachéi- 
des, ou  disposés  sur  la  tranche  des  membranes 
moyennes.  Il  a  reçu  le  nom  de  Microccus  devoni- 
cus B;  sa  fonction  était  de  détruire  les  membranes 
moyennes. 


Bibliographie 

Histoire  des  Magnoliacées,  par  Paul  Par- 
mentier.  1896.  Nous  voudrions  avoir  plus  d'espace 
pour  rendre  compte  de  celte  consciencieuse  mono- 
graphie d'un  anatomisle  de  grand  talent.  Toute 
fois,  ainsi  que  le  dit  M.  Julien  Vesque  dans  la 
préface  de  cette  remarquable  étude,  M.  Parmen- 
tier  n'est  pas  exclusif  et  c'est  de  l'anatomie  et  de 
la  morphologie  également  consultées  et  comparées 
entre  elles  qu'il  dégage  ses  conclusions.  Il  range 
autour  d'une  espèce  ou  d'un  groupe  d'espèces 
affines  constituant  en  groupe  nodal  les  diverses 
espèces  qui  s'y  rattachent  par  leurs  caractères 
morphologiques.  Il  arrive  ensuite  à  dresser  l'arbre 
généalogique  des  espèces  d'un  genre  et  à  repré- 
senter nettement  ainsi  les  affinités  ou  les  diffé- 
renciations des  divers  types  spécifiques. 

Voici  le  plan  suivi  par  l'auteur  dans  son  tra- 
vail, plan  qui  permettra  d'apprécier  toute  l'éten- 
due de  cet  important  mémoire  : 

Première  Partie:  i°  Distribution  géographique 
des  Magnoliacées  avec  carte.  2.  Synthèse  des 
résultats  :  a)  Caractères  généraux  de  la  famille  ; 
b)  Discussion  de  ces  caractères  :  c)  Caractères  ana- 
tomiques  constants  de  la  famille  ;  d)  Caractères 
anatomiques  de  tribus  et  de  genres  ;  e)  Histoire 
des  tribus  réunies,  déduite  des  caractères  morpho- 
logiques et  anatomiques  combinés  ;  f)  Histoire 
des  tribus  et  de  leurs  genres  respectifs.  3.  Affinités 
delà  famille.  4.  Culture  et  utilité  des  Magnolia- 
cées. 

Deuxième    Partie   :    1.  Analyse  des  espèces   :  al 


[26 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


_»/,,.        ..  ...    idron    i  esp.)  c)  Illi- 

cj,„„  Drimys      16   esp.     e)  Schiçandra 

Kadsura     4    esp.     g)  Canella     1    esp.) 
h)  Cinnamodendron  (1  esp.    i    Cinnamosma  (1  esp. 
2.  Description  1  genres  et  d'une  espèce  cri- 

tique. .  Détermination  morpho-histologique  des 
tribus,  des  genres  et  des  espèces.  M.  Parmentier 
exclut  des  Magnol  iacecs  les  Euptelea  et  Trocho- 
dendronei  constate  les  affinités  qui  existent  entre- 
les  Magnoliacées  et  les  Dillénéacées,  les  Anonacées 
et  lesCalycanthées.  Voici  les  espèces  nouvelles  qu'il 
a  été  amené  à  créer  au  cours  de  son  travail  : 
Magnolia  ovata,  M  glabra,  M.  membranai  1  t, 
M.  keliophila,  M.  xçrophila,  M.  ferruginea, 
M.  echinina,  M.  fasciculata,  M.  intermedia, 
M.  longistyla,  M.  velutina,  M.  philippinensis, 
Talauma  inflata,  T.  javanica,  Michelia  glabra, 
M.  calcuttensis,  Manglietia  pilosa,  Drimys  xero- 
phila,  D.  Muelleri,  D.  vascularis,  Schiçandra  ova- 
lifolia,  Kadsura  acuminata.  Quatre  planches  met- 
tent sous  les  yeux  les  principaux  détails  anato- 
miques  et  une  carte  donne  la  dispersion  géogra- 
phique des  espèces  à  la  surface  du  globe.  Le  tra- 
vail de  M.  Parmentier  est  un  de  ceux  qui  font 
progresser  la  science  et  font  en   outre   honneur  a 

leur  auteur. 

H.  L. 


Biologiske  Aster  og  Racer  of.  E  Rostrup 
(in  Journal  de  botanique  de  Copenhague  1896  . 

Contributions  mycologiques  (VI)  pour 
l'année  [894  par  E.  Rostrup  (loc.  cit). 

Lille  Vildmose  od  dens  Végétation.  O.  G. 
Petersen  (loc.  cit). 

Bornholm  Ka  Hieracier  [Hieracia  Bornhol- 
miensia)  K.  O.  E.  Su  nstrom.    loc.  cit. 

Note  sur  quelques  Urédinées  et  Ustilagi- 
nées  parasites  sur  LES  PLANTES  Cl'L'l  IVFLS. 
Dégâts;  moyens  Je  destruction.  R.  Maire  (in  La 
Presse  Grayloise  1  8g5  , 

Notes  sur  les  Isoetes  du  Centre  de  la 
France;  la  classification  de  la  section  des  Amphi- 
bies et  sur  les  herborisations  de  i8g5  en  Beriy. 
A.  Le  Grand. 

Sur  des  bactériacées  de  la  pomme  de 
terre,  par  M.  E.  Roze. 

Sur  une  nouvelle  bactériacée  de  la 
pomme  de  terre  par  M.  E.  Roze. 

Critical  Notes  ou  certain  Violets.  —  Stu- 
dies  in  the  Compositae.  New  or  notewor- 
thy  species.  —  XVI.  En.  L.  Greene  (in  Tilto- 
nia  June  1896  . 

Economie  botany  of  southeastern  Alaska 
by  M.  W.  Gorm  in    loc.  cit.} 

La  cause  première  de  la  maladie  de  la 
gale  de  la  pomme  de  terre  [Potato  Scab)  des 
Américains  par  M.  E.  Roze. 

Le  parasite  de  l'Ecaillé  Martre.  A.  Giard 
(in  Revue  de  viticulture). 


Informations. 

S-v  Les  fils  d'Emu. e  Deyrolle,  46,  rue  du  Bac, 
Paris,  ont  publié  un  catalogue  des  instruments 
1  les  recherches  des  objets  d'histoire  naturelle 
et  leur  classement  en  collection  (zoologie  —  bota- 
nique —  géologie  —  minéralogie  . 

S->-  M.  E.  Boulier  fils,  3  et  n  boulevard  et  place 


Si  \ndrc  des  Arts,  Paris,  a  publié  un  catalogue 
général  d'objets  d'histoire  naturelle. 

—  >■  A  partir  du  1"  octobre  nous  supprimerons 
dans  /.c  Monde  des  Plantes  la  Revue  des  Sociétés 
savantes  et  la  Revue  des  Revies  pour  donner  une 
plus  large  place  aux  articles    originaux   et  inédits. 

Comme  bibliographie  nous  ne  donnerons  que 
les  titres  des  ouvrages  dignes  d'être  signalés  avec 
le  nom  .le  l'éditeur  et  le  prix.  Nous  ne  donnerons 

'  ilyses  que  dans  les  cas  exceptionnels  lorsque 
l'ouvrage  sera  de  nature  à  laire  avancer  la  science 
ou  a  fournir  des  méthodes  nouvelles  d'obser- 
vation ou  d'expérimentation. 

-  >-  Le  tome  III  de  la  Florede  France  deRouy  et 
aud    vient  de    paraître.    Prix  :  ô    francs.    En 

vente  chez  les  auteurs,  41,  rue  Parmentier,  à 
Asnières  Seine'i  ou  au  Jardin  botanique  de  la 
marine  à  Rochefort    Charente-Inférieure). 

-»  La  Société Linnéenne  de  Pans  nous  informe 
par  une  lettre  en  date  du  10  juillet  qu'à  la  suitedu 
décès  de  son  regretté  et  savant  Président  Bâillon, 
elle  a  continué  ses  séances  et  se  propose  de  con- 
tinuer la  publication  de  ses  travaux.  Toutefois 
elle  a  pris  les  déterminations  suivantes: 

1»  Tous  les  membres  versent  une  cotisation 
annuelle  de  10  francs  et  reçoivent  gratuitement 
toutes  les  publications  de  la  Société. 

2°  Les  frais  d'insertion  au  Bulletin  des  notes  et 
mémoires  présentés  en  séance  restent  à  la  charge 
des  auteurs  et  sont  fixés  à  1  f.  10  la  ligne.  Ce 
compte  est  réglé  tous  les  trimestres  par  les  soins 
du  Trésorier. 


Ouvrages  offerts  à  la  Bibliothèque 

Du    i"   au    3o  Juillet. 

De  la  part  de  LM.  A  Le  Grand  I  broch.)  ;  E. 
Roze  (2  broch.)  ;  Alt.  Giard  i  broch.)  ;  Paul  Par- 
mentier (1  vol.,  2  broch.,  :  William  Trelease 
i  vol.)  ;  Lester  F.  Ward  i  broch.)  :  D.  Clos  i 
broch.);  Alfred  Chabert(i  broch.);  Lester  Franck 
Vard  (i  vol.  ,1  ;  V.  J.  Beal  (1  broch.). 


Mouvement  de  l'Herbier. 

Du  R.  P.  L.  Sodiro,  de  Quito  (Equateur,  un  su- 
perbe envoi  d'Onothéracées  équatoriennes  appar- 
tenant surtout  aux  genres  Jussieua,  Onothera, 
Fuchsia.  Du  Baron  F.  von  Mueller,  plusieurs  cen- 
taines d'échantillons  du  rare  Leptorynchos  tenui- 
Joints.  F.  V.  M.,  rcueilli  en  1896,  a  Port-Philip, 
pai  Ch.  French.  jun.  Du  H.  P.  Faurie  une  cin- 
quantaine d'échantillons  d'espèces  japonaises  ap- 
partenant aux  genres  Drosera,  Hippuris,  Callitri- 
clic.  Myriophyllum,  Haloragis,  Ammama.your  la 
détermination.  De  M.  Carlos  E.  Porter,  de  Val- 
paraiso  (Chili  .  un  envoi  fort  intéressant  de  Cryp- 
togameset  Phanérogames  delà  région  qu'il  habite 

Tous  nos  remerciements  aux  donateurs. 


Le  Directeur-Gérant  du   <.  Monde  des  Plantes  ». 
H.  LÉVEILLÉ 


TABLE    DES    MATIÈRES 


29 


-H 

*7 


Abricotier  géant,  M.  Capoduro 

Académie  Internationale  de  géographie 

botanique,  1,  i5,  a5,  33,  49,  bj,  65,  76,  91, 
Albumine  active,  substance  de  réserve  dans 

les  végétaux,  V.  L 

Alcaloïdes  des  Séneçons,  V.  L 


B 


Besoins   de  la  nomenclature  botanique,  Dr 

OttO    KUNTZE 

Bibliographies,  7,  24,    3o,  47,  55,    63,  71, 

87,  96,  102,    1 12, 


Cas  tératologique,  H.  Léveillé 124 

Contribution    à    la    Flore    de    la   Sarthe, 

simple  indication  en    vue    de    recherches 

futures,    BONHOM-MET 26 

Contributions  à  la  More  cryptogamique  de 

la  Sarthe,   V.   Jamin Si 

Contributions    à   la  tlore   de  la    Mayenne, 

H.    Léveillé  2,   17 

Contributions  à  la  flore  de  l'Inde  française, 

H.    LÉVEILLÉ I,     l5 

Curieuse  suppliance,  H.    Léveillé 92 


Emploi  populaire  des  plantes  sauvages  en 

Savoie 

Espèces    nouvelles  ou  très  rares    pour  la 

Mayenne 26 

Espèces    peu  communes     pour    la      Ma- 
yenne, Joseph   Daniel 35 

Espèces    rares   pour    la   Mayenne,  Joseph 

Daniel 35 

Esprit    de    routine    dans  les   campagnes, 

M.  Capoduro 44 

Essai  d'inoculation  des  bactéries  des  légu- 
mineuses  aux    graminées,    P.    V.    L10- 

tard •  •  ■  ■  :  6 

Essai  d'un  catalogue  critique  des  espèces 
végétales  qui  croissent  dans  les  éta- 
blissements   de     l'Inde     française,    H. 

Léveillé i;'3 

Essai  sur  la  flore  des  rochers  et  des  grottes 

de  la  Seine-inférieure,  Ed.  Spalikowski.  18 

Evolution  de    l'organisme    muscique,    A. 

Acloque 6,  45,  52,  78 

Evonymusleucocarpos  dans  les  Deux-Sèvres.  65 

Excursions    dans  le    département    de     la 
Mayenne,  E.  Monguillon 2j 


Exsicata  Uredinearum  et  Ustilaginearum 
Galliae  orientalis 

F 

Fécondation  artificielle  de  la  Vigne  et  Mil- 
lerandage 

Flore  bryologique  des  environs  de  Borne, 
P.   V,  Liotard 

Forme  nouvelle  d'Aspidium  Filix-mas,  H. 
Léveillé 


36 
66 


Genre  Rosa  de  la  flore  agenaise,  Debeaux    60,    io5 

Greffe  bout  à  bout,  V.  L , 3g 

Greffe  (la)    depuis   l'antiquité    jusqu'à    nos 

jours,  L.  Daniel 73,  89,  106,  Il3 

Greffe  des  châtaigniers,  Menault 121 


H 


Herbier  de  l'Académie,  H.  Léveillé 

Herborisation    au     mont    Besillon      (Var), 

M .  Capoduro 

Herborisations  mayennaises,  H.  Léveillé. 
Herborisations  mayennaises,   L    Mercier.. 

Herborisations   saithoises 

Hommage  mérité 


49 

20 
108 
16 
18 
65 


58 
38 


I 


Importante  variété  du  Jussieua  repens, 
H.  Léveillé 

Influence  de  la  sélection  de  l'épi  et  du 
grain  dans  une  même  variété  de  Blé 

Influence  du  sol  sur  les  plantes  indigènes, 
H.  L • 

Influence  exercée  par  divers  agents  chimi- 
ques sur  la  germination,  P.  V.  Liotard.  . 


Localités  nouvelles  pour  la   flore    de   Nor- 
mandie   6 

M 

Maurice  Willkomra :3 

Miellée Oo 

N 

Nielle  des  blés,  P.  V.  Liotard 26 

Nomenclature  botanique 9>  69 


[28 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Noms  vulgaires  des  plantes 63,  70,  121 

Note  sur  l'a  dispersion  du  Polypopium  Phc- 
gopteris  aux  environs  de  Domlront, 
Lktu:.j 3o 

Note  sur  la  station  du  Trapa  natans  à  Voré, 
Letacq '  24 

Note  sur  le  Sideritis  scordioides,  M.  Capo- 

DURO S: 

Note  surquelqucs  mousses  des  enviions  du 

Puy,  P.  V.  Liotard 109 

Notre  svmhole,  H.   Léveillé 107 

Nouveau   champignon    des    racines    de   la 

\  igné,  V.  L....' •••■  43 

Nouveau  champignon   parasite  de  la  Vigne  b-j 

Nouvelle  découverte  à  l'Institut   Pasteur...  5i 

Nouvelle   maladie   de   la  Pomme  de  terre, 

V.  L 20 

Nouvelle  station  du  Pin  Laricioen  France, 

dans  le  Gard,  G.  Fabre 83 

O 

Onagrariées     des     Deux-Sèvres     et    de     la 

Vienne.  B.  Souche 77 

Onograriées   équatoriennes,    L.  Sodiro....         120 
Onothéracées   de  la    vallée    de  la  Garonne, 

O.  Debeaux 4')  5i 

Onothéracées  de  Madère,  H.   Léveillé 80 

Onothéracées  françaises  d'après  l'herbier  de 

l'Académie,  H.  Léveillé 97 

Onothéracées  japonaises,  H.  Léveillé 92,124 

Origine  d'un  nom,  H.     L 100 

Ortie  comme  hémostatique  et  cicatrisant...  40 

P 

Pasteur 9 

Photographie  à  travers  les  corps   opaques, 

P.    V.  Liotard 59 

Premier  projet    de   Jardin    pittoresque  en 

France 4 

Présence    de   l'Azolla    caroliniana    dans   la 


Sarthc.  H.   Léveillé 80 

Présence  de  l'F.pilobium  palustre  aux  envi- 
rons de  Vire,  E.  Balle 3q 

R 

Rappel  d'une  note  sur  Madagascar,  extraite 
des  Œuvres  complètes  du  philosophe  et 
naturaliste  Bonnet,  de  Genève 76 

Recherches  sur  les  Epilobes  de  France,  par 
M.   Parmentier,  Dr  X.  Gii.lot q3,  99 

Remarques  sur  quelques  plantes  peu  com- 
munes du  nord  de  la  Sarthe,  H.  Léveillé  16 

Reproduction  sexuelle  des  Basidiomycètes, 
A.   A 3 

Revue  des  Revues,  6,  23,  46,  54,  62,  86,  101,    112 

Revue  des  Sociétés  savantes,    6,  46,  53,  62, 

71,    84.  toi,  I  10,  125 


Solaninedans    les  Pommes  de  terre,  V.  L. 

Succédané  du  café,  Liotard 

Sur  la  miellée,  V.  L 

T 

Théorie  des  ancêtres  communs,  A.  A 

Trois  roses  nouvelles 

V 

Vie  latente  des  graines 

Viola  bicalcarata,   H.  Léveillé 

w 

Willkomm 


122 

122 

60 


36 
53 


4 
92 


«*» 


Le  Mans.  —  Typ.  Ed.  Monnoyer. 


PETITE  FLORE  DE  LA  MAYENNE 

Renfermant  l'analyse  et  la  description  des  plantes  vasculaires 

de  ce  Département 

Avec   l'indication  de  leur  distribution  géographique    à    la    surface    du    Globe 

1  Volume  in-12  de  232  pages 5  francs 

LE  MONDE   DES  PLANTES 


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La  page 100  fr. 

Demi-page 50 

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Huitième  de  page - .    .  iô 

Seizième  de  page 8 

Au  Setyiestre: 
La   moitié  des  prix  précédents  augmentés 
de  10  0/0. 


De  i  à  3  mois  : 

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19,  Rue  Hautefeuille  (près  du  boulevard  Saint-Germain),  à  PARIS 

LE  MONDE  DES  PLANTES 

Par  P.  CONSTANTIN 


Agrégé  des  sciences  naturelles,  professeur  au  lycée  de  Rennes 

En  Vente  : 

Tome  premier,  1  vol.  gr.  in-8  de  775  pages,  illustré  de  960  figures 


12  fr. 


Le  Momie  des  Piaules  est  une  description  méthodique,  fa- 
mille par  famille,  du  règne  végétal.  L'auteur  s'est  attaché  a 
étudier  surtout  les  plantes  qui  croissent  dans  notre  pays,  et, 
parmi  les  plantes  erotiques,  celles  qui  sont  susceptibles 
d'applications  intéressantes.  Le  lecteur  trouvera  dans  cet  ou- 
vrage pour  chaque  famille,  chaque  genre  et  chaque  espèce,  h 
côté  des  caractères  botaniques,  l'indication  de  la  distribution 
géographique  du  groupe  étudié,  en  même  temps  que  l'exposé 
des  nombreux  services  que  peuvent  rendre  les  végétaux  à  la 
médecine,  a  l'alimentation,  à  l'industrie,  à  l'agriculture,  a 
l'horticulture,  a  la  décoration  des  appartements,  etc.  Les  carac- 
tères biologiques,  c'est-à-dire  les  pheuomènefi  intéressants  de 
la  vie  des  plantes,  n'ont  pas  été  oubliés  et  sont  traités  avec  le 
plus  grand  soin. 

Le  plan  adopté  a  le  grand  avantage  ,1e  répondre  à  un 
double  but.  Ceux  qui,  possédant  déjà  les  premiers  éléments  de 
la  botanique.veulent  étudier  dans  une  plante   ses  caractères 


morphologiques,  sa  place  dans  la  classiliration  naturelle  et  ses 
véritables  affinités,  trouveront  une  description  courte  mais 
exacte  de  tous  les  genres.  Ceux  qui,  au  contraire,  désirent 
surtout  connaître  dans  le  règne  végétal  les  avantages  que 
l'homme  peut  en  tirer  pour  son  usage  personnel  et  qui  esti- 
ment avant  tout  dans  une  plante  les  services  qu'elle  peut  ren- 
dre à  l'alimentation  ou  à  l'art  de  guérir,  a  l'industrie  ou  à 
l'embellissement  de  nos  parterres  ou  de  nos  appartements, 
trouveront  dans  cet  ouvrage  l'exposé,  rendu  aussi  attrayant  que 
possible,  des  applications  dont  sunt  susceptibles  les  nombreux 
végétaux  étudiés. 

Tous  ceux  qui  aiment  les  plantes,  et  ils  sont  légion,  peuvent 
donc  lire  ce  livre  avec  plaisir  et  nrolit.  Le  Monde  des  Plantes 
est  d'ailleurs  à  tous  les  points  de  vue  au  courant  des  derniers 
progrès  de  la  science,  et  l'auteur  s'est  inspire  pour  sa  rédaction 
îles  plus  récents  travaux  publiés  en  France  et  a  l'étranger  par 
les  maîtres  incontestés  de  la  botanique. 


VIENT  DE  PARAITRE 


\;inannr)i  des  Botanistes) 

Recueil  des  noms  et  a  Iresses  des  botanistes 

actuellement   vivants'  de   tous  les  pays,  des 

fins  botaniques  et  des  Institutions,  So- 

Publiealions  périodiques  botaniques, 


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Adresse:  Coopérative   BOULOU   (Pyr.-Or.) 

Catalogue  illustre''  gratis  sur  demande. 


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LE  MONDE  DES  PLANTES 

Par  P.  CONSTANTIN 
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Par  M.  l'Abbé  A.  L.  Letacq 
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à  CAEN  (Calvados)  ; 

ou  chez  l'Auteur,  route  du  Mans,  loi,  à  ALENÇON  (Orne). 


LE   BIBLIOPHILE    DU    MAINE 

PARAISSANT  TOUS  LES   MOIS 

Librairie    Auguste    GOUPIL,     2,    quai    Jean     Fouquet,     Laval 
Prix  de  l'abonnement  :  2  fr.  50  par  an 


Librairie  EDMOND  MOWOHIR.  Éditeur 

PLACE    DES  JACOBINS,   12,    LE  MANS   iSarlhe) 

EXPOSITION    UNIVERSELLE  DE  I878  —MÉDAILLE    D'ARGENT 

io   i  ninr   n'UCIlDCC  sclon  ,e  RIT  ROMAIN,  avec    10  gravures  hors  texte,   représentant   les 
LlVnt   U  11  LU  ntO  principales  FÊTES    rie  l'année,   contenant  la    Messe  et  les  cérémonies 
ilu  mariage.  —  Orné  de  81  encadrements  variés,  tirés   en  noir,  extraits  des   anciens  Livres  d'Heures 
imprimés  par  Pjgouchet,  Simon  Vostwb  et   Server,  de  U90  à  1300. 

Ces  encadrements  représentent  les  Sibylcs  annonçant  la  venue  du  Christ,  sa  passion,  sa  mort  et  sa 
résurrection,  les  Vertus  théologales,  les  Sacrements,  diverses  scènes  du   Jugement  dernier  et  la   vie  de 

Job.  —  Un  vol.  in-td  raisin,  br '2  fr. 

Superbe  Cadeau  à  offrir  pour  étreintes,  première  communion  et  mariage 

OUVRAGES   DE    LA    MÊME    COLLECTION 

IMITATION  DE  JÉSUS-CHRIST,    avec  encadrements  du  XV- siècle,  broché 12  fr. 

SOUVENIR  DE  FAMILLE,     recueil  de  prières  pour  les  parents  et  amis  décédés,   avec 

encadrements  du  XV-  sti-elo,  broché 12  Ir. 

PVE  LIURES      DIVERSES 


LE     MONDE     DES     PLANTES 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 


REVUE     MENSUELLE 


ORGANE  DE  L'ACADÉMIE  INTERNATIONALE  DE  GÉOGRAPHIE  BOTANIQUE 


dirigé:    par 


Le    Professeur     H.     LÉVEILLÉ 


SECRETAIRE  PERPETUEL  DE  L  ACADEMIE 


TOME  VI 


«  J'ai  vu  Dieu,  j'ai  vu  son  passage 
«  et  ses  traces,  et  je  suis  demeuré  saisi 
«  et  muet  d'admiration.  Gloire,  hon- 
o  neur,  louange  infinie  à  Celui  dont 
u  l'invisible  bras  balance  l'univers  et 
«  en  perpétue  tous  les  êtres.  » 

Linné. 


LE    MANS 

Imprimerie      Edmond      MONNOYER 

12,  Place  des  Jacobins,    12 
1896 


0e  Année  (2e  Série) 


N°  83 


1er  Octobre  1896. 


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DES 


PLANTES 


Revue  Internationale  illustrée 


DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


~*&? 


<z  cBenedicite   univers*  germinantia    in    ter  va 
c  Domino, 

Dan.,  ch.  ni.  » 


Directeur  :    H.    LÉVEILLÉ 

Rédacteur  en  chef  :  A.  ACLOQUE 


SOMMAIRE    DU    N°    83 

Académie  internationale  de  Géographie  botanique.  —  Les  Onolhéracées  françaises,  Genre 
Epitcbium,  H.  Léveillé  —  La  Nomenclature  botanique.  —  Contributions  à  la  Flore 
cryptogamique  de  la  Surthe  (1895-1896),  Champignons  [Suite).  —  Botanistes  et  pavsans, 
E.  G.  D'A.—  Un  viola  hybride,  H.  Léveillé.—  Remarques  sur  la  croissance  du  gui 
dans  la  Seine-Inférieure  et  l'Eure,  Ed.  Spalikowski.—  Les  Epilobes  de  Madère,H.  Lé- 
veillé. —  Sur  une  forme  du  Campannla  raptivculiis  L.,  H.  Léveillé.  —  Herborisations 
Sarthoiscs,  1896,  H.  Léveillé.  —  Informations.  —  Bibliographie.  —  Ouvrages  offerts  à 
la  Bibliothèque.  —  Mouvement  de  l'Herbier. 


LE     MANS 
Imprimerie  Ed.  MONNOYER,  Place  des  ■  Jacobins,   12 


1  896 


ACADÉMIE     INTERNATIONALE 

DE  GÉOGRAPHIE  BOTANIQUE 


Directeur  :  M.  William  Trelease,    St-Louis 

i  Missouri). 
Secrétaire  perpétuel  ■■  M.   IL    Leveillé,  Le 

Mans  (Sarthe). 

Trésorier  :   M.   Ch.    Le  Gendre,   Limoges 
Hte-  Vienne). 

CONSEIL  DE  L'ACADÉMIE 

MM.   W.    Trelease.   H.    L éveillé,  Ch.  Le 
Gendre,  G.  Rouy,   G.  King,  Treub,  Baron  F. 

VOn  MUEI.LLR. 


COMITE  DE  REDACTION 
du    Monde  des   Plantes 
H.  Leveillé,  Directeur  ;  A.  Acloque,  Secré- 
taire, Rédacteur  en  Chef;  P.  V.  Liotard,  Ré- 
dacteur. 


OFFRES  &  DEMANDES 

Nos  Abonnés  sont  priés  de  vouloir  bien 
nous  communiquer  leurs  offres  et  demandes 
et  leurs  demandes  de  renseignements  qui  se- 
ront insérés  ici  gratuitement  chaque  mois. 
De  cette  façon  il  s'établira  des  relations  entre 
tous  nos  Collègues  abonnés,  amis  et  lecteurs 
qui  en  retireront,  espérons-le,  de  l'utilité  pour 
leurs  travaux  et  leurs  recherches. 


OFFRES    &     DEMANDES 


—  Qu'offre-t-on  d'une  couveuse  artificielle 
ayant  coûté  2  5o  fr.,  etn'ayant  pas  servi?  Tiroirs 
pour  25o  œufs.  Ecrire  :  A.  A.,  3a,  boulevard 
Garibaldi,  Paris. 

—  M.  R.  Maire,  Semécourt.  —  Merci  pour 
votre  article,  qui  passera  prochainement. 

—  Z.  M.  362.— En  effet,  la  Flore  des  Cham- 
pignons de  Costantin  et  Dufour,  excellente  et 
suffisamment  complète  pour  les  Hyménomycè- 
tes,  ne  remplit  plus  pour  les  Ascomycètes  le 
but  qu'on  pourrait  lui  demander.  Nous  nous 
proposons  de  combler,  au  moins  en  partie, 
cette  lacune,  et  de  publier  successivement, 
dans  le  Monde  des  Plantes,  des  tableaux  ana- 
lytiques permettant  d'arriveràla  détermination 
des  Champignons  à  asques.  En  attendant,  vous 
pourriez  consulter  utilement  YEnchiridion 
fungorum  du  Dr  Lucien  Quélet,  chez  Doin,  8, 
Galeries  de  l'Odéon,  Paris.  —Prix  :  lofr. 

—  A.  G.  —  La  Flore  de  France  de  M.  Aclo- 
que coûte  12  fr.  5o  chez  l'éditeur.  Mais  l'au- 
teur fait  aux  personnes  qui  s'adressent  direc- 
tement à  lui  une  remise  appréciable. 

D.  —  Nous  vous  indiquons  :  Anatomie  et 

physiologie  végétales,  par  J.  Guibf.rt,  Victor 
Retaux,  éditeur. 

_  M.  Blanchard,  La  Porte-dc-1'Ile.  —  Je 
vous  remercie  beaucoup  du  spécimen  de  Del- 
phiniunicardiopetalum  que  vous  m'avez  envoyé. 


ABONNEMENTS  : 

UN     AN    :     France 10  lr. 

_  Étranger,   Colonies 12    >• 

Le  Numéro  :  1  Franc. 

aïs   parlent  tin     1er   Octobre   ou    du 
[or  janvier  de   chaque  an 


Toute   personne  qui  ne    se   désabonnera  pas 
sera    considérée    comme   réabonnée. 


Il  y  a,  en  effet,  dans  ma  Flore,  un  certain 
nombre  de  lacunes  ;  et  je  vous  avoue  que  plu- 
sieurs d'entre  elles  sont  voulues.  J'ai  même  un 
regret  à  ce  sujet,  c'est  de  n'avoir  pas  sup- 
primé sans  pitié  quantité  de  formes  qui  n'ont 
une  réalité  spécifique  que  dans  l'imagination 
de  leurs  créateurs.  Telles  de  ces  formes  ne 
sont  parfois  que  de  pures  variations  locales. 

Mais  il  est  des  préjugés  auxquels  il  faut  sa- 
voir sacrifier,  encore  que  la  conscience  vous 
tourmente  d'un  secret  remords.  —  Je  vous 
demande  pardon  de  ne  pas  vous  offrir  une 
solution  à  la  question  que  vons  soulevez  rela- 
tivement à  la  forme  et  à  la  composition  de  la 
corolle.  Mais  l'interprétation  que  j'ai  donnée 
à  différentes  reprises  dans  le  Naturaliste,  dans 
le  Cosmos,  dans  le  Monde  des  Plantes  et  dans 
la  Revue  Rose,  du  processus  évolutif  de  la 
fleur,  ou  plutôt  du  chaton,  dans  les  Renoncu- 
lacées,  me  parait  assez  différente  de  votre  ma- 
nière de  voir  ;  n'étant  pas  d'accord  sur  les  prin- 
cipes, nous  nous  entendrions  difficilement  sur 
les  conséquences.  —  Je  manque  de  la  compé- 
tence nécessaire  pour  vous  indiquer  le  remède 
à  l'imperfection  de  vos  épreuves  photographi- 
ques; mais  je  crois  qu'un  spécialiste  pourra 
facilement  vous  indiquer  ce  remède. 

.4.    Acloque. 


DEPOTS    : 
NEW- YORK 
Ph.  Heinsberger,  18,  First  Avenue. 

LONDON 
Dcjlai    and   <'•",  Forcign  booksellers,  HT,  S..li 

Square. 

PARIS 

J.-B.  Bailmère  et  Fils,  Ifl,  rue  Huulcfeuille. 
Jacques    Lechevalier,    Librairie    médicale    e| 
scientifique,  -i:t,  rue  Racine. 

LAVAL 
.  Goupil,  quai  Jean-Fouquel    Vieux-Ponl 


6°  Annkf.  (2e  Série) 


N°  83 


l"  Octobre   i8r>fi. 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

T^evue  Internationale  illustrée  de   'Botanique. 


Aoadémie  internationale  de  Géographie 
botanique 

Par  décision  en  date  du  29  septembre  1896, 
M.  Maurice  Beaufreton  est  nommé  Membre 
Auxiliaire  de  l'Académie. 

Le  Directeur, 

William  Trei.ease. 


LES  ONOTHERACEES  FRANÇAISES 

GENRE     EPILOBIUM 

Le  genre  Epilobium  a  été  divisé  en  deux 
grandes  sections.  La  première  comprend  les 
Epilobes  à  souche  vivace,  n'émettant  jamais 
de  rejets  destinés  à  former  de  nouvelles 
plantes.  Les  espèces  de  cette  section  ont  toutes 
leurs  feuilles  ordinairement  éparses  ;  chez 
elles  le  calice  est  profondément  4— partit,  à 
sépales  ouverts  et  divergents  et  à  tube  à  peu 
près  nul;  les  étamines  sont  unisériées, penchées, 
dilatées  à  la  base  ;  le  style  également  penché 
est  presque  toujours  pubescent  à  la  base  ;  son 
stigmate  est  quadrifide  et  à  lobes  réfléchis. 
Les  fleurs  sont  largement  ouvertes.  Cette  sec- 
tion, à  laquelle  on  a  donné  le  nom  de  Chamae 
nerion,  n'est  représentée  chez  nous  en  France 
que  par  deux  espèces  :  E.  neriifolium  nobis 
(E.  spicatum  Lam.);  E.  rosmarinifolium  Jacq. 

La  seconde  section  que  l'on  a  dénommée 
Lysimachion  se  distingue  de  la  première 
parce  que  les  espèces  qu'elle  renferme  ont  la 
souche  annuelle,  mais  se  perpétuant  toutefois 
au  moyen  de  rejets  qui  forment  de  nouvelles 
plantes.  Chez  elles  les  feuilles  inférieures  sont 
opposées  ;  le  calice  4 — fide  a  ses  sépales 
dressés  ou  presque  droits  ;  il  est  presque  cam- 
panule ;  les  étamines  sont  bisériéeset  droites. 
Le  style,  également  droit,  est  glabre  à  la  base  ; 
son  stigmate  est  quadrifide  ou  en  massue. 
Les  fleurs  sontinfundibuliformes.  Lesespèces, 
admises  par   nous,    et  faisant  partie  de  cette 


section,  sont,  pour  la  France:  E.  parviflorum 
Schreb.,  E.  hirsutumL.,E.  montanum  L.,E. 
Irigonum  Schrank.,  E.  roseum  Schreb.,  E.  te- 
tragonum  L.,  E.  palustre  L.,  E.  alpinum.  L. 
La  Flore  de  France  comprend  donc  en  tout 
10  espèces  d'Epilobes.  Bien  que  nous  ayons 
avant  tout  suivi  et  consulté  la  nature,  nous 
n'affirmerions  même  pas  avec  assurance  que 
les  E.  rosmarinifolium  Jaqc  ,  E.  parviftorum 
Schreb.,  E.  trigonum  Schranck,  soient  de  vé- 
ritables espèces  ;  toutefois,  nous  basant  sur 
l'observation  des  faits,  nous  n'avons  pas  en 
main  la  preuve  de  leur  non-valeur  et  jusqu'à 
plus  ample  informé,  nous  admettons  leur  exis- 
tence. 


TABLEAU    DICHOTOMIQUF     DES     ESPÈCES 

j  Fleurs  à  pétales  étalés 2. 

I  Fleurs  infundibuliformes 3. 

1  Feuilles  linéaires E.  rosmarinifolium. 

{  Feuilles  oblongues  lan- 

(      céolées E .  neriifolium . 

Stigmate  quadrifide a. 

Stigmate  indivis  en  massue 6. 

Feuilles  toutes  sessiles  ou  presque  sessiles  5. 

Feui  lies  plus  ou  moins  pétiolées.E.mOHfrtiiimi. 

Feuilles  caulinaires  à  petites 
dents,  fleurs  petites E.  molle. 

Feuilles  caulinaires  amplexi- 
caules;  fleurs  grandes E.    hirsutum. 

Tiges  cylindriques,  dépour- 
vues de  lignes E.  palustre. 

Tiges    anguleuses,   pourvues 

de  lignes  au  moins  au  bas 7. 

Plante  stolonifère 8. 

Plante  non  stolonifère q. 

Graines    papilleuses. .  E.   tetragonum   Var. 

Gilloti. 
Graines   glabres  ....     E.  athelespermum. 

Feu  il  les  sessiles  ou  brièvement  péliolées     10. 
Feuilles  longuement  pétiolées, 
au  moins  les  inférieures...      E.  roseum. 


LE      MONDE       DES       PLANTES 


Feuilles  3-4  ternées,  rarement 

\     opposées E.trigonum. 

"'    J  FcuilJesalterncs,lesinférieurcs 

f     onoosées E.  tetragonum. 


opposée 


Epilobcs  à  fleurs   à  pétales   étales 

Epilobium    neriifolium 

Synonymie  :  E.  angustifolium  L.    pro  parte, 
E.  spiçatum  Lam. 

Discussion. 

Linné  a  réuni  sous  le  même  nom  YE.  an- 
gustifolium à  feuilles  oblongues  lancéolées  et 
YE.  rosmarinifolium  à  feuilles  linéaires. 
Peut-être  avait-il  raison,  car  il  existe  une 
forme  d'E.  angustifolium  à  feuilles  linéaires 
lancéolées  (/.  stenophylla  d'Hausskneçht)  et 
uneautreforme  d'E.  rosmarinifolium  à  feuilles 
élar"ies  (/.  platyphylla  d'Hausskneçht)  qui 
constituent  deux  formes  intermédiaires. 

Quoiqu'il  en  soit  du  jour  où  l'on  eut  divisé 
YE.  angustifolium  L.  en  deux  espèces  par  la 
distinction  de  YE.  rosmarinifolium  Haenke, 
l'espèce  cessa  de  répondre  à  la  conception 
que  Linné  s'en  était  faite  et  l'appellation  an- 
gustifolium devint  d'autant  plus  un  non  sens 
v  que  YE.  latifolium  L.,  espèce  boréale,  a  les 
feuilles  beaucoup  moins  grandes,  absolu- 
ment parlant,  que  YE.  angustifolium,  et  que 
l'appellation  angustifolium  eût  dû  échoir  à 
'  \'E.  rosmarinifolium. 

D'autre  part,  à  l'heure  actuelle,  les  Flores  ont 
les  unes  conservé  le  nom  d'E. angustifolium  L., 
les  autres  préféré  celui  d'E-  spiçatum  Lam., 
plus  imagé  et  qui  a  l'avantage  de  correspondre 
au  sectionnement  du  type  linéen.  Toutefois 
YE.  rosmarinifolium  mérite  tout  autant  le  nom 
de  spiçatum  que  la  plante  à  laquelle  Larrjark, 
après  d'autres  d'ailleurs,  a  imposé  ce  nom. 
Aussi,  puisque  après  la  divisionde  Yangustifo- 
lium  linnéen  le  nom  de  spiçatum  eût  dû  préva- 
loir, que  d'une  part  il  n'a  pas  prévalu  bien 
qu'antérieur  (1742)  et  que  de  l'autre  il  ne  ca- 
ractérise pas  suffisamment  notre  espèce,  pro- 
posons-nous celui  de  neriifolium  qui  a  d'un 
côté,  l'avantage  de  peindre  bien  la  plante  à  la- 
quelle le  vulgaire  a  donné  d'ailleurs  le  nom 
populaire  de  laurijr  de  Saint-Antoine  et  de  la 
distinguer  nettement  de  ce  qui  n'est  pas  elle, 
et  de  l'autre  aura  peut-être  la  chance  de 
grouper  avec  le  temps  tous  les  botanistes  sur 
un  même  nom,  accord  difficile,  nous  en  con- 
venons, mais  non  pas  impossible. 

Que  devient  alors  la  loi  de  priorité  ?  Grande 
question.  Adhuc  sub  judice  lis  est.  Nous  tom- 


bons sur  un  terrain  brûlant  sur  lequel  MM.  L. 
Jolis  et  Otto  Kuntze  combattent  depuis  long- 
temps. 

L'heure  nous  semble  propice  pour  faire 
connaître  notre  manière  de  voir  en  peu  de 
mots. 

Pour  nous,  en  règle  générale,  la  loi  de  prio- 
rité doit  prévaloir,  mais  comme  il  n'y  a  jamais 
de  règle  générale  sans  exception,  comme  la 
langue  botanique  ne  doit  pas  être  une  langue 
morte  etpartant  immuable,  il  faut  tenir  compte 
d'un  facteur  important,  c'est-à-dire  du  consen- 
tement universel  ou  quasi  universel  des  bota- 
nistes. Or,  quand  un  nom  est  universellement 
admis,  il  doit  être  adopté  jusqu'au  jour  où  un 
nom  nouveau,  soit  par  la  suite  des  temps,  soit 
par  l'autorité  de  son  auteur,  a  prévalu  à  son 
tour.  Toutefois,  il  faut  être  sobre  de  créations, 
sans  quoi  on  assisterait  à  un  bouleversement 
complet  et  regrettable  de  la  nomenclature.  En 
un  mot,  de  même  qu'une  langue  se  modifie 
par  l'usage,  la  nomenclature  botanique  doit, 
a  notre  humble  avis,  pouvoir  se  modifier 
aussi,  les  Sociétés  botaniques  du  globe  et  les 
principaux  botanistes  sanctionnant  de  leur 
autorité  l'usage  qui  tend  à  s'introduire  ou  au 
contraire  le  réprouvant. 

Diagnose. 

Souche  vivace  ;  tige  ronde  ou  auguleuse, 
anguleuse,  droite  ou  ascendante,  simple  ou 
rarement  rameuse,  souvent  rougeâtre,  glabre 
ou  velue  ou  mèmefurfuraeée;  feuilles  éparses, 
paraissant  parfois  opposées  ou  verticiliées, 
sessiles  ou  brièvement  pétiolées,  arrondies  ou 
atténuées  à  la  base,  oblongues-lancéolées  ou 
linéaires-lancéolées,  acuminées  ou  cuspidées, 
parfois  décurrentes  sur  les  pétioles,  à  bords 
roulés  et  assez  souvent  ondulés,  variant  de  1/2 
cent,  à  4  cent,  de  larg.,  longues  de  2  décimè- 
tres et  plus,  denticulées  ou  entières  ;  d'un  vert 
plus  ou  moins  vif  en  dessus,  glauques  en  des- 
sous et  à  nervures  saillantes  ;  les  riorales  dé- 
croissant jusqu'au  sommet,  lancéolées,  linéai- 
res-lancéolées ou  subulées,  réfléchies  ;  épi 
terminal,  multiflore,  pyramidal,  plus  ou  moins 
allongé,  ordinairement  feuillu  à  la  base  et 
pourvu  de  bractées  au  sommet  ;  fleurs  grandes 
et  belles  atteignant  trois  centimètres  de  dia- 
mètre ;  purpurines,  rarement  blanches  ;  péta- 
les obovales,  entiers,  assez  souvent  légèrement 
émarginés,  parfois  ondulés-crénelés  ;  calice  à 
d.ivisipns  linéaires-lancéolées,  élargies,  rou- 
geâtres  extérieurement,  légèrement  pubes- 
centes,  plus  courtes  que  les  pétales,  les  éga- 
lant parfois  ;  étamines  à  filets  convergents, 
dilatés  à  la  base,  déclinés  ;  style  décliné,  pu- 
bescent  vers  sa  base,  rarement  glabre,  dépas- 


LE       MONDE       DES       PLANTES. 


3 


sant  les  étamines  après  l'anthèse,  réfléchi 
ensuite;  capsules  assez  épaisses,  souvent  rou- 
geâtres,  couvertes  d'un  duvet  court  et  serré 
parfois  d'un  blanc  cendré  ;  graines  roussâtres, 
oblongues,  atténuées  aux  deux  extrémités,  ter- 
minées en  pointe  à  la  base,  très  glabres  ; 
aigrette  d'un  blanc  sale. —  Juin-octobre. 

Hab.  —  Bois,  lieux  montueux,  voisinage  des 
carrières,  tranchées  et  remblais  des  chemins 
de  fer.  —  Espèce  indifférente  au  terrain.  Ré- 
pandu dans  presque  toute  la  F'rance  ;  se  réfu- 
gie sur  les  montagnes  dans  le  Midi;  manque 
dans  le  Sud-Ouest. 

Aire  géogr.  —  Europe;  Islande  ;  Asie  occi- 
dentale, Indes,  Sibérie,  Chine,  Japon  ;  Amé- 
rique du  Nord  ;  Madère,   Canaries. 

Bien  que  la  diagnose  précédente  montre  de 
nombreuses  variations  dans  le  type  et  que 
Haussknecht  ait  distingué  dans  sa  Monogra- 
phie (Monographie  der  Gattung  Epilobium) 
plusieurs  formes  de  \'E.  neriifolium,  nous  n'en 
voyons  aucune  assez  importante  et  nous  n'en 
possédons  en  herbier  aucune  assez  saillante 
pour  mériter  d'être  distinguée  comme  variété. 
La  plus  remarquable  serait  la  forme  sténo- 
phylla,  intermédiaire  entre  l'espèce  que  nous 
venons  de  décrire  et  une  des  formes  de  l'es- 
pèce suivante.  Les  feuilles  de  cette  forme, 
larges  seulement  de  5-8  millimètres,  établissent 
une  sorte  de  transition  entre  YE.  neriifo- 
lium et  1-2?.  rosmarinifolium. 


Epilobium   rosmarinifolium  Haenke. 
Synonymie  :  E .  Dodonœi  Vill. 

Discussion. 
Cette  espèce  est  dénommée  par  les  uns 
E.  Dodonœi  Vil.,  par  les  autres  E.  rosma- 
rinifolium Haenke  in  Jacq.  Cette  dernière 
appellation  nous  semble  la  plus  répan- 
due. Bien  que  Haussknecht  ait  adopté  la 
première,  la  seconde  nous  paraît  devoir  pré- 
valoir, d'autant  qu'elle  rend  plus  fidèlement 
l'aspect  de  la  plante  qui  se  différencie  au  pre- 
mier abord  de  l'espèce  précédente  par  ses 
feuilles  ordinairement  linéaires,  parfois  linéai- 
res-lancéolées. 

Diagnose . 

Souche  vivace,  sous-frutescente.  Tige  droite 
ou  ascendante,  subligneuse  à  la  base,  sim- 
ple ou  rameuse,  arrondie,  légèrement  pu- 
bescente,  glabrescente  et  presque  luisante 
à  la  base,  souvent  rougeâtre  ;  feuilles  épar- 
ses,  denses,  rigides  et  assez  épaisses,  li- 
néaires ou  linéaires-lancéolées,  sessiles  ou 
subsessiles,  très  entières  ou  denticulécs,  cal- 
leuses   au  sommet    ou  mucronulées,    souvent 


tachées  de  noir,  longues    de  2-6  centimètres, 
ne  dépassant  pas    5    millimètres,    glabres    ou 
velues    ou    même    blanches-tomenteuses  ;  épi 
terminal  à  inflorescence  lâche,  ordinairement 
allongé,    muni  de   bractées  jusqu'au  sommet  ; 
fleurs  belles,  atteignant  3  centimètres  de  dia- 
mètre ,  d'un  rose  gai,  rarement  blanches  ;  pé- 
tales  oblongs-obovales  ou  elliptiques-oblangs 
(les  2  inférieurs  plus  étroits),  entiers  au  som- 
met, parfois  légèrement  émarginés,  dépassant 
le  calice  ;  calice  à  divisions,  lancéolées-linéai- 
res, rougeàtres,  recouvertes  d'une  pubescence 
courte  et  serrée,  blanchâtre   sur  le    tube;  éta- 
mines  à  filets  d'un  rose  pâle,  à  anthères  d'un 
roux  cendré  ;  style  plus  court  ou  plus  long  que 
les  étamines,  velu  dans  son  tiers  inférieur,  dé- 
cliné après  la  fécondation  ;   stigmate  4-fide,  5 
divisions  d'abord  conniventes  puis  réfléchies  ; 
capsules  blanches-tomenteuses  dans  leur  jeu- 
nesse, rougissant  et  devenant  avec  l'âge  cou- 
vertes   d'une    pubescence    courte    et    serrée  ; 
graines    oblongues,  atténuées  aux  deux  extré- 
mités, longuement  toutefois  à  la  base,  légère- 
ment papilleuses. 
—  Juillet-septembre. 

Hab.  —  Bords  des  torrents  et  des  rivières. 
—  Semble  préférer  le  calcaire  et  particulière- 
ment le  Jurassique.  Est,  midi  et  sud-est  de  la 
France,  remonte  jusque  vers  Clermont-Fer- 
rand. 

Aire  géogr.  —  Europe  Moyenne;  Caucase 
et  Transcaucasie,  Asie  Mineure. 

Haussknecht  fait  avec  raison  de  \'E.  Fleis- 
chéri  Hochst.  une  variété  de  VE.  rosmarinifo- 
lium. Nous  le  suivrons   dans  cette  voie. 

Var.  Fleischeri  Hochst.  Se  distingue  du 
type  par  son  style  de  moitié  plus  court  que 
les  étamines,  pubescent  blanchâtre  jusqu'au 
point  où  il  s'infléchit  et  par  ses  feuilles  plus 
larges  ordinairement. 

Hab.  Régions  granitiques  et  schisteuses  des 
Alpes. 

Deux  formes  : 

a)  stenophylla  à  feuilles  étroitement  linéai- 
res aigiies,  larges  de  1  à  3  millimètres. 

b)  plalyphylla  à  feuilles  élargies  en  leur 
milieu,  obtuses,  larges  de  5-6  millimètres. 
C'est  cette  dernière  forme  qui  établit  une  tran- 
sition entre  E.  neriifolium  et  E.  rosmarinifo- 
lium. Nous  la  possédons  des  Hautes-Alpes  et 
spécialement  du  Mont  Genève. 

Quant  à  la  forme  canescens,  la  seule  inté- 
ressante parmi  les  diverses  formes  de  YE. 
rosmarinifolium,  nous  l'avons  en  herbier  pro- 
venant de  la  région  littorale  du  midi  de  la 
France  :  Nice,  vallon  de  Saint-André;  prove- 
nant  de  l'herbier  Barla. 

(A  Suivre).  H.  Léveillé. 


LE       MONUIi       DES       PLANTES 


La  Nomenclature  botanique 

En  réponse  à  la  lettre  de  M.  Le  Jolis, 
M.  Otto  Kuntze a  adressé  aux  membres  de  la 
Socie'té  botanique  de  France  une  circulaire 
dont  nous  extrayons  ce  qui  suit  : 

«  L'opinion  de  M.  Le  Jolis,  que  la  loi  de 
priorité  ne  doit  pas  être  rétroactive,  est  erro- 
née et  à  rejeter  par  les  arguments  suivants  : 

ii)  Cette  opinion  est  une  contradictio  in 
adjecto. 

2.)  Elle  est  contre  les  articles  60  et  i3  du 
Code  Parisien  ;  ce  dernier  article  dit  claire- 
ment de  commencer  avec  Linné.  La  condition 
dont  il  parle,  était  interprétée  dans  le  com- 
mentaire de  l'art.  i5  du  texte  prépare  pour  les 
Lois  par  Alph.  de  Candolle  (Paris  1867,  V. 
Masson  et  fils)  comme  suit  :  «  Nous  disons  en 
botanique  ;  ainsi  le  même  nom  peut  être  em- 
ployé, selon  nous,  dans  les  2  règnes.  Ceci  est 
contraire  à  l'une  des  règles  de  Linné,  mais  il 
faut  remonter  pour  cette  question  au  principe 
fondamental  (art.  3)  de  toute  nomenclature, 
qui  est  d'éviter  les  erreurs,  les  ambiguïtés,  les 
confusions.  Y  a-t-il  confusion  possible  quand 
un  groupe  de  plantes  est  nommé  comme  un 
groupe  d'animaux  ?  Evidemment  non.  »  La 
commission  et  le  Congrès  éliminèrent  les  2 
mots  en  botanique  parce  qu'ils  étaient  syno- 
nymes avec  de  végétaux  de  l'art.  i5  et  le 
rédacteur  des  Lois,  Alph.  de  Candolle,  élimina 
en  conséquence  le  commentaire  des  mots  en 
botanique.  On  connaît,  par  suite,  l'interpré- 
tation exacte  de  l'art.  i5,  et  de  la  condition, 
dont  personne  ne  doutait  publiquement,  sinon 
M.  Le  Jolis  et  3  ou  4  de  ses  imitateurs. 

La  prétention  de  M.  Le  Jolis,  partagée 
maintenant  par  M.  Malinvaud,  que  la  loi  de 
priorité  ne  doit  pas  être  la  base  du  Code  Pari- 
sien, est  aussi  en  contradiction  avec  les  Actes 
du  Congrès  de  1867,  p.  177-178,  où  Alph.  de 
Candolle  disait  de  la  Commission  des  Lois  : 
«  Nous  avons  eu  la  satisfaction  de  nous  trouver 
d'accord  sur  la  grande  majorité  des  articles, 
et,  ce  qui  est  plus  important,  sur  les  principes 
fondamentaux  en  pareille  matière,  notamment 
sur  la  loi  de  priorité,  qui  est  la  base  la  plus 
solide  de  toute  nomenclature.  »  En  effet,  si  on 
se  reporte  à  la  page-  188  des  Actes  du  Congrès, 
on  voit  que  l'art.  i5  a  été  adopte  sans  qu'au- 
cun membre  ait  demandé  une  restriction 
quelconque  à  l'application  de  cet  article  fonda- 
mental. Alph.  de  Candolle,  qui  connaissait 
bien  l'esprit  de  la  Loi,  puisqu'il  en  était  le 
père,  a  constaté  avec  une  vive  satisfaction 
(Nouv.  Remarques,  p.  3  et  4),  que  les  membres 
du  Congrès  géologique  international,  réunis  à 


Bologne  en  1S81,  ont  unanimement  admis  que 
«  la  Loi  de  priorité  est  le  vrai  fondement  de 
la  nomenclature,  et  que  pour  lui  donner  plus 
de  force,  il  est  nécessaire  de  supprimer  les 
exceptions  et  dérogations  à  cette  Loi  ».  En 
outre,  le  Code  Parisien,  dans  l'art.  <">o  (1),  qui 
est  obligatoire,  exige  rigoureusement  de  re- 
jeter tous  les  noms  appliqués  pour  des'  noms 
antérieurs  valables . 


Contributions   à    la  Flore  cryptogamique 
de  la  Sarthe    1895-1896) 

CHAmpiGi\01VS 

(Suite) 

Lentinus  tigrinus  B.  Lentine  tigré.  — 
Thoiré-sur-Dinan  :  tronc  de  pommier  à  la  Pe- 
tite Brosse,  10  août. 

Pholiota  adiposa  Fr.  Pholiote  adipeux.  — 
Saint-Yinccr.t-du-Lorouer  :  en  touffe  sur  un 
tronc  de  hêtre,  21  octobre. 

Pholiota  squarrosa  M'ùll.  Pholiote  écaiU 
leu.v.  —  Saint-Pierre-du-Lorouer  :  dans  la 
forêt,  en  groupe  au  pied  des  arbres,  19  octobre. 

Pholiota  Paxillus  Fr.  Pholiote  Paxillus. 
—  Thoiré-sur-Dinan  :  dans  une  allée  de  la 
forêt,  en  groupe  sur  une  souche  enterrée,  icr 
novembre. 

Pholiota  mutabilis  Sch.  Pholiote  chan- 
geant.—  Forêt  de  Bercé,  sur  une  souche,  au- 
dessus  de  la  Vallée  Noire,  14  novembre.  Très 
bon. 

Cortinarius  salor  Fr.  Cortinaire  couleur 
de  mer.  —  Thoiré-sur-Dinan  :  dans  la  forêt, 
3  novembre. 

Gcrtinarius  elatior  Pers.  Cortinaire  éle- 
vée. —  Thoiré-sur-Dinan  :  dans  la  forêt,  14 
novembre. 

Hebeloma  crustuliniforme,  B.  Yar. 
minor.  Hebelome  é chaude.  —  Jupilles  :  bois 
en  pin  silvestre  de  la  Pilletière,  i°r  novembre. 

Psalliota  arvensis  Sch  Psalliote  des 
jachères. —  Pelouseset  prés.  Trouvé  un  exem- 
plaire de  32  centimètres  de  diamètre,  venu 
dans  un  endroit  chargé  de  matière  fécale, 
1  5  juillet.  Très  bon. 

Psalliota   campestris    L.    "Psalliote   des 


1.  Là  on  peut  aussi  lire  que  la  Société  bota- 
nique de  France  est  déjà  une  fois  intervenue  pour 
sauver  le  Code  Parisien  d'un  grand  péril  ;  niais 
aujourd'hui  les  périls  soin  plus  grands  par  le 
«Comité  de  Merlin  »  anarcliistiqueet  par  deux  régies 
particulières  des  Américains.  Ces  deux  règles  de 
Britton  et  Greenc  causeraient  le  changement  d'à 
peu  pies    jGooij    il'  nu  s 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


champs.  —  Jardins.  Sur  les  vieilles  couches. 
Tout  l'été.  Délicieux. 

Hypholomahydrophilum  B.  Hypholome 
humide.  —  Jupilles  :  en  touffes  sur  les  vieux 
troncs   et  racines  en  de'composition,  octobre. 

Hypholoma  fasciculare  Huds.  Hypho- 
lome en  touffes. —  Partout  sur  les  couches  en 
décomposition,  octobre-novembre. 

Panaeolus  fumiputris  B.  Panœole  du  fu- 
mier. —  Sur  le  crottin  de  cheval,  16  novembre. 

Daedalea  biennis  B.  Dédalée  bisannuelle. 

—  Saint-Pierre-du-Lorouer  :  allée  verte  de  la 
forêt,  près  le  rond  du  Guignier. 

Daedalea  quercina  L.  Dédalée  du  chêne. 

—  Saint-Pierre-du-Lorouer  :  roues  et  pieux 
en  chêne  de  la  Vallée  Noire. 

Trametes  rubescens  A.  et  S.  Tramèles 
rougeâtre.  —  Sur  les  arbres  de  la  forêt  de 
Bercé. 

Polyporus  sulphureus  B. Polypore soufré . 

—  Thoiré-sur-Dinan  :  à  la  Pilletière,  tronc  de 
poirier  et  dans  la  forêt,  tronc  de  chêne,  août- 
septembre. 

Polyporus  ignarius  L.  Polypore  allume 
feu.  —  Tronc  de  chêne  dans   la   forêt.   Toute 
l'année. 

Polyporus  hispidus  B.  'Polypore  très 
poilu.  —  Sur  vieux  pommier  et  branche  de 
noyer. 

Boletus  luteus  L.  Bolet  jaune.  —  Jupilles  : 
bois  de  pin  silvestre,  près  de  la  Croix-Cham- 
beau  et  à  la  Pilletière,  i«'  novembre.  d4sse^ 
bon  mais  un  peu  fade . 

Boletus  edulis  B.  Bolet  comestible. —  Vulg. 
Cèpe.  —  Commun  dans  la  forêt,  octobre-no- 
vembre. (.4  suivre). 

Victor  Jamin. 


Botanistes  et  Paysans 

Les  botanistes  sont  quelquefois  exposés 
dans  leurs  herborisations  aux  insultes  et  même 
aux  attaques  de  paysans  brutaux,  trop  jaloux 
de  leurs  droits  de  propriétaires. 

Tout  botaniste  un  peu  vétéran  peut  se  remé- 
morer quelques  faits  analogues  aux  suivants. 

Herborisant,  en  i852,  dans  la  vallée  de 
Royat,  avec  le  professeur  Henri  Lecoq,  nous 
fùmespoursuivis  par  un  indigène  et  menacésde 
sa  bêche  pour  récolte  d'une  sauge  sur  le  bord 
de  son  pré. 

En  1860,  un  petit  groupe  de  botanistes  dont 
je  faisais  parti,  fut  épié  et  suivi  à  la  piste  à  tra- 
vers guérets  et  chemins  creux,  pendant  plus 
de  trois  kilomètres,  par  des  habitants  du  pays  : 
nous  fûmes  ensuite  interrogés  ;  nous  avions 
passé,  sans  le  savoir,  à  proximité  d'un  village 


où  plusieurs  incendies  attribués  à  la  malveil- 
lance avaient  eu  lieu.  Nombreux  sont  les  natu- 
ralistes qui,  pendant  et  après  l'année  terrible, 
furent  arrêtés  comme  espions  et  obligés  de 
montrer  patte  blanche  aux  autorités  locales. 

11  y  a  quelques  années,  explorant  près 
d'Ussel  un  sol  tourbeux  et  m'étant  approché 
d'un  défrichement  récent,  pendant  que  j'ad- 
mirais de  belles  touffes  de  Trifolium  incar- 
matum,  je  fus  invectivé  par  un  vieux  paysan, 
type  de  l'Homme  primitif,  à  la  longue  et  inculte 
barbe.  Comme  sur  son  injonction,  je  franchis- 
sais la  haie  de  son  petit  clos,  je  fus  frappé 
traîtreusement  d'un  coup  de  bâton.  Ayant  en 
mains  un  redoutable  piolet,  j'eusse  pu  facile- 
ment me  venger  de  cette  attaque  ;  j'ai  pensé 
qu'il  était  plus  sage  d'abandonner  le  champ 
de  bataille  à  ce  sénile  et  irresponsable 
ennemi. 

Le  29  juin  dernier,  venant  du  Mont  d'Or  et 
a  r  rivé  à  la  gare  de  Laqu  eu  il  le  peu  avant  le  départ 
du  train  pour  Ussel,  je  voulus  chercher  dans 
un  champ  voisin  un  Sclcranthus,  à  forme 
intéressante^  En  m'approchant  de  ce  champ, 
je  reconnus  qu'il  était  clos  par  une  ronce  arti- 
ficielle ;  pressé  de  retourner  à  la  gare,  je  suivis 
la  lisière  du  champ  et  d'une  pièce  de  pommes 
de  terre  que  piochaient  deux  femmes  et  deux 
hommes.  L'un  d'eux  courut  à  ma  rencontre 
tenant  en  main  son  fessou  et  en  termes  d«;s  plus 
grossiers  m'enjoignit  de  revenir  sur  mes  pas  ; 
n'ayantpu  en  quelques  mots  depolitessecalmer 
la  violence  de  ce  furieux,  je  dus  lui  obéir. 
C'était  un  homme  jeune  et  vigoureux  ;  il  me 
suivit  quelques  instants  armé  de  son  outil  de 
travail  et  me  forçant  à  me  tenir  sur  mes 
gardes.  Obligé  de  faire  un  détour,  je  n'arrivai 
en  gare  qu'au  moment  où  le  train  allait  partir, 
ayant  pu  cependant  porter  plainte  au  gen- 
darme de  service  de  la  violence  que  j'avais 
subie. 

Il  convient  au  botaniste  d'éviter  de  pareilles 
rencontres,  le  plus  souvent  le  paysan,  quoique 
défiant  de  nature,  est  de  bonne  composition,  il 
cause  volontiers  et  se  montre  curieux  de  ce 
que  vous  pouvez  bien  chercher  ;  mais  il  se 
rencontre  parfois  des  grincheux  et  des  vio- 
lents avec  lesquels  tout  discours  est  peine 
perdue.  Contre  de  pareilles  brutes  il  est  pru- 
dent d'être  muni  d'une  arme  défensive  pour  se 
protéger  de  leur  attaque,  comme  de  la  dent 
d'un  mauvais   chien. 

E.  G.  d'A. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


Un  Viola  hybride 

Récemment,  au  cours  d'une  visite  chez  un 
ancien  botaniste  sarthois,  j'ai  eu  occasion  de 
parcourir  son  jardin,  un  vrai  petit  jardin  bota- 
nique, où  bon  nombre  d'espèces  rares  indi- 
gènes ont  trouve  place.  Je  tenais  précisément 
à  voir  entre  autres  plantes  le  Violalactea,  Sm. 
V.  lancifolia  Thore).  Je  remarquai,  en  effet, 
cette  espèce  reconnaissable  à  ses  feuilles 
en  fer  de  lance.  Or  près  de  là  croissaient 
quelques  touffes  de  Viola  odorata  L.  Entre 
celles-ci  et  les  pieds  de  Viola  lactea  je  vis 
deux  pieds  dont  l'hybridité  ne  laissait  aucun 
doute.  Bien  que  je  sois  en  effet  fort  peu 
porté  à  admettre  sans  preuve  les  hybrides,  j'ai 
toujours  reconnu  qu'en  présence  des  parents 
et  sur  le  terrain  même  on  pouvait  affirmer 
l'existence  d'un  hybride.  Tel  était  bien  le  cas 
des  deux  échantillons  que  j'avais  sous  les 
yeux,  et  bien  que  l'hybridation  se  soit  produite 
dans  l'enceinte  d'un  jardin  je  n'hésite  pas 
à  signaler  ce  phénomène  et  à  nommer,  en  le 
dédiant  au  botaniste  octogénaire,  propriétaire 
de  ce  jardin,  M.  Bonhommet,  cet  hybride 
dont  voici  la  diagnose  différentielle: 

Viola  Bonhommeti  {V.  lacteaX.  V.  odorala). 
Tige  droite,  assez  élevée  ;  feuilles  supérieures 
en  fer  de  lance  :  feuilles  inférieures  cordi- 
formes  ;  stipules  presque  aussi  grandes  que 
les  feuilles,  du  moins  pour  celles  des  feuilles 
supérieures. 

Cet  hybride  se  rapproche  donc  du  V.  lactea 
par  ses  feuilles  supérieures  et  du  V.  odorata 
par  ses  feuilles  inférieures.  Ses  feuilles  infé- 
rieures et  ses  larges  stipules  le  distinguent  du 
premier,  tandis  que  son  port  et  ses  fleurs  d'un 
bleu  lacté  le  différencient  nettement  du  second. 

11.  LÉ  VEILLÉ 


Remarques    sur    la   croissance    du   gui 
dans  la  Seine-Inférieure  et  l'Eure 

On  a  tant  de  fois  dit  et  répété  que  les 
druides  coupaient  le  gui  sur  les  chênes,  que 
tous  en  sont  persuadés  :  c'est  par  hasard  que 
j'ai  eu  connaissance  des  travaux  déjà  publiés 
sur  ce  sujet  par  différents  auteurs.  Entre 
autres  je  signalerai  celui  de  M.  l'abbé  Letacq  : 
«  Note  sur  le  gui  de  chêne  et  sur  quelques  sta- 
tions du  gui  dans  le  département  de  l'Orne.  » 
Le  gui  croissant  sur  le  chêne  avait  déjà  été 
signalé  par  le  docteur  Jousset  de  Bellème, 
puis  par  M.  Delise,  à  Guipier,  par  M.  Godet 
instituteurau  Bailleul, enfin  M. l'abbé  Letacq  l'a 
observé  au  hameau  des  Champs  à  Saint-Aubin 
de  Bonneval.   \Bull.  de  la  Soc.  Linné enne  de 


Normandie,  4"  série  3  vol  1890). 

M.  Bonncmère,  en  1892,8  présenté  un  échan- 
tillon de  gui  de  chêne  à  la  Société  d'anthro- 
pologie de  Paris,  et  dit  qu'en  Vendée  le  gui 
de  chêne  très  recherché  ne  se  rencontre  plus 
guère  que  dans  les  parcs  privés  où  il  ne  peut 
être  enlevé  facilement. 

Dans  notre  département,  l'auteur  de  la 
Flore  des  environs  de  Rouen,  l'a  signalé  sur 
des  pommiers,  dans  les  plaines  de  Bon- 
Secours  et  du  Mesnil-Evrard,  sur  des  épines 
entre  Cailly  et  le  Mesnil  l'ermanel  (1),  mais 
pas  sur  les  chênes. 

De  Brebisson,  dans  sa  flore  de  Normandie, 
dit  l'avoir  rencontré  sur  le  nerprun,  noyer, 
faux    acacia,  rarement  sur  le  chêne. 

Enfin  M.  James  Lloyd  déclare  l'avoir  vu 
parasite  de  Lui-même  (Flore  de  l'Ouest  de  la 
France  p.  236- 1 868). 

Maintes  et  maintes  fois,  j'ai  rencontré  le 
Viscum  album  sur  des  pommiers  et  des  tilleuls, 
mais  cinq  fois  seulement  sur  des  chênes. 
Voici  le  nom  des  stations. 

Forêt  de  Roumare  (Seine-Inférieure),  2  fois. 

Chêne  aux  environs  de  Vibœuf  iScine- 
Inférieure). 

Bois  de  Grammont  (Eure). 

Forêt  de  la  Londe  (Eure). 

A  quoi  tient  ce  dépeuplement  heureux  t  Les 
causes  en  seront  longtemps  ignorées,  et  si 
cela  continue,  il  faudra,  dans  vingt  ou  trente 
ans  mettre,  dans  un  musée  une  branche  de 
chêne  nourricière  du  gui  ! 

Ed.  Stalikowski 


Les  Epilobes  de  Madère 

Un  nouvel  envoi  de  notre  sympathique  Col- 
lègue, M.  Carlos  Azevedo  Menezes,  me 
met  à  même  de  revenir  sur  les  Onothéracées 
de  Madère. 

Le  premier  envoi  comprenait  les  espèces 
suivantes  :  Epilobium  parviflorum  Schreb., 
E.  lanceolatumSchr.  et  Maur.,  E.  tetragonum, 
L.  var.  Lamyi  Schultze. 

Cette  fois  nous  avons  reçu  cinq  numéros 
qui  renferment  :  Epilobium  tetragonum  L. 
n°i);  Epilobium  tetragonum  L.  Var  Lamyi 
Sch.   (n°  3);  Epilobium  parviflorum  (2)    Schr. 


i.  Le  Turq.uier-Dei.ongi  hamp.  —  Flore  des  envi- 
rons de  Rouen,  tome  11.  p.  .S  20.  —   1816. 

2.  Jusqu'à  ce  qnc  notre  travail  sur  les  Epilobes 
français  soit  public,  nous  suivons  en  général  les 
dénominations  admises  par  llaussknccht. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


n°  4)  ;  Var.  suglabrum  Koch.,  du  même  (n°  5)  ; 
Var.  Menejesi,  Var.  nov.  du  même  (nu  2). 

11  nous  reste  à  dire  quelques  mots  de  ces 
différentes  parts  et  à  donner  l'indication  de 
leur  lieu  d'origine. 

En  somme,  deux  espèces  seulement  sont 
représentées  dans  ce  récent  envoi  :  E.  tetra- 
gonum  L.  et  E.  parviflorum  Schreb. 

De  \'E.  tetragonum  nous  avons  le  type  et  une 
seule  variété,  YE.  Làmyi,  parfaitement  carac- 
térisée. 

De  YE.  parviflorum  nous  avons,  outre  le 
type,  deux  formes  intéressantes.  La  première, 
à  larges  feuilles,  presque  glabres,  correspond 
au  subglabrum  de  Koch  que  Haussknecht  fait 
rentrer  dans  la  forme  umbrosa  du  type. 

Au  premier  abord  et  à  première  vue,  il  sem- 
blerait qu'il  y  eût  là  une  excellente  variété. 
Cependant  il  n'en  est  rien.  C'est  )à  une  varia- 
tion purement  accidentelle,  tenant  d'une  part 
à  la  station  plus  ou  moins  ombreuse  et  plus 
ou  moins  aqueuse  dans  laquelle  vit  la  plante, 
en  sorte  qu'un  pied  des  ubglabrum  pourra,  par 
ses  graines,  reproduire  le  type  si  celles-ci 
viennent  à  germer  dans  un  lieu  plus  sec  et 
plus  découvert. 

La  forme  Mene^esi,  forme  nouvelle  que  nous 
dédions  au  collecteur  et  expéditeur  des  plantes 
qui  font  l'objet  de  cette  note,  est  au  contraire 
beancoup  plus  intéressante  et  mérite  vraiment 
le  nom  de  variété. 

Pour  en  donner  la  diagnose  il  suffit  de  dire 
que  c'est  un  E .  obscurum  pubescent  tomen- 
tueux,  à  tige  arrondie,  à  stigmate  quadrilobé 
et  à  feuilles  arquées.  Grâce  à  son  port,  elle 
est  absolument  au  parviflorum  ce  que  Yobscu- 
rum  est  au  tetragonum. 

Voici  les  indications  géographiques  ou  topo- 
graphiques concernant  ces  espèces  et  leurs 
variétés  : 

Epilobium  tetragonum  L.  Murs  et  rochers 
humides  au-dessous  de  1000  m.  R.  Funchal  : 
Levada  dos  Moinhos  (C.  A. Menezes  leg.). 

« ipilqbium  tctragonuDi  L.  Var.  'Lamyi 
Sch.  Rochers  humides  et  bords  des  courants 
d'eau,  entre  3oo  et  i5oo  m.  surtout  dans  la  ré- 
gion montagneuse  et  boisée.  Funchal  :  Levada 
de  S.  Roque  ;  Levada  do  Monte  Medonho 
(C.  A.  Menezes  leg.). 

■  Spilobi  11  m  parviflorum  Schreb.  Bords  des 
courants  d'eau  et  rochers  humides  entre  800 
et  1 5  00  mètres  dans  la  région  boisée  de  Madère  ; 
ait.  1000  m.,  Levada  da  Ribeira  Fui. —  R. 
(C.  A.    Menejes  leg.). 

Epiioiiium  pnrviiloi'um  Schreb.  Variât. 
subglabrum  Koch.  Lieux  et  rochers  humides 
au-dessus  de  100  mètres.  CC.  —  Funchal  (C. 
A.  Menezes  leg.). 


1  |.i i.i.i m .1.  pai-\ iiloi'iim  Schreb.  Var.  Me- 
ne%esi,Vàr.  nov. Rocher  humide  à  Levada  deS. 
Roque,près  Funchal, 3oo  m.  RRR,  20  juin  1896 
(C .  A.  Menezes  leg.).  Cette  forme,  que  notre 
collègue  m'envoie  pour  la  première  fois,  ne 
figure  pas  dans'  la  Flore  de  Lowe.  M.  C.  Az. 
Menezes  la  croit  extrêmement  rare  à  Madère. 
Comme  nous  l'avons  dit  plus  haut,  elle  a  le 
port  de  YE.  obscurum  et  les  feuilles  arquées 
comme  ce  dernier,  contrairement  aux  autres 
Epilobes  de  la  Flore  de  Madère.  Nous  ne 
possédons  rien  de  semblable  en  herbier  et 
nous  n'avons  jamais  rien  vu  de  semblable 
parmi  les  formes  d'E.  parviflorum,  bien  que 
des  milliers  d'échantillons,  vifs  ou  secs,  aient 
passé  par  nos  mains. 

Quant  kl'E.  lanceolalum,  compris  dans  l'en- 
voi précédent,  on  l'avait  recueilli  dans  les  ro- 
chers humides  etau  bord  des  ruisseaux. au-des- 
sous de  1000  m.,  où  M.  Menezes  le  regarde 
comme  très  rare.  Il  provenait  de  Levada  dos 
Moinhos(Funchal),  tandisque  celuide  Lemann 
(Cf.  Manual  Flora  ofMadeira,  V.  I,  p.  2G2)  ve- 
nait de  Curral  das  Freiras,  à  1000  m.  environ 
d'altitude.  H.  L.        '   ' 

Sur  une  forme  de 
«  Campanula  rapunculus  »  L. 

Herborisant  chaque  année,  depuis  déjàassez 
longtemps,  dans  le  Saosnois  (Sarthe),  j'avais 
remarqué  fort  souvent,  dans  les  années  plu- 
vieuses aussi  bien  que  dans  les  années  sèches, 
deux  formes  fort  distinctes  de  Campanula 
rapunculus  L.,  qui,  au  premier  aspect,  sem- 
blaient par  leur  port  appartenir  à  deux  espèces 
différentes. 

Cette  année  j'ai  revu  avec  soin  les  divers 
Campanula  de  cette  région  ;  j'ai  examiné  les 
uns  après  les  autres  des  centaines  d'exemplai- 
res et  je  me  suis  convaincu  que  tous  étaient 
bien  des  Campanula  rapunculus.  Toutefois  il 
m'a  semblé  que  l'on  pouvait  à  juste  titre  dis- 
tinguer comme  variété,  à  raison  de  ses  carac- 
tères constants  ,  la  forme  à  petites  fleurs  dont 
voici  d'ailleurs  la  diagnose  : 

Campanula  rapunculus  L.  var. 
parviflora  Levl.  Souche  à  pivot  simple  ou 
double,  émettant  1-3  tiges  rougeàtres,  ve- 
lues, comme  glanduleuses  ;  (parfois  une  seule 
tige  promptement  ramifiée);  feuilles  caulinai- 
res  lancéolées  ou  lancéolées-linéaires  ;  calice 
à  dents  plus  courtes  que  dans  le  type,  égales 
au  tube  et  lancéolées-linéaires  ;  fleurs  d'un 
violet  foncé  ne  dépassant  guère  un  centimètre 
de  diamètre,  disposées  en  grappes  spiciformes. 

Cette  forme  que  nous  avons  particulièrement 
remarquée  à  Livet  et  à  Saint-Rémy-du-Plain, 
doit  se  retrouver  dans  presque  tout  le  Saos- 
nois. Elle  doit    se    rencontrer  aussi    ailleurs. 

Nous  l'avions,  en  effet,  '  signalée  déjà, 
sans  en  donner  la  diagnose  détaillée,  dans 
notre  Flore  de  Mayenne,  p.  124,  comme  se 
rencontrant  à  Congrier,  au  sud-ouest  de  ce 
département. 

H.    LÉVEILLÉ. 


LE        MONDE       DES       PLANTES 


Herborisations  Sarthoises,  1896 

onoilu-ra  blennla  I,.  Le  Mans  :  chemin 
conduisant  à  l'Epau,  au-delà  de  Toile-Blanche 

(H.     LÉVE1LLÉ). 

Kr>  tliraea  Ccntnurlnm  PerS . f.  Cllbiflora, 

Saint-Rémy-du  Plain  :  chemin  de  Livet,  3  août 

(H.    1. ÉVEILLÉ  I. 

Gentanrea  Scabiosa L.f.  lœvis.  Louvigny  : 

chemin  de  Livet.  Cette  forme  à  tige  lisse  et  à 
appendices  de  l'involucre  brièvement  cilie's, 
semble  assez  répandue  dans  la  région  (H.  LÉ- 
veillé). 

Caiiipamila    glomcrata     L.     f.    SllbclCCtulis. 

MC-lée  au  type  et  répandue  avec  lui  à  St-Rémy- 
du-Plain  et  à  Livet  ;  moins  abondante  dans 
les  années  sèches.  Tige  grêle,  courbe,  parfois 
uni (lore,  portant  ordinairement  2-5  Heurs 
et  ne  dépassant  pas  io  centimètres  de  hau- 
teur (H.  LÉVEILLÉ). 

Verbascnm  nifi'"»'»  L.,  Neufchâtel  :  Per- 
seigne,8  août  (H.  Léveillé). 

Mcliasa  ofHcinaiis  L.  Neufchâtel  :  Persei- 
gne,  8  août  (H.  Léveileé). 

Stactays  aipina  L.  St-Rémy-du-Plain  :  but- 
tes de  l'ancien  château  ;  3  août;  Neufchâtel  : 
en  arrivant  à  Perseigne  parles  étangs;  Ancin- 
nes  :  route  de  Neufchâtel,  près  Bialais,  8  août 
|H.  Léveillé). 

stacliys  ambigu*  Sm.  Le  Mans  :  fossés 
vis-à-vis  de  l'abbaye  de  l'Epau.  Mêlé  au  S. 
palustris  (H.  Léveillé). 

Galeopeia  Totrahlt  L.  Var.  Borcei  Corb. 
St-Rémy-du-Plain  :  buttes  de  l'ancien  châ- 
teau, 3  août  (H.  Léveillé). 

Les  Gentiana  Cruciata  L.  Phalangium 
ramosum  Lam.  et  Calamintha  nepeta  Link., 
signalés  à  Perseigne  et  à  Neufchâtel,  n'y 
existent  plus  comme  nous  avons  pu  nous  en 
assurer.  Ce  sont  des  plantes  éminemment  cal- 
cicoles  :  or,  il  n'existe  pas  de  calcaire  dans  la 
commune  de  Neufchâtel. 

Elles  ont  dû  cependant  y  exister  jadis  près 
du  four  à  chaux  de  M.  Jonaux,  four  aujour- 
d'hui détruit  et  dont  on  a  peine  à  reconnaître 
l'emplacement.  La  chaux  qu'on  y  amenait 
provenait  de  Livet,  mais  les  alentours  du  four 
fécondés  par  la  chaux  étaient  alors  propices  à 
l'alimentation  des  espèces  calcicoles;  celles-ci 
n'ont  pas  dû  survivre  longtemps  à  la  destruc- 
tion du  four,  destruction  qui  remonte  à  trente 
ans  environ. 

J'ai  pu  constater  dans  la  Mayenne  le  même 
phénomène  de  disparition  d'espèces  a  Bour- 
gon,  à  la  suite  de  la  disparition  de  deux  fours 
a  chaux  jadis  en   activité. 

I  1.    I.l'\  E'I.I.É. 


Informations. 

&->■  La  Wiener  botanischen  Tauschanstall  vient 
de  publierions  la  direction  de  notre  sympathique 
collègue,  M.  Ignace  Dorfleu,  son  catalogue  d'é- 
changes pour  1S96.  S'adresser  III,  Barichgasse,  36, 
à  Vienne  (Autriche). 

—  v  La  librairie  Jacques  Lechevalier,  23,  rue 
Racine,  Paris,  vient  de  publier  un  catalogue  tort 
intéressant  de  nombreux  ouvrages  botaniques  an- 
ciens et  modernes,  comprenant  880  numéros. 

— >-  Le  R.  P.  Carrier,  de  Montréal,  a  obtenu 
de  la  Commission  Colombienne  Universelle  à 
l'Exposition  internationale  de  Chicago,  à  la  suite 
d'un  acte  du  Congrès,  une  médaille  et  un  diplôme 
de  mérite  pour  sa  collection  de  1,800  espèces  de 
la  Hore  de  la  province  de  Québec,  proprement  et 
soigneusement  montées  et  correctement  déterminées 
et  classées  avec  leurs  noms  respectifs  en  latin,  en 
français  et  en  anglais.  Toutes  nos  félicitations  à 
notre  collègue. 

Bibliographie 

Flore  de  France,  par  G.  Rovv  et  J.  Foucaud, 
T.  III.  Ce  volume  comprend  les  Yiolariées,  Poly- 
galacées,  Frankéniacées,  Caryophyllées,  Portula- 
cées,  Tatnariscinées,  Elatinées  et  Hypéricinées. 
Les  auteurs,  dans  cette  vaste  encyclopédie  de  la 
Flore  française,  suivent  fidèlement  la  marche 
qu'ils  ont  adoptée  dès  le  principe. 

Nous  voyons  avec  plaisir  qu'ils  poursuivent  la 
subordination  raisonnée  des  espèces.  Citons 
comme  exemples:  Viola  lusitanica,  (F.  lancifolia 
Thore,  V.  laclea  Sm.)  rattaché  au  V.  canina;  L. 
folygala  serpillacca  Weihe  réuni  au  P.  vulgare 
L.  Hypericum  linarifolium  Vahl  ramené  à  \'H. 
humifusum. 

Nous  n'avons  pas  à  recommander  cet  ouvrage 
qui  intéresse  au  plus  haut  point  tous  les  bota- 
nistes qui  s'occupent  des  phanérogames  et  nous 
faisons  à  nouveau  des  vœux  pour  l'achèvement  de 
cet  important  travail. 


Ouvrages  offerts  à  la  Bibliothèque 

Du  1"  au  3r  août 

De  la  part  de  l'Académie  royale  des  Sciences  et 
Arts  de  Barcelone  (M.  Art.  Bofill,  secrétaire),  (2 
vol.  et  1  broch.)  et  de  MM.  E.  Roze  (3  broch.)  ; 
R.  Maire  (i  broch.);  Lucien  Daniel  (5  broch  J 
B.  Ferd.  von  Mueller  (2  broch)  ;  abbé  A.  L. 
Letacq  (i   broch.) 

Nous  adressons  tous  nos  remerciements  aux  do- 
nateurs.   

Mouvement  de  l'Herbier 

De  M.  Azevedo  Menezes  de  Funchal  (Madère)', 
les  Epilobes  de  cette  île  et  des  échantillons  de 
Bystropogon  et  d'Echium  candicans. 

M.  O.  Debeaux  nous  annonce  l'envoi  prochain 
de  VF.pilobium  latifolium  L.  et  du  Géranium  pur- 
pureum  Y] II. 

Nos  meilleurs  remerciements  aux  donateurs. 


Le  Directeur-Gérant  du  «  Monde  des  Plantes  », 
H.  LÉVEILLÉ 

Typographie  EJ.  Monnoycr. 


PETITE  FLORE  DE  LA  MAYENNE 

Renfermant  l'analyse  et  la  description  des  plantes  vasculaires 

de  ce  Département 

Avec   l'indication  de  leur  distribution  géographique    à    la    surface    du    Globe 

1  Volume  in-12  de  252  pages •  .   .         5  francs 


LE  MONDE   DES  PLANTES 


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A  C  Année: 

La  page 100  fr. 

Demi-page 50 

Quart  de  page 30 

Huitième  de  page lo 

Seizième  de  page  .   .  _ 8 

Ati  Semestre: 
La   moitié  des  prix   précédents   augmentés 
de  10  0/0. 


De  i  à  3  mois 

La  page 10  i'r 

Demi-page  ....  5 
Quart  de  page.  .  .  3 
Huitième  de  page  .  2 
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LE  MONDE  DES  PLANTES 

Par  P.  CONSTANTIN 

Agrégé  des  sciences  naturelles,  professeur  au  lycée  de  Rennes 
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Tome  premier,  1  vol.  gr.  in-8  de  775  pages,  illustré  de  900  figures 


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Le  Monde  des  l'Ianlrs  est  une  description  méthodique,  fa- 
mille par  famille,  il»  régne  végétal.  L'auteur  s'est  attaché  à 
étudier  surtout  les  plantes  .|ui  croissent  dans  notre  pays,  et, 
parmi  les  plantes  evotitpics.  celles  qui  sont  susceptibles 
d  applications  intéressantes.  Le  lecteur  trouvera  dans  cet  ou- 
vrage pour  chaque  famille,  chaque  genre  et  chaque  espace,  à 
coté  des  caractères  botaniques,  l'indication  île  la  distribution 
géographique  du  groupe  étudié,  en  même  temps  que  l'exposé 
des  nombreux  Services  que  peuvent  rendre  les  végétaux  a  la 
médecine,  à  l'alimentation,  à  l'industrie,  à  l'agriculture,  a 
l'horticulture,  à  la  décoration  des  appartements,  etc.  Les  carac- 
tères biologiques,  c'est-à-dire  les  phénomènes  intéressants  de 
la  vie  des  plantes,  n'ont  pas  élé  oubliés  et  sont  traités  avec  le 
plus  grand  soin. 

Le  plan  adopté  a  le  grand  avantage  de  répondre  à  un 
double  but.  Ceux  qui.  possédant  déjà  les  premiers  éléments  de 
la   botanique,veulent  étudier  dans  une   plante   ses  caractères 


morphologiques,  sa  place  dans  la  classification  naturelle  et  ses 
véritables  affinités,  trouveront  une  description  courte  mais 
exacte  de  tous  ies  genres.  Ceux  qui.  au  contraire,  désirent 
surtout  connaître  dans  le  règne  végétal  les  avantages  que 
l'homme  peut  en  tirer  pour  son  usage  personnel  et  qui  esti- 
ment avant  tout  dans  une  plante  les  services  qu'elle  peut  ren- 
dre à  l'alimentation  ou  a  l'art  de  guérir,  a  l'industrie  ou  à 
l'embellissement  de  nos  parterres  ou  île  nos  appartements, 
trouveront  dans  cet  ouvrage  l'exposé,  rendu  aussi  attrayant  que 

possible,   des   applications  dont  sont  susceptibles  les  i brcuJ 

végétaux  étudiés. 

Tous  ceux  qui  aiment  les  plantes,  et  ils  sont  légion,  peuvent 
donc  lire  ce  livre  avec  nlaisir  et  Drolit.  Le  Monde  4e&  Ptanles 
est  d'ailleurs  a  tous  les' points  dé  vue  au  courant  des  derniers 
progrès  de  la  science,  et  l'auteur  s'est  inspiré  pour  sa  rédaction 
des  plus  récents  travaux  publiés  en  France  et  a  l'étranger  par 
les  maîtres  incontestés  de  la  botanique 


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"  Cidre",    i5,   rue  Lebrun  (Gobelins),  Paris. 


LIBRAIRIE  IE.. 


LIBRAIRIE 


PARIS,  2,  rue  des  Chantiers,  PARIS 


Les  savants  et  amateurs  spécialistes  trouveront  à  la  librairie  E.  ROLLAND  des 
documents  sur  tous  les  sujets  possibles,  livres,  brochures,  articles  découpés  dans 
les  revues  et  les  journaux,  plaquettes,  feuilles  volantes,  gravures,  etc.,  le 
tout  rigoureusement  classé  par  ordre  de  matières.  La  maison  ne  pouvant  publier  de 
catalogue  imprimé,  vu  l'immense  quantité  de  petits  articles  qui  ne  sauraient  y  trouver 
place,  il  sera  envoyé  des  listes  manuscrites  aux  personnes  qui  en  feront  la  demande. 

La  librairie  se  recommande  particulièrement  aux  personnes  qui  collectionnent  sur  les 
villes  et  provinces  de  France. 


G'  Année  (21'  Série) 


N°  84 


1er  Novembre  1890 


€)Wi> 


DES 


PLANTES 


Revue  Internationale  illustrée 


DE  BOTANIQUE 


Paraissant  le  1er  de  chaque  Mois 


-*fx — >f — f***- 


V* 


SOMMAIRE    DU    N°    84 

La  Greffe  depuis  l'antiquité  jusqu'à  nos  jours  (Suite),  L.  DàNtia.  —  Académie  interna- 
tionale de  Géographie  botanique.  —  Essai  sur  les  noms  patois  des  plantes  méridionales 
les  plus  vulgaires,  Marius  Capoduro.  —  Contributions  à  l'étude  de  la  Flore  de  la 
Côte-d'Or,  R.  Maire.  —  Les  Onothérac'ées  françaises,  Genre  Epitvbium,  H.  Lévetlliî 
—  Herborisations  Sarthoises,  1896,  Prentiss.  —  Informations.  —  Mouvement  de  la 
Bibliothèque.  —  Mouvement  de  l'Herbier. 


LE     MANS 


Imprimerie  Ed.  MONNOYER,  Place   des  Jacobins,    12 


1  896 


ACADÉMIE     INTERNATIONALE 
DE  GÉOGRAPHIE  BOTANIQUE 


Directeur  :  M.  William  Trelease,    St-Louis 
iuri). 

re  perpétuel     M.   H.    Léveillé,  Le 
(Sarthe). 

Trésorier   :    M.    Ch.    Le  Gendre,    Limoges 
(Hte- Vienne). 


CONSEIL  DE  L'ACADEMIE 
MM.  W.    Trelease.   H.  Léveillé,  Ch.  Le 
Gendre,  G.  Rouy,   G.  King,  Treob,  Baron  F. 
von  Mueller. 


COMITE  DE  RÉDACTION 
du  Monde  des  Plantes 

H.  I. éveillé,  Directeur  :  A.  Acloque,  Secré 
i\  V.  Liotard,  Rédacteur. 


OFFRES   &  DEMANDES 

Nos  Abonnés  sont  priés  de  vouloir  bien 
nous  communiquer  leurs  offres  et  demandes 
et  leurs  demandes  de  renseignements  qui  se 
ront  insérés  ici  gratuitement  chaque  mois. 
De  cette  façon  il  s'établira  des  relations  entre 
tous  nos  Collègues  abonnés,  amis  et  lecteurs 
qui  en  retireront,  espérons-le,  de  l'utilité  pour 
leurs  travaux  et  leurs  recherches. 


OFFRES     &     DEMANDES 


Ainsi  que  nos  lecteurs  ont  pu  s'en  rendre 
compte  parlen0  du  ieroctobre,  la  rédaction  du 
Momie  des  Plantes  tend  à  s'orienter  vers  une 
voie  nouvelle.  A  une  époque  où  le  public  ne 
s'intéresse  plus  guère  qu'aux  applications  uti- 
litaires des  sciences,  il  est  bon  que  çà  et  là 
une  réaction  se  fasse,  pour  permettre  aux 
esprits  d'élite  qui  ne  sont  pas  atteints  par  la 
dépression  générale  de  communier  dans  les 
régions  éthérées  de  la  science  pure.  Notre 
Revue  veut  devenir  un  lien  entre  les  bota- 
nistes qui  considèrent  que  l'étude  des  plantes 
offra  assez  de  charmes  par  elle-même  pour 
qu'on  ne  soit  pas  obligé  d'empiéter  sur  le 
domaine  de  ses  applications  pratiques. 

Malheureusement,  ainsi  conçu,  notre  plan 
restreint  évidemment  le  nombre  des  lecteurs 
aptes  à  s'intéresser  aux  travaux  que  nous 
publierons.  C'est  pourquoi  nous  faisons  un 
pressant  appel  à  tous  nos  amis,  les  priant 
instamment  de  nous  continuer  leur  aide  pécu- 
niaire, c'est-à-dire  leur  abonnement,  afin  de 
nous  permettre  de  vivre  et  de  nous  développer, 
et  ausssi  de  nous  amener  des  abonnements 
nouveaux.    C'est  au    nom  de  la    science  que 


nous  leur  demandons  de  nous  apporter  ce 
concours  désintéressé,  dont  notre  éminent 
Directeur  a  donné  un  si  généreux  exemple  en 
consacrant  une  partie  de  sa  fortune  à  la  créa- 
tion du  Monde  des  Plantes. 

De  notre  côté,  nous  ferons  notre  possible 
pour  que  leur  sacrifice  leur  paraisse  léger 
agréable,  en  ne  publiant  plus  que  des  travaux 
de  réelle  valeur,  et  de  nature  à  faire  progresser 
la  science.  Et  à  ce  propos,  nous  faisons  ap 
à  tous  les  botanistes,  à  tous  les  chercheurs, 
pour  les  prier  de  nous  faire  part  du  résulta 
de  leurs  travaux  ;  nous  réservons  bon  accueil 
à  tous  les  mémoires  originaux  et  inédits  que 
l'on  voudra  bien  nous  adresser  sur 
diverses  branches  de  la  botanique. 

La  Rédaction 

MM.  Philippi,  Santiago.  —  Nous  publierons 
prochainement  les  Onothéracées  chiliennes. 

—  C.  A.  M.  Madère.  —  Il  sera  répondu  à  votr 
lettre  du    iS  octobre  dans  notre   numéro 
Décembre.  Tous  nos  remerciements  pour  \otre 
précieux  envoi  qui  nous  est  parvenu  en  excel- 
lent état. 


ABONNEMENTS  : 

UN     AN    :     France 10  fr. 

—  Étranger,    Colonies 12     „ 

Le  Numéro  :  l  Franc. 

Les   Abonnements    partent  du     1er  Octobre   ou   du 
1"  Janvier  de  chaque  année. 


Toute  personne  qui  ne    se    désabonnera  pas 
sera    considérée    comme  réabonnée. 


DEPOTS    : 

NEW- YORK 

Pli.  Heinsberger,  15,  Firsl  Avenue. 

LONDON 

Uii.u   and  C°,  Foreign  booksellers,  37, 

Square. 

PARIS 
J.-B.  Baii.likre  et  Fils.  19,  rue  Hautefetiille. 
Jacques    Lechevalier,    Librairie    médicale 

scientifique,  23,  rue  Racine. 

LAVAL 
\ii-.  Goupil,  quai  Jean-Fouquel    Vieux-Pont 


6e  Année  (20  Série). 


N°  84 


1er  Novembre   1S06 


LE 


MONDE  DES  PLANTES 

T\evue  Internationale  illustrée  de  'Botanique. 


La  Greffe   depuis  l'antiquité  jusqu'à 
nos  jours 

(Suite) 

Comme  la  plupart  de  ses  devanciers,  Palla- 
dius  indique  une  foule  de  greffes  plus  que 
problématiques.  Telles  sont  les  greffes  du 
noyer  sur  le  prunier,  de  la  vigne  sur  l'orme, 
du  pêcher  et  du  châtaignier  sur  le  saule,  etc., 
etc.  Il  raconte  sérieusement  que  le  pêcher 
greffé  sur  platane  donne  des  fruits  rouges  et, 
à  l'imitation  de  Pline,  il  décrit  toute  une  série 
de  modifications  de  fruits  obtenues  par  ces 
greffes  impossibles. 

Nous  ne  citons  cette  partie  de  son  oeuvre 
que  pour  montrer  comment,  dans  la  plupart 
des  agronomes  latins  et  grecs,  les  préceptes 
les  plus  sages,  les  données  les  plus  exactes 
peuvent  être  mélangés  aux  fables  les  plus  ab- 
surdes. 

Enfin,  il  faut  encore  mentionner  ici  les  deux 
procédés  de  greffage,  nouveaux  d'après  lui, 
et  qu'il  donne,  il  est  vrai,  sans  en  affirmer  la 
réussite. 

Le  premier,  c'est  la  greffe  dans  une  perche 
de  saule  courbée  en  arc  et  recouverte  de  terre, 
que  l'on  trouve  répétée  dans  presque  tous  les 
auteurs  du  moyen-âge  (1).  C'est  une  vraie  bou- 
ture. 

Le  second  est  au  moins  naïf:  «  En  collant 
le  greffon  dans  le  sujet  avec  de  la  glu  non  dé- 
trempée, toutes  les  greffes  prennent  avec  la 
plus  grande  facilité  !  » 

Palladius  clôt  la  série  des  écrivains  latins 
qui  se  sont  occupés  de  la  greffe  ;  immédiate- 
ment après  lui  commence  le  Moyen-Age. 


1.  Thouin,  loc-  cit.  p.  41.  Le  procédé  Rast-Mau- 
pas  diffère  de  la  greffe  en  fente  ordinaire  en  ce 
sens  qu'on  laisse  au  sujet  quelques  branches:  ces 
branches  sont  supprimées  au  printemps  suivant 
après  la  reprise  du  greffon. 


CHAPITRE  III 
La  Greffe  au  Moyen-Age  (365  à  1453). 

Le  Moyen-Age  est  loin  d'être  fertile  en  do- 
cuments nouveaux  sur  l'art  de  la  greffe.  A 
cette  époque,  où  tout  ce  qui  avait  trait  aux 
Sciences  et  aux  Lettres  était  l'apanage  de 
quelques  rares  privilégiés,  où  l'imitation  ser- 
vile  des  Anciens  (même  dans  leurs  erreurs) 
et  la  foi  aveugle  tenaient  lieu  de  tout,  on  ne 
pourrait  s'attendre  d'ailleurs  à  voir  faire  beau- 
coup de  progrès  aux  sciences  expérimentales. 

Magister  dixit!  Il  ne  faut  pas  sortir  de  là. 
Dans  ces  conditions,  l'initiative  privée  était 
annihilée  et  toute  nouveauté  devenait  une  er- 
reur. 

Pourtant  l'art  de  la  greffe  semble  avoir 
moins  souffert  de  cette  situation  que  les  au- 
tres, car,  non  seulement  il  s'est  maintenu, 
mais  encore  il  a  progressé  au  Moyen-Age, 
grâce  aux  Maures,  il  est  vrai,  chez  qui,  à  cette 
époque,  l'Agriculture  fut  particulièrement  en 
honneur. 

Les  races  latines  transmirent  probablement 
aux  Gaulois,  nos  ancêtres,  les  premières  no- 
tions sur  l'art  de  la  greffe. 

Les  Gaulois,  à  leur  tour,  les  passèrent  sans 
doute  aux  Francs. 

Quoiqu'il  en  soit  de  cette  filiation,  les  docu- 
ments historiques  du  temps  montrent  bien 
quelle  place  importante  cet  art  occupait  alors 
en  agriculture. 

A  l'époque  mérovingienne,  la  loi  salique, 
dans  ses  dispositions  relatives  aux  arbres 
fruitiers  (1),  édicté  des  peines  variées  contre 
ceux  qui  voleraient  les  arbres  greffés  ou  qui 
mutileraient  les  greffes. 

Plus  tard,  Charlemagne  se  préoccupe  lui- 
même  de  cette  question,   et  dans  son  capitu- 


1.  Loi  salique,  Troisième  Texte,  titre  xxvn  :  de 
furtis  diversis,  art.  8,  9,  10,  n  et  i5.  —  Quatrième 
texte,  titre  vm  :  de  furtis arborum,  art.    1,  2,  etc. 


10 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


laire    De    Villis  (i),  donné    en  l*an    800,    on 

trouve  ce  passage  :  «  Ut  unusquisque   judex 

«  per  singulos   annos  ex  omni  collaboratione 

nostra  quid...    de  insitis  ex  diversis  arbo- 

us. . .  habuerint.  » 
Vient  ensuite  une  liste  des  arbres  cultives  à 
ce  moment    et    qui  devaient  évidemment  être 
greffes  (pommiers,  poiriers,  pruniers,  pêchers, 
cerisiers,  etc.). 

Au  siècle  suivant,  vers  l'an  900,  l'empereur 
d'Orient  Constantin  Porphvrogénète  faisait 
rassembler  en  vingt  livres,  par  Gassianus 
Bassus,  tous  les  écrits  des  agronomes 
latins  et  grecs  (2),  autrement  dit  des  Géopo- 
niques. 

Etant  donné  le  but  et  le  plan  de  l'ouvrage, 
une  telle  compilation  ne  saurait  contenir 
beaucoup  de  choses  nouvelles.  Nous  n'y 
avons  rien  trouvé  d'intéressant,  à  part  cette 
phrase  qui  concerne  peut-être  la  greffe  her- 
bacée des  Grenadiers. 

«  Nous  prenons  les  greffes  des  autres 
arbres  avant  qu'ils  bourgeonnent;  pour  les 
grenadiers,  après  qu'ils  ont  bourgeonné  ». 

Pour  trouver  quelque  chose  de  vraiment 
original,  il  faut  arriver  au  XI le  siècle  après 
J.-  C,  époque  à  laquelle  Ibn-ai.-awam  écrivait 
son  très  curieux  Livre  Je  l'agriculture,  où  il 
résume, non-seulement  les  Géophoniques  grecs, 
mais  surtout  les  ouvrages  arabes  antérieurs  et 
en  particulier  la  fameuse  Agriculture  naba- 
théenne  (3). 

Le  livre  de  l'agriculture  contient  un  très 
long  et  très  remarquable  exposé  de  la  greffe, 
telle  qu'on  la  pratiquait  à  cette  époque.  On  y 
trouve,  décrits  pour  la  première  fois,  nombre 
de  procédés  de  greffage  considérés  comme 
d'invention  plus  réconte  et  des  remarques 
très  judicieuses  sur  la  pratique  de  cet  art. 

C'est  Ibn-al-awam  qui  décrit  le  premier  la 
greffe  en  fente  en  croix  avec  quatre  greffons 
qu'il  préconise  pour  les  arbres  âgés.  La 
découverte  de  cette  greffe  a  été  attribuée  à  la 
Quintinye  (4). 


1.  Cf.  Dom  Martin  B  u'squet,  Recueil  des  his- 
toires  des  G.mles  et  de  hi  France,  capitulaire  De 
\~ilhs,  page 

1.  Constantin  C/ESAR,  Liv.  IV,  chap.  S'il  et  VIII, 
p.  46. 

3.  IbN-AB-AwaM,  /.:•  Livre  de  I A  griculture , 
chap.  VIII,  p.  :^"  et  su iv.,  traduction  de  Clément 
Mullet,  Paris,  1864.  —  Ibn-AB-Awam  s'est  inspire 
du  Chaldéen  Cocemi,  dont  les  ouvrages  ne  sont 
pas  parvenus  jusqu'à  nous. 

4,  nie  se  trouve  aussi  décrite  par  Olivier  de 
Serres  dans  son  Théâtre  d'Agriculture,  t.  II.  I 


Il  affirme  que  la  greffe  sur  racines  a  été 
trouvée  par  Aboul-KhÀir  (i). 

D'après  Hadj  de  Grenade  et  autres,  dit-il, 
il  faut,  pour  faire  cette  greffe,  creuser  tout 
autour  de  l'arbre  jusqu'à  ce  que  l'on  rencontre 
les  racines.  On  les  prend  de  la  grosseur  que 
l'on  veut  ;  on  opère  la  section,  puis  on  relève 
un  peu  et  avec  précaution  les  deux  bouts  sur 
chacun  desquels  on  insère  des  greffes.  On 
dispose  un  signe  conventionnel  et  l'on  obtient 
ainsi  un  plant  tout  greffé  que  l'on  pourra 
transporter  ailleurs. 

On  peut  se  servir  pour  cela  de  la  greffe  en 
fente  ou  delà  greffe  en  flûte. 

D'après  lui,  ou  peut  obtenir  très  rapidement 
les  fruits  de  jeunes  plants  venus  de  semis  en 
les  greffant  sur  des  arbres  âgés  (2). 

Il  donne  de  longs  détails  sur  la  greffe  en 
flûte  (3)  dont  il  parle  comme  d'une  opération 
pratiquée  couramment  de  son  temps,  tant  sur 
les  tiges  que  sur  les  racines.  Il  assure  même 
que  l'on  peut  greffer  le  figuier  en  flûte  indif- 
féremment à  l'une  ou  l'autre  extrémité  de 
la  racine. 

Quand  on  greffe  en  flûte  sur  tige,  on  fera 
bien  de  protéger  le  greffon  contre  le  soleil 
à  l'aide  d'un  écran. 

On  assure  la  réussite  de  cette  greffe  en  l'en- 
tourant d'un  onguent  gluant  fait  avec  les 
racines  de  Bryone  ou  d'Arum,  14)  ou  quand 
on  arrose  (figuier)  la  partie  coupée  avec 
du  lait  de  figuier. 

On  avait  à  cette  époque,  essayé  la  greffe 
en  flûte  à  œil  renversé,  puisque  d'après  Ibn- 
al-awam  c  le  résultat  est  meilleur  quand 
l'écusson  est  en  position  normale  »  (figuier). 
n  On  peut  disposer  aussi  deux  tubes  l'un 
au-dessus  de  l'autre,  chacun  avec  un  œil.  Ils 


1.  Voir  Columelle,  Palladius,  etc..  —  Le  pro- 
cédé Je  greffe  à  chaque  bout  d'une  racine  n'a  pas 
été  repris  depuis  Ibn-al-Awam. 

2.  Méthode  très  importante  pour  juger  de  la  va- 
leur des  jeunes  semis  d'arbres  à  truits,  et  que  l'on 
applique  surtout  de  nos  jours  aux  pommiers  et 
aux  poiriers  de  nos  jardins. 

3.  La  grefle  en  Hùlc  était  donc  connue  avant  le 
m"  siècle  après  J.-C.  Cependant  tous  les  auteurs 
modernes  la  considèrent  comme  remontant  au 
plus  à  la  Renaissance. 

Le  bibliophile  Jacob  attribue  son  invention  à  un 
prêtre  messin,  contemporain  de  Christophe  Colomb. 
—  Dupetit-Thouars  [Notice  biographique  sur  Lan- 
dric  l'attribue  à  Postants  qui  la  décrit  dans  son 
poëme  e  de  Hortis  Hesperidum  »,  1  1.96.—  La  plu- 
part des  auteurs  la  font  remonter  à  Pohta,  Villa;, 
etc.,  [585.  —  Elle  a  été  aussi  indiquée  par  LamdRIC 
(ti'Soi,  par  Gorgole  de  Corne(i533),  et  par  Pierre 
de  Crescens  (i23o-i32o). 

4.  Réminiscence  de  Palladius? 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


t  I 


poussent  en  même  temps,  et  s'ils  produisent 
des  fruits  de  couleur  différente,  chacun  le 
donnera  avec  sa  nuance  propre.  » 

Pour  lever  l'anneau  destiné  à  la  greffe  en 
flûte,  il  indique  un  procédé  singulier. 

»  11  faut  percer,  en  prenant  toutes  précau- 
tions, le  cylindre  de  bois  avec  des  tarières  de 
plus  en  plus  fortes  jusqu'à  ce  que  le  cylindre 
d'écorce  reste  seul.  De  cette  façon,  on  n'a 
pas  besoin  de  le  fendre  pour  l'enlever  et  la 
reprise  se  fait  mieux  ». 

Ce  procédé  nous  parait  peu  pratique, 
et  c'est  sans  doute  la  raison  pour  laquelle  on 
ne  le  retrouve  mentionné  nulle  part  depuis. 
Nous  le  donnons  à  cause  de  son  originalité 
même,  et  pour  montrer  combien  la  greffe  en 
flûte  avait, à  cette  époque,  suscitédéjà  d'essais 
en  tous    sens. 

Ibn-al-awam  s'étend  aussi  longuement  sur 
les  greffes  en  écusson,  sur  la  greffe  de 
jeunes  scions  d'un  an  et  la  greffe  herba- 
cée des  Grecs,  ETncTtstpeiv,  qui  tient  à  la 
foisdu  semis  et  de  la  plantation  (1). 

La  greffe  en  écusson  à  emporte-pièce 
mérite  de  nous  arrêter  à  cause  des  dessins 
dont  elle  est  accompagnée  et  que  nous  repro- 
duisons ici  comme  les  premiers  spécimens  du 
genre,  ainsi  que  les  figures  de  deux  instru- 
ments servant  pour  la  greffe  en  couronne 
(fig.  5  et  6). 

A  ce  moment,  on  levait  trois  sortes  d'écus- 
sons  :  l'écusson  en  forme  de  feuille  de  myrte, 
(fig.  2)  ;  l'écusson  circulaire,  (fig.  3)  ;  et 
l'écusson  carré  (fig.  4). 


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_^^... 


Fig.  2. —  Ecusssn     Fig.  3. —  Ecusson     Fig.  4. — Ecusson 

en     forme     de  circulaire.  carré, 

feuille  de  myrte. 


_> 


Fig.  5et  6. —  Ins- 
trumentsdeslinés 
à  la  greffe  en  cou- 
ronne. 


Ibn-al-awam  consacre  un  chapitre  à  «  ce 
qu'il  est  nécessaire  de  savoir  pour  la  pratique 
de  la  greffe  ». 


1.  Voir  Théophraste,  Pline,  etc. .. 


Indiquons  tout  d'abord  ce  sage  précepte  : 
«  dans  les  greffes,  il  faut  opérer  rapidement  ; 
c'est  le  plus  grand  secret  du  métier  ». 

«  On  dit  que  si  l'on  greffe  un  arbre  produc- 
tif sur  un  autre  arbre  qui  l'est  aussi,  le  pro- 
duit est  plus  abondant.  Cet  accroissement  de 
production  est  bien  visible. 

«  On  ne  greffe  pas  un  arbre  utile  sur  un 
qui  ne  l'est  pas  et  réciproquemeut,  car  on 
n'aura  qu'un  produit  peu  abondant. 

«  On  ne  greffe  point  sur  un  sujet  faible 
ou  vieux. 

«  On  ne  doit  pratiquer  la  greffe  que  sur-un 
jeune  sujet  exempt  de  défauts,  vigoureux, 
plein  de  sève  et  de  verdeur.  Dans  ces  condi- 
tions, la  greffe  pousse  bien  et  donne  de  grands 
bénéfices,  de  même  que  dans  une  bonne  terre 
on  voit  réussir  toutes  les  espèces  de  semences 
qui  lui  sont  confiées. 

«  Mais  dans  la  greffe  d'un  arbre  mal  pourvu 
de  sève  sur  un  arbre  qui  en  est  riche,  quand 
la  reprise  a  lieu,  on  ne  voit  point  l'effet  con- 
traire se  produire,  mais  la  greffe  reste  faible 
et  délicate  ». 

Ces  notions  n'ont  pas  toujours  une  géné- 
ralité aussi  grande  que  le  pense  l'auteur  ; 
cependant  il  faut  reconnaître  qu'elles  sont 
exactes  dans  la  grande  majorité  des  cas. 

«  Kastos  dit  que  l'opinion  des  anciens  est 
unanime  sur  ce  fait  que  les  arbres  riches  en 
sève,  quelle  qu'en  soit  l'espèce,  quand  ils  sont 
greffés  sur  leurs  congénères  ou  des  espèces 
qui  leur  conviennent  à  cause  de  l'analogie  des 
sèves,  réussissent  très  bien.  Après  la  reprise, 
on  voit  souvent,  dans  l'année  même,  s'élever 
des  rameaux  de  2  m.  3o.  Quelquefois  on  peut 
avoir  du  fruit  la  première  année  de  greffe. 

1  Pour  assurer  la  réussite  d'une  greffe,  on 
donne  une  culture  très  soignée  au  sujet  pour 
lui  procurer  une  sève  très  abondante. 

Si  l'on  applique  sur  un  sujet,  dont  la  vie 
est  courte,  un  arbre  dont  la  vie  est  longue, 
la  greffe  abrégera  la  durée  de  celui-ci  et  réci- 
proquement. 

«  On  lit  dans  l'Agriculture  nabathéenne 
que  le  sujet  communique  au  fruit  du  greffon 
la  saveur,  le  parfum,  la  beauté  de  forme,  l'aug- 
mentation de  volume  et  de  précocité  qu'il 
a  en  lui.  » 

Comme  on  le  voit,  l'auteur  complète  sur 
ce  point  les  données  de  Florentinus. 

«  Si  l'on  oppose  les  qualités  contraires 
du  greffon  aux  qualités  contraires  du  sujet  on 
peut  obtenir  cet  avantage  :  c'est  que  l'arbre 
tardif  greffé  sui  une  espèce  hâtive  prend  une 
condition  moyenne  entre  une  maturation  pré- 
coce et  une  maturité  tardive  et  vice  versa. 

«  La   greffe  ne    réussit    parfaitement   que  si 


l  2 


LE        MONDE       DES       PLANTES 


les  plantes  sont  de  la  même  espèce  ;  mais, 
dans  le  cas  contraire,  la  soudure  se  fait  mal 
en  général;  le  greffon  grossit  beaucoup  et  l'an- 
tagonisme entre  les  deux  plantes  est  mani- 
feste (i).  Le  moyen  de  conserver  le  greffon, 
c'est  de  le  planter  en  terre,  à  moins  que  l'on 
n'ait  greffé  dans  le  sol  (2). 

»  J'ai  vu,  dit  encore  Ibn-al-awam,  la  greffe 
d'un  prunier  sur  un  coignassier  î  (3)  ;  le  bois 
du  prunier  prit  de  l'ampleur  sans  que  la  tige 
du  sujet  en  prît  elle-même  ;  l'un  se  distinguait 
toujours  de  l'autre  (4). 

Après  avoir  donné  un  excellent  résumé  de 
l'utilité  de  la  greffe,  Ibn-al-awam  revient  sur 
les  conditions  de  la  réussite  de  cette  opéra- 
tion et  précise  les  questions  de  parenté  dont 
avaient  parlé   avant  lui   les  anciens  auteurs, 

A  ce  point  de  vue,  il  classe  les  végétaux  en 
trois  groupes  : 

i°  Les  arbres  oléagineux  (olivier,  laurier, 
lentisque,  etc.) 

2°  Les  arbres  gommeux  (pêcher,  cerisier, 
abricotier,  etc.)  ; 

3°  Les  arbres  aqueux,  qui  se  divisent  eux- 
mêmes  en  deux  catégories  :  a.,  les  arbres 
à  feuilles  caduques  (pommier,  coignassier,  etc); 
et  b.,  les  arbres  à  feuilles  persistantes  (myrte, 
cyprès,  chêne  vert,  etc.) 

«  Aucune  espèce  de  chaque  catégorie  ne 
reprend  sur  des  espèces  de  catégories  diffé- 
rentes. Mais  la  plupart  des  espèces  de  même 
catégorie  se  soudent  volontiers.  Ainsi  les 
arbres  résineux  se  greffent  mutuellement  de 
l'un  à  l'autre,  etc.  (5).  » 

Les  extraits  que  nous  venons  de  donner  suf- 
fisent à  montrer  la  valeur  de  l'ouvrage  d' Ibn- 
al-awam  au  point  de  vue  de  la  greffe.  Or  cet 
auteur  est  resté  jusqu'ici  presque  complète- 
ment inconnu  et  il  n'en  est  fait  mention  dans 
aucun  traité  concernant  la  greffe. 

Cependant,    malgré    l'étendue    de   ses  con- 


1.  Ce  n'est  pas  autre  chose  que  les  Unions  har- 
moniques ci  les  Unions  inharmoniques  deVôcHTiNG, 
Ueber  Transplantation,  Tubingen,   1892. 

2.  Autrement  dit,  il  faut  provoquer  l'affranchis- 
sement du  greffon. 

3.  Il  doit  y  avoir  ici  une  erreur  de  traduction, 
car  cette  greffe    ne  réussit    pas. 

4.  C'est  cette  expérience  que  reprendra  plus 
tard  Duhamel. 

5.  La  greffe  des  Conifères  est  donc  encore  une 
opération  connue  depuis  longtemps,  quoiqu'on  dise 
le  contraire  dans  tous  les  ouvrages  actuels  sur  la 
greffe 

Les  Crées  et  les  Latins  semblent  ne  pas  l'avoir 
connue,  car  Plutarque,  dans  son  Livre  des  Propos 
de  Table,  se  demande  pourquoi  les  arbres  résineux, 
sur  lesquels  l'opération  de  la  greffe  parait  devoir 
être  facile,    ne  peuvent  être  greffés  utilement. 


naissances  et  la  sûreté  de  son  raisonnement, 
Ibn-al-awam  a  lui-même  admis  des  erreurs 
qui  étonneraient  de  la  part  de  cet  auteur,  s'il 
ne  fallait  voir  dans  les  greffes  hétérogènes 
qu'il  rapporte  de  simples  boutures  obtenues 
par  la  greffe  sous  terre. 

11  sentait  si  bien  lui-même  que  l'on  pourrait 
contester  les  résultats  qu'il  rapporte,  qu'il 
s'écrie,  non  sans  apparence  de  raison,  étant 
données  les  multiples  circonstances  qui  in- 
fluent sur  le  succès  d'une  greffe  : 

«  Si  la  pensée  vous  est  venue  que  ces  greffes 
sont  impraticables,  elles  ne  peuvent  vous 
paraître  ainsi  qu'à  cause  du  petit  nombre 
d'essais  tentés  dans  votre  pays  et  du  peu 
d'avancement  de  la  science.  Si  c'est  votre 
ignorance  seule  qui  vous  fait  juger  ainsi,  ce 
n'est  vraiment  pas  suffisant.  Est-il  rien  de 
plus  anormal  que  la  greffe  du  rosier  sur 
l'amandier,  qui  pourtant  réussit  fréquemment 
en  Espagne  ?. . .  » 

Malheureusement  pour  la  théorie  de  l'au- 
teur arabe,  les  greffes  hétérogènes  qu'il 
décrit  sont  autant  de  greffes-boutures  ;  il  en 
donne  lui-même  la  preuve  en  décrivant  très 
minutieusement  les  procédés  employés  pour 
les  faire  réussir. 

Ces  procédés  avaient  été  suggérés  par 
un  fait  constaté  depuis  longtemps  déjà  ; 
les  greffes,  dont  on  maintient  la  poupée 
humide  en  humectant  l'argile  de  temps  en 
temps,  réussisent  plus  facilement  que  les 
autres. 

En  greffant  sous  le  sol  on  supprimait  l'arro- 
sage'de  la  poupée  de  la  greffe  et  l'on  obtenait 
les  mêmes  résultats. 

Ibn-al-awam  et  ses  contemporains  avaient 
imaginé  d'entourer  la  greffe  d'un  pot  rempli 
de  terre,  quand  le  niveau  de  la  greffe  était 
placé  au-dessus  du  sol.  Mais,  «  ayant  eu  la 
curiosité  de  voir  ce  qui  se  passait  dans  ces 
sortes  de  greffes  »,  il  brisa  l'un  des  pots  et 
constata  que  le  sujet  avait  pourri  au  niveau 
de  la  gretfe,  tandis  que  le  greffon  avait  poussé 
des  racines  qui  lui  aidaient  à  vivre  (1). 

Presque  à  la  même  époque  que  l'auteur 
arabe,  Vincent  de  Beauvais  (iiqo  à  1256  ou 
1264)  expliquait  à  ses  contemporains  les  pré- 
ceptes de  la  greffe  qu'il  avait  extraits  des 
auteurs  grecs  et  latins  (2).  Sa  compilation 
n'offre  rien  de  nouveau. 


1 .  On  croirait  lire  la  description  des  essais  in  fruc- 
tueux tentés  par  Thouin,  au  Muséum  de  Pans, 
sur  les  greffes  hétérogènes  [Loc.  cit.,  p.  94  . 

2.  Vincent  de  Beauvais,  Bibliolheca  mundi  scu 
speculi  majoris  Vinceniii  Burgundi  prœsulis  Bello- 
vacensis,  tomus  secundus,  liber  sextus,  cap.  53. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


T3 


Au  siècle  suivant,  Pierre  de  Crescens 
(i23o-i320),dans  un  style  trop  souvent  obscur, 
nous  fait  assister  à  des  découvertes  nou- 
velles   (i)  et  donne  quelques  procèdes  inédits. 

Rien  d'extraordinaire  que  le  tout  ait  passé 
inaperçu,  car  les  travaux  de  Pierre  de  Cres- 
cens et  de  ses  traducteurs  sont  comme  l'os  de 
Rabelais  :  il  faut  peiner  pour  en  «  extraire  la 
substantificque  moelle.  » 

Son  enture  «  en  morceau  »  n'est  autre  chose 
que  la  greffe  en  flûte.  C'est  lui  qui,  le  premier, 
montre  que  l'on  peut  faire  cette  greffe,  soit  en 
coupant  la  tête  du  sujet,  soit  en  la  conser" 
vant  (2). 

Dans  la  greffe  en  fente  il  recommande  de 
fendre  la  tige  du  sujet  d'un  côté  seulement 
quand  on  veut  insérer  un  seul  scion.  C'est 
un  procédé  que  l'on  emploie  fréquemment 
de  nos  jours. 

Enfin  il  décrit  très  nettement  la  greffe  des 
végétaux  ligneux  à  l'état  herbacé  sans  qu'il 
puisse  y  avoir  doute  comme  pour  les  passages 
de  Palladius  ou  des  Géoponiques. 

«  J'ai  enté,  dit-il,  des  pommiers  au  com- 
mencement d'août,  avec  des  greffes  qui  étaient 
poussées  cette  année-là,  et  l'ente  vint  assez 
bien.  Pour  les  protéger,  il  faut  faire  ces 
entes  sous  terre.  » 

Enfin  c'est  lui  qui  attribue  le  premier 
au  bourrelet  causé  parla  greffe  la  mise  à  fruit 
plus  rapide  de  la  plupart  des  arbres  greffés. 


CHAPITRE     IV 


La  Greffe  depuis  la  Renaissance  (1453; 
jusqu'à  la  Restauration  (1815) 

A  la  fin  du  XVe  et  au  commencement  du 
XVIe  siècles,  la  greffe,  négligée  pendant  le 
Moyen-Age,  en  France  du  moins,  reprit  un 
nouvel  essor  avec  l'imprimerie,  qui  mit  à  la 
portée  d'un  plus  grand  nombre  les  ouvrages 
des  Anciens. 

L'exemple  vint  de  haut.  S'il  faut  en  croire 
Olivier  de  Serres  (3)  «le  roi  François  entait 
lui-même  ses  fruictiers»,  et  c'était  alors  si  bien 


1.  Cf.  Prouffit^  champestres  et  ruraulx,  traduc- 
tion française  de  l'ouvrage  de  Pierre  de  Crescens, 
1474,  et  les  ouvrages  de  Mirzaud,  cités  dans  le  cha- 
pitre suivant. 

2.  Ce  dernier  procédé,  c'est  la  greffe  par  anneau 
d'écorce  de  Duhamel,  et  la  greffe  Jefferson  de 
Thouin,  loc.  cit.,  p.  78. 

3.  Olivier  de  Serres,  Théâtre  d'Agriculture,  i6s3. 


une  opération  digne  d'un  roi  que  Rabelais  (i) 
fait  aussi,  plus  ou  moins  plaisamment,  greffer 
par  Pantagruel  «des  poires  de  Bon  Christian, 
en  son  jardin  de  Touraine,  sur  les  rives  de  la 
Loire.» 

L'amour  du  jardinage  avait  gagné  les  cour- 
tisans eux-mêmes.  Le  manceau  Pierre  Belon 
fut  envoyé  par  le  cardinal  du  Bellay  dans  les 
pays  étrangers  pour  y  rechercher  des  semences 
d'arbres  nouveaux  et  des  greffes.  Le  perfec- 
tionnement d'un  grand  nombre  d'arbres  frui- 
tiers de  nos  pays  date  de  cette  époque  (2). 

En  présence  de  la  faveur  dont  jouissait  la 
greffe,  les  poètes  du  temps  célébrèrent  dans 
leurs  vers  celte  opération  qui  change  «un  bois 
de  souches  sans  valeur  en  un  verger  d'arbres 
de  noble  lignée».  (3) 

La  Bruvère-Champier  (4)  lui  attribua  le 
perfectionnement  des  fruits  de  nos  jardins,  et 
les  compilateurs  rassemblèrent,  en  français 
cette  fois,  une  partie  de  l'œuvre  des  Anciens 
concernant  cet  art  aussi  utile  qu'agréable. 

Charles  Estienne  (5)  publia  de  nombreux 
écrits  relatifs  aux  jardins,  puis  La  Maison  Rus- 
tique,genre  de  compilation  souvent  imité  depuis. 

A  cet  ouvrage,  il  faut  faire  un  reproche.  On 
y  trouve,  reproduites  sans  contrôle,  toutes  les 
erreurs  contenues  dans  les  traités  des  Anciens 

Chose  plus  grave,  dans  les  dernières  éditions 
de  La  Maison  Rustique  (6)  l'un  des  collabo- 
rateurs, Liébault,  a  pillé  sans  scrupules  les 
Auteurs  contemporains  dont  il  a  transporté 
dans  sa  compilation  des  pages  entières  de 
leurs  livres,  sans  en  indiquer  la  source.  Dans 
ces  conditions,  il  n'y  a  rien  à  tirer  de  ses 
écrits,  au  point  de  vue  spécial  qui  nous 
occupe. 

A  la  même  époque,  Quiquf.ran  de  Beaujeu  (7), 


1 .  Rabelais,  Pantagruel,  Livre  IV,  chapitre  LIV, 
i5u8. 

■j..  P.  Belon  du  Mans,  Remonstrancesur  le  deffault 
de  labour  et  culture  des  Plantes,  et  la  cognoissance 
d'icelles,  contenant  la  manière  d'affranchir  et  ap- 
privoiser les  arbres  sauvaiges,  Paris,  i558  ;  etc.. . 

3.  Pontanus,  De  Hortis  Hesperidum,  1496. 

4.  La  Bruyère-Champier,  De  rc  cibaria,  p.  584. 
«  Quod  si  arborum  fructus  in  deliciis  gula;  sint, 
non  omnino  natura  acceptum  referimus,  sed  inge- 
nio  hominem,  a  quo  tôt  adulteria  excogitata  in 
arborum  insitione  ». 

5.  Carolus  Stephanus,  De  Re  Hortcnsi  libcllus, 
Paris,  1539.  -—  Seminarium  et  plantarum  fructife- 
rarum  prœsentim  arborum  quœ  post  Iiortos  conseri 
soient,  Paris,  1548.  —  Prœdium  rusticum,  Paris, 
1554. 

6.  Liébault  et  Estienne,  Maison  Rustique,  1564. 

7.  Quiqueran  de  Beaujeu,  De  Laudibus  Provin- 
cice,  1 55 1.  Cet  ouvrage  a  été  traduit  par  F.  de 
Claret,  sous  le  titre  de  La  Nouvelle  Agriculture, 
Tournon,    1616. 


14 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


BONNEFONDS   (l),      MlRZAUD     (21,     GOR .E      Dl 

Corm  (3  ,  Davy  (4),  Landric  (5),  et  Porta  (6), 
publient  des  livres  sur  la  greffe  ou  dans  les- 
quels la  greffe  tient  une  bonne  place. 

Les  livres  de  ces  divers  auteurs  ne  valent 
guère  la  peine  d'être  analysés.  On  jugera  de 
l'esprit  qui  a  présidé  à  la  rédaction  de  la 
plupart  d'entre  eux  par  l'extrait  suivant  de 
Porta,  qui  peut  servir  de  type  : 

•  J'ai  vu,  dit-il,  un  arbre  que  j'appelais  par 
plaisir  l'honneur  et  les  délices  du  jardin  où  il 
était.  Il  portait  des  grappes  de  raisins  sans 
pépins,  toutes  sortes  de  cerises  sans  noyaux  ; 
des  pèches,  des  oranges,  des  noix  ;  il  avait 
toujours  des  rieurs  ou  des  fruits  (  Magia 
naturalis,  lib.  111,  cap.  XIX,  p.  164).» 

C'est  aussi  Porta  qui  raconte  qu'en  greffant 
les  œillets  en  fente  sur  la  racine  de  la  chicorée 
sauvage,  on  obtient  des  oeillets  à  fleurs 
bleues,  etc. 

Mais  à  côté  des  copistes  servilesdes  anciens, 
on  trouve  de  fins  observateurs  de  la  nature 
qui  ont  opéré  eux-mêmes  et  ne  se  sont  point 
laissé  entrainer  aux  exagérations  ridicules  de 
leurs  contemporains.  Parmi  eux,  il  faut  citer 
Danv  et  Landric. 

Danvou  Davy  de  Brossard,  était  originaire 
du  Mans  ;  il  a  publié  ses  observations  dans 
un  petit  opuscule  17)  dont  la  première  édition 
a  paru  en  l'année  \'?±o.  Elle  est  donc  anté- 
rieure au  Prœdium  rusticum  de  Charles  Es- 
tienne,  et  ce  que  les  deux  ouvrages  contien- 
nent de  commun  en  fait  de  nouveau  revient 
dès  lors  à  Dany. 

Telle  est  la  description  d'une  combinaison 
de  la  greffe  en  couronne  et  de  la  greffe  en 
fente,  destinée  aux  sujets  dont  la  taille  dépasse 
la  grosseur  du  bras. 

On  scie  le  sujet  à  deux  ou    troiy    pieds  de 


1.  Bonnefonds,  Le  Jardinier  français. 

■1.  Mirzaud,  De  Hortensium  arborum  insitione 
opusculum,  Paris  et  Lyon,  1S60.  —  Nova  et  mira 
artificia  comparandum  fructuum.  —  Epi  tome  de 
la  Maison  Rustique,  l6o5  (contient  un  Traité  sur 
la  manière  d'enter  les  arbres  des  jardins,  recueilli 
de  plusieurs  auteurs   grecs  et  latins). 

3.  Gorgole  de  Corne,  Danv,  Nicolas  du  Mi  -.m  , 
Quatre  traites  d'Agriculture,  Paris,  1S60. 

4.  Davy  de    Brossard    ou   Danv,  La  manière  de 
*  semer  et  faire  pépinière  de  sauvageons,   enter  ton/es 

sortes  d'arbres  et  fairevergiers,  Paris,  i?~2.  L'édi- 
tion de  Lyon  date  de  l'année  1340. 

5.  Landric,  Advertissement  et  manière  d'enter 
assurément  les  arbres  en  toute  saison  de  l'année, 
la  vigne  sur  sou  sarment,  fiantes  sauvageons  et 
autres.  Bordeaux,   idSo. 

6.  Porta,    Villa?. '. .,  lib.  XII,  Francofurti,  i5u2. 
;.  Dany,    loc.  cit.,  Lyon,  1  140. 


terre  :  on  y  met  trois  greffes,  deux  en  fente, 
et  l'autre  entre  l'écorce  et  le  bois,  du  côté  le 
plus  spacieux. 

C'est  Dany  qui  parle  le  premier  delà  grelle 
sur  branches,  employée  pour  «les  gros  arbres 
dont  le  fruit  ne  convient  pas.»  et  de  «l'ente  au 
bout  des  branches.» 

Il  donne  des  conseils  pour  le  choix  des 
éeussons,  et  dit  qu'on  en  peut  placer  plusieurs 
sur  le  même  arbre, 

Le  cormier  ne  peut  se  greffer  sur  pommier, 
poirier  et  coignier,  quoi  qu'on  l'ait  éciit.  » 

Mais  la  véritable  originalité  du  livre  de 
Dany,  c'est  le  passage  suivant  relatif  à  l'in- 
fluence de  la  greffe  sur  le  perfectionnement 
des  lruits  : 

.1  II  est  à  noter,  dit-il,  que  si  les  pépinières 
sont  semées  de  marc  de  poires  et  pommes 
franches  que  aucuns  pépins  se  treuvent  qui 
amainent  arbres  lesquelles  sont  droictes  et  ont 
beau  boys  comme  si  elles  estaient  entées  et 
sans  avoir  picquerons,  lesquelles  si  vous  les 
voulez  planter  ainsi  à  la  saillie  de  la  bastar- 
dière  sans  jamais  les  enter  amaineront  bons 
fruitz.  non  pas  proprement  semblables  aux 
fruitz  dont  sont  sortis  les  pépins,  mais  d'aultres 
sortes  nouvelles  compétamment  bons  à  menger 
et  aussi  bons  à  faire  cydre  que  ceux  qui  seront 
des  arbres  entées. 

Et  ainsi  peult-on  multiplier  plusieurs  sortes 
et  diversitez  de  poires  et  pommes,  mais  non 
pourtant  quand  vous  trouverez  quelques 
bonnes  arbres  ainsi  venues  de  pépins,  si  vous 
en  voulez  augmenter  arbres  des  mesmes, 
prenez-en  des  greffes  et  les  entez. 

Car  si  vous  en  replantez  des  pépins,  le  fruit 
s'en  changera  encores,  car  le  fruit  qui  vient 
d'enter  par  la  greffe  retient  toujours  la  forme 
du  fruit  des  arbres  où  on  lésa  prinses  et  chan- 
gent autant  de  foys  comme  on  les  change. . .» 
L'ouvrage  de  Davy  a  été  réimprimé  en  1  5Go 
avec  trois  autres  opuscules  d'auteurs  différents 
sous  les  titres  de  «  Quatre  traités  utiles  et 
délectables.  » 

On  trouve  dans  l'un  de  ces  opuscules  quel- 
ques bons  conseils,  entre  autres  celui  de  sup- 
primer le  plus  mauvais  greffon  après  la  reprise 
de  la  grelle  en  lente  à  deux  greffons. 

D'après  le  même  auteur,  la  durée  des  arbres 
greffés  est  moindre,  et  l'on  ente  quelquefois  à 
revers  pour  obtenir  des  arbres  plus  petits. 


i.l  Suivre) 


I..   Daniel. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


i5 


Académie  internationale   de    Géographie 
Botanique 

Election  du  Directeur  : 

Candidats  proposés  conformément  aux  sta- 
tuts par  les  Académiciens  : 

MM.  Th.  de  Heldreich  d'Athènes.  —  Frère 
Héribaud  Joseph  de  Clermont-Ferrand.  — 
G.  King  de  Calcutta. 

Nous  rappelons  en  outre  que,  conformément 
à  une  modification  récente  de  nos  statuts,  le 
Directeur  actuel  M.W.  Trelease  de  St- Louis 
(MissouriJ  est  rééligible. 

Tous  les  membres  de  l'Académie,  Honoraires 
Titulaires,  Correspondants,  Associés  libres  ou 
Auxiliaires    sont   appelés    pour   la    première 
fois  à  participer  à  l'élection    du  Directeur.  Ils 
voudront  donc  bien  nous    envoyer    leur  vote 
sur  carte    poste    ou  sur   bulletin    blanc,  sous 
enveloppe  fermée  sans  aucune  autreindication. 
L'adresse  sera  ainsi  conçue  :   Le  secrétaire 
perpétuel  de  l'Académie  internationale  de  Géo- 
graphie botanique,  104,  rue  de  Flore,  Le  Mans, 
(Sarthe). 
—  France.  — 

Les  votes  devront  nous    parvenir,   au   plus 
tard,  le  24  décembre  au  soir. 

Le  Secrétaire  perpétuel, 

II.    LÉVEILLÉ. 


M.  G.  Rouy,  ancien  Directeur  et  membre 
d'honneur  de  l'Académie,  a  bien  voulu  offrir 
généreusement  à  l'Académie  pour  son  organe 
la  somme  de  100  francs.  Nous  exprimons  ici 
publiquement  toute  notre  reconnaissance  à 
notre  distingué  Collègue. 


Par  décision,  en  date  du  i5  Octobre  1896, 
M.  Aug  Chevalier,  Préparateur  à  la  Faculté 
des  Sciences  de  Lille,  est  nommé  Membre 
Auxiliaire  de  lAcadémie. 

Le  Directeur, 

William  Trelease. 


Nousferons  recouvrer  sans  frais,  à  domicile, 
dans  la  première  quinzaine  de  décembre,  les 
abonnements  au  Monde  des  Plantes. 


ESSAI 

sur  les  noms  patois  des  plantes 

méridionales   les  plus   vulgaires 

PAR 

Marius    CAPODURO 

Membre  de   l'Académie  Internationale  de   Géographie 

Botanique  et  de  l'Association 

pour    la    protection    des    Plantes 


INTRODUCTION 


Il  a  été  question  à  diverses  reprises,  dans  le 
Monde  des  plantes,de  l'intérêt  que  l'on  pourrait 
retirer  au  triple  point  de  vue  de  la  botanique, 
de  la  philologie  et  de  l'histoire  des  traditions 
locales,  d'une  étude  sur  les  noms  patois  des 
plantes. 

Des  savants  autorisés  et  recommandables, 
parmi  lesquels  M.  Giard,  le  distingué  pro- 
fesseur de  la  Sorbonne,  M.  Ernest  Olivier, 
Directeur  de  la  Revue  scientifique  du  Bour- 
bonnais, se  sont  associés  de  tout  cœur  au  vœu 
récemment  émis  à  ce  sujet  par  la  Rédaction 
du  Monde  des  Plantes. 

Dans  le  compte  rendu  bibliographique  où  il 
est  question  de  la  Notice  sur  la  flore  populaire 
des  environs  d'Alençon  et  de  Carrouge  (Orne) 
par    M.    A.    Letacq,  nous  avons  lu   et  relu 
avec  plaisir  les   lignes  suivantes  :  «  Il  serait  à 
souhaiter  qu'un  semblable  travail  fût  entrepris 
pour  tous  les  départements  de  la  France.  Nous 
nous  ferons  un  plaisir  de  publier  dans  le  Monde 
des  Plantes   les  renseignements  qu'on  voudra 
bien  nous  faire  parvenir  sur  cette  question  ». 
Nous    avions  déjà  entrepris,  il  y  a   quelque 
temps,  bien  avant  que  cette    question  eût  été 
agitée  dans  notre  estimable  Revue,  une  sorte 
de  petit  dictionnaire    provençal-français    des 
principales     plantes    du  Midi.    A  proprement 
parler,  ce  n'était    guère  qu'une  nomenclature 
assez  sèche,  longue  et  aride,  où  figurait  tout 
simplement,  en  regard  du  nom  vulgaire  fran- 
çais de  telle  espèce,  la  dénomination  proven- 
çale équivalente. 

Nous  ne  nousproposerons  pasde  reproduire 
ici,  ex  abrupto,  cette  liste  peu  intéressante  en 
elle-même,  trop  longue  et  partant  fastidieuse. 
Mais  l'idée  qui  nous  a  été  suggérée  par  ces 
quelques  lignes  nous  parait  heureuse;  et  bien 
qu'elle  diffère  essentiellement  de  celle  que 
nous  nous  étions  faite  au  préalable  sur  un 
travail  de  ce  genre,  nous  la  trouvons  de  beau- 
coup préférable  :  aussi  est-ce  à  un  tout  autre 
point  de  vue  que  nous  allons  nous  placer, 
et  sur  d'autres  bases  que  nous  allons  asseoir 
notre  modeste  ouvrage. 


i6 


LE      MONDE       DES      PLANTES 


Nous  tâcherons  de  condenser  en  quel- 
ques pages  ce  que  nous  nous  proposons  de 
présenter  à  nos  lecteurs.  Nous  ne  suivrons 
pas  l'ordre  naturel  des  familles  comme  dans 
les  flores,  mais  au  contraire  l'ordre  alphabé- 
tique parce  qu'il  nous  parait,  en  la  circons- 
tance, plus  logique,  plus  rationnel.  Nous 
figurerons  en  caractères  gras,  au  milieu  de  la 
ligne,  le  nom  provençal  le  plus  généralement 
usité  :  au-dessous  le  nom  français,  et,  sous  le 
nom  français,  le  nom  scientifique  presque 
toujours  inconnu  de  nos  bons  paysans  à  cause 
de  sa  physionomie  rébarbative  et  auquel  d'ail- 
leurs ils  n'attachent  aucune  importance. 

Notre  travail  sera  en  quelque  sorte  une 
étude  comparée  des  divers  noms  patois  donnés 
à  une  même  plante  ou  à  des  plantes  assez 
semblables  entre  elles  quant  à  l'aspect  seule- 
ment, non  au  point  de  vue  botanique,  suivant 
la  région  considérée  et  le  dialecte  plus  ou 
moins  rapproché  du  provençal  qui  se  trouve 
en  usage  chez  les  habitants.  Nous  n'aurons 
pas  à  nous  occuper  des  plantes  rares  pour  la 
raison  bien  simple  que  le  paysan  a  rarement 
l'occasion  de  les  connaître,  encore  moins  de 
leur  donner  un  nom  patois  ;  mais  nous  aurons 
malgré  cela  environ  25o  espèces  vulgaires  à 
passer  en  revue  parce  qu'elles  croissent  un  peu 
partout,  qu'elles  sont  connues  de  tous  et  que 
pour  ces  seuls  motifs  il  n'est  pas  permis  d'en 
ignorer  les  noms  patois. 

Nous  nous  attacherons  d'une  façon  toute 
particulière  à  donner  autant  que  possible  la 
justification  de  la  dénomination  qu'elles 
portent,  les  principaux  vocables  sous  lesquels 
on  les  désigne  ;  nous  étudierons  spécialement 
les  étymologies  populaires  et  les  étymologies 
savantes  que  nous  comparerons  entre  elles, 
pour  tâcher  d'e'tablir  avec  le  plusdenettetépos- 
sible  la  corrélation  plus  ou  moins  étroite  qui 
relie  les  unes  aux  autres.  Enfin  nous  aurons  à 
rechercher  plus  d'une  fois  pourquoi  telle  déno- 
mination, plus  généralement  usitée,  a  prévalu 
sur  telle  autre,  tombée  en  désuétude. 

Dans  cette  intention,  nous  nous  sommes 
entouré  de  nombreux  documents,  de  précieux 
ouvrages  provençaux  qui  ont  partiellement 
traité  de  la  matière  ;  mais,  mieux  que  cela, 
nous  avons  recueilli  une  foule  de  renseigne- 
ments aussi  intéressants  qu'utiles,  puisés 
aux  sources  les  plus  certaines,  chez  les  paysans 
eux-mêmes,  qui  nous  ont  bienveillamment 
prêté  leur  concours  et  à  qui  nous  nous  faisons 
un  devoir  d'offrir  ici  nos  plus  vifs  remercie- 
ments et  notre  reconnaissance  la  plus  sincère. 

Certes,  nous  ne  nous  sommes  pas  dissimulé 
un  seul  instant  la  difficulté  de  notre  tâche. 
Nous     avions     prévu     d'avance   les  obstacles 


que  nous  pourrions  rencontrer  dans  une 
étude  semblable  qui  peut  paraître,  a  priori, 
bien  moins  une  besogne  ingrate  qu'une  com- 
pilation facile.  Toutefois,  abstraction  faite  des 
difficultés  de  toutes  sortes  que  nous  avons 
eues  à  surmonter,  nous  nous  estimerions 
heureux  si  nous  pouvions  acquérir  la  certi- 
tude que  le  petit  travail  que  nous  avons 
l'honneur  de  soumettre  à  l'attention  de  nos 
lecteurs  n'est  pas  fait  pour  leur  déplaire  et 
qu'il  répond,  en  partie  au  moins,  à  un  désir  si 
souvent  exprimé  dans  le  Monde  des  Plantes* 

Nous  aimons  à  reconnaître  que  cet  essai  est 
fort  incomplet  et  que,  tel  qu'il  se  présente,  il 
offre  encore  bien  des  lacunes.  Nous  espérons 
que  l'on  voudra  bien  nous  aider  à  les  combler- 
aussi,  dans  ce  but,  accueillerons-nous  tou- 
jours avec  joie  les  observations  ou  les 
critiques  que  l'on  voudra  bien  nous  adresser 
car  nous  n'avons  jamais  eu  la  prétention  de 
faire  une  œuvre  sans  défaut.  Mais  ce  que 
nous  aimons  à  rappeler,  c'est  que  nous  nous 
sommes  fait  un  réel  plaisirde  répondre  au  vœu 
exprimé  dernièrement  par  des  éminents  col- 
lègues, dans  cette  même  Revue. 

Assurément  ce  ne  sera  pas  là  la  moindre  de 
nos  satisfactions.  Nous  avons  en  quelque 
sorte  ouvert  le  feu.  A  d'autres,  maintenant, 
plus  compétents  en  la  matière  et  plus  autorisés 
que  nous,  à  marcher  dans  la  même  voie,  à 
poursuivre  et  à  parachever  notre  œuvre. 
Marius  CAPODURO. 


Contributions  à  l'étude  de  la  Flore 
de  la  Côte-d'Or 

Quelques  excursions  que  nous  avons  faites  dans 
la  Côte-d'Or  en  1896,  nous  ont  permis  d'y  rencon- 
trer deux  espèces  intéressantes  qui  n'y  étaient  pas 
encore  signalées.  Ces  deux  espèces  sont  les  sui- 
vantes : 

i"  P otamogeton  compressus  L.  Godr.  jl.  Lorr, 
éd.  2.  p.  322.  —  Nous  avons  recueilli  un  rameau 
de  cette  plante  dans  le  canal  de  Bourgogne  à  Saint- 
Jean-de-Losne. 

2°  Wolffia  arhi%a(L.)  Wimm.  FI.  Schlcs.p.  140 
—  Lemna  arhisaL.  —  Cette  espèce  croît  abondam- 
ment dans  une  petite  mare  derrière  Saint-.lean-de- 
Losne,  en  compagnie  de  Lemna  trisulca  L.  et  de 
Spirodcla polyrlii^a  [L.)  Schleid.  C'est  une  plantc- 
dont  l'aire  géographique  en  France  était  jusqu'ici 
exclusivement  occidentale:  on  la  connaissait  dans 
la  partie  inférieure  du  bassin  de  la  Loire,  parexem- 
ple  aux  environs  de  Blois,  Tours,  Angers,  Romo 
rantin,  et  jusque  dans  l'Yonne,  mais  à  notre  con- 
naissance elle  n'avait  encore  été  indiquée  nulle  part 
dans  l'Est.  Sa  constatation  à  Saint-Jean-de-Losne 
vient  ajouter  une  espèce  à  l'intéressante  colonie  de 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


17 


plantes  occidentales  qui  habite  la  partie  supérieure 
du  bassin  de  la  Saône,  sur  les  gneiss  de  la  Serre, 
et  les  formations  pliocènes,  pleistocènes  et  les  allu- 
vions  récentes  de  l'ancien  lac  Bressan,  colonie  qui 
comprend  entre  autres  espèces  intéressantes  les 
Adenocarpus  complicatus  Gay;  Trifolium  filiforme 
L.;  Damasonium  Alisma  MM.;  Potentilla  splendens 
Ram.  ('),  etc. 

Quoique  la  Côte-d'Or  soit  en  général  fort  bien 
explorée  au  point  de  vue  botanique,  il  est  encore 
possible  d'y  trouver  quelque  chose  de  nouveau,  et 
un  jour  viendra  où  la  révision  de  la  Flore  de  la 
Côte-d'Or  de  MM.  ViALLANNEset  d'ARBAUMONT s'im- 
posera aux  botanistes  bourguignons. 

Semécourt  près  Metz 

R.  Maire. 


LES    ONOTHERAGEES    FRANÇAISES 
(Suite) 


Epilobes  à  fleurs  infundibuliformes 

Epilobes  à  stigmate  quadrifide 

Epilobium  molle  Lam. 
Discussion 

A  l'appellation  de  Schreber,  E  parviflorum. 
nous  préférons  celle  de  Lamarck.  Nombre 
d'Epilobes  sont  en  effet  à  petites  fleurs  et  la 
dénomination  de  Schreber  ne  nous  apprend 
rien.  D'ailleurs,  les  botanistes  sont  partagés 
à  ce  sujet  et  le  plus  grand  nombre  semble 
pencher  pour  E.  molle.  Il  est  à  supposer 
que  Schreber,  en  nommant  E.  parviflorum 
cette  espèce,  a  voulu  la  distinguer  de  \'E. 
hirsutum  L.  à  grandes  fleurs,  auquel  elle  était 
réunie. 

Nous  n'oserions  affirmer  que  Ï'E.  molle  est 
une  bonne  espèce.  Toutefois  nous  l'admettons 
jusqu'ici  comme  distincte,  n'ayant  pas  en 
mains  les  preuves  indéniables  du  passage 
d'une  espèce  à  l'autre. 

La  dénomination  de  molle  caractérise  bien 
cette  forme  dont  la  villosité  permet  de  la  re- 
connaître à  première  vue. 

Diagnose 

Tige  droite  et  redressée,  simple  ou  rameuse, 
arrondie  et  dépourvue  de  lignes,  tantôt  couverte 
d'un  épais  tomentum,  tantôt  mollement  velue, 
tantôtenfinlégèrementpubescente,  munie  sou- 
vent  de    poils  glanduleux  mêlés  aux    autres  ; 


(*)  Cette  espèce  existe  dans  la  Bresse,  bien  qu'elle  n'y  soit 
signalée  ni  par  Michalet,  ni  par  Grenier  :  notre  excellent  ami 
et  collaborateur  M.  I.angeron,  de  Dijon,  l'a  découverte  der- 
nièrement dans  les  bois  de  Ratticr  près  Aumont  (Jura),  et 
nous  en  a  apporté  de  beaux  échantillons. 


|  feuilles  oblongues-lancéolées,  ovales-lancéo- 
I  lées,ovales-oblongues,  ou  étroitement  lancéo- 
lées ;  les  inférieures  brièvement  pétiolées  ; 
les  moyennes  et  les  supérieures  subitement 
arrondies,  rarement  subcordées,  parfois  rétré- 
cies  à  leur  base,  ordinairement  sessiles, 
parfois  subsessiles  et  atténuées  à  la  base, 
pourvues  de  petites  dents  écartées,  tomen- 
teuses,  mollement  velues  ou  même  glabres- 
centes,  ordinairement  longues  d'au  moins  un 
décimètre  et  larges  environ  de  i-3  centimètres  ; 
fleurs  médiocres  à  pétales  obeordés  ou  émar- 
ginés,  d'un  rose  pâle  ou  violacées  ;  inflores- 
cence parfois  grêle  et,  dans  ce  cas  fleurs  très 
petites  ;  stigmate  quadrifide  h  divisions  oblon- 
gues-linéaires,  dressées-étalées,  puis  réfléchies  ; 
dents  du  calice  ovales-lancéolés,  légèrement 
obtuses  ;  capsules  velues  devenant  assez  sou- 
vent glabrescentes  et  glabres  sur  les  angles  ; 
graines  roussàtres  ou  noirâtres,  obovoïdes, 
arrondies  au  sommet  et  obtuses  à  la  base,  à 
tégument   chargé  de  papilles   nombreuses. 

Juillet-Septembre. 

Station.  —  Lieux  humides,  marécageux, 
bords  des  sources,  des  ruisseaux  et  des  riviè- 
res. Espèce  préférant  les  calcaires  et  les  sables, 
mais  non  exclusive. 

Distribution  géographique.  —  Europe  ; 
Asie-Mineure  ;  Syrie  ;  Chypre  ;  Mésopotamie  ; 
Kurdistan;  Perse;  Afghanistan  ;  Indes  ;  Nord 
de  l'Afrique  ;  Canaries  ;  Madère  ;  îles  du  Cap 
Vert  ;  Amérique  du  Nord. 

Ce  type  comprend  comme  variété  distincte  : 

E.  mollissimum  Welw.  Très  reconnaissable 
à  son  tomentum  épais,  blanchâtre,  comme 
laineux,  à  son  inflorescence  grêle  et  très  rami- 
fiée. Nous  possédons  cette  plante  du  Portugal 
où  elle  fut  signalée  pour  la  première  fois 
dans  les  Algarves  par  Welwitsch,et  aussi  de  la 
France. 

Epilobium   hirsutum  L. 

Diagnose 
Souche  longuement  stolonifère,  rameuse  et 
tortueuse  ;  tige  rameuse,  rarement  simple, 
droite,  subanguleuse  à  la  base  à  cause  de  la 
décurrence  des  feuilles,  arrondie  par  ailleurs, 
velue,  parfois  tomenteuse,  rarement  glabres- 
cente  ;  feuilles  sessiles  amplexicaules,  les 
moyennes  à  décurrence  foliacée,  oblongues, 
brièvement  atténuées  au  sommet,  oblongues- 
lancéolées  ou  étroitement  lancéolées,  longue- 
ment rétrécies  et  aiguës  au  sommet,  rarement 
ovales  ou  obovales  obtuses,  glabrescentes, 
mollement  velues  ou  recouvertes  d'un  tomen- 
tum blanchâtre,  dentées  finement  en  scie  ; 
fleurs  pourpres,  veinées,  grandes  et  belles 
en  rameau  terminal    lâche  et  feuille  ;  pétales 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


obcordés  ou  émarginés,  munis  à  leur  base 
d'un  anneau  de  poils;  stigmate  quadrifide 
à  divisions  dressées  et  conniventes  avant 
l'anthèse,  ensuite  réfléchies;  calice  à  divi- 
sions lancéolées,  nervées,  brièvement  api- 
culées,  moitié  plus  courtes  que  les  pétales  et 
parfois  les  égalant  presque  ;  capsules  épaisses, 
glabrescentes,  ou  velues  ou  tomenteuses  ; 
graines  roussâtres.  obovoïdes,  arrondies  au 
sommet,  obtuses  à  la  base,  tégument  muni  de 
nombreuses  papilles  ;  aigrette  d'un  blanc 
sale. 

Juillet-Septembre. 
Station.  —  Lieux  humides  et  marécageux, 
bords  des  fossés  et  des  ruisseaux.    Espèce  in- 
différente au  sol. 

Distribution  géographique.  —  Europe  ; 
Asie;  Nord  de  l'Afrique;  Abyssinie  ;  Canaries; 
Afrique  Australe;  Amérique  du  Nord  (Etats- 
Unis  ;  introduit?). 

Nous  ne  possédons  en  herbier  aucune  forme 
qui  mérite  d'être  distinguée  comme  variété 
pour  la  Flore  de  France.  Nous  avons  un  cer- 
tain nombre  d'exemplaires  qui  laissent  soup- 
çonner que  \'E.  molle  pourrait  bien  n'être 
lui-même  qu'une  sous-espèce  del'iT.  hirsutum, 
sans  cependant  en  fournir  la  preuve  absolue. 
Epilobium  montanum  L. 
Diagnose 

Souche  simple  ou  traçante  émettant  des 
stolons  terminés  par  un  bourgeon  subglo- 
buleux, jaunâtre  et  écailleux;  tige  droite 
ou  redressée,  simple  ou  rameuse,  arrondie, 
ordinairement  velue,  parfois  farineuse,  sou- 
vent rougeâtre  ;  feuilles  variables  de  forme  et 
de  grandeur,  généralement  opposées  jusqu'à 
l'inflorescence,  rarement  alternes  ou  ternées  ; 
plus  ou  moins  longuement  pétiolées  ;  fleurs 
médiocres  ou  petites,  parfois  assez  grandes, 
rougeâtres,  roses  ou  blanches,  souvent  chan- 
geantes ;  capsules  velues,  parfois  blanchâtres  ; 
graines  grises  ou  roussâtres,  papilleuses,  obo- 
voïdes et  arrondies  au  sommet  ou  oblongues 
et  brièvement  atténuées  -  appendiculées  au 
sommet. 

Discussion 

On  a  pu  voir  par  la  précédente  diagnose 
que  nous  réunissions  en  une  seule  espèce  les 
E.  montanum  L.,  E.  lanceolatum  Seb.  et 
Maur.,  E.  collinum  Gmel.,  E  Duricei  Gay. 
Pour  ces  deux  dernières  que  Haussknecht 
a  placées  sur  le  même  pied  d'égalité  que 
les  autres  espèces  d'Epilobes,  nous  n'aurons 
pas  de  longues  explications  à  fournir,  la  plu- 
part des  botanistes  ne  les  considérant  avec 
raison  que  comme  des  variétés  de  E.  monta- 
num. Mais  pour  l'A",  lanceolatum  Seb.  et  Maur., 
admis    comme   espèce    par 


a    généralité    des 


botanistes  qui  (cela  ressort  dé  la  consultation 
des  Flores),  pour  le  plupart,  ne  le  connais- 
sent pas,  nous  aurons  à  donner  les  raisons  qui 
nous  portent  à  en  faire  une  simple  sous-espèce 
d'E.  montanum  L. 

L'E.  collinum  a  été  méconnu  par  beaucoup 
de  botanistes  et  fort  mal  décrit  par  la  plupart, 
à  tel  point  que  les  diagnoses  se  contredisent 
les  unes  les  autres,  et  sont  le  plus  souvent  en 
désaccord  avec  la  Monographie  de  Haussk- 
necht. Les  uns  se  sont  appuyés  pour  le  distin- 
guer sur  ses  feuilles  toutes  opposées  jusqu'à 
l'inflorescence,  mais  c'est  aussi  le  caractère  du 
montanum  ;  d'autres  au  contraire  ont  pré- 
tendu qu'il  avait  toutes  les  feuilles  alternes  ; 
d'aucuns  ont  cru  le  reconnaître  à  ses  feuilles 
moitié  moins  grandes:  c'est-là,  avouons-le,  une 
question  de  plus  ou  de  moins,  par  conséquent 
un  caractère  peu  sérieux  ;  certains  enfin  qui 
paraissent  plus  avisés  l'ont  décrit  comme  ra- 
meux  dès  la  base  ;  malheureusement  il  existe 
des  exemplaires  simples  ;  finalement  il  ne  reste 
pour  le  distinguer  du  montanum  que  la  peti- 
tesse des  feuilles,  l'ecartement  des  dents,  la 
petitesse  de  ses  fleurs  et  le  caractère  tiré  de 
ses  boutons  subglobuleux-ovoïdes  obtus,  alors 
qu'ils  sont  ovoïdes  et  brièvement  apiculés 
dans  le  montanum.  Ces  caractères  dont  le  der- 
nier seul  parait  mieux  tranché  ne  nous 
paraissent  pas  suffisants  pour  constituer  une 
espèce. 

L'E.  collinum  se  rapprochant  beaucoup  de 
certaines  formes  â'E.  lanceolatum,  notre  pre- 
mière impression  était  d'en  faire  une  sous-va- 
riété du  montanum.  Le  travail  savant  récent  de 
M.  Parmentier  sur  les  Epilobes  de  France 
établissant  que  d'importants  caractères  ana- 
tomiques  différenciaient  cette  forme  nous  a 
paru  assez  décisif  pour  faire  du  collinum  une 
sous-espèce  du  montanum . 

Quant  à  \'E.  Duricei  nous  trouvons  chez  lui 
deux  caractères  saillants  :  la  forme  des  graines 
et  celle  des  stolons,  qui  justifieraient  son 
admission  au  rang  d'espèce,  si  l'ensemble  de 
ses  autres  caractères  et  son  faciès  ne  mon- 
traient clairement  que  \'E.  Duriœi  se  rat- 
tache intimement  au  montanum.  Toutefois  il 
est  difficile  de  dire  lequel  des  deux  constitue 
le  type  et  quelle  est  la  variété.  Nous  rangerons 
le  Duriœi  comme  excellente  sous-espèce  du 
montanum,  nous  souvenant  que  ce  qui  cons- 
titue l'espèce,  ce  n'est  pas  un  ou  deux  carac- 
tères isolés  mais  l'ensemble  des  carat  ères 
qu'elle  présente. 

L'E.  lanceolatum  Seb.  et  Maur.,  est  lui  aussi 
une  sous-espèce  de  YE.  montanum  renfermant 
à  son  tour  plusieurs  formes  distinctes,  résul- 
tant d'adaptation  aux  milieux. 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


'9 


Nous  avons  en  herbier  de  très  nombreux 
représentants  à'E.  lanceolatum.  Une  étude 
attentive  des  caractères  de  l'espèce  nous  a 
montre'  que  finalement  en  dehors  de  la  cou- 
leur changeante  des  fleurs  il  n'y  avait  de 
différence  que  dans  la  forme  des  feuilles 
cordées  ou  subcordées  à  la  base  chez  VE. 
montanum,  et  atténuées  à  la  base  chez  VE. 
lanceolatum.  Encore  ce  caractère  est-il  loin 
d'être  absolument  constant,  puisque  nous 
avons  vu  sur  un  même  pied,  à'E.  montanum 
des  feuilles  affectant  ces  deux  formes.  —  Il 
nous  est  donc  absolument  impossible  de 
séparer  VE.  lanceolatum  du  montanum,  car  si 
les  types  sont  nettement  tranchés  dans  leurs 
formes  extrêmes,  on  trouve  entre  eux  des 
formes  intermédiaires  qui  déroutent  la  saga- 
cité des  meilleurs  observateurs. 

Nous  donnerons  pour  le  type  et  pour  les 
variétés,  l'époque  de  la  fleuraison,  la  station, 
l'habitat,  et  la  distribution  géographique. 

Epilobium   montanum  L.  Juillet- septembre. 

Station.  —  Forêts,  bois,  haies    et   talus. 

Distribution  géographique.  —Europe;  Asie. 

Une  variété  :  dubium  Lf.vl.  in  Pte  Flore  de 
la  Mayenne.  Intermédiaire  entre  la  forme 
typique  de  lanceolatum  et  E.  montanum  ; 
feuilles  légèrement  atténuées  à  la  base,  ovales 
ou  ovales-oblongues  manifestement,  quoique 
courtement  pétiolées  ;  fleurs  non  changeantes. 

Station.  —  Lieux  frais  et  ombragés,  talus 
des  bois. 

Trois  sous-espèces  : 

E.  collinum  Gmel.  Feuilles  très  petites  ne 
dépassant  jamais  la  moitié  des  dimensions  de 
celles  du  type,  nettement  pétiolées  ;  tige  sou- 
vent ramifiée  dès  la  base,  parfois  simple.  Juin 
septembre. 

Station  :  rochers  arides  ;  collines  ;  montagnes; 
espèce  de  préférence  silicicole. 

Distribution  géographique  :  Groenland;  Nor- 
vège ;  Suède  ;  Russie  ;  Allemagne  ;  France  ; 
Autriche  ;  Italie  ;  Espagne. 

E.  DURLEiGay.  Rhizome  rampant  etradicant, 
émettant  des  stolons  jaunâtres,  pourvus  d'é- 
cailles  obtuses  et  opposées,  et  souvent  ter- 
minés par  un  bourgeon  subglobuleux  jau- 
nâtre et  écailleux.  Juillet-septembre. 

Station.  Bois  montagneux  ;  montagnes  gra- 
nitiques. 

Distribution  géographique  :  Vosges  ;  Jura  ; 
Massif  central  ;  Alpes  ;  Pyrénées  ;  monts  des 
Asturies  de  Léon  et  d'Aragon. 

E.  lanceolatum  Seb.etMaur.  Fleurs  d'abord 
blanches,  passant  ensuite  au  rose  ;  feuilles 
atténuées  à  la  base. 

Deux  variétés  très  distinctes  : 

E.  macrocatomischum  Levl.  Tige  simple  ou 


rameuse, b.  feuilles  inférieures  aussi  longuement 
pétiolées  que  che$  VE.  roseum. Cette  forme,  que 
l'on  serait  porté  à  regarder  comme  un  hybride 
des  E.  roseum  et  E.  lanceolatum,  n'en  est  cer- 
tainement pas  un, 

E.tramitum  Levl.  (E.  rupestre  Levl.  in  Pie 
Flore  de  la  Mayenne  ).  Cette  forme  que  nous 
avions  d'abord  nommée  rupestre  et  que  nous 
songions  à  dénommer  saxatile  est  mieux 
appelée  tramitum,  ce  dernier  nom  indiquant 
mieux  sa  station  dans  les  sentiers,  les  petits 
chemins  creux  et  sablonneux  dont  elle  habite 
les  talus.  Elle  est  à  la  sous-espèce  lanceolatum 
ce  qu'est  le  collinum  au  montanum.  On  la 
reconnaît  à  première  vue  à  ses  feuilles,  au 
moins  les  supérieures,  petites,  asseiç  longue- 
ment pétiolées,$urtout  les  inférieures  et  à  sa  lige 
ordinairement  ramifiée,  tandis  que  la  tige  est 
le  plus  souvent  simple  dans  le  dubium  aussi 
bien    que    dans  le  lanceolatum  type. 

La  variété  lanceolatum  et  ses  formes  fleu- 
rissent de  juin  à  septembre. 

Station  :  rochers  ;  talus  ;  chemins  creux  ; 
espèce  plutôt  silicicole  mais  non  exclusive. 

Distribution  géographique.  Europe  ;  Bithy- 
nie;montTaurus  ;  Cilicie  ;  Imérithie  ;  Chypre  ; 
Algérie  ;  Kabylie  et  Djurdjura;  Madère. 
Epilobes  à  stigmate  en  massue. 

Ce  groupe  comprend  pour  nous  les  cinq 
espèces  suivantes  : 

E.  trigonum  Schrank  ;  E.  roseum  Schreb  ; 
E.  tetragonum  L.  ;  E. palustre  L.  E.  atheles- 
permum. 

Epilobium  trigonum  Schrank 

Diagnose 

Souche  émettant  des  bourgeons  presque 
bulbiformes  ;  tige  robuste,  simple,  rarement 
ramifiée  au  sommet,  arrondie  et  glabrescente 
à  la  base,  munie  à  sa  partie  inférieure  de  2  à  4 
lignes  de  poils  ;  velue  partout  à  sa  partie 
supérieure  et  pubescente  glanduleuse  dans 
l'inflorescence  :  feuilles  ternées  ou  même  qua- 
ternées,  à  l'exception  des  supérieures,  parfois 
seulement  opposées  çà  et  là,  connées-engaî- 
nantes  à  la  base  ;  les  florales  alternes  ;  feuilles 
inférieures  plus  petites,  glabrescentes,  ovales- 
oblongues,  obtuses,  brièvement  denticulées, 
rétrécies  insensiblement  en  pétiole  et  parais- 
sant même  pétiolées,  les  moyennes  arrondies 
à  la  base,  sessiles-amplexicaules,  ovales  lancéo- 
lées ou  oblongues-lanceolées,  aiguës  ou  atté- 
nuées au  sommet,  munies  de  dents  calleuses 
assez  espacées,  pubescentes  seulement  sur  les 
bords  et  sur  les  nervures  ;  fleurs  disposées 
en  paniculepeu  allongée,  blanches  d'abord 
et  légèrement  penchées,  puis  d'un  rose-lilas  ; 
pétales  obeordés,  étroitement  et  profondément 


20 


LE      MONDE      DES      PLANTES 


incises,  d'une  longueur  double  environ  de  celle 
du  calice  :  stigmate  cylindrique,  atténué  à  ses 
2  extrémités;  capsules  dresse'es,  robustes  et 
pubescentes  ;  graines  roussâtres,  fusiformes, 
brièvement  atténuées  à  la  base,  munies  au  som- 
met, par  le  prolongement  du  tégument,  d'un 
appendice  pellucide;  tégument  légèrement  pa- 
pilleux,  aigrette  d'un  blanc  sale.  Juillet-sep- 
tembre. Cette  espèce  qui,  comme  port,  comme 
aspect,  rappelle  beaucoup  VE.  montanum,  en 
diffère  en  résumé  par  son  stigmateen  massue, 
les  lignes  de  poils  de  sa  lige  et  la  pubescence 
restreinte  de  ses  feuilles. 

Station  :  Prés  humides  et  bords  des  ruis- 
seaux de  la  région  alpine. 

Distribution  géographique.  Montagnes  de 
l'Europe  moyenne  et  méridionale. 

Celte  espèce  nous  paraît  jusqu'ici  fort  dis- 
tincte. Elle  tient,  dans  le  groupe  des  Epilobes 
à  stigmate  en  massue,  la  place  que  tient  VE. 
montanum  dans  celui  des  Epilobes  à  stigmate 
quadrifide  et  relie  par  ses  affinités  avec  le  pré- 
cédent le  second  groupe  au  premier. 

Epilobium  roseum  Schreb. 

Peu  d'Epilobes  ont  été  aussi  mal  décrits  et 
aussi  malconnus  par  lagénéralité  desauteurs. 
Il  s'en  est  trouvé  pour  affirmer  que  VE.  roseum 
était  difficile  à  distinguer.  L'E.  roseum  est  très 
distinct  sur  le  sec  et  bien  plus  encore  sur  le 
vif.  Il  tient  dans  le  groupe  qui  nous  occupe 
la  place  de  la  sous-espèce  lanceolatum  dans  le 
groupe  précédent.  Aussi,  bien  que  nous  le  con- 
sidérions actuellement  comme  spécifiquement 
distinct,  si  jamais  il  venait  à  être  réuni  à,  une 
autre  espèce,  c'est  probablement,  malgré  les 
apparences  premières,  à  VE.  trigonum  qu'il 
faudrait  le  rattacher. 

Diagnose 
Souche    émettant    des    rosettes    de  feuilles 
courtes;  tige  droite    ou    ascendante,    simple 
ou   rameuse,  plus  'ou  moins    tétragone,  mar- 
quée   dans    sa    moitié    inférieure  de  2  lignes 
glabres    et    dans    sa    partie    supérieure    de  4 
lignes  de  poils,  glabre  inférieurement,  pubes- 
cente  dans  le  haut,    couverte    dans  l'inflores- 
cence   d'une    pubescence   serrée    et  cendrée, 
glanduleuse  ;  feuilles  maculées  de    rose  ou  de 
lie  de   vin    dans  leur  jeunesse,  opposées,  sauf 
les    supérieures,  d'un    vert    pâle,    réticulées, 
fermes  ou  flasques,  les  inférieures  glabres,  les 
supérieures    pubescentes    aux    bords  et   sur 
les  nervures,  souvent   rougeâtres  en  dessous 
sur  les  nervures,  réticulées  sur  le  vif  par  la 
saillit'  des    nervures;  les  inférieures  ovales  ou 
oblongues,  à   dents  écartées,  subarrondies  à 
la  base,   brusquement  contractées  en  pétiole 
canaliculé,  longuement  pétiolées,  surtout  celles 


de  la  tige;  les  moyennes  plus  longues,  oblon- 
gues, elliptiques,  très  entières  et  en  coin  à  la 
base,  rétrécies  en  pétiole  plus  court,  briève- 
ment atténuées  au  sommet,  plus  aiguës,  den- 
tées en  scie  à  dents  calleuses  et  inégalement 
réparties  ;  les  supérieures  lancéolées  ellipti- 
ques, aiguës,  rétrécies  peu  à  peu  au  sommet, 
fleurs  en  panicule  lâche  et  multiflorc,  fleurs  pe- 
tites,d'abord  blanches  et  penchées,  puis  roses, 
à  veines  plus  colorées,  pétales  incisés  un  peu 
plus  longs  que  le  calice  ;  calice  à  divisions  lan- 
céolées aiguës,  pubescentes  et  parfois  rou- 
geâtres ;  stigmate  obovale  claviforme,  dilaté 
au  sommet,  atténué  peu  à  peu  à  la  base  ;  cap- 
sules pubescentes  cendrées  ;  graines  d'un 
gris  roussâtre,  cylindriques-obovoïdes,  obtu- 
ses ou  à  peine  atténuées  à  la  base,  arrondies 
au  sommet  ;  tégument  papilleux.  —  Juillet- 
octobre. 

Station.  —  Fossés,  lieux  humides,  bords  des 
mares,  des  ruisseaux,  des  sources,  marécages, 
pied  des  murs  et  des  rochers  humides,  jardins. 
Espèce  plutôt  calcicole. 

Distribution  géographique.  —  Europe  ;  Syrie; 
Liban. 

Epilobium  tetragonum  L . 
Discussion 

Sous  ce  nom  nous  réunissons  les  espèces 
suivantes  :  E.  obscurum  Schreb.,  E.  virga- 
tum  Fries,  E.  Lamyi  Schultz,  E.  adnatum 
Gris.,  E.    Tourneforti  Michalet. 

Rien  de  plus  complexe  ni  de  plus  variable 
que  VE.  tetragonum.  Là,  la  confusion  règne  en 
maîtresse.  Quand  on  commence  l'étude  de 
cette  forme  on  se  trouve  en  présence  d'un 
véritable  chaos.  La  consultation  des  flores 
devient  inutile  tant  les  contradictions  et  les 
erreurs  y  fourmillent.  Nous  comprenons  fort 
bien  que  not  re  distingué  collègue  H  aussknecht, 
partisan  de  l'école  analytique  et  de  plus  mo- 
nographe, ait  cédé  à  la  séduction  qui  entraîne 
trop  de  monographes  et  désespérant  de  dé- 
brouiller une  telle  confusion  ait  dans  un  but 
de  clarté,  louable  assurément,  distingué  spé- 
cifiquement de  nombreuses  formes. 

Quant  à  nous,  après  avoir  manié,  observé  et 
étudié,  tant  sur  le  sec  que  sur  le  vif  des  cen- 
taines et  des  centaines  d'échantillons,  nous 
nions  absolument  qu'il  soit  possible  de  déli- 
miter nettement  ces  diverses  formes  entre  les- 
quelles nous  avons  trouvé  tous  les  intermé- 
diaires et  finalement  nous  les  considérons 
comme  autant  d'exemples  d'adaptation  au  mi- 
lieu du  tvpe  linnéen  E.  tetragonum,  dont  le 
stipe  est  excessivement  variable  suivant  les 
stations  variées  qu'occupent  ces  formes. 

Voici  la  diagnose  de  l'espèce   ainsi    élargie, 


LE       MONDE       DES       PLANTES 


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telle  que  nous  la  concevons  ;  nous  donnerons 
ensuite  la  diagnose  des  varie'te's  et  les  indica- 
tions qui  les  concernent. 

Diagnose 

Souches